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Full text of "Bulletin de l'instruction primaire pour le Département de l'Aisne"

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H«  Année.  X' 1».  .    15  Janvier  1865. 


m  l'ÎNSTRUCTïON  PRIMAÎHE 

PODR  LE  DÉPARTEMENT  DE  L'AISNE, 

PuUU  sous  \ts  auspices 

de  m.  Castaing,  Préfet  de  l'Aisne, 

Oûlcier  de  la  Légion  -  d'ilouueur , 

Officier  de  l'Instruction  publique. 

Paraissant  le   M^  et  le  3©  de   chaque  mois. 

(^veclelîaniiclgénéral,  Mfr.  SOc.  paran. 
PRIX.     .4vec  le  Pelil  Manuel,      6  Ir.  60  c. 
(Seui,  Sir. 


Py»RTHE  ©FF2CÎELLE.    —    Décret  imnprial  n«.i.«^     • 

au  Budg.  i  ,ie  1864    (chapitre  S    iVZcto^^  '^'  '''^'''' 

de  74,000  U.  -  Girkilahes  n.inistérldl  V  arKmeurs'  Zl ^''"'1 
!a  propagation  dans  les  Ivcées ,  collèges  et  i\-nU<  ^^*h^^^"/^',  couceniant 
Société  du  rrinre  nupériàl  ;  2»  aux  Prie t'  re  atke  ^  »"f  t.o,,s  de  la 
l'instruction  primaire.  -  Arrêté  de  M  Ip  M  nL»  ^j'  s\atistupje  de 
publique  qui  renouvelle  ,  poJvlt  p  eVnle  m.ee  ifrn'/'^K"'"^^'"" 
l'examen  des  aflaires  de  révocation '^pro'ioncééconle  ^''"'^^'^^  ^'^ 
les  instituteurs.  —  Circulaire  de  M     M,  .nn  ,  ',  "^'^''^•'  P'-'^'^esseurs  et 

cantonaux  à  l'occasioi;  du'ênclï^ii'n;'  S^'^^'njr  T  'l'^l'^"'^ 
cantonaux  pour  la  période  triennale  de  1863  '    ISfiTr  r''  *^"''°"' '^ 

Laon).    -    Oi>ligaiiou  du  Livret  de   correspondaS  ^dals'l  f -"T"'  ^'^^ 

primaire^et^des  aspi.nte.  au  certiOeat  dlîïitS^ITdlSlTX: 

PARTIE  ri'0:^'-0FFBOELff.E.  _  Education  et  Enseica-eme^t       r...,c    ■ 
pédagogiques  (28"  article).  -  Exercices  •  Dic7éP        r  -"i    ""^'^''''^^ 

Physique  donné  dans  le  numéro  du  30  no'veml'rer  '^'^    "  '"^'^  ''" 

FAHTII5  OFFICIELLE. 

liremeBtt  tîe  erédits,  au  Boufigét  «Se  I864, 
pour  une  somme  de  9^,000  francs. 

NAPOLÉON, 


Vu  la  loi  du  13  mai  1863, portant  fixation  du  budget  des  recettes 
et  des  dépenses  de  l'exercice  de  1864; 

\  u  notre  ilécret  du  J3  novembre  suivant, contenant  répartition, 
par  cbapities,  des  crédits  ouverts  par  ladite  loi; 

Vu  l'art.  \-2  du  sénatus-consulte  du  31  décembre  1861  ; 

^  u  notre  décret  du  JO  novembre  l8o6  sur  les  virements  de 
crédits  ; 

Vu  la  lettre  de  notre  Ministre  des  Finances  ,  en  date  du  12  no- 
vembre 1864  : 

Notre  Conseil  d'Etat  eniendîî  , 

Avons  décrété  et  décrétons  ce  qui  suit  : 

Art.  l^ï".  Le  crédit  ouvert  sur  le  chapitro  XXXI  'Instruction  pri' 
ini'Jrc. —  Fonds  de  l'Elat.)  du  Ministère  de  l'Instruction  publique, 
pour  l'exercice  1864,  est  réduit  d'une  somme  de  74.000  fr. 

Art.  2.Les  crédits  alloués  au  Ministère  de  l'Instruction  publique, 
pour  l'exercice  1864,  sont  augmentés  d'une  somme  de  T4,0i)0  fr.. 
savoir  : 

Chapitre  4.  —  Services  généraux.  —  Art.  1«',  30,000  fr.  — 
Art.  6,  14,000  fr.  —  Total  :  44, (00  fr. 

30  inspecteurs  primaires  ,  3u,000  fr. 

Total  égal  :  74,000  fr. 

Art.  3.  Nos  Ministres  secrétaires  d'Etat  aux  départements  de 
ITnstrui  tion  publique  et  des  Finances  sont  chargés  ,  chacun  en 
ce  qni  le  concerne  ,  de  l'exécution  du  présent  décret ,  qin  «era 
inséré  au  Bulletin  des  Lois. 

Fait  au  palais  de  Compiègne,  le  11  décembre  1864. 

NAPOLÉON. 
Par  l'Empereur  : 
Le  Ministre  Secrétaire  d'Etat  au  département 
de  r Instruction  publique  , 
V.    DURUY. 

Le  Ministre  Secrétnire  d'Etat  au 
département  des  Finances  , 
A.  FOULD. 
■-Il  m  I  '  " 

bEiif3t*e  nujc  jRectetêrs  sicr  In  sfrostnif^afêoit.  fîttns 
It'S  ffjcées  .  csitéfftps  et  écotes  ,  «Iles  fomSaSêotts 
fie  iti  Société  tiu  JPrSitce  i»nt*ériat, 

Paris,  le  20  décembre  1864. 
MoNSiKun  LE  Recteur  , 
La  Soci'tc  du  Prince  impérial,  fondée  par  Sa  Majesté  l'Impéra- 
trice |)()ur  r.iire  aux  ouvriers  des  prèls  destinés  à  l'achat  d'instru- 
ments de  tir.\ailel  de  matières  premières,  comp'eca  bientôt  irois 
années  d'existence. 

Depuis  son  origine  ,  elle  a  consenti  .   à  Paris  et  eu  proNiuce  , 
3,500  prêts,  pour  une  somiiu^  d'environ  un  million. 

'pour  subvenir  aux  deiiuiiules  de  crédit, chaijiie  jour  plus  nom- 
breuses ,  qui  lui  sont  laites  .  et  étendre  ses  opérations  dans  les 
départements  ,  il  est  nécessaire  (|uede  nouvelles  ressources  lui 
soient  fournies  au  moyen  de  fondations,  de  donations  ou  de  coti- 
sations d'associés. 


—  3  — 

M.  le  vice  -  président  dn  conseil  supérieur  de  la  Société  m'in- 
ornie  que  ,  pour  faciliter  auv  classes  des  lycées  et  collèges  ,  et 
u\  écoles  le  moyen  de  dL>V(>nir  fondateurs  de  la  Société ,  le  con- 
,eil  a  décidé  que  les  fondations  pourraient  être  constituées  par 
les  versements  partiels  et  successifs. 

Ces  versements  pourront  être  faits  entre  les  mains  du  profes- 
>eur  ou  de  l'instituteur, qui  en  fera  le  dépôt  à  la  caisse  d'épargne 
ians  la  localité. 

Toute  classe  ou  école  qui  justifiera  d'un  versement  de  33  fr.,en 
)renant  l'engagement  de  compléter, dans  le  courant  d'une  année, 
a  somme  de  100  fr.,  et  d'acquitter  ensuite  la  cotisation  annuelle 
le  10  l'r.,  recevra  le  brevet  de  fondatrice. 

Je  pense  que  ,  dans  les  conditions  que  je  viens  d'indiquer  . 
îhaque  lycée  ,  collège  ou  école  importante  peut  s'inscrire  pour 
ine  ou  plusieurs  fondations. Dans  un  délai  plus  ou  moins  rappro- 
;lip,  le  nombre  de  ces  fondations,  pour  chaque  lycée,  sera  égal 
I  celui  de  ses  classes,  et  le  moment  viendra  ainsi  où  chaque 
îlasse  depuis  Li  huitième  jusqu'à  la  philosophie  ,  sera  titulaire 
l'une  fondation. 

Quant  à  présent, votre  action  ne  s'exercerait  que  dans  les  villes 
le  votre  Académie  où  la  Société  du  Prince  impérial  fonctionne 
léjà. 

Vous  voudrez  bien  ,  Monsieur  le  Recteur,  donner  des  instruc- 
ions  dans  ce  sens  aux.  inspecteurs  d'Académie  et  aux  inspec- 
eurs  de  l'instruction  primaire  ,  et  me  rendre  compte  des  rèsul- 
ats  que  vous  aurez  obtenus. 

Agréez,  etc. 

Le  Ministre  de  l'Instruction  publique. 


V.  DURUY. 

Statistique  de  l'Instructioa  primaire. 

Paris,  le  24  décembre  1864. 
Monsieur  le  Préfet  , 

J'ai  décidé  que  cette  année  ,  à  raison  des  travaux  extraordi- 
laires  auxquels  a  donné  lieu  la  dernière  statistique  ,  '.IM.  les 
nspecteurs  de  rinsiruclion  primaire  n'auront  pas  à  dresser  les 
tats  de  >it'iation  des  écoles  et  des  salles  d'asile  ,  qui  sont  trans- 
lis  annuellement  à  l'Administration  centrale. 

Vous  recevrez  prochainement  des  uistruclions  pour  la  fi.xation 
e  l'époque  à  laquelle  les  états  dont  il  s'agit  devront ,   à  l'avenir 
tre  préparés.  ' 

Veuillez,  je  vous  prie,  informer  MM   les  inspecteurs  primaires 
e  votre  département  de  la  décision  qui  les  dispense,  paurl864 
e  la  rédaction  de  ces  documents.  ' 

Recevez,  etc. 

Le  Ministre  de  V Instruction  publique, 

V.  DiiRi'v. 


M.  Duruy,  ministre  de  l'instriiction  publique  ,  vient  de  publier 
un  arrêté  par  lequel  il  renouvelle  ,  pour  l'année  1865  (du  28 
juillet  18  U  au  28  juillet  1865)  ie  Comité  char^^é  de  l'examen  des 
affaires  de  révocation  prononcées  contre  les  [)rofesseurs  et  les 
instituteurs. 

Sont  appelés  â  faire  partie  de  ce  Comité  : 

M'"  Darboy,  archevêque  de  Paris  ; 

MVLle  généra!  de  Chabaud-Latour,  membre  du  Conseil  central 
des  Eglises  réformées; 
Dupin  ,   sénateur  ,   procureur  -  général  près  la  Cour  de 

(Cassation  ; 
de  Royer, vice -président  du  Sénat,  premier-président  de  la 

Cour  des  Comptes  ; 
Dumas  ,  sénateur  ,   inspecteur-général  de  l'enseignement 
supérieur. 


A  l'occasion  du  rt nouvellement  triennal  des  délégués  canto- 
naux, qui  a  eu  lieu  récemment,  M.  l'Inspecteur  d'Académie  vient 
d'adresser  aux  délégués  du  département  la  circulaire  suivante  : 

«  Laon,  le  30  décembre  d864. 
»  Monsieur  , 

î  J'ai  l'honneur  de  vous  informer  que  le  Conseil  départemen- 
tale de  l'instruction  publique  ,  dans  sa  séance  du  15  de  ce  mois, 
vous  a  délégué  pour  la  surveillance  des  écoles  primaires  de 
X... 

«  J'esi'ère  que  vous  voudrez  bien  accomplir  celte  mission. 

»  Vos  attributions,  "Vionsieurle  Délégué,  se  trouvent  déti-rmi- 
nées  dans  le  passage  suivant  de  l'instruction  adressée  à  viM.  les 
Préfets  par  ^î.  le  Ministre  de  l'Instruction  publique,  le  31  octobre 
d854  :  ï  i\e  demandez  pas  à  MM.  les  délégués  déjuger  les  mé- 
>  thodes  et  les  livres  :  demandez  -  leur  si  les  enfants  qui  sont 
»  admis  depuis  quelque  temps  déjà  dans  les  écoles  y  ont  reçu 
»  une  instruction  sullisante,  s'ils  y  sont  tenus  sainement ,  s'.ls  y 
»  puisent  de  bons  pi'éceptesel  surtout  de  bons  exemples  de  mo- 
»  raie,  s'ils  y  contractent  des  habitudes  de  propreté,  de  poli- 
»  tesse  et  de  bienveillance  réciproque,  en  un  mot,  s'ils  sont  bien 
»  élevés.  » 

»  L'Administialion  verrait  avec  plaisir  que  vous  visitassiez  ces 
écoles,  chaciue  trimestre.  Si ,  comme  je  l'espère  ,  celte  visite  a 
lieu,  je  vous  prierais  de  vouloir  m'en  faire  connaître  les  résnltcts 
dans  un  rapptrt  s[)écial. 

»  Veuillez  agréer,  Monsieur,  l'assurance  de  ma  haute  considé- 
ration. 

L'Inspecteur  d'Académie , 

J.  CALISTI. 


—  5  — 

LISTE  DES  DÉLÉGUÉS  CANTONAUX 

Pour  la  période  triennale  de  1S(>5  ù.  1868. 
avec  indication  des  écoles  soumises  à  leur  surveillance. 

ARRONDISSEMENT  DÉ  LAON. 
CANTON    DE    LAON. 

MM.  Terenarl,  curé-archipvétre  de  Laon.    —    Bruyères  ,  Chérêt , 

Nouvion  ,  Parfondni,  Veslud,  Vorges. 
Cadoi ,  pi'Ojiriélaire  à  Laon  ;    Hidé,  id.,    Vérelle,  principal  du 

(-olléfie.  —  Laon  elles  faiibouigs. 
Belseur,  conseiller  d'arrondissement,  à  Crépy.  —  Bucy,  Cerny, 

Crépy,  Vivaise. 
Brassart,  avocat  â  Laon.    —    Chivy,  Clacy,  Athies,  Chambry, 

Eppes,  Etouvelles,  Molincliart. 
La  Tinir  du  Pin,  à  Arranoj. —  Bièvres,  Feslieux,  Montchâlons, 

Ployart. 
Dnployé,  curé  à  Besny.  — Aiilnnis. 

CANTON    d'aNIZY  LE  CHATEAU. 

}IM.  de  Courrai ,  membre  du  Conseil  général ,   maire  de  Pinon.  — 

Anizy-le  Chîîtoau. 
Bruaux,  cirré  a  Brancourt.    —    Bassoles,  Faucoucourt,  Suzy, 

Vaiixaillon. 
Lefèvre,  médecin  à  Jnizy. —  Cessières,  Chai'.levois,  Lizy,  Mer- 

lîeux,  Wissignicoiirt. 
Larcanger,  maire  de  Cherregny. — Laval.  Monampteiiil,  Urcel. 
Counin,  juge  de  pai.r  d'Anizy.    —    Laniscourt,    Montbavin, 

iMons-en-Laonnois,  Hoyaucourt,  Bourg'uignon,  Vaiixcelles, 

CANTON   DE   CHAUNY. 

MM.  Duclère,  doyen  de  Cliauny.  —  Ognes. 

Pignon,  juge  de  paix  de  Chauny.  —  Abbécourt,  Béthancourt, 

Caillouël,  Mai\  stDampcouit,  Neuflieiix. 
Teslarl,  notaire  à  ViUequier-Anmont . —  Beaumont,  Caumont, 

Commenchon,  Villequier  Aumont,  Guivry,  Lu  Keuville-en- 

Beiiie,  Ugny-le-Gay. 
DupliKfuet,  maire  de  Viry-Noureuil.  —  Condren,  Frlères-Fail- 

louëL 
Dantier,  fabricant  de  faïence  à  Autreville.  —    Amigny-Bouy, 

Sinceny ,  AulreviJie. 

CANTON   DE    COUCY-LE-CHATEAU. 

MM.  Caretie  fils  ,    a  Au/]'ri(iue-et-Nogent.    —    Coucy-Ie-Château, 

AiiiTriqiie,  Landricourl,  Jumencourt,  Guny,  Quincy-Basse, 

Champs. 
Cartel,   curé  à  Manicanip .    —    Bichancourt  ,  Pierremande  , 

Quierzy. 
Delignières,  maire  à  Audignicourl. — Blérancourt,  Blérancour- 

delle  ,  Vassens,  Pont-Sl-Mard. 
Lhonime,  curé  à  Folembruy.  —  Barisis,  Prémontré,  Septvaux, 

Fresnes ,  Cn''cy-au-Mont. 
Heurtaux  ,  notaire  à  Blérancourt.    —    Bourguignon,  Besraé, 

Camelin,  St-Aubin,  St-PauI-aux-Bois,  Solens,  Trosly-Loire, 

Lombray. 


—  6  — 

Doyen,  percepteur  à  Coiicy-le-Château. —  Werneuil-sous-Concyt 
Coucy-la- Ville,  Leuilly 

CANTON   DE    CRAONNE. 

MM.de  Tugny  ,  membre  du  Conseil  (ji'iu'ral ,    maire  de   Beatirieux. 

—  Cîjiry-lès-Chaudardes  ,  Guiches ,   Vauclers  ,  Lti  Vallée- 
Foulon  ,  Paissy. 
Caton,  curé-doijende  Cruonne. —  Aizelles,  Aubigiiy,  Berrieux, 

St-Thomas,  Gorbeny,  Goudelancourt. 
Champion,  curé  a  Beaurieux.   —  Bourg-et-Coniin,  Cuissy-et- 

Geny,  Jumigny,  Œuilly,  Pargnan,  Vassogne. 
Babled,  juç/e  de  paix  de  Craonne.   —    Bouconville,  Chermisy, 

Craonne,  Craonnelle,  Ste-Croix. 
Der&u  /ils,  a  Chaninuille. — Ailles,  Chamouille,  Martigny,  Mon- 

thenault,  Neuville,  Pancy, 
SaUandre,  ancien  notaire  a  Colligis  —  Crandelain,  Cerny-en- 

Laonnois,  Courtecon,  Lierval,  Trucy,  Colligis. 
Hécart,  cultivateur  à  Moulins. — Moulins,  Vendresse,Beaulne- 

et-Chivy,  3Ioussy,  Braye-en-Laonnois. 

CANTON   DE    CRÉCY-Sl  R-SERRE. 

MM.  Turquin  ,  maire  de  Crécy.     —    Barenton-Bugny,  Barentou- 

Cel,  Barenton-sur-Serre,  Chalandry,  Verneuil. 
Blat,  cure-doyen  de  Crécy. —  Bois-lès-Pargny,Dercy,  Mortiers, 

Pargny-lès-Bois. 
Minost,  propriétaire  à  Crécy. —  Assis-sur-Serre,  Pouilly,  Mes- 

brecourl-Richecourt  ,     Montigny-sur  Crécy  ,     Chéry-lès- 

Pouilly. 
Beaudou in, notaire  à  Nouvion-et-CùliUon. — Couvron,Nouvion- 

et-Câtillon,  Nouvion-le-Comte,  Pont-à-Bucy,  Remies. 

CANTON    DE    LA    Ff:RE. 

MM.  Dégieux  ,  membre  du  Conseil  général ,   La  Fère.  —  Berthau- 

court.     Brie,     Servais,     Deuillet ,    Fourdrain,     Saint- 

Gobain,  St-Nicolas-aux-Bois. 
Dctz;  curé-doyen  de  La  Fère.  —  Andelain.  Charmes,  Travecy. 
Mosny,  adjoint  a  La  Fère.    —    Anguilcourt-le-Sart,  Courbes. 

Achery,  Danizy,  Fressancourt,  Mayot,  Monceau  iés-Leups, 

Versigny,  Rogécourt. 
Bruyère,  curé  à  Beautor. — Fargniers,Liez,  Mennesis,  Quessy, 

Tergnier,  Vouêl. 

CANTON    DE    MARLE. 

MM.  Bon naire,  curé-doyen  de  Marie.  —  Montigny-soiis-Marle , 
Thiernu. 

Mouret,  docteur-médecin  à  Marie.  —  Autremencourt,  Cilly, 
Guirieux,  LaNeuville-Bosmont,  Froidmont,  Cohartille. 

De  La  Tour  du  Pin,  a  Busmont. — Agnicourt,  Bosmont,  Monti- 
gny-le-Franc. 

Oudin-Lecnt  .  propriétaire  à  Froidmout-Cohartillc.  —  Pierre- 
mont,  Grandlup,  Monceau-le-Waast,  Toulis. 

Lefèvre,  propriétaire  à  Voyenne.  —  Châlillon-lès-Sons,  Erlon, 
Marcy,  Sons-et-Ronchères ,  Voyenne. 

CANTON    DE  NEUFCHATEL. 

WA.Boistay,  négnrAantàNeufchdtel.  — Nenfchâtel,  Evergnicourt, 
Lor,  Proviseux,  La  Malmaison,  Menneville. 


—  7  — 
Rrgnard,  notairo  à  Noufchdli'l.     —    Aguilcourt,  Bertricourt, 

Orainvillc,  Pignicourt,  Vartscourt. 
PiKjHcl  ,  ciiir-doiion  de  ïlcrvy-nu-llac.  —  Âmifontaine,  Condc- 

siir-Suippe  ,  Giiignicoiirt,  .hiviiicourt,  Prouvais. 
Marcq,  nin-  à  Pontairii.—  Chaudardes,  Gernicoiirt,  La  Ville- 

aux-Bois,  Boiiffi^noroux. 
Hupt ,  jwrccpldirà  Rouen.  —  Concevreux,  Maizy,  Muscourt, 

Meurival,  Koucy ,  Guyencourt. 

CANTON   DE    ROZOY-SUR-SERUE . 

MM.  Martin,  membre  dit  Conseil  gniéral,  maire  de  Rozoy.  —  Rou- 

vroy,  Berlise  ,  Noircourt,  Soize. 
Guyenne,  curé-doyen  de  Montcornel.    —    Chnoiirse  ;  Vigneux, 

Dagny,  Lislet ,  Monlloiié,  Vincy-Reuil-et-Magny. 
Lemoine,  juge  de  paix  de  Rozoy. — Parfondeval,  Doliis,  Briine- 

harael ,  Les  Autels,  Résigiiy,  Grandrieux. 
M erest,  propriétaire  à  liozoïj.    —   Chëry,   Dolignon,   Archon, 

Uenneval,  Morgny,  Giiiry-lès-Iviers,  Ste-Géneviève. 
Renard,  eiiré  de  Biz-y-le-Gros.  — La  Ville-aux-Bois. 

CANTON   DE    SISSONNE. 

M'A.Dnpire,  curé-doyen  de  Sissonne.—Boncoiivi,  Lappion,  Nizy-le- 

CouUe,  La  Selve. 
Petit,  juge  de  jiaix  de  Sissonnc.    —    Gizy,  Liesse  ,  Marchais  , 

iMissy,  Sa'îioussy. 
Matra,h(ltivatenràBucy-lès-Pierrepont. — Bucy-lès-Pierrepont, 

(  hivre-et-Vàchocouvt,  Eboulean,Goudelancourt-lès-Pierre- 

pont,  Ste-Prouve. 
De  Saint-VaUier,  propriétaire  à  Coucy-Jèi^-Eppes.  —  Courtrizy, 

Saint-Erme,  Mauregny-en-Haie,  Montaigii. 

[La  suite  au  prochain  numéro.) 

'  Les  Maires  exercent  ,  en  vertu  de  la  loi  du  15  mars  1830  ,  une 
surveillance  directe  et  permanente  sur  les  écoles  primaires  tant 
publiques  que  libres  de  leui-s  communes.  Il  en  est  de  môme  des 
iVlinistres  des  cultes  reconnus  ,  en  ce  qui  concerne  les  écoles 
placées  sur  leurs  paroisses. 

En  conséquence  ,  le  Gonsei!  départemental  n'a  délégué  ni 
les  Maires  ni  les  Curés  pour  la  surveillance  des  écoles  de  leurs 
localités. 

Par  une  récente  circulaire, M.  l'Inspecteur  d'Académie  rappelle 
à  MM.  les  Inspecteurs  primaires  qu'ils  doivent  veiller  à  ce  que  le 
licretdc  correspoud(inci'[* •.de&Unéii  tenirles  (amillesau  courant  de 
la  conduite  et  du  travail  de  leurs  enfants  ,  soit  en  usage  dans 
toutes  les  écoles  publiques  du  département. 

(*)  Le  Livret  de  Correspondance  entre  l'école  et  la  famille  se  trouve  à 
Laon,  à  la  librairie  Voleck,  rue  du  Boni  g,  15. 


—  8  — 

INSTRUCTION    PRIMAIRE. 

i'^  SESSION  DE  1865. 

Examen  des  aspirants  cl  dps  aspirantes  au  Brevet  de  capacité ,  et 
des  aspirantes  au  certificat  d'aptitude  pour  les  fonctions  de  directrice 
de  Salle  d'asile. 

Le  Préfet  de  TAisue ,  Officier  de  l'Ordre  impérial  do  la  Légioa- 
d'Honneur, 
Vu  les  lois  et  règlements  concernant  l'instruction  primaire  ; 
Sur  le  rapport  de  M.  l'Inspecteur  d'Académie  ; 

Arrête  : 

Art.  1".  —  La  Commission  établie  dans  le  département  de 
l'Aisne  pour  examiner  les  aspirants  et  les  aspirantes  au  brevet  de 
capacité  pour  l'instruction  primaire  ,  ouvrira  sa  première  session 
de  l'année  1865  ,  le  Jeudi  23  Mars  prochain  ,  à  huit  heures  du 
matin,  à  Laon,  dans  une  des  salles  de  la  Préfecture. 

L'ordre  des  examens  est  réglé  ainsi  qu'il  suit  : 

Jeudi  23  Mars  ,  à  8  heures  du  matin  ,  examen  des  aspirants 
(Les  séances  seront  publiques). 

Lundi  57  Mars  ,  examen  des  aspirantes  (L-'S  séances  ne  seront 
2ias  publiques). 

Art.  2.  —  Les  aspirants  et  les  aspirantes  au  brevet  de  capacité 
devront  se  faire  inscrire  avant  le  6  Mars  ,  au  Secrétariat  de 
l'Inspection  académique. 

Ils  devront  produire  : 

1°  Leur  acte  de  naissance  constatant  qu'ils  ont  18  ans  accom- 
plis ; 

2"  La  déclaration  qu'il?  ne  se  sont  présentés  devant  aucune 
Commission  dans  l'intervaile  des  quatre  mois  qui  précèdent  la 
session   cette  pièce  sera  légalisée)  ; 

3'  L'indication  ,  s'il  y  a  lieu  ,  de  celles  des  matières  comprises 
dans  la  deuxième  partie  de  l'article  23  tie  la  loi  du  15  mars  1850, 
sur  lesquelles  ils  désirent  èlre  interrogés  ; 

4"  Une  déclaration  écrite  de  la  religion  à  laquelle  ils  appar- 
tiennent. 

Les  candidats  déjà  pourvus  d'un  brevet  de  capacité  ne  seront 
admis  à  subir  un  nouvel  exnmon  que  sur  l'ensembla  des  matières 
facultatives  comprises  dans  la  2''  partie  de  l'art.  -23  de  la  loi  du  15 
mars  1850.  A  la  production  des  pièces  ci  -  dessus  indiquées  ils 
joindront  leur  brevet  de  capacité. 

L'examen  des  aspirantes  au  certificat  d'aptitude  pour  la  direc- 
tion des  salles  dasile,  aura  lieu  le  30  Mars. 
Fait  i^i  Laon,  le  10  janvier  1805. 


Le  Préfet  de  l'Aisne  , 
G.  GASTAING. 


Pour  ampliation  : 

L' Inspecteur  .:d' Académie, 

i.  CALISTI. 


— •  9  — 

PARTIE    STON-OFFIGIELLE. 


EDXJCATIOlSr   ET   ElSTSiniGNEMENT. 


CAISERIES  PÉnAGOGIQlES. 
XXYIII. 

Après  avoir  ,  dans  une  esquisse  rapide  ,  présenté  les  notions 
théoriques  et  biographiques  les  plus  indispensables  ,  nous  allons 
aborder  l'exposé  sommaire  des  méthodes  spéciales  ou  des  pro- 
cédés propres  à  chaque  mi\tière  d'enseignement  considérée  en 
elle-même. 

Les  principes  qui  nous  ont  inspiré  d:ins  les  entretiens  précé- 
dents ,  nous  guideront  aussi  dans  la  revue  criti  jue  que  nous 
entreprenons  en  ce  moment  et  notre  but  est  resté  le  même  : 
signaler  le  bien  partout  où  il  se  rencontre  et  attirer  l'attention 
des  maîtres  sur  les  pratiques  intelligentes  sanctionnées  pai"  l'ex- 
périence,sans  nous  laisser  éblouir  par  l'éclat  d'uu  nom  ou  entraî- 
ner par  l'engouement  des  traditions.  En  cette  matière  nous  par- 
tageons complètement  l'avis  de  M.  VVilîra  ,  penseur  aussi  profond 
que  pédagogue  distingué.  «  On  ne  saurait  donner  trop  de  soin  à 
la  méthode, dit-il, puisque  c'est  d'elle  que  dépend  principalement 
le  succès  ;  mais  il  importe  de  ne  pas  se  passionner  pour  une  mé- 
thode exclnsive, alors  que  plusieurs  voies  [ienvent  également  con- 
duire au  but,  et  qu'il  peut  être  utile  de  changer  de  moyens  et 
de  conduite  selo!»  les  circonstances.  »  Le  sabbat  a  été  institué 
pour  l'homme, dit  l'Evangile.  Il  en  est  de  même  des  mjlhodes  qui 
ne  doivent  jam  lis  être  qu'un  moyen  et  non  un  but. 

Il  finit  avoir  de  la  méthode,  sans  se  dévouer  entièrement  à  telle 
méthode  particulière.  Avoir  de  la  méthode  ,  c'est  avoir  des  prin- 
cipes et  les  appliquer  avec  discernement  ,  c'est  procéder  avec 
ordre  et  mesure,  c'est  ne  pas  aller  au  hasard,  mais  marcher  vers 
un  but  ,  en  suivant  une  route  qu'on  s'est  tracée  d'avance.  Wais 
suivre  une  méthode  exclusive  ,  empruni.ee  à  un  autre  ,  qu"  cet 
autre  s'appelle  Pestalozzi  ou  Jacotot  ,  et  l'appliquer  obstinément 
sans  faire  aucune  distinction  entre  les  temps  et  les  lieux,  aucune 
acception  de  personnes  ou  de  circonslances  ,  c'est  peut  -  être  le 
plus  grand  malheur  qui  puisse  arriver  aux  maîtres  et  aux  élèves. 
Il  n'y  a  de  bonnes  méthodes  que  celles  qui  sont  appliquées  avec 
liberté  et  indépendance. 

Le  méthodisme  est  funeste  part">ut,  pirce  qu'à  force  de  s'atta- 
cher aux  moyens, il  néglige  le  but.  La  meilleure  méthode  suppose 
du  sensetde  l'expérienc?  :  elle  ne  peut  s'acquérir  que  par  la  ré- 
flexion et  la  pratique. Les  procédés  techniques  seuls  peuvent  être 
appris  comme  un  métier  ;  mais  pour  ceux  -  là  même  l'essentiel 
c'est  l'esprit  qu'on  y  apporte  ,  et  là  encore  il  faut  incessamment 
avoir  devant  les  yeux  les  grands  principes  de  l'éducation  et  s'ins- 
pirer constamment  de  l'idée  pédagogi([ue. 

Toute  méthode  spéciale  ,  quelle  qu'elle  soit  .  doil  sdisfaireà 
une  double  condition  ,  fueiliter  Vêluàc  .  rdcijiiisition  d;'  ccrfaines 
connaissances, et  développer  l'esprit  sans  néglifierlc  cœ«r. Un  procédé 
qui  ne  remplit  pas  ce  triple  but  est  mauvais  et  le  maître  doit  le 


—  10  — 
repousser  sans  miséricorde;  c'est  un  moyen  illusoire,  un  leurre 
dangereux  dont  le  moindre  inconvénient  est  une  perte  de  temi)S, 
trop  souvent  irrénarab'e.  Voilà  la  pierre  de  touche  qui  nous  ser- 
vira à  essjyer  les  produits  didactiques  que  nous  allons  soumettre 
à  un  exa  i;en  rapide  mais  consciencieux. 

Il  est  presque  superflu  de  faire  observer  que  le  cadre  de  nos 
entreliens  ne  nons  permet  pas  d'<ntrer  dans  ces  détails  minu- 
tieux qui  sont  du  domaine  des  traités  spéciaux  et  qui  à  celte 
place  deviendraient  forcément  fastidieux;  néanmoins  nous  aurons 
soin  de  relever  en  passant  tout  ce  qui  peut  présenter  quelque 
intérêt,  ruéme  en  dehors  de  la  ligne  de  démarcation  qui  nous  est 
tracée.  D'ailleurs  ,  nous  l'avons  déjà  dit  plusieurs  fois  et  nous  le 
répétons  ici  ,  nos  eatreliens  ont  moins  pour  but  d'épuiser  les 
sujets  que  de  provoquer  la  réOexion  et  d'attirer  l'attention  de  qui 
de  droit  sur  des  faits  que  les  hommes  pratiques  ne  sauraient  assez 
méditer,  puisque  de  leur  application  intelligente  dépend  en  défi- 
nitive le  succès  de  leur  mission. 

Nous  suivrons  dans  notre  exposé  l'ordre  indiqué  par  l'art. '^3 
de  la  loi  sur  l'enseignemenf.  primaire,  en  nous  permettant  cepen- 
dant une  légère  transposition  qui  nous  facilitera  notre  lâche'.  — 
Voici  donc  les  titres  de  nos  futures  causeries  : 

1°  L'Inslruction  morale  et  religieuse  ; 

^"^  Les  éléments  de  la  langue  française; 

3"  La  lecture  ; 

A°  L'écriture  ; 

5"  Le  calcul  et  le  système  légal  des  poids  el  mesures; 

6°  L'arithmétique  appliquée  aux  opérations  pratiques; 

7»  Leséléments  de  l'histoire  et  de  la  géographie  ; 

S'^  Les  notions  des  sciences  physiques  et  de  l'histoire  naturelle 
applicables  aux  usages  de  la  vie  ; 

9"  Les  instructions  élémentaires  sur  l'agriculture  ,   l'industrie  et 
l'hygiène  ; 
10"  L'arpentage,  le  ïiivellcment,  le  dessin  linéaire; 
10"  Le  chant; 
12°  La  gymnastique. 

(La  fin  rie  la  28»  Causerie  au  prochain  numéro  ) 


EXEUOIOES. 
Dictée. 

Quand,  à  votre  sortie  de  l'école,  vous  entrerez  dans  le  monde, 
vous  aurez,  messieurs,  affaire  à  bien  des  escrors;  et  je  ireis  i;é- 
cessaire  de  vous  prémunir  contre  les  dangers  que  vous  mirez  ù 
courir,  si  vous  ne  vous  méfiez  pas. 

La  jeu  esse  est  naturellement  toute  portée  à  la  confiance  ;  elle 
est  toute  âme  pour  ceux  qui  savent  l'amorcer  jiar  les  a['f  as 
trompeurs  de  la  flatterie  ,  déguisée  sous  le  voile  de  l'intérêt ,  de 
la  i)ienveillance.  Quels  que  soient  donc  les  promesses  que  l'on  se 
plaise  a  vous  faire  et  les  lucres  dont  vn  vous  berce,  tiaignez  oe 
tomber  dans  les  pièges  des  hypocrites;  car  ou  n'a  pas  plus  tôt  (1) 

(I)  Oa  plutôt. 


—  11  — 

aperçu  leurs  manœuvres  frauduleuses, qu'on  est  presque  tenté  de 
prendre  e.i  h:iiae  tout  le  genre  humain. On  ne  se  retire  de  l'abînie 
où  l'on  a  failli  s'engloutir  ,  qu'on  n'en  retienne  pour  longtemps 
une  cpèce  de  misanthropie.  Pour  éviter  cet  inconvénient  ,  ne 
vous  livrez  pas  en  aveugles  à  toutes  sortes  de  gens  ,  à  tous  les 
nouveau-venus  (1).  Prenez  garde ,  à  l'avance  ,  quon  :;  souvent  à 
se  repentir  de  s'être  lié  avec  précipitation. Le  plus  sûr  moyen  de 
n'éprourer  aucun  îegret  par  la  suite  ,  c'est  que  vous  étudiiez 
longteni;  s  el  bien  le  caractère  e^  la  conduite  de  ceux  que  vous 
désirez  prendre  pour  amis  ;  et  parce  que  nous  pouvons  être 
trompés  dans  nos  atfections  ,  il  ne  faut  pas  pour  cela  que  nous 
vivions  en  loups-garous.  Ne  tombons  p&int  d'un  excès  dans  un 
autre  :  tout  excès  est  blâmable,  je  vous  l'ai  répété  plusieurs  fois; 
et  je  m'étonnerais  avec  juste  raison  qu'il  restât  le  moindre  doute 
là-dessus  daps  vos  cœurs. 

Les  hommes  se  doivent  des  égards  :  on  n'est  point  sur  la  terre 
pour  vivre  isolés,  pour  demeurer  indifférents  les  uis  aux  autres; 
on  est  au  contraire  forcé  de  se  rapprocher  de  ses  semblables.  Et 
c'est  là  ce  qui  seul  peut  adoucir  les  amertumes  de  la  vie.  Eh 
quoi  !  serait-on  assez  insensé  pour  douter  seulement  de  la  néces- 
sité des  rapports  sociaux  ?  Et  ces  rapports  ne  seraient-ils  point 
rompus  ,  du  moment  qu'on  se  montrerait  défiants  les  uns  envers 
les  autres  ?  Vous  le  sentez  ,  cette  dernière  hypothèse  est  impos- 
sible. L'enfant  a  besoin  de  ses  parents  ,  le  frère  de  son  frère  ,  le 
père  caduc  et  décrépit  de  son  fils  valide  et  sain.  Et  si  dans  une 
famille  on  a  jamais  vu  que  l'un  et  l'autre  enfant  paraissaient 
oppotés,  soit  par  leurs  caractères, soit  pnr  leurs  affections,  bien- 
tôt on  les  a  vus  se  rapprocher,  s'unir,  se  dédommager,  en  quel- 
que sorte  ,  du  temps  qu'ils  avaient  perdu  ,  en  vivant  dans  une 
plus  complète  intimité, si  toutefois  ce  n'étaient  pas  des  monstres, 
comme  on  en  a  rencontré,  mais  très-rarement  pourtant. 

Que  coaclurons-nous  de  là, sinon  que  la  société  et  conséquem- 
ment  la  confiance .  base  de  toute  société  ,  sont  nécessaires  à 
l'homme?  Ainsi  donc, par  ce  que  nous  avons  cru  devoir  représen- 
ter en  commençant, nous  n  avons  voulu  que  vous  mettre  en  garde 
contre  quelques  malintentionnés  ,  mais  non  pas  contre  tous  les 
hommes.  Oui ,  autant  la  confiance  est  indispensable,  autant  elle 
doit  être  mesurée  ,  si  nous  ne  voulons  pas  nous  exposer  à  être 
des  dupes  continuelles.  Car  quelque  bonne  opinion  que  nous 
ayons  d'un  homme, quelque  béat  qu'il  nous  paraisse,  ilestcontre 
la  raison  que  nous  nous  fiions  à  l'apparence  ,  ni  que  nous 
croyions  l'avoir  apprécié  suffisamment  sur  une  première  vue. 
Nous  le  disons  encore  une  lois  :  tout  bons, tout  probes  que  vous 
croyez  d'abord  certains  hommes  à  la  mine  cafarde  et  doucereuse, 
méfiez-vous-en,  jusqu'à  ce  que,  par  une  plus  ample  information, 
par  une  étude  pkis  approfondie,  vous  les  appréciiez  à  leur  juste 
valeur. 


H)  Ou  noufiaux  venus. 


-,   12  - 

Corrigé  du  sujet  ^e  Pliysiquc 

ihniné  dans  le  nurnih-o  ilii  30  novembre  deniier. 

PESANTEUR.  —  POIDS  d'UiX  CORPS.  —  CENTRE  DE  GRAVITÉ.  — 
ÉQUILIBLE  d'un  CORPS  SUSPENDU.  —  ÉQUILIBRE  STABLE  -  INS- 
TABLE. —  INDH^FÉRENT.  —  ÉQUILIBRE  d'uN  CORPS  APPUYÉ  SUR 
UN    PLAN    HORIZONTAL.    —    BASK    DE    SUSTENTATION. 

La  pesanteur  est  une  force  qui  tend  à  diriger  tous  les  corps 
vers  h  terre  quand  ils  sont  librement  abandonnés  à  eux-  mêmes. 
Cette  force  agit  sur  toutes  les  molécules  partielles  dont  les  corps 
sont  formés  ;  et  son  action  ,  pour  chacune  d'elles  ,  est  dirigée 
S'ilvaiit  la  verticale  qui  lui  correspond. 

Toutes  îcs  actions  de  la  pesanteur  sur  les  diverses  molécules 
d'un  même  corps  sont  parallèles  ciilrc  elles  ,  puisque  toutes  les 
verticales  qui  aboutissent  à  des  points  voisins  peuvent  être  con- 
sidérées comme  parallèles.  Or  ,  on  démontre  en  mécanique  que 
lorsqu'un  corps  est  soumis  à  l'action  de  plusieurs  forces  paral- 
lèles et  de  même  sens  ,  la  résultante  est  parallèle  à  la  direction 
des  composantes  ,  et  de  plus  coupe  la  droite  qui  unit  les  points 
d'application  de  ces  composantes  en  deux  parties  réciproque- 
ment proportionnelles  à  leurs  intensités.  Donc,  toutes  les  forces 
exercées  par  la  pesmteur  sur  les  diverses  molécules  d'un  corps, 
peuvent  être  remplacées  par  une  force  unique.  C'est  cette  force 
unique  ,  cette  résultante,  qu'on  désigne  sous  le  nom  de  poids  du 
corps. 

On  se  fait  une  idée  du  poids  d'un  corps  par  la  pression  qu'il 
exerce  sur  la  main  qui  le  soutient  ;  aussi  définit  -  on  encore  le 
poids  d'un  corps  :  l'elTort  qu'il  exerce  sur  un  autre  corps  qui 
l'empêche  d'obéir  à  l'action  de  la  pe?anteur. 

Le  point  d'applicatio-i  de  cette  résullante  ,  ou  autrement  dit  du 
y>o/(lx, s'appelle  ce/i</'t'(/?flmt'/^^Il  est  invariable  dans  un  même  corps, 
quelle  que  soit  sa  position,  car  on  sait  que  lorsqu'on  fait  tourner 
un  système  de  forces  parallèles  et  de  même  sens  autour  de  leurs 
points  d'application  supposés  fixes  de  manière  que  toutes  les 
forces  conservent  leur  parallélisme  et  leur  intensité  dans  toutes 
leurs  positions  ,  les  résultantes  de  tous  les  systèmes  passent  par 
un  point,  qui  est  le  centre  des  iorces  parallèles. 

Dans  tous  les  corps  homogènes  q'ù  ont  un  axe  de  symétrie,  le 
centre  de  gravité  est  sur  cet  axe,  —  Dans  tous  les  corps  décom- 
posables  en  plusieurs  parties  qui  ont  leurs  centres  de  gravité  sur 
une  même  droite  ,  le  centre  de  gravité  est  sur  cette  droite.  — 
Lnfin ,  dans  les  corps  homogènes  possédant  un  centre  de 
figure  ,  le  centre  de  gravité  est  le  centre  de  figure  lui- 
même. 

Ainsi  le  centre  do  gravité  d'une  barre  de  fer  est  au  milieu  de  sa 
longueur  ; 

Le  centre  de  gravité  d'une  circonférence  est  au  centre  même 
de  la  circonférence; 

Le  centre  de  gravité  d'nn  cercle  est  au  centre  du  cercle  ; 

Le  centre  de,  gravité  d'jin  parallélogramnni  ,  est  au  point,  d'in- 
terseclion  de  ses  deux  diagonales.  —  Le  centre  de  gravité  d'un 


—  13    — 

triangle  est  situé  sur  la  droite  qui  joint  son  sommet  au 
milieu  de  sa  base  ,  et  au  tiers  de  cette  droite  ,  à  partir  du 
sommet. 

Le  centre  de  gravité  d'une  sphère  ,  est  le  centre  môme  de  la 
sphère; 

Le  centre  de  gravité  d'un  parallélipipède,  est  au  point  d'inter- 
section de  deux  de  ses  diagonales  ; 

Le  centre  de  gravité  d'un  cylindre  est  au  milieu  de  la  ligne  qui 
joint  le  centre  de  gravité  de  ses  deux  bases; 

Le  centre  de  gravité  d'un  prisme  est  aussi  au  milieu  de  la 
ligne  qui  joint  le  centre  de  gravité  de  ses  deux  bases  ; 

Enfin  le  centre  de  gravité  d'une  pyramide  triangulaire  est  sur 
la  droite  qui  joint  le  sommet  au  centre  de  gravité  de  cette  base, 
et  aux  3/4  à  partir  du  sommet. 

Dans  un  corps  hétérogène  ,  le  centre  de  gravité  se  détermine 
par  l'expérience.  A  cet  effet,  on  suspend  d'abord  le  corps  à  un 
fil  par  un  point  de  sa  surface,  et  quand  il  est  en  repos  ,  on  pro- 
longe, par  la  pensée,  ce  fil  qui,  comme  nous  le  venons  tout-à- 
l'heure,  va  passer  par  le  centre  de  gravité.  On  procède  de  la 
même  manière  ,  en  soutenant  de  nouveau  le  corps  par  un  autre 
point  de  sa  surface.  Le  centre  de  gravité  devant  être  à  la  fois  sur 
les  deux  lignes  ,  ne  peut  évidemment  se  trouver  qu'à  leur  point 
d'intersection. 

Tout  le  poids  d'un  corps  pouvant  être  supposé  transporté  à 
son  centre  de  gravité,  il  en  résulte  qu'un  corps  sera  en  équilibre 
quand  ie  centre  de  gravité  sera  maintenu.  Mais  le  centre  de  gra- 
vité d'un  corps  étant  un  point  de  l'intérieur  de  ce  corps  ,  il 
serai!,  on  le  comprend,  as.>e7,  diificile  de  le  mettre  en  équilibre, 
si  c'était  là  la  seule  condition.  Or,  on  sait  que  le  point  d'applica- 
tion d'une  force  peut  élre  transporté  en  un  point  quelconque 
de  la  direction  de  cette  force  pourvu  que  le  second  point  soit  lié 
invariablement  au  premier. Donc,  nous  pouvons  dire  qu'un  corps 
sera  en  équilibre  chaque  (bis  que  la  verticale  du  centre  de  gravité 
viendra  à  passer  par  le  point  d'appui.  VA  suivant  que  ce  point 
d'appui  sera  au  -  dessus  ou  au  -  dessous  du  centre  de  gravité, 
l'équilibre  sera    dit   stable    ou   insiable. 

Dans  le  cas  où  l'équilibre  est  stable  et  le  corps  au  repos  ,  le 
centre  de  gravité  est  plus  bas  placé  qu'il  ne  le  serait  dans  toutes 
les  positions  voisinesoù  ce  corps  peut  êlrc  placé. Par  conséquent,  si 
en  l'écartant  desa  position  primitive, il  tendra,  si  on  l'abandonne  à 
lui-méme,à  y  revenir  après  plusieurs  oscillations, car  le  centre  de 
gravité  tend  toujours  à  se  placer  le  plus  bas  possible 

Nous  avons  un  exemple  de  cet  équilibre  ,  dans  un  corps  au 
repos,  suspendu  à  l'extrémiié  d  un  fil. 

Dans  le  cas  où  l'équilibre  est  instable,  le  centre  de  gravité  est 
plus  haut  placé  qu'il  ne  le  serait  dans  toutes  les  positions  voi- 
sines. Dès  lors,  si  on  écarle  le  corps  de  sa  position ,  il  ne  la 
reprend  plus.  Ainsi  un  œuf  ou  une  pomme  maintenue  en  équi- 
libre sur  la  pointe  d'un  couteau. 

Outre  ces  deux  équilibres  ,  il  en  existe  encore  un  troisième 
appelé  équilibre  indiprent ,  c'est  celui  qui  persiste  dans  toutes 
les  posilious  que  peut  prendre  un  corps.  Dans  cet  équi- 
libre, le  centre  de  gravite  est  toujours  ù  égale  distance  du  point 


-  14  ^ 

d'appui.  C'est ,  par  exemple,  uikî  sphère  placée  sur  un  plan  par- 
faitement horizontal. 

Nous  venons  de  nous  occuper  des  conditions  d'équililjre  des 
corps  suspendus  ,  ou  appuyés  par  un  point  sur  un  plan  horizon- 
tal ,  il  nous  reste  à  exu'.iiner  quelles  sont  les  conditions  d'équi- 
libre d'un  corps  repDsant  r.ur  un  plan  horizontal  par  trois  ou  un 
plus  grand  nombre  de  poinî-,  non  eu  ligne  droite. 

Nous  dirons  d'abord  que,  pour  qu'un  corps  reposant  par  plu- 
sieurs points  sur  un  plan  hori'.ontal  soit  en  équilibre  ,  il  faut  que 
la  verticale  du  centre  de  gravit:^  rencontre  la  base  de  sustenta- 
tion, (on  appelle  base  de  sustentation .  le  polygone  formé  enjoi- 
gnant les  uns  aux  autres  tous  les  points  dappui.  Chez  l'homme 
la  base  de  sustentation  sera  le  polygone  formé  par  deux  lignes 
droites  qui  joindraient  l'une  les  deux  talons,  et  l'autre  les  extré- 
mités antérieures). On  conçoitdès  lors  qu'une  personne  est  d'au- 
tant plus  feriue  sur  ses  pieds  que  le  polygone  de  sustentation 
est  plus  large  ,  car  le  centre  de  gravite  qui  ,  chez  l'homme  , 
est  situé  au  centre  du  bassin  ,  peut  alors  éprouver  de 
plus  grands  déplacements  sans  sortir  des  limites  nécessaires,  — 
Un  homme  aurait  évidemment  peu  de  tixilé,  s'il  plaçait  ses  pieds 
sur  le  prolongement  l'un  de  l'autre  ,  ou  encore  l'un  près  de 
l'autre. 

Les  chandeliers,  les  lampes,  et  un  grand  nombre  d'ustensiles 
ne  doivent  leur  stabilité  qu'à  l'étendue  de  leur  base. 

Tout  le  monde  a  entendu  parler  des  tours  de  Pise  et  de 
Bologne,  en  Italie,  qui  sont  tellement  inclinées  qu'elles  semblent 
menacer  les  passants  de  leur  chute ,  et  qui ,  cependant ,  restent 
debout  depuis  des  siècles,  parce  que  la  verticale  de  leur  centre 
de  graviié  tombe  toujours  dans  la  base  de  sustentation. 

Chaque  fois  que  la  disposition  des  molécules  vient  à  changer  , 
le  centre  de  gravité,  lui-même,  change  de  place.  Ainsi ,  dans  les 
animaux  ,  dont  les  formes  varient  à  chaque  mouvement  pour 
ainsi  dire,  le  centre  de  gravité  se  déplace  constamment  selon  les 
dilîéreiites  attitudes  qu'ils  prennent  et  les  fardeaux  dont  ils  sont 
chargés" 

Lorsqu'un  homme  porte  un  fardeau  ,  il  est  obligé  de 
se  pencher  de  manière  que  le  polygone  dessiné  par  ses  pieds 
reçoive  la  verticale  passant  par  le  centre  de  gravité  de  tout  le 
système  que  forment  ensemble  l'homme  et  le  fardeau. 

C'est  par  cette  raison  qu'un  colporteur  qui  est  chargé  d'un 
lourd  fardeau  sur  le  dos  ,  est  obligé  de  se  pencher  en  avant.  Au 
contraire  ,  un  homme  incommodé  d'un  gros  ventre  est  contraint 
de  se  pencher  en  arrière.  Une  femme  qui  tient  d'une  main  un 
sceau  plein  d'eau  ,  (';prouve  la  nécessité  d'incliner  son  corps  du 
côté  opposé. Le  vieillard  courbé  sous  le  poiils  des  ans, se  sert  d'un 
bâton  pour  agrautiir  sa  base  de  sustentation  —  C'est  encore 
d'après  le  même  principe  qu'étant  asss,  nous  nous  penchons  en 
avant  pour  nous  relever  ;  que  nous  plaçons  les  pieds  l'un  devant 
l'autre  ,  pour  résister  à  un  choc  qui  nous  pousse  en  avant  ou  en 
arrière,  et  que  nous  les  écartons,  au  contraire,  latéralement  pour 
résister  à  des  pressions  s'exerçant  sur  les  côtés. 

Nous  avons  dit  plus  haut  que  le  centre  de  gravité  tend  toujours 
à  descendre.  Cette  tendance  sert  à  expliquer  pourquoi  les  corps 


—  15  — 

placés  sur  un  plan  incliné  glissent,  tomhenl.  Néanmoins,  on  voit 
dans  les  cabinets  de  physique  deux  apjiarcils  où  il  semble  (jnoles 
lois  de  l'équilibre  sur  un  plan  non  hoiizonlal  ne  sont  plus  obser- 
vés. L'un  est  un  disque  de  bois  contenant  ,  près  du  bord  ,  une 
masse  de  plomb,  l'osé  sur  un  plan  légèrement  incliné,  il  remonte 
le  long  du  [>!an,  au  lieu  de  descendi'e.  Ce  résidtal,  qui  étonne  au 
premier  abord,  se  comprend  fiicilement  pîir  la  position  du  centre 
de  gravité  qui  est  descendu  réellement  dans  le  mouvement  du 
corps.  —  L'autre  est  un  double  cône  ,  qui  mis  sur  une  espèce  de 
plan  incliné  ,  formé  de  deux  règles  faisant  entre  elles  un  certain 
angle,  roule  vers  la  partie  la  plus  élevée.  M;iis  ici  encore  ,  si  on 
mesure  exactement  la  hauteur  ,  on  remarque  que  le  corps  est 
réelbnuetit  descendu,  en  s'engageant  davantage  dans  la  partie  où 
les  règles  sont  plus  écartées. 

Da-  s  tout  ce  que  nous  avons  dit  du  contre  de  gravité  ,  nous 
avons  supposé  tacitement  que  les  corps  ne  se  déformaient  pas  en 
vertu  Ù3  leur  compressildiité  et,  par  conséquent ,  que  le  centre 
de  gravité  ne  change  pas  de  position  dans  leur  intérieur. 


Solulion  des  questions  de  .lIalliéiiiali{|U8s  posées  dans  le  n"  du  30  iiovcoibro. 

PREMIER     PROBLÈME. 

Réponse  :  3,  4  el  5. 

SOLUTION.  ^ 

Soient  Z  et  Y  les  côlés  rJo  l'angle  droit  et  X  l'hypothénuse. 
L'énoncé  donne  : 
(  1  )     XY  +  XZ  +  YZ  =  47  ou  X  (Y  +  Z)  +  YZ  =:  47  • 
{ 2  )    (X-Y)  (X-Z)  =  2  ou  X^  -  X  (Y  +  Z)  +  YZ  ==     2.' 

De  plus  le  triangle  étant  rectangle  ,  on  a  : 

(3   )      X^    =:::    Y^    -f    Z^ 

Eliminons  Y  el  Z. 

D'abord  les  équations  (  1  )  et  (  2  )  donnent  par  addition  : 

(  4  )    X^  +  2  Y  Z  =  49  , 
Et  par  soustraction  :  • 

(3)     2  X  (Y+  Z)  -  X=  =  43. 
Puis  remplaçant,  dans  l'égalité  (  4) ,  X^  par  sa  valeur  fournie  par  la  f  5  ) 
il  vient  :  i  \     i  > 

Y^  +  Z^   -i-  2  Y  Z  =  49 
ou    (  Y  4-  Z  )^     :.-     49 
ou  encore  Y  +  Z  =  7* 

Enfin,  suhstiluons  cette  dernière  valeur  à  (  Y  -}-  Z  1,  dan."  ré'>-alité  (  5  )    il 
vient  :  o         \     j, 

14  X  —  X^  =  45 
ou  X*— 14  X=:  —45 

D'où  l'on  lire  , 

^  ~     Z  K      49  —  45 

X  =  7+  2 

X'^  9  eF     X"  ==  5  . 

DISCUSSION. 

La  l'e  racine  doit  ôtre  rejelée  ;  car  elle  conduit  à  Y  Z  =  —  16  •     la  seule 
solulion  admissible  est  donc  ' 

X  =  o. 
Elle  donne  25  z=  Y^  +  Z'. 
Remplaçons  Z'  jiar  sa  valeur,  il  vient  : 

25  =  Y^  +  (49  +  Y^  —  14  Y), 
etY'— 7Y=    —    12. 


—  16 

— 

Donc 

Y  = 

:    7    + 

2  — 

y  " 

4 

T2 

Y'  ^ 

Y  = 

4 

=  7  -f 

i  — 

=  7  + 
2   — 
et 

y      49         48 
4          4 

Y"  =  3. 

Si 

on 

prend  4 

pour 

valeur 

de  Y 

3  sera 

la  valeur 

de  Z 

Do 

ne 

les  trois  côtés  sont  3 

,  4  et 

5. 

DEUXIÈME     PROBLÈME. 

Réponse  :  2,  6,  4  et  12. 

SOLUTION. 

On  a  évidemment  la  progression 
X    :    Y   .:   Z    :    T  ; 

pour  somme  de  ses  antécédents 
(1  )     X  +  Z  =  6, 
et  pour  somme  des  carrés  de  ses  termes 

(  2  )     X^   +  Y^  +  Z'  +  T^   =  200 
Pour  trouver  la  valeur  des  inconnues,    il  faut  chercher  deux  autres  équa- 
tions. 

La  raison  étant  3,  on  a  : 

(5)     3X  =  Y, 
,  (4)     3  Z  =  T. 

Remplaçant ,   dans  la  2«  équation  ,    Y*  et  ï'  par  leurs  valeurs  fournies  par 
les  équations  (  5  )  et  (  4  ) ,  il  vient  : 

X'  -f  9  X^  +  Z^  +  9  Z^  =  200 
ou        10  X^  +  10  Z»  =  200 
ou  X^  +  Z"  =r  20 

Subsliiuant,  danscctle  dernière  égilité,  à  la  valeur  de  Z^  celle  fournie  par 
a  (  1  )  ,  il  vient  : 

X^  -f  (5i^  +  X^  —  12  X)  =  20 
D'où    2  X^—  12  X  =  —  16, 
X^-—    6  X  =  —    8 , 

X  =    3+  ^    9—8, 

X  =    3[+_  1 . 

Les  racines  de  X  donnent 
X'  =  3  +  l  =4  et  X»  =  3  —  1=2. 
Si  on  prend  2  pour  valeur  de  X  ,   on  aura  4  pour  celle  de  Z  ,    et  on  aura  la 
proiçression  : 

H-  2  :  6  :  4  :  12. 

D'où  je  conclus  que  les  valems  de  X  ,  Y,  Z  et  T  sont  respectivement  2  ,  6, 
12,  nombre  qui  ré^ioudeu',  aux  condilions  du  problème. 

VÉRIFICATION. 

Les  carrés  des  nombres  2,  6,  4  et  12  donnent  : 

4   +   36   +    16   +   144  =  200 

J.-K   Chatii.lon  , 
Insliluliur  a  CraniUlain-rl-Mahal- 

D'excellentes   solutions  de  ces  problèmes  nous  ont  aussi  été  envoyées  par  M. 
Lefcvre,  d'Origny-Ste-Benoîte. 

Les  Gérants,  H.  DE  Coquet  et  Stenger. 


Lton,  —  Imprimerie  U.  de  Coqibt  et  STEBioEK, 


14e  Année.  1  M»   ».  34  Janvier  1865. 


BULLETIN 

DE  L'INSTRUCTION  PRIMAiRB 

PODR  LE  DÉPARTEMENT  DE  L'AiSNE, 
Çvv\)Vvt  sous  \es  avv&çices 

de  3M[.  Gastaing,  Préfet  de  l'Aisne, 

Officier  de  la  Légion  -  d'IIoniicur, 

Officier  de  l'Insti'uction  piibllcxue. 

Paraissant  le   ^^  et  le  30  de   chaque  mois. 

[  avec  le  }kmà  général,  14  fr.  SU  c.  par  m\. 
PRIL     Avec  le  Petil  Manuel,      6  tV.  60  c. 
(  Seul,  5  II 


PARTIE  OFFICÎELLï;.  —  Arrêté  ministériel  relatif  à  l'examen  des  livres 
classiques.  —  Circulaires  aux  Recteurs  :  i"  sur  l'arrêté  relatif  à  l'examen 
des  livres  classiques  ;  2»  sur  les  livres  propres  à  être  donnés  en  prix  ou  à 
être  placés  dans  les  bibliothèques  scolaires.  —  Circulaire  de  M.  le  Préfet  de 
l'Aisne  aux  Maires  du  département  sur  les  votes  à  exprimer  dans  la  pro- 
chaine session  de  février  pour  les  dépenses  de  l'instruction  primaire  en 
1865.  — •  Liste  des  délégués  cantonaux  pour  la  période  triennale  de  1865 
à  1868  ,  avec  indication  des  écoles  soumises  à  leur  surveillance  (arrondisse- 
ment de  Château-Thierry).  —  Mouvement  du  personnel.  —  Circulaire  de  M. 
le  Ministre  de  l'Instruction  publique  à  MM.  les  Inspecteurs  d'Académie. 

PAffiTBE  l\'©lV-©FFICaELLE.  -  EDUCATION  ET  Enseignemeny.  —  Droits  et 
Devoirs  des  Délégués  cantonaux. — Causeries  pédagogiques  (fin  du  28e  article]  : 
Instruction  morale  et  religieuse.  —  Exercices  :  Lettre  d'une  institutrice  à 
une  de  ses  élèves  ;  sujet  de  style  ;  arithmétique  ;  arpentage  et  géométrie.  — 
Corrigé  du  sujet  de  style  donné  dans  l'Académie  de  Paris ,  à  la  !'«  session 
de  Î864,  sur  Moïse  considéré  comme  homme  privé,  comme  homme  public  et 
écrivain.  —  Variétés  :  La  meilleure  manière  de  manger  (2»  article). 


PARTIE  OFFIGIEEÎ.E. 

AÊ*i°êté  retatif  tï  i'eoeamen  €S'   t  tivs'es  ciassiQuea. 

Le  Minisire  secrétaire  d'Etat  aiî  ^t  partement  de  l'Instruction 
publique, 
Vu  l'article  5  de  la  loi  du  15  mars  1850  ; 
Le  Conseil  impérial  de  l'Instruction  publique  entendu  , 

Arrête  : 

Art.  i*^i'. —  Le  Recteur  et  les  Inspecteurs  d'Académie ,  les  pre- 
miers pour  les  livres  d'enseignement  secondaire  ,  les  seconds 
pour  les  livres  d'ciiseignomciit  primaire  ,  doivent,  sous  leurres- 


—  18  — 

poiJsabiliU',  déférer,  soit  an  Conseil  académique,  soit  au  Conseil 
départenienlal  ,  les  ouvrages  publiés  ou  circulant  dans  leur 
Académie  ou  dans  leur  ressort  d'inspection  ,  qui  leur  paraissent 
contraires  à  la  morale ,  à  la  Constitution  et  aux  lois. 

Art.  2.—  Si  le  Conseil  académique  ou  le  Conseil  départemenlal 
est  d'avis  qu'il  y  a  lieu  d'interdire  les  ouvrages  ainsi  déférés  ,  il 
le  déclare  par  une  délibération  motivée. 

Art.  3.  —  Les  délibérations  intervenues  en  vertu  des  articles 
ci-dessns  sont,  dans  tous  les  cas  ,  soumises  à  l'approbation  du 
Conseil  impérial  de  l'Instruction  publique. 

Art.  4.  —  Le  Ministre  présente  ,  chaque  année  ,  au  Conseil 
impérial,  qui  donne  son  avis,  la  liste  des  ouvrages  nouveaux  qui 
peuvent  èlre  introduits  dans  les  écoles  publiques, 

Art  5.  —  L'arrêté  ministériel  du  26  décembre  18o8  est 
rappporté  en  ce  qu'il  y  a  de  contraire  aux  dispositions  qui 
précèdent. 

Fait  à  Paris,  le  11  janvier  1865. 

V.  DURUY. 

€irewtair&  antop  Reeiewtrs 

Kui'  l'arrêté  relatif  à  l'examen  des  livres  classiques 

Paris,  le  H  janvier  1865. 
Monsieur  i,e  Recteur  , 

J'ai  l'bonneur  de  vous  adresser  un  arrêté  relatif  aux  livres 
classiques.  L'organisation  qu'il  prescrit,  et  dont  les  motifs  sont 
exposés  dans  la  note  présentée  au  Conseil  impérial  ,  n'a  pas 
besoin  d'explications  pnir  ce  qui  concerne  les  ouvrages  prohi- 
bés. Pour  ceux  qui  peuvent  être  introduits  dans  les  écoles,  nous 
ne  changerons  rien.  Monsieur  le  Recteur  ,  à  ce  qui  existe.  Les 
fonctionnaires  les  plus  compétents  ,  et  en  même  temps  les  plus 
intéressés  à  faire  un  bon  choix  ,  les  professeurs  ,  remettront  , 
comme  par  le  passé,  avant  la  Un  de  l'année  classique,  la  liste  des 
livres  qu'ils  jugeront  nécessaires  à  la  bonne  direction  des  études 
de  leurs  élèves.  Le  censeur  et  le  proviseur  devront  approuver 
ou  rectifier  cette  liste,  sous  votre  contrôle  supérieur. 

Lorsque  parmi  ces  indications  il  se  trouvera  des  ouvrages 
nouveaux,  vous  voudiez  bien, Monsieur  le  Recteur, m'en  adresser 
la  liste  pour  que  je  la  soumette  an  Conseil  impérial. 

Il  devra  être  fait  de  même  pour  les  écoles  primaires.  Les 
indications  des  insîitiiteurs,  approuvéesou  rectifiées  par  l'inspec- 
teur primaire  ou  riuspccleur  d'ac^adémie  ,  vous  seront  directe- 
ment soumises.  Le  Conseil  académique  ,  dont  l'avis  était  exigé 
par  le  2'  paragraphe  de  l'article  6  de  l'arrêté  du  1^'  juin  1862  , 
cessera  d'être  consulté;  mais  le  Conseil  impérial  devra  intervenir 
([uand  il  s'agira  de  livres  nouveaux.  Tout  en  comprenant  bien 
qu'un  maître  doit  être  laissé  libre  de  choisir  ,  parmi  les  bons 
onvr.iges  ,  ceux  qui  conviennent  le  mieux  à  son  esprit  et  à  sa 
méthode  ,  nous  devons  veiller  ,  dans  l'intérêt  des  familles  ,  à  ce 
(lu'il  ne  se  produise  pas  de  ces  changements  brnsques  et  multi- 
pliés (pji  parfois  élèvent ,  d'une  manière  fâcheuse  ,  les  dép?iises 
à  faire  par  les  élèves  pour  les  fournitures  de  classe. 

Recevez,  etc. 

Le  Ministre  de  rinslriiction  publique. 
Y.  DURUY. 


-  19  - 

VircMittire  hujp  Reeiewè'8  «ttr  tes  iivi'e»  »9»'OifÊ*^s 
à  êi-y^  ffonnéa  en  iti'i,v  o»e  ù  èStre  gtlacéa  «tan» 
les  OSM toi ff édites  scalaires, 

Paris,  le  H  janvier  18G5. 
Monsieur  le  Recteur  , 

L'administration  dfi  l'instruction  publique  achète  ,  chaque 
année,  un  a^rand  nombre  d'ouvrages  ,  qu'elle  donne  ensuite  aux 
bibliothèques  scolaires  des  communes,  (chaque  année  aussi ,  les 
lycées  et  les  collèges  doiventse  procurer  ieslivres  qui  deviennent, 
le  jour  de  la  distribution  des  prix  ,  la  récompense  du  travail.  Le 
nombre  des  volumes  que  l'Administration  est  ainsi  tonne  de  se 
procurer  est  fort  considérable,  et ,  à  raison  de  leur  destination, 
le  choix  à  faire  est  très  -  diiricile  ,  car  l'Université  ne  saurait 
prendre  trop  de  précautions  avant  de  mettre  elle-même  un  livre 
dans  la  main  d'un  enfant. 

Pour  ra'éclairer  dans  cette  partie  délicate  de  mon  administra- 
tion, j'ai  constitué ,  au  mois  d'avril  dernier,  une  Commission  des 
bibliothèques  scolaires,  qui  a  déjà  examiné  2,000  ouvrages  ,  et  a 
permis  à  l'Administration  de  distribuer  avec  sécurité  76,000 
volumes. Mais  cette  Commission  ne  peut  connaître  les  besoins  des 
localités, et  n'opère  que  sur  des  ouvrages  inscrits  aux  catalogues 
des  libraires  de  Paris  ;  de  sorte  que  des  livres  d'un  intérêt  res- 
treint ,  mais  fort  utiles  aux  lieux  où  ils  ont  été  produits  ,  comme 
des  histoires  de  villes  ou  des  biographies  ,  des  descriptions 
géographiques  de  localités  secondaires,  ou  des  tableaux  d'indus- 
tries spéciales,  etc.,  sont  rejetés  d'une  liste  qui  contient  surtout 
des  ouvrages  d'un  intérêt  général, ou  même  restent  inconnus  des 
membres  de  la  ':ommission.  Afin  de  rendre  le  travail  à  la  fois 
plus  facile  et  plus  sûr,  j'ai  arrêté  les  dispositions  suivantes  : 

1°  Ecoles;  primaires. —  Chaque  instituteur  sera  invité  adresser 
la  liste  des  livres  qu'il  croira  utile  de  distribuer  en  prix  ou  de 
placer  dans  la  bibliothèque  scolaire  pour  les  lectures  du  soir  et 
du  dimanche,  soit  de  ses  élèves,  soit  de  leurs  familles.  Ces  listes 
seront  successivement  révisées  et  complétées  par  les  inspecteurs 
primaires  et  par  l'inspecteur  d'Académie  ,  qui  en  formera  la  liste 
départementale;  ensuite  par  le  Recteur,  qui  arrêtera  la  liste  pour 
l'Académie  tout  entière. 

2"  Ecoles  secondaires.  —  Une  marche  analogue  sera  suivie  par 
les  professeurs  pour  les  livres  de  lecture  de  chaque  bibliothèque 
de  quartier  et  pour  les  livres  de  prix  de  chaque  classe  ;  par  le 
proviseur  et  le  principal,  pour  le  lycée  et  le  collège;  par  l'inspec- 
teur, pour  lAcadémie.  A  l'aide  de  ces  listes  ,  le  Recteur  com- 
posera la  sienne. 

Je  n'ai  piis  besoin  d'ajouter  que  vous  pourrez ,  Monsieur  le 
Recteur,  recueillir  de  très-utiles  renseignements  auprès  de  MM. 
les  proi'esseurs  des  l'acultés  ,  tout  comme  j'en  reçois  déjà  en  ce 
moment  de  très-précieux  de  la  part  des  Sociétés  savantes. 

Vous  aurez  soin  aussi  de  m'envoyer  les  titres  des  ouvrages 
proposés,  qu  une  des  autorités  chargées  de  cette  révision  aurait 
éliminés. 

Les  listes  académiques  et  départemnnlaies  sur  lesquelles  l'Ad- 
uiinislralion  eenlraîe  exercera  aussi  son  contrôle  seront  tenues  à 


—  20  — 

jour  ,  en  ce  sens  que  ,  chaque  année  ,  au  !'■  avril  ,  le  Kecleur 
(lemaniiera  les  modifications  que  l'expérience  de  l'année  aurait 
îail  connaître  ,  et  les  adiitions  que  les  publications  nouvelles 
rendraient  nécessaires. 

L'Administration  supérieure  aura  ,  de  cette  manière  ,  tous  les 
fonctionnaires  de  l'instruclion  publique  pour  juges  intéressés  et 
responsables ,  chacun  en  ce  qui  le  concerne  ,  des  livres  qu'ils 
estimeront  les  plus  propres  à  être  confiés  aux  enfants  ;  et  elle 
saura  à  qui  adresser  un  reproche  ou  un  conseil,  lorsque  l'inspec- 
tion générale  ,  dans  ses  visites  annuelles  des  établissements 
publics,  trouvera  quelque  livre  médiocre  tenant  la  place  d'un  bon 
ouvrage. 

Les  listes  des  livres  de  lecture  et  de  prix  indiqués  pour  les 
bibliothèques  scolaires  dans  les  écoles  communales  ,  et  pour  les 
bibliothèques  de  quartier  dans  les  lycées  et  collèges,  formeront 
tout  naturellement  la  liste  où  les  proviseurs  trouveront  les 
ouvrages  bons  à  être  donnés  en  prix  ,  et  l'Administration  ceux 
qu'elle  distribuera  aux  communes  avec  la  confiance  de  mieux 
répondre  alors  à  leurs  besoins. 

Ainsi  l'Université  tout  entière  concourra  à  dresser  et  à  amélio- 
rer sans  cesse  la  liste  de  ces  ouvrages  ,  comme  elle  concourt  à 
l'amélioration  des  études.  Chacun  profitera  de  l'expérience  de 
tous  ,  et  l'enseignement  par  les  livres  sera  au  niveau  de  l'ensei- 
gnement par  les  professeurs. 

Recevez,  etc. 

Le  Ministre  de  Vlnsniction  publique , 

V.  DURUY 


INSTRUCTION  PRIMAIRE. 

VOTES   A  EXPRIMER  DANS  LA  PROCHAINE  SESSION  DE   FÉVRIER 
POUR  LES  DÉPENSES  DE   1866. 

Laon,  le  'i  janvier  1865. 
A  MM.  les  Maires  du  département. 

Messieurs , 

D'après  l'article  19  du  décret  du  7  octobre  1850  ,  c'est  dans  la  session  de 
février  que  les  Conseils  municipaux  doivent  délibérer,  pour  l'année  suivante  , 
sur  les  dépenses  de  l'instruction  primaire  ,  sur  les  moyens  d'y  pourvoir 
et   sur   la  fixation  du  taux  de  la  rétribution  scolaire. 

Pour  faciliter  l'exécution  df  ces  dispositions  le  Receveur  municipal  vous 
remettra,  trois  jouis  au  plus  tard  .jvant  la  session,  les  rôles  de  h  rétribution 
scolaire  diî  l'année  1864,  appuyé  d'un  rf'.s«mf' qui  vous  fera  connaître  la 
situation  et  vous  permettra  de  mieux  calculer,  pour  l'année  1866,  le  produit 
présumé  de  cette  rétribution. 

La  di'lihéraiinn  que  prendra  le  Conseil  municipal  et  pour  laquelle  les  cadres 
imprimés  sont  ci-joints  ,  sera  transcrite  au  registre  de  la  Mairie  et  me  sera 
adressée,  comme  d'usas^^e,  en  double  expédition. 

Recevez,  Messieurs,  l'assurance  de  ma  considération  très-distinguée. 

Le  Préfet  de  l'Aisne  , 
G.  GASTAING. 


~  21  — 
LISTE  DES  DÉLÉGUÉS  CANTONAUX 

Pour  la  période  trîciuiale  de  iHUr»  à  flH4iM, 

avec  indication  des  ('coles  soumises  à  leur  surrcillainr. 

ARRONDISSEMENT  DE  CHATEAU -THIERRY. 
CANTON    DE    CHATEAU-THIERRY. 

MM.  Usson,  curr-archiprclre  de  Chdleau-Tliieiry;  Desdoiiet,  prin- 
cipal du  Colléficde,  Chàleau-Thierrij.  —  Châteaii-Thierrv, 
Blesmes,  Fossoy. 

Marsan,  maire  de  Nesles. —  Etampes,  Mont-St-Pèie. 

Paillet,  président  du  Tribunal  de  Chdtean-Tli ierry .—  BeWeau 
Bourcsches,  Epaux-Bézu,  Etrépilly. 

IJElen  de  La  Simonne,  procureur  impérial  à  Chaieau-Thiernj. 
—  Biasles  ,  Bczii  -  Saint  -  Germain  ,  Epieds  ,  Gland  [ 
Chieriy. 

Lebrun-Renaud,  jiuje  au  Tribunal  de  Chdleau-Thiernj. Azy, 

Bonneil,  Essorames, 

Odent,  juge  de  paix  à  Château-Tliierri/  —  Nesics,  Nogentel, 
Verdilly. 

CANTON    DE    CHARI.Y. 

MM.  Gosse,  cnré-doijen  de  Charhj. —  Croutles. 

Couielier  ,  maire  de  Charli/.  —  Nogent-l'^rlaud  ,  Pavant, 
Romeny,  Saulchery, 

Coutelier,  jurje  de  paix  de  C/irtv/v/.— Chézy-siir-\1arnc,Essisos, 

Montfaucon. 
Corlieu,  maire  de  Villiers-sur-Marnr.    —    Gouprn,  Doraplin, 

Lucy-Ie-Bocage. 
Beaupère,  maire  de  Vieils-Maisons. — La  Glujpelle-sous-Chézy, 

L'Epine-aux-Bois,  Vendières. 
Poidevin,  curé  de  Montreuil-aax-Lions.  —  Bézu-le-Guéry. 

CANTON   DE    CONDÉ. 

MM.  Lefèvre  ,   curé-doyen  de  Condé.   —  Saint-Agnan  ,  Celles-lès- 

Condé. 
Piètre,  juye^de paix  de  Condé.   —  Courboin,  Crézancy,  Saint- 
Eugène,  Montigny-lès-Condé. 
De  La  Marlière  ,    mait^e  d'Artonges.  —  La  Celle,  Montlevon, 

Pargny. 
De  Bueil,  maire  de  Courtemont-Varennes.  —  Chartèves,  Mézy- 

Moulins,  Reuilly,  Sauvigny. 
De  Bonnefoi,  jnembre  du  Conseil  général ,  maire  de   Bnrzy. 

Jaulgonne  ,  Passy-sur-Marne  ,  Tréloup, 
Moreau,  conseiller  d'arrondissement , à  }-U)ntiiuret. — .Monthnrel, 

Beaulne  ,  La  Chapelle-Monthpdon,  Connigis. 
De  Lavauv,  propriétaire  à  Rozoïj-Belletalle.    —    Hozov-Belie- 

valle,  Fontenelle,  Marchais.  Viffort. 

CANTON    DE    FÈRE-EN-TARDENOIS. 

MM.  Terenart ,  curé-doyen  de  Fère-en-Tardenois.    —   Scringes-el- 
Nesies,  Saponay,  Villeneuve-sur-Fère. 
Legrand  ,  juge  de  paix  de  Fère-en-Tardenois.  —    Bruyères 
Cierges  ,    Nanteuil  -  Notre  -  Dame  ,    Sergy  ,    Viîlers-snr- 
Fère. 

aiin  ,  adjoint  à  Fère-en-Tardenois.    —   Beuvardes  ,   Brécy  . 
Coincy. 


__  22  

liaroii,  maire  de  DmDeqnij. —  Cohan,  Coulonges,  Mareuil-en- 

Dôle. 
De  Rongé ,    maire   du   Clianiiel.    —    Courmont  ,    Fresnes  , 

Ronclîères. 
De  Lavaiilx,  maire  de  Villers-Afjroit. —  Vézilly,  Goiissancourt. 

CANTON    DE    NEL  ILLY-SAlNT-FiiONT. 

Coulfi,  eiiré-doyen  de  Neinlly-Saittl- Front .  —  Chouy,  Marizy- 
Saiiitfi-Géneviève  ,  Montron  ,  Marizy-Saint-Mart ,  Passy-cn- 
Valois. 

Maiicolol,  jmjede  paix  de  NeuillijSainf-Fronl. — Armentières, 
La  Croix,  iNanteuil-Vi  hel,  Rocours,  Îlozet-St-Albiri. 

Desjardin,  propriétair:'  à  NcuiHij-Saiiil-fraïU. —  Bonnes,  Gri- 
solles, l>atilly,  iMontiers,  Sommelans. 

Diichaslel,  maire  de  Montron.  —  Damnvard,  î.a  Ferté-Milon, 
Saint-Quentn,  Silly-la-Poterie,  ïroësnes 

Bigorgne,  maire  de  Marignij-en-Orxois. —  Brnmetz,  Bussiares, 
Gandelu,  Torcy,  Montigny-l'Anier,  Vciiilly-la-Poterie. 

Hutiit,  propriétaire  à  jlonirou  (liameav  de  Le  Sart). —  Cointe- 
comt,  Courcliamps,  Haulevesnes,  Priez,  Saint-Gengoiilph, 
Liry-lès-i^Ioines. 

fia  suite  au  prochain  numéro.) 


MOIVEMENT  Dl'  PERSONNEL. 

Par  arrêtés  de  M.  ie  Préfet  de  l'Aisne,  et  sur  la  proposition 
de  M.  l'Inspecteur  d'Académie , 

MM.  Blacet ,  André  ,  est  nommé  instituteur  à  Cliaudardes  (Neul- 

châtel),  en  remplacement  de  M.  Locquette. 
Locquette  ,  Médard-Clovis  ,    instituteur  à  Chaudardes  ,   est 

nommé  à  Tartlers  i  Vie-sur- Aisne)  ,    en  remplacement  de 

M.  Locquette. 
Un  congé  de  disponibilité   est  accordé  au  s'eur  Pommeras  , 

instituteur  à  Cidssy-et-Genu  (Craonne  , 
Gaucliain,  Charles-Isidore,  maître-adjoint  à  l'école  commu- 
nale de  Chauny ,  est  nornsné  instituteur  à  Cuissii-et-Geni/  . 

en  remplacement  de  M.  Pommeras. 
Bonnuire,  Alfred-Gérésirae,    est  agréé  instituteur-adjoint  à 

l'école  communale  de  Chauny  ,   en  remplacement  de  M. 

Cauchain. 
Wiart,   Ismaël-Léopold,   instituteur  à  Dolignon,  est  nommé 

à    Orgeeal  (Laom,    en    remplacement    de    M.  Charlier. 

mis  en  disponibilité  sur  sa  demande. 
SoUiez  ,  Jules  ,  instituteiiV  à  }.îartigny  (>ection  de  La  Fosse), 

est    nommé     à    Duliijnon    iBozov),     en  remplacement 

de  M.  Wiart. 
Cattain ,   Frédéric-Octave,    instituteur-adjoint,    est  nonimé 

instituteur   à   titre   provisoire    à  Bancigny  (Vervins)  ,    en 

remplacement  deJÎ.  Carpentier. 
Carpentier,  Bémond.    iiistiluteur  à  Bancigny,   est  nomuîé  à 

Chivy-lès-Kloineller.  (Laon),   en  remplacement  de  M.  Chc- 

daille. 
Chédaille,  Elisée-Antoine,  instituteur  à  Chivy-lès-Etouvelles, 


—  23  — 

est  nommé  5   Selens  (Coiicy-lc  i^hàteau)  ,    on  rt^mplace- 

ment  de  M.  Dufmir,  décode. 
Genouille  ,  Pierre-Jean-Airaable  .   instituteur  à  S;iint-Ai{nan 

(Condé) ,  est  nomme  à  Fomiii  (Cliàtean-Thieriv  . 
Ronceaux  ,   Rémi  -  Eugène  ,  instituteur  à  Fossoy    Chàlerju- 

Thierry  ,  est  nommé  à  Sainl-Ai/iian  (Condé). 
M""  Bouleau  ,  Zénaîde,  dame  Lévèque,  est  nommée  institutrice  à 

.Var/«V///j/ (section  de  La  Fosse)  .   en  rem[)lac('ment  de  }•]. 

Solliez. 


Statistique  de  l'Instruction  primaire.  —  Ecoles  gratuites. 

Paris,  le  10  janvier  1865, 
Monsieur  l'Inspecteur  d'Académie  , 

Je  vous  prie  de  m'adresser ,  dans  le  plus  court  délai  possible  , 
avec  les  indications  détaillées  aux  tableaux  ci  -joints,  la  liste  des 
communes  de  votre  département  dans  lesquelles  son!  établies  des 
écoles  publiques  entièrement  gratuites. 

Dans  chacun  de  ces  tableaux  ,  les  communes  du  même  canton 
seront  réunies  et  placées  d'après  le  chiffre  de  leur  population. en 
commençant  par  les  plus  importantes.  ^ 

Chaque  tableau  se  terminera  par  le  total  des  chiffres  ûr  la 
population  .  du  nombre  des  écoles  et  de  celui  des  élèves  qui  les 
fréquentent. 

Agréez,  etc. 

Le  Ministre  de  l' Instruct  ion  publi/iur  ^ 
V.  DURUY. 

PABTIE  MON-omGii:î.i.i;. 


DROITS  ET  DEVOIRS 

DES    DÉLÉGUÉS    CANTONAUX. 

Un  des  éléments  les  plus  etficaces  d'une  bonne  organisation 
de  l'instruclion  primaire,  un  des  moyens  les  plus  puissants  pour 
améliorer  les  écoles  ,  est  sans  contredit  l'inspection. 

On  peut  affirmer  que  si  l'inspection  des  écoles  n'est  pas  faite 
avec  intelligence  ,  avec  unité  ,  si  elle  ne  réunit  pas  ,  afin  de  les 
mettre  entre  les  mains  de  l'autorité  siip-rieure  tous  les  rensei- 
gnements dont  celle  -  ci  peut  avoir  besoin  pour  apprécier  la 
situation  morale,  intellectuelle  et  matérielle  de  chaque  (icole,  et 
pour  éclairer  les  décisions  qu'elle  est  dans  le  cas  do  prendre  .  le 
gouvernement  de  l'instruclion  primaire  est  vacillant .  incertain  . 
X-mbarras-é  dans  sa  marche  ,  exposé  à  commettre  des  erreurs. 

I/inspection  est  linstrument  utile  et  nécessaire  de  ceux  qui 
ont  ce  gouvernement  en  mains  ;  elle  est  à  la  fois  l'ail  qui  voit  et 
le  bras  qui  exécute;  elle  est  l'auxiliaire  précieux ,  indispen- 
sable de  la  loi  qu'il  s'agit  d'appliquer  et  du  pouvoir  qui  préside 
à  rai)plication  de  la  loi. 

L'inspection  est  faite  spécialement  dans  les  écoles  primaires 
par  les  inspecteurs  d'arrondissement,  qui  agissent  sous  la  direc- 


—  24  — 
lion  du   représentant   de   l'autorité    académique  dans  chaque 
département. 

Elle  peut  élre  faite  au  besoin  par  l'Inspecteur  d'Académie  lui- 
même  ,  parle  Recteur  et  les  Inspc^cleurs  généraux. 

Enfin  ,  au  point  de  vue  particulier  qui  lui  donne  le  caractère 
d'une  surveillance,  elle  est  confiée  en  outre  : 

\°  Au  maire  et  au  curé  ,  et  quelquefois  à  un  ou  plusieurs 
notables  de  la  commune  désig:  es  par  le  Conseil  départemental  , 
sous  le  tilre  de  délégués  communaux; 

2o  A  un  ou  plusieurs  délégués  également  désignés  par  le  Con- 
seil départemental,  et  qui ,  sous  le  noiu  de  délégués  cantonaux, 
sont  particulièrement  chargés  de  surveiller  les  écoles. 

Nous  n'avons  point ,  on  le  comprend ,  à  nous  occuper  ici  des 
visites  de  Ilnspecleur  d'Académie  ,  du  Recteur,  des  Inspecteurs 
généraux  ,  ni  de  celles  des  Inspecteurs  de  l'enseignement  pri- 
maire, dont  le  rôle  véritable  est  de  fournir  à  l'Administration  de 
sérieux  renseignements  sur  les  personnes  comme  sur  leschoses  et 
qui,  en  ce  qui  concerne  les  études,  sont,  pour  ainsi  dire,  le  pivot 
essentiel  de  la  surveillance.  Notre  but  est,  au  moment  où  les 
délégations  cantonales  viennent  d'être  renouvelées  pour  une 
période  de  trois  années,  de  rappeler  et  de  résumer  les  droits  et 
les  devoirs  des  délégués. 

Les  délégués  cantonaux  sont  les  représentants  directs  de  la 
pensée  du  Conseil  départemental ,  en  ce  qui  touche  les  intérêts 
et  l'avenir  de  l'éducation  populaire.  Sans  autre  mobile  que  le 
bien  public  ,  ils  exercent  sur  les  écoles  de  leurs  cantons  respec- 
tifs une  surveillance  que  rend  etTicace  la  haute  et  légitime 
influence  de  leur  position  sociale  et  de  leurs  lumières.  Leur 
mission  ,  essentiellement  distincte  de  celle  des  inspecteurs  pri- 
maires, consiste  en  une  espèce  de  patronage  dont  le  but  est  de 
donner  à  l'instruction  primaire  une  impulsion  vigoureuse  , 
féconde  ,  qui  la  maintienne  dans  une  voie  de  progrès  intellectuel 
et  moral.  Quant  à  leurs  attributions  ,  elles  sont  en  partie  celles 
que  la  loi  du  28  juin  1833  conférait  aux  comités  supérieurs, c'est- 
à-dire  cette  magistraturedésintéressée  dont  îa  vigilance  embrasse 
l'état  matériel  des  écoles  ,  leur  direction  religieuse  et  intellec- 
tuelle ,  et  le  personnel  des  instituteurs  dans  leurs  rapports  avec 
les  autorités  et  les  familles  ;  mais  avec  cette  différence  que,  tan- 
dis que  les  comités  fonctionnaient  isolément  ,  et  pour  ainsi  dire 
chacun  chez  soi ,  chacun  pour  soi  dans  chaque  arrondissement , 
les  délégués  cantonaux  n'agissent  que  de  concert  avec  le  Conseil 
central  au  chef  lieu  départemental ,  «  c'est  de  ce  Conseil  surtout 
qu'ils  doivent  recevoir  l'impulsion  ;  c'est  de  ses  pensées  qu'ils 
doivent  surtout  s'inspirer.  » 

Aussi ,  est-ce  en  vue  de  ce  résultat,  et  dans  le  but  de  donner  à 
leur  surveillance  une  direction  d'autant  plus  utile  qu'elle  sera 
plus  uniforme  ,  que  le  décret  du  29  juillet  a  permis  la  réunion 
des  délégués  au  chef-lieu  d'arrondissement  ,  sons  la  présidence 
du  magistrat  qui  en  a  l'adniinistration  ,  et  que  la  loi  leur  donne 
le  droit  d'assister  aux  séances  du  Conseil  départemental  pour  les 
alï'aircs  intéressant  les  éco'esdeleur  circonspection  ;  dispositions 
doublement  précieuses,  en  ce  sens  qu'elles  permettent  d'apporter 
de  l'unité  et  de  l'ensemble  dans  la  surveillance  et  fournissent  au 


—  25  — 

Cuiibtil  les  raovcas  de  recueillir  avec  plus  de  précision  tous  les 
faits  dont  la  connaissance  lui  importe  à  un  haut  point. 

On  le  voit  la  mission  des  délégués  cantonaux  consiste  essen- 
tiellement à  seconder  l'action  de  l'autorité  sur  les  écoles  de  tout 
ordS  ;  et  elle  peut,  aux  termes  des  lois  ,  décrets  et  arrêtes  ,  se 
résumer  de  la  manière  suivante  :  . 

c    Les    délé     es    sont   nommés  pour    trois   ans,      par    le 

Conseif  départemental.  -  Us  sont  rééligibles  et  revocables. 
Consed  clepart^en^,^    ^^^^    ^^^^^^    ^^^    ,^^^^^  p^,. 

bliaues  ou  libres  de  leur  circonscription.  —  lis  tes  vi- 
sitent 'u  moins  une  fois  par  mois.  -  Ils  communiquent  a 
l'inspecteur  tous  les  renseignements  utiles  qu'ils  ont  pu  recueil- 
i  -Ils  V  sitent  le  local  destiné  à  l'établissement  d'une  école  pri- 
maire pub  ique  et  font  connaître  si  ce  local  convient  pour  usage 
^imieli  es  destiné.  -  Ils  donnent  leur  avis  sur  les  delibera- 
Z  des  conseil  municipaux  relatives  aux  dépenses  d  entretien 
de<  écoles  primaires  etau  taux  de  la  rétribution  scolaiie.  -  Us 
donnent  également  leur  avis  sur  létaux  de  la  rétribution  scolaire 

à  oaver  dan^  les  salles  d'asde  publiques.  .      .      a • 

Ils  font ,   deux  fois  l'an  ,   et  dans  la  seconde  quinzaine  de  mai, 
l'examen  des  écoles  publiques  de  leur  f^'^onsc^P^^."-      .  .  ,^,„ 
L'instituteur  ou  l'institutrice  leur  remet,  a  cete«^et"n tableau 
où  ils  doivent  porter  ,  en  regard  des  noms  des  «nf^nts     la  men- 
tion  :    bien    médiocre,   ma/ ,  suivant  les  réponses  obtenues  ,  ils 
peuvent    s  cela  leur  convient .  charger  l'.nst.tuteur  d'interroger 
lu  -  même  en  lenr  présence.  Les  résultats  de  ces  examens  sont 
communTqués  à  l'Inspecteur  de  l'instruction  Pnn^.a'repar  le  pré- 
sident de  la  délégation  cantonale.  -    Ils  se  reunissent  au  moins 
une  fois  tous  les  trois  mois  au  chef-lieu  de  canton  pour  convenir 
d^avisàtransmeltre  au  Conseil  départemental  de  l'Instruction 
n^blirue  - TsTéXnentleur  président.-  Ils  correspondent  en 
franS  sous  bandes  contresignées,  tant  avec  le  Conseil  depar- 
ementaf  qSc  les  autorités  de  l'^î^^-^^f  %«:,;,^^  j^!,^"^^^^ 
locales  -Ils  peuvent  être  convoques  parle  Sous-Prefet  au  chet- 
Lu  de  l'arrondissement  pm^r  délibérer  sur  les  objets  qui  leur 
se  aient  soTis  par  le  PreTe.  et  par  le  Conseil  départemental.  - 
Is  donnent  leur  nvis  sur  le  nombre  maximum  des  entants  qui 
peuvenrètre   aaaûs  gratuitement  dans  chaque  eeole  publique 

'^^;i^^:r^?rS%rt.  15,  tB,  .9    ..^^  ;  d^^et^du^ 
juillet  1850  ,  art.  39,  42 ,  47  ;   du  7  octobre  ISoO    ai  t   7    12,19 
3(3  •   du  31  décembre  4853  ,  art.  13  ;    du  31  mai  18do  ,  art  o3 
circulaires  du  27  août  et  du  24  décembre    850     du  JO  mai  ISol 
du  31  janvier  ,  du  3  février  ,   du  31  octobre  1854  et  du  10  mai 
1855). 

Après  avoir  rappelé  sommairement  les  attributions  qui  sont 
conférées  par  la  loi  à  >.D1.  les  délègues  .  il  nous  reste  ,  en  termi- 
nant,  à  dire  deux  mots  des  obligations  qu'elles  leur  .mposent 
notaniment  en  ce  qui  concerne  la  visite  annuelle  des  écoles.  Ici 
rncore,  il  nous  suffira  de  reproduire  le  passage  suivant  dune 
instruction  ministérielle. passage  que  notre  honorable  nspecleur 
d'Académie  a  cité  en  partie  dans  la  lettre  circulaire  adressée  par 
lui ,  il  y  a  quinze  jours  ,  aux  nouveaux  délègues  cantonaux.  «  Je 


—  26  — . 

dois  faire  observer  ,  quant  î\  l'examen  dont  il  s'agit  ,  dit  M.  le 
Ministre  ,  que  la  loi  n'a  nullement  pour  but  d'imposer  à  >1M,  les 
délégués  le  devoir  de  se  livrer  à  des  opérations  compliquées  . 
ardues  ,  telles  qu'on  pourrait  l'exiger  d'hommes  voués  par  pro- 
fession à  l'enseignement  ,  et  qui  ont  fait  à  cet  effet  des  études 
spéciales  II  ne  fautpas  perdre  de  vue  qu'en  réalité  MM.  les  délé- 
gués n'ont  pas  pour  mission  d'apprécier .  de  contrôkr  le  mérite 
relatif  des  procédés  ,  des  méthodes  diverses  ,  mais  qu'ils  ont 
seulement  à  s'assurer  si  les  enfants  admis  depuis  quelque  temps 
déjà  dans  les  écoles  \  ont  reçu  une  instruction  suffisante  ,  s'ils 
y  sont  tenus  sainement  ,  s'ils  y  puisent  de  bons  préceptes  el 
surtout  de  bons  exemples  de  morale  ,  s'ils  y  contractent  des 
habitudes  de  propreté,  de  politesse  et  de  bienveillance  réci- 
proque, en  un  mot,  s'ils  sont  bien  élevés.  » 

Ainsi ,  la  mission  des  délégués  est  importante  ,  puisqu'il  leur 
est  donné  de  coopérer  à  l'œuvre  de  l'éducation  populaire  et  d'en 
assurer  le  succès  :  d'ailleurs  .  elle  est  de  celles  qu'un  homme, 
ami  de  son  pays,  peut  remplir  avec  zèle  et  dévouement  ;  cette 
surveillance  qu'on  leur  demande  et  qui  leur  est  conférée  par  la 
loi  embrasse  ,  il  est  vrai  ,  une  foule  d'objets  divers;  mais  bien 
entendue  .  bien  comprise  ,  elle  ne  saurait  effrayer  un  instant 
l'homme  qui  trouve  dans  sa  position  sociale,  dans  les  lumièresde 
son  expérience  et  dans  les  inspirations  de  son  patriotisme  les 
moyens  de  se  rendre  utile  et  de  faire  le  bien. 


aiSËRIËS  PËDAGOGIQIËS. 
XXVIII. 

(  SUITE  ET   FIN.  ) 

INSTHUCTION  MORALE  ET  RELIGIEUSE. 

C'est  à  dessein  que  le  législateur  a  inscrit  en  tête  du  pro- 
gramme de  l'enseignement  populaire  officiel  la  Ueligion  et  la 
Morale.  En  accordant  la  pU^ce  d'honneur  à  ces  denx  matières,  il 
n'a  pas  seulement  voulu  en  signaler  la  haute  importance  aux 
maîtres  chargés  de  l'éduiation  de  la  jeunesse, mais  il  a  voulu  leur 
dire  :  Vinlà  la  base  de  l'édifice  qu;'  vous  êtes  appelés  à  élever, 
voilà  le  souille  qui  devra  pénétrervos  leçons, voilà  la  boussole  qui 
guidera  vos  pas  et  dans  votre  écoL;  et  au  dfîhors.Vous  n'êtes  pas, 
instituteurs  publics  ,  de  vulgaires  donneurs  de  leçons,  la  société 
.ittfMid  de  vous  autr(ï  chose  que  des  jeunes  gens  plus  ou  moins 
insti'uils;  elle  vous  demande  avant  tout  des  chrétiens  convaincus 
et  sincères,  des  citoyens  honnêtes  (ît  utiles  ,  des  hommes  enfin  , 
dans  la  plus  belle  acceidion  du  mot  ;  vous  exercez  donc  moins 
une  profession  (ju'une  sorte  de  sacerdoce  qui  ,  si  vous  savez 
vous  on  montrer  dignes,  vous  assigiu;  une  place  distinguée  dans 
la  hiérarchii!  sociale,  mais  qui  vous  fait  assume!-  en  même  temps 
une  respoasabilit(';  dont  vous  ne  sauriez.  jain;iis  assez  peser  la 
gravité. 


—  27  — 

Comment  les  iLaîtres  s'y  prendront-  ils  pour  répondre  digne- 
ment à  une  si  haute  preuve  de  confiance  ? 

Le  sujet  qui  nous  occupe  ,  se  compose  de  deux  éléments  , 
intimement  liés  quant  à  leur  essence  ,  mais  susceptibles  néan- 
moins d'être  considérés  chacun  en  lui  -  même  comme  un  tout  , 
savoir  la  Religion  et  la  Morale. 

Comprenon.  >'onc  bien  la  tâche  qui  incombe  au  maître. il  n'est, 
en  définitive  ,  en  cette  matière  que  l'aide  du  prêtre  et  son  travail 
n'est  et  ne  peut  être  qu'une  préparation.  «  Auxiliaire  discret  * 
d'une  autorité  on  ne  peut  plus  respectable ,  son  initiative  est  des 
plus  bornées.  C'est  la  portion  matérielle  de  l'enseignement  reli- 
gieux qui  lui  revient  surtout,  c'est-à-dire  les  faits  historiques  et 
la  partie  élémentaire  des  textes  sacrés  et  didactiques  auxquels 
viendront  se  rattacher  plus  tard  les  leçons  de  dogmes  qui  ne 
sauraient  être  comprises  sans  les  préliminaires  dont  nous  venons 
de  parler. 

Les  principaux  événements  de  l'histoire  sainte  ,  le  texte  du 
catéchisme  et  l'étude  d'uu  certain  nombre  de  prières,  voilà  donc 
la  matière  sur  laquelle  portent  les  leçons  d'instruction  religieuse 
dans  les  classes  élémentaires  Dans  les  divisions  supérieures,  ces 
sujets  seront  traités  avec  plus  d'étendue  et  on  y  ajoutera  un 
résumé  de  l'histoire  de  l'Eglise  ,  avec  l'agrément  de  l'autorité 
ecclésiastique,  cela  va  sans  dire. 

Mais  quelle  méthode  faudra-t-il  suivre,  et  dans  quel  esprit  cet 
enseignement  devra-t-il  être  fait  ? 

Nous  l'avons  dit, l'instituteur  ne  doit  pas  s'occuper  des  dogmes, 
il  n'a  pas  qualité  pour  cela.  Faut -il  en  induire  que  toute  espèce 
d'explication  lui  est  interdite  ?  Evidemment  non.  Un  enseigne- 
ment purement  mécanique  est  tout  au  plus  propre  à  développer 
la  mémoire  ;  or  la  religion  est  chose  trop  précieuse  pour  qu'on 
se  contente  d'en  réciter  machinalement  le  texte.  Loin  donc  de 
nous  borner  à  cette  étude  superficielle,  nous  sommes  d'avis  que 
le  maître  ne  doit  négliger  aucune  occasion  pour  laire  pénétrer 
les  faits  et  dans  Tesprit  et  dans  le  cœur  de  ses  disciples.  On  y 
parvient  en  se  mettant  tout  .'abord  à  la  portée  des  jeunes  audi- 
teurs,en  sachant  éveiller  leur  intérêt  par  des  procédés  rationels, 
et  en  stimulant  '  nv  attention  par  des  questions  habiles  posées  à 
propos  ,  et  en  élucidant  les  parties  obscures  par  des  explica- 
tions claires  (  t  précises. 

Les  principaux  traits  de  l'histoire  sacrée  intéressent  les  plus 
jeunes  enfants  mêmes. pourvu  qu'on  sache  leur  donner  une  forme 
simple  et  naïve, à  plus  forte  raison  quand  on  appelle  le  dessin  au 
secours  de  la  parole  et  qu'au  moyen  d'images  bien  faites  on 
donne,  pour  ainsi  dire, un  corps  au  récit, et  qu'on  rend  les  élèves 
spectateurs  des  scènes  dont  il  s'agit.  L'impression  produite  sur 
les  jeunes  im;iginations  par  ce  procédé  ,  est  aussi  profonde  que 
salutaire  et,  quelques  interrogations  aidant  ,  les  sujets  capables 
parviendront  bientôt  à  raconter  eux  -  mêmes  les  traits  les  plus 
mai-quants. 

Dans  les  sections  intermédiaires, la  même  marche  est  applicable, 
mais  les  récits  seront  plus  nombreux  et  plus  détaillés.  Ce  n'est 
que  dans  les  sections  supérieures  que  l'emploi  d'un  petit  guide 
présente  des  avantages,  à  condition  toutefois  que  ce  manuel  soit 


—  28  — 
conçu  dans  un  bon  esprit,  pédagogique.  Le  plus  grand  défaut  de 
la  plupart  des  abrégés, c'est  la  sécheresse  et  le  manque  de  clarté. 
Un  résumé  concis  mais  substantiel  ne  vaut -il  pas  mille  fois  plus 
qu  une  nomenclature  stérile  qui  fatigue  Tintelligence  sans  profit 
réel  .Ce  n'est  pas  Tabondance  des  matériaux  qui  importe  i<-.i , 
c  est  bien  plutôt  leur  choix  ainsi  que  leur  emploi  judicieux. 

Mais,  dans  les  divisions  dont  nous  parlons,  les  exercices  oraux 
ne  suffisent  pas  ;  il  faut  y  joindre  le  plus  fréquemment  possible 
des  exercices  écrits.  Les  sujets  bibliques  se  prêtent  très  -  heu- 
reusement à  des  devoirs  de  rédaction  ,  qui  ont  le  double  avan- 
tage de  bien  graver  les  faits  dans  la  mémoire  et  d'enrichir  singu- 
lièrement le  vocabulaire  des  élèves.  La  leçon  d'instruction  reli- 
gieuse devient  ainsi  ,  sans  rien  perdre  de  son  efficacité  ,  une 
excellente  leçon  de  langue  et,  grâce  à  la  variété  qu'y  introduit 
ce  procédé  ,  manié  avec  tact  et  intelligence  ,  une  matière  déjà  si 
intéressante  par  elle-même  gagne  de  nouveaux  attraits. 

Il  nous  a  souvent  semblé  que  dans  l'enseignement  religieux  on 
commet  des  fautes  graves, sous  le  rapport  de  la  méthode  surtout. 
Quand  il  s'agit  d'un  objet  tellement  important ,  pourquoi  ne  pas 
y  appliquer  avec  soin  tout  ce  qui  peut  le  rendre  aimable  ?  pour- 
quoi ne  pas  chercher  à  en  éloigner  avec  scrupule  tout  ce  qui 
peut  rebuter  les  jeunes  esprits? Le  pédantisme  ici  est  pli  s  qu'une 
faute,  c'est  un  véritable  crime  !  Heureusement  le  cœur  vient  au 
secours  de  la  pédagogie  et  du  côté  de  l'élève  et  du  côté  du 
maître,  et  si  ce  dernier  est  avant  tout  un  chrétien  convaincu  ,  si 
au  fond  de  son  âme  existent  cette  piété  vraie  et  cette  foi  profonde 
qui  constituent  le  sentiment  religieux  ,  ses  leçons  ne  paraîtront 
jamais  ni  longues  ni  fatigantes  et  leur  effet  ne  saurait  être 
douteux. 

J.  Marmer. 


EXERCICES. 

Lettre  d'niiu  in^titsitrîcc  à  une  de  ses  élèves. 

Ma  chère  enfant  ,  vous  vous  êtes  trop  souvent  plainte  à  moi  ou 
à  vos  piirents  des  petits  ennuis  que  vous  dites  avoir  soufferts  , 
poui-  que  je  ne  croie  pas  ,  malgré  que  j'en  aie  ,  à  une  fâcheuse 
disposition  d'esprit  qui  vous  a  fait  prendre  en  mauvaise  part  la 
moindre  contrariété  que  vous  avez  éprouvée.  Quelque  douce 
existence  qu(.'  nous  nous  soyons  efforcés  de  vous  faire  ,  nous  ne 
nous  sommes  pas  dissimulé  que  vous  auriez  quelque  peine  à  vivre 
loin  de  noi.  s  :  mais  nous  ne  nous  étions  pas  imaginé  que  vous 
vous  croiriez  sans  cesse  en  bulle  à  une  sorte  de  persécution;  au 
contraire  ,  nous  nous  sommes  tout  à  fait  persuadés  que  les  per- 
sonnes (1  )iii  nous  vous  avons  entourée  ,  ne  cherchent  à  l'envi 
qii'à  vous  être  agréaldes.  Tout  inexpérimentée  que  vous  êtes, 
voîis  n'avez  pas  manqué  de  remarquer  dans  les  compagnes  que 
vous  nvez  eues  jusqu'à  ce  jour  certains  caractères  anti|v.\thiques, 
contre  lesquels  i!  vous  a  fallu  faire  ressource  de  tonte  la  douceur, 
de  toute  la  patience  dont  vous  êtes  douée  ;  eli  bien  '  que  n'em- 
ployez-vous  '  es  mêmes   moyens  ?    Pourquoi    avez-vous   cessé 


— f.29  — 

d'être  confiante  et  résignée?  Vous  vous  seriez  bientôt  convaincue 
que  les  petits  obstacles  qui  vous  ont  rebutée  tant  de  fois  ,  toute 
autre,  avec  un  peu  de  patience  et  de  courage,  les  eût  facilement 
renversés.  Quelques  bonnes  qualités  que  nous  ayons  entendu 
louer  en  vous,  si  vous  vous  êtes  imaginé  qu'elles  devaient  suffire 
à  votre  bonheur  sans  le  courage  et  la  résignation,  vous  vous  êtes 
réellement  trompée. 

Sujet  de  style. 

Utilité  des  classes  d'adultes  pour  les  campagnes.  —  On 
s'appliquera  à  démontrer  leur  influence  et  leurs  avantages  sous 
le  rapport  des  mœurs  et  de  l'instruction. 

Arithmétique. 

Le  capital  engagé  dans  une  usine  est  de  700,000  fr.  dont  une 
moitié  représente  le  capital  fixe  (  machines  et  bâtiments  )  , 
et  l'autre  est  le  fonds  de  roulement.  Cette  usine  pro- 
duit annuellement  8,57.^  tonnes  de  fonte  qui  se  vendent  au  prix 
de  125  fr.  par  tonne.  Le  prix  de  revient  de  100  kilogrammes  de 
lonte  se  décompose  de  la  manière  suivante  : 

Minerai,  300  kilog.  à  1  fr.  les  lOO  k. 

Coke,  20  kilog.  à  2  fr.  les  400  k. 

Salaire  des  ouvriers,  0^,30. 

Frais  généraux  d'entretien,  1  fr.  40. 

On  compte,  en  outre  ,  40  p.  %  d'intérêts  pour  le  capital  de 
l'usine  et  7  p,  "/o  pour  le  fonds  de  roulement.  Quel  est  le  béné- 
fice annuel  ?  Réduire  d'une  même  quantité  le  taux  de  l'intérêt 
du  fonds  de  roulement  et  celui  du  capital  fixe  ,  de  manière  à 
pouvoir  augmenter  de  40  p.  "/o  le  salaire  des  ouvriers  ,  sans 
changer  ce  bénéfice  ?  — 

Un  nombre  impair  peut-il  être  divisible  par  un  nombre  pair  ? 
—  Le  contraire  est-il  vrai  ? 

Arpentage  et  géométrie. 

I^artager  en  3  parties  non  équivalentes  le  trapèze  ABCD;  savoir 
une  portion  AGHD  de  25  ares  20  c.  une  ,  LGHal  de  48  ares  375  , 
enfin  une,  BLMC,  de  30  ares  025.  On  donne  pour  conditions  que 
les  lignes  de  division  seront  tirées  entre  les  côtés  parrallèles  AD 
et  BG.  — 

Mener  par  un  point  M  intérieur  à  un  cercle  une  corde  qui 
soit  divisée  à  ce  point  en  moyenne  et  extrême  raison. 

Corrigé  du  tsiijet  de  Style 

donné  dans  V Académie  de  Paris ,  a  la  /'«  session  de  iS04. 

Dites  ce  que  vous  savez  de  Moïse  considéré  comme  homme 
privé,  comme  homme  public  et  comme  écrivain. 

Lorsque  Moïse  vint  au  monde  en  Egypte,  vers  l'an  1705  avant  Jésus- 
Christ  ,  un  édit  royal  ordonnait  d'étouiïer  tous  les  enf.mts  mâles  qui 
naîtraient  parmi  les  Hébreux.  Cet  arrêt  sanglant  aurait  atteint  le  jeune 
Moïse  lui  -  môme  ,  si  la  vie  de  C3  grand  homme  n'était  pas  un  de  ces 
exemples  frappants  des  temps  antiques,  destinés  à  rappeler  à  l'homme, 
dans  tous  les  âges,  la  puissance  de  l'Eternel. 

Sa  mère  Jooabed.qui  n'avait  pu  se  résoudre  à  le  faire  périr,  le  cacha 
pendant  trois  mois.   Au  bout  de  co  terme  ,  voyant   qu'il  n'était  plus 


—  30  — 

possible  (le  garder  le  secret ,  elle  mil  l'enfant  dans  une  de  ces  petites 
iiaoKlles  dj  jonc,  ,  qui  étaient  en  usage  dans  l'Egypte  .  après  l'avoir 
enduite  de  noix  t-t  de  luiiime  ,  et  l'exposa  ainsi  parmi  di^s  roseaux  sur 
le  bord  du  Nd.  Il  tomba  entre  les  mains  dii  la  lille  de  Pharaon  qui 
l'adopta  et  lui  donna  le  nom  de  Moïse ,  c'est-à-dire  sauvé  des  eaux. 
Elevé  au  milieu  du  palais  du  roi,  il  fut  instruit  dans  'ouïe  la  sagesse 
des  Egyptiens.  Parvenu  ù  l'âge  de  40  ans  ,  méprisant  lus  richesses  de 
la  Cour  autant  que  touché  des  maux  de  ses  frères  les  Israélites,  Moïse 
se  mit  en  péril  pour  les  soulager.  Ayant  un  jour  rencontré  un  Hébreu 
qui  était  maltraité  par  un  Egyptien  ,  il  tua  celui-ci  ,  et  ensevelit  son 
corps  dans  le  sable.  Obligé  bientôt  de  fuir  pour  se  soustraire  à  la 
fureur  de  Pharaon  ,  il  se  rendit  dans  In  terre  de  Madian  où  sa  venu  , 
toujours  favorable  aux  opprimés,  lui  fil  trouver  une  retraite  assurée. 
Jethro,  prêtre  de  ce  pays,  voulant  le  récompenser  d'avoir  pris  la  défense 
de  ses  filles  contre  des  bergers  qui  allaient  les  maltraiier, lui  donna  l'une 
d'elles,  Séphora.  en  mariage.  Dans  sa  nouvelle  condition,  Moï.-e  aurait 
pu  vivre  heureux  si  le  souvenir  des  infortunes  de  ses  frères  d'Egypte, 
ne  l'avaieni  coniinuellemenl  attristé.  Or,  un  jour  qu'il  conduisait  paître 
les  brebis  de  son  beau  -  père  ,  et  qu'il  avait  dirigé  son  troupeau  bien 
avant  dans  le  désert  ,  près  du  mont  Horeb  ,  il  aperçut  de  loin  un 
buisson  qui  paraissait  toul  en  feu  ,  sans  que  le  feu  le  consumât. 
S'étant  donc  approché  ,  il  entendit  la  voix  du  Toul  -  Puissant  qui  lui 
donnait  l'ordre  d'aller  délivrer  les  Israélites  de  l'oppression  des  Egyp- 
tiens. 

il  était  dangereux  pour  lui  de  reparaître  à  la  Coui  de  Pharaon; 
mais  Dieu  lui  a  donné  des  preuves  miraculeuses  pour  l'accomplisse- 
ment  de  sa  mission  ,  et  il  n'hésite  bientôt  plus  à  partir.  Parvenu  près 
du  roi  ,  il  le  supplie  d'accorder  aux  Israélites  la  permission  de  sortir 
librement  de  l'Egypie.  Prières,  menaces  même;  toul  fut  mutile. 
2»Ioï^e  ne  put  triompher  de  la  résistance  de  Pharaon  qu'en  frappant  la 
contrée  de  dix  plaies  (eau  changée  en  sang  ;  grenouilles  ;  moucherons; 
grosses  mouches  ;  perte  des  animaux  ;  ulcères  et  tumeurs  ;  grêle  ei 
tonnerre;  sauterelles;  ténèbres  de  trois  jours  ;  mondes  premiers 
nés.) 

Les  cris  desEgypti  ns  ayant  forcé  Pharaon  d'accorder  auxHébreux  de 
s'éloigner,  les  enfants  de  Jacob ,  sous  la  conduite  de  Moïse ,  sortirent 
de  l'Égypie  au  nombre  d'environ  600,000.  Mais  bientôt  le  roi  regrette 
la  permission  qu'il  a  donnée  :  il  se  metp  avec  son  armée ,  à  ta  pour- 
suite de  ce  peuple  qu'il  a  tant  persécuté  et  rendu  si  malheureux. 
Déjà  il  va  l'atteindre  ,  lorsque  Moïse  étend  sa  verge  miraculeuse  ; 
soudain  les  eaux  de  la  mer  se  parlagent  et  les  Israélites  en 
traversent  les  abîmes  J  pied  sec.  Les  Ilots,  refermés  derrière  eux, 
ensevelissent  les  Egyptiens  ,  événement  que  Moïse  célèbre  par  un 
cantique  de  louanges  ,  l'un  des  plus  beaux  poèmes  que  l'on 
connaisse. 

A  peine  arrivé  dans  le  désert  ,  le  peuple  manque  des  choses  les 
plus  indispensables.  Moïse  invoque  alors  l'Eternel  qui  supplée  à  tout. 
La  manne  sert  de  pain  ,  l'eau  désaltère  les  Hébreux;  une  colonne  de 
fumée,  le  jour,  une  colonne  de  feu  ,  la  nuit,  guident  le  peuple 
israélite  au  milieu  des  niont;ignes  et  des  plaines  arides.  Jamais  Moïse 
ne  se  découragea.  Une  fois  ,  cependant  ,  il  osa  douter  de  la  bonté  de 
Dieu  qui  le  punit  en  lui  disant  :  «  Tu  n'entreras  pas  dans  la  Terre 
promise.»  Durant  les  qu.uMnte  ans,  que  les  Hébreux  errèrent  dans 
le  déspri,  Moïse  eut  l'insigne  honneur  de  parler  à  Dieu  dont  il  reçut  la 
table  d3s  dix  coramandemunts  sur  le  mont  Sinaï.  Toujours  ce  grand 
homme  sut  maintenir  son  peuple  dans  le  devoir, l'éclairer  et  le  diriger; 
et  SI  [)arfois  des  châtiments  terribles  vinrent  frapper  les  Hébreux  cou- 
pables ,  Moïse  s'empressa  toujours  d'implorer  rEternel  en  faveur  des 
pécheurs.   Moïse  fui  donc,  comme  homme  publie  ,  ferme  et  généreux 


-  3Ï  - 

loul  i  la  fois  ,  et  la  haute  -iagcsse  de  ses  lois  prouve  la  grandeur  de 
son  génie. 

Moïse  a, en  efl'cl,  buiiucoup  écrit  :  Le  Pentatouqiie  ou  les  livres  de  la  sainte 
liible  sont  Ai',  lui.  Us  comprennent  la  Genèse,  ['Exode,  le  Lévitique,  les 
Nombres  et  le  Deutéronome.  Ainsi ,  auianl  Moï^e  s'efforça  d'améliorer, 
sous  le  lapport  niaî.ériel,  la  condition  des  Hébreux  dans  le  désert, 
uuiant  il  chercha  à  l'insiniire  et  à  le  civiliser  durant  les  quarante 
années  de  .-a  judicaiure. 

Dans  la  Genèse  ,  Moïse  raconte  les  mystérieux  commencements  du 
monde  ;  l'Exode  retrace  l'histoire  des  Hébreux  dans  le  déterl  ;  le 
Léviiique  contient  l'organisation  du  culte  et  crée  la  suprématie  toute 
sacrée  des  Lévites  ;  les  Nombres  établissent  le  dénombrement  du 
peuple  hébreu  à  différentes  époques,  jusqu'à  son  entrée  dans  la  Terre 
promise;  enfin  le  Deutéronome,  ou  code  de  lois ,  est  une  œuvre  em- 
preinte d'un  génie  divin  ;  et  si  tous  les  écrits  de  Moïse  ne  contiennent 
pas  celte  morale  parfaite  qui  découle  des  grandes  et  sublimes  maximes 
du  Christiani'jme,  on  peut  dire, cependani, qu'ils  sont  l'image  primitive 
de  notre  divine  religion  comme  Moïse  lui  -  même  est  une  des  belles 
figures  du  Messie  rédempteur. 


(VOIR    T.E   N"   Dn   io  DÉCEMIÎRE   1864.) 

IL 

De  la  meilleure  manière  de  manger  (suite).  —  Nécessité  de  proportionner  sage- 
ment les  aliruents  qui  nourrissent  et  les  rilinients  qui  animent. — Ultimatum. 
—  Pléthoriques.  —  Goutteux. —  Origine  du  mal. —  Où  le  pain  qui  cuit  dans 
le  four  se  modifie  comme  la  viande  dans  l'estomac.  —  Transformation  du 
gluten. —  Définitions  des  tempéraments  sanguins,  nerveux,  lymphatiques. — 
Où  on  pèse  le  tempérament.—  Un  peu  de  mathématiques  en  médecine. 

Nous  avons  montré  dans  un  précédent  article  que  les  aliments 
ingérés  avaient  deux  fonctions  distinctes  :  les  unes  construisent  et 
réparent  notre  corps  ;  les  autres  animent,  créent  la  force;  il  est  donc 
de  toute  évidence  que  l'on  ne  saurait  prendre  les  uns  et  les  autres 
en  toute  proportion.  Si  vous  prenez  trop  d'aliments  plastiques,  il  est 
certain  que  vous  encombrerez  l'organisme  de  matériaux  qui,  ne  trou- 
vant pas  à  se  caser  utilement  ,  gêneront  la  circulation  et  deviendront 
une  cause  de  maladie  ;  si,  au  contraire,  vous  absorbez  trop  d'aliments 
respiratoires,  vous  chaufferez  trop  le  corps,  vous  déterminerez  une 
surexcitation  vitale  ;  vous  enflammerez  les  organes  et  vous  pourrez 
même  faire  éclater  le  cœur ,  ce  moteur  de  la  circulation  sangume  , 
absolument  comme  un  excès  de  pression  ferait  sauter  une  chaudière 
à  vapeur.  Il  arrive  aussi  que  ,  dans  ce  cas,  l'air  envoyé  par  le  poumon 
choisit  de  préférence  les  aliments  respiratoires  pour  activer  la  combus- 
tion et  délaisse  les  vieux  matériaux  usés.  Ceux-ci  mal  brûlés  ,  au  lieu 
de  se  transformer  en  gyz  à  échappement  assuré  à  cause  de  leur 
légèreté,  forment  des  composés  solides  ,  del'iirés  ,  de  l'acide  urique  , 
d'où  la  gravelle,  la  goutte  ! 

Aussi ,  goutteux  ,  pas  trop  de  vins  ,  de  liqueurs  ,  d'aliments  respira- 
toires très  -  combustibles ,  l'air  les  préférerait ,  et  vos  matériaux  usés, 
mal  brûlés  ,  \ous  encombreraient  les  rviiis  ,  la  vessie ,  les  articulations. 
Si  vous  tombez  dans  cet  excès ,  vite  ,  le  jour  même  ,  marchez  ;  qu'une 
grande  fatigue  en  plein  air  active  la  respiration  et  biûle  tout 
cela. 

On  le  voit ,  il  est  de  toute  nécessité  de  proportionner  sagement  les 
aliments  plastiques  et  respiratoires.  Commence-t-on  à  concevoir  ce 
qu'il  faut  entendre  par  mander  intrlligemment  ? 


—  32  - 

l^resque  tous  les  mels  que  l'on  sert  sur  une  table  renferment  i  la 
fois  les  deux  groupe?  d'aliments,  toutefois,  dans  des  proportions  telles, 
que  l'un  masque  presque  toujours  l'autre.  Ainsi  les  aliments  plas- 
tiques sont  rcprésenlés  par  la  chair ,  le  sang  des  animaux  ,  les  prin- 
cipes ap!)elés  albumine  ,  fibrine  ,  caséine  qui  se  rencontrent  dans 
l'œuf ,  la  viande  et  le  fromage  ;  les  aliments  respiratoires  par  les 
graisses,  les  huiles ,  l'amidon  ,  la  gomme,  les  sucras,  le  vin,  l'eau-de- 
vie  ,  etc.  Toutefois  les  premiers  de  ces  aliments  renferment  plus  ou 
moins  d'éléments  respiratoires  et  inversement  les  seconds  des  élé- 
ments plastiques.  Quelquefois  un  môme  aliment  contient  tout  à  la  fois, 
et  en  proportions  voulues,  les  deux  éléments  caractéristiques. 

Tel  est  le  pain  ,  par  exemple.  La  fécule  se  transforme  par  la  cuisson 
en  dextrine  et  en  sucre,  absolument  comme  si  elle  eût  été  en  contact 
avec  les  sucres  digestifs,  et  ce  qui  est  remarquable,  c'est  que  la  forma- 
tion de  la  croûte  de  pain  dans  le  four  modifie  le  gluten  et  en  fait  une 
substance  azotée  soluble  ,  qui ,  d'après  M.  le  baron  Corvizart  ,  se 
rapproche  complètement  de  la  viande  digérée.  La  croûte  de  pain  four- 
nit donc  un  aliment  excellent  et  très-facilement  assimilable. 

On  concevra  sans  peine  que  chaque  tempérament  nécessite  une  dis- 
tribution particulière  des  aliments.  Chacun  d'eux  est  littéralement 
caractérisé  par  une  équation  à  deux  variables  I  Que  les  médecins  ne 
sourient  pas  !  Au  lieu  de  définir  les  tempéraments  par  les  expressions 
nerveux ,  lymphatique ,  sanguin,  etc.,  qui  n'ont  aucune  délimitation 
précise,  ils  feraient  bien  mieux  de  spécifier  rigoureusement  les  prédis- 
positions de  chacun  en  fixant  la  valeur  des  variables  qui  assurent  le 
fonctionnement  normal  des  organes,  la  santé  parfaite.  Il  n'y  a  aucun 
mal  à  introduire  un  peu  de  précision  dans  les  recherches.  S'il  n'y  a 
pas  plus  de  netteté,  de  rigueur  dans  les  études  médicales,  cela  ne  lient 
pas  autant  qu'on  veut  bien  le  dire  au  sujet  en  lui  -  même  ,  mauvaise 
excuse  !  mais  bien  aussi  au  mode  d'instruction, à  l'éducation  médicale. 
On  admettra  avec  nous  ,  du  reste  ,  que  la  médecine  a  fait  d'incontes- 
tables progrès  depuis  que  certains  médecins  se  donnent  la  peine 
d'analyser  chaque  phénomène  et  d'introduire  l'élément  physique  dans 
la  discussion.  Il  ne  faut  pas  se  dissimuler  que  s'il  y  a  autre  chose  à 
voir  dans  notre  corps  qu'un  vaste  laboratoire ,  on  ne  doit  pas  oublier 
qu'il  doit  être  considéré  aussi  comme  le  siège  de  réactions  com- 
plexes ,  nécessitant  les  patientes  investigation's  des  physiciens  et  des 
chimistes. 

Nous  définirons  donc  le  tempérament  par  une  véritable  équation  ; 
il  est  fonction  de  deux  quantités  P  et  R  représentant  en  poids  les 
aliments  plastiques  et  respiratoires  qui  conduisent  au  fonctionnement 
normal  des  organes.  Je  montrerai ,  dans  la  prochaine  causerie  ,  que 
ces  quantités  P  et  R  ,  variables  naturellement  suivant  les  individus , 
changent  aussi  selon  les  climats. 

Guide  légal  Administratif  et  Pédagogique 

contenant  toute  la  Ugislaiiou  relative  à  rinsbniction  primaire  ,  à 

l'uaafje  de  MM.  les  Délégués  ,  les  Instiluteurs  primaires ,  etc., 

Par  M.  Pitolet, 

Inspecteur  àc  l'Instruclion  primaire  ,  Oflicier  d'Académie, 
Délégué  à  l'Administration  centrale. 
MM.  les  Instituteurs  (jtii  voudraienl  se  procurer  le  Guide  légal  peuvent  s'adresser 
snil  à  leur  libraire,  soiliiM.  li'édau.K,  mailre-aùjoint  à  l'Ecole  normale  primaire,  qui  su 
cliartje  de  le  leur  l'aire  parvenir  franco. 

Les  Gérants,  H.  de  Coquet  et  Stenger. 


Lion.  •»  Imprimerie  U,  ui;  CogniiT  ot  Stehgcb, 


14«  Année.  i*»   a.  15  Février  1865. 


BULLETIN 

DR  L'INSTRUCTION  PRIMAÎRE 

PODR  LE  DÉPARTEMENT  DE  L'AISNE, 

PvvbVvé,  sous  \ts  ausç\cts 

de  sa.  Castaing,  Préfet  de  l'Assne, 

Officier  de  la  LéijioD  -  d' Honneur , 

Officiel-  de  rinstri-xction  pviTjlifiue. 

Paraissant  le   15  e<  le  30  de   chaque  mois. 

[  Avec  le  Manuel  général,  U  fr.  SO  c.  par  an. 
PRIX.     Au'c  ic  Pclil  Manuel,      6  fr.  60  c. 
(  Seul,  S  Ir. 


!«0.nM.%IRE. 

PARTIE  OFFICIELIiE.  —  Note  présentée  au  Conseil  impérial  de  rinstruc- 
tion  publique,  c'ans  sa  session  de  novembre  1864-,  sur  un  projet  relatif 
à  l'examen  des  livres  classiques.  —  Règlement  pour  l'enseignement  de  la 
Musique  dans  les  Ecoles  normales  primaires  et  dans  les  Lycées.  —  Liste 
des  délégués  cantonaux  pour  la  période  triennale  de  1865  à  1868 ,  avec 
indication  des  écoles  soumises  à  leur  surveillance  (arrondissement  de  Saint- 
Ouentin).  —  Instruction  secondaire  ;  bourses  impériales  ,  départementales 
et  communales  :  Circulaire  préfectorale  aux  Maires  du  département.  — 
Mouvement  du  personnel.  —  Instituteurs  autorisés  à  ouvrir  des  classes 
d'adultes. 

PARTIE  XOT^'-OFFICSELEE.  -  Education  et  Enseignemekt.  —  Le  jardin 
de  l'instituteur.  —  Nécrologie  :  Mort  du  jeune  Camille  Lamiable ,  de  La 
Bouteille.  —  Exercices  :  Dictée.  —  Corrigé  du  sujet  de  style  donné  dans 
le  dernier  numéro  du  Dulletin ,  sur  l'utilité  des  classes  d'adultes  pour  les 
campagnes.  —    Variétés  :  La  meilleure  manière  de  manger  (3^  article). 


FAHTIE  OFFIGIEËLE. 

XOTE  préseiîtée  au  Conseil  impérial  «le  l'InstrHCïion  publique  , 
dans  sa  sessloti  de  novembre  1 864 ,  sur  un  projet  relai  |f 
à  l'examen  des  livres  classiques. 

Il  existe  à  l'égard  des  livres  deux  juridictions  nécessaires  : 
1-^  Pour  les  ouvrages  écrits  en  vue  du  grand  public  ,  la  justice 
du  pays  prononçant  au  nom  de  la  loi  ; 

2"  Pour  les  'puvrages  destinés  à  la  jeunesse  des  écoles  ,  la 
justice  univer.-itaiçe  ,  qui  prononce  aussi  au  nom  de  la  loi ,  mais 
ne  peut  édicter  qu'une  seule  peine, l'interdiction  dans  les  écoles, 
lorsque  l'ouvrage  est  contraire  à  la  morale  ou  aux  lois.  11  y  a 
toutefois  cette  différence  ,   que  l'Université  est  tenue  à  plus  de 


_  34  — 

sévérité  que  la  magistrature ,  parce  que  l'enfance  doit  être 
protégée  contre  des  périls  qui  n'existent  point  pour  l'âge 
mûr. 

La  loi  du  15  mars  1850  a  investi  le  Ministre  du  droit  de  décider, 
le  Conseil  impérial  entendu  ,  quels  livres  peuvent  être  introduits 
dans  les  écoles  publiques  ,  quels  doivent  être  interdits  dans  les 
écoles  libres.  En  fait,  c'est  une  Commission  qui  .  depuis  1859  , 
exerce  cette  prérogative.  Avant  cette  époque  il  n'y  avait  eu  , 
depuis  1849  ,  c'est  à-dire  pendant  dix  années  ,  ni  examen  ,  ni 
autorisation. 

Dès  le  premier  jour  de  son  installation  ,  la  Commission  reçut 
huit  cents  ouvrages.  Le  nombre  de  ceux  qui  sont  annuellement 
déposés  sur  son  bureau  ,  varie  de  deux  cent  cinquante  à  trois 
cents.  Or,  malgré  l'activité  de  ses  travaux,  elle  peut  tout  au  plus, 
égaler  le  nombre  de  ses  rapports  annuels  à  celui  des  ouvrages 
qui  lui  sont  annuellement  adressés  ,  et  se  voit  indéfiniment  sur- 
chargée d'un  arriéré  considérable.  De  là  ,  si  l'on  suit  l'ordre  de 
l'inscription,  des  retards  qui  condamnent  l'auteur  à  attendre  uu 
jugement  pendant  deux, trois  et  quatre  ans, ou,  si  on  l'intervertit, 
un  véritable  déni  f!e  justice  ,  puisqu'il  y  aura  préjudice  effedif 
pour  les  uns  on  privilège  pour  les  autres. 

L'Administiation  est,  dans  ce  système,  imparfaitement  éclairée; 
car  elle  n'est  mise  que  très-tardivement  au  courant  de  la  valeur 
des  publications  classiques  ,  et  elle  est  obligée,  contre  sa  propre 
règle  ,  de  tolérer  l'introduction  dans  les  établissements  publics 
d'ouvrages  utiles  el  bien  faits  ,  mais  non  revêtus  de  la  sanction 
officielle  La  loi  est  ainsi  fréquemment  violée, et  l'autorité  morale 
de  la  Commission  se  trouve  affaiblie  par  cette  indifférence  à  solli- 
citer son  approbation.  Enfin  cette  intervention  de  l'Etat,  avec  les 
retards  que  l'examen  entraîne  ,  est  une  gène  pour  un  commerce 
considérable,  celui  de  la  librairie  ;  et  le  privilège  que  l'autorisa- 
tion accordée  par  le  Ministre  constitue  en  faveur  des  livres 
approuvés  ,  entrave  la  production  ,  diminue  la  concurrence  et 
prive  la  littérafure  classique  d'un  élément  d'amélioration. 

Une  raison  plus  grave  de  renoncer  à  ce  système  ,  lors  n  ême 
que  l'on  viendrait  à  bout  de  supprimer  les  lenteurs  administra- 
tives ,  c'est  la  solidarité  établie  par  l'autorisation  entre  l'Univer- 
sité qui  approuve  ,  et  l'ouvrage  qui  est  approuvé.  Malgré  les  pro- 
grès de  la  science,  qui  font  vieillir  si  rapidement  certains 
ouvrages,  le  livre  autorisé  conserve  à  toujours  l'autorisation  une 
fois  donnée  ,  et  l'Université  est  responsable  des  erreurs  d'au- 
jourd'hui, qui  avaient  paru  des  vérités  hier. 

Le  Gouvernement  a  cessé,  dans  l'ordre  matériel,  de  donner  sa 
garantie  aux  inventeurs  ;  pourquoi  continuerait- il  ,  dans  l'ordre 
pédagogique,  à  la  donner  aux  écrivains. 

Il  serait  accordé  comp!èt(;  satisfaction  au  commerce  qui  de- 
mande plus  de  liberté;  à  l'opinion  publique  qui  n'aime  pas  ces 
entraves  établies  au  nom  de  l'Etat  ;  ù  l'xVdministration  qui  à  le 
devoir  de  surveiller  et ,  au  besoin  ,  de  réprimer  ,  mais  non  celui 
de  diriger  comme  pai'  la  main  toutes  choses  et  toutes  personnes, 
si,  comme  le  veut  la  loi  pour  les  écoles  libres, l'autorisation  était 
remplacée  par  le  vclo. 

Tout  livre  non  frappe  d'interdiction  aurait  la  liberté  de  péné- 


—  35  — 

trer  dans  les  maisons  d'éducation.  Cette  modification  ,  qui  est 
dans  le  sens  général  de  la  législation  actuelle,  n'exposerait  pas  les 
écoles  publiques  au  péril  d'être  envahies  par  les  livres  médiocres; 
car  l'administration  universitaire  ,  qui  est  comme  substituée  k 
l'autorité  des  pères  de  famill«î ,  a  sur  ces  écoles  un  droit  d'ins- 
pection sans  réserve  ,  et  un  liv  e  insulTisant  n'y  pourrait  rester 
longtemps,  s'il  en  existait  un  meilleur.  Les  membres  de  l'Univer- 
sité seront  d'autant  plus  scrupuleux  dans  le  choix  qu'ils  auront 
la  liberté  de  faire,  qu'ils  seront  responsables, chacun  vis-à-vis  de 
son  chef  immédiat  ,  et  tous  vis-à-vis  du  Ministre  de  ce  qu'ils 
auront  eux-mêmes  choisi. 

Il  y  a  donc  lieu  d'organiser  une  juridiction  régulière  et  comme 
une  première  instance  pour  l'appréciation  des  cas  d'interdiction. 
Le  Conseil  départemental ,  saisi  par  l'Inspecleur  d'Académie  , 
prononcerait  en  premier  ressort  sur  les  livres  relatifs  aux  écoles 
primaires  ;  et  le  Conseil  académique  .  saisi  par  le  Recteur  ,  sur 
ceux  qui  intéressent  les  établissements  d  instruction  secondaire, 
chacun  selon  sa  compétence  naturelle. 

La  délégation  que  1j  C.nsoil  impérial  a  faite  à  la  Commission 
irresponsable  qui  fonctionne  en  ce  momeut ,  serait  donnée  à 
deux  Conseils  que  la  loi  a  constitués  ,  et  la  justice  se  trouverait 
placée  plus  près  du  justiciable.  Le  Conseil  impérial  ,  établi  juge 
de  la  décision  rendue  par  le' Conseil  départen" entai  ou  par  le 
Conseil  académique,  rentrerait  ainsi  dans  la  vérilé  du  rôle  que  la 
loi  lui  a  dévolu. 


RËGI^EIUEI^T  po»i*  renseignement  de  la  Miisiqsie 
<lan<4  Ses  Eeoless  norniales  pi'iniaires  et  dans  îes  £.^«ées. 

Le  Ministre  secrétaire  (J'Elat  au  déuariiiinenl  de  l'Iaslriiclion  publique  ; 

Vu  l'arrêté  du  15  mai  1845  sur  l'eBseigneiuenl  du  chant  dans  les  écoles 
publiques  ; 

Vu  le  règlenieat  du  31  juillet  1831  ,  concernant  l'enseignement  des  Ecoles 
normales  primaires; 

Le  Conseil  impérial  de  l'Instruction  publique  entendu, 

Arrête  les  dispositions  suivantes  po>ir  l'enseignement  de  la  musique  dans 
les  Ecoles  norm;iles  primaires  et  dan^  les  Lycées  : 

Art.  le.  L'enseignement  delà  musique  est  obligatoire  pour  tous  les  élevés 
des  Ecoles  normales  primaires.  Il  en  est  de  mémo  du  plain-chant  pour  les 
élèves  caiholiquos  et  du  chant  religieux  pour  les  aulres  communions. 

Art.  i2.  L'enseignement  musical  dans  les  Ecoles  normales  embrasse  les  ma- 
tières suivantes  : 

1.0  Principes  élémentaires   de  musique    et   de  chant.    Lecture  ,    écriture  et 
dictée  musicale  sur  la  portée; 
-2o  Principes  élémentaires  du  plaint-chant.  Etude  élémentaire  de  l'orgue. 

Le  piano  pourra  être  employé  comme  moyen  d'introduction  à  l'étude  de 
l'orgue. 

ô»  Elude  élémentaire  de  l'accompagnement, 

Art.  3.  Ces  matières  sont  réparties  de  la  manière  suivante  entre  les  trois 
années  d'études  : 

Première  année. 

Principes  élémentaires  de  musique.    Notions  sur  l'émission  vocale  ,   sur  la 
resj.iration  et  sur  le  classement  des  voix.    Lecture  sur  les  clefs  de  sol  et  fa  , 
dans  les  tons  majeurs  et  minetirs  et  avec  les  mesures  les  plus  usitées.  Notions 
théoriques  sur  les  autres  clefs  et  les  autres  mesures 
Deuxième  année. 

Continuation  des  exercices  do  lecture.  Ecriture  sous  la  dictée.  Exécution  de 
morceaux  de  cliart  à  plusieurs  voix. 

Etudes  élémentaires  du  plain-chant.  Notation,  modes,  lecture  avec  paroles. 


-  36  - 

Exercices  élémentaires  de  mécanisme  sur  le  piano  ou  l'orgue.  Gamme  dans 
tous  les  tons  majeurs  et  mineurs. 

Troisième  année. 

Continuation  dos  exercices  de  musique  et  de  plain-chant. 

Etude  élémentaire  de  l'accompagnement  ,  spécialement  en  vue  do  l'accom- 
pagnemeni  du  plain-chant. 

Lectuies  de  morceaux  faciles  en  morceaux  plaqués,  et  accompagnement  d'un 
plain-clianl  donné,  soit  à  la  basse,  soit  à  la  partie  supérieure. 

Art.  4.  Cinq  heures  par  semaine  sont  consacrées  ,  dans  chacune  des  trois 
années,  aux  leçons  de  musique  ou  de  plain-chanl. 

Le  temps  attribué  ,  dans  l'intervalle  des  leçons  ,  à  l'élU'Je  du  piano  ou  de 
l'orgue  ,  est  pris  sur  la  durée  des  récréations  et  sur  le  temps  laissé  libre  ie 
dimancbe  entre  les  offices. 

Art.  5.  L'orgue,  l'harmonium  et  le  piano  sont  les  seuls  instruments  employés 
pour  renseignement  musical  dans  les  Ecoles  normales  primaires. 

Art.  6.  I^'enseignement  de  la  musique  est  obligatoire,  dnns  les  Lycées,  pour 
tous  les  élèves  des  classes  inférieures  jusqu'à  la  4e  inclusivement. 

Il  est  facultatif  pour  les  élèves  des  classes  de  S^ei  au-dessus. 

Art.  7.  L'enseignement  obligatoire  comprend  les  matières  suivantes  : 

Principes  élémentaires  de  musique  et  de  chant.  Lectuie,  écriture  et  dictée 
musicale  sur  la  portée. 

Le  but  final  de  cet  enseignement  doit  être  :  la  lecture  dans  tous  les  tons 
majeurs  et,  mineurs  et  avec  les  mesures  les  plus  usitées,  et  l'exécution  de 
morceaux  de  chant  d'une  difficulté  moyenne,  à  une  ou  plusieurs  voix. 

Art.  8.  L'enseignement  facultatif  peut  comprendre  ,  outre  les  matières  de 
l'enseignement  obligatoire  ,  les  principes!  élémentaires  de  l'harmonie. 

An.  9.  La  musique  instrumentale  continuera  à  être  enseignée  individuelle- 
ment aux  frais  de  la  fimille. 

Art.  10  Deux  htures  par.«emaine  sont  consacrées  à  l'enseignement  musical 
oblig-.itoire  ,  pour  chacune  des  divisions  de  cet  enseignement.  Ces  leçons  ne 
sont  données  ni  le  dimanche  ni  aux  heures  de  récréations. 

Les  élèves  sont  divisées  en  plusieurs  cours,  autant  qu'il  sera  possible  d'après 
leurs  progrès  en  musique  et  non  d'après  la  classe  à  laquelle  ils  appartiennent. 

Une  leçon  d'une  heure  au  moins  par  semaine  est  consacrée  à  l'enseignement 
musical  facultatif. 

Fait  à  Paris  ,  le  30  janvier  1865, 

V.  DURUY. 


LISTE  DES  DELEGUES  CANTONAUX 

Pour  la  période  triennale  de  fl8G5  à  1868, 
avec  indication  desfécoJes  soumises  à  leur  surreillanre. 

ARRONDISSEMENT^DE   SAINT-QUENTIN. 
CANTON    DR    SAINT-QUENTIN. 

MM.  Tamrnier,  curé-archiprétre  d."  Sainl-Quenlin;  Desain:i,  adjoint 

a  Saint-Quentin  ;  Mennechet,  juge  de  paix  de  Sainl-Quenfiii. 

—  Pour  les  écoles  de  Saint-Quentin  ,  Homblièies  ,  Marcy, 

P^ntaine-Notre-Danie,  Haiiy. 
(iouiarl  ,  ctiiiseiller  munieijxd  à  Saint-Quenlin.    —    Lrsilius  , 

Oinissy,  Hernaucourt,  iMcsnil-Saint  Laurenl. 
Lehoult,  fabricant  à  Saiul-Qiientin.    —   Rouvroy,  Miireourl, 

Essigny-le-l*etit. 
Naniuroy,  maire  de  Lesdins.  —  Ficulaine,  Fonsoinnie. 

CANTON   DE  BOHAIN. 

MM.  S»f'?/r,  curé-doi/en  de  Uohain. —  Prémont,  Sehiin. 

Tof'jin,  notaire  a  Bohain.  —   Biancoiirl,  Montbiehain,  Hami- 
.iji(jM<;ourt. 


—  37  — 

Fnifurd,  proprirlairc  à  Bohaiii   —  Becquigny,  Escaufourt. 
(U'offro[i,t:nn''  de  Frcsn(nj-li--(imnd. —  Fontaine-Utertre,Croix- 

Fonsomme. 
Renard,  ciirélde  Seboucourl.  —  Montigny-Carotle,  Elaves-et- 

Bocquiaux 

CANTON    DU    CATELliT. 

MM.  Dufour,  curé-doijen  da  Cdielel.  —  Gouy,  Bony,  Aubeiicheul- 

aux-Bois. 
Becqnet,  juge  de  paix  du  CdteleL—  Estrées,Joncourl,Villeret, 

Argicourt,  Bellenglise,  Beaurevoir. 
Geonjes,  cultivaleurà  Vcndhuile.  —  Lempire,  Vendhuile,  Le 

Càlelet,  Nauroy,  Bellicourt. 
Levé,  maire  de  Bellenfjliae.—Le  Haucourt,  Seqiiéhart,Magny- 

la-Fosse  ,  Levergie" 

CA.  tv 

MM.  Cochin,  curé-doyen  de  M,  'loigny,  Brissy-Hamé- 

gicourt,  Alaincoiirt. 
Mennechet ,  juije  de  paix  de  .  court,  Gibercourt, 

Remigny,  Yendeuil ,  Neuvi 
Du  Chdtelel,  maire  d'IJinacourt.  "signy-le-Grand, 

Urvillers.  Cerizy-ly-Fontaiue 
Briquet ,  maire  de  AeuvHle-Sf-Amaiiu  'ères,  Châtilloii- 

sur-Oise,  Ilancoiirt. 

CANTON  DE    RIBEMONT. 

MM.  Beaulour, curé-doyen  de  Ribemont.  —  Pleine       ve,  Villers-Ie- 
Sec. 
^/»  Thié faine,  juge  de  paix  de  Ribemont. — La  Ferté,  Surfontaine, 

â^:^^(  Séry-lès-Mézières. 

■^%,  •       Godart-BaucJiart,  propriétaire  à  La  Ferté-Clievresis. —  Renan- 
'^^^.       sart,  Glievresis,  Parpeville. 
\         '      Virgile  Bauciiart  ,  propriétaire  à  Courjumelle  (Origny-Sainte- 
^.  ^^  Benoîte).  —  Neuvillette,  Regny.  Thenelles,  Sissy. 

ÎJ»    <*//      Mallieux  ,  fabricant  à  Origny-Ste-Benoite.  —    Origny-Sainte- 
*?)>  ^  Benoîte  ,  Mont-d'Origny. 

*  **  CANTON    TE    SAINT-SIMON. 

o^     MM.Quéquignon  ,  membre  du   Conseil  général ,    maire  d'Happen- 
court. — Braye-Saint-Christophe,Tugny,  Artemps,Fonlaine- 
lès-Clercs. 
t  Péronne,  curé-doyen  de  Flamj-le-Marlel.   —   Cugny,  Annois, 

Clastres. 

Lebègue,  curé  de  Seraucoiirt.   —   Montescourt,  Jussy,  Saint- 
Simon. 

Devienne,  maire  d'Ollezy. — Sonnette-Eaucourt,  Happencourt, 
Pithon ,  Villers-St-Christophe. 

Dusanter,  maire  d'Artemps. —  Castres,  Contescourt  et  Serau- 
court. 

Lalaux,  suppléant  du  juge  de  paix  ,  à  Seraucourt.  —  Dallon  , 
Grugies,  Gauchy. 

CANTON    DE    VERMAND. 

MM.  Ducroc,  vuré-doijen  de  Vermand. —  Martcvirc,  (];iiilaiiu;oui'l, 
Maisseniy. 
Mauduit,  maire  de  Marlevillc. —  Etroillers,  Savy,  Vaux,  Heau- 
vois,  Ponlruet. 


—  38  — 

Guilberl,  ancien  notaire  à  Vennand. —  Pontru  ,  Le  Verguier. 

Jeancourt,  Vendelles. 
Rocq,  propriétaire  à  Pontrnet. —  Gricourt,  Fayet,  Holnon. 
Graux,  maire  de  Lanchy. —  Foreste,  Aubigny,  Trefcon. 
Vinchon  ,  propriétaire  à  Fluqiiièrcs.    —    Roupy,  Fluqiiières, 

Doiichy,  Germaine,  Lanchy. 

(La  suite  au  prochain  numéro.) 


INSTRLCTION  SECONDAIRE. 


BOURSES   IMPÉRIALES,    DÉPARTEMENTALES    ET   COMMUNALES 
DANS   LES  LYCÉES  ET  COLLÈGES. 

M.  le  Préfet  vient  d'adresser  la  circulaire  suivante  aux  Maires 
du  département  : 

Laon  ,  le  1^^  février  1865. 
Messieurs  , 
Je  vous  prie  de  rappeler  à  vos  administrés  que  la  Commis- 
sion d'examen  des  candidats  aux  bourses  impériales ,  départe- 
mentales et  communales  ,  dans  les  lycées  et  collèges ,  se  réunira 
à  la  Préfecture ,  du  l"^"^  au  15  avril  et  du  1er  au  15  juillet  pro- 
chain. 

Les  candidats  devront  se  faire  inscrire  ,  du  15  au  30  mars,  et 
du  15  au  3)  juin  ,    au  Secrétariat  de  la  Préfecture. 

Nul  ne  sera  inscrit  :  1°  s'il  n'est  âgé  de  9  ans  accomplis  et  s'il 
n'a  moins  de  17  ans  ;  2°  si  ses  parents  ne  produisent  son  acte  de 
naissance  et  un  certificat  de  bonne  conduite  délivré  par  le 
chef  d'établissement  où  le  candidat  a  commencé  ses  études,  s'il 
a  déjà  suivi  des  cours  primaires  ou  secondaires. 

Je  remeltrai  aux  personnes  qui  m'en  feront  la  demande  une 
note  indiquant  les  conditions  et  formalités  que  devront  rem- 
plir les  aspirants  aux  bourses  detoule  nature. 

Recevez,    Messieurs,  l'assurance  de  ma  considération  très- 
distinguée. 

Le  Préfet  de  l'Aisne, 

G.  CASTAING. 


MOlVEMEiM  Dl  PERSONNEL. 


Par  arrêtés   de  M.  le  Préfet,  rendus  sur  la  proposition  de  M. 
l'Inspecteur  d'Académie , 

MM.  Lestige,  Frédéric  ,  est  nommé  instituteur  de  l'école  commu- 
nale annexée  au  Collège  de  Soissoiis. 
Un  congé  de  disponibilité,  pour  raison  de  santé,  est  accordé 
à  M.  Thomas, Jules-Joseph, instituteur  à  Neitllieux(C\vAuny). 
Thumery,  Cyprien  ,  (!st  chargé  de  la  direction  de  1  école  de 
.Ve»///e?u;, pendant  la  durée  du  congé  accordé  à  M.  Thomas. 
Un   congé  de   disponibilité  ,   pour  cause  de  maladie  ,    est 


39 


accordé  à  M"''  Lepagnol  ,  Sophie,  institutrice  à  Mariigny^ 
section  de  La  Bouloie. 
M"''  Alboucq,  Octavie,  ancienne  élève- maîtresse  d«  Cours  normal 
de  Laon  ,  est  chargée  de  la  direction  de  l'école  de  Marti- 
gtnj,  pendant  la  durée  du  congé  accordéà  M""  Lepagnol. 


Sont  autorisés  à  ouvrir  des  classes  du  soir  : 

MM.  Derbecq  ,  instituteur  à  Fresnoij-h-Grand  (Bohain). 
Berton,  instituteur  à  Fleuri/  (Villers-Cotlerêts). 
Leblanc,  instituteur  à  Saint-AJyis  (Vervins). 
Lefebvre,  instituteur  à  Fontaine-Vlerle  (Bohain). 


PARTIS    g^ON-OFnCIELLE. 

LE  JARDIN  DE  L'INSTITUTEUR. 

L'instruction  n'a  pas  seulement  pour  but  de  préparer  des 
savants ,  des  avocats ,  des  médecins  ,  e'ie  a  un  autre  rôle  à  rem- 
plir :  celui  de  donner  à  tous  ceux  qui  reçoivent  celle  manne 
intellectuelle  les  nolions  qui  doivent  leur  servir  dans  leurs  tra- 
vaux futurs. 

Notre  époque  a  un  caractère  qui  lui  est  propre  :  on  comprend 
aujourd  hui  qu'il  y  a  avantage  à  répandre  une  instruction  vrai- 
ment pratique  qui  peut  servir  dans  toutes  les  circonstances  de  la 
vie,  ei  à  ne  pas  faire  de  nos  enfants  des  demi-lettrés  qui  ne  sont 
propres  qu'à  encombrer  les  carrières  dites  libérales  ,  et  ne 
peuvent  bien  souvent  se  servir  utilement  de  leur  intelligence. 

Il  y  a  quelques  années,  les  fermes-écoles  furent  organisées  et 
rendirent  des  services  à  l'agriculture,  mais  le  nombre  forcément 
restreint  des  élèves  empêcha  la  propagation  des  saines  notions 
agricoles. 

Une  des  branches  les  plus  utiles  de  l'agriculture  est  l'horticul- 
ture; elle  prépare  aux  notions  qui  doivent  souvent  servir  à  la 
première  ;  des  procédés  ,  des  cultures  essayées  d'abord  sur  une 
petite  échelle,  ont  ensuite  passé  dans  le  domaine  agricole. 

L'horticulture  ne  comprend  pas  seulement  la  création  des 
squares,  les  soins  à  donner  aux  fleurs  qui  ornent  nos  jardins  et 
embellissent  les  environs  de  nos  demeures,  elle  joue  encore  un 
rôle  important  par  la  production  des  légumes  et  des  fruits  ; 
depuis  la  primeur ,  qui  vient  dans  la  saison  rigoureuse  apporter 
sur  nos  îables  ce  que  nos  jardins  nous  refuseraient  ,  jusqu'aux 
simples  légumes  ,  depuis  l'ananas  jusqu'à  la  cerise  commune  , 
toutes  CCS  richesses  du  sol  sont  dues  à  l'horticulture. 

M.  le  Minisire  de  l'Instruction  publique  ,  par  une  circulaire 
récente  adressée  à  tous  les  Recteurs  et  que  nous  avons  publiée  , 
recommande  de  donner  aux  élèves  de  nos  Ecoles  normales  des 
notions  horticoles.  Cette  mesure  va  imprimer  une  nouvelle 
impulsion  à  cette  branche  d'étude  ;   qu'on   nous  permette  donc 


—  40  — 

d'appeler  l'attention  sur  les  excellents  résultats  que  nous  en 
espérons. 

L'élève  de  l'Ecole  normale  apprendra  à  connaître  les  meil- 
leures espèces  de  légumes,  les  essences  préférables  de  fruits;  le 
nombre  d'espèces  ,  de  variétés  est  considérable  ;  certaines  ne 
donnent  qu'un  produit  de  peu  de  valeur  ;  d'autres,  au  contraire, 
ont  un  grand  mérite  ,  soit  par  leur  saveur  ,  leur  précocité  ,  leur 
tardiveté  ;  il  ne  s'agit  pas  seulement  d'obtenir  beaucoup  ,  mais 
d  avoir  des  fruits  ou  des  légumes  qui  plaisent  aux  yeux,  à  l'odorat 
ou  au  goût. 

L'école  deviendra  tout  à  la  fois  un  foyer  d'enseignement  théo- 
rique et  pratique  de  l'horticulture.  L'instituteur  se  rappellera 
les  leçous  qu'il  aura  reçues  étant  enfant  ,  et  à  son  tour  il  en  fera 
profiter  ses  élèves.  C'est  une  mission  sérieuse  à  remplir  au 
village  ainsi  qu'à  la  ville.  A  côté  de  l'éducation  morale  et  intellec- 
tuelle il  y  en  a  une  autre  qui  a  aussi  son  importance  ,  c'est 
l'éducation  professionnelle  ;  en  apprenant  à  lire  ,  à  écrire  ,  les 
enfants  pourront  recevoir  des  leçons  d'horticulture  ;  l'enfance 
est  un  terrain  dans  lequel  on  sème  avec  fruit  ;  les  graines 
germent  vite,  et  plus  tard  on  en  recueille  les  fruits. 

Non-seulement  l'instituteur  pourra  donner  ainsi  d'utiles  leçons, 
indiquer  les  variétés  fruitières  et  légumières  à  cultiver ,  mais 
encore  il  pourra  les  propager  par  la  greffe  et  le  semis. 

Le  paysan  ,  afin  d'économiseï'  un  peu  d'argent ,  arrache  sou- 
vent un  sauvageon  qu'il  plante  dans  son  jardin  et  qu'il  greffe 
d'une  mauvaise  espèce,  laule  d'avoir  un  rameau  provenant  d'une 
meilleure  variété,  oubliant  ainsi  qu'il  y  aurait  avantage  à  acqué- 
rir un  arbre  meilleur. 

27,000  jardins  ,  dit  M.  Duruy,  sont  annexés  à  nos  écoles  com- 
munales. Pourquoi  ne  formeraient  -  ils  pas  autant  de  pépinières 
où  toutes  les  communes  pourraient  se  procurer  des  greflfes,  des 
graines  des  meilleures  espèces. 

Mais  d'abord  il  faut  que  ces  jardins  soient  convenablement 
plantés.  Quel  moyen  emploiera-t-on  ?  L'instituteur  qui  ne  reçoit 
que  de  modestes  émoluments  n'est  pas  riche;  lui  imposer  l'achat 
d'arbres  de  choix  serait  pour  lui  bien  onéreux  et  l'on  ne  saurait 
y  songer. 

Nous  croyons  cependant  qu'on  peut  arriver  à  ce  but  progres- 
sivement et  sans  dépense  aucune.  Partout  l'instituteur  peut 
se  procurer  sans  frais  ,  dans  nos  bois  ,  dans  nos  forêts  ,  dans 
nos  campagnes  ,  des  sauvageons  qui  serviront  plus  tard 
de  sujets  pour  recevoir  des  greffes.  11  y  a  plus ,  le  Muséum 
d'histoire  naturelle  de  Paris  n'a  pas  seulement  pour  but  de 
collectionner  les  l'ichesses  du  monde  entier  ,  d'exhiber  des  ani- 
maux rares  et  curieux  ,  il  doit  encoie  propager  les  végétaux 
utiles  ,  et  chaque  année  il  envoie  dans  toutes  les  parties  de  la 
France  et  même  à  l'étranger  des  collections  de  graines  ,  de 
plantes  ,  d'arbres  et  d'arbustes.  Ces  dons  contribuent  à  la  vulga- 
risation des  végétaux  rares.  En  outi'c  de  son  école  de  botanique, 
cet  établissement  public  possède  une  collection  fort  nombreuse 
d'essences  fruitières.  Pourquoi  l'instituteur  ne  dcmande-til  pas 
au  Muséum  des  greil'es  d'arbres  et  de  graines  de  nos  plantes 
maraîchères  ? 


—  41  — 

Les  quantités  de  graines  récoltées  chaque  année  sont  considé- 
rables, les  greffes  distribuées  sont  nombreuses  et  les  envois  sont 
faits  surtout  aux  établissements,  aux  jardins  publics  et  aux  agro- 
nomes ;  nous  sommes  ccrlains  que  des  demandes  adressées  en 
temps  utile  par  lesinstituteurs  seraient  bien  accueillies. Du  reste, 
nous  croyons  que  M.  le  Ministre  faciliterait  l'obtention  de  ces 
dons,  car  ils  auraient  pour  but  de  propager  des  végétaux  utiles, 
et  ainsi  le  jardin  de  l'instituteur  s'enrichirait  des  bonnes  espèces, 
et  le  cultivateur  y  trouverait  les  greffes,  les  graines  des  espèces 
types. 

Ainsi  que  nous  l'avons  dit  en  commençant  ,  les  fruits  et  les 
légumes  jouent  un  rôle  important  dans  l'alimentation.  En  1864, 
Paris  consommait  pour  55,000,000  fr.  de  fruits  et  33,000,000  de 
légumes  ,  et  la  richesse  de  certains  pays  n'a  pour  base  que  la 
culture  des  essences  fruitières.  Thomery  doit  sa  prospérité  à  ses 
chasselas,  Montreuil  à  ses  pêches. 

Il  y  a  une  importante  étude  à  faire  du  rôle  dans  l'alimentation 
de  ces  denrées  ,  la  consomma'. ion  s'en  opère  en  raison  de  la  pro- 
duction ,  et  dès  que  les  légumes  et  les  fruits  seront  plus  nom- 
breux sur  nos  marchés  ,  un  plus  grand  nombre  de  consomma- 
teurs seront  appelés  à  en  profiter  ;  l'usage  des  fruits  n'est  nui- 
sible à  la  santé  que  lorsqu'ils  sont  mangés  avant  leur  maturité  , 
et  comme  ils  contiennent  de  la  gomme  et  du  sucre  ,  ils  sont  au 
contraire  hygiéniques  dès  qu'on  n'en  prend  qu'une  quantité 
modérée. 

Chaque  année  l'Angleterre  nous  en  enlève  des  quantités  consi- 
dérables soit  dans  les  pays  de  culture,  soit  sur  nos  marchés, et  si 
les  belles  et  bonnes  espèces  sont  cultivées  sur  une  plus  grande 
échelle  ,  cette  exportation  augmentera  et  nous  pourrons  en 
profiler. 

M.  Duruy  vient  de  prendre  une  mesure  qui  ne  saurait  être  trop 
approuvée.  Faire  enseigner  à  la  jeunesse  les  choses  vraiment 
utiles  ,  véritablement  pratiques  ,  ce  n'est  pas  seulement  un  bien- 
fait pour  la  génération  présente  ,  c'est  encore  songer  à  l'avenir 
de  notre  pays. 

J.   VlARD. 


NECROLOGIE. 

On  nous  écrit  de  La  Bouteille  ,  arrondissement  de  Vervins  : 

«  Un  malheur  aussi  affreux  qu'inattendu  vient  de  frapper  une 
honnête  famille  de  cette  commune.  Le  jeune  Lamiable  ,  Camille, 
a  été  presque  subitement  enlevé,  le  1^'  février  dernier,  à  l'amour 
des  siens  ;  il  a  succombé  à  une  cruelle  maladie,  que  la  science 
et  les  soins  empressés  de  ses  parents  ont  été  impuissants  à 
combattre. 

Lamiable  ,  Camille  ,  avait  à  peine  16  ans.  Il  se  préparait  chez 
M.  Courtebolte  ,  de  Vervins  ,  aux  fonctions  d'insliUUeur. 
Elève  studieux  ,  docile  ,  exact  dans  laccomplissemenl  de  ses 
devoirs  ,   il  était  aimé  de  ses  maîtres   et  de  ses  condisciples  qui 


tous  ont  assisté  ,  avec  une  piété  et  un  recueillement  vraiment 
édifiants  ,  à  ses  obsèques  célébrées  à  La  Bouteille. 

Le  deuil  d  un  jeune  garçon  estcelui  d'^  tous  les  pères, de  toules 
les  familles  ;  aussi  un  grand  nombre  d'habitants  de  la  commune 
avaient  -  ils  voulu  se  rendre  j  cette  triste  cérémonie  et 
témoigner  par  là  ,  aux  parents  du  défunt ,  de  la  sympathie  qui 
entoure  leur  douleur.  Puisse  cette  sympathie  les  aider  au  moins 
à  supporter  une  perte  si  cruelle  ! 

Lorsqu'au  cimetière  ,  les  dernières  prières  de  l'Eglise  furent 
terminées, le  jeune  Gaumont,de  Vervins,  élève  de  M.  Courtebotte, 
s'est  avancé  et,  d'une  vois,  profondément  émue  ,  a  lu  le  discours 
suivant  où  ,  tout  en  rappelant  les  qualités  de  C{fiiir  de  Lamiable , 
C  imille,  il  a  exprimé  les  regrets  profonds  et  unanimes  que  laisse 
Si  mort  dans  le  cœur  da  ceux  qui  l'ont  connu. 

Voici  ce  discours  : 

Au  moment  où  la  terre  va  se  referiuer  potir  toujours  sur  les  dépouilles 
mortelles  de  notre  ami  bien-aimé  ,  nous  éprouvons  l'impérieux  besoin 
d'épancher  notre  cœur  en  présence  de  cette  foule  accourue  de  toutes  parts 
pour  rendre  un  dernier  hommage,  pour  payer  un  légitime  tribut  de  regrets 
à  celui  qu'une  mort  si  cruelle  ,  si  foudroyante  a  ravi  à  l'affection 
commune. 

Lamiable  ,  Camille  ,  est  un  enfant  du  pays.  Il  était  connu  de  tous  ,  sa 
présence  répandait  partout  la  joie  ,  le  contentement. 

Il  y  a  quelques  jours  à  peine  ,  il  était  au  milieu  de  nous  ,  il  se  mêlait  à 
nos  jeux.  Aujourd'hui  il  est  mort,  mort  malgré  l'amour^de  sa  famille  éplorée, 
malgré  les  prières  de  ses  compagnons  d'étude. 

Nous  qui  pleurons  cet  ami  si  bon  ,  si  aimant  ,  nous  nous  djmandon  s 
pourquoi  l'Eternel  est  venu  si  tôt  le  ravir  à  l'affection  de  tous  :  à  la  nôtre 
qui  l'aimions  comme  un  frère,  à  celle  de  ses  maîtres  qui  l'aimaient  comme 
leur  enfant,  à  celle  de  ses  parents  désolés  qui  le  chérissaient  comme  le  plus 
tendre  des  fils.  Ah  !  puisque  les  desseins  de  la  divine  Providence  sont 
impénétrables,  remercions-là  du  moins  d'avoir  placé  dans  le  cœur  de  notre 
ami  de  si  heureuses  qualités.  Qui  de  nous  en  effet  n'a  pas  su  les  appré- 
cier et  en  ressentir  la  douce  influence  ?  Caractère  franc,  ouvert;  cœur  droit, 
généreux  jusqu'au  dévouement,  incapable  de  ressentiment  ,  il  trouvait  son 
bonheur  à  obliger.  Ces  aimables  qualités  qui  formaient  le  fond  de  son 
caractère  ,  lui  avaient  concilié  tous  les  cœurs  ;  tous  ses  camarades  étaient 
ses  amis. 

11  révéla  mieux,  que  jamais  pendant  sa  cruelle  maladie  ,  les  généreuses 
dispositions  dont  il  était  animé.  Le  souvenir  de  ses  camarades  ,  de  ses 
bons  parents ,  des  personnes  qu'il  connaissait  était  resté  gravé  dans  son 
cœur  ;  et.  à  ses  derniers  moments  ,  ses  lèvres  murmuraient  encore  le  nom 
d'un  ami. 

Il  se  fit  admirer  par  sa  résignation  à  supporter  ses  souffrances  ,  par  sa 
ferveur  à  remplir  tous  ses  pieux  devoirs;  en  un  mot,  l'on  peut  dire  que  les 
approches  de  sa  mort  furent  l'image  de  sa  vie. 

Aussi  ,  parents  éplorés  .  suspendez  un  moment  votre  douleur  pour  ouvrir 
voire  àme  i  l'espérance  ,  car  il  vous  reste  comme  à  nous  une  dernière 
consolation  ;  les  sentiments  si  chrétiens  de  notre  tendre  ami,  de  votre  fils 
chéri,  lui  ont  acquis  dans  le  Ciel  la  couronne  des  élus. 

Peut-être,  cher  ami,  la  vie  eùl-elle  été  amère  pour  toi;  peut-être  aurais- 
tu  vu  comme  tant  d'autres  tes  espérances  déçues  ,  les  illusions  trompées  , 
et  tu  aurais  souffert  !  .Maintenant  tu  es  un  ange  dans  le  Ciel, et  tu  l'inclines 
au  pied  du  trône  d;  Dieu,  pour  appeler  sur  nous  les  bônédiclions 
célestes  !! 

Adieu,  Camille,  nous  nous  reverrons  un  jour  ;  adieu  !!! 

lu 


—  43  — 
EXERCICES. 

Dictée. 

Pendant  celte  saison  d'hiver,  obligésde  s'occuper,  envéritables 
pères  de  famille  ,  de  tous  les  soins  liygiéniques  qu'exigent  la 
santé  et  le  bien-être  des  enfants  qu'on  leur  a  confiés,  les  institu- 
teurs devront  veiller  à  les  préserver  du  froid  ,  des  rigueurs  et 
des  intempéries  de  la  saison.  Combien  a-t-on  vu  de  ces  pauvres 
enfants,  qu'auraient  sauvés  quelques  précautions  peu  coûteuses, 
et  qu'un  rhume  dégénéré  en  phthisie  pulmonaire  conduisait  au 
tombeau  ,  victimes  de  la  parcimonie  et  de  l'insouciance  des 
maîtres  à  qui  l'on  avait  abandonné  leur  jeunesse! 

Ce  ne  sont  pas  là  de  simples  négligences  :  elles  deviennent  , 
du  moins  ,  bien  coupables  ,  quand  ciles  intéressent  les  principes 
mêmes  de  l'existence  Quelle  que  soit  la  confiance  qu'une  mère 
aura  placée  dans  l'instituteur  de  son  fils  ,  quelque  discrétion 
qu'elle  se  croie  obligée  d'apporter  dans  les  recommandations 
qu'elle  lui  fait  ,  elle  n'en  suit  pas  moins  minutieusement ,  en 
secret,  tous  les  détails  de  sa  direction  :  aussi  j'ai  vu  bien  des 
maîtres  se  plaindre  à  tort  de  l'ingratitude  qu'on  leur  avait  témoi- 
gnée. Souvent,  après  les  avoir  entendus  crier  à  l'injustice  ,  les 
parents  et  moi  nous  nous  sommes  convaincus  qu'ils  avaient 
en  effet  mérité  ,  par  leur  dureté  et  par  le  peu  d'obligeance  qu'ils 
avaient  montré  en  toute  occasion,  les  reproches  que  nous  avions 
entendu  articuler  contre  eux. 


Corrigé     du     ^iijet     ile     !§â;yle 

donné  dans  notre  dprnier  numéro. 

Mon  cher  Ami  , 

Vous  voulez  connaître  ma  pensée  sur  l'utilité  des  classes 
d  adultes  à  la  campagne  ,  et  vous  voulez  aussi  que  je  vous  parle 
de  leur  influence  et  de  leurs  avantages  sous  le  rapport  des 
mœurs  et  de  l'instruction. 

L'éducation  est  une  œuvre  longue  et  diificile  ;  elle  ne  finit 
qu'avec  la  vie. Les  classes  d'adultes  viennent  continuer  les  études 
interrompues  par  l'âge  où  l'enfant  est  obligé  de  quitter  l'école 
pour  entrer  en  apprentissage  ,  ou  pour  se  livrer  ,  de  douze  à 
quatorze  ans,  à  des  travaux  dont  le  salaire  immédiat  allège  les 
charges  de  la  famille.  Le  bagage  des  connaissances  acquises  est 
bien  mince  à  cet  âge,  et  quand  même  il  serait  plus  considérable, 
1 1  en  resterait  bien  peu  de  choses  ,  si  d'heureuses  circonstances 
ne  lui  ouvraient  encore  une  fois  les  portes  de  l'école. 

Lcj  classes  d'adultes  ,   qui ,   le  plus  souvent ,  ne  sont  que  des 
écoles  d'apprentis  ,  seraient  donc  appelées  à  rendre  ,  à  la  cam- 
pagne ,    et  dans  les  villes  ,    d'incontestables  services  ,    si  elles 
étaient  bien  comprises  ,    et  si  elles  étaient  suivies  comme  elles 
méritent  de  l'être. 

Un  axiome  do  ia  plus  haute  importance  dit  que  quiconque 
n'vancepas  dins  la  voie  d'un  continuel  i)'3rfectionnement  recule. 


-«  4i  — 

Où  ira  donc  celui  qui  abandonnera  toute  étude  à  une  époque 
de  la  vie  où  les  impressions  sont  vives,  mais  tout  aussi  fugitives, 
tout  aussi  peu  durables  qu'elles  se  sont  formées  promptement?  Il 
redeviendra  ce  qu'il  aurait  été  si  son  esprit  était  resté  sans  cul- 
ture,si  son  âme  ne  s'était  jamais  ouverte  aux  douces  et  salutaires 
influences  de  l'enseignement  religieux  donné  à  l'église  par  le 
prêtre  ,  et  à  l'école  par  un  maître  dévoué  à  la  cause  si  belle  de 
l'éducation  populaire. 

Pourquoi  s'étonner  ,  mon  cher  ami  ,  qu'à  l'époque  du  tirage 
au  sort  on  rencontre  encore  tant  de  jeunes  gens  ne  sachant 
point  lire  ?  Est-  ce  qu'ils  n'auraient  jamais  fréquenté  l'école  ? 
Celui  qui  mettrait  en  avant  une  pareille  assertion  ferait  preuve 
d'ignorance  ou  de  mauvaise  foi  ;  c'est  cependant  ce  que  l'on 
entend  dire  tous  les  jours. 

Voyons  ce  qui  se  passe  à  la  campagne. La  première  communion, 
cet  acte  important  de  la  vie  ,  que  les  enfants  accomplissent  vers 
l'âge  de  douze  ans  environ,  e.<.t  le  terme  des  ét'jdos  primajres.  On 
entre  en  apprentissage  ou  on  se  livre  à  d'autres  travaux.  La 
journée  est  longue  et  pénible  en  été.  Il  y  a  bien  quelques  njo- 
nients  de  repos,  lorsque  la  chaleur  est  trop  grande  pour  que 
l'on  puisse  s'y  exposer  sans  danger.  La  sieste  est  naturellement 
préférée  ,  une  heure  ou  deux  d'un  sommeil  réparateur  n'est  pas 
inutile  à  ceux  qui  ont  devancé  le  soleil  et  qui  ne  rentreront  au 
logis  que  quand  il  sera  déjà  couché  depuis  longtemps.  Les 
longues  soirées  de  l'hiver  sont  donc  seules  propres  à  l'étude. 
Le  travail  journalier  est  moins  prolongé  ,  il  est  aussi  moins 
pénible. 

Le  Gouvernement  a  fondé  des  bibliothèques  et  encouragé  bien 
largement  sous  ce  rapport  l'initiative  communale  et  privée.  En 
sorte  que  si  l'on  peut  affirmer  que  les  livres  ne  manquent  pas  , 
on  peut  dire  que  les  lecteurs  manquent  aux  livres.  Et  pourquoi  ? 
c'est  que  les  populations  n'éprouvent  pas  le  besoin  de  s'instruire, 
de  puiser  à  des  sources  pures  la  nourriture  de  l'esprit ,  d'agran- 
dir le  cercle  de  leurs  connaissances.  Tout  leur  temps  se  passe  à 
rechercher  des  jouissances  éphémères  qui  leur  font  oublier  que 
l'homme  a  pour  devoir  de  s'éclairer  de  plus  en  plus  sur  ses  obli- 
gations ,  pour  les  mieux  remplir  à  mesure  qu'il  les  connaît 
davantage. 

Il  est  donc  certain  que  l'utilité  des  cours  d'adultes  se  fait  beau- 
coup plus  sentir  à  la  campagne,  où  l'on  est  privé  de  tout  moyen 
d'instruction,  que  dans  les  villes  importantes  ,  où  même,  sans 
étudier,  on  est  mêlé  au  flot  de  la  civilisation  et  du  progrès.  Mais 
voyons  comment  les  choses  se  passent  le  plus  souvent  dans  les 
communes  rurales. 

L'arrivée  d'un  instituteur ,  surtout  quand  il  est  jeune ,  est  tou- 
jours un  événement.  Là  où  la  vie  se  passe  calme  et  paisible  ;  là 
où  le  jour  ressemble  à  celui  qui  le  précède  et  où  le  jour  qui  sui- 
vra présentera  le  cachet  de  la  même  uniformité  ,  les  choses  les 
plus  insignifiantes  éveillent  l'attention.  C'est  un  honmic  nouveau  : 
quel  est-il  !  d'où  vient-il  1  que  fera-t-il  ?  Chacun  veut  le 
coninître  et  c'est  à  (pii  l'approchera  le  plus  près.  «Pourquoi 
s  n'irions  -  nous  pas  à  l'écoh;  ,  se  disent  les  jeunes  gens  ?  notre 
»  inUrnotion  est  incomplète  ,  elle  laisse  même  beaucoup  à  dési- 


—  45  — 

B  rer.  Demandons  à  notre  nouvel  instituteur  qu'il  veuille  bien 
1  ouvrir  des  cours  du  soir.  Nous  sommes  un  certain  nombre; 
1  entendons-nous  pour  lui  en  parler.  »  La  démarche  est  bientôt 
accueillie;  le  nouveau  maître  n'a  pas  de  peine  à  se  laisser  aller 
à  la  pensée  si  .ittrayante  d'être  utile,  pour  le  peu  surtout  que  son 
intérêt  y  trouve  son  compte  et  que  son  amour-propie  y  entre- 
voie une  certaine  satislaction.  Les  formalités  réglementaires 
sont  bientôt  remplies  ,  et  les  cours  sont  ouverts  à  ceux  qui  ont 
demandé  à  les  suivre. 

Chacun  donc  arrive  ,  comme  vous  le  savez  ,  avec  ses  livres  et 
son  bagage  scolaire  ;  mais  aussi  chacun  ^ient  en  même  temps 
avec  ses  exigences  particulières.  Il  faudrait  que  les  premiers 
principes  de  chaque  chose  fussent  rappelés  sommairement ,  que 
tous  fussent  assujétis  aux. mêmes  exercices  préparatoires.  Tel 
n'est  point  ce  qui  se  passe  :  chacun  trace  le  programme  de  ce  qu'il 
veut  apprendre  et  l'enseignement  devient  nécessairement  indivi- 
duel. 

Après  quelques  semaines  écoulées,  le  zèle  des  élèves  se  ralen- 
tit. Il  faut  bien  savoir  que  ,  même  dès  le  commencement  ,  les 
jeunes  gens  ,  après  les  heures  de  classe  ,  ne  rentrent  point  chez 
eux  où  leur  présence  dans  la  famille  est  toujours  un  bien  ,  et  où 
ils  pourraient  apprendre  les  leçons  qui  leur  sont  données, et  faire 
les  devoirs  que,  le  lendemain,  le  maître  devra  exiger.  A  la  cam- 
pagne ,  pendant  les  longues  soirées  d'hiver  ,  il  y  a  des  veillées, 
c'f  st  là  que  les  élèves  adultes  vont  se  distraire  jusqu'à  une  heure 
avancée  ,  loin  de  la  surveillaîice  paternelle.  Bientôt  arrivent  les 
distractions  de  Noël  et  du  Carnaval,  et  insensiblement  une  école 
qui  promettait  beaucoup  est  devenue  déserte  en  moins  de  deux 
mois.  Le  jeune  maître  qui  n'éprouve  que  des  déceptions  ,  sans 
compensations moralesni  matérielles,est  peu  encouragé  à  mettre, 
l'année  suivante  ,  son  temps  ,  ses  connaissances  et  sa  bonne 
volonté  à  la  disposition  d'ime  œuvre  bien  intéressante  en  elle- 
môme,  mais  qui  profite  si  mbu  à  la  morale  et  à  l'éducation. 

Est-ce  à  dire  qu'on  doive  trouver  dans  ces  quelques  lignes  la 
négation  abs-  :  ,'  d'une  heureuse  influence  et  des  avantages  des 
classes  d'adultes  sous  le  rapport  des  mœurs  et  de  l'instruction  /. 
A  Dieu  ne  plaise  !  A  la  campagne,  dans  tous  les  départements  ,  a 
quelques  lares  exceptions  près  ,  elles  sont  ,  dans  la  pratique  , 
telles  que  je  viens  de  les  faire  voir.  Disons  ce  qu'elles  sont  dans 
quelques  localités  privilégiées, ce  qu'elles  devraient  être  partout, 
et  les  services  qu'elles  seraient  appelées  à  rendre. 

Le  corps  a  besoin  de  nourriture  ;  l'âme  ,  si  elle  n'est  point 
fortifiée  par  les  connaissances  et  les  pratiques  religieuses, 
s'atïaiblit  de  jour  en  jour  ,  et  l'homme  oublie  et  son  origine  et 
ses  destinées  :  il  cesse  d'être  l'ornement  de  la  ciéation.  L'intelli- 
gence a  aussi  ses  faiblesses  et  ses  défaillances  ;  l'étude  ,  dans  les 
limites  subordonnées  à  la  position  de  chacun  dans  la  société,  est 
une  nourriture  qu'on  ne  peut  point  se  dispenser  de  lui 
donner. 

A  l'âge  où  les  enfants  quittent  l'école,  quelles  que  soient  leurs 
connaissances  ,  ils  perdent  bientôt  celles  qui  leur  seraient  même 
le  plus  nécessaires  aux  relations  indispensables  de  la  vie.  Cons- 
tater ce  fait,  c'est  démontrer  l'utilité  des  cours  qui  permettraient 


—  46  — 

aux  apprentis  et  aux  ouvriers  de  conserver  les  connaissancos 
acquises  et  d'ajouter  à  celles  qu'ils  ont  déjà  d'autres  connais- 
sances particulières  ou  générales  qui  éveilleraient  chez  eux  de 
plus  en  plus  le  sentiment  de  leur  dignité  d'homme  et  de  l'impor- 
tance du  rôle  providentiel  que  chacun  a  à  r  mplir  ici-bas  ,  même 
dans  les  conditions  qui  paraissent  les  plus  modestes. 

Partout  où  les  populations  comprennent  leurs  devoirs  ,  elles 
trouvent  des  instituteurs  qui  sont  à  la  hauteur  de  ce  programme. 
Les  écoles  ni  les  aiaîtres  ne  manquent  donc  point  aux  élèves 
désireux  de  s'instruire.  Ce  sont  les  élèves  qui  manquent  aux 
maîtres  et  aux  écoles.  Quel  remède  apporter  à  un  si  grand  mal  ? 
On  ne  peut  point  changer  brusquement  les  mœurs  d  un  p  tys.  Il 
appartient  aux  familles  de  seconder  les  efforts  faits  dans  l'intérêt 
d'une  si  belle  œuvre;  mais  ignorantes  elles-mêmes,  ont-elles  une 
assez  haute  idée  de  l'influence  de  l'éducation  sur  les  conditions 
de  bonheur  ?  J'en  doute,  et  c'est  là  une  question  grave  d'intérêt 
social  contre  laquelle  viendront  encore  longtemps  et  vainement 
lutter  les  économistes  les  plus  distingués  et  les  mienx  intention- 
nés. 

Recevez,  etc. 

A.    FOUCHER. 


TAREETJES. 

III. 

De  la  meilleure  manière  de  manger  (suite).  —  Un  peu  de  mathématiques  en 
médecine.  —  Défense  de  manger  à  Paris  comme  à  Londres.  — Nourriture 
des  Esquimaux  et  des  .\rabes.  —  Alimentation  nationale  :  telle  latitude , 
telle  alimentation.  —  Le  moral  dans  Tacte  de  la  digestion. 

Nous  définirons  le  tempérament  par  une  véritable  équation  ;  il  est 
fonction  de  deux  quantités  P  et  R  représentant  en  poids  les  aliments 
plastiques  et  respiratoires  qni  conduisent  au  fonctionnement  normal 
des  organes.  Je  vais  montrer  ,  maintenant ,  que  ces  quantités  P  et  R  . 
variables  naturellement  suivant  les  individus ,  changent  aussi  selon 
les  climats,  selon  les  saisons. 

Il  est  clair, et  tout  le  monde  l'admettra  de  prime  abord,  que  le  mode 
d'alimentation  de  chacun  puisse  varier  pour  chaque  tempérament  ; 
cela  va  de  soi ,  mais  on  comprendra  plus  difficilement  qu'il  ail  besoin 
d'être  modifié  avec  le  climat  ;  nous  allons  essayer  de  lever  tous  les 
doutes  à  cet  égard. 

Tout  voyageur  doit  chauger  son  mode  d'alimentation  et  le  rendre 
conforme  aux  contrées  qu'il  parcourt,  f^e  Français  qui  va  à  Londres  ne 
saurait  sans  danger  vivre  à  Londres  comme  à  Paris  ;  l'Anglais  ,  en 
mettant  le  pied  en  France  ,  doit  adopter  immédiatement  la  cuisine 
française. 

Dans  une  machine  quelconque  (la  6c7e  n'est  qu'une  machine), il  faut, 
pour  ne  pas  déterminer  d'accident ,  d'arrêt ,  toujours  consommer  la 
même  quantité  de  charbon,  produire  ,  en  un  mot  ,  la  même  chaleur 
pour  un  travail  donné.  Chez  les  animaux  ,  chez  l'homnii' ,  pour  préci- 
ser,  il  importe  ,  afin  de  le  mainle.iir  en  bonne  santé  .  de  conserver  à 
très  peu  de  choses  près  aussi ,  sa  température  ;  et ,  par  conséquent,  de 
le  nourrir  d'aliments  res[iiratoires. 

Si  la  machine  a  besoin  de  travailler  dovanifge  ,  m  ch&uffe  plus,  on 
produit  plus  de  force.  Si  on  dépasse  la  limite  normale  ,  la  machine 
éclate  .De  même  pour  ThMiune  :  si  on  veut  lui  faire  exécuter  un  excès 
de  travail ,  il  faut  chauffer  davantage  ,  duiner  un  «xcès  de  nourri tur 


—  47  — 

respiratoire.  Si  vous  dépossez la  limite,  la  maladie  arrivera  ,  souvent 
même  la  mort. 

Amsi ,  il  est  clair  que  la  bonne  santé  est  intimement  liée  à  la  tem- 
péroturn  du  corps.  11  faut,  dans  tous  les  ca^  possibles,  maintenir  cons- 
tante cette  lempér  ture.  CIk  z  l'homme,  elle  oscille,  à  quelques  degrés 
près,  autour  de  L/' centigrades.  Voici  un  signe  caractéristique ,  un 
indicateur  permanent  du  bon  fonctionnement  des  organes.  Si  la  tem- 
pérature palpable  descend  au-dessous  de  37°  :  faiblesse  ;  si  elle 
monte  au  -  delà  :  inflammation  ,  fièvre  ;  il  faut  diminuer  le 
feu. 

Or  ,  le  corps  de  l'homme  obéit  à  cette  loi  physique  générale  qui 
nous  enrcigne  que  ,  pour  maintenir  une  masse  quelconque  à  une  tem- 
péraïuie  chaude  et  fixe,  il  faut  dépenser  d'autant  plus  de  combustible 
que  le  milieu  dans- lequel  elle  est  plongée  est  plus  froid. 

Donc,  chaque  fois  que  l'homme  avance  ver^  le  Nord  ,  il  lui  faudra 
réchauffer  son  corps  ,  augmenter  sa  ration  d'aliments  respiratoires. 
Descendra-t-il  vers  le  Sud  ,  il  devra  ,  au  contraire  ,  diminuer  l'aliment 
respiratoire. 

Ainsi ,  et  sans  insister  ,  chacun  voit  qu'il  doit  exister  forcément  une 
relation  entre  le  mode  dalimeniation  et  la  latitude  sous  laquelle  on 
parvient;  il  faut  changer  sa  nourriture  dans  chaque  contrée. 

Ces  données  théoriques  trouvent  à  chaque  pas  une  éclatante  confir- 
mation. N'est  -  il  pas  manifeste  que,  si  le  fait  est  vrai,  chaque  peuple 
doit  instinctivement  obéir  à  cette  loi  de  répartition  î  L'ahmentation 
normale  doit  être  d'autant  plus  riche  en  aliments  respiratoires  que  l'on 
s'approche  davantage  des  pôles  ,  et  d'autant  moins  que  l'on  descend 
vers  l'équateur. 

De  quoi  se  nourrit  l'Esquimau  qui  habite  les  latitudes  glaciales  ?  Ce 
n'est  assurément  pas  de  pain  ni  de  vin  comme  le  Français!  La  nature 
très  -  circonspecte  à  cet  égard  l'en  -i  privé.  Le  pain  et  la  vin  ne  suffi- 
raient amais  pour  élever  le  corps  de  l'Esquimau  à  une  température 
de37o  Elle  lui  donne  beaucoup  mieux.  Elle  a  mis  à  sa  disposition 
des  poissons  huileux  qui  renferment  un  aliment  plastique  suffisant, 
et  l'huile  qui ,  sous  le  plus  petit  poids  et  le  plus  petit  volume  ,  déve- 
loppe le  plus  de  chaleur.  * 

L'Esquimau  fait  deux  parts  de  sa  pêche.  Il  consomme  la  première , 
le  poisson  en  nature,  c'est  celle  là  qui  le  nourrit  ;  de  la  seconde,  il 
extrait  l'huile  qu'il  boit  avec  déL  s, comme  nous  buvons  nos  meilleurs 
vins.  Celte  seconde  portion  ne  le  nourrit  pas,  mais  l'échauffé  et  déter- 
mine l'activiié viia-  . 

I!  est  évident  que ,  lout  dégoût  écarté  ,  nous  ne  pourrions  pas  nous 
soumettre  à  un  pareil  régime. Que  l'on  amène  en  France  un  Esquimau, 
s'd  s'avisait  de  se  nourrir  à  Paris  comme  sous  les  latitudes  polaires ,  il 
succomberait  vite.  Son  estomac  ne  digérerait  plus  toute  cette  huile,  et 
si ,  par  impossible,  il  la  digérait ,  l'E-quimau  mourrait  incendié  !  Les 
organes  s'enflammeraient  vite  .^ous  l'action  d'un  pareil  excès  de 
chaleur  ,  et  les  maladies  inflammatoires  le  conduiraient  au  tom- 
beau. 

Passons  des  latitudes  polaires  aux  pays  chauds  ,  do  l'Esquimau  à 
l'Arable;  pour  la  France  ce  sont  les  deux  antipodes.  Or,  qui  ne  sait  le 
dégoût  prononcé  des  Arabes  pour  la  graisse  ?  Leur  religion  .  en  cela 
très-prévoyante  ,  leur  défend  le  porc  ,  l'animal  le  plus  adipeux  ,  elle 
leur  défend  même  le  vjn  ,  qui  les  échaufferait  trop  ,  et  ne  leur  laisse; 
pour  aliments  respiratoires  que  les  fécules  et  les  sucres  de  beaucou[i 
les  moins  puissants. 

Le  blé  du  Midi  lui  -  même  semble  obéir  à  la  loi  tiéncraie.  Il  devien 
dur,  et  il  ne  devient  dur  que  parce  que  le  gluten  azoté  (ce  qui  forme 
nos  pâtes  potagère-  )  augmente  ,  tandis  qui',  la  fécule  (  aliment  respira- 
toire) y  diminue.  Ici  encore  ou  retrouve  l'admirable  prévoyaiice  de  la 
nature. 


—  48  - 

Les  Français  qui  sont  en  Algérie  sont  obligés,  sous  peine  de  maladie, 
de  se  conformer  à  ces  habitudes  et  de  proscrire  de  leur  alimentation 
toute  nourriture  échauffante. 

Nous  avons  vu  les  deux  antipodes.  L'Angleterre  et  la  France  sont 
deux  intermédiaires  qui  doivent  nous  fournir  une  nouvelle  vérification. 
Le  régime  alimentaire  frança  s  doit  être  le  régime  anglais  diminué,  et 
le  régime  arab)  amplifié;  le  régime  a  meniaire  anglais  inverse- 
ment doit  être  le  régime  esquniau  diminué  et  le  régime  français 
amplifié. 

Il  ne  faut  voir  dans  cette  différence  qu'une  conséquence  de  huit 
degrés  de  latitude  qui  séparent  le  centre  de  la  France  du  centre  de 
l'Angleterre.  Il  y  a  mieux.  S'il  existe,  comme  nous  le  prétendons,  une 
relation  rigoureuse  entre  lalimenlation  et  la  latitude  ,  les  quantités 
d'aliments  respiratoires  absorbés  de  part  et  d'autre  seront  proportion- 
nelles aux  températures  moyennes  à  Paris  el  à  Londres. 

Il  n'est,  du  reste,  besoin  "d'aucune  étude  préalable  pour  reconnaître 
que  le  Français  aime  à  arroser  son  pain  avec  un  vin  sapide,  légère- 
ment acidulé,  ne  contenant  pas  plus  de  10  %  d'alcool ,  qu'il  mouille 
encore  abondamment.  Le  Français  a  peu  de  goîil  pour  les  viandes 
adipeuses  que  son  estomac  digère  difficilement.  L'Anglais  ,  au  con- 
traire ,  connaît  à  peine  le  pain  de  vue.  Les  vins  français  ne  sont  pour 
lui  que  du  clairet  (eau  rougie).  S'il  est  riche,  il  lui  faut  avec  les  bières 
les  plus  fortes,  les  vins  d'Espagne,  le  Jladère,  le  Porto,  le  Sherry,  ceux 
qui  contiennent  le  plus  d'alcool  ;  s'il  est  pauvre  ,  il  a  recours  aux 
eaux-de-vie  de  grains  ,  au  gin,  au  ivisky ,  au  brandy.  La  viande,  dimi- 
nutif du  poisson  chez  l'Esquimau  ,  est  tout  à  l'inverse  de  ce  que  l'on  a 
trop  répété  chez  nous  :  une  véritable  éponge  sans  goiàt.  Le  rosbeef 
anglais  nous  paraîtrait  détestable;  qu'on  le  demande  aux  Français  qui 
ont  séjourné  t  Londres.  Et  encore  .  pour  faire  passer  cette  ma^se 
insapide  ,  il  faut  à  l'Anglais  du  thé  à  profusion,  la  tisane  douée 
de  la  plus  grande  aciiun  triturante  sur  l'estomac  ,  mais  la  plus 
échauffante. 

Il  n'en  est  pas  moins  indispensable  que  le  Français  qui  séjourne  à 
Londres  se  soumette  entièrement  au  régime  anglais.  iMême  observation 
pour  le  voyageur  a  glais  qui  parcourt  la  France. 

£n  somme,  de  ce  qui  précède  résulte  nettement  cette  conséquence 
pour  l'hygiène  publique. 

Le  régime  alimentaire  doit  varier  avec  la  latitude  ,  et  le  poids  des 
aliments  respiratoires  que  l'on  absorbe ,  croître  avec  la  distance  à 
l'équateur  ,  loi  qui  se  résume  en  langage  ordinaire  en  disant  qu'il  ne 
faut  pas  manger  partout  de  la  même  façon.  Il  est  donc  évident  qu'il 
faut  apprendre  à  manger.  Je  le  disais  en  commençant ,  je  le  répéterai 
en  terminant  ;  la  thèse  e.-t  indiscutable. 

Dans  un  quatrième  et  dernier  article  ,  il  me  restera  à  faire  la  part 
des  saisons;  il  convient,  en  effet,  de  ne  pas  manger  en  hiver  comme  en 
été.  J'aurai  enfin  à  mettre  en  évidence  l'action  très  -  curieuse  ,  l'in- 
fluence considérable  du  moral  sur  le  physique  dans  l'acte  de  la  diges- 
tion. Un  homme  digère  d'après  la  disposifion  de  son  esprit  ,  et  l'esto- 
mac est  capricieux  au  même  degré  que  le  caractère. 

Henri  de  Parpe ville. 


Les  Gérants,  II.  de  Coquet  et  Stenger, 


Laoa.    '  Imprimerie  II.  de  Coqikt  et  StenoER, 


\-¥  Année.  ^^   4.  l^r  Mars  1865. 


BULLETIN 

DE  l'ÏNSTRUCTiON  PRIMAIRE 

PODR  LE  DÉPARTEMENT  DE  L'AISNE, 

PvibVvé  sous  \es  ausçkts 

de  3^.  Gastaing ,  Préfet  de  l'Aisne , 

Ofllcier  de  la  Légion  -  d'IIonueur , 

Officier  de  l'Instmctioia  publique. 

Paraissant  le   8  5  ei  le  30  de   chaque  mois. 

Âycc  le  Manuel  (jéoéral,  14  fr.  SÔ  c.  par  an. 
PRIL  l  Avec  le  Pclil  Manuel,      6  fr.  60  c. 
Seul,  5  Ir. 

(9  SOllO.'ïaAlIKE. 

PjiRTIE  OFFICI!Sl,Î.E.  —  Enseignement  primaire  (Extrait  de  l'Exposé  de 
la  Situation  de  l'Empire).  —  Liste  des  délégués  cantonaux  pour  la  période 
triennale  de  1865  cà  1868,  avec  indication  des  écoles  soumises  à  leur  sur- 
veillance (arrondissements  de  Soissons  et  de  Vervins).  —  Liste  des  jeunes 
gens  de  la  classa  de  1864  voués  à  l'enseignement,  et  dont  l'engagement 
décennal  vient,  sur  la  proposition  de  M.  l'Inspecteur  d'Académie  ,  d'èlre 
accepté  par  M.  le  Recteur.  —  Mouvement  du  personnel.  —  Nouvel  avis 
aux  aspirants  et  aspirantes  au  brevet  de  capacité. 

IP.^KTîîœ:  ^'OiV-OFFICiELÏ.f:.  -  Education  et  Enseignement.  —  Dignité 
et  importance  des  fonctions  d'instituteur  (1er  article).  —  Causeries  pédago- 
giques (29e  article).—  Le  discours  de  l'Empereur  aux  Chambres  et  l'instriic- 
tion  primaire.  —  Nécrologie  :  M'°"  Sairte-Félix  et  Saint-Léon  ,  religieuses 
de    la    Providence   de    Laon.   —   Exercées    :   Dictée  ;   arithmétique.     — 


Avis. 


-<i»6iJ=SS?^B*=i> 


PARTIS  OrriGIELLS. 

Nous  extrayons  de  VExposd  de  la  SHualion  de  l'Empire  le 
passage  suivant  qui  rappelle  tout  ce  qui  a  été  l'ait ,  depuis  un 
an,  en  faveur  de  l'enseignement  primaire  : 

Une  statistique  de  cet  enseignement  n'existant  point  à  l'Administration 
centrale,  il  a  été  prescrit  d'en  dresser  une.  Tous  les  fonctionnaires,  depuis 
l'inslilulcur  jusqu'au  recteur  ,    y  ont  pris  part ,    et  sous  peu  de  jours  elle 


—  so  — 

pourra  être  publiée.  De  cette  masse  de  faits  et  de  cliilïrcs  se  dégageront 
nécessairement  des  projets  d'amélioration  qui  sont  déjà  à  l'élude. 

La  gratuité  n'était  pas  partout  assurée  aux  enfants  des  familles  pauvres. 
Dos  instructionri  précises  ont  été  adressées  aux  préfets  ,  notamment  par  la 
circulaire  du  24  février  186i  ,  et  leur  ont  rappelé  qu'aux  termes  de  la  loi 
du  15  mars  1850,  arliele  '24  :  «  L'enseignement  primaire  est  donné  gra- 
tuitement à  tous  les  enfants  dont  les  familles  sont  hors  d'état  de  le 
payer.  > 

Un  relevé  du  nombre  des  écoles  primaires  fiit  l'année  dernière  a  cons- 
taté que  1,018  communes  étaient  encore  dépourvues  des  moNens  de  pro- 
curer aux  enfants  le  bienfait  de  l'instruction  primaire.  Les  eliforts  qu'on  a 
faits  pour  atténuer  cette  situation  ont  réduit  à  818  le  nombre  des  commune.* 
actuellement  dépourvues  de  tout  moyen  d'instruction. 

Dans  le  but  d'améliorer  sur  un  point  très-sensible  la  position  des  insti- 
tuteurs ,  le  Gouvernement  s'est  occupé  des  moyens  de  mettre  un  terme  aux 
relards  dont  ils  souffrent  trop  souvent  pour  le  paiement  de  leur  iraiiement. 
Il  a  été  fait  une  enquête  minutieuse  dans  laquelle  ont  été  entendus  38,386 
instituteurs.  D  en  résulte  qu'en  1863  il  s'est  produit  57,656  retards  dans 
les  conditions  suivantes  : 

De  1  à  ISjours,  31,278 

De  15  jours  à  1  mois,  13,850 

De  1  mois  à  2  mois,  6,909 

Au-dessus  de  2  mois,  5,619 

57,656 

En  laissant  de  côté  les  31,278  retards  de  1  à  ISjours ,  i!  re.sle  encore 
26.378  qui  ont  donné  lieu  à  2,806  réclamations  écrites.  L'administration 
universitaire  ,  d'accord  avec  celles  de  l'intérieur  et  des  flnances ,  s'occupe 
activement  de  mettre  un  terme  à  un  état  de  choses  regrettable. 

Le  décret  relatif  au  mobilier  personnel  des  instituteurs  a  reçu  une 
prompte  exécution  ,  1,026  communes  ont  constitué  aux  instituteurs  laïques 
cet  avantage,  dont  jouissent  les  instituteurs  congréganistes ,  et  une  somme 
de  531,520  fr.  a  été  dépensée  dans  ce  but.  C'est  un  soulagement  considé- 
rable pour  les  insliluteurs  qui  ont  obtenu  cet  avantage  :  il  leur  a  été  ainsi 
épargné  une  dépense  probablement  double  qu'ils  auraient  eu  à  faire. 

L'Administration  se  félicite  d'avoir  pu  augmenter,  pour  1864,  par  l'allo- 
cation d'une  indemnité  ,  en  considération  du  travail  extraordinaire  imposé 
par  l'enquête  et  la  statistique,  le  modique  traitement  de  l.GOO  francs  alloué 
aux  inspecteurs  primaires  de  troisième  classe.  L'Administration  a  saisi 
avec  empressement  celte  occasion  de  récompenser,  non  -  seulement  le  zèle 
avec  lequel  ils  se  sont  livrés  à  ce  travail  ,  mais  aussi  les  services  qu'ils 
rendent  quotidiennement  dans  leurs  utiles  fonctions  ,  si  modestement  rétri- 
buées. 

Dans  le  but  de  prévenir  la  désertion  des  enfants  qui  fréquentent  les  écoles 
primaires  rurales ,  on  a  pensé  qu'il  serait  bon  que  chaque  village  eût  sa 
fête  annuelle  de  l'enfance  et  du  travail.  Des  récompenses  accordées ,  à  la 
fin  de  l'année  scolaire  ,  aux  élèves  qui  se  seront  fait  remarquer  par  leur 
bonne  conduite  ,  leur  application  et  leur  assiduité  ,  entroliendraicnt  une 
utile  et  profitable  émulation.  De  même  un  concours  cantonal  pour  les 
adultes  assurerait  la  conservation  et  l'extension  des  connaissances  acqui'jps 
dans  l'école  primaire.  L'attention  de  M.M.  les  préfets  a  élé  appelée  sur  ce 
point ,  et  dans  plusieurs  déparlements  ,  notamment  dans  l'Hérault  et  dans 
î'Aveyron  ,  ces  utiles  institutions  sont  établies. 

L'étude  du  chant,  (luoiipie  comprise  dans  le  programme  des  écoles  nor- 
males, mamiuait  parlout  de  plan  cl  de  méthode,  l'nc  commission  instituée 
pour  étudier  les  moyens  de  ranimer  cet  enseignement  dans  les  écoles  nor- 
males primaires  a  rédigé  un  rèjlemeut  précis. 


51  — 


L'enspi.îiiîinent  Iiorlicole  el  les  résultats  importants  qu'on  peut  en  obte- 
nir pour  le  développement  de  la  richesse  du  pays  ont  attiré  l'allention  de 
l'Administration  siipéiieuro.  Le  Ministre  de  rinfjtruclion  puhlicuie  et  le  Mi- 
nistre do  rALrricnllurc  se  sont  concerlés  à  cet  égard  et  ont  pris  des  mesures 
pour  (prune  sérieuse  impulsion  fût  donnée  à  cette  partie  de  l'enseignement 
pratique  des  écoles  normales  primaires. 


LISTE  DES  DELEGUES  CANTONAUX 

Pour  la  période  triennale  «le  1 8G5  A  1 868, 
avec  indication  des  écoles  soumises  à  leur  surveillance. 


ARRONDISSEMENT   DÉ  SOISSONS. 
CA.NTOX   DE    SOISSONS. 

MM.  Léon  Deviolaine.   —    Pour  les  écoles  de  Soissons. 

De  Maupas,  propriétaire  à  Soissons.  —  Berzy-le-Sec  ,     Billy- 

sur-Aisne ,  Ven:zel,  Villeneuve-St-Germain. 
Cuvilliers  ,  propriétaire  à  Soissons.     —     Pasly  ,   Pommiers, 

Vauxresis,  Courmelles  Ploisy. 
De  La  Prairie  ,  propriétaire  à  Soissens.    —    Belleu  ,  Noyant, 

Septmonts,  Vauxbuin. 
Fossé-Darcos3e  ,    imprimeur  à  Soissons.  —    Croiiy  ,  Cuftîes  , 

Mercin. 
Carpentier,  maire  deJuvigny.  —  Chavigny,  Leury. 

CAMON    DE    BR AISNE. 

MM.  Croxnier,  juge  de  paix  deB^aine.  —  Bazochcs  ,  Monl-Notro- 
Dame  ,   Moot-Saint-Martin  ,  Paars  ,  Saint-Thibaut  ,  Villc- 
savoye, 
Lecomte,  curé-doyen  de  Braisne.     —    Augy,  Brenelle  ,  Coiir- 

celles,  Limé,  Vauxtin. 
Leblanc,  notaire  à  Braisne. —  Acy,  Ciry-Salsogne,  Couvrelles, 

Serches,  Sermoise,  Vasseny.' 
Princt ,  propriétaire  à  Glcnnes.  —    Blanzy,  Glennes  ,  Merval  , 

Perles,  Hévillon ,  Serval. 
Cousin,  notaire  a  Longneval.  —  Barbonval,  Dliiiizel,  Longue- 
val ,  Vauxcéré,  Vieil-Arcy,  Villers-eu-Prayères. 
De  Rubelhs  ,    maire  de  Presles-et-Bo\jes.    —    Cliassemy,  Cys, 

Saint-Mard. 
De  Laurès  ,  maire  de  Jouaignes.  —  Bruys  ,  Cerseuil  ,  Cliery- 
Chartreuve,  Lesges,  Lhuys,  Quincy,  Tannières. 

CANTON    DE    DOL  LCIIY-LE-CHATEAU. 

MM  Dufresnel ,    maire  du  Grand-Rozoy.  —  Oulchy  -  le  -  Château, 

Cugny,  Oulchy-la-Ville. 

Qaincpiel,  maire  d'Oulrliy-le-Clidteau.—  Billy-sur-Oiircq,  Bre- 

ny,  Monigru-Saint-Hilaire,  Plpssier-Hulou  ,  Saint-Hemy- 

Blanzy. 

De  Blavette,  memtire  du  Conseil  général^  maire  de  Loupeigne. 

—  Brange,  Cuiry-Housse. 
Lefèvre,  curé-doyen  f/'0«/c/i?/.— Arcy-Ste-Restitue,  Bsugneux? 
Cramailles ,  Maast-et-Violaine. 


—  52  — 

Thierry  ,  mnirede  Chacrise.  —  Ambricf,  Launoy,  Murct-et- 

Crouttes  ,  Namptenil-soiis-Muret. 
Bnurguin,  maire  d'Hariennes.  —  Biizancy,  Chaudun,  Droi/y, 

Parcy-Tigny,  Rozières,  Vierzy,  Villenionloirc. 

CANTON    DE    VAILLY. 

MM.  Ribaut ,   curé  -  doyen  de  VaiJhj.  —  Aizy  ,    Celles  ,    Condc  , 

Jouy. 
Dopsent,  adjoint  à  Vailly. —  Chavonne,  Filain,  Ostel ,  Par- 

g^ny-Filaift.,  Pontarcy,  Soupir. 
DÙporl,  mairi'  de  Chivres.  —  Bucy-Ic-Long,  Missy-sur-Aisne, 

Vregny. 
Touchart,  maire  deCIamecy.  —  Brayo,  Margival,  Neuville-sur- 

Margival,  Terny-Sorny,  Vuilleiy. 
Binet,  maire  de  Vaudesson.  —  Allctnant,  Chavignon,  Laffaux, 

Nanteuil-la-Fosse,  Sancy. 

CANTON    DE    VIC-SUR-AISNE. 

MM.  Clouet,  propriétaire  à  Vic-sur-Aisne.  —  St-Bandry,  Montigny- 

Lengrain  ,  Ressons-le-Long. 
TroiisseUe,  propriétaire  à  Vic-sur-Aisne.  —   Cuisy-en-Alinont, 

Fontenoy,  Nouvron  ,  Osly  Courtil. 
Thomin,  curé  de  Berny-Riùère.  —  Vic-sur-Aisne,  Saint-Chris- 
tophe. 
Tassarl,  maire  de  Tartiers.—  Bagneux,  Bieuxy,  Epagny,  Mor- 

sain  ,  Vezaponin. 
Vauvillé,  nolawe  à  Ambleny.  —    Breuil,  Pernant,  Missy-aux- 

Bois,  Saconin. 
Le  baron  Estave  de  Valsery,  membre  du  Conseil  f/énéral,  maire 

de  Cœuvres.    —    Cutry ,  Dommiers  ,  Laversine,  Mortefon- 

taine,  St-Pierre-Aigle. 

CANTON  DE   VILLERS-COTTERETS. 

MM.  Chollet,  curé-doyen  de  Villers-Cotlcréts.   —    Pisseleux,  Hara- 

niont,  Montgobert,  Puiseux. 
Salancon,  juge  de  paix  de  Villers-Cotleréts. —  Retheuil,Taille- 

foniaine,  Soucy,  Yivières. 
De  Varlrmont  ,    membre   du    Conseil    général ,    a  Oigny.     — 

Dainpleux,  Fleury,  CoyoUes,  Largny. 
Collard,  maire  de  Villers-Hélon. —  Ancienvillo,  Corcy,  Noroy, 

FaveroUes,  Longpont,  Louâtre. 


ARRONDISSEMENT  DE  VERVINS. 
CANTON   DE   VERVINS. 

MM.  Vuillemol,  juge  de  paix  de  Vervins  —  Les  écoles  de  Vervins, 

Saint-Algis  ,    Ilaution  ,    Laigny  ,  La  Vallée -aux-  Bleds  , 

Voulpaix. 
Vi(jvoine,  archi prêtre  de  Vcrrins.  —  La  Bouteille,  Thenailles, 

Autreppes,  Fontaine. 
Sergent,  conseiller  d'arrondissement,  à  Plomion.  —  Bancigny, 

Braye,  Harcigny,  Nampcelles,  Landouzy-la-Cf.ur. 
Guernul ,  propriétaire  a  (Ironurd.  —  Burelles,  Gercy,  Hary, 

Iloury,  Lugny,  Prisées  ,  Rogny. 


—  53  — 

CANTOiN    d'aUHENTON. 

M.M.  Bassin  fosse,  rurc-doijcsi  (VAuhenlon.  —  Logny-lès-Aubenton. 

Moch'sse-Bonjiict ,  cuUmiicnr  à  Belle-Vue  (Any-Martin-Bieux). 
—  Aiiy-Maitin-îiieux  ,  Leuze  ,  Marligny. 

LamU'ugin,  maire  d'Aiibenlon.  —  Bea-imé  ,  Besmont,  Mont- 
Saint-Jean. 

Philipixit,  maire  de  Besmont.  —  Saint-Clément  ,  Coingf, 
Ivicrs. 

Martin,  curé  de  Landonzy-la-Ville.  —  Jeantes,  Martigny. 

CANT.)N    DE    LA    CAPELLE. 

Uyi.  Clavel,  curé-doyen  de  La  Capelle  —  Clairfontaine,  Papieux, 
Rocquigny,  Fonteuelle,  LaFlamangrie. 
MainhouKj,  notaire  d  La  Capelle. —  Buironfosse,  Lcrzy, 
Card(d,  juge  de  paix  de  La  Capelle.  —  Sommcron,  Luzoir. 
Lesur,  maire  d'Englanconrt.  —  Cliigny,  Erloy,  Crupiily» 

CANTON   DE    GUISE. 

MM.  Besson,  membre  du  Conseil  général, mairt  de  Guise. —  Bernot, 
Hautcvillc  ,  Macquigny. 

Larour  ,  propriétaire  à  Guise.  —  Iron,  Lavaqueresse,  Lcs- 
quiclles,  Vadencourt;  Villers-lès  Guise. 

Meuret ,  propriétaire  à  Guise.  —  Proisy,  Malzy,  Marly,  Mon- 
ceau-sur-Oise. 

Dezaux,  jugede  paix  de  Guise.  —  Noyai,  Proix,  Longchamps, 
Aisonville  et  Uoméry. 

Tahary  ,  curé  •  doyen  de  Guise.  —  Audigny  ,  Flavigny-le- 
Grand. 

CANTON   d'hIRSON. 

MM.  Joffroy  ,  juge  de  paix  d'Hirson.  —  Bucilly,  Buire,  Eparcy,  La 
Héric  ,  Origny,  Wattignies. 
Michaux,  maire  d'Origny.  —  Effry,  Mondrepuis,  Neuve-Mai- 
son, Ohis,  Winiy. 

CANTON    du   NOUVION. 

Myi.  Caudron ,    membre  du  Conseil  général,  maire  du  Nouvioti.  — 
Barzy,  Bergues ,  Fesniy,  Le  Sart,  Esquehéries. 
Lenain-Proyart ,   conseille)-  d'arrondissement,  auNourion.  — 

Dorcngt ,  La  Neuviile-lès-Dorengt. 
Bourgeois,  curé-doyen  du  Nouvion. —  Lcschelles. 

CANTON   DE    SAINS. 

},1M.  Niay,  juge  de  paix  de  Sains.  —  Berlancourt  ,  Lemé  ,  Che- 
vesnes, Housset ,  La  Neuville-Housseî. 

De  Madrid,  membre  du  Conseil  général,  à  La  Hé  rie.  —  Landi- 
fay.  Monceaux  le-Ncuf. 

Durin,  maire  de  Sains.—  Puisieux,  Colonfay,  Wiège-Faly,  Le 
Sourd. 

CANTON    DE   WASSIGNY. 

MM.  Pitre,  juge  de  paix  de  Wassigny. —  Grougies,  Wassiguy,Tupi- 

gny,  Veiiy. 
(.oulon,  curé-doyen  de  Wassigny. —  Mennevret,  Molain,  Saint- 

Mai'tin-IUvière,  Bi])eauville,  Vaux-Andigny. 
Alliolle,  direetear  de  la  poste  aux  lettres  à  Etreux,  —  E'reux, 

Vônérolles ,  Oisy,  Hannapes. 


—    54  — 


LBSTU  fies  jeunes  gens  de  la  classe  fl864  youcs  à  rc;!2sei;;nc- 
nicnt,  et  dosti  rengngenient  décennal  vient,  .'iiib-  la  lirofiosi- 
tion  de  M.  l'îuspcctciBr  d'Académie ,  d'être  accepté  par 
91.  le  ISectenr. 

1  Fossier,  Clodomir,  instUuteur-adjoint  à  ConcIé-cn-Drie  (Condé). 

2  Plateau,  Eugène-Théodore,  instituteur-adjoint  à  Brécy. 

3  Debouzy  ,  Eugéne-AIdovic  ,    instituteur- adjoint  à  Origny-en-Tliiérache 

(Hirson). 
k  Siry  ,  Jules-Auguste  ,   instituteur-adjoint  à  l'école  piiniairc  annextîe  au 

Collège  de.  Soissons. 
5  Dumont,  Jean-Baptiste  ,   instituteur-adjoint  à  l'Ecole  primaire  annexée 

au  Collège  de  Soissons. 
G  Bailliet,  Jean-Louis-Constant-Victor,  instituteur-adjoint  à  Sains. 

7  Carlier  .    Wichel-Araand-Eniile  ,    iastiluleur  public  à  Nanteuil-Nolre- 

Dame. 

8  Lenfant ,  Augusle-Domini(|ne,  instituteur  public  à  Montron. 
0  Berge,  Henii-Elphège,  instituteur-adjoint  à  Hirson. 

10  Constant,  Prince-Nicolas,  élève-maître  de  l'Ecole  normale  primaire  de 

Laon. 

11  Pouhin  ,    Emile-César,    clève-niaîtrc  de  l'Ecole  normale  primaire  de 

Laon. 
1-2  Goret,  Marie-Désiré,  élève-maître  de  l'Ecole  normale  de  laon. 

13  Déliùs,    Bélisaire- Raphaël,    ancien  élève-niaîlre  de  l'Ecole  normale  de 

Laon,  attaché  à  la  classe  préparatoire  du  Lycée,  à  Saint-Qucnlin. 

14  Hue,  Alfred-Palmyre,  instituteur  public  à  Bcuvardcs, 

15  Bourfjuin,  Louis-Ëlie,  instituteur  public  à  P.omeny. 

16  3Iézière,  Louis-Désiré,  insiiluteur-adjoint  à  Vailly. 

17  Douce,  Alireù,  instituteur-adjoint  à  Élreux. 

18  Bcrton,  Paul-Remi,  insliiutciir  à  Fleury. 

19  Deueaux,  Léon -Albert,  instituteur  à  Cramaille. 

20  Lenglet,  Charles-Allred-Guslave,  instituteur- adjoint  à  Bohain. 

21  Poiret .  Louis-Arthur,  instituteur  à  Saint-Gengoulph. 

22  Soutille,  Constant-Edmond,  instituteur-adjoint  à  Ognes  (Chauny). 

23  Cagniard  ,  instituteur  provisoire  à  Piomion  ,    section  de  la  Rue-Heu- 

reuse. 

24  Gobert  ,   Henri- Clovis-Ernest  ,   instituteur  public  à  Wiége  ,   section  de 

Faty. 

25  Rocharl,  Eincst-Victor,  instituteur-adjoint  à  Bernot  (Guise). 

26  Clin,  Louis-Joseph-Marcellin,  maître  de  la  classe  primaire  préparatoire, 

au  Collège  de  Laon. 

27  Petit,    Dési'ré  -  Alfred  ,    maître  élémentaire    au  Collège  de  Laon. 

28  Buridant  .    Amédé-Eléonore  ,    aspirant-répétiteur  au   Lycée  de  Saint- 

Quentin. 

29  Lupette,  Anselme-Emile,  instituteur  à  titre  provisoire  à  Dampleux. 


MOlVEMEi\T  DU  PKRSO\i\EL. 


Par  arrêtés  de   M.  le  Préfet,  rendus  sur  la  proposition  de 
M.  ITuspecteur  d'Acadéni'e , 

WM.  Dujon  ,  Léon-Ernest,  instituteur  à  Bonneil,  est  nommé  à  La  Chapelle" 
sous-Ciièzy  (Charly) ,  en  remplacement  de  M.  Bucaillc. 
Bucaiile,  Nicolas-Théodore,  iustilulour  à  La  Cliapelle-sous-Chézy,  est 


—  55  — 

nomme  à  Bonneil  (Château-Thierry)  ,    en   remplacement  de   M. 
Diijon. 
M"'"*  Barouin  ,  Sœur  Sainte-Marie  ,  est  nommée  directrice  de  la  salle  d'asile 
communale  de  Saint- Quentin  ,   en    remplacement   de    la   Sœur 
Ester. 


On  rappelle  aux  aspirants  et  aux  aspirantes  au  brevet  de 
capacité  pour  l'enseignement  primaire  ,  que  le  délai  légal  pour 
leur  inscription  expire  le  0  3Iars  prochain. 


PABTIi:    NON-OFFIGSELLE. 


ÉDUCATIO:^  ET  EiVSKIGNE^EKT. 


des  fonctions  d'instituteur.  U) 


A  ch;ui!n  de  ceux  qui  se  présentent  devant  un  jury  d'examen 
pour  obtenir  un  brevet  de  capacité,  ou  pour  entrer  dans  une 
école  normale,  on  pourrait  adresser  les  trois  questions  suivantes, 
dont  l'importante  gravité  sera  sutïîsamment  justifiée  par  les 
réponses  que  nous  lérons  à  chacune  d'elles  :  Qui  êtes  -  vous  ? 
D'où  venez-vous  ?  Que  demandez-vous  ? 

Et  d'abord  qui  êtes  -  vous  ?  Vous  êtes  les  fds  d'un  honnête 
paysan,  nous  aimons  à  le  croire,  et  vous  ne  nous  inspirez  aucune 
crainte  au  point  de  vue  des  fonctions  que  vous  recherchez.  Votre 
père  est  vigneron,  cultivateur,  manouvrier  ou  domestique  ,  peu 
impoite  !...  Vous  avez  eu  dans  la  famille  ,  autour  de  vous  , 
l'exemple  du  travail  manuel  ;  vous  avez  su,  de  bonne  heure,  que 
ce  n'est  qu'au  prix  d'un  labeur  pénible  et  persévérant  que  l'homme 
soutient  son  existence  ,  et  que  ,  selon  l'expression  de  l' écriture  , 
il  est  condamné  à  manger  son  pain  à  la  sueur  de  son  front.  Vous 
avez  été  aussi,  comme  il  arrive  toujours,  à  l'égal  de  vos  frères  et 
de  vos  sœurs  ,  un  enfa.it  chéri  de  la  famille  ,  et  ,  tous  ensemble  , 
vous  formiez  auiour  de  votre  père  et  de  votre  mère,  cette  auréole 
de  bonheur  que  l'on  voudrait  rencontrer  partout  ,  parce  que 
partout,  dans  toutes  les  conditions  ,  Dieu  en  a  placé  les 
éléments. 

Vous  appartenez  à  des  parents  chrétiens  et ,  avant  tout  souve- 
nir ,  vous  avez  été  conduit  à  l'église  ,  où  sur  les  genoux  d(^  votre 
mère,  votre  prière  était  la  sienne,  vos  chants  étaient  ceux  de  tous 
les  fidèles.    Vous  n'honoriez    Dieu    alors  que  parce   que  vous 


(I)  Cet  ailicle  et  ptusieurs  autres  qui  panUront  dans  le  courant  de  l'année  , 
oM^  éié  éoiils  |)Our  nos  lecteurs  à  l'allenUoa  desquels  nous  prenous  la  liberlé 
do  les  sisualer. 


—  56  — 

étiez  dans  l'assemblée  do  ceux  qui  l'honoraient.  C'est  ains^ 
qu'instinctivement  vous  avez  nourri  \otre  âme  aux  sources  pures 
de  lu  religion,  comme  vous  recherchiez  sans  le  savoir,  le  sein  de 
votre  mère  pour  satisfaire  aux  premiers  et  impérieux  besoins 
que  votre  nature  défaillante  éveillait  en  vous. 

Bientôt ,  avec  les  premières  lueurs  de  l'intelligence,  vous  avez 
connu  Dieu;  vous  avez  bégayé  son  nom  presque  en  même  temps 
que  celui  de  vos  parents  :  N'est-il  pas  votre  père  aussi  ,  et  pou- 
vait-il être  séparé  de  ceux  de  qui  vous  tenez  l'éire  ,  puisqu'il  est 

l'Etre  des  êtres  et  le  Père  de  ceux  à  qui  vous  devez  la  vie  ! 

Si  c'est  là  voire  origine  ,  ah  !  dites-le  :  votre  famille  est  comme 
un  oasis  au  milieu  d'un  sablonneux  et  bridant  désert,  et  si,  dans 
le  village  ,  les  autres  ressemblent  à  la  vôtre  ,  c'est  que  le  vent 
révolutionnaire  n'a  point  soufilé  sur  votre  contrée  ;  c'est  que  les 
tradi lions  évangéliques  n'y  ont  point  encore  été  aux  prises  avec 
les  doctrines  peu  rassurantes  d'une  philosophie  qui  prétend  tout 
expliquer;  c'est  que  les  mœurs  s'y  sont  conservées  dans  toute 
leur  naïve  pureté. 

Si  vos  parents  sont  ce  que  nous  venons  de  dire  ,  on  vous  a 
conduit  de  bonne  heure  à  l'école  Ils  ont  compris  que  la  vie 
matérielle  n'a  îien  qui  distingue  l'homme  des  antres  êtres  :  il 
naît ,  il  se  nourrit  et  il  meurt  comme  tous  les  animaux  auxquels 
il  commande  en  maître.  Son  âme  et  son  intelligence  seules  éta- 
blissent la  dilTérence  que  le  plus  ignorant  raêmeprétend  ne  jamais 
oublier.  Votre  éducation  a  commencé  dans  la  famille  ;  mais  fi 
cause  de  ses  occupations  de  ehixîuejour,  et  probablement  aussi 
de  l'insufllsance  de  ses  connaissances  ,  votre  père  a  produit  sur 
votre  intelligence  tout  ce  qu'il  pouvait  produire;  il  vous  a  donr.é 
tout  ce  qu'il  pouvait  vous  donner  ,  estimez  •  vous  heureux  s'il  a 
déposé  en  vous  le  plus  précieux  des  germes  ,  celui  de  la  vertu. 
Il  fallait  donc  qu'il  s'en  remît  à  d'autres  du  soin  de  continuer  son 
œuvre;  c'est  i'instituteur  qu'il  a  choisi,  et  nous  aimons  à  espérer 
aussi  que  cet  homme  était  digne  d'une  mission  aussi  gi'ande  ,  qui 
n'est  rien  moins  que  sa  substitution  à  l'autorité  paterneiie  elle- 
même.  Si  c'est  un  mandalaiie  infidèle  ,  il  peut  causer  tous  les 
maux  dans  les  familles  de  ceux  qui  ,  par  choix  ou  par  nécessité, 
lui  confient  leurs  enfants  ;  il  est ,  au  contraire  ,  un  bienfait  de  la 
Providence  et  digne  de  la  reconnaissance  de  tous  ,  s'il  rempli' 
toules  les  conditions  qu'on  est  en  droit  de  lui  demander.  Dans 
l'un  et  l'autre  cas,  l'inlluencc  (ju'il  exerce  ,  heureuse  ou  malheu- 
i-euse  ,  se  tiansmet  de  génération  en  génération  ,  longtemps 
encore  api'ès  que  celles  qu'il  a  élevées,  ont  disparu. 

Sans  doute  encore  ,  avec  de  te. les  dispositions  ,  vous  avez  pro- 
fité des  premiers  soins  de  votre  maître  ;  mieux  doiié  que  vos 
camarades  sous  le  rapport  de  l'intelligence  ,  vous  avez  fait  des 
progrès  que  l'on  n'a  point  tardé  à  remarquer.  On  vous  a  encou- 
ragé ,  et  nous  aisnons  à  penser  qu'on  l'a  fait  avec  toute  la  pru- 
dence, toute  la  sagesse  qui  convient  dans  des  circonstances  aussi 
délicates;  on  s'est  bien  gardé  de  vous  laisser  croire  qu'en  dehors 
de  votre  sphère  habituelle  vous  pourrez  être  appelé  à  tout ,  et 
que  tout  travail  manuel ,  oîi  le  coips  a  plus  de  part  (jue  l'esprit, 
était  indigne  de  votre  savoir  :  on  vous  eût  rendu  le  plus  mauvais 


service  dans  le  présent  ,  et  on   vous  eut  préparé  de  fatales  et 
amères  déceptions  dans  l'avenii-. 

Il  est  de  ces  enfants  ,  dans  chaque  localité  ,  (pii  savent  ainsi 
s'élever  au-dessus  des  autres,  et  vous  êtes  sans  doute  au  nombre 
de  ceux  que  ie  [)asteur  de  la  paroisse  n'a  point  tardé  à  distinguer; 
il  a  remarqué  votre  goût  pour  les  chants  religieux  ,  et  voire 
assiduité  aux  oflices  de  l'église.  Vous  avez  été  de  ceux  qu'il  a 
inlroduils  dans  le  sanctuaire.  C»  tte  sorte  d'élection  pour  le  ser- 
vice de  Dieu  a  peut-être  été  le  premier  germe  de  votre  vocation 
pour  les  fonctions  d'instituteur  ,  comme  elle  l'est  communément 
pour  les  fonctions  beaucoup  plus  redoutables  et  infiniment  plus 
élevées  du  sacerdoce  catholique.  Vous  pouviez  dire  alors  connue 
un  autre  Joas  : 

<f  Ce  temple  esl  mon  pays  ,  je  n'en  connais  point  d'autre.  » 

Et  ,  en  etîet ,  vous  étiez  heureux  quand  vos  fonctions  vous 
appelaient  à  l'église  ;  vous  pouviez  ajouter  encore  avec  le 
même  royal  enfant  : 

(f  Quelquefois  à  l'autel , 

»  Je  présente  au  grand-prètre  ou  l'encens  ou  le  sel  ; 

»  J'  lUends  diatiter  de  Dieu  les  grandeurs  infinies. 

»  Je  vois  l'ordre  pompeux  de  ses  cérémonies.  » 

C'est  ainsi  que  vous  avez  grandi  sous  la  triple  influence  de  la 
vie  de  famille  ,  du  travail  de  l'école  et  du  service  de  Dieu.  Vous 
êtes  donc  trois  fois  heureux  si  vous  ne  recherchez  les  redou- 
tables fonctions  d'instituteur  que  pressé  par  un  sentiment  invin- 
cible et  par  un  désir  ardent  délever  les  autres  comme  vous-même 
avez  été  élevé.  Vous  êtes  trois  fois  heureux  si,  bien  persuade  que 
Renseignement  est  un  sacerdoce  moral  qui  n'a  de  force  qu'en 
s'appuyanl  sur  la  foi  religieuse,  vous  comprenez  que  le  prêtre  et 
l'instituteur  ,  dans  une  commune  ,  rie  peuvent  rien  l'un  sans 
l'autre  ,  et  que  ,  selon  l'expression  de  l'Evangile  ,  s'ils  ne  tra- 
vaillent point  enseuible,  ils  dissippent.  L'école  est  le  portique  du 
temple  :  il  faut  passer  par  l'école  pour  comprendre  l'enseigne- 
ment religieux  ,  et  l'église  est  le  couronnement  de  l'éducation  , 
elle  en  est  la  suprême  et  dernière  expression. 

Ne  vous  y  trompez  pas  cependant.il  ne  suffit  point  d'avoir  reçu 
une  éducation  dans  des  conditions  aussi  heureuses  que  celles 
dont  nous  avons  parlé  pour  caractériser  une  vocation.  Il  n'est 
pas  rare  que  l'on  se  méprenne  sur  ses  goûts  et  son  aptitude.  Il 
ne  faiit  pas  trop  présumer  de  soi.  Pour  bien  juger  de  l'étendue 
de  ses  forces,  il  faut  aussi  comprendre  l'étendue  des  obli- 
gations que  l'on  aura  à  remplir.  Il  vaut  mieux  dire  avec  le 
poète  : 

«  Je  laisse  aux  plus  liardis  l'Iionueur  de  la  carrière  , 
»  El  regarde  de  loin ,  assis  sur  la  barrière.  » 

Et  avec  Buffon  : 

i(  Il  ne  faut  point  adopter  une  carrière  à  l'étourdie.  » 

Il  arrive  aussi  qu'un  jeune  homme  qui  se  distingue  entre  tous 


—  58  — 

par  son  aptitude,  s'entend  louer  à  tous  propos;  qu'il  est  apprécié 
au-delà  de  toute  raison  et  que  son  amour  -  propre  se  trouve 
surexcité  par  des  succès  permanents  dans  les  études, 11  est  bien- 
tôt regardé  comme  un  savant;  car  tout  est  relatif.  A  la  campagne, 
on  ne  rencontre  que  bien  rarement  des  hommes  plus  instruits 
que  l'instituteur  qui,  par  l'exagération  de  son  importance,  défaut 
trop  commun  dans  l'enseignement ,  est  fier  de  son  élève.  Les 
louanges  qui  lui  sont  adressées  remontent  nécessairement  jus- 
qu'au maître.  On  trouve  bientôt  que  celui  qui  est  doué  de  telles 
dispositions  ne  peut  pas  être  un  homme  des  champs,  que  le  fléau 
serait  déplacé  dans  ses  mains  et  que  la  charrue  n'exige  point 
autant  de  culture  intellectuelle. 

C'est  là  une  profonde  et  préjudiciable  erreur.  Toutes  les  pro- 
fessions appellent  des  hommes  instruits  ,  et  le  progrès,  dans  les 
travaux  agricoles ,  exige  peut-être  plus  que  pour  toute  autre 
profession  manuelle  ,  des  hommes  qui  ont  su  d'abord  donner 
quelques  développements  à  leur  intelligence.  On  doit  donc  sou- 
haiter pour  cultivateurs  de  bons  élèves  des  écoles  primaires  :  ils 
imprimeraient  à  l'agriculture  ce  mouvement  progressif  qui 
manque  dans  la  plupart  des  campagnes  ,  où  la  routine  a  encore 
une  grande  puissance  malgré  les  efforts  faits  partout  pour  la 
combattre. 

Si  donc  vous  n'avez  d'autres  titres  ,  à  la  faveur  que  vous  solli- 
citez ,  que  ceux  que  vous  invoquez,  retournez  au  milieu  des 
vôtres  ,  faites  ce  qu'a  fait  votre  père,  c'est  un  homme  honorable 
comme  nous  l'avons  supposé,  devenez  comme  lui  chef  de  famille 
et  élevez  vos  enfants  comme  il  vous  a  élevé. Vos  connaissances  vous 
serviront  à  faire  mieux  que  n'ont  fait  vos  devanciers,  et  à  éclairer, 
sur  leurs  vrais  intérêts,  vos  concitoyens  ;  si  vos  exhortations 
ne  suffisent  pas  pour  vaincre  certains  préjugés, donnez  l'exemple; 
faites  avec  modestie  ,  et  sur  une  petite  échelle  ,  l'application  des 
théories  que  vous  aurez  puisées  dans  les  livres. Vos  succès  seront 
plus  puissants  que  vos  préceptes  ,  et  vous  aurez  été  ,  en  même 
temps  qu'un  homme  de  bien,  un  homme  utile  à  votre  pays;  tout 
le  bonheur  que  nous  pouvons  espérer  dans  ce  monde  est  là  , 
seulement  là. 

Une  belle  écriture  ,  des  connaissances  en  mathématiques,  une 
certaine  h:ibileté  en  orthographe  ,  très -appréciée  aujourd'hui  , 
sont  certainement  indispensables  pour  entrer  dans  l'enseigne- 
ment; mais  encore  une  fois,  ne  peuvent  tenirlieu  de  vocation.  Si 
celui  qui  veut  être  instituteur  n'aime  point  les  enfants  comme  le 
cultivateur  aime  ses  champs  ;  s'd  n'a  point  les  habitudes  simples 
et  les  mœurs  pures, comme  on  les  rencontre  quelquefois  encore, 
à  la  campagne  ;  s'il  ne  sait  point  se  faire  petit  avec  les  petits  , 
sauvegarder  sa  dignité  quand  elle  est  menacée  ,  se  dévouer  à 
tous  ceux  au  miiii^u  desquels  il  vit ,  être  cirj^onspect  dans  toutes 
les  relations  auxquels  l'obligera  sa  position  ,  qu'il  n'essaye 
point  d'entrer  dans  une  carrière  où  ses  déceptions  n'auraient 
d't'gal  que  la  n'iUité  ou  l'inanité  de  son  ministère  moral  et 
intellectuel. 

Ne  prenez  donc  point  trop  au  sérl(uix  tontes  les  louanges  que 
vous  avez  sans  doute  méritées,  depuis  votre  jeune  âge  et  par  vos 


—  59  - 

éludes  et  par  votre  docilité.  Vous  n'avez  eu  d'ailleurs  que  des 
appréciutiHirs  on  peu  com[)étents  ou  intéressés.  On  a  peut-être 
éveillé  en  vous  des  sentiments  désordonnés  d'amour  -  propre  et 
des  prétentions  exagérées.  Tel  qui  s'est  cru  un  savant  dans  son 
village  ,  s"a;ierçoit  bientôt  qu'il  n'a  que  des  connaissances  infé- 
rieures à  celles  de  beaucoup  d'autres. 

Si ,  au  contraire  ,  vous  sentez  en  vous  les  qualités  que  nous 
avons  énumérées  et  que  nous  vous  souhaitons  ,  entrez  sans  hési- 
tation dans  la  carrière;  il  y  a  de  nombreuses ditTicultés  à  vaincre, 
de  grands  ebstaclesà  surmonter;  mais  avec  l'aide  de  la  Providence, 
vous  sortirez  victorieux  toujours  et  partout  ;  la  lutte  n'est  point 
au-dessus  du  courage  d'un  cœur  généreux  ,  fortifié  par  la  voca- 
tion et  par  le  désir  d'accomplir  ses  devoirs  quelque  pénibles 
qu'ils  puissent  être. 

A.    FOUCHER. 

(A  suivre.) 


CAISERIES  PÉDA60GÎQLES. 
XXIX. 

L'histoire  sainte  ,  comme  tuute  histoire  à  l'écolcpopulaire  , 
veut  être  racontée  de  vive  voix  parle  maître.  Ce  procédé  donne 
à  la  matière  la  chaleur  ,  l'intérêt  et  la  force  de  pénétration  dont 
elle  a  besoin  pour  imp'-essionner  et  remuer  les  jeunes  cœurs. 
Les  abr-  gés  qu'on  peut  mettre  entre  les  mains  des  élèves  ,  dans 
les  divisions  supérieures,  ne  doivent  être  considérés  que  comme 
les  résumés  des  leçons  orales  ,  espèces  d'aide-ménioire  qui  laci- 
litent  la  répétition  et  qui  tixent  le  souvenir  des  faits  capitaux 
auxquels  se  rattache  la  trame  historique.  Toute  autre  méthode 
nous  semble  moins  efficace,  quoi  qu'on  puisse  dire  pour  en  s  éle- 
ver le  mérite. 

La  lecture,  fût-elle  faite  dans  les  textes  sacrés  mêmes,  laisse  les 
enfan's  froids  et  indifférents  et  en'ève  au  récit  biblique  une 
grande  partie  de  son  charme.  Ce  n'est  pas  \h  seulement  ,  qu'on 
veuille  bien  le  croire,  une  opinion  personnelle,  c'est  l'avis  de  la 
grande  majorité  des  personnes  qui  se  sont  occupées  d'une  ma- 
nière sérieuse  de  l'objet  en  question.  Il  est  sans  doute  superflu 
de  faire  remarquer  que  le  débit  du  maître  devra  réunir  toutes 
les  conditions  de  lucidité  et  d'animation  d'une  narration  irrépro- 
chable, ce  qui  implique  une  préparation  sérieuse  non-seulement 
quant  au  fond  ,  mais  aussi  qu:int  à  la  forme. 

Mais  à  côté  des  faits  présentés  dans  leur  succession  naturelle, 
et  leur  enchaînement  logique  ,  il  y  a  une  foule  de  détails  acces- 
soires qui  viennent  sinon  compléter  le  drame  historique  ,  du 
moins  y  ajouter  une  foule  de  notions  qui  en  rendent  l'intelligence 
plus  facile. Nous  voulons  parler  des  connaissancesgéographiques, 
topographiques  et  ethnographiques  ,  sans  lesquelles  ine  foule  de 
traits  de  l'histoire  sacrée  de  l'Ancien  ou  du  Nouveau  Testament 
resteraient  plus  ou  mons  obscurs. 

Il  ne  faut  pas  oublier,  en  effet,  qu'ù  côté  de  rélément  divin  il  y 
a  dans  l'histoire  du  peuple  de  Dieu  un  é'ément  purement  humain, 


—  60  — 

et  que  ce  peuple  a  eu  avec  les  nations  voisines  des  relations  qu'on 
ne  saurait  négliger  sous  peine  de  se  faire  une  idée  fausse  de  son 
état  politique  et  social.  La  description  donc  des  mœurs  et  des 
usages  des  Israélites  aux  différentes  époques  de  leur  existence 
et  quelques  détails  sur  les  nations  contemporaines  doiveut  néces- 
sairement faire  pariie  du  cours  d'histoire  sainte  dans  toute  divi- 
sion supérieure  d'une  bonne  école  primaire. 

Point  n'est  besoin  de  dire  que  ces  notions  seront  néces- 
sairement données  sous  la  forme  la  plus  simple  possible. 

Quant  à  la  gradation  du  cours  d'histoire  sainte  ,  elle  est  indi- 
quée par  les  divisions  même  de  l'école  et  par  l'âge  des  é!èves 
auxquels  on  s'adresse. 

Dans  les  classes  enfantines  il  s'agit  moins  d'instruire  que 
d'éveiller  et  de  développer  le  sentiment  religieux  ;  il  suffit  donc 
d'y  raconter  quelques-uns  des  traits  les  plus  frappants  del'Ancien 
et  du  Nouveau  Testament  ,  sans  se  préoccuper  des  lacunes  que 
celte  marche  laisse  forcément 

Dans  les  divisions  intcrm=^diaires,  tout  en  continuant  le  déve- 
loppement du  sentiment  religieux  ,  il  convient  de  préparer  le 
terrain  pour  le  cours  complet  qui  attend  les  élèves  lors  de  leur 
passage  dans  la  division  supérieure  ;  il  faut  donc  déjà  tenir 
compte,  tant  soit  peu  ,  de  la  suite  des  événements,  sans  toutefois 
surcharger  la  mémoire. 

Ce  n'est  que  dans  la  troisième  section  que  le  cours  se  fait  dans 
sou  ensemble  ,  avec  les  compléments  et  les  détails  que  nous 
avons  relatés. 

Le  catéchisme  s'enseigne  selon  une  gradation  identique  : 
quelques  simples  fragments  aux  petits  élèves  ,  gravés  dans  la 
«némoire  par  des  procédés  purement  oraux  ;  études,  dans  le 
texte  même  du  catéchisme  ,  des  principaux  points  pour  la  divi- 
sion intermédiaire  ,  enfin  catéchisme  complet  pour  les  divisions 
les  plus  avancées. 

A  propos  de  ce  dernier  point,  nous  voudrions  faire  une  simple 
question,  soulevée  déjà  bien  des  fois,  non-seulement  par  les  péda- 
gogues et  les  maîtres  ,  mais  par  des  ecclésiastiques  dont  le  zèle 
pour  la  religion  ne  saurait  être  mis  en  doute. 

Ne  pourrait  -  on  pas  resireindre  d'une  manière  notable  Tétude 
en  question  et  se  montrer  un  [)euplus  sobre  en  fait  de  développe- 
ments ?  N'exige-t  on  pas  trop  de  la  mémoire  drs  jeunes  élèves 
et  ne  serait -il  pas  possible  de  donner  au  catéchisme  des  dimen- 
sions moins  considérables?  Autre  chose  est  un  liomntie  du  peuple 
convenablement  instruit  dans  les  vérités  relig  euses  et  autre 
chose  un  théologien,  qui ,  nous  l'accordons  sans  peine,  doit  être 
familiarisé  même  avec  les  subtilités  de  la  polémique  confession- 
nelle. 

Aux  personnes  qui  voudraient  nous  reprocher  d'avoir  touché 
à  ce  point  ou  qui  regardent  notre  remarque  comme  une  super- 
(luiK'',  nousd(Mnanderions  siujplemeut  :  pourquoi  donc  lesenfants 
aiment-ils  si  peu  le  catéchisme?  Pourquoi  ce  livre,  qui,en  raison 
de  son  importance  ,  devrait  être  leur  livre  de  prédilection  ,  pour- 
quoi ne  le  touchent  -  ils  plus  guère  une  fois  la  première  commu- 


ê  —  Cl  — 

nion  faite?  Il  y  a  là  un  indice  dont  la  signification  n'échappera  à 
aucun  esprit  sérieux. 

Arrivons  à  un  autre  point  qui  mérite  de  fixer  l'attention.  Quel 
est  le  nombre  d'iieures  qu  il  faut  attribuer  par  semaine  à  l'ensei- 
gnement religieux  ? 

Beaucoup  de  personnes  ,  et  il  y  a  des  maîtres  dans  le  nombre  , 
croient  que  l'efficacité  do  cet  enseignement  est  en  raison  directe 
du  nombre  d'heures  qu'on  y  consacre.  C'est  là  une  erreur.  Sans 
doute  l'instruction  religieuse  demande  un  certain  temps ,  co-rme 
toute  autre  branche  du  programme,  et  on  r.uraittort  de  lui  comp- 
ter 1-  s  minutes  avec  trop  de  parcimonie;  mais  par  une  générosité 
exagérée  ,  on  ferait  assurément  sous  ce  rapport  plus  de  mal  que 
de  bien. 

Laissons  avant  tout  à  la  religion  son  caractère  divin  ,  son  pres- 
tige et  son  allure  solennelle  ,  n'y  touchons  qu'avec  le  plus  grand 
respect  et  gardons-nous  bien  de  la  rabaisser  ,  par  un  zèle  intem- 
pestif au  niveau  d'un  vulgaire  enseignement  !  L'abus  des  dou- 
ceurs blase  le  palais  et  provoque  le  dégoût,  an  physique  comme 
au  moral  ,  qu'on  ne  Toublie  pas  ,  et  si  jamais  la  sobriété  est  de 
mise,  elle  l'est  dans  une  matière  dont  dépend  le  salut  de  l'àme. 
Gardons  -  nous  donc  ,  avec  un  soin  scrupuleux  ,  de  produire  la 
satiété  dans  les  jeunes  cœurs,  par  des  leçons  de  religion  ou  trop 
nombreuses  ou  trop  longues  ,  et  rapiKlons  -  nous  qu'ici  surtout 
c'est  la  qualité  et  non  pas  la  quantité  de  la  nourriture  qu'il  faut 
avoir  en  vue.  «  Parmi  les  sept  jours  de  la  semaine  ,  le  Seigneur 
n'a  institué  qu'un  seul  dimanche ,  dit  un  pédagogue  pratique 
très-distingué, et  c'est  dans  cette  proposition  si  simple  et  si  vraie 
qu'il  trouve  la  proportion  qui  doit  guider  le  maître  dans  la  répar- 
tition des  heures  de  classe  ,  entre  les  diverses  matières  du  pro- 
gramme. Nous  nous  rangeons  très  -  volontiers  parmi  ceux  qui 
partagent  son  avis. 

A  côté  de  l'histoire  sainte  ,  des  prières  et  du  catéchisme  ,  le 
chant  occupe  une  place  importante  dans  l'enseignement  religieux. 
Le  chant  sacré  est  l'expression  la  plus  haute  ,  la  plus  solennelle 
du  sentiment  religieux.  Par  son  texte  et  par  sa  mélodie  il  consti- 
tue la  manifestation  la  plus  grandiose  par  laquelle  l'àme  humaine 
fuisse  témoigner  à  l'Ltre  des  Etres  son  amour  et  sa  reconnais- 
sance. Quoi  de  plus  beau  et  de  plus  touchant  que  ces  accords 
immenses  formés  par  l'orgue  et  les  voix  de  la  communauté  assem- 
blée ,  résonnant  sous  la  voîite  des  temples  !  n'est  -  ce  pas  là  la 
plus  belle,  la  plus  sublime  des  prières  ? 

C'est  à  l'école  que  le  maître  prépare  ces  nobles  concerts  ,  et  si 
ce  n'est  pas  là  une  des  parties  les  moins  fatigantes  de  sa  tâche 
complexe  ,  hàlons-nous  de  dire  que  son  zèle  pour  la  religion  ne 
lui  permettrait  jamais  de  s'en  dispenser.  Nous  en  parlerons  avec 
plus  de  détails  en  son  lieu  ;  constaions  seulement  ici  que  l'étude 
du  plain  -  chant  et  d'un  certain  nombre  de  cantiques  fait  partie 
intégrante  de  l'enseignement  religieux,  auquel  cet  élément  prête 
un  attrait  que  rien  ne  saurait  remplacer. 

J.  Marnier. 


—  G2  — 

Dans  le  discours  si  remarquable  prononcé  par  S.  M.  l'Em- 
pereur à  l'ouverture  des  Chambres  ,  nous  trouvons  le 
passage  suivant  relatif  à  l'instruction  publique.  Ce  passage  est 
court,  mais  significatif  : 

«  Le  développement  de  l'instruction  publique  mérite  votre 
»  sollicitude.  Dans  le  pays  du  suffrage  universel ,  tout  citoyen 
»  doit  savoir  lire  et  écrire.  Un  projet  de  loi  vous  sera  présenté, 
»  pour  propager  de  plus  en  plus  l'instruction  primaire.  » 

Quel  sera  ce  projet  de  loi  ?  Nous  l'ignorons.  Il  est  probable 
toutefois  qu'il  sera  satisfaisant  ,  puisque  la  nécessité  de  l'ins- 
truction pour  tous  est  reconnue  comme  une  nécessité  d'un 
système  politique  établi  sur  le  suffrage  universel. 


NECROLOGIE. 

La  mort  vient  d'enlever  presque  subitement  à  la  haute 
estime  de  toutes  les  personnes  de  notre  ville  qui  la  connaissaient, 
une  religieuse  de  la  Providence  dont  le  nom  est  et  dcmeurei'a 
cher  h  tous  les  amis  de  l'institution  des  salles  d'asile.  M'"^  Clo- 
tilde-Adélaïde  Hennequin  ,  plus  connue  ici  sous  le  titre  de  Sœur 
Saint-Félix,  a  succombé  le  13  février  dernier  dans  la  iO"  année 
de  son  âge  et  la  17'^  de  sa  profession  religieuse.  Chargée  depuis 
longtemps  de  la  direction  de  l'asile  privé  annexé  au  pensionnat 
des  Dames  de  la  Providence  ,  cette  Sœur  apportait  dans  l'exer- 
cice de  ses  fonctions  un  zèle  et  un  dévouement  sans  bornes. On 
peut  dire  qu'elle  avait,  au  plus  haut  degré  ,  le  talent  de  diriger 
et  de  dominer  les  jeunes  enfants  confiés  à  sa  surveillance  qui  , 
tous  ,  l'aimaient  à  l'égal  de  leur  mère.  C'était  un  plaisir  de  voir 
comment  elle  parvenait  à  les  intéresser ,  à  se  faire  comprendre 
des  plus  petits,  à  captiver  les  plus  grands  et  à  obtenir  de  chacun 
tranquillité  ,  attention  et  bonne  volonté.  Pour  nous  qui  avons 
assisté  plusieurs  fois  à  ces  exercices  si  variés  et  si  intéressants 
par  lesquels  elle  savait  habilement  prévenir  la  fatigue  et 
l'ennui  chez  ses  jeunes  élèves,  nous  n'hésitons  pas  à  dire  que 
la  Sœur  Saint-Félix  possédait  les  plus  rares  qualités  du  cœur  et 
de  l'esprit.  La  communauté  et  la  ville  font  en  elle  une  perte 
vivement  sentie  !... 

Le  nom  de  cette  digne  religieuse  vient  s'ajouter,  désormais 
aux  noms  que  la  mort  inscrit  de  temps  h  autre  sur  le  livre  d'or 
dont  le  doigt  de  Dieu  marque  les  pages,  et  où  revit  le  souvenir 
de  ces  femmes  chrétiennes  qui ,  trop  tôt  enlevées  ,  hélas  î  ont 
passé  leur  vie  en  forant  h  bien. 

A  peine  la  tombe  se  fermait  -  elle  sur  la  Sœur  Saint  -  Félix 
qu'elle  s'est  ouverte  à  Rozoy  pour  une  autre  Dame  de  la  Provi- 
dence ,  la  Sœur  Saint-Léon.  Cette  religieuse  qui,  pendant  plu- 
sieurs années,  a  dirigé,  avec  habileté,  une  classe  du  pensionnat 
de  Laon  dont  elle  avait  été  détachée  depuis  le  mois  d'octobre 
dernier  ,  laisse  également  les  plus  vifs  regrets.  La  Sœur  Saint- 
Léon  ,  née  à  Moy  ,  n'avait  que  38  ans. 


—  63  — 
EXERCICES. 

Ce  serait  tout  ensemble  une  grande  injustice  et  une  mauvaise 
humeur  bien  stérile  de  faire  le  procès  à  notre  siècle,  et  d'exalter 
les  temps  passés  aux  dépens  de  ceux  où  Dieu  nous  a  fait  vivre. 
On  se  rappelle  mal, dans  cette  appréciation  des  époques,  les  abus 
auxquels  on  a  échappé  ,  les  fléaux  qui  se  sont  succédé  du  temps 
de  nos  pères  ,  les  calamités  de  toute  sorte  que  nous  aurions 
subies,  connue  esix,  et  dont  nous  les  avons  bien  entciidiis  gémi:-, 
mais  que  nous  n'avons  pas  assez,  senties,  parce  qu'elles  n'ont  pas 
pesé  sur  nous.  Aujourd'hui,  au  contraire,  le  présent  nous  enve- 
loppe de  toutes  parts  ;  les  nécessités  de  notre  position  ,  quelque 
toîérables  qu'elles  puissent  être  ,  nons  serrent  de  si  près  ,  qu'il 
n'est  pas  possible  que  nous  les  oubliions  ,  même  un  moment. 
Aussi  ,  combien  de  gens  n'avons  -  nous  pas  vu  se  plaindre  en 
termes  amers  de  quelques  contrariétés  qu  ils  n'ont  pas  su  domi- 
ner !  Combien  encore  de  plaintes  iniques  r;'avons-nous  pas 
entendu  faire  contre  les  lois  ,  les  usages  que  la  société  a  consa- 
crés !  Eh  bien  !  parce  que  tout  ce  qui  sort  de  la  main  de  l'homme 
ne  peut  être  marqué  du  sceau  de  la  perfection  ,  qu'il  n'a  pas  reçu 
lui-même,  est-ce  une  raison  pour  méconnaître  les  bienfaits  du 
régime  sous  lequel  la  Providence  nous  a  donné  de  vivre  ?  Non  , 
non  :  ne  nous  laissons  pas  tromper  par  ce  que  nous  voyons  de 
défectueux  autour  de  nous.  Quoi  qu'on  fasse  et  quoi  qu'on  dise, 
le  bien  est  en  progrès  ;  car  Dieu  nous  mène.  Voyez  combien  de 
siècles  1  homme  a  vécu  dans  l'ignorance  et  la  barbarie,  l'elfroyable 
quantité  de  maux  qu'il  a  eu  t\  surmonter,  et  qu'il  a  surmontés  en 
effet  î  Et  ,  quelles  que  soient  vos  préventions  ,  quelques  nom- 
breuses améliorations  que  votre  esprit  conçoive  encore  dans 
l'avenir ,  interrogez  votre  conscience  :  elle  vous  répondra  que  le 
temps  où  vous  vivez  est  celui  où  vous  auriez  voulu  vivre,  si  Dieu 
vous  eût  laissé  le  choix. 


Solulioa  des  queslions  de  Malhéma(i(jues  posées  dans  le  n°  du  U  janvier. 

Prix  de  vente  d'une  tonne  ,  1 25  fr. 

Prix  de  revient ,  87 

Bénéfice  par  tonne  ,  38  fr. 

Bénéfice  sur  8,575  tonnes  ,  325,850 
Intérêt  du  capital  fixe  350,000  fr. 

àlOp.  «/o,  35,000 
Intérêt  des  fonds  de  roulement 

à  7  p.  %  ,  24,500 


Bénéfice  net,  266,350  fr. 

Or,  puisque  le  salaire  des  ouvriers  est  de  0  fr.  3  par  quintal , 
il  est  par  10  quintaux  ou  par  tonne  de  3  fr.,  et  de  3  X  8,575  ou 
25,725  fr.  pour  8,575  tonnes. 


—  64  - 

Donc  ,  si  on  augmente  le  salaire  des  ouvriers  de  10  p.  "jo ,  la- 
dépense  totale  s'augmentera  de  2,572  fr.  oO. 

Soit  X  la  quantité  dont  on  doit  diminuer  le  taux  de  chaque 
p.\rtie  du  capital.  La  question  est  alors  ramenée  à  chercher  à 
quel  taux  on  doit  placer  700,000  fr.  ponr  que  le  revenu  soit  de 
2/672  fr.  50. 

2,573  fr.  50  X  100 

=  0,3675 

700,000 

Donc  l'intérêt  du  capital  fixe  doit  être  réduit  de  10  à  10  — 
0,3675  ou  k  9,6325 ,  et  celui  du  fonds  de  roulement  de  7  à 
7  — 0,3675  ou  6,6325  p.  "/o- 


Un  nombre  impair  peut  -  il  être  divisible  par  un  nombre 
pair  ? 

Rép.  Non.  —  En  effet  ,  un  nombre  impair  ne  peut  être  que  le 
produit  d'un  nombre  impair  par  un  nombre  impair.  Or,  un 
nombre  étant  toujours  divisible  par  un  de  ses  facteurs  ,  un 
nombre  impair  n'est  jamais  divisible  par  un  nombre  pair. 

—  Le  contraire  est-il  vrai  ?  En  d'autres  termes  ,  un  nombre 
pair  peut-il  être  divisible  par  un  nombre  impair  ? 

Rép.  Oui.  En  effet ,  un  nombre  pair  est  toujours  le  produit 
d'un  nombre  pair  par  un  nombre  pair  ou  d'un  nombre  pair  par 
un  nombre  impair.  Donc  un  nombre  pair  est  toujours  divisible 
par  un  nombre  pair  ;  donc  il  peut  être  divisible  par  un  nombre 
impair.  _ 

Nous  prévenons  nos  lecteurs  qu'à  partir  d'aujourd'hui 
le  Bulletin  ne  sera  tiré  qu'en  nombre  égal  aux  abonnés 
inscrits;  cependant,  les  abonnements  seront  reçus  à 
toutes  les  époques  de  l'année,  mais  seulement  à  partir 
du  jour  de  l'abonnement ,  jusqu'à  la  fin  de  l'année  cou- 
rante . 

Nous  rappelons  aussi  que  l'abonnement  est  payable 
dans  les  deux  premiers  mois  de  l'année,  et  qu'en  consé- 
quence nous  ferons  traite  sur  tous  ceux  qui,  au  15  mars 
prochain  ,  au  plus  taud  ,  ne  nous  auront  pas  soldé.  — 
Cette  mesure  nous  est  surtout  commandée  par  la  négli- 
gence qu'apportent  à  nous  payer  plusieurs  de  nos  lec- 
teurs. (En  ce  moment,  40  abonnements  de  l'année  der- 
nière nous  sont  encore  dus.) 

Les  Gérants.  IL  DE  Coquet  et  Stenger. 


Laoo,  —  Imprimerie  U.  de  Coqckt  ut  Stcmc£>, 


14«  Année.  M»   5.  -  15  Mars  1865. 


BULLETIN 

DE  L'INSTRUCTION  PRIMAIRE 

PODR  LE  DÉPARTEMENT  DE  L'AISNE, 

PubVié.  sous  \ts  ausçicts 

de  3X1.  Gastaing,  Fréfet  de  l'Aisne, 

Olllcier  de  la  LégioD  ■  d'Houiieur  ,\ 

Offi-cier  cle  1'Iiastru.ction.  puibliq-ue. 

Paraissant  le   t^  et  le  30  de   chaque  mois. 

ë  O  AS  ta  A  I  R  K  . 

PARTIE  officielle;.  —  L'enseignement  primaire  pendant  l'année  1865; 
rapport  à  l'Empereur  par  M.  le  Ministre  d«  l'Instruction  publique.  —  Circu- 
laires ministérielles  :  1"  aux  Recteurs  sur  le  règlement  du  30  janvier  relatif 
à  l'enseignement  de  la  musique  ;  2°  aux  Inspecteurs  d'Académie  ,  touchant 
leurs  rapports  officiels  avec  les  Inspecteurs  primaires.  —  Mouvement  du 
personnel.  —  Circulaire  de  M.  l'Inspectur  d'Académie  aux  instituteurs  du 
département  relative  aux  observations  météorologiques.  —  Avis  aux  jeunes 
gens  qui  auraient  l'intention  de  se  présenter  comme  candidats  à  l'Ecole 
d'Arts-et-Métiers  de  Chàlons. 

PARTIE  i\0:«>OFFICIELLE.  -  EDUCATION  ET  ENSEIGNEMENT.  —  Faits 
divers.  —  Exercices  :  Dictée  ;  arpentage  ;  questions  à  réooudre  ;  sujet  de 
style  ;  industrie. 

'Q=g=ÏSSS=D==5 

PARTIE  OrnCIESLE. 

L'Enseignement  primaire  pendant  l'année  1863  (i). 


RAPPORT  A  L'EMPEREUR 

PAR    M.    LE    MINISTRE    DE    l'iNSTRIJCTION    PUBLIQUE. 

Sire , 
J'ai  l'honneur  de  placer  sous  les  yeux  de  Votre  Majesté  l'état 
de  l'enseignement  primaire  en  France  au  l^""  janvier  1864. 

I. 

Population  des  écoles  en  1832  ,    1847  et  1863. 

En  1832,  nos  écoles  primaires  renfermaient  1,935,624  enfants  pour 
32,560,93-i  habitants. 

En  1847,  il  y  en  avait  3,530,135,  pour  35,400,486  habitants. 

En  1863,  on  en  a  compté  4,336,368  pour  une  population  de 
37,382,225  habitants. 

En  d'autres  termes  ,  en  1832  ,  la  France  envoyait  dans  ses  écoles 
primaires  59  élèves  sur  1,000  habitants  :  -en  1817  ,  99.8;  en  1863  , 
116.  \ 


(1)  Ce  rapport ,  présenté  à  l'Empereur  par  S.  Exe.  le  Ministre  de  l'Instruction 
publique,  est  placé  en  têle  du  volumo  contenant  la  statistique  de  l'enseignement 
primaire  en  France  pour  1803  ,  qui  se  publie  en  ce  moment  par  ordre  do  Sa 
Majesté. 


-  66  - 

II. 

Noinbfe  d'enfants  qui  ne  fréquentent  jius  l't'cole. 

Le  progrès  obtenu  durant  les  seize  dernières  années  a  été 
moins  rapide  que  dans  la  période  précédente,  parce  que  celle-ci 
l'ut  la  période  de  créalion,  Il  est  cependant  considérable  ,  car,  de 
1847  à  i863,on  a  ouvert  8,o6G  écoles  publiques  et  gagné  806,233 
élèves  ,  soit ,  en  moyenne,  50,000  par  an  (l).  Aujourd'hui  ,  il  ne 
reste  plus  que  818  communes  qui  soient  privées  d'écoles;  encore 
la  plupart  de  ces  localités  envoient  -  elles  leurs  enfants  dans  les 
écoles  du  voisinage. 

Mais  si  nous  prenons  ,  comme  le  veulent  les  règlements,  pour 
limites  normales  de  l'âge  scolaire  7  et  d 3  ans ,  nous  ne  trouvons 
dans  les  écoles  primaires  ,  en  1863,  que  3, i 33,540  enfants  de  cet 
âge  ,  sur  4,018,427  qui ,  d'après  le  recensement  fait  par  les  ins- 
pecteurs en  1863,  doivent  exister  dans  la  France  entière. 

Il  y  aurait  donc  ,  pour  les  écoles  primaires  ,  un  déficit  de 
884,887  enfants  de  7  à  13  ans.  L'inspection  universitaire  ne  la 
porte  qu'à  692,678;  mais  elle  doit  rester,  dans  ses  évaluations  au- 
dessous  de  la  vérité  ,  parce  que  les  instituteurs  n'ont  pas  les 
moyens  de  connaître  ,  dans  les  grandes  villes  ,  le  chiffre  vrai  des 
enfants  qui  ne  fréquentent  pas  les  écoles. 

Du  reste  ,  quel  que  soit ,  pour  les  écoles  primaires  ,  le  chiffre 
vrai  du  déficit  d'enfants  de  7  à  13  ans  ,  il  ne  faudrait  pas  le  re- 
garder comme  exprimant  le  nombre  de  ceux  qui  restent  com- 
plètement privés  d'instruction.  Il  y  a  en  effet  un  certain  nombre 
d'enlants  de  cet  âge  qui  reçoivent  le  premier  enseignement  dans 
la  famille  où  dans  les  classes  élémentaires  des  établissements 
secondaires.  En  outre,  beaucoup  d'autres  n'entrent  à  l'école  qu'à 
8  ou  9  ans  ,  ou  en  sortent  avant  d'avoir  accompli  leur  treizième 
année. 

Pour  l'enfance,  les  actes  de  la  vie  religieuse  règlent ,  en  géné- 
ral ,  la  durée  de  la  période  scolaire.  La  première  communion  , 
dans  l'Eglise  catholique  ,  se  faisant  entre  11  et  12  ans  ,  bien  peu 
d'enfants  suivent  l'école  lorsqu'ils  n'ont  plus  le  catéchisme  à  ré- 
citer, comme  beaucoup  n'y  sont  venus  que  pour  l'apprendre. — 
Dans  les  pays  protestans,  où  la  première  communion  se  fait  vers 
16  ans,  cette  limite  est  aussi  celle  de  l'âge  scolaire,  et  ce  retard^, 
qui  prolonge  en  quelque  sorte  l'enfance,  prolonge  aussi  l'étude  ; 
c'est  une  des  raisons  qui  expliquent  la  supériorité  ,  en  fait  d'ins- 
truction primaire,des  Etats  protestants  sur  les  Etats  catholiques. 
Une  autre  se  trouve  dans  l'obligation  religieuse  imposée  à  tout 
protestant  de  lire  assidûment  la  Bible  ;  une  troisième  ,  dans  les 
riches  dotations  que  le  zèle  des  particuliers  aassurées  aux  écoles, 
surtout  depuis  30  et  40  ans. 

L'administration  a  essayé  de  connaître  combien  d'enfants  de 
plus  de  8  ans  et  de  moins  de  1 1  ans  ont  passé  en  1863,par  l'école 
publique  des  garçons. Les  renseignements  contradictoires  qu'elle 
a  reçus  ne  lui  permettent  pas  de  donner  un  chilfre  officiel  ;  mais 
elle  a  des  raisons  de  croire  que  le  nombre  des  enfants  de  cet  âge 


(1)  Dans  ce  cliilTre  sont  compris  les  écoles  et  les  élèves  des  trois  déparUments 
annexés.  Dans  la  Savoie  et  le  comté  de  Nice,les  écoles  publiques  sont  au  nombre 
de  1,428,  et  les  élèves  des  écoles  publitjues  etjibres  au  chilTre  de  86,812. 


—  67  ~ 

qui  ne  sont  pas  venus  à  l'école  et  qui,  par  conséquent,  n'ont  reçu 
aucune  instruction,  n'aurait  point  dépassé  200,000. 

Ifl. 
Inslruclion  des  enfatHs  qui  sortent  des  écoles. 

Il  ne  faudrait  cependant  pas  regarder  ces  200,000  enfants 
comme  les  seuls  déshérités  de  l'in.^lruciion  primaire.  Si  l'on  exa- 
mine quelle  est  la  durée  de  la  fréquentation  de  l'école  et  la  valeur 
des  connaissances  acquises  par  IfS  élèves  qui  en  sortent  ,  on 
verra  que, lors  même  que  nous  ne  laisserions  plus  un  seul  enfant 
hors  de  l'école  ,  nous  n'aurions  accompli  que  la  moitié  de  notre 
tâche. 

On  vient  de  constater  que  700,000  à  800,000  enfants  ayantl'âge 
scolaire  manquaient,  en  1863  ,  à  l'école  que  l'on  fréquente  sur- 
tout de  8  à  il  ans.  iMéme  ces  trois  années  ne  sont  pas  ,  il  s'en 
faut  de  beaucoup  ,  données  tout  entières  à  l'école.  Parmi  ceux 
qui  y  viennent,  plus  du  tiers,  soit  34.6  0/0,  y  passent  moins  de  6 
mois.  En  outre,  sur  657,401  élèves  qui,  dans  l'année  d 863,  en 
sont  sortis,  393,393,  ou  60  0/0,  savaient  lire  ,  écrire  et  compter  ; 
mais  262,008  ,  c'est  à-dire  40  0/0  avaient  inutilement  passé  par 
l'école  ou  en  avaient  emporté  des  connaissances  insuffisantes  que 
beaucoup  oublieront. 

En  résumé  ,  le  piys  dépense  actuellement  pour  les  écoles  pri- 
maires plus  de  58  millions  et  les  services  de  77,000  personnes 
isans  compter  28,000  agents  gratuits)  pour  produire  ce  faible 
résultat  de  60  enfants  sur  100  sortant  chaque  année  des  écoles 
publqnes  avec  l'esprit  ouvert  etfécondé  par  ces  premières  études 
qui  préparent  l'ouvrier  intelligent  et  le  bon  citoyen.  En  méca- 
nique, une  machine  qui  ne  produirait  pas  plus  d'effet  utile  serait 
à  l'instant  réorganisée. 

IV. 

Nombre  de  conscrits  et  de  conjoints  ne  sachant  pas  lire. 

Nous  arriverons  à  la  même  conclusion  en  examinant  les  résul- 
tats qu'on  tire  des  registres  de  la  conscriptioi). 

En  186^,  sur  100  conscrits,  il  y  en  avait  27.48  ou  près  du  tiers 
qui  ne  savaient  ni  lire  ni  écrire  ;  en  1847,  on  en  comptait  34.91; 
en  18 jO,  49.73.  De  même,  sur  100  hommes  contractant  mariage, 
il  y  en  avait,  en  1853,  33.70  qui  ne  savaient  point  signer,  et,  en 
1862,  28.51.  Quant  aux  femmes,  les  chiffres  étaient,  en  1853,  de 
51.73,  et,  en  1862,  de  43.26. 

En  moyenne  ,  le  chiffre  des  conjoints  qui  ne  savent  pas  signer 
était,  en  1853,  de  37  0/0,  et,  en  1862,  de  35.90  0/0, 

Pour  les  conscrits  ,  l'amélioration  entre  1830  et  1848  fut  con- 
sidérable ;  en  17  ans  on  gagna  près  de  13  0/0.  Le  mouvement  se 
ralentit  à  partir  de  1848  ,  et  le  gain  ,  pour  ces  années  ,  fut  moitié 
moindre;  il  n'arriva  pas  à  7  1/2  0/0. 

La  raison  de  ce  ralentissement  est  la  même  qui  explique  l'aug- 
mentation moins  grande  du  nombre  des  élèves  entre  1848  et  1864. 
Avant  1830,  il  n'y  avait  à  peu  près  rien  ;  la  loi  de  1833  créa  ,  à 
vrai  dire,  l'enseignement  primaire  en  France.  Mais  à  mesure  que 
l:j  lumière  dut  pénétrer  dans  les  couches  plus  profondes  ,  elle 
entra  dirtiei'emcnt  dans  un  milieu  plus  réfractaire. 

Il  est  donc  acquis  que  près  du  tiers  de  nos  conscrits  ne  savent 


—  08  — 

pas  lire  ;  que  36  0  0  dos  conjoints  sont  incapables  de  signer  leur 
nom  ;  que  plus  du  cinquième  ù'i  nos  enfants  ayant  l'âge  scolaire 
et  dont  l'absence  de  l'école  a  élé  constatée  pour  1863  ,  ou  bien 
n'y  sont  pas  encore  allés,  ou  ont  cessé  trop  lot  de  s'y  rendre  ,  ou 
même  n'y  ont  jamais  paru;  qu'enfin  sur  l^s,  quatre  cinquièmes 
présents,  la  plupart,  au  lieu  de  suivre  l'école  pendant  six  ans, 
comme  les  enfants  des  nations  agricoles  et  industrielles  oi!i  l'ins- 
truction prospère  ,  sont,  eux  aussi ,  entrés  à  l'école  trop  tard,  la 
quitteront  trop  tôt ,  et  pendant  leurs  années  de  présence  ,  ne  la 
fréquentent  guère  qu'en  hiver  et  sans  régularité. 

Or,  puisque  l'on  a  mis  seize  années  à  gagner  806,233  élèves,  si 
irréguliers  dans  leurs  études  et  si  mal  pourvus  au  sortir  de 
l'école  ;  puisque ,  dans  le  même  nombre  d'années,  le  chiffre  des 
conscrits  illettrés  n'a  diminué  que  de  7  i/2  0/0, combien  de  temps 
ne  faudra-t-il  pas,  les  difficultés  croissant  avec  le  progrès  même, 
pour  amener  dans  les  classes  tous  ceux  qui  refusent  à  présent  d'y 
venir  ou  d'y  rester  ,  et  pour  réduire  le  nombre  des  conscrits 
illettrés  au  chiffre  où  il  est  en  Allemagne,  2  à3  0/0?  Ces  lenteurs 
ne  sont  plus  de  notre  temps  et  ne  doivent  être  ni  de  notre  pays  ni 
du  gouvernement  de  l'Empereur. 

V. 

Des  rapports  entre  l'iiislruction  publique  et  la  moral ilê. 

Nous  ne  pouvons  laisser  en  friche  ,  pendant  une  moitié  de 
siècle  peut  -  être,  ce  fonds  précieux  de  l'intelligence  populaire, 
lorsque  nous  voyons  que  les  progrès  de  la  moralité  du  pays 
suivent  ceux  de  l'instruction  publique  et  de  la  prospérité  géné- 
rale. Le  ga.\n  fait  par  les  écoles  coïncide  avec  une  perte  faite  par 
les  prisons. 

Le  nombre  total  des  accusés  pour  crimes,  de  moins  de  21  ans, 
qui  avait  diminué  seulement  de  235  ,  de  la  période  décennale 
1828-1837  à  la  période  décennale  1838-1847,  a  diminué  de  4,lo2, 
c'est-à-dire  presque  dix  huit  fois  plus,  de  la  période  1838-1847  à 
la  période  1853-1862.  De  1.172,  en  1853,  le  chiffre  annuel  tombe 
à  657,  en  1863. 

En  1847,  on  comptait  115  jeunes  gens  de  moins  de  16  ans  tra- 
duits en  cour  d'assises.   En  1862,  il  n'y  en  eut  que  44. 

La  correctionnalisation  de  certains  faits  réputés  crimes  par  la 
loi  pénale  et  poursuivis  comme  simples  délits  ,  a  pu  être  pour 
quelque  chose  dans  cette  grande  diminution,  mais  elle  ne  suffît  pas 
à  l'expliquer,  quand  on  voit  que  de  1847  à  i862  le  nombre  géné- 
ral des  accusés  a  diminué  de  près  de  46  0/0. 

Quant  aux  délits  imputables  aux  mineurs  de  21  ans,la  progres- 
sion d(!scendante  est  moins  régulière  que  pour  les  crimes  ,  et 
s'interrompt  quelquefois.  De  1853  à  1803  on  rencontre  diverses 
causes  d'augmentation  ,  année  de  disette  ,  accroissement  normal 
de  la  population  ,  annexion  de  trois  départements  ,  moyens  de 
poursuite  plus  efficaces  ,  etc.  Aussi  le  nombre  des  prévenus  mi- 
neurs de  21  ans  ,  qui  est  de  25,725  en  1853  ,  monte  à  27,880  en 
1854  ;  à  partir  de  cette  année  ,  il  tend  à  s'abaisser  et  tombe  à 
24,228  en  1863. 

Lors  de  la  crise  alimentaire  de  1847  ,  les  déparlements  où  des 
désordres  ont  éclaté  ù  l'occasion  du  prix  des  céréales  ,  bien  que 


—  69  — 

ce  prix  y  fût  moins  élevé  que  dans  d'autres  ,  où  la  tranquilité  n'a 
pas  été  troublée,  sont  précisément  ceux  qui  comptent  le  plus 
d'habitants  dépourvus  de  toute  instruction.  La  crise  colonnièrc 
n'a  amené  aucun  désordre  matériel  dans  la  Seine-Inférieure,  qui 
occupe  le  SA"  rang  sur  la  liste  des  départements  ,  classés  d'après 
le  degré  d'instruction  ,  tandis  qu'un  simple  changement  dans  la 
perception  d'une  taxe  de  marche  vient  d'être  la  cause  d'une 
émeute  dans  la  Corrèze,  qui  a  sur  sa  liste  le  n°  80. 

Enfin  ,  en  1862  ,  sur  4,543  individus  des  deux  sexes  et  de  tout 
âge  ,  accusés  pour  crimes  ,  on  en  a  compté  J  ,7oO,  c'est  à-dire  83 
0/0,  complètement  illettrés  ,  et  l,9Go  ,  ou  43  0/0  ,  ne  sachant 
qu'imparfaitement  lire  et  écrire.  Sur  100  criminels,  il  y  en  a  donc 
en  France,  81  qui  n'ont  réellement  pas  reçu  le  bienfait  de  la  pre- 
mière instruction. 

En  Suisse  ,  depuis  la  réforme  scolaire  ,  des  prisons  ,  qui  jadis 
étaient  pleines,  sont  aujourd'hui  à  peu  près  vides;  à  la  fin  de  juil- 
let dernier  ,  il  n'y  avait  personne  dans  la  prison  du  canton  de 
Vaud;  de  même,  à  peu  près,  à  Zurich;  à  Neufchâtcl,  2  détenus. — 
Dans  le  pays  de  Bade,  où  les  grands  efforts  pour  l'amélioration  de 
l'instruction  publique  datent  de  1834.  et  où  le  bien-être  des  popu- 
lations s'accroît  rapidement, le  nombre  des  prisonniers  est  tombé 
de  l,-426  à  691  dans  un  espace  de  8  ans  (1854  à  1861)  ;  aussi  est- 
on  forcé  de  supprimer  des  prisons.  En  Bavière,  diminution  con- 
sidérable des  naissances  illégitimes.  Partout ,  en  Allemagne,  on 
constate  l'existence  d'un  progrès  analogue, et  on  peut  l'expliquer 
de  la  même  manière  (1). 

La  prospérité  générale,  qui  elle-même  dépend  des  progrès  de 
l'instruction,  contribue  sans  doute  à  ces  résultats  heureux  ;  mais 
on  n'en  a  pas  moins  le  droit  de  dire  que  les  dépenses  faites  dans 
les  écoles  auront  pour  conséquence  des  économies  à  faire  dans 
les  prisons. Or ,  en  France  ,  les  Irais  de  justice  s'élèvent  à  25  mil- 
lions. 

VL 

Réformes  à  opérer. 

L'état  de  l'instruction  primaire,  tel  qu'il  résulte  des  faits  cons- 
tatés par  l'enquête,  demande  des  remèdes  sérieux. 

Les  uns  sont  d'ordre  administratif  :  améliorer  les  méthodes 
d'enseignement,  accroître  la  valeur  pédagogique  des  inslituteurs, 
rendre  à  la  fois  plus  énergique  et  plus  continue  l'influence  de 
l'inspection,  éveiller  l'émulation  des  élèves  et  des  maîtres,  etc. 

Les  autres  sont  d'ordre  financier  :  construire  des  écoles  où  il 
en  manque  ;  améliorer  les  écoles  anciennes,  pour  les  bâtiments, 
le  mobilier  scolaire  et  la  biblioihèquc;  car,  dans  l'école  comme  à 
l'usine, l'appropriation  des  locaux  et  l'excellence  des  instruments 
de  travail  ont  une  importance  considérable;  continuer  à  accroître 
le  bien-être  des  instituteurs  ,  pour  relever  leur  situation  et  leur 
dignité,  ce  qui  donnerait  le  droit  de  leur  demander  de  nouveaux 
efforts. 


(I)  On  prétend  que  depuis  25  ans.  c'est-à-dire  depuis  que  l'enseignement  a  été 
répandu  par  tout  le  pays,  les  états  de  statistique  judiciaire  ont  donné  30  0/0  de 
condamnations  en  moins.  (  Lettre  du  27  octobre  1862  ,^  adressée  à  S.  Exe.  M.  le 
Minisli  •  des  Affaires  étrangères  par  le  vice-consul  de  France  à  Kiel.) 


—  10  -^ 

Enfin  il  est  un  remède  particulier  que  beaucoup  de  personnes 
réclament ,  que  beaucoup  de  pays  pratiquent  et  qu'il  faut  exami 
ner  :  il  consiste  à  imposer  à  renseigiiemement  [)riraairele  carac- 
Itère  obligatoire,  non-seulement  pour  l'entrée  à  i'école,mais  pour 
a  durée  de  la  fréquentation. 

VIL 

De  renseignement  primaire  obligatoire.  —  Historique. 

Le  système  de  l'obligation  est  ancien  dans  notre  pays  et  de 
noble  origine. 

Aux  Etats  d'Orléans  ,  en  d560,  l'article  12  du  second  cahier  de 
la  noblesse  portait  :  «  Levée  d'une  contribution  sur  les  bénéfices 
ecclésiastiques  pour  raisonnablement  stipendier  des  pédagogues 
et  gens  lettrés  ,  et  toutes  villes  et  villages  ,  pour  l'instruction  de 
la  pauvre  jeunesse  du  platpays,ei  soient  tenus  les  pères,  et  mères, 
à  peine  d'amende,  à  envoyer  lesdits  enfants  à  l'école,  et  à  ce  faire 
soient  contraints  par  les  seigneurs  ou  les  juges  ordinaires.  « 

En  1571  ,  les  Etats  généraux  de  Navarre,  sur  la  proposition  de 
la  reine  Jeunne  d'Albret  ,  rendit  la  première  instruction  obliga- 
toire. 

Les  rois  Louis  XIV  et  Louis  XV,  délerminés  ,  il  est  vrai,  par  un 
intérêt  pjrliculier  ,  établirent,  dans  les  déclarations  des  15  avril 
1695  ,  13  décembre  1698  et  14  mai  1724  ,  que  les  haut  justiciers 
seraient  tenus  de  dresser,  chaque  mois  ,  l'état  des  enfants  qui  ne 
suivraient  pas  les  écoles, et  que  les  procureurs  généraux  devraient 
statuer  à  cet  égard. 

La  Convention  ne  fit  donc  que  reprendre  à  un  point  de  vue 
général  et  pratique  les  prescriptions  intéressées  du  gouvernement 
royal,  lorsqu'elle  décida ,  le  25  décembre  4793,  que  tous  les  en- 
fants ,  dans  l'étendue  de  la  République  ,  seraient  contraints  de 
fréquenter  les  écoles. 

Cette  prescription  ,  comme  tant  d'autres  de  la  même  époque  , 
est  demeurée  lettre  morte  ;  mais  pour  i)eaucoup  de  personnes 
dont  les  souvenirs  ne  remontent  pas  au  -  delà  de  cette  date  ,  le 
système  de  l'enseignement  obligatoire  ,  à  raison  de  son  origine 
supposée,  est  restée  entaché  de  suspicion. 

Cependant  nous  le  trouvons  établi  partout  autour  de  nous  dans 
les  Etals  monarchiques  comme  dans  les  sociétés  républicaines. 

Frédéric  II  le  prescrit  pour  la  Prusse  en  1703  :  «Nous  voulons 
que  tous  nos  sujeis,  parents,  tuteurs,  maîtres,  envoient  à  1  école 
les  enfants  dont  ils  sont  responsables, garçons  et  filles,  depuis  leur 
5*=  année  et  les  maintiennent  régulièrement  jusqu'à  l'âge  de  13  ou 
14  ans.  » 

Cet  ordre  royal  est  renouvelé  dans  le  Code  de  1794  ol  dans  la 
loi  de  1810  avec  une  pénalité  sévère  :  l'avcrtisiement ,  1  amende, 
la  prison  même  contre  les  parents,  tuteurs  ou  maîtres. 

D'après  le  règlement  de  la  province  de  Siiésic  ,  l'âge  scolaire 
s'étend  de  5  à  14  ans,  ave(;  les  mêmes  prescriptions. 

Du  reste  le  principe  de  l'uistruction  obligatoire  est  si  rigou- 
reusement apj)li(jué  en  Prusscîque  le  devoir  d'aller  à  l'école  cor- 
respond au  devoir  du  service  militaire.  H  résulte  de  la  stalisticine 
officielle  de  1864  que ,  sur  3,090,294  enfants  en  âge  de  suivre  les 
écoles  primaires,  130,437  seulement  ne  sont  pas  venus, et  que  de 


-vi- 
ce nombro  restreint  qui  répond  ànotrechiiïro  de  884,887,  il  faut 
déduire  tous  ceux  qui  ont  reçu  l'instruction  dans  les  écoles  secon- 
daire ou  à  domicile,  et  ceux  pour  lesquels  il  y  a  eu  impossibilité 
physique  ou  morale  de  se  rendre  ù  l'école.  Aussi  ,  dans  l'armée 
prussienn'^  ,  sur  100  jeunes  soldats  ,  3  seulement  en  moyenne 
sont  complètement  illettrés.  Un  officier,  chargée  de  l'instruction 
militaire  de  la  landwher,  à  Postdam,  n'a  reçu  en  12  années  que  8 
jeunes  soldats  ne  sachant  ni  iire  ni  écrire.  Le  fait  parut  assez 
étrange  pour  qu'on  ordonnât  une  enquête  ;  il  fut  reconnut  que 
c'étaient  trois  tils  de  bateliers  qui ,  nés  sur  le  fleuve  ,  avaient 
passé  leur  jeunesse  à  en  descendre  et  à  en  remonter  le  cours, 
sans  s'arrêter  nulle  part. 

Pour  le  reste  de  l'Allemagne  ,  de  nombreux  témoignages  éta- 
blissent que  le  système  de  l'obligation  a  été  si  parfaitement 
accepté  des  populations  ,  que  l'habitude  d'envoyer  les  enfants  à 
l'école  est  encore  complètement  dans  les  usages  du  pays.  Ce  fait 
est  attesté  notamment  par  un  Anglais,  M.  Pattison,  qui  fut  chargé 
en  1860  d'une  enquête  officielle  ,  et  ,  cette  année  même  ,  par  M. 
le  général  Morin,  qui  vient  d'accomplir  au  nom  de  M.  le  Ministre 
du  Commerce  une  importante  mission  en  Allemagne,  ainsi  que  M. 
Beaudoin-Bagnet  ,  que  le  Ministre  de  l'Instruction  publique  avait 
chargé  de  visiter  les  écoles  de  Belgique  ,  de  Suisse  et  d'Alle- 
magne. 

Les  règles  suivantes  sont  appliquées  : 

VUTRICHE.  —  Depuis  1774  ,  l'instruction  est  obligatoire  ,  sous  peine 
d'amende  ,  dans  tout'l'empire  ,  mais  cette  règle  n'est  réellement  observée 
que  dans  les  provinces  allemandes.  L'amende  peut  être  convertie  en  presta- 
tions. Un  certificat  d'instruction  religieuse  est  nécessaire  pour  entrer  en 
apprentissage  et  pour  se  marier,  l'ordonnance  du  ÎG  mai  1807  ayant  donné 
au  curé  dans  chaque  paroisse  ,  les  pouvoirs  les  plus  étendus  pour  la  direc- 
tion de  l'enseignement  et  l'application  du  système  obligatoire. 

BAVIÈRE.  —  La  «  schulzwang  »  existe  en  Bavière  com  me  en  Prusse, 
depuis  la  seconde  moitié  du  dernier  siècle,  et  les  contrevenants  encourent 
la  prison;  mais  il  n'arrive  à  personne  de  se  mettre  en  état  d'y  être  conduit. 
Tout  sujet  bavarois  accepte  l'obligation. 

BADE.  —  L'obligation  a  pour  sanction  l'amende  et,  en  cas  de  récidive? 
la  prison.  Tous  les  enfants  reçoivent  l'instruction  (t).  En  vertu  d'une  lo* 
votée  l'an  dernier  par  les  deux  Chambres,  à  l'unanimité  moins  2  voix,  l'école, 
administrée  par  une  commission  f(u'élisent  les  pères  de  famille  ,  a  ses  res- 
sources propres,  et  ne  dépend  ni  de  l'Eglise  ni  de  l'Etat. 

WURTEMBERG.  —  L'instruction  est  obligatoire  sous  peine  d'amende  et 
de  prison  jusqu'à  15  ans  accomplis,  et  toute  localité  composée  de  30 
feux  doit  avoir  une  école  (2). 

SAXE.  —  L'obligation  existe  de  6  à  U  ans ,  sous  peine  d'amende  et  de 

(1)  En  1861,  un  Français  de  Strasbourg  vient  chasser  dans  le  pays  de  Bade.  Il 
veut  prendre  des  enfants  pour  lui  servir  de  traqueurs  ,  et  offre  poor  chacun  un 
florin.  Les  parents  refusent  parce  que  c'était  jour  d'école. 

(2)  La  diffusion  générale  et  la  perfection  de  l'instruction  primaire  en  Wurtem- 
berg sont  sans  contredit  le  fait  le  plus  remarquable  et  celui  qui  frappe  le  plus  un 
étranTcr.  U  n'est  pas  un  paysan,  pas  une  iillc  de  basse-cour  ou  d'auberge  qui  ne 

sache  parfaitement  lire,  écrire  et  calculer L'éducitioii,  d'ailleurs,  paraît-èlre 

aussi  parfaite  que  l'instruction  primaire  Nulle  part  les  classes  laborieuses  ne  sont 
plus  respectueuses,  plus  serviablcs  et  )ilus  empressées....  On  assure  en  outre  i[uc 
la  miralitc  est  beaucoup  plus  sévère  que  dans  plusieurs  autres  parties  de  l'Allé- 


—  72  — 

prison,  Aujourd'hui  on  ne  trouverait  pas  dans  tout  In  royaume  un  seul  on" 
fant  n'ayant  jamais  fréquenté  l'école.  Voici  ce  que  C(tnlierit  à  cet  éîrard  une. 
note  récente  émanée  de  la  légation  de  France  à  Dresde  :  «  Dans  les  pre- 
mières années  de  l'application  de  la  loi  du  G  juin  1835, les  autorités  avaient 
à  combattre  la  négligence  que  mettaient  les  parents  à  se  soumettre  au  ré- 
gime forcé  des  écoles.  Mais  bientôt  II-  bienfait  d'une  fréquentation  générale 
et  rigoureuse  des  écoles  et  des  salutaires  résultats  convainquirent  même  les 
récalcitrants.  La  génération  actuelle  des  parents  élevée  déjA  sous  la  nouvelle 
loi,  ne  songe  pas  à  dérober  les  enfants  à  son  application  bienfaisante. C'est 
ainsi  que  la  mise  à  exécution  des  dispositions  pénales  a  pour  ainsi  dire 
cessé, «  —  Le  ministre  de  S  M.  le  Roi  de  Saxe  h  Pari.s  conlirme  ces  rensei- 
gnements et  ajoute  :  «  Il  a  suffi  de  deux  générations  scolaires  pour  opérer 
cette  révolution  ,  car  c'est  à  partir  de  1848  que  les  plus  grands  efforts  ont 
été  faits,  s 

NASSAU  (Duché  de).  —  L'instruction  ,  depuis  1817,  est  obligatoire  sous 
peine  d'amende  ,  mais  gratuite  ,  excepté  pour  les  fournitures  d'école,  et  on 
estime  qu'il  n'y  a  pas  un  seul  individu  complètement  illettré  dans  le 
duché. 

HES8E  (Grand-Duché  de).  —  Pour  chaque  jour  d'absence  ,  les  parents 
sont  passible  d'une  petite  amende.  A  défaut  de  paiement  ,  le  total  de  ces 
amendes  se  convertit  en  journées  de  travail  au  profit  d^la  commune. Atrès- 
peu  d'exception  près, tous  les  eniants  vont  à  l'école,  «et  on  compte  à  peine 
par  an  une  absence  volontaire  pour  chaque  enfant.  » 

HESSE  -  ELECTORALE.  —  L'instruction  est  obligatoire  de  si.N  è  qua- 
torze ans. 

MECKLEMBOURG  (Grand-Duché  de).  —  Même  règle.  D'après  un  rap- 
port tout  récent ,  il  ne  s'est  présenté  ,  dans  les  derniers  temps  ,  aucun  cas 
où  un  écolier  ait  cherché  à  se  soustraire  à  la  loi. 

OLDENBOURG  (Grand  -Duché  d').  —  Même  législation  et  mêmes  résul- 
tats. 

HANOVRE.  —  L'instruction  est  obligatoire  à  partir  de  l'âge  de  six  ans. 
On  compte  1  écolier  sur  7  habitants. 

SAXE-COBOURG-GOTHA  (Grand-Duché  de).—  On  y  trouve  l'obligation- 
comme  dans  toutes  les  Saxes ,  et  elle  y  date  de  200  ans. 

SAXE-MEININGEN.  —  L'enseignement  est  obligatoire  de  5  à  i4  ans  , 
jusqu'à  la  confirmation  ,  sous  peine  d'amende  et  même  de  prison.  Les  cas 
"de  résistance  sont  rares,  et  beaucoup  d'écoles  n'en  voient  jamais. 

"WEIMAR  (Grand-Duché  de).     —     Eisenach.  —    Aucun  cnlant  ne  rest 
privé  d'instruction  ;    l'obligation  existe,  sous  peine  d'amende  et  de  prison  ; 
mais  depuis  40  ans  aucun  enfant  ne  s'est  soustrait  entièrement  au  devoir  de 
la  fréquentation. 

magne.  Enfin,  la  piété  chec  les  Wurtembourgeois  est  douce,  loléranle,  mais  sin- 
cère et  générale..  ..  Pour  arriver  à  ce  résultat ,  le  gouvernement  a  dû  employer 
autant  d'énergie  que  de  générosité....  On  prétend  que  chaque  instituteur  n'a  pas 
un  traitement  moindre  de  5C0  llorins (1,075  ir.).  ce  qui  permet  de  les  choisir  et 
de  les  maintenir  au  nombre  des  citoyens  les  plus  éclairées  et  les  plus  rcconiman- 
dablcs. 

D'un  autre  côté, l'instruction  est  obligatoire  jusqu'à  'U  ans.  L'nc  commission  de 
notables  surveille  rigoureusement  chatiue  école-,  au  premier  et  au  second  man- 
quement d'un  enfant,  lui  seul  c?t  responsable  et  puni  par  l'instituleur  :  mais  au 
troisième,  ce  sont  les  paicnts  qui  répondent  de  l'inexactitude  de  leurs  eniants. 

Lors  de  la  conscription  ,  on  s'assure  des  connaissances  acquises  par  chaque 
conscrit ,  et  les  parents  sont  encore  responsables  de  la  même  manière  ,  lorsque 
leur  enfant  ne  sait  [las  écrire  correctement. 

(Extrait  d'un  livre  intitulé  De  i'AfjriciiUure  allcntande,  tea  écoles,  son  onjuni- 
sotion,  ses  mœurs  ,  par  M.  l'inger  ,  inspecteur  de  l'agriculture  ,  publié  en  1X47 
par  ordre  du  Ministre  de  l'agriculture  et  du  commerce) 


—  73  — 

ALTENBOURG,  BRUNSWICK  (Duchés  de).  -  Depuis  1807,  il  en  est  de 
luême  dans  ces  deux  duchés,  avec  detrès-rarcs  exemples  de  l'application  de 
la  pénalité. 

En  résumé  ,  pour  l'Allemagne  ,  on  peut  dire  que  l'inslruclion 
obligatoire  est  réglée  par  les  principes  suivants  : 

Listes  d'entants  dressées  pai'  ceux  qui  tiennent  les  registres  de 
l'état  civil  ,  et  remises  à  î'instituieur  pour  qu'il  constate  les 
absences; 

Registres  d'absence  tenus  avec  un  soin  scrupuleux  par  l'insti- 
tuteur qui  remet  la  liste  des  absents  au  président  d'une  commis- 
sion scolaire  composée  de  pères  de  famille. 

Dispense  pour  les  cas  de  mauvais  temps  exceptionnels  ou  à 
cause  des  grandes  distances  et  de  Ici  moisson. 

Pénalités  : 

i»  L'admonition  ou  avertissement  sous  forme  d'avis  ,  envoyé 
par  le  président  de  la  commission  scolaire  ; 

2"  Citation  à  comparaître  devant  la  commission  scolaire  ,  suivie 
d'une  exhortation  du  président  de  cette  commission; 

3°  Plainte  adressée  par  la  commission  au  magistrat ,  qui  pro- 
nonce le  plus  souvent  une  simple  amende  de  1  fr.  50,  2  ou  4  fr., 
laquelle  est  doublée  en  cas  de  récidive  ;  dans  certains  cas  il  y  va 
de  la  prison,  jusqu'à  une  durée  de  24  heures. 

[La  suite  au  prochain  numéro.) 


IIVSTRICTIONS  AUX  RECTEURIN» 

SIR    LE    RÈGLEMENT   DU    30   JANVIER, 

relatif  à  l'enseignement  de  la  musique. 

Paris,  15  février  4865. 
Monsieur  le  Recteur  , 

Le  règlement  du  30  janvier  J865  a  rendu  l'enseignement  de  la 
musique  obligatoire  pour  tous  les  élèves  des  écoles  normales  pri- 
maires,et  pour  les  élèves  des  lycées  jusqu'à  la  classe  de  quatrième 
inclusivement  En  même  temps  il  a  créé  ,  dans  les  lycées  ,  un 
enseignement  musical  facultatif  pour  les  élèves  des  classes  supé- 
rieures. 

Dans  les  lycées  où  les  cours  spéciaux  sont  organisés,  l'enseigne- 
ment de  la  musique  est  facultatif  pour  les  élèves  de  cette  catégo- 
rie. 

Vous  remarquerez  que  le  règlement  n'exclut  pas  des  cours  de 
musique  les  élèves  externes  ;  mais  il  est  évident  que  ,  sur  ce 
point ,  les  convenances  des  familles  devront  élre  consultées. 

Je  n'ai  rien  à  vous  prescrire  en  ce  qui  concerne  le'raploi  du 
temps  :  c'est  aux  chcis  d'établissements  à  vous  soumettre  leurs 
propositions  à  cet  égard  ,  de  manière  h  favoriser  l'application  du 
règlement  fons  nuire  à  l'intérêt  général  des  études.  En  vous 
0(  cupant  des  voies  et  moyens  les  plus  propres  à  assurer  la  bonne 
exécution  de  ce  règh  nient,  vous  aurez  à  rechercher  si  le  nombre 
et  la  valeur  des  maîtres  de  musique  est  partout  en  rapport  avec 
les  besoins  nouveaux  ,  et  s'il  ne  peut  être  pourvu  à  ces  besoin 


—  74  — 

sans  excéder  les  limites  des  anciens  crédits.  Dans  le  cas  où  un 
accroissement  de  dépenses  serait  jugé  nécessaire  ,  vous  auriez  à 
réunir  les  propositions  d3  MM.  les  chefs  d'établissements  ,  et  à 
me  les  transmettre  avec  votre  avis  motivé ,  de  manière  à  faire  un 
travail  d'ensemble  par  Académie.  Je  statuerais  alors  sur  la  suite 
à  donner  à  ces  propositions. 

Pour  l'adoption  des  ouvrages  de  musique  à  introduire  dans 
l'enseignement,  vous  suivrez  les  règles  qui  ont  été  tracées  pour 
les  autres  ouvrages  classiques  dans  l'arrêté  du  il  janvier  et  dans 
les  instructions  qui  accompagnent  cet  arrêté. 

Le  règlement  du  30  janvier  1835  n'a  point  parlé  des  méthodes  : 
il  s'est  contenté  de  fixer  le  but  sans  déterminer  la  route  à  suivre. 
L'administration  de  l'instruction  piblique  ne  croit  devoir  pres- 
crire ni  prohiber  aucune  méthode  d'enseignement  musical  :  les 
maîtres  et  les  chefs  d'établiss'îneals  restent  libres  de  choisir  , 
souslmr  responsabilité  ,  parmi  celles  que  leur  notoriété  et  leur 
succès  recommandent. 

Je  ne  verrais  même  pas  d'iaconvéïiien^  à  autoriser  au  besoin  ,  à 
titre  d'eissai,  surtout  dans  les  écoles  noriuales  primaires,  l'emploi 
de  procédés  abréviUifs  qui  paraîtraient  dignes  d'une  attention 
sérieuse.  Vous  auriez  soin  ,  dans  ce  cas  ,  de  vous  faire  rendre 
compte,  tous  les  trois  mois,  des  résultats  obtenus.  Mais  les  mé- 
thodes ou  les  procédés  mis  en  pratique  devront  ,  dans  tous  les 
cas,  remplir  la  condition  essentielle  de  ne  pas  aller  contre  le  but 
définitif  qu'on  doit  se  proposer  d'atteindre. c'est-cà-dire  la  leclure 
et  l'écriture  musicales  d'après  la  notation  aujourd'hui  en  u^age 
chez  tous  les  peuples  civilisés. 

Recevez,  etc. 

Le  Ministre  de  rinstruclion  publique, 
V.    DURUY. 


5lee»îMiiia!i!latîoîï'«  a.iv  ïnspecJwars  (r4ca  demie, 

touchant  lears  a'»pporî^  officiel»  avee  lo«  aaspectears 

priuiaires. 

Paris,  le  13  février  1865. 
Monsieur  l'Inspecteur  , 

L'article  43  du  décret  réglementaire  du  29  juillet  1850  dispose 
que  les  inspect-urs  de  l'instruction  primaire  donnent  leur  avis 
S'ir  toutes  les  affaires  relatives  au  service. 

Cependant  j'ai  lieu  de  craindre  qu'on  ne  tienne  pas  toujours 
assez  compte  des  rapports  de  ces  fonctionnaires  ,  et  qu'on  n'ait 
perdu  de  vue  les  prescriotions  si  formelles  du  décret  de 
4850. 

Je  ne  saurais  trop  insister,  monsieur  llnspectear.  sur  1»  néces- 
sité d'^  joiti  Iro  à  vos  propisiiions  celles  que  vous  aurez  dii  préa- 
lablement de  niiiler  aut  iispecte-irs  d'-irroi  lisse  ment,  qui,  non- 
seulement  doivent  être  co  asiiltés  ,  mais  e  i  ;ore  toaus  au  courant 
des  d'îcisioris  prises  en  ce  q  li  c3  icerne  les  lU'it  i!io  is  ,  récom- 
penses ,  peines  disciplinaires ,  congés,  augmentations  de  traite- 
ments ,  coastructioas  et  appropriatio as  de  miisons  d'école  ,  etc., 
etc.   En  un  mot,  toutes  les  q  lestions  relatives  au  service  doivent 


—  75  — 

leur  être  coinimmiquces  ,   et  ils  ne  peuvent  se  dispenser  de  vou^ 
adresser  sur  chacune  d'elles  un  avis  motivé. 

Je  vous  prie  d'apporter  une  sérieuse  attention  aux  recomman- 
dations contenues  dans  la  présente  lettre,  dont  vous  voudrez  bien 
m'accuser  réception. 

Recevez,  Monsieur  l'Inspecteur  ,  l'assurance  de  ma 
considération  très-distinguée. 

Le  Minisire  de  V  Instruction  publique, 
V.  DURUY. 


M01VE.\ÏE\T  DU  PKRSOXXEL. 

Par  arrêtés  de  M.  le  Préfet,    rendus    sur  la  proposition  de 
M.  l'Inspecteur  d"  Académie  , 

Un  congé  de  disponibilité  est  accordé,  sur  sa  demande,  à  M.  Magitot  ,  insli- 
luleur  à  Condé-en  Bri^. 
.MM.  Pillois,  .Fules-Honoré  ,  instituteur  à  Jaulgonue  ,  est  nooimé  à  Condé-sn- 

Brie,  en  remj>lacem-nl  de  M.  Magitot. 
Genouille  ,  Pierre-Jean-Aiuiable  ,  instituteur  à  Fossoy,  est  nommé  à  Jaul- 

gonno  (Condé),  en  remplacement  de  M.  Pillois. 
Fromont  ,  Alphonse-Edouard  ,  aspirant  répétiteur  ,  à  titre  provisoire  ,  au 

lycée  de  St-Quentin,  est  nommé  instituteur  à  Fossoy  (Cbâleau-Thierry), 

en  remplacement  de  M.  Genouille. 
Un  congé  de  deux  mois  ,  pour  cause  de  maladie,  est  accordé  à  M.  Baillet, 

Jean-Louis,  instituteur-adjoint  à  Sains. 
Champion,  Alfred,  pourvu  d'un  bievet  de  capacité,  est  chargé  de  rempla- 
cer M.  Baillet  pendant  la  durée  du  congé  qui  lui  est  accordé. 
Hennequin  ,  Victor,  de  Ghéry-lès-Rozoy  ,    est  agréé  inslituleur-adjoinl  à 

Dizy-le-Gros  (Laon). 


M.  l'Inspecteur  d'Académie  vient  d'adresser  à  tous  les  institu- 
teurs du  département,  la  circulaire  suivante  : 

Laon,  le  10  mars  1865. 

MOSIEIR    L'iNSTITriEUn  , 

.  Le  Gouvernement  impérial,  dont  la  sollicitude  s'étend  à  tous  les  intérêts  des 
pipulatious,  se  préoccupe  de  préciser  les  études  méléorologi(|nes,  dans  le  but 
d'atiéiuer,  autant  que  poîsible  ,  au  moyeu  d'avertissements  donnés  en  temps 
utile, la  gravité  des  sinistres  qui  atteignent  trop  fréquerameat  les  récoltes  el  les 
navires. 

Pour  arriver  à  des  résultats  sérieux ,  à  cet  égard,  il  importe  que  les  phéno- 
mènes météorologiques  qui  se  produisent  dans  chaque  commune  soient  consta- 
tés. A  '"Cl  t'iïel,  M.  le  Préfel,  voulant  seconder  las  vups  de  Son  Excellence  M. 
le  Min  stie  da  l'Iu  iruclion  publique,  désise  que  chaque  instituteur  ,  dès  qu'un 
phéao.uèae  est  observé  dans  la  localité  où  il  réside ,  rédige ,  en  double  expé- 
dition ,  im  bulletin  qui  de\r.i  être  conforme  au  modèle  ci-joint  ,  môme  quant 
aux  dimensions.  Ces  deux  bulielins  seront  envoyés  à  M.  l'Instituteur  du  chef- 
lieu  de  canloD  qui  en  enverra  un  immédiaiemenl  à  .M  le  Ministre  de  l'Instruc- 
tion publique, sous  envelop[) ',saiis  alTrancliir  le  piquet. L'autre  bulletin  me  sera 
adressé    sous   bande    contrc-iignée    pour  être    déposé  à  l'Ecole  normale    de 

Laon. 

Agréez  ,  etc. 

L' Inspecteur  d'Académie , 

J.  CALTSTÎ. 
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(Suit  lu  lablcnii.) 


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—  77  — 

licOLE    I)'aI»TS-KT-MÉTIERS    de    CIIALONS.    —    INSCRIPTION 
DES     CANDIDATS. 


AVIS. 

Le  Préfet  de  l'Aisne  rappelle  aux  jeunes  gens  de  13  à  17  ans 
qui  auraient  l'intention  de  se  présenter  comme  candidats  à 
l'Ecole  impériale  des  Arts-et-Métics  de  Châlons  ,  qu'ils  doivent 
en  faire  la  déclaration  par  écrit,  au  moins  trois  mois  à  l'avance, 
au  Secrétariat  de  la  Préfecture  ,  et  produire  les  pièces  sui- 
vantes : 

1°  Leur  acte  de  naissance  ; 

2"»  Un  certificat  d'un  docteur  médecin  ,  constatant  qu'ils  sont 
d'une  constitution  robuste  et  particulièrement  qu'ils  ne  sont 
atteints  d'aucune  maladie  scroftileuse,  etc  ; 

3°  Un  certificat  de  vaccination  ou  de  petite  vérole  ; 

4»  Un  certificat  d'apprentissage  indiquant  la  nature  et  la  durée 
de  cet  apprentissage  ; 

5"  Un  certificat  de  bonnes  vie  et  mœurs  ,  délivré  par  l'institu- 
teur ou  les  autorités  locales  ; 

6"  L'engagement  pris  par  les  parents  d'acquitter  la  totalité  de 
la  pension  fixée  à  600  fr.  ou  de  la  portion  de  pension  laissée  à 
leur  charge  ,  ainsi  que  la  somme  de  230  fr.  pour  le  trousseau  et 
la  masse  particulière  d'entretien  ;  cet  engagement  doit  être  écrit 
sur  papier  timbré  et  contenir  la  déclaration  suivante  : 

«  À  défaut  de  paiement  (de  la  pension  ou  de  la  demi-pension  , 
»  ou  quart  de  pension)  aux  époques  fixées  par  les  règlements  , 
»  je  déclare  me  soumettre  à  ce  que  le  recouvrement  en  soit  pour- 
»  suivi  par  voie  de  contrainte  administrative  décernée  par  M.  le 
>  Ministre  des  Finances  ,  suivant  les  droits  qui  lui  sont 
ï  conférés  par  les  lois  des  11  vendémiaire  et  18  ventôse  an 
.  VIII.  » 

7»  Enfin  une  déclaration  des  parents ,  visée  par  le  Maire  ou  le 
Commissaire  de  police,  indiquant  leur  domicile,  leur  profession, 
leur  état  de  fortune  et  les  titres  particuliers  qui  peuvent  les  re- 
commander à  la  bienyeilllance  du  Gouvernement. 

La  déclaration  et  le  dépôt  des  pièces  doivent  être  faits  avant  le 
1""  mai  prochain  ,  les  examens  ayant  lieu  dans  les  premiers  jours 
d'août. 


PARTIE    BJON-OmCIELLE. 

FAITS    DIVERS. 

La  Commission  d'instruction  primaire  pour  le  département  de 
l'Aisne  ouvrira  sa  première  session  de  1865  le  jeudi  23  courant  , 
à  8  heures  du  matin ,  dans  une  des  salles  de  l'hôtel  de  la  Préfec- 
ture. 

Le  nombre  des  candidats  inscrits  s'élève  à  73  ,  et  celui  des 
aspirantes  à  33. 

8  aspirants  et  2  aspirantes  demandent  à  être  interrogés  sur 
l'ensemble  des  matières  facultatives. 


—  78  — 

—  Sur  le  compte  -  rendu  à  l'Empereur  ,  par  M.  le  Ministre 
de  l'Intérieur  ,  des  actes  de  dévouement  qui  lui  ont  été  signalés 
pendant  le  mois  de  décembre  4864  ,  et  aux  termes  d'un  rapport 
approuvé  par  Sa  Majesté  ,  une  médaille  d'honneur  (en  argent 
de  2^  classe)  a  été  décernée  à  M.  Philippe  Patouillet  ,  instituteur 
ù  Ântigny-la-Ville(Côte-d'Or).  —  Le  17  octobre  dernier,  M  Pa- 
touillet s'est  rendu  maître  d'un  cheval  emporté  ,  attelé  à  un  tom- 
bereau dans  lequel  se  trouvait  un  jeune  enfant. 

{Moniteur  du  13  mars  ) 

—  M.  le  Ministre  de  l'Instruction  publique  avait  appelé  l'atten- 
tion de  son  collègue  ,  M.  le  Ministre  de  l'Intérieur  ,  sur  le  sieur 
Glavieux,  instituteur  public  à  Falicon  (Alpes- Maritimes)  ,  présenté 
pour  une  récompense  honorifique  par  M  le  Préfet  du  départe- 
ment, pour  s'être  attaqué  seul  à  deux  malfaiteurs,  dont  l'un  a  pu 
être  arrêté. 

M.  le  Ministre  de  l'Intérieur  n'a  pas  cru  pouvoir  décerner  une 
médaille  d'honneur  au  sieur  Glavieux;  mais  il  a  chargé  M.  le  Pré- 
fet de  témoigner  à  cet  instituteur  sa  satisfaction  pour  la  résolution 
et  l'énergie  dont  il  a  fait  preuve  en  s'exposant  dans  un  intérêt 
public. 

—  Dans  sa  session  ordinaire  de  février ,  et  sur  la  proposition 
du  maire  ,  le  Conseil  municipal  de  Toulon  a  décidé  la  gratuité  de 
l'enseignement  primaire. 

—  On  vient  de  publier  l'acte  du  Parlement  anglais  qui  autorise 
le  système  métrique  des  poids  et  mesures.  Cet  acte  atïïrrae  que  , 
pour  l'avancement  de  la  science  ,  il  convient  d'autoriser  l'emploi 
du  système  métrique.  Il  décrète  (jue  ,  malgré  tout  ce  qu'il  peut 
y  avoir  de  contraire  dans  les  actes  du  Parlement  ,  aucun  contrat 
de  vente  ne  sera  infirmé  ,  ni  sujet  à  objection  ,  parce  que  des 
poids  et  des  mesures  y  sont  exprimés  dans  le  système  métrique, 
ou  parce  qu'on  y  aura  employé  des  divisions  décimales. 

—  Nous  apprenons  à  l'instant  que  l'instituteur  de  l'arrondisse- 
ment de  St-Quenlin  ,  en  faveur  quel  le  Glaneur  avait  ouvert,  il  y  a 
quinze  jours, une  souscription  dans  ses  bureaux, vient  de  succom- 
ber aux  suites  de  la  maladie  dont  il  était  atteint. 

—  Voici  ,  d'après  le  Clrirentais ,  un  cas  d'empoisonnement 
accidentel  qui  mérite  d'attirer  l'attention  des  lecteurs  : 

Le  2  de  ce  mois,  une  enfant  de  douze  ans,  la  nommée  Margue- 
rite Guilloumeau,  fille  du  sieur  GuiUoumeau,  buraliste  à  Brigueil 
(Charente)  ,  mangea  la  moitié  d'une  poire  qae  son  frère  avait 
réservée  pour  elle  et  qu'il  avait  déposée  sur  la  tablette  de  la  cui- 
sine, près  de  quelques  allumettes  chimiques  auxquelles  il  n'avait 
pas  fait  attention. 

Depuis  cette  fatale  absorption,  la  pauvre  enfant  n'a  plus  eu  un 
moment  de  santé  ;  elle  était  constamment  souffrante,  et  enfin,  le 
8,  elle  expira.  Ses  parents,  qui  étaient  loin  de  la  croire  en  dan- 
ger ,  n'avaient  fait  venir  de  médecin  que  le  cinquième  jour  de 
l'empoisonnement;  il  était  trop  tard  :  les  soins  (jui  lui  furent  pro- 
digués restèrent  sans  résultat. 

Ainsi ,  le  contact  de  quelques  allumettes  chimiques  a  suffi  pour 
empoisonner  une  poire  au  point  de  la  rendre  mortelle 


-î.  79  — 

—  Voici  II  11  accident  qui  démontre,  une  fois  de  plus,  combien 
sont  imprudents  les  parents  qui  laissent  entre  les  mains  de  leurs 
enfants  des  instruments  avec  lesquels  ils  peuvent  se  blesser. 

Une  petite  iille  de  deux  ans  ,  Cclina  U. . .,  habitant  chez  ses 
parents,  dans  la  commune  de  Moras  (Moselle) ,  s'amusait  avec  sa 
sœur,  âgée  de  cinq  ans.  Cette  dernière  tenait  à  la  main  un  cou- 
teau de  table  avec  lequel  elle  jouait  ,  et  qui  excitait  la  convoitise 
et  les  cris  de  sa  petite  sœur,  La  mère  des  enf  mts  ,  qui  en  ce 
moment  s'occupait  de  soïi  ménage  ,  ordonna  à  sa  fille  aînée  de 
satisfaire  le  désir  de  sa  sœur  pour  mettre  fin  à  ses  cris, 

A.  peine  Gélina  euielle  le  couteau  que  ,  dans  l'expansion  de  sa 
joie,  et  encore  peu  solide  sur  ses  jambes,  elle  fit  un  faux  mouve- 
ment qui  entraîûa  sa  chute.  En  tombant,  la  lame  pénétra  dans  le 
cou  de  la  pauvre  enfant  et  divisa  la  tranchée-artère. La  mort  a  été 
presque  instantanée. 

EXERCICES. 

Dictée. 

DES  VOLCANS. 

Ces  tempêtes  inlesUnes  lont  d'autant  plus  violentes  qu'elles  sont  plus  voi- 
sines des  montagnes  à  volcans  et  des  eaux  de  la  mer,  dont  le  sel  et  les  huiles 
grasses  augmentent  encore  l'aciivité  du  feu;  les  terres  situées  entre  le 
volcan  et  la  mer  ne  peuvent  minquer  d'éprouver  des  secousses  fré- 
quentes :  mais  potirquoi  n'y  a-t-il  aucim  endroit  du  monde  où  l'on  n'ait  res- 
sentit, môme  de  mémoire  d'homme,  quelque  tremblement,  quelque  trépidation, 
causés  par  ces  mouvements  intérieurs  de  la  terre  ?  Ils  sont,  à  la  vérité,  moins 
violents  et  bien  plus  rares  dans  le  milieu  des  continents  éloignés  des  volcans  et 
des  mers;  mais  ne  sont  -  ils  pas  des  elTels  dépendants  des  mêmes  causes  ? 
Pourquoi  doue  se  font-ils  re-senlir  où  ces  causes  n'existent  pas,  c'esl-à-dire 
dans  les  lieux  où  il  n'y  a  ni  mers  ni  volcans?  Lu  réponse  est  aisée  :  c'est  qu'il 
y  a  eu  des  mers  partout  et  des  volcans  presque  partout ,  et  que  ,  quoique 
leurs  éruptions  aient  cessé  lorsque  les  mers  s'en  sont  éloignées  ,  leur  feu 
subsiste  ,  et  nous  est  démontré  pir  les  souicesdes  huiles  terrestres  ,  par  les 
fontaines  chaudes  et  sulfureuses  qui  se  trouvent  fréquemment  au  pied  des 
montagnos  ,  jusque  dans  le  milieu  des  plus  grands  coatiaenls.  Ces  feux  des 
anciens  volcans ,  devenus  plus  tranquilles  depuis  la  retraite  des  eaux  ,  suDBsent 
néanmoins  pour  exciter  de  temps  en  temps  des  mouvements  intérieurs  et  pro- 
duire de  légères  secousses,  dont  1  s  oscillations  sont  dirigées  dans  le  sens  des 
cavités  de  la  terre,  et  peut-être  dans  la  direction  des  eaux  ou  des  veines  de.s 
métaux,  comme  conducteurs  de  cette  électricité  souterraine.  (buffon.) 

Arpentage. 

(Voir  pour  l'énoncé  le  n°  du  3)  janvier  ) 

Soient  AD  la  petite  base  =  80»;  BG,  la  grande  =  230  et  AE,  la  hauteur,  = 
72. 

(Nous  laissons  à  nos  lecteurs  le  soin  de  faire  la  figure.) 

La  première  portion  étant  désignée  par  AGHD,  j'obtiens  la  valeur  de  la  ligne 
GH  de  division  au  moyen  de  cette  formule  : 

GH  =    l^   AIT'  +  (BC  —  AD)   AGnp 

M»    AE 

Remplaçant  les  lignes  par  iturs  valeurs  numériques  ,  j'ai  alors  t 

1/  ~Z  252Ô 

GH  =  80=    -f-   450  X —  ^^0™ 

5G 

Maintenant  que  la  ligne  Gil  est  connue  ,    je  détermine  h.  hauteur  AM  ,   en 


—  80  -- 

divisant  la  surface  du  trapèze  AGHD  ,  c'est-à-dire  2,520,  par  la  demi-somme 
des  bases  parallèles  ou  105,  ce  qui  donne  Si"»  pour  AM. 

Procédant  de  la  .îimiî  mai  e  'i  ,  j'obtiens  lO^n^oO  pour  la  deuxième  ligne 
divisoire  et  54m  pour  la  hauteur  du  2f  trapèze. 

La  valeur  de  toutes  ces  lignes  étant  connue  ,  il  ne  reste  plus  qu'à  les  tracer 
sur  le  terrain,  ce  qui  ne  saurait  évidemmment  présenter  de  difficulté. 

Pour  démontrer  la  formule  ci-dessus  employée  proposons-nous  de  résoudre 
la  question  générale  suivante  : 

Diviser  un  trapèze  ABCD  en  deux  parties  par  une  ligne  LM  parallèle  à  la 
base. 

Pesons  d'abord,  pour  simplifier  BG  =  B,  AD  :=  b  et  la  hauteur  AH  —  H. 
LM,  la  ligne  divisoire  =  Y  et  A  M  la  hauteur  du  trapèze  ADLM  =  X,  nous 
aurons     d'après  l'énoncé  du  problème 

(B   -f  Y)  X  —  2  S  (I) 

En  menant  par  le  point  A  une  parallèle  à  DC,  laquelle  rencontre  LM  au  point 
K,  et  la  grande  base  au  point  F,  nous  aurons 
X        LK        Y  —  B 


H        BF         B  —  b 
D'où  nous  tirons 


Y  —  b 

H   X 

B  —  b 


Remplaçant,  dans  l'équation  (1),  X  par  cette  dernière  valeur,  il  vient 

(b   4-   Y)  (Y  -  b)  H 

==  2  S  ; 

B   b 
Laquelle  se  transforme  ainsi  : 

(Y^  —  b=)  H 

=  2  S 

B  —  b 

2S  S 

D'où  Y»  =  b»  -^  (B  —  b)  —  =  b'    +    (B  —  b> 

H  '.H 


El  Y  =  r     b^  -h  (B  —  b) 

•LH 


QUESTIONS  A  RESOUDRE. 

Un  plan  divise  une  sphère  de  manière  que  le  cercle  d'intersection  équivau 
aux  5/4  de  la  zone  correspondante.  Dans  quelle  rapport  ce  plan  divise-t-il  l« 
rayon  qui  lui  est  perpendiculaire  ? 

Sujet  de  style. 

Conseils  d'un  instituteur  à  ses  élèves  sur  la  nécessité  du  travail. 

Industrie. 

Vinaigre.  —  Acide  pyroligneux.  —  Acide  acétique.  —  Propriétés,  usages  et 
préparation  de  ces  corps. 

Les  Gérants,  H.  de  Coquet  et  Stenger. 


Lton,  ^  Imprimei'ie  II,  Dg  Coqeet  at  Stcngeh, 


14«  Année.  M»  6.  SI  Mars  18«5. 


BUXiIiXSTIN 

DE  L'INSTRUCTION  PRIMAIRE 

PODR  LE  DÉPARTEMENT  DE  L'ÀISNE. 

PuWvé  sous  \ts  ausipVct» 

de  ZVE.  Gastaing,  Préfet  de  l'Aisne, 

Oillcier  de  la  Légioa  •  d'Honueur , 

Officier  d.e  l'Instriaction  pviblique. 

Paraissant  le   1&  et  le  30  de   chaque  mois» 

fitOMlHAlnK  . 

PARTIE  OFFICIELLE.  —  L'enseignement  primaire  pendant  l'année  1863; 
rapport  à  l'Empereur  par  M.  le  Ministre  de,  l'Instruction  publique  (suite).  — 
CircMlaires  ministérielles  :  1"  aux  Préfets  et  Directeurs  des  Ecoles  normales, 
relatives  aux  observations  météorologiques  ;  2»  aux  Recteurs  ,  contenant 
invitation  aux  Proviseurs  de  Lycées ,  Principaux  de  Collèges  et  Directeurs 
'  d'Ecoles  normales  primaires  de  faire  participer  les  élèves  de  ces  établisse- 
ments à  l'Exposition  des  Beaux-Arts  appliqués  à  l'Industrie  ;  et  suppresion 
du  registre  spécial  d'inspection  tenu  dans  chaque  école  primaire  par  l'insti- 
tuteur.   —    Mouvement  du  personnel. 

PARTIE  ]>>0]V-OFFICIELLE.  —  Education  et  Enseignement.  —  Commis- 
sion d'instruction  primaire  de  l'Aisne  (!■■•  session  de  1865).  —  Faits  divers  : 
Les  Cours  publics  d'adultes  à  l'Ecole  normale  de  Mende.  —  Adoption  du 
système  métrique  dans  plusieurs  Etats  de  l'Europe.  —  Un  journal  primaire 
à  Rome.  —  Touchante  vie  d'un  instituteur  des  enfants  de  la  rue  ,  à  Paris. 


-^^Q^BGbS^^ 


PARTIE  OFFIGIEELE. 

L'Easeignement  primaire  pendant  l'année  1863< 


RAPPORT  A  L'EMPEREUR. 

PAR    M.    I.K    MINISTRE    DE    l'i.VSTRUCTION    PUBLIQU*:. 


VIL 

De  l'enseignement  primaire  obligatoi^'e.    —    Historique, 

(SUITE.) 

Pour  l'Allemagne  ,  on  peut  dire  que  l'inslruclion  obligatoire 
est  réglée  par  les  principes  suivants  : 

Listes  d'enfants  dressées  par  ceux  qui  tiennent  les  registres  de 
l'état-civil  ,  et  remises  à  l'instituteur  pour  qu'il  constate  les 
absences; 

Registres  d'absence  tenus  avec  un  soin  scrupuleux  par  l'insti- 


—  82  — 

tuteur  qui  remet  la  liste  des  absents  au  président  d'une  commis- 
sion scolaire  composée  de  pères  de  famille. 

Dispense  pour  les  cas  de  mauvais  temps  exceptionnels  ou  à 
cause  des  grandes  distances  et  de  la  moisson. 

Pénalités  : 

i»  L'admonition  ou  avertissement  sous  forme  d'avis  ,  envoyé 
par  le  président  de  la  commission  scolaire  ; 

2»  Citation  à  comparaître  devant  la  commission  scolaire  ,  suivie 
d'une  exhortation  du  président  de  cette  commission; 

3°  Plainte  adressée  par  la  commission  au  magistrat ,  qui  pro- 
nonce le  plus  souvent  une  simple  amende  de  i  fr,  50,  2  ou  4  fr., 
laquelle  est  doublée  en  cas  de  récidive  ;  dans  certains  cas  il  y  va 
de  la  prison,  jusqu'à  une  durée  de  24  heures. 

Aujourd'hui  tout  cela  n'est  plus  que  comminatoire  et  les  péna- 
lités ne  s'appliquent  presque  jamais.  Mais  l'effet  est  produit,  et  le 
Français  qui  voyage  en  Allemagne  pour  y  étudier  les  questions 
scolaires  ,  qui  voit  cette  fréquentation  assidue  ,  ces  études  com- 
plètes, cette  prospérité  sérieuse  des  écoles,  repasse  le  Rhin  avec 
le  regret  qu'il  y  ait  de  telles  différences  dans  l'instruction  primaire 
des  deux  pays. 

SUÈDE,  NORWÈGE,  DANEMARK.  —  Dans  la  Suède,  la  Norwège  et  le 
Danemark,  les  parents  qui  ne  font  pas  instruire  leurs  enfants  sont  également 
passibles  d'amende  ;  la  confirmation  est  refusée  à  tout  illettré  par  les  mi- 
nistres du  culte. 

En  1862,  sur  385,000  enfants  suédois,  9,131  seulement  sont  restés  sans 
instruction. 

SUISSE.  —  L'instruction  est  obligatoire  en  Suisse ,  excepté  dans  les 
cantons  de  Genève,  Schwitz,  Uii  et  Unterwalden. 

Dans  le  canton  de  Zurich,  d'après  la  législation  de  1859,  l'âge  s'étend 
de  5  à  16  ans  accomplis.  Non-seulement  les  parents  et  tuteurs  ,  mais  les 
chefs  de  fabrique,  sont  tenus,  sous  les  mêmes  peines,  de  mettre  les  enfants 
en  état  do  satisfaire  aux  obligations  de  la  loi  ;  et  si  le  père  fait  donner  un 
enseignement  particulier  à  son  fils,  il  n'en  paie  pas  moins  à  l'école  publique 
le  prix  de  l'écolage. 

Dans  le  canton  da  Berne  ,  les  jeunes  soldats  doivent  ,  comme  en  Alle- 
magne, prouver  qu'ils  savent  lire  ,  écrire  une  lettre  ,  rédiger  un  rapport, 
résoudre  un  problème  usuel  d'arithmétique  ;  si  l'examen  n'est  point  satis- 
faisant, ils  sont  obligés  de  suivre  l'école  de  la  caserne. On  n'en  trouve  d'or- 
dinaire que  de  3  à  5  sur  tOO  qui  soient  dans  ce  cas.  —  L'instruction  des 
femmes  est  poussée  tout  aussi  loin. 

En  HOLLANDE  ,  les  secours  publics  sont  retirés  à  toutes  les  familles 
indigentes  qui  négligent  d'envoyer  leurs  enfants  à  l'école. 

Cette  mesure  est  observée  dans  plusieurs  villes  de  France  ;  elle  l'a  été 
à  Paris  même,  en  vertu  de  règlements  administratifs. 

ITALIE.  —  L'instruction  est  gratuite  et  obligatoire  ,  en  principe  du 
moins,  dans  le  royaume  d'Italie  (loi  du  1859),  sous  peine  d'admonition  , 
d'amende  et  de  prison.  Les  illettrés  sont  frappés  d'in«apacité  électorale  , 
Les  prescriptions  relatives  à  l'obligation  directe  ne  peuvent  pas  encore 
s'exécuter. 

PORTUGAL—  Les  parents  négligents  sont  passibles,  depuis  184i,  d'une 


—  83  - 

amende  et  de  la  privation  des  droits  politiques  ponr  cinq  ans.    Mais  la  loi 
ne  s'exécute  qu'imparfaitement,  les  écoles  étant  trop  peu  nombreuses. 

ETATS-UNIS  D'AMÉRIQUE.  —  Lors  de  la  fondation  des  colonies  de  la 
Nouvelle-Angleterre  ,  l'instruction  y  fut  rendue  strictement  obligatoire  par 
des  lois  qui ,  leur  but  atteint ,  lonibèrent  en  désuétude.  4  Instruisez  le 
peuple  !  ditMacaulay;  tel  fut  le  premier  conseil  donné  par  William  Penn  au 
nouvel  Etat  qu'il  organisait.  Instruisez  le  peuple  !  fut  la  dernière  recom- 
mandation de  Washington  à  la  République.  Instruisez  le  peuple  !  était 
l'incessante  exhortation  de  Jefferson  »  (l).  Mais  l'émigralion  d'Europe 
apportait  sans  cesse  des  éléments  nouveaux  sur  lesquels  il  fallait  agir.  Une 
loi  du  30  avril  1862  impose  à  toutes  les  communes  du  Massachusetts  à 
prendre  des  moyens  de  coercition  contre  les  enfants  qui  ne  suivraient  pas 
l'école.  A  Boston  et  dans  un  certain  nombre  de  villes  ,  les  règlements  faits 
en  Yêrlu  de  cette  loi  furent  rigoureusement  appliqués.  On  a  cependant  senti 
la  nécessité  d'aller  plus  loin.  Une  loi  du  30  avril  1862  impose  à  toutes  les 
communes  du  Massachusetts  le  devoir  de  prendre  des  mesures  contre  le 
vagabondage  et  le  défaut  de  fréquentation  de  l'école.  Tout  enfant  âgé  de  7 
à  16  ans  qui  contrevient  aux  règlements  établis  peut  être  condamné  à  une 
amende  de  10  dollars  quî  les  parents  ont  à  payer  ,  ou  être  placé  d'office 
dans  un  établissement  d'éducation  ou  de  correction. 

Dans  le  Gonnecticut,  une  loi  de  1858  refuse  l'exercice  du  droit  électoral 
à  tout  citoyen  qui  ne  sait  pas  lire. 

TURQUIE.     —    La  Turquie  et  les  principautés  roumaines  ont  proclamé 
l'obligation. 

La  France  l'a  établie  à  Tahiti,  et  le  Ministre  de  la  Guerre  la  pratique  dans 
toute  l'armée  française. 

[La  suite  au  prochain  numéro.) 


CIRCULAIRE   A    MM.   LES  PREFETS 
RELATIVE  AUX  OBSERVATIONS  MÉTÉOROLOGIQUES. 


Paris,  le  27  février  1865. 
MONSiEir,  LE  Préfet  , 

Je  vous  ai  fait  connaître,  par  ma  circulaire  en  date  du  19  août  dernier,  que 
le  Gouvernement  de  l'Empereur  se  préoccupait  d'étendre  et  de  préciser  les 
études  météorologiques  faites  dans  l'intérêt  plus  spécial  de  l'agriculture  et  de 
la  marine. 

A  la  même  époque,  le  Directeur  de  l'Observatoire  impérial  avait,  avec  l'agré- 
ment de  M.  le  Ministre  de  l'Intérieur  elle  mien,  adressé  à  ses  collègues  prési- 
dents des  conseils  généraux,  une  lettre  où  il  exposait  les  conditions  pratiques 
de  l'élude  dts  orages  et  l'importance  qu'elle  présente  pour  l'agriculture.  Nous 
avions  pensé  qu'il  était  convenable  ,  dans  l'application  d'une  mesure  concer- 
nant les  plus  graves  intérêts,  de  demander  le  concours  ou  du  moins  le  patro- 
nage des  membres  des  conseils  généraux  chargés  de  représenter  ces  intérêts 
dans  les  départements. 

Un  grand  nombre  de  conseils  généraux  ont  répondu  à  l'appel  qui  leur  était 
fait,  et,  après  avoir  voté  les  fonds  destinés  à  l'acquisition  des  instruments  né- 
cessaires aux  écoles,  MM.  les  conseillers  ont  bien  voulu  se  charger  person- 
nellement de  diriger  et  de  concentrer  les  observations  dans  leurs  cantons  res- 
pectifs. 

Le  moment  me  semble  venu  ,    Monsieur  le  Préfet ,    de  mettre  à  profit  ces 


(1)  Discour»  prononcé,  en  1847  ,  à  la  Chambre  des  Communes. 


—  84  ~ 

bonnes  dispositions  et  de  procéder  à  l'organisatioa  des  études  afin  d'être  prêt 
dès  le  début  de  la  belle  saison. 

J'ai  l'honneur  de  vous  adresser  cent  exemplaires  de  l'instruction  rédigée  par 
1  Observatoire  impérial  pour  l'observation  des  orages.  —  Cette  instruction  est 
courte;  elle  n'est  accompagnée  d'aucun  tableau. Il  ne  s'agit  pas  ici, comme  pour 
les  écoles  normales,  d'observations  régulières,  continues,  faites  à  poste  fixe,  et 
exigeant  l'emploi  d'instruments  spéciaux  ;  il  faut  seulement  constater  l'appari- 
tion des  perturbations  atmosphériques  surrenues  là  où  l'on  se  trouve  et 
s'annonçant  d'elles-mêmes.  Il  suffira  d'une  réponse  succincte  aux  six  questions 
posées  ;  la  relation  des  dommages  éprouvés  devra  également  être  faite  en 
termes  courts  et  précis  tout  en  restant  complète. 

Cet  ensemble  de  travaux  doit ,  pour  porter  tous  ses  fruits  ,  s'étendre  à  la 
surface  entière  du  territoire  de  l'Empire  ;  mais  la  durée  des  observations  sera 
limitée  à  «ne  période  de  temps  fixée  par  la  nature  même  des  résultats  obtenus. 
Mieux  valent,  en  effet  ,  des  faits  constatés  partout  à  la  fois,  serait-ce  pendant 
le  cours  d'une  seule  année,  que  des  observations  éparses  poursuivies  pendant 
un  siècle.  Les  stations  d'observation  devront  être  assez  rapprochées  les  unes 
des  autres  pour  que  rien  ne  puisse  passer  inaperçu  entre  elles.  Une  au  moins 
par  canton  nous  paraît  nécessaire. 

Il  serait  à  désirer  qu'un  petit  groupe  d'observateurs  se  formât  dans  chaqu* 
canton,  afin  de  se  partager  la  surveillance  et  de  parer  aux  absences.  Les  inté" 
rets,  des  devoirs  tiennent  souvent  éloigné  du  lieu  qu'on  habite,  et  une  enquête 
comme  celle  que  nous  poursuivons  ne  doit  pas  être  une  gêne  pour  celui  qui  s'y 
ivre.  Les  constatations  devront  d'ailleurs  s'étendre  souvent  au.\  diverses  com- 
Imunes  d'un  même  canton. 

Je  TOUS  prie,  Monsieur  le  Préfet,  de  vouloir  bien  veiller  à  l'organisation  du 
réseau  météorologique  cantonal.  MM.  les  Sous-Préfets  ,  plus  rapprochés  des 
populations,  vous  prêteraient  leur  utile  concours.  Vous  jugerez  s'il  ne  convien- 
drait pas  de  leur  remettre  des  exemplaires  des  insliuciions  ,  d'en  adresser  à 
chacun  de  MM.  les  conseillers  généraux  qui  ont  bien  voulu  promeltre  le 
secours  de  leurs  lumières  et  de  leur  influence  ,  et  de  donner  à  ces  documents 
la  publicité  nécessaire  pour  provoquer  l'attention  des  hommes  prêts  à  saisir 
toute  occasion  de  se  rendre  utiles  à  leur  pays. 

Lorsque  le  conseiller  général  d'un  canton  ne  pourra  pas  se  charger  de  cette 
organisation, vous  y  suppléerez  facilement,  Monsieur  le  Préfet,  avec  la  connais- 
sance que  vous  avez  des  hommes.  Vous  trouverez,  certainement,  parmi  MM.  les 
Maires,  des  auxiliaires  empressés;  et  si  vous  voulez  bien  faire  appel  à  la  bonne 
volonté  des  instituteurs,  je  ne  doute  pas  qu'ilsy  répondent  avec  leur  zèle  ordi- 
naire. 

Les  directeurs  des  écoles  normales  primaires  ,  invités  à  tenir  désormais  un 
registre  des  phénomènes  météorologiques  qui  se  produiraient  dans  leur  localité, 
se  sont  immédiatement  mis  à  ce  travail  dont  ils  ont  compris  l'importance.  Les 
observations  de  la  plupart  des  écoles  arrivent  régulièrement  à  l'Observatoire 
impérial  où  elles  sont  relevées  sur  des  cartes  préparées  à  cet  effet. 

Toutes  les  écoles  ,  cependant ,  ne  sont  pas  encore  munies  de  leurs  instru- 
ments ,  et  un  très-petit  nombre ,  |)rivées  de  toute  ressource  à  cet  égard,  se 
sont  vues,  avec  regret,  dans  la  nécessité  d'ajourner  leurs  envois. En  me  félici- 
tant du  résultat  acquis ,  j'appelle  de  tous  mes  vœux  le  moment  où  l'organisa- 
tion météorologique  de  ces  établissements  pourra  devenir  complète,  et  je  vous 
prie  ,    Monsieur  le  Préfet  ,    de    vouloir    bien    y    donner  tous  vos  soins. 

Recevez,  etc. 

Le  Ministre  de  l'Instruction  publique  ^ 

V.  DURUY. 

Pour  copie  conforme  : 

LE   SKCRÉTAIRE-GÉNiRAL  , 
CHARLES  ROBERT^ 


—  85  — 
MINISTÈRE  DE  L'INSTRUCTION  PUBLIQUE —OBSERVATOIRE  IMPÉRIAL. 

OBSERVATION  DES  ORAGES. 
Instruction  pour  les  observateurs  cantonaux. 

La  science  des  orages  est  à  peine  ébauchée  A  de  rares  intervalles,  quelques 
grands  orages  ont  été  isolément  l'objet  d'études  sérieuses;  mais  aucun  travail 
d'ensemble  n'a  été  entrepris  dans  le  but  de  déterminer  les  causes  qui  les 
amènent ,  les  conditions  de  l'atmosphère  dans  lesquelles  ils  se  produisent ,  et 
les  régions  exposées  à  leurs  atteintes. 

Il  importe  à  l'agriculture  de  résoudre  ces  questions  et  de  Dxer  les  bases  d'un 
système  équitable  d'assurances  par  une  bonne  statistique  des  orages. 
Stations  d'observation. 

Une  station,  au  moins,  par  canton,  est  nécessaire. 

La  personne  qui  voudra  bien  se  charger  d'un  canton  devra  intéresser  au 
travail  plusieurs  collaborateurs,  afin  de  suppléer  aux  absences  et  d'obtenir  des 
renseignements  dans  les  diverses  communes.  L'acceptation  de  cette  mission 
temporaire  n'entraîne  aucun  assujettissement,  les  orages  s'annonçant  suffisam- 
ment d'eux  -  mêmes  et  les  constatations  nécessaires  se  faisant  là  où  l'on  se 
trouve. 

Observations. 

Ou  notera  pour  chaque  orage  : 

1°  Le  lieu  oîi  l'on  se  trouve  ,  l'heure  où  l'orage  éclate  ,   celle  où  iljflnit; 

2°  Le  point  de  l'horizon  d'où  l'orage  est  venu  ;  la  direction  dans  laquelle  il 
marche  et  disparaît  ; 

3"  La  vitesse  des  nuages  ;  les  directions  dans  lesquelles  ils  voyagent  ;  la 
force  et  la  direction  du  vent  à  la  surface  du  sol  ; 

4°  L'intensité  des  éclairs  et  du  tonnerre  ; 

go  Les  chutes  de  pluie  et  de  grêle  ;  les  trombes,  quand  elles  se  forment  ; 
l'heure  où  apparaissent  ces  divers  phénomènes  et  leur  durée; 

6»  L'état  des  récoltes  avant  et  après  l'orage  ;  la  gravité  des  dégâfs  de  toute 
nature; 

Expédition  des  renseignements. 

Chaque  correspondant  cantonal  adressera  directement ,  sauf  avis  contraire, 
ses  observations  et  celles  de  se»  correspondants  ,  par  lettre  non  affranchie  et 
portant  pour  suscription  : 

A  SON  EXC.  LE  MINISTRE  DE  L'INSTRUCTION  PUBLIQUE  ,    A  PARIS. 

DISCUSSION  DES   RENSEIGNEMENTS  PAR   L'OBSERVATOIRE   IMPÉRIAL. 

La  marche  de  chaque  orage  sera  tracée  sur  une  carte  de  France,  avec  indi- 
cation de  tous  les  points  du  territoire  qui  auront  été  atteints.  La  discussion  de 
ces  cartes  ,  leur  comparaison  avec  les  cartes  météorologiques  de  l'Europe  ,  et 
les  conséquences  pratiques  qui  en  ressortiront  seront  l'objet  d'un  rapport 
annuel  publié  avec  les  cartes  des  orages  les  plus  remarquables. 


Circulaire  aux  Directeurs  des  Ecoles  normales 

sur  les  Observations  météorologiques. 

Paris ,  le  27  février  1865. 
Monsieur  le  Directeur  . 

Dans  ma  circulaire  du  3  septembre  dernier,  adressée  à  M.  le  Recteur  de 
l'Académie  ,  j'exprimais  le  désir  de  voir  les  Ecoles  normales  de  l'Empire 
prendre  part  aux  travaux  météorologiques  dont  l'Observatoire  de  Paris  est 
le  crrître. 

Je  suis  heureux  d'avoir  à  vous  remercier,  dés  aujourd'hui,  de  l'empresse- 
ment avec  lequel  vous  avez  rci)ondu  à  mes  intentions. 

Vous  avez  compris,  Monsieur  le  Directeur,  l'importance  des  observations 
méU' nrologiques,  tant  au  point  do  vue  général  de  la  science  qu'au  point  de 


-  86  — 

vue  de  l'instniction  particulière  de  vos  élévcs-maîtres  et  des  services  qu'ils 
seront  à  même  de  rendre  plus  tard  aux  communes  dans  l'exercice  de  leurs 
fonctions  d'instituteurs. 

J'attends  de  votre  dévouement,  de  laT)onne  volonté  de  vos  collaborateurs 
et  de  l'assiduité  de  vos  élèves  ,  la  continuation  régulière  des  constatations 
que  je  vous  ai  confiées. 

Je  joins  à  cette  lettre  : 

1"  Un  exemplaire  des  instructions  rédigées  par  l'Observatoire  impérial, afin 
de  donner  plus  de  précision  à  l'installation  des  appareils  ei  à  la  conduite 
des  observations  ; 

2"  Vingt-six  feuilles  de  tableaux  mensuels  d'observations.  Treize  de  ce.^ 
feuilles  devront  être  réunies  en  un  registre  destiné  à  l'inscription  de  vos 
observations  quotidiennes.  Le  registre  sera  conservé  dans  vos  archives.  Les 
autres  feuilles  serviront  à  vos  envois  mensuels  ; 

3o  Cinq  exemplaires  de  l'instruction  pour  l'étude  des  orages; 

4»  Une  série  de  questions  posées  par  M.  le  Directeur  de  l'Observatoire 
impérial  et  sur  lesquelles  je  vous  prie  de  me  répondre  immédiatement. 

Le  Ministre  de  VInstruction  publique  , 

V.  DURUY. 


Circutaires  auac  Recteur» 

1°  Invitation  aux  Proviseurs  de  lycées ,  Principaux  de  collèges 
et  Directeurs  d'écoles  normales  primaires  de  faire  participer 
les  élèves  de  ces  établissements  à  V Exposition  des  Beaux- 
Arts  appliqués  à  l'Industrie. 

Paris,  le  9  mars  1865. 
Monsieur  le  Recteur  , 

J'ai  été  informé  qu'une  Exposition  des  beaux-arts  appliqués  à  l'industrie 
s'organisait  en  ce  moment  par  les  soins  de  l'Union  centrale  des  beaux-arts, 
et  que  les  écoles  de  dessin  de  Paris  et  des  départementsétaient  appelées  à  y 
prendre  part  dans  des  salles  distinctes  qui  seraient  réservées  à  leurs 
envois. 

Je  n'ai  pas  oublié  les  succès  si  légitimes  obtenus  à  Londres  par  ces  écoles 
municipales  ,  et  je  ne  doute  pas  qu'en  s'associant  à  la  nouvelle  Exposition  , 
elles  ne  contribuent  à  son  éclat  ;  mais  l'appel  fait  en  celte  circonstance 
s'adresse  également  à  nos  établissements  d'instruction  publique  ,  et  il  con- 
viendrait que  les  lycées  ,  les  collèges  et  les  écoles  normales  primaires  ne 
restassent  pas  étrangers  à  ce  grand  concours  artistique. 

Je  vous  prie  donc,  Monsieur  le  Recteur,  j'informer  MM.  les  proviseurs, 
principaux  et  directeurs  d'écoles  normales  dépendant  de  votre  ressort  aca- 
démique que  ,  sans  prétendre  leur  imposer  une  obligation  à  laquelle  ils  ne 
seraient  peut-être  pas  tous  en  mesure  de  répondre,  je  verrais  cependant  avec 
satisfaction  les  meilleurs  élèves  de  leurs  établissements  s'assoticr  à  la  pro- 
chaine Exposition  des  beaux-arts. 

J'ai  l'honneur  de  vous  envoyer  le  programme  qui  a  été  rédigé  par  le 
comité  d'organisation,  afin  que  vous  le  communiquiez  à  MM.  les  chefs  d'éta- 
blissement. 

Vous  voudrez  bien  ,  Monsieur  le  Recteur,  m'accuser  réception  de  la  pré- 
sente circulaire,  et  me  tenir  au  courant  des  résultats  qu'au!  ont  amenés, dans 
votre  académie,  les  instructions  qui  y  sont  contenues. 

Recevez,  etc. 

Le  Ministre  de  l'Instruction  publique, 

Y.  DURUY. 


—  «1  — 

s**  Suppression  du  registre  spécial  d'inspection 
tenu  dans  chaque  école  primaire  par  l'instituteur. 

Paris,  Je  15  mars  1865. 
Monsieur  le  Recteur  , 

L'instruction  ministérielle  du  6  février  1862  prescrit  la  tenue,  dans  chaque 
école  primaire  ,  d'un  registre  spécial  destiné  à  recevoir  les  observations 
principales  faites  à  l'instituteur  par  l'inspecteur  de  l'instruction  pri- 
maire. 

L'utilité  de  ce  registre,  qui  doit  être  représenté  par  l'instituteur  aux  auto- 
rités préposées  à  la  surveillance  des  écoles ,  ayant  été  contestée,  j'ai  con- 
sulté MM.  les  recteurs  par  une  circulaire  du  21  janvier,  sur  la  question  de 
savoir  s'il  y  a  lieu  de  le  maintenir  ou  de  le  supprimer. 

La  suppression  m'ayantété  demandée  presque  à  l'unanimité  ,  j'ai  décidé 
qu'à  pariir  de  ce  jour  la  tenue  du  registre  dont  il  s'agit  cesserait  d'être 
obligatoire. 

Vous  voudrez  bien  en  informer  MM.  les  inspecteurs  placés  sous  vos  ordres, 
et  les  avertir  que  rien  n'est  changé  d'ailleurs  en  ce  qui  concerne  la  rédac- 
tion et  l'envoi  du  bulletin  d'inspection  prescrit  par  la  circulaire  du  6  février 
1862. 

Recevez  ,  etc. 

Le  Ministre  de  l'Insruction  publique  , 

V.  DURUY. 


MOIVEMENT  Dl  PERSONNEL. 

Par  arrêtés  de  M.  le  Préfet  ,  rendus   sur  la  proposition  de  M. 
l'Inspecteur  d'Académie  , 

Un  congé  de  disponibilité  est  accordé  au  sieur  Petit,  Isaïe,  instit.  â  St-Martin 
Rivière  (Wassigny). 

MM.  Pagnon,  Florentin-Emile,  pourvu  du  brevet  ie  capacité,  est  nommé  à  Saint- 
Martin-Rivière. 

Delarbre  ,   Jean-Louis-Eugène,   inst.  suppléant  à  Variscourt  ,  est  nommé  à 
Menneville  (Neufchàtel) ,  en  remplacement  de  M.  Cressiot,  démissionnaire. 

Leleu,  Félix-Abraham,  pourvu  du  brevet  de  capacité,  est  nommé  instituteur 
suppléant  à  Neufchàtel. 

Un  congé  de  disponibilité  est  accordé,  sur  sa  demande,  à  M.  Cartigny,  ins- 
tituteur à  Noroy-sur-Ourcq  (Villers-Cotterèts). 

Mittelette  ,  Anatole-Alfred  ,  instit.  à  titre  provisoire  à  Perles,  est  nommé  au 
même  titre  à  Noroy-sur-Ourcq. 

Vasselier,  Charles-Aimé-Edouard,  instituteur  adjoint  à  La  Capelle,  est  nommé 
instituteur  à  Perles  (Braisne). 

Drouart,  est  nommé  instituteur  à  Rouvroy  (St-Quentin),  en  remplacement  do 
M.  Vincent,  décédé. 

Un  congé  de  disponibilité,  pour  cause  de  santé,  est  accordé  à  M"8  Pourrier, 
AlineAmable,  institutrice  à  Mesbrecourt  (Crécy-sur-Serre). 
M""Chédaille,  Adélina,    institutrice  à  Monceau-le-Neuf,  est  nommée  à  Mesbre- 
court. 

Bouleau,  Zénaïde,  dame  Lévêqne,  institutrice  à  Martigny,  section  de  La  Fosse 
(Aubenton),  est  nommé  à  Monceau-le-Neuf  (Sains). 

Fossier,  Clodomir,   instituteur  adjoint  à  Condé-en-Brie,  est  nommé  institu- 
teur à  Martigny,  section  de  La  Fosse  (Aubenton). 

Un  congé  de  disponibilé  est  accord?,  sur  sa  demande,  à  M""^  Decelle,  insti- 
tutrice à  Vadenconrt  (Guisej. 

Fontaine,   Alice,    institutrice  à  Plomion,  section  de  Nogemont  (Vervins),  est 
nommée  institutrice  à  Vadencourt. 

Fontaine  ,  César-Charles-Louis  ,  instituteur  adjoint  ,  est  nommé  à  Plomion  , 
section  de  Nogemont. 


—  88  — 
PARTIE    NON-OFFZGIELLE. 

ÉDUCATIONS'  ET  ENSEIGNEMEIST. 


Commission  d'Instruction  primaire  de  TAisne. 

I'-'^  SESSION  DE  I860. 

Le  23  mars,  la  Commission  d'instruction  primaire  s'est  réunie 
pour  procéder  à  l'examen  des  aspirants  au  brevet  de  capacité. — 
Elle  se  composait  de  : 

MM.Boudet,  conseiller  de  Préfecture,  président  ; 

l'abbé  Degoix  ,  chanoine  honoraire  ,  curé  de  Vaux-sous- 
Laon,  aumônier  des  prisons,  officier  d'Académie; 

Monnier,  pasteur  protestant  à  Saint-Quentin  ; 

Coquilliette  ,  procureur  impérial  près  le  Tribunal  civil  de 
Laon  ; 

Brassart,  avocat  ù  Laon  : 

Mougel ,  inspecteur  de  l'instruction  primaire  pour  l'arron- 
dissement de  Yervins  ; 

Pidoux,  inspecteur  de  l'instruction  primaire  pour  l'arron- 
dissement de  Laon  ,  secrétaire. 

73  aspirants  s'étaient  fait  inscrire  ;  66  ont  repondu  à  l'appel  de 
leur  nom  et  ont  pris  part  aux  épreuves. 

Conformément  aux  règles  prescrites  par  l'arrêté  ministériel  du 
27  août  1862,  chaque  sujet  de  composition,  envoyé  par  M.  le  Rec- 
teur de  l'Académie  était  renfermé  sous  un  pli  spécial  cacheté  et 
en  a  été  tiré  ,  séance  tenante  ,  et  en  présence  des  candidats,  par 
M.  le  Président. 

Voici  les  textes  des  quatre  épreuves  écrites  ,  qui  ont  été  faites 
le  jeudi  : 

Ecriture. 

L'instituteur  doit  éviter  de  mettre  ses  élèves  aux  prises  avec 
des  difficultés  extraordinaires  et  des  traits  bizarres  ;  il  doit 
enseigner  une  écriture  courante  et  lisible. 

Dictée. 

Au  milieu  de  ce  paysage  de  pierres  ,  sur  un  terrain  inégal  et 
penchant  ,  dans  l'enceinte  d'un  mur  jadis  ébranlé  par  les  coups 
du  bélier  ,  et  fortifié  par  des  tours  qui  tombent ,  on  aperçoit  de 
vastes  débris;  des  cyprès  épars, des  buissons  d'aloès  et  de  nopals, 
quelques  masures  aral)es  pareilles  à  des  sépulcres  blanchis  ,  re- 
couvrent cet  amas  de  ruines  :  c'est  la  triste  Jérusalem  ! 

Au  premier  aspect  de  cette  région  désolée  ,  un  grand  ennui 
saisit  le  cœur  ;  mais  lorsque,  passant  de  solitude  en  solitude, 
l'espace  s'étend  sans  bornes  devant  vous  ,  peu  à  peu  l'ennui  se 
dissipe  ;  le  voyageur  éprouve  une  terreur  secrète  qui  ,  loin 
d'abaisser  l'âme,  donne  du  courage  et  élève  le  génie.  Des  aspects 
extraordinaires  décèlent  de  toutes  parts  une  terre  travaillée  par 


—  so- 
dés miracles  :  le  soleil  brûlant ,  l'aigle  impétueux  ,  l'humble 
hysope,  le  cèdre  superbe ,  le  figuier  stérile,  toute  la  poésie,  tous 
les  tableaux  de  l'Ecriture  sont  là  ;  chaque  nom  renferme  un 
mystère,  chaque  grotte  déclare  l'avenir,  chaque  sommet  retentit 
des  accents  d'un  prophète.  Dieu  même  a  parlé  sur  ces  bords  : 
les  torrents  desséchés,  les  rochers  fendus,  les  tombeaux  entr'ou- 
verts  attestent  le  prodige;  le  désert  paraît  encore  muet  de  terreur, 
et  l'on  dirait  qu'il  n'a  osé  rompre  le  silence  depuis  qu'il  a  entendu 
la  voix  de  l'Eternel. 

Style. 

Un  instituteur,  répondant  à  l'un  de  ses  collègues,  lui  expose  les 
moyens  qu'il  a  employés  pour  obtenir  une  fréquentation  plus 
assidue  de  la  classe  en  été  ,  les  difficultés  qu'il  a  éprouvées  et  les 
avantages  qui  sont  résultés  de  ses  efforts  pour  la  direction  de  son 
enseignement  et  le  développement  moral  des  enfants. 

Arithmétique. 

3  personnes  se  sont  associées  pour  une  entreprise  ;  la  di'e  a 
donné  un  immeuble  d'un  prix  déterminé;  la  2«  a  versé  15,670  fr., 
etla3«,  12,348  fr.  Cette  dernière  aura,  en  outre,  droit  à2/J7  des 
bénéfices  de  l'association  pour  les  soins  qu'elle  donnera  à  l'en- 
treprise ;  et  à  la  fin  de  Tannée,  la  l'^^  reçoit,  pour  sa  part  dans  les 
bénéfices,  2,326  fr.  75  c,  et  la2«,  l,9o'4fr.  95.  Trouver  ce  qui 
revient  à  la  3<'  pour  sa  mise  et  ses  soins  ,  le  bénéfice  total  de  la 
société  et  le  prix  de  l'immeuble  donné  par  la  l""*"  ? 

Ces  quatre  compositions  terminées  ,  la  Commission  s'est  occu- 
pée de  la  correction  des  copies  ;  puis,  après  avoir  délibéré  sur 
l'ensemble  des  épreuves  ,  elle  a  arrêté  l'élimination  de  50  aspi- 
rants. Les  noms  des  46  candidats  admis  aux  épreuves  orales  ont 
été  proclamés  par  M.  le  Président ,  le  vendredi  à  cinq  heures  du 
soir. 

Le  lendemain  ,  à  huit  heures  du  matin  ,  a  commencé  l'examen 
oral ,  qui  a  provoqué  l'ajournement  d'un  candidat  ;  de  sorte  que 
^5  aspirants  ont  été  jugés  dignes  du  brevet  de  capacité.  Ce  sont, 
et  par  ordre  de  mérite  : 

MM.  1.  Douche,  Athanase,  élève  au  Collège  de  Laon. 

2.  Badet ,  Pierre-Edmond,  instituteur  proTisoire  à  Freines. 

3.  Deneaux,  Léon,  instituteur  provisoire  à  Cramailles. 

4.  Martin  ,  Aristide,  instituteur  provisoire  à  Faverolles. 

5.  Laisné,  Charles,  à  Prémonlré. 

6.  Débus,  Raphaël,  chargé  de  la  classe  préparatoire  au  Lycée  de  Saint- 

Quentin. 

7.  Bailiy,  Louis,  professeur  chez  M.  Courcy,  à  Crécy. 

8.  Lefèvre  ,  Alexis,  à  Reims. 

9    Cousin  ,    Joac-Baptisie  ,    élève  de  M.  Richepin  ,   à  Origny-€n-Thié- 
rache. 

10.  Berton  ,  Paul,  instituteur  provisoire  à  Fleury. 

1 1.  Dollé,  Paul ,  élève  de  M.  H^not,  à  Pontavert. 

l'2.  Blin,  Jean-Baptiste,  instituteur-adjoint  à  Vervins. 

!3.  Boutté  ,  François,  professeur  chez  M.  Fromage,  à  Soissons. 

iA.  Clin,  Marcelin,  chargé  de  la  classe  préparatoire  a»  Collège  de  Laon. 

15.  Boilenu,  Prosper,  élève  de  M.  Tonoeaa,  à  Ham 


—  9Ô  — 

Cet  examen,  qui  a  duré  trois  jours,  a  été  médiocre  d'un  bout  à 
l'autre  pour  les  épreuves  écrites  et  pour  les  épreuves  orales  : 
aussi,  des  i5  candidats  reçus  ,  sur  66,  pas  un  n'a  obtenu  la  note 
Bien. 

Cependant,  pour  être  juste  ,  nous  devons  dire  que  M.  le  Prési- 
dent, en  pioclamant  les  résultats ,  a  déclaré  qu'il  n'avait  manqué 
aux  trois  premiers  ,  MM.  Douche ,  Badet  et  Ueneaux  ,  que  quel- 
ques points  pour  Avoir  la  note  Bien. 

La  plupart  des  candidats  sont  mal  préparés  et  semblent  ne  point 
comprendre  l'importance  et  la  valeur  du  titre  qu'ils  viennent 
solliciter.  Ils  croient  généralement  qu'il  leur  suffît ,  pour  obtenir 
un  brevet ,  d'avoir  une  idée  plus  ou  moins  complète  des  matières 
obligatoires.  Mais,  il  faut  bien  qu'ils  le  sachent,  la  Commission 
de  l'Aisne  ,  si  justement  sévère,  ne  partage  pas  leur  avis  :  aussi 
l'avons-nous  vue  avec  plaisir  se  conformer  entièrementà  la  circu- 
laire ministérielle  du  8  mai  1855  et  poser  ,  à  l'examen  oral  ,  des 
questions  par  lesquelles  elle  pouvait  non-seulement  s'assurer  des 
connaissances  acquises, mais  encore  constater  l'aptitude  des  can- 
didats, à  savoir  les  inculquer  et  à  en  faire  tirer  partie  dans  les 
besoins  usuels  de  la  vie.  Si  le  cercle  de  ces  connaissances  est 
restreint ,  par  cela  qu'on  se  renferme  prudemment  dans  les 
limites  de  l'instruction  primaire  ,  c'est  un  motif  de  plus  pour  se 
conyaincre  ,  par  tous  les  moyens  possibles,  que  les  aspirants 
en  ont  fait  une  étude  sérieuse  et  approfondie  ,  et  qu'elle  a  pro- 
fité au  développement  de  leur  intelligence  et  de  leur  raison. 

Nous  savons  bien  qu'aux  termes  de  la  loi ,  les  instituteurs  ne 
sont  point  obligés  de  s'occuper,  dans  leurs  écoles,  de  l'enseigne- 
ment de  la  géographie.  Néanmoins  ,  un  candidat  peut-il  ,  sans  de 
graves  inconvénients,ne  pas  connaître,  parexemple,  les  principales 
contrées  de  l'Europe  ,  leurs  positions  sur  le  globe  ?  Cependant , 
nous  avons  entendu  un  aspirant  à  qui  on  demandait  où  se  trouve 
l'Espagne,  répondre,  avec  le  plus  grand  aplomb,  en  Océanie. 

Après  avoir  lu  ces  vers  de  Boileau  . 

«  Au  pied  du  mont  Adule,  entre  mille  roseaux, 

»  Le  Rhin,  tranquille,  et  fier  du  progrès  de  ses  eaux, 

»  Appuyé  d'une  main,  elc    » 

Ce  même  candidat,  à  qui  on  posait  cette  question  :  c  Le  mont 
Adule  est-il  loin  de  la  source  du  Rhin  ?  »  n'a  pas  hésité  à  dire  : 
»   Il  en  est  éloigné  de  200  i  300  lieues.    > 

C'est  presque  incroyable  ;  et  il  faut  que  des  jeunes  gens  soient 
bien  osés, ou  dépourvus  de  tout  bon  sens,  pour  venir  abuser  ainsi 
des  moments  si  précieux  de  la  Conun«|îiiion  ,  et  la  rendre 
témoin  de  leur  incapacité  ,  disons  mieux ,  de  leur  profonde 
ignorance. 

Espérons  que  ce  candidat  dont  nous  venons  de  parler  ,  sera 
mieux  préparé  lorsque,  dans  six  mois  ou  dans  un  an,  il  se  repré- 
sentera devant  la  Commission,  e1.  qu'il  sera  alors  en  état  de 
répondre  à  ces  questions  les  plus  élémentaires  auxquelles,  nous 
en  sommes  silr  ,  auraient  parfaitement  répondu  bien  des  enfants 
de  7  ans. 


—  9i  — 

Nous  nous  permettrons  d'appeler  sur  ce  point  l'attention  de 
MM.  les  instituteurs,  et  de  les  adjurer  de  ne  plus  envoyer  ainsi 
aux  examens  dos  jeunes  gens  qui  n'auraient  que  des  notions 
vagues  et  incomplètes.  Leur  intérêt,  leur  honneur  y  sont  engagés. 
S'ils  s'efforcent  dans  leurs  leçons  de  cultiver  l'intelligence  et  le 
jugement  de  leurs  élèves  ,  aussi  bien  que  leur  mémoire  ,  s'ils 
donnent  à  leur  enseignement  ce  caractère  d'utilité  pratique  qui 
seul  peut  l'animer  et  le  féconder  ,  les  jeunes  gens  sortis  de  leurs 
mains  ,  rendront  témoignage  de  leur  maître  et  de  la  bonne  tenue 
de  l'école  où  ils  auront  été  élevés. 

Le  petit  nombre  des  brevets  délivrés  à  celte  session  ,  témoigne 
hautement  de  l'importance  que  la  Commission  de  l'Aisne,  compo- 
sée d'hommes  les  plus  honorables  ,  attache  à  un  titre  au  moyen 
duquel  on  peut  être  chargé,  quelques  jours  après  l'avoir  obtenu, 
delà  mission  si  difTicile  d'élever  et  d'instruire  la  jeunesse.  Pour 
notre  part,  nous  ne  pouvons  que  la  féliciter  de  la  juste 
fermeté  qu'elle  déploie  L'enseignement  primaire  acquiert  tous 
les  jours  plus  d'importance  chez  nous, et  c'est  de  sa  direction  que 
dépend,  en  grande  partie,  le  développement  moral  et  intellectuel 
de  tous  les  enfants  qui  seront  bientôt  des  hommes.  Si  donc  on  est 
convenu  qu'il  importe  ci  la  société  de  compter  le  plus  grand 
nombre  possible  de  citoyens  moraux  ,  éclairés  et  instruils  ,  il 
devient  de  plus  en  plus  nécessaire  d'être  sévère  sur  le  choix  de 
ceux  entre  les  mains  desquels  se  trouve  la  jeunesse  du 
pays. 

7  jeunes  gens  ,  comme  nous  l'avons  dit  dans  notre  dernier 
numéro  ,  avaient  demandé  à  être  interrogés  sur  l'ensemble  des 
matières  facultatives  ;  4,  seulement,  ont  pu  prendre  part  aux 
épreuves  écrites,  qui  ont  commencé  le  lundi  27,  à  huit  heures  du 
matin. 

Voici  les  sujets  de  composition  donnés  à  traiter  : 

Géographie. 

Faire  connaître  la  source  et  l'embouchure  des  principaux 
fleuves  de  l'Europe,  en  indiquant  les  Etats  qu'ils  traversent  et  les 
villes  les  plus  importantes  qu'ils  arrosent. 

Histoire. 

Raconter  le  règne  de  Philippe  -  Auguste  en  faisant  connaître 
avec  précision  la  situation  territoriale  de  la  France  à  son  avène- 
ment et  les  acquisitions  faites  pendant  son  règne. 

Agriculture. 

Faire  connaître  les  détails  de  la  culture  du  pavot  dit  œillette  j 
indiquer  les  récoltes  qui  la  précèdent  et  la  suivent  habituelle- 
ment dans  l'assolement ,  la  préparation  du  sol ,  la  quantité  d'en- 
grais nécessaires  à  une  bonne  récolte  ,  les  époques  préférables 
pour  les  semis,  les  façons  dont  ils  soni  précédés  et  suivis,  la  dis- 
tance à  établir  entre  les  différents  pieds,  les  détails  de  la  récolte 
et  le  rendement  en  graine  et  en  bois, 


—  92  — 
Industrie.! 

Préparation  du  gaz  d'éclairage. 

Hygiène. 

Indiquer  les  moyens  de  prévenir  l'asphyxie  par  le  gaz  acide 
carbonique  ,  et  faire  connaître  les  soins  à  donner  aux  asphyxiés. 

Sciences  physiques   et  naturelles. 

Décrire  la  machine  pneumatique.  —  Peut-elle  donner  un  vide 
absolu  ?  —  Indiquer  les  principales  expériences  faites  avec  cette 
machine  pour  démontrer  la  pesanteur  de  l'air  ,  et  prouver  qu'il 
presse  dans  tous  les  sens. 

Quels  sont  les  principaux  orga.ies  de  la  nutrition  chez 
l'homme  ? 

Arpentage  et  nivellenient. 

Il  existe  entre  deux  terrains  horizontaux,  dont  la  différence  de 
niveau  est  S'^iS,  un  talus  terminé  par  deux  lignes  horizontales  , 
AB  et  CD  de  39'"56  de  longueur.  L'échelle  de  pente  ou  ^  du  talus 
est  I,  et  on  veut  le  ramènera  la  pente  de  j,  en  maintenant  la  ligue 
AB  pour  ligne  de  naissance.  Trouver  eu  mètres  cubes  la  quantité 
det  erre  à  enlever. 

Dessin. 

Faire  le  plan  d'une  classe  dont  les  dimensions  intérieures  sont 
8™75  sur  les  façades,  et  G^SO  sur  les  pignons  ,  sachant  que  cette 
classe  est  percée,  sur  chaque  face,  de  3  croisées  équidistantes 
entre  elles  de  l'^So  d'ouverture  ,  et  d'une  porte  de  O^OO  aux 
pignons.  L'épaisseur  des  murs  est  0'"37,  et  le  plan  doit  être  fait 
à  l'échelle  de  O-^Ol . 

3  candidats  n'ayant  pu  résoudre  la  question  de  nivellement  qui, 
cependant,  était  très-facile,  la  Commission  les  a  ajournés.  Un  seul 
a  donc  été  admis  aux  épreuves  orales  et  a  été  jugé  digne  d'un 
brevet  complet. 

C'est  M,  Houssin,  instituteur  à  Leuze  (Vervins). 

Cejeune  homme,  à  sa  sortie,  en  1863,  de  l'Ecole  normale  dont 
il  a  été  un  des  élèves  les  plus  distingués  ,  avait  déjà  obtenu  des 
mentions  spéciales  sur  toutes  les  matières  facultatives  ,  le  dessin 
excepté. 


Le  lundi ,    27  mars  ,   la  Commission  a  procédé  à  l'examen  des 
aspirantes. 

^  32  s'étaient  fait  inscrire;  toutes  ont  répondu  à  l'appel  de  leurs 
noms. 

M-""  Blaize  ,    Hidé  et  Vinchon  ont  pris  part  aux  travaux  de  la 
Commission. 

Voici  les  textes  des  quatre  épreuves  écrites  ,  qui  ont  eu  lieu  le 
lundi,  et  dans  l'ordre  indiqué  par  le  règlement  ; 


—  9S  - 


Eerlturet 


Qui  est-ce  qui  a  suspendu  ce  globe  de  la  terre  qui  est  immo- 
bile? qui  est-ce  qui  en  a  posé  les  fondements? 

Dictée. 

L'homme  n'aime  pas  à  s'occuper  de  son  néant  et  de  sa  bassesse  : 
tout  ce  qui  le  rappelle  à  son  origine,  le  rappelle  en  même  temps 
ù  sa  fin,  blesse  son  orgueil,  intéresse  l'amour  de  son  être, attaque 
par  le  fondement  toutes  ses  pa*>sions,  et  le  jette  dans  des  pensées 
noires  et  funestes.  Mourir  ,  disparaître  à  tout  ce  qui  nous  envi- 
ronne ;  entrer  dans  les  abîmes  de  l'éternité  ;  devenir  cadavre,  la 
pâture  des  vers  ,  l'horreur  des  hommes  ,  le  dépôt  hideux  d'un 
tombeau,  ce  spectacle  tout  seul  soulève  tous  les  sens  ,  trouble  la 
raison,  noircit  l'imagination  ,  empoisonne  toute  la  douceur  de 
la  vie  :  On  n'ose  fixer  ses  regards  sur  une  image  si  affreuse  : 
nous  éloignons  cette  pensée  comme  laplus  triste  et  la  pins  amère 
de  toutes,  tout  ce  qui  nous  en  rappelle  le  souvenir,  nous  le  crai- 
gnons ,  nous  le  fuyons  ,  comme  s'il  devait  hâter  pour  nous  cette 
dernière  heure.  Sous  prétexte  de  tendresse  ,  nous  n'aimons  pas 
même  qu'on  nous  parle  des  personnes  chères  que  la  mort  nous  a 
ravies;  on  prend  soin  de  dérober  à  nos  regards  les  lieux  qu'elles 
habitaient,  les  peintures  où  leurs  traits  sont  encore  vivants,  tout 
ce  qui  pourrait  réveiller  en  nous,  avec  leur  idée,  celle  de  la  mort 
qui  vient  de  nous  les  enlever.  Que  dirai-je  ?  Nous  craignons  les 
récits  lugubres  ;  nous  poussons  là  dessus  nos  frayeurs  jusqu'aux 
plus  puériles  superstitions  ;  nous  croyons  voir  partout  des  pré- 
sages sinistres  de  mort ,  dans  les  rêveries  d'un  songe  ,  dans  le 
chant  nocturne  d'un  oiseau  ,  dans  un  nombre  fortuit  de  convives, 
dans  des  événements  encore  plus  ridicules  ;  nous  croyons  la  voir 
partout ,  et  c'est  pour  cela  même  que  nous  tâchons  de  la  perdre 
de  vue.  (Massillon.J 

Arithmétique. 

Un  libraire  s'engage  à  fournir  pour  6,548  fr.Jde  livres,  moyen- 
nant un  rabais  de  17  fr.  50  p.  0/0  sur  le  prix  courant  des  ouvrages 
qu'on  lui  demande;  il  obtient  des  éditeurs  qu'ils  lui  donneront  13 
volumes  ,  pour  le  prix  de  12 ,  et  qu'ils  lui  feront,  en  outre,  sur  le 
prix  courant  ,  une  remise  de  21  p.  0/0  à  condition  qu'il  se  char- 
gera du  port  et  du  brochage  pour  lesquels  sa  dépense  doit 
s'élever  à  2  1/2  p.  0/0.  Quel  sera  le  bénéfice  du  libraire  dans  cette 
opération  ? 

style: 

Dans  une  lettre  à  une  dame  qui  l'a  protégée  depuis  sou 
enfance,  une  jeune  institutrice  a  semblé  se  plaindre  des  difficultés 
attachées  aux  fonctions  auxquelles  elle  s'est  vouée  volontairement; 
sa  protectrice  lui  répond  pour  l'encourager  ,  et  lui  faire  com- 
prendre qu'elle  doit  accepter  ,  en  esprit  de  résignation  ,  les  assu- 
jettissements de  son  état.  Faire  cette  dernière  lettre. 

L'ensemble  de  ces  quatre  épreuves  écrites  a  provoqué  l'ajour- 
nement de  17  aspirantes  ;   en  conséquence  ,   15  ont  été  admises 


—  94  - 

aux  épreuves  orales  ,   qui  ont  été  terminées  le  mercredi  à  deux 
heures. 

Une  aspirante  ayant  encore  échoué  à  l'examen  oral,  14  ont  été 
jugées  dignes  d'un  brevet  de  capacité. Ce  sont,  et  dins  l'ordre  de 
mérite  : 

Avec  la  note  Bien. 

M"«»l.  Lenfant,  élève  de  M^^  Carie,  à  Laon. 

2.  Boyenval,  élève  des  Dames  de  la  Croix  de  Chauny. 

3.  Berninger ,  élève  de  l'école  protestante  de  St-Queutin. 
i.  Merlier,  élève  de  l'Enfant-Jésus  de  Soissons. 

5.  Douffet,  élève  de  M"«  Hurlez,  à  St-Quentin. 

Avec  la  note  Assez  bien. 

6.  Lefévre,  Hélène,  élève  des  Dames  de  la  Croix  de  Chauny. 

7.  Leredde,  élève  de  M'i"  Fournaise,  à  Neufchâtel. 

8.  Lecointe,  de  Chauny. 

9.  Aupinel,  élève  des  Sœurs  de  Notre-Dame  de  Saint-Erme. 
10    Legaye,  religieuse  de  Notre-Dame  de  Saint-Erme. 

11.  Soyé,  élève  de  M™»  Maupetit,  à  Brunehamel. 

12.  Caron  .  élève  des  Dames  de  la  Providence  de  Laon. 

13.  Favereaux,  sous-maîtresse  chez  M"«  Lefévre,  à  LaFère. 

14.  Vaillant ,  élève  de  M"»  Thomas,  à  Soissons. 

L'examen  des  aspirantes  a  été  satisfaisant  :  deux  ou  trois  ont 
fait  preuve  d'une  certaine  aptitude  intellectuelle.  La  Commission 
a  constaté  de  nouveau  ,  à  cette  session  ,  que  les  jeunes  per- 
sonnes qui  se  présentent  devant  elle  sont  mieux  préparées 
que  les  jeunes  gens,  et  qu'elles  ont  des  connaissances  beaucoup 
plus  étendues  et  plus  approfondies. 


Le  mercredi  29  mars  ,  à  deux  heures  ,  ont  commencé  les 
épreuves  écrites  du  brevet  de  l*""  ordre. 

Quatre  jeunes  personnes  y  ont  pris  part.  Parmi  elles  ,  deux 
demandaient  à  subir  leur  examen  sur  l'ensemble  des  matières 
facultatives  ,  et  les  deux  autres  ,  sur  quelques  matières  seule- 
ment. 

Voici  les  textes  des  sujets  de  composition  : 

Histoire  et  géograpliie. 

Histoire.  —  Régence  d'Anne  d'Autriche  et  ministère  de 
Mazarin. 

Géographie.  —  Faire  connaître  le  cours  du  Rhône  ,  ses  princi- 
paux affluents  et  les  départements  auxquels  ils  donnent  leur 
nom. 

Seienees  pliysiques  et  naturelles. 

Faire  connaître  les  principales  propriétés  des  aimants. 
—  Qu'est  ce  que  la  boussole  et  quels  en  sont  les  usages  ? 

Faire  connaître  les  différents  modes  de  respiration  chez 
les  animaux,  et  décrire  spécialement  les  organes  respira- 
toires de  l'homme  ,  le  mécanisme  de  l'inspiration  et  de 
l'expiration. 


—  9»  — 
Deasln . 

Broderie  d'un  coin  de  mouchoir. 

Des  deux  jeunes  personnes  qui  demandaient  à  être  interrogées 
sur  l'ensemble  des  matières  facultatives  ,  une  seule  a  été  admise 
aux  épreuves  orales  ,    et  a  été  jugée  digne  d'un  brevet  complet. 

C'est  Mil»  Héloïse  Lenfant ,  élève  de  M"*'  Carie  ,    de  Laon. 

Cette  demoiselle,  qui  a  conquis  le  premier  rang  dans  toutes  les 
épreuves, a  montré  une  grande  intelligence, ainsi  qu'une  connais- 
sance approfondie  des  diverses  questions  auxquelles  elle  a  eu 
à  répondre. 

Des  mentions  ont  été  accordées  ,  pour  l'histoire  et  la  géogra- 
phie, à  M"^^  Bernenger  et  Merlier. 


La  Commission  d'examen  pour  les  salles  d'asile  ,  composée  de 
MM.  Calisti, inspecteur  d'Académie;  l'abbé  Degoix,curé  de  Vaux- 
sous-Laon  ;  Mariotti  ,  directeur  de  l'Ecole  normale  primaire  ; 
Pidoux  ,  inspecteur  primaire,  et  de  M"*'  Blaize,  dame  patro- 
nesse,  s'est  réunie  le  jeudi  30  mars,   à  l'hôtel  de  la  Préfecture. 

Deux  aspirantes  s'étaient  fait  inscrire  et  ont  concouru  pour 
l'obtention  du  certificat  d'aptitude.  L'examen  comprend  des 
épreuves  d'instruction  et  des  épreuves  pratiques  qui  ont  eu  lieu 
dans  la  sal  e  d'asile  communale. 

Deux  aspirantes  ont  été  jugées  aptes  àla  direction  des  salles 
d'asile   et  ont  obtenu  le  certificat  dans  l'ordre  suivant  : 

M^'^Duprat,  dame  Lecointre,  de  Le  Puy  (Haute-Loire). 

Dubruy,  Alphonsine  ,   sous-maîtresse  chez  M'i«  Fournaise, 
à  Neufchâtel. 


Pour  répondre  au  désir  de  plusieurs  de  nos  lecteurs,  nous 
traiterons,  dans  nos  prochains  numéros,  toutes  les  questions  données, 
à  cette  session,  par  la  Commission  de  l'Aisne. 


FAITS    DIVERS. 

Le  jeudi  15  février  ,  à  sept  heures  et  demie  du  soir,  dans 
l'Ecole  normale  de  Mande  ,  a  eu  lieu  ,  en  présence  de  M.  le  Maire, 
l'ouverture  de  cours  publics  pour  les  adultes;  plus  de  440 
ouvriers  s'y  étaient  fait  inscrire  dès  le  premier  jour. 

M.  l'Inspecteur  d'Académie  a  inauguré  les  cours  par  une  allo- 
cution, et  a  déclaré  ouverte  l'école  d'adultes  près  les  écoles  com- 
munales de  la  ville  de  Mende. 

M.  le  Préfet  a  pris  ensuite  la  parole  et ,  après  avoir  encouragé 
les  élèves  au  travail,  leur  a  promis  de  revenir,  à  la  clôture  des 
cours,  pour  constater  leurs  progrès. 

—  La  France  voit  ses  institutions  les  plus  utiles  adoptées  à 
l'envi  par  l'Europe.  L'intronisation  en    Angleterre  du  système 


-  96  - 

métrique  est  un  fait  accompli.  La  Prusse  a  fait  déclarer  à  la  Diète 
Germanique  qu'elle  était  disposée  à  accepter  le  système  des  me- 
sures basé  sur  le  mètre. 

Le  système  décimal  des  poids  et  mesures  tel  qu'il  existe  en 
France,  sera  obligatoire  dans  les  Principautés-Unies  (Moldo-Vala- 
chie),  à  partir  du  l^f  janvier  i866. 

On  va  remplacer  dans  l'ancien  royaume  de  Naples  ,  par  des 
pièces  de  cinq  francs,  les  piastres  et  les  demi-piastres. 

—  Rome  possède  un  nombre  de  journaux  relativement  consi- 
dérable. On  en  a  fondé  un  ,  l'année  dernière,  pour  les  élèves  des 
écoles  primaires.  Il  est  intitulé  //  Giovedi  (Le  Jeudi)  et  paraît 
tous  les  mercredis  après  la  classe.  Le  fondateur  et  rédacteur  en 
chef  est  un  prélat  de  la  famille  pontificale. 

—  Une  des  plus  touchantes  vies  qui  puissent  se  raconter  dans 
une  feuille  consacrée  à  1  instruction  primaire  est  celle  d'un  véné- 
rable vieillard  ,  ami  de  l'enfance  et  des  malheureux  ,  M.  de  Lar- 
sille  ,  qu'une  mort  subite  a  frappé  dernièrement  dans  l'église 
Sainte  Geneviève,  à  Paris,  au  moment  où  il  remplissait  ses  devoirs 
religieux.  Retiré  dans  une  modeste  chambre  du  quartier,  il  s'im- 
posait de  continuelles  privations  afin  de  verser  de  plus  abon- 
dantes aumônes  dans  le  sein  des  pauvres.  Matin  et  soir,  il  portait 
des  secours  dans  les  galetas  ;  la  plus  grande  partie  de  son  temps, 
c'est-à-dire  de  neuf  heures  à  quatre  heures,  était  employée  à 
instruire  les  petits  garçons  des  rue^  --  et  ils  sont  nombreux 
dans  la  capitale  ceux  que  leurs  parents  n  égligent  d'envoyer 
aux  écoles  ou  que  l'exiguiié  de  ces  dernières  ne  permettent  pas 
de  recevoir  —  qu'il  pouvait  rassembler  dans  sa  chambre  trans- 
formée en  école,  et  beaucoup  de  ces  enfants  lui  ont  dû  de  faire 
toutes  leurs  études.  Il  y  avait  vingt-sept  Oiiis  qu'il  menait  cette  vie 
toute  de  dévouement. 


AYIS  TRÈS-IMPORTANT. 


Sur  la  demande  de  quelques  -  uns  de  nos  Abonnés , 
nous  avons  consenti  à  retarder  d'un  mois  l'envoi  de  nos 
traites.  Aujourd'hui,  et  pour  la  dernière  fois  ,  nous  pré- 
venons que  le  15  Avril  prochain  ,  nous  tirerons  à  vue 
sur  tous  ceux  qui ,  à  cette  époque ,  ne  nous  auront  pas 
payé,  et  qu'à  partir  de  ce  moment  nous  refuserons  rigou- 
reusement les  mandats  qui  nous  seraient  envoyés.  — 
Près  de  200  Abonnés  nous  doivent  encore  l'année 
courante. 

Les  Gérants,  H.  DE  COQUET  et  Stenger. 


LiMj  ^  IupriaMi*  B.  »■  CvQgsT  «t  SriiitiB, 


U«  Année.  M»    *.  V  15  Avril  1805 


BULLETIN 

DE  L'INSTRUCTION  PUIMAÎRE 

POUR  LE  DÉPARTEMENT  DE  L'AISNE, 

PviWvt  sons  Us  avisij)'vcts 

de  "Bfl.  Gastaing ,  Préfet  de  l'Aisne, 

>  Olllcier  de  la  Légiou  -  d'IIonueur , 

Officier  de  l'Instr\action.  publique . 

Paraissant  le   1 5  et  le  30  de   chaque  mois. 

SiOMMAlRK  . 

PARTIE  OFFICIELLE.  —  L'enseignement  primaire  pendant  l'année  186  3 
rapport  à  l'Empereur  par  M.  le  Ministre  de  l'Instruction  publique  (suite).  — 
Circulaire  de  M.  le  Préfet  de  l'Aisne  à  MM,  les  Maires  du  département,  rela- 
tive à  la  destruction  des  hannetons. 

PARTIE  1\0!\Î-0FFÎCIELLE.  —  EDUCATION  et  Enseignement.  —  Causeries 
pédagogiques  (30e  article).  —  Faits  divers  :  Les  congés  de  Pâques  dans  les 
écoles  primaires.  —  Les  examens  au  brevet  de  capacité  dans  lès  départe- 
ments de  la  Marne,  du  Nord  et  des  Ardennes.  —  Création  d'une  Ecole  nor- 
male primaire  à  Alger  —  L'enseignement  de  la  musique  dans  les  Ecoles 
normales  de  Dijon,  Troyes,  Chaumont,  Nevers  et  Auxerre.  —  Une  visite  de 
M.  Duruy  aux  écoles  communales  de  Boulogne. —  Belles  actions  ;  admirable 
dévouement  d'un  jeune  enfant  d'Azy-Bonneil  (Château-Thierry.  —  Impru- 
dence d'une  jeune  enfant.  —  Un  enfant  qui  promet.  —  Commission  d'ins- 
truction primaire  de  l'Aisne  (l''»  session  de  1865)  :  Solution  des  problèmes 
donnés  aux  aspirants  et  asjiirantes  au  brevet  de  capacité. 


PAHTIE  OFFICIELLE. 

LEoseign^ent  primaire  pendant  l'année  1883. 


RAPPORT  A  L'EMPEREUR 

PAR   iM.,I,E    MINISTRE    DE    l'iNSTRUCTION    PUBIIQUE. 
ISriTE.) 


VIII. 

Etat  de  l'opinion . 


Le  27  avril  181o  ,  à  la  veille  de  l'invasion  ,  Napoléon  I"'  faisait 
œetlie  il  l'étude  les  meilleurs  procédés  d'ensei^iM-nieiit  primaire 


—  98  — 

«  afin  d'élever  à  la  dignité  d'hommes  tous  les  individus  de  l'espèce 
humaine  (1).  > 

En  J844,  le  prince  qui  devait  s'appeler  Napoléon  III,  reprenait 
cette  pensée  en  l'agrandissant  :  «  Le  gouvernement,  disait-il, 
devrait  prendre  à  tâche  d'anoblir  3  millions  de  Français  en  leur 
donnant  l'instructiou  ;  »  et  naguère,  à  Alger,  l'Empereur  pronon- 
çait ces  belles  paroles  :  «  Qu'est-ce  que  la  civilisation  ?  C'est  de 
compter  le  bien-être  pour  quelque  chose,  la  vie  de  l'homme  pour 
beaucoup  ,  son  perfectionnement  moi  al  pour  le  plus  grand  bien. 
Ainsi ,  élever  les  Arabes  à  la  dignité  d'hommes  libres  ,  répandre 
sur  eux  l'instruction  tout  en  respectant  leur  religion.  » 

Répandre  l'instruction,  c'est  lamission  delà  France  en  Afrique; 
mais  c'est  aussi  la  mission  du  gouvernement  en  France  :  de  1844 
à  1865  ,  Napoléon  III  répète  cette  grande  pensée  ,  toujoi.rs  pré- 
sente à  son  esprit. 

Sur  ce  point,  tout  le  monde  à  peu  près  est  d'accord  ;  mais  on 
diffère  sur  les  moyens.  Les  uns  s'en  fient  au  temps  ,  les  autres 
voudraient  des  mesures  énergiques  qui  ont  rencontré  ,  jusqu'à 
présent ,  aussi  peu  de  sympathie  que  la  liberté  commerciale  en 
trouvait  avant  le  traité  de  ISGOavec  l'Angleterre. 

Cependant,  l'instruction  obligatoire  a  été  demandée,  h  diverses 
époques,  par  onze  conseils  généraux  :  Haut-Rhin  ,  Bas-Rhin,  Mo- 
selle, Aisne,  Nord,  Pas-de-Calais,  Aube,  Mayenne,  Charente,  Gard 
et  Drôme  ,  et  en  1833  ,  une  commission  de  la  Chambre  des  Pairs , 
composée  des  ducs  de  Crillon  et  Decazes,  des  marquis  de  Laplace 
et  de  Jaucourt ,  des  comte  de  Germiuy  et  Portalis  ,  enfin  de  trois 
hommes  qui  avaient  été  ou  qui  furent  ministres  de  l'instruction 
publique,  MM.  Girod  (de  l'Ain),  Yillemain  et  Cousin,  disait  par  la 
bouche  de  ce  dernier,  son  éloquent  rapporteur  : 

«  Le  paragraphe  4  de  l'article  21  du  projet  de  la  Chambre  des  Députes 
porte  que  le  comité  communal  arrête  un  état  des  enfants  qui  ne  reçoivent 
rinstruclion  primaire  ni  à  domicile  ni  dans  Jes  écoles  privées  ou  pul/liques. 
Le  paragraphe  du  projet  du  gouvernement  allait  un  peu  plus  loin  ,  et  sa 
rédaction  enveloppée  couvrait  le  principe  d'un  appel,  d'une  invitation  ù  faire 
à  ces  enfants  et  à  leurs  familles.  La  Chambre  des  Députés  a  vu  dans  cet 
appel  comme  l'ombre  du  principe  qui  fait  de  l'instruction  primaire  une 
obligation  civile  ;  et  dans  la  conviction  que  l'introduction  de  ce  principe 
dans  la  loi  est  au-dessus  des  pouvoirs  du  législateur  ,  elle  a  tenu  pour  sus- 
pect jusqu'au  droit  modeste  d'invitation  que  le  projet  du  gouvernement  con- 
férait au\  comités  communaux  ,  et  elle  ne  leur  a  laissé  que  le  droit  de 
dresser  i;u  éiat  des  enfants  qui  ,  à  leur  connaissance  ,  ne  recevraient  en 
aucune  façon  l'instruction  primaire. 

Un  tout  autre  ordre  de  pensées  a  été  développé  au  sein  de  votre  commis- 
sion.  Une  loi  qui  ferait  de  l'instructijn  primaire  une  obligation   légale    ne 

(1)  Mirabeau  avait  déjà  dit  :  «  Ceux  qui  veulent  que  le  paysan  fie  sache  ni  lire 
ni  écrire  se  sont  l'ait  sans  doute  un  pulrimoine  de  son  ignorance,  et  leurs  molilo 
ne  sont  pas  dit'iiciles  à  apprécier.  Mais  ils  ne  savent  pas  que  lorsqu'on  lait  de 
riionnme  une  Lclc  brûle  ,  l'on  s'expose  à  le  voir  à  cliaqueinslant  se  U;!nsf(irmrr 
en  bote  féroce.  Sans  lumières  ,  point  de  morale,  mais  à(iWinconibe-l-il  donc  de 
les  répandre,  si  ce  n'est  au  riche  '!  La  sauvegarde  île  ses  jouissances ,  n'est-ce 
pas  la  morale  du  ]>auvrc  '!  «  {Œuvres  oratoires  de  Mira' eau,  t.  11  ,  p.  487,  dis- 
cours sur  l'éducation  nationale.)  A  ce  discours  e»t  jointe  l'analyse  d'un  projet  de 
loi  en  cinq  litres  ,  dont  le  second  porte  :  «  L'enseignement  primaire  est 
gratuit.  • 


—  99  - 

nous  a  pas  paru  plus  au  -  dessus  des  pouvoirs  du  législateur  que  la  loi  sur 
la  ijarde  nationale  et  celle  (|ue  vous  venez  de  faire  sur  l'expropriation  forcée 
pour  cause  d'utilité  public|ue.8i  la  raison  de  l'utilité  publniue  suflit  au  légis- 
lateur pour  toucher  à  la  propriété  ,  pourijuoi  la  raison  d'une  utilité  bien 
supérieure  ne  lui  suffirait  -  elle  pas  pour  faire  moins  ,  pour  exiger  que  des 
enfants  reçoivent  l'instruction  indispensable  à  toulc  créature  humaine,  afin 
qu'elle  ne  devienne  pas  nuisible  à  elle-même  et  à  la  société  tout  entière  ? 

Une  certaine  instruction  dans  les  citoyens  est  -  elle  au  plus  haut  degré 
utile  ou  même  nécessaire  à  la  société  ?  telle  est  la  question.  La  résoudre 
affirmativement  c'est  armer  la  société,  à  moins  qu'on  ne  veuille  lui  contester 
le  droit  de  défense  personnelle,  c'est  l'armer,  dis  -  je  ,  dn  droit  de  veiller 
à  ce  (|ue  ce  peu  d'instruction  nécessaire  ù  tous  ne  manqueapersonne.il  est 
contradictoire  de  proclamer  la  nécessité  de  l'instruction  primaire,  et  de  se 
refuser  au  seul  moyen  (jui  la  puisse  procurer. 

11  n'est  pas  non  plus  fort  conséquent  peut  -  être  d'imposer  une  école  à 
chaque  commune,  sans  imposer  aux  enfants  de  celte  commune  l'obligation 
de  la  fréquenter.  Otez  cette  obligation  ,  à  force  de  sacrifices  vous  fonderez 
des  écoles  ;  mais  ces  écoles  ponrronl-èlre  peu  fréquentées,  et  par  ceux-là 
précisément  auxquels  elles  seraient  le  plus  nécessaires ,  je  veux  dire  ces 
malheureux  enfants  des  pays  d'industrie  et  de  fabriques  qui  auraient  tant 
besoin  d'être  protégés  contre  l'avidité  ou  la  négligence  de  leurs  familles. 
Poini  d'tàge  fixe  où  l'on  doive  commencer  à  aller  aux  écoles,  et  où  on  doive 
les  quitter  ;  nulle  garantie  d'assiduité  ;  nulle  marche  régulière  des  éludes  ; 
nulle  durée,  nul  avenir  assuré  à  l'école.  La  vraie  liberté  ,  messieurs ,  ne 
peut-être  l'ennemi  de  la  civilisation  ;  tout  au  contraire  elle  en  est  l'instru- 
ment ;  c'est  là  même  son  plus  grand  prix,  comme  celui  de  la  liberté  dans 
l'individu  est  de  servir  à  son  perfeclionnement. 

Votre  commis.sion  n'aurait  donc  point  reculé  devant  des  mesures  sage- 
ment combinées  que  le  gouvernement  aurait  pu  lui  proposer  à  cet  égard, et 
elle  en  aurait  peut  -  être  pris  l'initiative  sans  la  crainle  de  provoquer  des 
difficultés  qui  eussent  pu  faire  ajourner  une  loi  impatiemment  attendue.  Si 
elle  n'a  pas  défendu  le  droit  d'invitation  ,  confusément  renfermé  dans  le 
projet  du  gouvernement,  c'est  que  ce  droit,  dépourvu  de  sanction  |>éuale, 
n'a  guère  plus  de  force  que  celui  dépure  statistique  qui  reste  dans  Vamen- 
dement  de  la  Chambre  des  Députés.  Ce  droit  est  bien  peu  de  chose.  Plu- 
sieurs de  nous  n'y  ont  même  trouvé  que  l'inconvénient  de  pouvoir  devenir 
vexaloire  sans  pouvoir  être  utile.  iMais  la  majorité  de  votre  commission  a 
pensé  qu'il  importait  de  maintenir  dans  la  loi  un  germe  faible ,  il  eut  vrai , 
mais  qui  ,  fécondé  par  le  temps  ,  le  progrès  des  mœurs  publiques  et  te  vrai 
amour  du  peuple  ,  peut  devenir  un  jour  le  principe  d'un  titre  additionnel  qui 
donnerait  à  cette  loi  toute  son  efficacité.   » 

Si  la  loi  de  J833  ,  dont  celle  de  1850  a  répété  sur  ce  point  les 
prescriptions  ,  n'avait  point  imposé  à  l'enfant  l'obligation  de  s'ins- 
truire ,  elle  avait  ,  du  moins,  imposé  à  la  commune  le  devuir  de 
bâtir  l'école  et  de  payer  le  traitement  fixe  de  l'instituteur.  L'obli- 
gation exi>te  donc  depuis  30  ans  pour  la  communaulé  ;  beaucoup 
pensent  que  le  moment  est  venu  de  l'établir  j)Our  {'individu  et 
d'exécuter  enfin  ce  que  la  noble  et  illustre  commission  de  la 
Chambre  des  Pairs  aurait  voulu  accomplir. 

Le  faible  germe  déposé  dans  la  loi  de  1833  pour  cire  fécondé 
par  l(' U;inps  ,  le  progrès  des  mœurs  putiliques  cl  le  vrai  amour  du 
peuple  ,  fut  sur  le  point  d'éclore  en  1840.  Une  loi  présentée  par 
M.  Carnoi  établissait  le  principe  de  l'obligation,  qui  fut  admis  par 
la  commission  où  siégeaient  MM.  Houher,  Wolowski,  comte  Hou- 
lay  (de  la  Meurthe),  marquis  de  Sauvaire-Barlhélemy,  Conty  et  j, 
Simon, 


—  100  — 

«  C'est  une  grave  innovation,  sans  doute  .  disait  le  rapporlour,  M.  Rar- 
thélemy-Saint-Hilaire  ;  mais  cette  innovation  a  pour  <;lle  tant  di;  moiiCs 
sérieux,  les  exemples  qui  nous  la  recommandent  sont  si  dik'isifs  et  les  con- 
séquences en  seront  si  fécondes  ,  le  principe  en  est  si  juste  et  l'application 
si  facile,  que  nous  n'avons  point  hésité  à  vous  la  proposer.  » 

M.  de  Falloux  retira  la  loi. 

Au  concours  de  186J,  sur  1,200  instituteurs  ,  i57  ,  c'est-à-dire 
38  0/0,  demandent  l'obligation  scolaire, et  05  seulement,  ou  50/0, 
la  repoussent. Dans  les  départements  voisins  de  l'Areinap^ne  et  de 
la  Suisse  ,  l'instruction  obligatoire  ,  mieux  connue  qu'ail'eurs  ,  a 
cessé  d'être  un  épouvar.tail,  et  un  grand  nombre  d'industriels,  de 
professeurs,  de  propriétaires,  s'obstinent  à  la  demander  par  voie 
de  pétition.  Quelques  manufacturiers  l'imposent  même  aux 
oavriers  qui  liavaillent  dans  leuis  usines,  et  se  conforment  ainsi, 
quelquelois  à  li^ur  insu  ,  à  celte  loi  du  22  mars  18-il  ,  que  son 
inexécution  a  fait  oublier  à  beaucoup  d'entre  eux. 

Ceux  des  adversaires  de  l'obligation  qui  rappellent  l'amour  des 
Français  pour  la  liberté  personnelle,  leur  impatience  de  tout  joug 
importun  ,  exagèrent  les  inconvénients  qu'ils  signalent  ,  et  ne 
voient  qu'un  des  côtés  de  cette  question  si  complexe.  Le  labou- 
reur des  campagnes  et  l'ouvrier  cies  viles  comprennent  qu'ils  ont 
besoin  d'instruction  pratique  pour  être  réellement  les  maiives 
intelligenis  de  leur  destinée  et  des  fruits  de  leur  travail  ;  ils  en 
souhaitent  le  bienfait  pour  leurs  enfants  ,  et  ils  sauront  ç;vé  au 
législateur  de  les  av!  ir  aidés  à  remplir  leur  devoir  de  père.  Plus 
on  se  rapproche  de  ces  masses  profondes,  dans  le  suffrage  des- 
quelles i'Fmpereur  a  trouvé  la  mission  et  le  pouvoir  de  conseï  ver 
en  améliorant ,  plus  on  rencontre  le  désir  ,  tantôt  vague  ,  taulôt 
nettement  exprimé,  d'une  instruction  meilleure,  plus  répandue  et 
moins  chère, 

[La  suite  au  prochain  numéro.) 


-^^"^^^^ 


M.  le  Préfet  vient  d'adresser  à  MM.  les  Maires  da  départe- 
ment la  circulaire  suivante  que  nous  nous  empressons  de 
reproduite  : 

Laon,   le  30  l^îars  ISOJI. 

À  MM.  les  Maires  du  département. 

Messieurs  , 

De  tous  les  insectes  nuisibles  à  l'agriculture,  il  n'en  est  peut- 
être  pas  d(!  plus  redoutables  par  leurs  ravages  ,  que  les  hanne- 
tons dans  les  cantons  on  ils  abondent. 

Non  seul(Mnent  ils  dévastent  les  vergers  et  nuisent  considéra- 
blement à  certaines  espèces  d'arbres  l'orestiers  ,  lorstpie,  |):nve- 
nus  à  l'état  d'insecte  partait  ,  de  hanneton  pro()rement  dit,  on 
les  voit  surgir  |)ar  légions  et  détruire  toute  trace  de  végétation 
arborescente  ,  mais  ces  dégâts,  déjà  fort  graves,  ne  sont  rien  ce- 
pendant en  comparaison  des  ravages  plus  ruineux  pour  l'agricul- 


-    101  — 

(iiro  ,  que  leurs  larves,  connues  sous  le  nom  de  vcra  blancs,  cau- 
sent aux  rrcoltes  en  terre, pendant  les  trois  annéesqui  précèdent 
leur  inctamorpliose. 

En  effet,  ces  larves  ou  vers  s'attaquent  à  tout:  blé,  avoine, 
luzerne,  trèfle,  pommes  de  terre,  betteraves,  légumes  de  toutes 
sortes  ;  elles  n'épargnent  même  pas  les  arbres  dont  elles  ronge«t 
les  racines. 

Toute  plante  .  tout  arbrisseau  qui  a  subi  leur  atteinte,  lan- 
guit et  souvent  môme  périt,  si  le  nombre  de  ces  rongeurs  est 
considérable  et  si  la  sécheresse  surtout  leur  vient  en  aide. 

Les  pertes  de  récoltes  dues  aux  ravages  des  hannetons  et  de 
leurs  larves  sont  incalculables  ,  et  l'on  ne  devrait  rien  négliger 
pour  ari'iver  sinon  à  en  délivrer  complètement  le»  contrées  qui 
en  sont  infestées  ,  du  moins  à  en  réduire  considérablement  le 
nombre. 

Le  Conseil  général  de  l'Aisne  ,  frappé  des  dangers  sérieux 
pouvant  résulter  pour  l'agriculture  de  latrop grande  multiplicité 
des  hannetons  ,  et  désireux  de  faciliter  à  l'administration  ,  les 
moyens  de  débarrasser  de  ce  fléau  ceux  des  cantons  du  dépar- 
tement qui  ont  à  en  souffrir,  a  voté,  à  cet  effet,  au  Budget  de 
18Go,  un  crédit  de  1000  francs  à  distribuer  en  primes  d'encoura- 
gement. 

Après  m'cire  entouré  de  renseignements  puisés  à  diverses 
sources,  notamment  auprès  de  mes  collègues  de  plusieurs  dé- 
partements et  de  la  Société  d'horticuKure  de  Château-Thierry, 
j'ai  reconnu  que  le  meilleur  parti  que  l'on  pourrait  tirer  de  ce 
crédit,  consisterait  à  le  diviser  en  un  certain  nombre  de  primes 
à  répartir  entre  les  personnes  qui,  dans  chaque  canton  où  le 
hanneton  est  commun,  auraient  montré  le  plus  de  zèle  pour  la 
destruction  de  cet  insecte  ,  et  obtenu  les  meilleurs  résul- 
tats. 

L'importance  de  ces  primes  ,  qui  pourront  même  atteindre  le 
chitTre  âercnt  francs,  sera  réglée  d'après  la  quantité  de  décalitres 
de  hannetons  dont  la  destruction  aura  été  opérée  et  officielle - 
luent  constatée 

A  cet  etîet ,  toute  personne  qui  voudra  concourir  à  l'obtention 
des  primes  départementales  devra  donc  faire  constater  par  le 
Maire  de  sa  commune,  la  quantité  d'insectes  qu'elle  aura  re- 
cueillis 

La  destruction, c'est-à-dire  l'opération  par  laquelle  on  donnera 
la  mort  à  ces  insectes,  devra  être  opérée  on  présence  soit  de  ce 
magistrat  ou  de  son  adjoint ,  soit,  à  leur  défaut,  du  garde-cham- 
1  être  qui  devra  s'assurer  par  lui-même  de  l'eflicacité  des  moyens 
employés,  ou  indiquer  ceux  qui  lui  paraîtraient  plus  propres  à 
remplir  le  but 

Je  crois  utile  d'entrer  ici  dans  quel(|.ues  détails  sur  les  procé- 
dés auxquels  on  peut  recourir  avec  le  plus  de  chances  de  réus- 
site ,  pour  recueillir  et  anéantir  facilement  une  grande  quantité 
de  ces  nsectes. 

Comme  l'accouplement  et  la  ponte  s'opèrent  très  peu  de  temps 
après  l'apparition  des  hannetons,  il  est  ess<'nliel ,  si  l'on  veut  em- 
pêch.r  leur  multiplication,  de  se  livrer  à  leur  chasse,  au  moment 


-~  102  — 

même  où  leurs  légions  comn)encent  à  se  montrer  et  à  se  dissé- 
miner dans  les  bois  et  les  vergers, 

C'est  dans  la  matinée,  après  la  fraîcheur  des  nuits,  ou  même 
durant  la  plus  forte  chaleur  dii  jour,  lorsqu'ils  se  trouvent  à 
rétat  de  somnolence,  que  roi)ération  peut  se  faire  avec  le  plus 
de  succès,  car  alors  il  siiffit  d'ébranler  les  jeunes  arbres  et  les 
branches  qui  s'en  irouvenl  couverts  ,  pour  faire  tomber  ces  in- 
sectes à  terre. 

L'engourdissement  dans  lequel  ils  setrouvent  plongés,  laisse 
tout  le  temps  nécessaire  pour  les  ramasser  cl  les  déposer  soit 
dans  un  sac.  soit  plutôt,  comme  l'indique  M.  Bujot,  membre  de 
la  Société  horticole  de  Château-Thierry,  dans  un  vase  métalli- 
que, par  exemple  un  arrosoir  en  fer  battu,  en  cuivre  ou  en  /ir.c. 
Placés  dans  un  récipient  de  cette  nature  ,  il  leur  est  impossible 
de  s'en  échapper,  car  ils  ne  peuvent  se  fixer  aux  parois,  et  alors 
il  suffit  pour  les  détruire,  de  jeter  de  l'eau  bouillante  dans  l'ar- 
rosoir où  ils  se  trouvent,  et  dix  minutes  après  leur  asphyxie  est 
complète. 

Parmi  les  substances  qui  peuvent  être  également  conseillées, 
pour  la  destruclion  des  hannetons,  se  lvou\e  la  fleur  de  soufre 
qiù  est  partout  dans  le  commerce  et  d'un  prix  peu  élevé.  X  l'aide 
de  celle  matière,  ou  ;  eut  à  l'inslant  préparer  le  gaz  le  plus  pro- 
pre à  provoquer  l'asphyxie  :  l'acide  sulfureux.  Pour  cela,  il  suflit 
de  faire  brûler  des  mèches  de  coton,  des  morceaux  de  diap,  des 
débris  quelconques  de  laine  que  l'on  aura  trempés  dans  du  soufre 
fondu  i\  l'aide  d'une  terrine  ou  d'un  vase  métallique  placé  sur  un 
feu  doux. 

Pour  asphyxier  ces  insectes  nuisibles,  il  suffira  de  les  jeter 
dans  un  vaisseau  quelconque:  seau,  baquet,  tonneau,  etc.,  muni 
d'un  couvercle  bien  adapté,  dans  lequel  on  aura  fait  brûler  une 
quantité  suiTi^ante  de  mèches  ou  débris  soufrés  pour  remplircom- 
plètement  de  vapeur  sulfureuse  le  vaisseau  préparé.  A  chaque 
projection  d'insectes  ,  on  reproduira  un  nouveau  dégagement  de 
gaz  et  l'on  placera  soigneusement  le  couvercle  de  telle  sorte 
qu'aucun  insecte  ne  puisse  échappera  l'action  qui  devra  infail- 
liblement s'exercer. 

Du  reste,  en  attendant  quel'industrie  utilise  les  produits  que 
pourrait  fournir  la  combustion  des  hannetons  ,  deux  autres 
moyens  peuvent  encore  être  indiqués  pour  les  anéantir:  ie 
])remier  consisterait  à  les  brûler  à  quelques  centaines  de  mè- 
lics  des  habitations,  à  l'aide  de  paille  ou  de  faguettes  ;  le  se- 
cond,  à  les  enfouir  dans  des  trous  spéciaux  et  à  les  mélanger 
avec  de  la  chaux  pour  en  préparer  un  compost  dont  la  cid- 
ture  pourrait  (aireavantageusement  l'emploi  comme  engrais  azoté. 

En  enq)loyanl  ces  divers  procédés  avec  persévérance, on  pour- 
ra non  seulement  reconnaître  ceux  auxquels  on  devia  donner 
la  préférence,  mais  l'on  parviendra,  il  faut  l'espérer,  à  diminuer 
considéiabicmentle  lléau.  Cependant,  il  ne  fnut  pas  croire  que 
l'amélioration  sera  subite  ;  les  hannetons  mettant  trois  années  à 
atteindre  leur  entier  développement  ,  ce  ne  sera  (ju'après  cet 
cspacf!  de  temps  (|ue  l'on  pou  ira  :ipprécicr  les  résulta' s  des 
efforts  que  Ton  aura  tentés. 


—  d03  — 

Quoique  ce  soit  cvidoniment  lorsque  ces  insectes  sont  sous  leur 
état  pai'lait  qu'il  est  plus  facile  de  les  détruire,  il  ne  Caut  pas 
moins  s'occuper  de  faire  périr  leurs  larves  ou  vers  blancs. 

Lorsqu'on  laboure  pendant  une  température  assez  élevée  ,  on 
en  rencontre  souvent  dans  le  sillon  de  la  charrue  ;  dans  quelques 
campagnes,  des  femmes  ou  des  enfants  marchent  derrièie  le  la- 
boureur pour  ramasser  ces  insectes  à  mesure  qu'ils  se  mon- 
trent; ce  procédé  est  coûteux;  il  serait  peut-être  plus  avantageux 
de  faire  suivre  la  charrue  par  des  oiseaux  de  basse  cour;  ces  ani- 
maux dévorent  les  vers  blancs  qui  se  trouvent  à  découvert.  Ce 
moyen  est  employé  dans  différents  pays;  s'il  ne  suffisait  pas,  on 
recourrait  au  premier  procédé. 

On  favoriserait  encore  l'extermination  de  ces  insectes  nuisi- 
bles,en  protégeant  divers  animaux  qui  peuplent  notre  sol  et  qu'on 
détruit  quelquefois  avec  trop  de  légèreté,  comme  les  hiboux, 
les  corneilles,  les  corbeaux,  etc.,  qui  en  consomment  une  im- 
mense quantité. 

Les  procédés  que  je  viens  de  vous  indiquer  ,  Messieurs  ,  sont 
les  plus  simples  et  les  plus  économiques  qui  puissent  être  em- 
ployés pour  détruire  les  hannetons  et  les  vers  blancs. 

Mais  cette  année  et  à  l'approche  du  mois  d'avril ,  il  s'agit  sur- 
tout de  s'occuper  de  la  destruction  non  des  vers  blancs,  mais  des 
hannetons  proprement  dits. 

En  effet,  leur  métamorphose  est  accomplie  depuis  plusieurs 
mois;  ils  se  trouvent  maintenantà l'état  d'insecte  ailé,  à  quelques 
cntimètres  sous  terre  et  n'attendent  que  les  premiers  beaux 
jours  du  printemps  pour  en  sortir  par  myriades,  commettre  leurs 
ravages,  s'accoupler  et  confier  au  sol ,  avant  de  terminer  leur 
carrière  éphémère,  le  germe  d'une  génération  nouvelle,  plus 
considérable  encore  peut  être ,  de  vers  blancs  et  de  hanne- 
tons. 

Je  ne  doute  pas  que  vous  ne  vous  empressiez,  Messieurs,  de 
donner  dans  vos  communes  ,  toute  la  publicité  désirable  aux 
instructions  qui  précèdent. 

îîais  cela  ne  saurait  suffire. 

L'administration  supérieure  ne  peut  qu'indiquer  les  moyens 
à  employer  ,  qu'encourager  les  efforts  et  les  récompenser  dans 
la  mesure  des  ressources  mises  à   sa  disposition. 

Les  administrations  locales  doivent  faire  beaucoup  plus,  car  il 
s'agit  d'intérêts  qui  les  touchent  de  près, et  que  le  législateur  leur 
a  donné  mission  exprès- e  de  prot(''ger  et  de  défendre. 

Lu  effet,  aux  termes  de  l'article  3  du  litre  XI  de  la  loi  du  24 
août  1790  : 

«  L'autorité  municipale  est  chargée  de  prévenir  par  les  précau- 
»  lions  convenables  et  faire  cesser  les  accidents  et  les  fléaux  », 
et  M.  le  Ministre  de  l'agriculture  et  du  commerce  a  reconnu  que 
cet  article  pouvait  servir  de  bas'.i  et  d'appui  aux  mesures  qui 
seraient  prises  par  les  autorités  locales  pour  la  destruction  des 
hannetons. 

Sans  doute  l'intérêt  privé  devrait  le  premier  se  préoccuper  des 
moyens  de  combattie  efficacement  et  sans  le  secours  de  l'admi- 
nistration ,  l'ennemi  ûont  il  a  à  redouter  les  ravages  ;    les  pro- 


—  104  — 

I)ii(''l;iires  ,  les  cnllivaleiirs,  on  un  mol  loiiles  les  personnes  f|i)i 
reconnaissent  l'ulilité  de  la  deslruction  des  hannetons  devraient 
donc  en  prendre  l'initiative  et  ne  pas  toujours  se  reposer  comme 
elles  le  font  sur  le  concours  et  les  encouragements  de  l'auto- 
rité. 

Mais  jusqu'à  ce  que  les  populations  ,  mieux  habituées  à  comp- 
ter sur  elles-mêmes  ,  viennent  à  s'occuper  sérieusement,  et  de 
leur  propre  mo'jvement,  de  la  défense  de  leurs  intérêts,  l'admi- 
nistration doit  continuer  ,  dans  la  mesure  du  possible  ,  à  leur 
venir  en  aide,  en  ayant  soin,  toutefois,  de  les  amener  às'associei' 
aux  mesures  dont  elles  doivent  en  définitive  retirer  tous  les  avan- 
tages. 

En  conséquence,  jo  vous  engage,  Messieurs,  à  réunir  les  pro- 
priétaires et  cullivalcurs.de  vos  communes  les  plus  intéressés  à 
Voir  disparaître  les  insectes  nuisibles  dont  il  s'agit ,  pour  vous 
concerter  avec  eux  sur  le  choix  des  meilleurs  moyens  à  em- 
ployer à  cet  effet. 

Je  vous  autorise, du  reste, à  convoquer  vos  conseils  municipaux 
et  à  leur  demander  le  vote  de  sommes  destinées  à  rétribuer  ceux 
de  vos  administrés  qni  se  livreraient  avec  ardeur  à  la  destruction 
recommandée  par  la   })résente  circulaire. 

Dans  certains  départements  ,  il  est  accordé  par  les  cnnimunes 
de  20  à  40  centimes  pour  chaque  décalitre  de  hannetons  d<  - 
truils. 

Les  CoDseils  municipaux  du  département  comprendront  ,  je 
l'espère,  qu'une  pareille  intervention  de  leur  part,  ne  peut  man- 
quer de  produire  les  meilleurs  effets  ,  car  elle  est  de  nature  à 
encourager  les  propriétaires  eux  -  mêmes  à  faire  des  saeriîices 
analogues. 

Veuillez,  je  vous  prie,  Messieurs,  faire  tous  vos  efforts  pojir 
obtenir  ce  double  concours  de  vos  conseils  et  de  vos  adminis- 
trés. 

Enfin,  il  serait  à  désirer  que  les  jours  de  congé,  MM  les  Insti- 
tuteurs communaux, au  lieu  de  laisser  leurs  jeunesélèvesse  livrer 
à  des  pror'ienades  ou  a  des  amusements  stéi'iles ,  dirigeas^.-ul 
leurs  récréations  vers  un  but  plus  utile  ,  et  les  encourageassent 
par  exemple  à  se  livrer  ,  sous  leurs  yeux  ,  à  la  destruction  des 
l)annetons. 

Grâces  à  l'ensemble  des  mesures  que  je  viens  d'indiquer,  j'.ii 
l'espoir  que  nous  aurons  plus  tard  à  constater  les  résultats  les 
pîu-;  satisfaisants;  mais  je  vous  recommande  de  prendre  aussi  les 
dispositions  nécessaires  pour  que  cette  destruction  ne  puisse 
donner  lieu  à  des  abus.  Les  gardes  champêtres  devront  veilkM'  à 
ce  qu'elle  ne  soit  pas  le  prétexte  do  maraudages  et  do  délits  ,  et 
à  ce  que  les  propriétés  particulières  soient  respectées  ,  et  ne 
puisseni  être  explorées  d'ailleurs  qu'avec  le  consentement  des 
propriétaires,  possesseurs  ou  fermiers. 

En  résumé,  Messieurs  ,  voici  les  mesures  (|ue  je  reconimande 
à  votre   sollicitude    éclairée  : 

\"  —  Publicité  à  donner  immédiatement  à  la  pr('S(  nte  circu- 
laire ; 

"■1"  —  Entente  avec  les  proprietaiies.    cultivateurs,  etc.,   po'u 


—  105  — 

diriger  efficacement  les  efforts  dès  l'appantion  des  hanne- 
tons ; 

3»  —  Réunion  immédiate  des  Conseils  municipaux  ,  pour  le 
vote  des  sommes  qu'ils  croiraient  utile  d'affecter  à  la  destruction 
des  hannetons  ; 

4° —  Constatation  officielle  des  destructions  opérées  ; 

5" —  Etablissement  d'une  liste  nominative  detousceux  qui  au- 
ront concouru,  dans  la  commune,  à  la  detruction  des  hannetons, 
avec,  en  regard,  le  nombre  de  décalitiesde  hannetons  détruits 
et  les  sommes  payées  à  ce  sujet  par  les  communes  ou  les  par- 
ticuliers ; 

6"  —  Envoi  de  cette  listo  à  la  préfecture,  une  fois  l'époque 
de  la  destruction  passée,  avec  l'indication  des  personnes  qui  se 
sont  le  plus  distinguées  ,  des  mesures  auxquelles  on  aura  eu  re- 
cours ,  et  enfin  tous  les  renseignements  utiles  qui  pourront  être 
donnés  sur  les  moyens  qui  auront  paru  les  plus  propres  à  attein- 
dre le  but,  et,  en  même  temps, [les  plus  faciles  à  employer. 

Aussitôt  que  les  listes  dont  il  s'agit  me  seront  parvenues,  je 
procéderai  à  la  distribution  de  l'encouragement  voté  par  le 
(jonseil  général,  sur  les  pr(»posilions  d'une  commission  départe- 
mentale qui  sera  réunie  à  cet  effet ,  et  que  je  me  réserve  de  pré- 
sider personnellement. 

Agréez  ,    Messieurs  ,  l'assurance  de  ma  considération  très- 
distinguée. 

Lo  Préfet , 

G.  CASTAING. 


-<r=fi=isa=i^ 


PARTIE    NON-OFFICIELLE. 


ÉDCCATIOIV  ET  EI«SEIGIVE1ME1\T. 


CAUSERIES  PÉDAGOGIQUES. 

XXX. 

f/enseigncmcnt  moral  se  lie  d'une  manière  si  intime  à  renseignement 
religieux  ,  que  tiien  des  personnes  les  confondent  l'un  avec  l'autre.  Celte 
manière  d'envisager  la  question  est  conforme  à  la  nature  des  choses,  car  la 
morale  n'est  en  définitive  que  la  mise  en  pratique  des  préceptes  de  la  reli- 
gion. Les  philosophes,  il  est  vrai  ,  en  ont  fait  une  science  à  part  elles 
théories  qu'ils  ont  établies  ne  s'appuient  pas  toujonrs  sur  l'Evangile  ;  mais 
l'école  populaire  est  dispensée  de  l'étude  de  leurs  systèmes  et  ne  s'en  trouve 
pas  plus  mal  pour  cela. 

L'instituleur  fait  bien  cependant  si ,  pour  sa  propre  gouverne,  il  médite 
un  de  ces  traités  spéciaux  (|ue  des  auteurs  consciencieux  ont  rédigés  en  vue 
des  classes  populaires  et  où  sont  mis  en  relief  les  devoirs  les  plus  impor- 
tants qu'il  importe  de  signaler  de  i)onne  heure  aux  enfants.  Quant  i  la  mé- 
ihode  à  suivre  dans  les  écoles,  elle  s'indique  d'elle-même. 

Il  est  certain  tout  l'abord  que  l'école  primaire  ne  peut  et  ne  doit  pas 
séparer  l'enseignement  moral  d'avec  l'enseignement  religieux,  comme  cela 
sp  [iratique  dans  les  élabliss?nients  d'(  duralioii  i-ccoiiiKiiie  ou  supérieur.  — 
Cette  séparation  implique  l'abstraction  et  suppose  des  esprits  préparés  à  se 


—  106  — 

mouvoir  dans  des  sphères  où  nos  modestes  disciples  ne  sauraient  s'éUvcr. 
Notre  enseignement  moral  pour  être  fructueux  ,  demande  à  être  concret  et 
veut  s'appujer  constamment  sur  des  faits  qui  l'éclairent  etlui  donnent  pour 
ainsi  dire  un  corps. 

Or  l'histoire  sainte  nous  présente  une  mine  inépuisable  où  nous  trouvons 
sans  effort  des  «xemples  on  ne  petit  plus  propres  pour  faire  comprendre  et 
ainier  toutes  les  vertus,  comme  pour  faire  haïr  tous  les  vices  ;  le  maître  n'a 
qu'à  prendre  soin  de  relever  dans  chaque  trait  la  leçon  qu'il  ren- 
ferme. 

Mais  qu'on  se  garde  bien  ici  d'une  faute  dans  laquelle  on  tombe  très-fa- 
cilement et  qui  consiste  à  donner  une  trop  large  place  aux  applications.  La 
plupart  du  temps  quelques  simples  observations  suflisent  et  les  explications 
proli.xes  ne  font  qu'aiïaiblir  l'impression  que  le  sujet  biblique  est  appelée 
produire.  Le  simple  récit  de  la  révolte  d'Absalon  n'est-il  pas  suffisant  pour 
faire  naître  dans  les  cœurs  l'horreur  de  l'ingratitude  des  enfants  envers 
leurs  parents, et  la  terrible  fin  du  prince  révolté  ne  montre-t-elle  pas  d'une 
manière  assez  énergique  le  châtiment  que  Dieu  réserve  à  ce  vice  infâme  ? 
Est-il  besoin  ,  d'un  autre  côté,  d'un  long  commentaire  pour  exalter  la 
piété  filiale  d'une  Ruth  et  montrer  la  bénédiction  qui  la  récom- 
pense ? 

C'est  ainsi  que  tous  nos  devoirs  se  trouvent  personnifiés  pour  ainsi  dire 
dans  les  épisodes  du  texte  sacré  et ,  grâce  à  cette  précieuse  ressource  , 
l'enseignement  moral  revêt  une  forme  aussi  attrayante  que  féconde. 

Le  catéchisme  à  son  tour  vient  apporter  son  contingent  de  matériau.t 
salutaires,  et  s'il  est  traité  dans  un  bon  esprit,  il  corrobore  delà  manière  la 
plus  heureuse  les  doctrines  que  l'histoire  sacrée  a  ébauchées.  Seulement  il 
ne  faut  pas  négliger  d'appuyer  sans  cesse  l'une  de  ces  matières  sur  l'autre, 
de  les  rapprocher,  de  les  fondre  l'une  dans  l'autre,  afin  qu'elles  s'éclairent 
et  qu'elles  se  vivifient  ,  comme  deux  éléments  destinés  à  se  compléter 
pour  former    un  seul  tout  appelé  à    produire  le  plus  salutaire  des    effets. 

Cependant  l'enseignement  moral  n'est  pas  limité  aux  deux  branches  capi- 
tales ([ue  nous  venons  de  signaler,  son  action  s'étend  plus  loin  et  doit  péné- 
trer toutes  les  matières  du  programme  scolaire. 

Le  livre  de  lecture,  les  morceaux  de  chant,  les  sujets  de  rédaction,  l'his- 
toire, la  géographie,  la  grammaire,  les  dictées,  le  dessin,  les  exercices  de 
mémoire  ,  les  modèles  d'écriture  ,  les  punitions  et  les  récompenses  et  jus- 
qu'aux problèmes  de  calcul  ,  tout  à  l'école  doit  respirer  l'esprit  du  bien  et 
accuser  d'une  façon  plus  ou  moins  nette  la  tendance  morale  qui  est  l'âme  de 
l'éducation  chrétienne. 

Nous  ne  voulons  certes  pas  dire  par  W  que  le  maître  doive  sans  cesse 
prêcher  et  moraliser,  au  contraire,  nous  regardons  cela  comme  un  véritable 
défaut,  capable  de  produire  tout  au  plus  la  satiété  et  le  dégoût  ;  ce  que 
nous  recommandons,  c'est  que,  outre  son  but  direct,  qui  est  le  développe- 
ment de  l'intelligence  ,  chaque  leçon  soit  donnée  de  manière  qu'elle  pro- 
duise encore  son  effet  sur  le  cœur,  pour  l'épurer,  sur  le  caractère  pour  le 
diriger  et  pour  l'onnoltUr. 

Quelle  valeur  pourrait  avoir  une  instruction  purement  abstraire  pour  l'en- 
fant du  peuple  qui  a  i)lus  besoin  de  (jualités  solides  que  de  science,  de  plus 
di'  sentiment  que  d'esprit  ?  Est-il  donc  encore  besoin  de  prouver  que  l'ins- 
truction sans  l'éducation  est  un  don  pernicieux?  Et  qu'est-ce  donc  (jue  l'édu- 
cation scolaire  ,  sinon  cette  tendance  perpétuelle  â  faire  tourner  tous  les 
objets  au  profit  du  perfectionnement  de  l'être  intime  ,  de  la  nature  spiri- 
tuelle etdivine  qui  est  en  nous  ? 

Hélas  !  trop  souvent  le  maîtie  se  trouve  chargé  tmit  seul  de  la  tâche 
difficile  (/'e/cwr  ,  c'est-à-dire  d'rtwieirorer  les  enfants  qu'on  lui  amène  ; 
la  maison  paternelle  trop  souvent  s'affranchit  des  obligations  qui  lui  incom- 
bent ;  n'est  -  ce  pas  pour  l'instituteur  une  raison  de  redoubler  de  zèle 
et  de  profiter  do  toutes  les  occasions  pour  faire  sentir  sa  bienfaisante 
direction  ? 


—  107  — 

Avons-nous  besoin  d'ajouler  (iiroutic  renseignement  moral  systématique 
que  nous  avons  esquissé  ,  il  en  est  un  autre  encore  dont  l'action  n'est  pas 
moins  puissante  et  qui  gît  dans  la  personnaliiii  même  du  maiire  ?  On  ne 
saurait  le  répéter  assez  souvent,  l'exemple  de  l'éducateur  est  plus  éloquent 
que  toutes  ses  leçons.  Parlez  do  la  vertu  dans  les  termes  les  plus  touchants, 
vos  paroles  se  perdront  dans  l'air  comme  le  bruit  d'une  sonnette  ,  si  votre 
conduite  ne  vient  pas  traduire  cl)a(|ue  jour  en  faits  le  bien  que  vous  exaltez; 
stigmatisez  le  vice  tant  que  vous  voudrez  dans  vos  discours  ,  il  no  paraîtra 
hideux  aux  yeux  de  vos  disciples  que  par  le  soin  que  vous  prendrez  d'en 
éviter  la  souillure  !  Le  meilleur  professeur  de  morale  sera  toujours 
l'homme  de  bien  ;  n'oublions  jamais  celte  grande  vérité ,  car  elle 
résume  sous  la  forme  la  pins  simple  toutes  les  doctrines  et  tous  les  pré- 
ceptes. 

Nous  aurons  l'occasion  en  traitant  en  détail  les  diverses  matières  du 
programme,  d'appuyer  d'une  manière  spéciale  sur  l'élément  moral  que 
chacune  d'elles  renferme;  nous  aurons  surtout  soin  de  le  faire  à  propos  des 
moyens  disciplinaires  ,  qui  jouent  un  lùle  si  important  sous  ce  rapport  ; 
nous  ne  voulons  plus  que  recommander  aux  maîtres,  avant  de  finir,  une 
qualité  précieuse  en  matière  d'éducation,  \a  vigilance.  L'hygiène  préserve 
le  corps  d'une  foule  de  maladies  et  facilite  la  guérison  de  presque  toutes 
les  autres  ,  de  même  aussi  la  sollicitude  consciencieuse  et  j)aternelle  d'un 
instituteur  vigilant  et  dévoué  conserve  la  santé  de  l'àme  de  ses  élèves  ,  en 
en  écartant  d'une  main  scrupuleuse  tout  ce  qui  pourrait  en  altérer  la  pureté, 
en  en  extirpant  tout  germe  de  mort. 

J.  Marmer. 


FAITS  DIVERS. 


M.  l'Inspecteur  d'Acadé  nie  a  autorisé  MM.  les  Inspecteurs 
primaires  à  permettre  aux  instituteurs  qui  leur  en  feraient  la  de- 
mande,de  faire  classe, sauf  le  len)ps  réservé  aux  oifices,  les  jeudi, 
vendredi  et  samedi  de  la  semaine  sainte  ,  et  à  donner  congé  les 
lundi,  mardi,  mercredi  cl  jeudi  de  la  semaine  suivante. 

—  C'est  par  erreur  que  ,  dans  notre  compte- rendu  des  der- 
niers examens  pour  le  brevet  de  capacité  ,  M"^  Bernenge»'  se 
trouve  portée  comme  élevé  de  l'école  prolestante  de  Saint- 
Quentin.  Cette  jeune  personne  a  été  préparée  pai'  M"'"  Nye^  aard, 
directrice  du  pensionnat  protestant  de  demoiselles  à  Saint-Quen- 
tin. 

—  La  Commission  d'instruction  primaire  pour  le  départe- 
ment de  la  Marne,  s'est  réunie  à  Châlons  le  7  avril  dcrnici'. 

23  candidats  se  sont  présentés. 

2  ont  échoué  pour  la  dictée, 

11,  pour  les  épreuves  écrites. 

5,  pour  les  épreuves  orales. 
5  seulement ,   ont  donc  été  jugés  dignes  d'un  brevet  de  capa- 
cilé.  Parmi  eux,  t:gure  M.  Dollée,  Emile,  de  Chivy-lès-Etouvelles, 
élève  de  M     Chédaille,  actuellement  instituteur  à  Selens(Coucy- 
le-(  hâteau). 

—  Les  examens  des  aspirants  et  des  aspir;tnl('s  au  brevet  de 
capacité  dans  les  départements  du  Nord  et  des   Ardcnues  ,    ont 


—  108  — 

commencé,  comme  dans  l'Aisne,  les  ^23  et  "21  mars.  Les  compo- 
sitions ont  été  les  mômes  qu'à  Laon. 

Dans  le  Nord  ,  88  candidats  s'élaient  lait  inscrire  ,  9  pour  le 
brevet  complet,  4  pour  plusieurs  matières  facultaîives  et  75  pour 
le  brevet  obligato  re. 

85  ont  répondu  à  rap,jel  de  leur  nom. 

Il  y  a  eu  30  brevets  simples  dont  ^2  portant  mention  de  diverses 
matières  facultatives,  et  3  brevets  complets. 

Les  aspirantes  inscrites  étaient  au  nombre  de  37. 

36  ont  pris  part  aux  épreuves  écrites  et  18  ont  obtenu  un  bre- 
vet simple. 

5  ,  dont  4  déjà  brevetées  du  deuxième  degré  ,  ont  mérité  un 
brevet  complet. 

—  Dans  les  Ardennes  ,  3i  candidats  s'étaient  fait  inscrire  ;  30 
seulement  ont  répondu  à  l'appel  de  leur  nom.  Sur  ce  nombre ,  5 
ont  élé  éliminés  pour  la  dictée  ,  1  pour  l'arithmétique  et  9  pour 
la  faiblesse  des  épreuves  écrites  en  général. 

15  aspirants  ont  donc  subi  les  épreuves  orales;  14  d'entre 
eux  ont  obtenu  le  certificat  d'aptitude. 

3  aspirants  déjà  pourvus  d'un  brevet  élémentaire,  demandaient 
à  être  examinés  sur  les  matières  facultatives.  Tous  ont  échoué 
sur  la  composition  d'arpentage  et  de  nivellement. 

2  aspirantes  seulement  se  sont  présentées.  Toutes  deux  ont 
mérité  un  brevet  élémentaire  ;  l'une  d'elles  a  obtenu  le  certificat 
d'aptitude  avec  mention  de  plusieurs  matières  facultatives. 

—  Par  décret  impérial,  en  date  du  4  mars,  une  Ecole  normale 
d'instituteurs  est  créée  à  Alger  ,  pour  les  Européens  et  les  Indi- 
gènes. 

Un  arrêté  du  Ministre  de  rinstruc!ion  publique,  concerléavec 
le  Ministre  de  la  Guerre  et  le  gouver.ieur  général  de  l'Algérie  , 
doit  régler  tout  ce  q'ii  se  rapporte  au  personnel  des  maîtres  et 
des  élèves  ,  à  l'enseignement  et  à  l'adrainistralion  de  la  nouvelle 
école. 

—  L'enseignement  de  la  musique  vient  d'être  organisé,  confor- 
mément à  l'arrêté  du  30  janvier  1865  ,  dans  les  Ecoles  norm-,il"s 
primaires  de  Dijon  ,  Troyes,  Ghaumont,  Nevers  et  Auxerre. 

—  M.  Duruy  veut  tout  voir  par  lui-même, la  modeste  école  pri- 
maire comme  les  élablis-Jemeuis  de  haut  enseignement. 

Il  y  a  dixjo'irs,  il  faisait  une  apparition  soudaine  dansles  écoles 
communales  de  Boulogne.  En  présence  de  MM.  les  délégués 
rassemblés  à  la  hâte  ,  il  a  insiiectiî  ces  éco  es  et  en  a  loué  haute- 
ment la  magninque  inslallalion.  Il  a  interrogé  les  (dèves  avec 
bienveillance,  il  s'est  informé  avec  sollicitude  de  l'emplci  de  leur 
temps  et  de  la  suc;ession  d(;  leurs  exercices. 

Son  Excellence  a  visité  avec  intérêt  la  bibliothèque  communale 
annexée  à  l'éeole  des  garçons  ,  «t  s'est  fait  ren  Ire  compte  des 
serv'ces  rendus  pur  cette  œuvre  utile.  Elle  s'est  ensuite  retirée 
au  milieu  des  Ifimoignages  de  gratitude  de  VI M.  les  délégués,  des 
élèves  et  des  maîtres. 

—  Un  jeune  enfant  d'A/y  -  Honneil  (canton  de  ('hàlcau- 
Thierry),Gustave  Abraham, à  peine  âgé  de  cinq  ans,  vient  de  donner 


—  409  — 

un  exemple  de  courage  qui,  certes,  mérite  bien  iJos  éloges.  (  es 
jours  derniers,  une  petite  fille  de  (piatre  ans  jouait  avec  plusieuis 
enlanls  prèsdu  lavoir  :  celte  pelile  lille  ,  sons  prétexte  de  cher- 
cher de  petits  poissons,  se  pencha  et  tomba  dans  l'eau  la  télé 
la  première.  Li  s  enfants  ne  la  voyant  pins  jetèrent  les  hauts  cris 
en  se  sauvant;  mais  le  jeune  Gustave,  sans  perdre  de  temps,  tâche 
de  saisir  la  petite  main  qu'il  voit  encore  et  ,  avec  de  grands 
efforts,  parvient  à  la  soustraire  à  une  mort  évidente. 

Comme  récompense  et  pour  perpétuer  le  souvenir  de  cette 
bonne  action  ,  M.  le  Maire  d"Azy-l'>0!ineil  vient  de  donner  à 
Gustave  Abraham  un  magniliquc  volume. 

—  On  écrit  de  Gondrecourt  (Meu>ej  : 

«  Une  petite  fille  de  huit  ans,  élève  du  pensionnat  de  Gondre- 
court ,  avait,  par  imprudence,  avalé  une  plume  métallique.  Des 
douleurs  très-vives  et  très-aiguës,  éprouvées  par  l'enfant,  qui  se 
tordait  convulsivement  ,  faisaient  craindre  de  graves  désordres 
dans  la  région  de  l'estomac  ,  quand  le  docteur  llanin  ,  appelé 
immédiatement ,  lui  fit  prendre  une  cuillerée  à  bouche  d'huile 
d'olive  renouvelée  d'heure  en  heure  jusque  fort  avant  dans 
l'après-midi  Vers  quatre  heures,  l'enfant  rendait  la  plume  parles 
voies  naturelles.  On  frémit  quand  on  pense  que  c'était  une  de  ses 
plumes  lances  longues  de  quatre  centimètres. 

—  On  é(  rit  de  Cambrai  : 

«  Un  marmot  de  neuf  ans,  foi't  avancé  pour  son  âge,  avait  reçu 
des  reproches  de  son  père  ,  jeudi  dernier  ,  et  pour  se  soustraire 
à  l'autorité  paternelle  ,  ou  poui-  punir  ses  parents  de  ce  qu'ils  se 
perini'llai"nl  de  le  repreiulre ,  il  quitta  le  logis  et  vint  se  l'éfugier 
chez  une  femme  de  la  rue  Cantimpré.l.à,  notre  fugitif  commença 
à  broder  une  histoire  :  Il  était  venu  d'Amiens  avec  un  bateliei' 
qui  l'avait  abandonné  au  port  Cantimpré  ,  et  il  ne  savait  plus  où 
aller. Comme  il  était  proprement  vêtu, la  bonne  feamc  lui  demanda 
comment  il  se  faisait  qu'il  fut  abandonné  ,  quand  ses  vêtements 
attestaient  qu'on  prenait  soin  de  lui.  Je  n\n  plus  ni  père,  ni  mère, 
répondit  le  bonhomme  ,  lua  mère  est  morte  en  couches ,  et  aranl  de 
mourir  elle  m'a  fait  habiller  en  neuf. 

»  La  femme  crut  au  récit  de  l'enfant  et  se  rendit  dans  un  caba- 
ret où  il  répéta  son  histoii'e  ;  quelques  sous  arrachés  à  la  com- 
passion qu'inspirait  le  soi't  de  l'enfant  ,  tombèrent  dans  la  main 
de  h  femme  ,  qui  annonça  qu'elle  ferait  sa  déposition  au  bureau 
de  police  le  lendemain  ,  mais  qu'elle  donnerait  pour  cette  nuit 
l'hospitalité  au  pauvre  petit.  Le  lendemain  ,  le  bonhomme  quitta 
ce  toit  hospitalier  et  se  présenta  tout  seul  à  l'Hospice  en  redi- 
sant son  histoire  de  la  veille.  Les  bonnes  Sœurs  ne  pouvaient  le 
mettre  dehors  sans  chercher  au  moins  à  le  secourir.  Il  parlait 
avec  une  aisance  qui  prévenait  en  sa  faveur. 

»  Cependant  son  père  et  sa  mère, aidés  de  leurs  amis,  finirent 
par  découvrir  les  traces  du  fugitif  et  arrivèrent  à  l'Hospice  au 
moment  où  le  gaillard, profitant  de  l'intérêt  qu'il  avait  su  inspirer, 
était  à  table  pour  se  réconfoi-ter. 

»  La  vue  de  ses  parents  Uii  fit  perdre  tout  son  aplomb  et  il  sor- 
tit de  THospice  tout  confus,  i 


—  410  — 
NÉCROLOGIE. 

Au  moment  de  mettre  sous  presse,  nous  recevons  la  triste  nou- 
velle de  la  mort  de  M.  Foy,  instituteur  de  Sergy,  canton  de  Fère- 
en-Tardenois. 

Le  mardi,  M  avril,  dit  notre  correspondant,  une  alïluence  con- 
sidérable de  personnes  venues  d'assez  loin,  se  pressait  autour  de 
la  tombe  d'un  de  nos  maîtres  les  plus  dévoués  et  les  plus  zélés  , 
M,  Foy,  de  Sergy,  âgé  de  27  ans.  C  élait  un  deuil  public  et  géné- 
ral auquel  avaient  voulu  prendre  part  tous  les  instituteurs  du 
canton.  Quatre  d'entre  eux  portaient  les  coins  du  poêle  :  MM. 
Gobancée,  de  Coulonges  ,  Dugué,  de  (loincy,  Lequel,  de  Vezelly, 
et  Dumont,  de  Villers-Agron. 

M.  Foy  laisse  une  jeune  veuve  de  24  ans  et  un  petit  garçon  de  5 
ans 

Monsieur  le  curé  de  Sergy,  dans  un  adieu  touchant  à  son  digne 
collaborateur,  enlevé  si  prématurément  par  une  fièvre  scarlatine 
suivie  d'une  congestion  cérébrale,  a  pris  l'engagement  de  servir 
de  tuteur  au  jeune  orphelin. 

M.  Chopin  ,  maire  de  la  commune  ,  a  aussi  fait  publiquement 
la  même  promesse. 

M.  Legrand  ,  juge  de  paix  du  canton,  délégué  cantonal,  a  pro- 
noncé quelques  paroles  vivement  senties  {•ur  la  tombe  de  son 
instituteur  d'adoption. 

L'espace  nous  manque  pour  reproduire  celte  allocution  qui  fut 
suivie  d'une  noble  improvisation  de  M.  Malnory  ,  inspecteur  pri- 
maire de  l'arrondissement ,  que  la  triste  nouvelle  avait  surpris 
dans  une  commune  des  environs.  L'honorable  Inspecteur  a 
relracé  ,  avec  l'éloquence  du  cœur  ,  les  services  rendus  par  le 
défunt, et  a  rendu  pleinement  hommage  à  son  zèle  et  à  son  dévoû- 
ment. 

Le  jeune  Herpin  est  venu  ensuite  ,  au  nom  de  ses  camarades  , 
exprimer  la  douleur  que  leur  cause  la  perte  d'un  maitre  que  , 
tous,  ils  aimaient  et  respectaient 

Enfin  ,  M.  Véron  a  pris  la  parole  pour  se  faire  l'interprèie 
des  sentiments  de  regrets  des  instituteurs  du  canton  ;  et  c'est 
au  milieu  des  sanglots  de  toute  l'assemblée  et  de  ceux  du  pauvre 
père  du  défunt  que  ,  d'une  voix  brisée  par  la  douleur  ,  il  a  jeté 
un  suprême  adieu  sur  cette  tombe  qui  allait  se  fermer  pour  tou- 
jours. 

Nous  avons  la  confiance,  ajoute  on  terminant  notre  correspoH' 
(huit  ,  que  M.  Foy,  ce  vrai  modèle  des  jeunes  maîtres  de  l'en- 
fance, a  reçu  au  Ciel  la  palme  du  martyre  ,  car  nul  ,  plus  que 
lui ,    ne  possédait  le  sentiment  du  devoir  et  la  foi  du  chrétien. 

Pour  nous  qui  avons  connu  M.  Foy  à  1  Ecole  normale  primaire 
de  Laon  d'où  il  est  sorti  en  18^)8  ,  avec  un  brevet  complet ,  nous 
partageons  vivement  les  regrets  qu'il  laisse  après  lui  ,  et  nous 
regardons  sa  mort  comme  une  perte  réelle  pour  l'instruction 
primaire. 


—  411  — 

La  mort  semble,  en  ce  moment,  choisir  ses  victimes  parmi  les 
anciens  élèves  de  l'Ecole  normale.  On  nous  annonce  que  M.  Hu- 
jon,  Louis-Eugène,  ex-inslituteur  de  Uévillon,  a  succombé  le  7 
avril  dernier  ,  à  l'âge  de  29  ans.  M.  Dujon  ,  qui  était  un  jeune 
homme  plein  de  cœur  et  de  dévoûment,  avait  quitté  depuis  plu- 
sreurs  années  l'enseignement  ;  il  remplissait,  à  lu  fabrique  de 
sucre  de  Pont  Rouge, les  fonctions  de  comptable. 


Commission  d'iusiruction  primaire  de  TAisiip. 

l"-*-  SESSION  DE  186.3. 

PROBLÈME  DONNÉ  AUX  ASPIRANTS. 
3  personnes  se  soiH  associées  pour  une  entreprise;  la  l'*^ 
a  donné  un  immeuble  d'un  prix  déterminé  ;  la  S*^  a  versé 
15,670  fr.,  et  la  3'' ,  12,348  fr.  Celle  dernière  aura  ,  en 
outre  ,  droit  à  2/17  des  bénéfices  de  Fassociation  pour  les 
soins  qu'elle  donnera  à  l'entreprise  ;  et  à  la  fin  de  l'année  , 
la  1''^  reçoit ,  pour  sa  pari  dans  les  bénéfices,  2,320  fr.  75, 
et  la  2°,  1,954  fr.  95.  Trouver  ce  qui  revient  à  la  3^  pour 
sa  mise  et  ses  soins ,  le  bénéfice  total  de  la  société  cl  le 
prix  de  l'immeuble  donné  par  la  l'^  ? 

D'après  l'énoncé  du  problème  ,  pour  recevoir  i  ,954  fr.  95  de 
bénétice,  il  faut  verser  15,070  fr.;  donc,  pour  recevoir  2,326  IV. 
75,  cest-à-dire  autant  que  la  première  personne,  il'faudia 
verser  * 

15,670  fr.   X  2326,75 

=r  18,650  fr.  18 

1954,95 

Donc  le  prix  de  l'immeuble  est  de  18,650  fr.  18. 

Le  deuxième  associé  ayant  reçu  J  ,954  fr.  95  pour  15,670  fr.  de 
mise  ;  le  troisième,  qui  averse  12,348  fr.,  recevra,  lui, 

1,954  fr.  95  x  12348 

=  1,540  fr.  50 

15670 

Mais  nous  savons  qu'il  a,  en  outre,  droit  aux  -^,-  des  bénéfices 
de  l'association  ,  donc  : 

2326^75  +  1954f,9o  -f-  1540',50  +  ^^des  bénéfices  —  le  béiiélice  lolai 

Et  par  conséquent 

5,822  fr.  20  =  les -^    du  bénéfice  total 

D'où  les  -^  de  ce  bénéfice  égalent  : 

5,822  fr.  20  X  2 

~  776  fr.  28 

15 


—  112  — 

Le  bénéfice  du  troisième  est  dès  lors  de  : 

1,540  fr.  50  +  776  fr.  28  —  2,316  fr.  78 
Et  le  bénéfice  total  de  la  société  ; 
2,326  fr.  75  4-  1,954  fr.  95  +   2,310  fr.  78  ;=  0,598  fr.  48.1 

PROBLÈME  DONNÉ  AUX  ASPIRANTES. 
Un  libraire  s'engage  à  fournir  pour  0,548  fr.  de  livres  , 
moyennant  un  rabais  de  17  fr.  50  p.  0/0  sur  le  prix  courant 
des  ouvrages  qu'on  lui  demande  ;  il  obtient  des  éditeurs 
qu'ils  lui  donneront  i3  volumes,  pour  le  prix  de  12,  et  qu'ils 
lui  feront,  en  outre,  sur  le  prix  courant,  une  remise  de  24 
p.  0/0  à  condition  qu'il  se  chargera  du  port  et  du  brocliage 
pour  lesquels  sa  dépense  doit  s'élever  à  2  i/2  p.  0/0.  Quel 
sera  le  bénéfice  du  libraire  dans  cette  opération  ? 

D'après  l'énoncé  du  problème  ,  le  libraire  fait  un  rabais  de 
17  f  .  50  p.  0/0  sur  le  prix  courant  des  ouvi-ages  qu'on  lui 
demande,  et  il  se  charge  du  port  et  du  brochage  pour  lesquels  sa 
dépense  doit  s'élever  à  2  Ir.  5U  p.  o/O;  donc  sa  perte,  sur  le  prix 
courant  ,   est  pour  0,>)  de  : 

17  fr.  50  +  2  fr.  50  =  20  fr. 

Mais  les  éditeurs  lui  accordent  une  remise  de  24  p.  0/J  ;  son 
bénéfice  pour  ('/O  est,  en  réalité,  de  : 

24  fr.  —  20  fr    =:  4  fr. 

Par  suite,  son  bénéfice  sur  le  prix  courant,  sera  : 

6,548  fr.    X   4 
—  201  fr.  92 


100 

Comme  le  libraire  reçoit  des  éditeurs  13  volumes  pour  12  ,  il 
fait  un  nouveau  bénéfice  de  -7V  sur  le  prix  couranl,  bénéfice  qui 
est  de  : 

6,548  fr. 

=:  545  fr.  66 

12 

Donc ,  il  gagnera  dans  cette  opération  : 

261  fr.  92  +  545  fr.  06  =  807  fr.  58* 
à  1  centime  près  par  défaut. 


Les  Gérants,  H.  DE  Coquet  et  Stenger. 


LtoB.  .»  Intprioinri*  U.  ds  Cu^^set  et  SrsifGEB, 


I 
14»  Année.  S»  8.  30  Avril  1865.  i 


BULLETIN 

!)E  l'INSTlIUCTION  PUIMAiRE 

POUR  LE  DÉPARTEMENT  DE  L'AISNE, 
Publie,  sous  \ts  ausip\cts 

de  M.  Gastaing ,  Préfet  de  l'Aisne , 

Officier  de  la  Légion  -  d'Honueur, 

Officier  cle  1'In.stru.ction.  publique. 

Paraissani  le   %&  et  le  30  de   chaque  mois, 

[  Avec  le  Manuel  général,  14  fr.  50  c.  par  aa. 
PRIX.     Avec  le  Pelil  Manuel,      6  fr.  fiO  c. 
(  Seul,  S  Ir. 

s  ®  IS3  M  ^&  I R  Ë  . 

PARTIE  ©FFICSKLLK.  —  L'enseignement  primaire  pendant  l'année  1863, 
rapport  à  l'Empereur  par  M,  le  Ministre  de  l'Instruction  publique  (suite).  — 
Circulaires  ministérielles  relatives  aux  traitements  des  instituteurs  et  des 
institutrices.  —  •  Circulaire  de  M.  le  Préfet  de  l'Aisne  à  MM.  les  Maires  du 
département,  concernant  les  distributions  de  prix. —  Mouvement  du  person- 
nel. —  Liste  ries  instituteurs  ayant  servi  pendant  dix  ans  dans  l'enseigne- 
ment. —  Avis  :  Bourses  déparlementales  vacantes  à  l'Institut  des  Sourds- 
Muets  de  Saint-Médard, 

PARTIE  1\'01^.©FFICSELLE.-  Education  et  Enseignement.  —  Nécrolo- 
gie :  Mort  de  M.  Darras ,  instituteur  de  Guise,  officier  d'Académie,  membre 
de  la  Société  de  Saint-Vincent-de-Paul. 


FÂ^TÎE  OTFICIISLLE. 
L'Enseignement  primaire  pendant  l'année  1863. 


?    HAPPORÏ  A  L'EMPEREUR 

TAR    M.    liî    MIMSTRK    DE    l'iN.SXHUCTION    PlJBMgUK. 
(SUlTli.) 

IX. 

Objections  contre  VolUgalioii  et  réponses. 

L.e.>  argumenSfequ  on  oppose  au  système  de  l'obligation  peuvent 
se  ranger  sous  s\?pl  chefs  différents  : 

1"  C  est  une  liniitUion  de  l'autorité  paternelle  ;    l'Etat  n'a  pas 


—  114  — 

le  droit  de  pénétrer  dans  la  famille  pour  limiter  le  pouvoir  de 
celui  qui  en  est  le  chef; 

2°  L'obligation  pour  le  père  ,  d'envoyer  son  fils  à  l'école 
publique  ne  peut  se  lier  avec  la  liberté  de  conscience,  car  l'enfant 
est  exposé  à  y  trouver  un  enseigîieraeut  religieux  contraire  à  la 
foi  que  son  père  veut  lui  donner  ; 

3°  Diminution  de  ressources  pour  la  famille;  l'enfant  du  pauvre 
lui  rend  une  foule  de  petits  services  qui  atténuent  pour  tous  deux 
la  misère  ;  on  gêne  a'nsi  le  travail  ;  on  nuit  à  la  cullure  ;  on  dimi- 
nue la  production  ; 

4°  L'obligation  sera  pour  le  Gouvernement  une  force  qu'il  ne 
convient  pas  de  lui  donner  ; 

5"  Impossibilité  matérielle  ,  vu  l'état  présent  des  écoles  ,  d'y 
admettre  tous  les  enfants; 

6"  De-truction  de  la  discipline  ,  dans  les  écoles  ,  par  la  pré- 
sence forcée  d'enfants  qui  se  refuseront  à  apprendre  et  trouble- 
ront l'ordre  pour  les  autres  ; 

7°  Enîi;  ,  l'obligation  ,  si  elle  n'est  pas  accompagnée  de  la  gra- 
tuité, créera  ,  par  la  rétribution  scolaire  ,  un  impôt  nouveau  et 
fort  lourd  pour  le  paysan  e'.  l'ouvrier. 

J'omets  certaines  objections  ';ui  restent  6  la  surface  des  (hoses, 
telles  que  celle-c!  : 

€  L'obligation  est  contraire  au  génie  national  i,  comme  si  la 
France  éta  t  le  pays  le  moins  réglementé  de  la  terre  ;  où  les  rai- 
sons qu'on  tire  d'une  pénalité  iiiipossible,  lorsque  l'on  monîre  le 
gendarme  traînant  l'enfant  à  l'école  ,  le  fisc  vendant  les  meubles 
du  pauvre,  et  le  pelil-fils  forcé  de  quitter,  pour  l'école,  le  chevet 
de  l'aïeul  malade,  tandis  que  le  père  et  la  mère  sont  aux  champs 
à  gagner  le  pain  du  jour. 

Je  reviens  aux  objections  sérieuses  : 

l"  Limitation  du  droit  paternel. 

La  famille  ,  sans  nul  doute  ,  préexiste  à  ia  société  ,  et  l'autorité 
paternelle  a  précédé  l'autorité  publique  ;  nuiis  la  socitté  n'a  pu 
se  former  qu'à  la  condition  que  chacun  des  pères  abandonnât  une 
portion  de  son  droit  natuie-  et  de  sa  liberté  ,  en  échange  de  la 
sécurité  qne  l'association  lui  donne  et  des  avantages  de  toute 
sorte  qu'elle  lui  assure. 

Le  père  avait .  dans  la  société  antique,  le  droit  absolu  de  pro- 
priété sur  son  fils  ,  il  pouvait  le  tuer  ,  le  vendre  comme  esclave. 
L'enfant  était  alors  une  chose;  il  est  aujourd'hui  une  per^iniinc  que 
la  loi  protège  ,  parce  qii'elle  voit  en  lui  le  futur  citoyen  ;  qu'elle 
défend,  au  licsoii  ,  conlre  le  père,  non-seulement  dans  son  exis- 
tence ,  mais  dans  sa  1  berlé  relative ,  puisqu''!!  ne  peut  être  privé 
de  cette  liberté  sans  rantorisation  du  magisli'al  ;  dans  sa  foiliine 
future,  puisque  la  loi  dis|)Ose  en  sa  faveur  coutre  le  désordre  ou 
lincurie  des  j  aients  et  lui  assure  ,  même  contrairement  à  leur 
volonté,  une  partie  de  leur  héritage  ;  enfin,  jusque  dans  son  édu- 
cation mémo  ,  puisque  l'article  444  du  Code  Napoléon  exclut  le 
père  de  la  tutelle  *  pour  cause  (rincondiiitc,  iVincmjacilr  ou  d  in- 
fidélité.  » 


'•^  {\b  — 

Ainsi  roMtant  devenu  une  personne,  a  conquis  des  droits.  Or, 
en  ce  qui  concerne  l'école,  la  loi,  qui  cependant  protégf»  en  tout 
le  mineur,  ne  détend  pas  pour  lui  le  plus  légitime  de  tous  les 
droits,  celui  que  possède  aujourd'hui  toute  créature  humaine, de 
n'être  pas  vouée,  pour  sa  vie  entière,  aux  ténèbres  de  l'esprit  et 
de  la  conscience,  par  suite  à  la  pauvreté,  peut-êire  au  mal.  Nous 
faisons  pour  le  patrimoine  moral  de  l'enfant  moins  qu'il  n'est 
fait  pour  son  patrimoine  matériel ,  et  cependant,  l'un  manquant, 
celui-ci  reste  sans  valeur  et  bientôt  se  détruit. 

La  civilisation  est  le  fonds  commun  de  l'humanité.  Chaque 
homme  y  a  droit ,  ou  du  moins  a  droit  d'être  mis  à  même  d"y 
prendre  sa  part.  Ce  n'est  point  pour  le  riche  seulement  que  nos 
villes  sont  assainies  et  qu'on  y  respire  un  air  plus  pur  ;  ce  n'est 
pas,  non  plus,  au  seul  fils  du  riche,  ou  de  celui  qui  est  dans  l'ai- 
sance ,  que  nos  écoles  doivent  s'ouvrir.  Pour  que  l'homme  ,  en 
effet,  dans  notre  société,  atteigne  ses  fins  naturelles,  l'instruction 
lui  est  nécessaire.  11  vaudra  par  ses  bras  ,  mais  surtout  par  son 
esprit ,  et  il  lui  faut  au  moins  cette  première  instruction  qui 
d'abord  lui  donne  les  moyens  de  conduire  lui-même  ses  affaires, 
et,  en  outre  ,  place  toutes  les  autres  connaissances  à  sa  portée  , 
en  mettant  dans  sa  main  la  clef  qui  ouvre  les  trésors  de  l'intelli- 
gence. Le  père  doit  donc  au  fils,  avec  les  aliments  du  corps,  ceux 
de  l'esprit.  Il  ne  peut  pas  plus  l'emprisonner  dans  l'ignorance 
absolu-? ,  qu'il  ne  lui  est  permis  de  le  séquestrer  dans  une  cham- 
bre sans  lumière  et  sans  air.  Nous  avons  une  loi  pour  protéger 
les  animaux  contre  la  brutalité  de  leurs  maîtres  :  il  en  faut  une 
contre  ces  sévices  moraux  que  cause  l'ii  curie  ou  l'avidité  d'un 
père  aveuglé  par  la  misère  et  par  l'ignorance  (1)  ;  ou  plutôt  il 
n'en  faut  pas,  car  cette  loi  exi^te. 

L'article  203  du  Code  Napoléon  déclare  expressément  que  les 
époux  «  contractent  ensemble,  par  le  seul  fait  du  mariage,  l'obli- 
gation de  nourrir,  entretenir  et  élever  leurs  enfants  »;  et  l'article 
444  exclut  de  la  tutelle  le  père  incapable  de  bien  remplir  ses 
devoirs  envers  ses  enfants. Elever, c'est  régler  les  mœurs  et  déve- 
lopper l'intelligence.  Il  n'y  a  donc  pas  une  loi  nouvelle  à  faire, 
mais  à  déclarer  que  le  Code  Napoléon  ,  dont  la  lecture  fait  toute 
la  solennité  du  mariage  civil,  sera  désormais  une  vérité. 

L'exécution  de  cet  article  a  déjî  été  requise  par  le  législateur 
de  1841  pour  les  enfants  qui  travaillent  dans  les  manufactures  ; 


(1)  Dans  un  Mémoire  aiiressé  au  Ministre  de  l'Instruction  publique,  le  3  dé- 
cembre 1864,  par  un  instituteur  primaire  libre,  il  est  dit  : 

«  Généreux  et  larges  pour  tout  ce  qui  a  trait  au  développement  de  ragricul- 
ture  ,  au  perfectionnement  Ce  leurs  instruments  aratoires  et  aux  races  de  leurs 
animaux  reproducteurs  ,  les  pi-res  de  famille  se  montrent  d'une  lésinerie  révol- 
tante pour  tout  ce  qui  se  rapporte  à  l'intelligence. 

I)  J'ai  vu  ,  par  exemple  ,  mille  fois  depuis  que  j'exercemon  ingrate  profession 
à  la  campa!i;iie,  j'ai  vu  des  pères  de  famille,  dans  une  position  aisée,  n'envoyer 
à  l'école  que  deux  uu  trois  nmis  Je  l'année  et  très  souvent  pas  du  tout  ,  leurs 
cnfiiiifs  (lés-inlclligenls.  parce  que  ,  disent-iis,  les  mois  d'école  arrivent  trop 
l'île  el  sont  liop  chers  à  paner  ;  nos  enfants  en  sauront  toujours  asse:i  pour 
manier  la  charrue  et  aiguiltunner  les  bœufs. Faites  donc  l'aumône  de  la  gratuité 
-à  ces  père»,  pour  qui  leurs  enfants  ont  moins  de  valeur  que  leurs  champs  et  lcur§ 
bêtes  de  somme  !  » 


—  116  — 

ce  ne  sera  pasplus  uu  altental    contre  l'autorité    paternelle    de 
l'exécuter  aux  champs  que  dans  les  usines. 

En  résumé  ,  il  est  du  devoir  de  l'Etat  d'assurer  à  l'enfant  le 
moyen  de  s'instruire;  par  suite,  il  est  de  son  droit  de  prendre 
les  Uicsures  nécessaires  pour  empêcher  que  l'enfant  retenu  dans 
l'ignorance  ne  devienne  un  citoyen  inutile  ou  «  charge  à  la  com- 
mun:! uié, 

2"  L'obligation  serait  atteatatoire  à  la  liberté  de  conscience. 

Il  y  a  en  France  36  millions  de  catholiques  contre  moins  de  2 
millions  de  dissidents.  Les  lois  ne  sont  pas  faites  pour  ce  qui 
est  l'exception  ;  il  suffit  que  la  minorité  trouve  dans  la  loi  toutes 
les  garanties  nécessaires  à  la  liberté  de  conscience.  Or  ,  l'école 
n'est  point  l'église  ;  on  y  enseigne  ce  que  les  enfants  de  tous  les 
cultes  doivent  savoir,  les  grandes  vérités  religieuses  et  morales 
(jue  toutes  les  consciences  acceptent.  L'élève  y  apprend  la  lettre 
fie  la  loi  religieuse  ;  mais  l'explication  du  dogme  appartient  aux 
ministres  des  différents  cultes  et  se  fait  ailleurs. Nos  lois  scolaires 
et  nos  règlements  ont  pou' vu  à  toutes  les  exigences  légitimes, 
en  décidant  que  les  élèves  dissidents  n'assisteraient  pas  aux  exer- 
cÀces  religieux  etque  des  ministres  de  leur  croyance  leur  donne- 
raient à  lart  l'enseignement  dogmatique. 

En  fait,  il  existe  très-peu  d'écoles  mixtes,  quant  à  la  religion, 
autorisées  comme  telles  par  les  Conseils  «iépartementaux  dans 
les  communes  ou  plusieurs  cultes  sont  professés  publiquement  ; 
on  n'en  compte  que  211  sur  plus  de  52,000  ;  d'ailleurs,  dans  ces 
écoles  comme  d-=ins  celles  où  sont  reçus  les  enfants  des  dissidents 
isolés,  ceux-ci  trouveront  toujours  auprès  de  l'Administration  les 
moyens  assurés  de  sauveg  rder  la  foi  de  leurs  enfants, car  la  tolé- 
rance religieuse  est  la  plus  précieuse  conquête  de  la  Révolu- 
tion. 

3»  Diminution  de  ressources  pour  la  famille. 

Les  arguments  tirés  de  ce  chef  proviennent  d'^  l'idée  païenne 
et  fausse  que  l'enlant  est  la  propriété  du  père,  qu'il  est  soumis  à 
tous  les  droits  antiques,  jus  iifendl  et  abutendi ;  qu'enfin  c'est  un 
fonds  qui  peut  être  impunément  exploité  ,  dût  celte  exploitation 
prématurée  la  rendre  à  jamais  stérile. 

Sans  doute  l'enfant  qui  garde  la  vache  pendant  que  le  père  et 
la  mère  travaillent  aux  champs,  ou  qui  va  au  bois  faire  de  l'herbe 
ou  ramasser  des  branchages  ,  se  trouve  le  soir  yvoir  rapporté 
quelijue  chose  à  la  faniille  :  gain  immédiat  ,  mais  bien  petit ,  et 
qui  rend  impossibles  les  gains  futurs  ;  car  ces  journées  de  tra- 
vail précoce  diminuent  pour  l  avenir  de  la  valeur  la  journée  de 
l'ancien  gardeur  de  vaches,  devenu  valet  de  ferme  et  rendu  inca- 
pable ,  par  la  stérilité  de  son  esprit  ,  de  s'élever  au-dessus  du 
dernier  rang ,  même  de  rendre  tous  les  services  que  ce  dernier 
rang  comporte.  Si,  au  contraire,  il  avait  été  mis  en  et  t  d'obtenir 
de  son  travail  une  rémunération  plus  forte  ,  il  pourrait  rendre 
avec  usure  à  ses  parents  vieillis  et  fatigués  ce  qu'il  en  aurait 
reçu  quand  il  était  lui  -  môme  faible  et  dépourvu.  L  amour  filial 
n'est  pas  la  voix  du  sang  ,   c'est  surtout  le  sentiment  des  sacri- 


—  117  — 

fices  que  le  père  s'est  imposés  en  vue  d'assurer  à  son  enfant  une 
condition   meilleure. 

Le  système  actuel  protège  la  mauvaise  famille ,  non  la  bonne  ; 
il  encourage  le  père  à  l'insouciance,  au  lieu  de  le  pousser  à  l'éco- 
nomie, à  l'ordre  ,  à  la  prévoyance  ;  il  favorise  le  gaspillage  des 
forces  naturelles  delà  famille  et  non  leur  développement  normal, 
ce  qui  constitue  tout  à  la  fois  un  préjudice  pour  renfard,  pour  la 
famille  bien  entendue  et  pour  la  société  ;  enfin  ,  il  n'assure  la 
liberté  du  père  qu'en  violant  celle  du  fds  ,  car  l'obligation  pour 
l'un  d'inslrnire  son  enfant  serait  pour  l'autre  l'affranchissement 
d'une  détestable  servitude  ,  celle  de  l'ignorance  ,  peut  être  de 
la  misère  qui  la  suit  et  des  vices  qui  trop  souvent  l'accom- 
pagnent. 

Il  est  très-vrai  que  beaucoup  de  familles  sont  trop  pauvres 
pour  se  priver  volontiers  du  travail  d'un  enfant  qui  chaque  jour 
gagne  lui-même  une  portion  de  sa  chétive  nourriture. Une  loi  sur 
l'instruction  obligatoire  aurart  à  ménager  cet  intérêt  et ,  soil  par 
l'intermédiaire  des  bureaux  de  bienfaisance,  soit  par  l'institution 
de  ces  caisses  d'écoles  qui  ont  si  bien  réussi  en  Allemagne  et  en 
Suisse, elle  devrait  organiser  pour  les  familles  absolument  néces- 
siteuses une  assistance  analogue  à  celle  qui  est  donnée  dans 
beaucoup  de  salles  d'asile,  en  accordant  quelques  aliments, même 
des  vêtements  à  ces  enfants  enlevés  au  vagabondage  pour  deve- 
nir écoliers. 

Dans  certains  cantons  de  la  Suisse  ,  une  prime  est  assurée  aux 
indigents  dont  les  enfants  iréquentent  assidûment  l'école  :  c'est 
de  l'argent  placé  à  gros  intérêt. 

Il  est  h  peine  nécessaire  d'ajouter  que  l'époque  et  la  durée  de 
la  fréquentation  obligatoire  seraient  fixées  eu  égard  aux  nécessi- 
tés de  l'agriculture  ou  de  l'industrie  et  qu'il  serait  tenu  compte, 
au  moyen  d'exemptions  sagement  accordées  ,  des  empêchements 
de  force  majeure  résultant  des  distances  ,  de  la  mauvaise  saison 
ou  d'autres  nécessités  absolues. 

4"  L'obligation  serait  une  arme  dangereuse  dans  la  main  du  Gouvernement. 

Ceux  qui  parlent  ainsi  oublient  beaucoup  de  choses  :  d'abord, 
que  le  Gouvernement  ne  représente  pas  un  intérêt  particulier, 
distinct, puisqu'il  est  au  contraire  la  plus  haute  et  la  plus  sincère 
expression  de  tous  les  intérêts  généraux  du  pays  :  ensuite,  que 
l'école  primaire  n'est  pas  le  lieu  où  les  idées  politiques  se 
forment;  enfin  ,  qu'avec  la  loi  de  liberté  qui  nous  régit,  chacun 
garde  le  droit  d'envoyer  son  fils  à  l'école  qu'il  lui  plaît  ou  de  ne 
l'envoyer  à  aucune  ,  s'il  est  en  état  de  faire  lui  même  l'instruc- 
tion de  son  fils.  Ce  qui  deviendrait  obligatoire  ,  ce  serait 
d'apprendre  à  lire  ,  écrire  et  compter  ,  non  d'aller  dans  telle  ou 
telle  école  imposée  par  l'Etat. 

S"  Impossibilité  de  pratiquer  ce  système,  attendu  l'étal  des  écoles. 

Ce  n'est  point  une  impos-^ibilité  ,  mais  ,  sur  de  certains  points, 
une  difficulté  qu'avec  de  l'argent  et  du  temps  on  fera  disparaître- 
En  cas,  d'ailleurs,  d'empêchement  matériel ,  l'effet  de  la  loi  sera 


—  418  — 

naturellement  suspendu  jusqu'à   ce  qu'on  ail  fait  disparaître 
l'obstacle. 

6»  Destruction  de  la  discipline. 

Les  élèves  qni  rendraient  impossible  leur  présence  dans  la 
classe  en  seraient  exclus  nécessairement.  L'école,  comme  la 
société,  aurait  ses  rélractaires.  On  peut  en  diminuer  le  nombre, 
mais  la  pensée  qu'il  en  subsistera  toujours  quelques-uns  ne  doit 
pas  plus  laite  hésiter  pour  la  loi  scolaire  que  la  crainte  d'avoir  des 
déserteurs  n'a  détourné  d'écrire  la  loi  minutaire. 

7»  L'obligation  créera  un  impôt  nouveau  pour  le  pauvre. 

Il  sera  répondu  à  cette  objection  au  §  10. 

On  représente  l'esprit  national  comme  oppoé  à  cette  contrainte 
morale. Tout  le  monde  est  d'accord  sur  les  heureux  elïels  de  la  loi 
de  1833,  Il  importe  cependant  de  ne  pas  oublier  que  l'obligation 
financière  établie  par  cette  loiparut  plus  douloureuse  à  ceux  qui 
devaient  la  subir  que  ne  le  paraîtrait  aujourd'hui  l'obligation  de 
la  scolarité.  La  première  année  ,  il  fallut  imposer  d'office  20,961 
communes  ,  et  on  ne  recula  pas  (t).  En  i!^37  ,  les  impositions 
d'office  s'élevèrent  à  33  0/0  de  la  somme  nécessaire.  En  1833, elles 
frappèrent  encore  4,786  communes;  en  1840,  4,046.  Mais  la  per- 
sévérance de  l'Administration  fit  entrer  cette  obligation  dans  les 
mœurs  et  nul  à  présent  ne  songe  à  s'y  soustraire. 

En  résumé,  il  y  a  pour  tous  les  droits  de  justes  devoirs  ,  pour 
toutes  les  libertés  des  entraves  légitimes.  On  ne  craint  pas  de 
restreindre  les  droits  des  citoyens  en  vue  d'intérêts  matériels, 
^agit-il  des  propriétaires  ?  On  oblige  l'un  à  détruire  un  logement 
insalubre,  même  à  blanchir  la  façade  de  sa  maison;  et  au  nom  de 
l'utilité  publique  ,  on  force  l'autre  à  recevoir  une  indemnité  qui 
peut  lui  être  inutile  ,  en  échange  d'une  propriété  qu'il  voudrait 
garder  parce  que  son  fils  y  est  né  ou  que  son  père  y  est  mort; 
tout  comme  ,  en  dépit  du  principe  de  la  liberté  des  contrats  ,  le 
marchand  est  tenu  ,  pour  vendre  ,  de  connaître  et  d'appliquer  le 
système  métrique. 

L'arrêté  ministériel  du  24  septembre  1831  ,  pri.s  eu  exécution 
de  l'ordonnance  royale  du  29  avril  1831  ,  établit,  à  l'art.  34  ,  que 
nul  indigent  ne  recevra  de  secours  du  bureau  de  bienfaisance 
s'il  ne  justifie  pas  qu'il  envoie  ses  enfants  à  l'école  ou  s'il  refuse 
de  les  soumettre  à  lavaccinationelcet  arrêté  a  été  mis  en  vigueur 
dans  plusieurs  villes,  même  à  Paris. 

Voilà  l'obUgationde  l'école  imposée  aux  plus  pauvres. Le  légis- 


(1;  Le  chiffre  qui  précède  est  extrait  du  rapport  présenté  au  Hoi  par  M. 
Guizot,  le  1.5  avril  1834.  Ce  rapport  contient  le  pa.-î  âge  suivant  : 

-  Il  ne  faut  ni  se  le  dissimuler  ni  lo  taire  :  lo  pays  est,  sous  co  r;ipporl, 
moins  avancé  n;,  i.u  ne  l'a  dit  souvent  ;  ses  désirs  no  sont  poial  pai  îiiut  au 
nive.iu  de  sesb?soins;  la  dépense  à  faire  effraye  ;  la  peine  à  prendre  rebute: 
et  pendant  longtemp-^  encore  i'autori;é  supérieure  aura  à  surmonter,  à 
force  d'activité  et  de  lumières, l'msouriance  et  l'ignorance  d'une  partie  de  la 
population.  » 


—  149  — 

'ateiir  de  1841  a  .nissi  rendu  l'école  obligatoire  pour  les  enfanis 
qui  travaillent  dans  les  manufactures  ,  et  l'art.  203  du  Code 
Napoléon  a  fait  du  devoir  d'élever  ses  enfants  une  des  conditions 
du  mariage. 

Le  principe  est  donc  posé  ;  il  resfe  à  l'étendre  et  à  le  ^(^nérali  - 
ser,  à  l'aide  d'une  réglementation  paternelle  ,  d'une  obligation 
morale  bien  plus  que  d'une  pénalité  sévère  ;  et  dans  quelques 
années  il  ne  se  trouvera  plus  en  France  que  bien  peu  d'intelli- 
gences demeurées  absolument  stériles  au  sein  de  la  civilïfeation 
dont  elles  entraveraient  le  progrès  (1). 

Il  ne  suiïit  pas  à  un  peuple  d'être  éclairé  par  en  haut ,  ce  qui 
peut  lui  donner  une  belle  et  noble  apparence  ;  il  faut  que  la 
lumière  descende  jusqu'aux  plus  inlimes  profondeurs  et  arrive  à 
chaque  esprit,  pour  qu'il  se  forme  des  garanties  durables  d'ordre 
et  de  prospérité. 

On  s'assure  contre  !a  grêle  et  l'incendie;  l'école  obligatoire  sera 
pour  tous  les  habitants  de  la  commune  une  assurance  contre  le 
maraudage  et  ses  suites. On  subventionne  àgrands  frais  des  entre 
prises  particulières  ou  des  services  publics  ;  l'impôt  élabli  pour 
rendre  l'école  gratuite  sera  la  ;jr//»(' payée  pour  se  garantir  contre 
les  délits  et  la  subi-enlion  fournie  pour  développer  ,  avec  l'intelli- 
gence des  classes  populaires  ,  leur  puissance  de  produc- 
tion. % 

La  bonne  éducation  du  peuple  assurera  donc  la  richesse  et  la 


(1)  Le  maire  de  Rou'.iaix  écrivait  ,  le  23  février  1860  au  préfet  du  Nord  , 
une  lettre  dans  laquelle  il  proposait  de  rendre  l'instrnctioa  obligatoire  en 
développant  le  principe  posé  par  la  loi  du  22  mars  1841 ,  c'est-à-dire  en 
décidant  qu'elle  s'appliquerait  aux  petits  ateliers  comme  aux  grandes  usines, 
et  que  nul  enfant  n'y  serait  reçu  s'il  n'avait  fréquenté  assidûment  une  école 
pendant  quatre  ans  :  «  Je  ne  crois  pas  me  tromper,  disait-il,  en  affirmant 
que  la  moitié  de  notre  population  ouvrièra  ne  sait  ni  lire  ni  écrire  ;  que  la 
moitié  ne  commence  à  fréquenter  les  classes  que  l'année  qui  précède  la 
première  communion,  et  encore  une  petite  heure  par  jour  ;  etremarquez, 
monsieur  le  préfet, que  cette  heure  est  principalement  consacrée  à  apprendre 
ks  prières  et  à  exp'iqurr  les  catécbismes...  On  admet  les  enfants  à  la  pre- 
mière communion  à  12  ans,  et  chaque  année  il  s'en  trouve  dans  les 
paroisses  environ  800...  Sur  les  400  enfants  qui  ,  dans  la  paroisse  Notre- 
Dame, se  présentent  chaque  année  pour  la  première  communion, 200  environ 
ne  connaissent  pas  une  lettre  ,  n'ont  aucme  notion  du  catéchisme  ,  et  bon 
nombre  sont  incapables  de  réciter  correctement  leurs  prières...  Ce  qui 
existe  à  Roubaix  existe,  ou  à  peu  près,  pour  les  autres  villes  du  départe- 
ment     Si  ma  proposition  était  adoptée  nous  n'aurions  plus   le  désolant 

spectacle  de  les  voir  arriver  au  catéchisme  sans  aucune  instruction,  n'ayant 
même  aucune  notion  de  ce  qui  est  bien,  do  ce  qui  est  mal.  Il  appartient 
au  fiouverneraont  de  Sa  Majesté  de  réaliser  cotte  noble  pensée  en  écrivant 
e;i  léte  de  la  loi  :  Il  faut  que  tous  les  enfants  de  l'Empire  français  ,  qui. 
auront  atteint  l'âge  de  douze  ans  en  1865,  sachent  lire  couramment 
et  écrire  correctement. 

»  i\'\  moment  où  nous  allons  entrar  en  lutte  avec  les  industriels  anglais, 
le  Gouvernement  ne  doit  rien  négliger  pour  développer  l'intelligence  de  nos 
ouvriârs,  en  leur  donnant,  penda-^t  leur  enfance,  au  moyen  do  la  fréquen- 
tation assidue  de  nos  écoles  peniant  quatre  ans  au  moins  ,  une  bonne 
instruction  élémentaire » 


—  120  — 

grandeur  morale  de  la  Franco  ,  comme  la  bonne  discipline  de 
i'arniée  fait  sa  force  et  sa  sécurité. Dès  lors  il  ne  doit  pas  plus  être 
permis  d'échapper  à  l'école  qu'à  la  conscription,  et  la  loi  scolaire 
qui  forcera  tous  les  Français  à  savoir  lire  et  écrire  sera  le  coni- 
plcniesit  nécessaire  de  la  loi  politique  qui  appelle  tous  les  Fran- 
çais à  voter.  Le  pays  du  suffrage  universel  doit  être  celui  de  l'en- 
seignement primaire  nniversel  ;  autrement  )e  bulleliii  de  vote 
pourrait  devenir  aux  mains  des  ignorants  ce  qu'une  arrae  dange- 
re;  se  est  souvent  dans  la  main  de  l'enfant. 

Aux  raisons  théoriques,    il  est   bon  de  joindre  la  force  d'une 
preuve  fournie  par  l'expérience. 

Il  y  a  un  siècle  ,  le  pays  de  Bade  était  un  des  pays  les  plus 
arriérés.  A  la  suite  des  guerres  de  la  République  et  de  l'Empire  il 
sortit  de  sa  léthargie  L'instruction  obligatoire,  décrétée  en  prin- 
cipe durant  l'année  i803  ,  reçut  en  l83-i  les  i)!us  sérieux  déve 
loppements  ,  et  une  génération  suftil  pour  faire  du  grand-duché 
un  des  Etats  les  plus  prospères  de  l'Allemagne.  La  loi  de  l'obli- 
gation n'y  donne  plus  lieu  qu'à  un  petit  nombre  de  cilalions  ou 
d'amendes.  «  A  cet  égard  ,  disait  en  186-4  un  haut  fonctionnaire, 
nous  sommes  arrivés  au  point  où  l'on  ne  peut  rien  faire  de  plus.» 
(elle  loi,  inutile,  après  cinquante  ans,  pour  les  garçons  ,  ne  sert 
plus  que  pour  les  écoles  des  filles. 

Quelles  ont  été  l^s  conséquences  de  l'enseignement  obliga- 
toire ■?  La  moralité  et  la  richesse  du  pays  se  sont  accrues  Le  nom- 
bre des  mariages  s'élève,  les  naissances  illégitimes  diminuent,  et 
les  prisons  se  vident.  On  a  vu  qu'en  1854  on  y  comptait  1,420  pri- 
sonniers ,  et  qu'en  ISGl  il  n'y  en  avait  plus  que  961.  D'un  autre 
côté  ,  la  prospérité  matérielle  a  piis  un  admirable  essor.  Le  cou- 
rant de  l'émigration  vers  l'Amérique  s'est  arrêté  ;  les  avertisse- 
ments en  malière  d'impôt  ont  diminué  des  deux  tiers  ;  le  chiffre 
des  indigents  d'un  quart.  Et  M.  le  D' Dietz  ,  directeur  du  com- 
merce du  giand  duché,  parlant  de  cette  transformation  extraordi- 
naire, ajoutait  :  •  L'instrument  principal  de  ce  développement,  a 
bien  certainement  été  l'instruction  que  les  classes  populaiies  ont 
été  obligées  de  prendre.  » 

[La  suite  au  prochain  mnnéro.) 


CIRCULAIRES  A  MM.   LES  PREFETS 

RELATIVES    AUX 

TR^ITKMEMS  ni  S  INSTITITEIRS  ET  DES  I^STITIRICES  PIBLICS. 

Première  circulaire. 

Monsieur  le  Préfet, 
Une  instruction  du  31  janvier  1854,  concertée  entre  le  dépar- 
tement de  l'insîruction  publique  et  le  département  des  finances 
poui  l'exécution  des  règlements  sur  Tadministration  et  la  comp- 
l:ibilité  des  écoles  primaii'cs  ,  dispose  que,  v  lorsque  le  traite- 
»  ment  fixe  et  la  rétribution  scolaire  ne  devront  pas  dépasser  le 
((  minimum  de  000  francs,fixé  par  l'article  38  delà  loi  organique 


_  121  — 

t  il  sera  payé  à  l'instituteur  oO  {inncs  par  mois  ou  150  francs 
«  par  trlir.estre.  Lorsque  ce  minimum  sera  dépassé  et  qu'il  n'y 
«  aura  pas  lieu  par  conséquent  d'allouer  un  supplément  de  trai- 
'  tement  5  l'instituteur,  il  lui  sera  payé  par  mois  ou  par  trimes- 
«  tre  une  somme  égale  :  1"  au  douzième  ou  au  quart  de  son  trai- 
>  lement  fixe;  2°  au  moulant  de  la  rétribution  scolaire  perçue 
«  pour  son  compte,  soit  dans  le  moi<,  soit  dans  le  trimestre  pré- 
t  cèdent.» 

Ces  dispositions  avaient  pour  but  ,  et  ,  fidèlement  exécutées, 
elles  iiuraient  eu  pour  résultat  d'assurer  l'acquittement  régulier 
du  traitement  de  l'insliluleur.  J'im  le  regret  de  dire  que,  sous  ce 
rapport,  les  espérances  du  Gouvernement  ont  été  trompées  dans 
beaucoup  de  cas.  Les  réclamations  qui  me  parviennent  ,  les  en- 
quêtes que  j'ai  ordonnées  et  dont  vous  m'avez  vous-même  trans- 
mis les  relevés,  ne  me  permettent  pas  de  douter  que  ,  dans  un 
grand  nombre  de  communes,  !e  paiement  du  traitement  des  ins- 
tituteurs ne  souffre  des  délais  qui  se  reproduisent  chaque  tri- 
mestre, et  qui  s'étendent  à  plusieurs  semaines  et  quelquefois  à 
plusieurs  mois.  Je  n'entends  pas  imputer  ces  retards  à  la  négli- 
gence ou  au  mauvais  vouloir  des  autorités  locales,  ni  à  cette  cir- 
constance que  les  ressources  destinées  au  service  de  l'instruction 
primaire  seraient  provisoirement  détournées  de  leur  emploi  et 
affectées  à  d'auties  dépenses  conimu!  aies  ;  j'aime  mieux  les 
attribuer  à  la  lenteur  des  recouvrements,  d'où  peut  résulter  dans 
la  caisse  du  payeur  un  déficit  momentané.  Mais,  quelle  qu'en 
soit  ia  caus", une  pareille  situation  porte  un  grave  et  injuste  pré- 
judice à  des  intérêts  que  nous  devons  tenir  à  honneur  de  pro- 
téger.Le  Gouvernement  est  donc  résolu  à  use!'  de  tous  les  moyens 
pour  y  mettre  un  terme. 

Il  n'a  pas  paru  toutefois  que  l'insufïîsauce  de  la  législation  ac- 
tuelle fût  compl  tement  démontrée,  et  que  le  seul  remède  effi- 
cace aux  irrégularités  qui  sont  signalées  fût  !a  modification  des 
règles  actuellement  suivies  pour  l'ordonnancement  et  mandate- 
ment des  dépenses  communales.  En  faisant  arriver  plus  prompte- 
ment  aux  communes  la  subvention  du  département  et  celle  du 
Trésor  public,  on  est  en  droit  d'espérer  que  la  cause  principale 
des  retards  dont  les  instituteurs  se  plaignent  aura  disparu  ;  dans 
ce  cas,  en  effef,  le  maire  n'aura  aucun  prétexte  pour  ajourner  la 
délivrance  des  mandats,  ni  le  percepteur  l'acquittement  de  la 
dépense  ,  puisque  ,  à  défaut  des  centimes  communaux  ou  de  la 
rétribution  scolaire  tardivement  recouvrés,  la  caisse  municipale 
sera  pourvue  de  ressources  provenant  ou  des  départements  ou 
de  l'Etat,  qui  seront  sullisantes  pour  acquitter  les  termes  échus 
du  traitement  de  l'instituteur. 

En  conséquence,  j'ai  décidé  qu'à  l'avenir  la  majeure  partie  des 
crédits  qui  sont  alloués  par  la  loi  de  finances,  tant  sur  les  fonds 
généraux  que  sur  les  fonds  départementaux,  pour  les  dépenses 
obligatoires  de  l'instruction  primaire,  serait  successivement  mise 
cà  voire  disposition  dans  le  cours  de  l'année,  sans  préjudice  du 
règlement  de  compte  qui  ne  peut  avoir  lieu  qu'en  fin  d'exercice. 
Déjà,  dans  le  courant  du  mois  dernier,  près  de  4  millions  ont  été 


—  122  — 

ordonnancés  ;  de  nouveaux  crédits  vous  seront  prochainement 
ouverts.  11  vous  appartiendra  de  prendre  les  mesures  nécessaires 
pour  que  ces  subventions  soient  immédiatement  versées  dans  les 
caisses  municipales  qui  en  ont  besoin. 

Aux  termes  du  règlement  du  1 G  décembre  18  41  sur  la  comp- 
tabilité de  mon  Ministère,  le  cortitical  d'exercice  de  l'instituteur 
devrait  être  produit  à  l'appui  du  versement  de  chaque  pailie  de 
la  subvention  ;  mais  il  a  été  réglé,  d  accord  avec  Son  Exe.  M  le- 
Ministre  des  finances,  que  ce  certificat  ne  serait  exigé,  à  l'avenir, 
qu'une  seule  fois,  en  fin  d'année,  lors  du  solde  définitif  .'n  com- 
plément à  la  charge  de  l'Etat.  Vous  n'aurez  donc  pas  à  le  réclamer 
avant  cette  époque. 

Quand  les  communes  auront  encaissé  les  sommes  que  vous  avez 
jugé  nécessaires  de  leur  aîïécter,  elles  seront  en  mesure  de  payer 
exactement  leur  instituteur,  tout  au  moins  durant  les  trois  pre- 
miers trimestres.  Avertissez  donc  les  autorités  locales  que  ce 
paiement  ne  doit  être  ajourné  sous  aucun  prétexte.  Quand  le 
de  nier  jour  du  trimestre  ou  du  mois  arrive  ,  il  faut  que  Tinsti- 
tuteur  ait  entre  ses  mains  son  mandat  signé  du  maire,  et  ,  dès 
que  ce  mandat  est  présenté  à  la  caisse  du  receveur  municipal ,  le 
paiement  doit  être  immédiat.  Je  compte  sur  votre  concours  1p 
plus  actif.  Monsieur  le  Préfet,  pour  maintenir,  dans  celte  partie 
du  service,  une  régularité  sévère ,  que  réclament  la  justice  et 
l'humanité. 

Les  mesures  dont  il  s'agit  onî  été  concertées  entre  le  Ministère 
de  l'intérieur,  le  Ministère  des  finances  et  mon  département  ;  ce 
concert  est  un  nouveau  gage  de  l'intérêt  que  porte  le  Gouverne- 
ment de  l'Empereur  à  tout  ce  qui  louche  à  l'améiioiationdu  sort 
des  instituteurs. 

Sans  doute  ces  mesures  ne  profiteront  pas  aux  communes  qui 
u'ont  à  recevoir  aucun  supplément  ni  de  l'Etat  ni  du  département; 
mais,  précisément  parce  qu'elles  sont  plus  riches  que  les  autres, 
ces  communes  ne  donnent  pas  lieu  aux  mêmes  plainte ^  ,  et  ,  si 
des  lenteurs  se  produisent,  elles  doivent  être  imputées  à  des 
omissions  ou  à  des  négligences  que  vous  avez  le  pouvoir  de  pré 
venir  ou  du  moins  de  réprimer. 
Paris,  le  6  avril ,  1865. 


Recevez  .  etc. 


Le  Ministre  de  l'Instruction  publique, 
V.  DunuY. 


Deuxième  circulaire 

Monsieur  le  Préfet  , 
L'année  dernière,  j'avais  pu  obtenir  un  crédit  de  160,000  fr.  à 
ajouter  à  celui  de  500,000  fr  tncs  déj;»  inscrit  à  mon  budget  pour 
porter  au  cliilirc  Ih  plus  rapproché  de  400  fr.  les  traitements  des 
institutrices  publiques. PourlHor)  un  crédit  nouvcautle  200,000  fr. 
nfa  encore  été  alloués. C'est  donc.au  total, une  somme  de  560,000 
francs  que  j'ai  à  répartir  proporliMunellemont  entre  tous  les 
départements. 


-    4^3  — 

Je  désire  faire  emploi  le  plus  promptement  possible  de  mes 
ressources  ainsi  augmentées  ;  mais  les  bases  qui  m'ont  servi  jus- 
qu'à présent  à  fixer  la  part  de  chaque  département  reposant  sur 
desfaits  que  la  marche  du progrèsaaujourd'hui nécessairement  et 
très-heureusement  modifiés,  je  viens  vous  piier  de  m'en  fournir 
de  nouvelles.  A  cet  effet,  vous  m'adresserez  la  liste  de  toutes  les 
instilulrices  publiques  dont  les  ressources  réunies  n'élèvent  pas 
le  traitement  à  500  fr  Les  cadres  que  je  vous  envoie  ci-joints  sont 
destinés  à  recevoir  ces  renseignements  ;  j'y  ai  ouvert,  comme 
vous  le  remarquerez  ,  deux  colonnes  :  la  première  pour  le  com- 
plément à  400  fr.  et  la  seconde  pour  le  complément  à  500  fr  Je 
n'ose  pas  espérer,  Monsieur  le  Préfet,  pouvoir  arriver  à 
remplir  cette  dernière  colonne  :  j'aurai  du  moins  fait  tous 
mes  efforts  pour  atteindre  autant  que  possible  le  taux  qu'elle 
indique. 

Sur  les  trois  cadres  qui  accompagnent  la  présente  circulaire  , 
vous  m'en  adresserez  deux  remplis  d'ici  an  30  avril  prochain  ;  je 
vous  en  renverrai  un  avec  ma  décision. 

Recevez,  Monsieur  le  Prélet, l'assurance  de  ma  considération 
distinguée. 

Le  Ministre  de  l'Inslrnction  publique. 

V.  DURUY. 


INSTRUCTION   PUIMAIRE.   —  ECOLES  COMMUNALES.    — 
DISTRIBUTION   DE  PRIX. 

Laon,  le  t5  avril  1865. 
A  MM.  les  Maires  du  département. 

Messieurs, 

M.  le  Ministre  de  l'Instruction  publique,  qui  se  préoccupe  avec 
un  inaltérable  dévouement  des  améliorations  à  introduire  dans  le 
service  de  l'enseignement  primaire  ,  a  manifesté  le  désir  que 
chaque  école  communale  eût ,  à  la  fin  de  l'année  ,  une  de  ces 
petites  fêtes  où  le  travail  et  la  bonne  conduite  sont  publique- 
ment récompensés.  Cet  usage  existe  déjà  dans  un  grand  nombre 
de  localités  de  notre  département  et  des  prix  y  sont  distribués 
tantôt  aux  frais  de  l'Administration  ,  tantôt  au  moyen  de  dons  et 
de  souscriptions  volontaires. 

Le  Conseil  général,  consulté, a  pensé  qu'une  semblable  mesure 
était  destinée  à  produire  d'excellents  résultats  et  surtout  celui  de 
retenir  les  élèves  à  l'école  pendant  l'été  par  l'appât  d'une  récom- 
pense honorifique. 

Il  est  donc  vivement  à  désirer  que  les  distributions  de  prix  se 
généialisent  ,  et  qu'elles  soient  encouragées  comme  toutes  les 
innovations  destinées  à  faire  participer  aux  bienfaits  de  l'instruc- 
tion primaire  tous  les  enfants  sans  exception. 

Je  vous  recommande,  en  conséquence,  de  profiter  de  la  session 
du  mois  de  mai  pour  entretenir  votre  Conseil  municipal  de  cette 
question  si  digne  de  notre  intérêt.   Je   suis  convaincu  que  cette 


-  424  - 

assemblée  n'hésitera  pas  à  mettre  à  votre  disposilion  une  somme 
suffisante  pour  seconder  !e  vœu  du  Gouvernement  ,  et  dans  le 
cas  où  les  ressources  de  votre  budget  ne  pourraient  pas  couvrir 
ce  léger  et  fertile  sacrifice  ,  il  ne  vous  sera  pas  difficile  de  faire 
un  appel  aux  notables  habitants  de  votre  commune  qui  compren- 
dront ,  comme  le  dit  avec  tant  de  haute  raison  S.  Exe.  M.  le 
Ministre  de  l'Instruction  publique  ,  *  que  l'argent  donné  pour 
»  l'enfance  est,  à  tous  les  points  de  vue,  de  l'argent  prêté  à  gros 
»  intérêts.  î 

Agréez  ,  Messieurs  ,  l'assurance  de  ma  considération  très- 
distinguée. 

Le  Préfet  , 

G.  CASTAING. 


MOUVEMEM  DU  PERSONNEL. 

Par  arrêtés  de  M,  le  Préfet ,  rendus  sur  la  proposition  de  M. 
l'Inspecteur  d  'Académie  , 

MM.  Fiévez,  Charles  ,  instituteur  à  Sery-lès-Mézières  ,  est  nommé 

à  Hamégicourt  (Moy),  en  remplacement  de  M.  Lemoine. 
Lemoine,  Isidore  ,  instituteur  à  Hamégicout  t  ,   est  nommé  à 

Regny  (fiibemont),  en  remplacement  de  M.  Mailly. 
Mailly, Eugène, instituteur  à  Regny, est  nommé  à  Sery-lès-Mé- 
zières (Ribemont),  en  remplacement  de  M.  Fiévez. 
Bore,   Joseph,   instituteur  à  Savy  ,   est  nommé  à  Etreillers 

(Vermand),  en  remplacement  de  M.  Pinchon. 
Pinchon,  Pierre,  instituteur  à  Etreillers  ,  est  nommé  h  Savy 

(Vermand),  en  remplacement  de  M.  Bore. 
Thomas,  Jean-Baptiste,  instituteur  à  l'Epine-aux-Bois,  est 

nommé  à  Sergy  (Fère-en-Tardenois),  en  remplacement  de 

M.  Foy,  décédé. 
Despierre  ,  Louis-Eugène  ,  instituteur-adjoint  ,  est  nommé 

instituteur  à  l'Epine  aux-Bois  (Charly) ,  en  remplacement 

de  M.  Thomas. 
M'i^Tavaux,     Célina-Désiré  ,    en   religion  Sœur  Saint-Quentin  . 

est  nommée  institutrice   à  Gandflu  (Nenilly-Saint-Front.) 

Aux  termes  d'une  circulaire  ministérielle,  en  date  du  2-4  no- 
vembre 1857,  les  dispensés  universitaires  ayant  servi  pendant  dix 
ans  dans  l'enseignement  public  ,  doivent  rerevoir  de  M  le  Rec- 
teur un  cortificat  attestant  l'entière  réalisation  de  leur  engage- 
ment ,  et  sur  la  production  duquel  un  congé  de  libération  leur 
est  délivré  par  l'autorité  militaire. 

Ont  reçu  ,  il  y  a  peu  do  temjis  ,  ledit  certificat,  les  instituteurs 
ci  après  dénommés  : 

1,  Mérelle  ,    Henri-Nicolas  ,    instituteur   public   à  Gauchy. 

3.  Toulouse,  Julcs-Onéziuic,  id.  à  Flavigny. 

3,  Flamant,  Eugène -Jean-Baptist*»,       id.  à  La  Flamangrie. 


—  425 

— 

instituteur 

public 

à  Landouzy-la-Coui . 

id. 

à  La  Bouteille. 

id. 

à  Selens. 

id. 

à  Caillouël-Crépigny. 

id. 

à  Morsain. 

id. 

à  Sainte-Croix. 

id. 

à  Moulins. 

id. 

à  Estrées. 

id. 

à  Guignicourt. 

id. 

à  Froidmont-Cohartillr 

id. 

à  Wassigny. 

id. 

à  Vézaponin. 

4.  Taine  ,       Alphonse  , 

5.  Lalbalétrier,  Alphonse, 

6.  Chédaille,  Elise-Antoine, 

7.  Bègue,  Jean-François, 

8.  Leuiliy.  Jules-François, 

9.  Déirez,  Charles-Félix, 

10.  Soret ,  Eugène-Isidore  , 

11.  Berriot,  Alphonse-Basile, 

12.  Mollet,  Elie-Moise, 

13.  Martin,  Vicior, 
1*.  Durozoy,  Jules, 
15.  Bruge,  Louis-Gustave, 


Préfecture  de  l'Aisne. 

AVIS. 

Plusieurs  bourses  départementales  seront  vacantes  ,  à  la  fin  de 
la  présente  année  scolaire,  dans  l'Institution  des  Sourds-Muets  de 
Saint-Médard  ,  près  Soissons. 

Les  conditions  d'admission  sont  les  suivantes  : 

1°  Elre  âgé  de  9  ans  au  moins  ; 

2<»  Etre  d'une  bonne  constitution  et  n'avoir  aucune  infirmité 
autre  que  celle  de  la  muti-surdité  ; 

3°  Avoir  été  vacciné  ou  avoir  eu  la  petite  vérole. 
Les  candidats  doivent  produire  : 

4"  Un  acte  de  naissance  ; 

2°  Un  certificat  de  vaccine  : 

3°  Un    certificat  du  médecin  constatant  la  bonne  constitution; 

4"  Un  certificat  du  maire  constatant  la  position  de  fortune 
et  de  famille  des  père  et  mère  .  leur  moralité  et  leur  bonne 
conduite. 

Ces  pièces  doivent  être  dûment  légalisées  et  remises  au  secré- 
tariat de  la  Préfecture  pour  l'arrondissement  de  Laon  ,  et  dans 
les  Sous-Préfectures  pour  les  autres  arrondissements. 


pâhtii;  hon-offigielle. 

-  NÉCROLOGIE. 

L'enseignement  primaire  vient  de  faire  ,  dit  le  Journal  de  Ver- 
vins  que  nous  recevons  à  l'instant,  une  bien  grande  perte  dans 
la  personne  de  M.  Daruas,  instituteur  de  Guise,  dont  les  obsè- 
ques ont  eu  lieu  le  28  avril. 

Rarement  on  a  l'occasion  d'assister  à  une  cérémonie  aussi 
émouvante  que  celle  dont  la  ville  de  Guise  a  été  le  témoin  ce 
jour-là. 

MM.  les  memhies  Ju  Conseil  municipal,  toutes  les 
notabilités  et  fonctionnaires  de  la  ville  ,  des  médaillés 
de  Sainte  -  Hélène  ,  M.  Mougel  ,  inspecteur  des  écoles, 
entouré    d'un    grand    nombre    d'instituteurs  ,    avaient  voulu 


~  126  - 

accojiipagnei  M.  Darras  à  sa  dernière  demeure;  ou  remarquait 
aussi  les  élèves  des  écoles  communales  et  de  presque  toutes  les 
maisons  d'éducation  de  la  ville  ,  des  pères  et  mères  de  famille, 
des  ouvriers,  des  pauvres,  tous  empressés  de  payer  un  dernier 
tribut  d'hommage  ou  de  reconnaissance  à  l'homme  de  bien 
que  la  mort  venait  d'enlever  à  l'estime  et  à  l'alîection  de 
tous. 

Cette  foule  considérable  suivait  silencieusement  le  convoi, 
l'âme  attristée  et  le  cœur  rempli  deja  plus  sincère  gratitude  et 
des  plus  vifs  regrets. 

Les  coins  du  poële  étaient  tenus  par  MM.  Lacour,  délégué 
cantonal,  Charles  Besson  ,  membre  de  la  Conférence  de  Saint- 
Vincent-de-Paul  ,  Caro,  instituteur  de  Crupilly,  et  Poreaux,  ins- 
tituteur de  La  Vacqueresse. 

Trois  discours  ont  été  prononcés  dans  cette  triste  circonstance; 
le  premier  ,  avant  l'absoute  ,  par  M.  le  Curé-Doyen  ;  le  second, 
après  les  prières  du  clergé,  par  M.  l'Inspecteur  des  écoles,  et  le 
troisième  ,  par  3L  Charles  Besson  ,  qui ,  en  l'absence  de  son 
frère  ,  maire  de  Guise  ,  a  cru  devoir  se  faire  l'interprète  des 
membres  de  la  Conférence  de  Saint-Yincent-de-Paul. 

Il  ne  nous  est  pas  possible  de  reproduire  les  deux  premiers 
discours  ,  ce  que  nous  regrettons  beaucoup  ,  car  ils  auraient 
mieux  fait  connaître  et  apprécier  à  nos  lecteurs  ce  qu'a  été  M. 
Darras  dans  sa  longue  et  laborieuse  carrière  passée  tout  entière 
dans  le  dévouement  et  l'abnégation. 

Les  paroles  si  éloquentes  de  M.  le  Doyen  ont  été  droit  au 
cœur  de  tous  les  assistants  ;  il  y  avait  tant  de  bien  à  dire  de  M. 
Darras ,  et  M.  le  Doyen  s'exprimait  avec  tant  d'onction  et  d'à- 
propos  qu'on  ne  pouvait  se  défendre  d'une  profonde  émotion  en 
entendant  retracer  cette  vie  de  labeur  el  de  sacrifices  consacrée 
au  culte  du  devoir. 

M.  l'Inspecteur  primaire  a  été  religieusement  écouté  et  a  im- 
pressionné vivement  son  auditoire.  Nous  avons  vu  couler  bien 
des  pleurs  lorsque  après  avoir  parlé  de  la  perte  du  corps  en- 
seignant qui  n'avait  d'égale  que  la  reconnaissance  de  la  ville  de 
Guise.  M.  l'Inspecteur  s'adressait  ensuite  aux  enfants  et  les  en- 
gageait à  se  souvenir  des  sages  et  utiles  avis  de  leur  bon  et 
excellent  maître. 

M.  Ch.  Besson  a  pris  ensuite  la  parole  et  s'est  exprimé  en  ces 
termes  : 

Messiecks  et  chers  Enfants  , 

Après  les  discours  si  éloquenis  cl  si  bien  sentis  que  viennent  de  vous  faire 
eolendre  M.  le  Uojtn  et  M.  l'inspecttur  primaire  en  vous  reliaçanl  la  vie 
exemplaire  il  pleine  de  dévoueinenl  de  M.  Darras,  je  ne  devrais  pas  prendre 
la  paro'e  ;  ni.iis  un  devoir  de  confère  et  d'ami  me  fait  une  obligation  de  dire 
un  dernier  adieu  à  cet  homme  de  bien  .  il  col  homme  ju>le  et  religieux  que 
nous  regrettons  tous  bit'n  siii  èrtnienl 

J«  voudr.iis  ône  l'interprète  des  sentiments  de  toute  la  ville,  parler  au  nom 
des  parcnis  doiu  il  t  ntourait  Un  enfan;s  de  soins  si  assidus.  Il  trouvait  que  la 
journée  ne  snflisail  |ias  pour  les  insiniire  ,  aussi  les  apjiHiail-il  h  l'école  du 
soir  ;  15  ,  il  y  avait  moins  de  rigidité  ,  pl(i.s  de  laisser-aller  ;  c'é;ail  la  vie  de 
famille  :  lions  conseils,  bons  avis  dont  plusieurs  ont  su  proliiei.  Beaucoup  de 
jtfunesgcns  de  celte  viUt?  ont  .su  utiliser  l'instruction  solilc  qu'ils  ont  puisée 
à  l'école  de  leur  digne  inslilutcur  ;  inais  il  ne  .se  bornait  pas  bculemeut  ii 
lorojer  leur  esprit  ;   il    savait   (ju'il    avait    une    mission  plus  sublime  à  remplir 


—  127  — 

celle  de  former  leur  cœur  en  leur  inculquant  les  principes  de  la  sainte 
religion. 

Je  viens  surtout,  Messieurs,  au  nom  tles  pauvros  de  la  Conférence  de  Sainl- 
Vinctnl-de-P5iul ,  ilont  il  était  le  di^ne  secrétaire  depuis  sa  fondation,  je  viens, 
(!;s-je  ,  lui  olfiir  de  leur  part  un  juste  tribut  de  reconnaissance  pour  tous  les 
biriifails  qu'il  leur  a  proiligués. 

J'ai  été'^^émf)in  bien  des  foi< ,  dans  le  cours  de  nos  visites,  des  bons  conseils 
qu'il  leur  donnait.  Il  savait  que  l'aumône  matérielle  ne  suffit  pas  .  qu'il  faut 
qu'elle  soit  accunipagHée  de  l'aumône  spirituelle,  et  cette  aumône  spiriiuelle,il 
iy  puisait  dans  son  cœur,  et  la  diïtiibuail  largement, généreusement  et  toujours 
à  propos. 

C'éliiii  un  de  nos  membres  les  plus  zélés  ,  les  plus  confiants  dans  la  Provi- 
dence; Une  faut  jamais,  disait-il, ^e  méfier  d'elle;  elle  pourvoit  à  toul.Souvent, 
en  effet,  sa  confiance  était  fondée  :  à  la  disette  de  ressources,  succédait  bientôt 
l'abondance. 

Il  serait  superflu  maintenant  de  vous  parler  de  la  fin  de  cet  liomme  de  bien; 
elle  a  été  sublime  et  pleine  de  résignation  ;  il  est  mort  comme  il  a 
vécu. 

Adieu  M.  Darras,  homme  de  bien  ,  cœur  droit  et  honnête  ;  nous  garderons 
de  vous  un  éternel  souvenir.  Adieu  ! 

L'éducation  telle  que  l'a  compi'ise  M.  Darras  ,  et  telle  qu'elle 
doit  l'être  par  tous  ceux  qui,  conime  lui,  sont  appelés  dans  l'en- 
seignement par  une  vocation  sérieuse,  est  une  œuvre  difficile  et 
délicate  ,  qui  demande  pour  réussir  une  Un  solide,  une  bonté 
d'àme  peu  commune,  une  rare  aptitude  pour  inculquer  son 
savoir  aux  autres, et  aussi  une  connaissanceapprofondie  du  cœur 
hnmain. 

M.  Darras  possédait  ces  qualités  à  un  degré  éminent  ;  aussi 
pendant  les  oO  années  qu'ont  duré  ses  f(-nctions  ,  il  a  toujours 
été  à  la  hauteur  de  saïuission.On  comprend  du  reste  que,  d'une 
nature  exce;  tionnelie  ,  il  dut  acquérir  pendant  d'aussi  longues 
années  uneexpérieace  consommée  et  s'approprier  les  meilleurs 
préceptes  d'éducation. 

Ces  succès,  d'ailleurs,  furent  appréciés  de  l'Autorité  supé- 
rieure :  des  iîiédailles  de  bronze  et  d'argent,  et  la  palme  d'offi- 
cier d'Académio  éiaient  venus  couronner  son  zèle  et  ses  efforts. 
Et  qu'on  ne  croie  point  qu'il  ambitionnait  ces  distinctions  :  la 
seule  gloire  qu'il  recherchail,  c'était  la  paix  avec  son  cœur, qu'on 
obtient,  disait-il,  chaque  soir,  après  une  journée  bien  employée. 
Celte  naix  du  cœur  ,  qui  faisait  toutes  ses  délices  ,  il  la  puisait 
dans  l'accomplissement  de  ses  obligations  et  dans  la  pratique 
des  sentiments  religieux  les  plus  solides  et  les  mieux 
arrêtés. 

iM.  Darras  avait  été  soldat  de  l'Empire  ;  il  était  médaillé  de 
Sainte-Hélène  ;  c'est  encore  un  de  moins  dans  cette  noble  et 
glorieuse  phalange  ;  bientôt  aucun  ne  répondra  plus  à 
l'appel  1 

Si  dans  son  école  M.  Darras  se  montrait  instituteur  intelligent 
et  dévoué  ,  on  le  reirouvaiî  encore  dans  la  société  plein  de  con- 
venance ,  de  droiture  et  d»'  dignité.  Spirituel  et  grave  tout  à  la 
lois,  il  savait  se  pliera  loutes  les  situations  pour  faire  le  bien, 
évitant  toujours  de  froisser  les  susceptibilités,  respectneuxet 
déférant  avec  le  riche  ,  atîablc  et  plein  de  bonhomie  avec  le 
pauvre,  poli  et  agréable  avec  tout  le  monde. 

Aussi  tous,  administrateurs  ,  supérieurs ,  confrères  ,  pères  et 


—  128  — 

mères  de  famille  ,  élèves  ,  etc.,  sont  unanimes  dans  leur  estime 
et  leurs  regrets. 

Espérons  qu'une  si  belle  existence  recevra  ailleurs  sa  récom- 
pense. X... 

Pour  nous  qui  avons  connu  M.  Darr.is ,  et  avons  été  plusieurs  fois  témoins 
du  zèle  tt  du  dévouement  avec  lesquels  il  remplissait  ses  Jonctions,  nous  par- 
tageons \ivement  les  regrets  qu'il  laisse  après  lui.  Sa  mort  est  une  perle  bien 
grande  pour  l'instruction  primaire  ,  et  en  particulier  pour  la  ville  de  Guise  où, 
par  son  mérite  et  ses  qualité*,  il  avait  su  se  concilier  la  confiance  des  autori- 
tés et  l'esiime  de  tous  les  habitants.  M.  Darras  éiail  un  iiisliluteur  modèle  et 
entièrement  pénétré  de  l'importance  de  sa  mission  ;  il  comprenait  que  l'ins- 
truclion,  à  tous  les  df grés,  pour  être  solide,  réelle,  doit  s'appuyer  sur  une 
morale  saine  el  éclairée  ,  et  que  les  bienfaits  d'une  éducation  vraiment  reli- 
gieuse, sont  les  plus  incontestables  moyens  d'assurer  l'avenir  de  l'homme  pai- 
sible et  laborieux.  Tovs  ses  efforts  étaient  inspirés  par  l'amour  du  bien  :  il  ne 
reculait  devant  aucune  fatigue  pour  assurer  le  succès  de  son  école,  qui  était  sa 
vie  et  où  il  passait  la  plus  grande  partie  de  la  journée.  Quand  ses  élèves 
l'avaient  quiiié  et  que  rien  ne  le  retenait  au-deliors,  en  était  iûr  de  l'y  trouver 
occupé  ,  soit  à  corriger  dts  devoirs  ,  soit  à  en  préparer  de  nouveaux  ,  soit  à 
mieux  ordonner  l'amtublemtnt  et  l'organisalion  de  sa  classe.  Malgré  ce  tra- 
vail et  ceUe  sollicitude  M.  Darras  croyait  ne  pas  faire  assez  encore  :  il  était 
peu  satisfait  de  lui-même  et  entrevoyait  to' jours  un  mieux  possible  au  -  delà 
de  celui  qu'il  avait  obtenu.  Il  oubliait  parfois  que  l'œuvre  de  l'instruction  est 
lente,  comme  toutes  les  œuvres  importantes  et  difficiles  ,  el  qu'ici  le  zèle  et  le 
talent  Le  suffisent  pas. 

Des  communications  prudentes  et  amicales  entre  les  parents  et  les  maîtres 
peuvent  être  utiles  à  tous.  Les  premiers  y  puisent  l'estime  de  l'éducation  ;  ils 
en  comprennent  mieux  les  moyens,  les  secondent  avec  plus  de  suite  et  d'intel- 
ligence ;  quant  à  rinstituteur  ,  il  trouve  dans  ce  commerce  une  foule  de  docu- 
ments sur  le  caractère,  les  mœurs,  les  travaux  des  élèves;  et  ces  connaissances 
contribuent  puissamment  à  la  direction  de  la  classe,  au  succès  des  éiudts,  au 
progrès  religieux  et  moral  de  la  jeunesse.  Aussi,  11.  Darras  profilait-il  de  ses 
rares  moments  de  loisir  pour  viJ  er  les  familles  qui  lui  avaier.t  confié  leurs 
enfants.  Le  jeudi  et  le  dimanche,  on  Ir  voyait  toujours  se  rendre  près  de  quel- 
ques-unes d'entre  elles  dont  il  gagnait  bien  vile  l'affection  par  la  iloucetir  de 
sa  parole  et  h  sagesse  de  ses  conseils.  C'est  ainsi  qu'il  parvenait  souvent 
à  tarir  celte  source  d'obstacles  qui  n'auraient  pas  manqué  d''.  relarder 
considérablement  la  marche  de  sa  classe,  composée  de  plus  de  150 
élèves. 

Toujours  à  la  hauteur  de  sa  mission  de  dévouement  ,  M.  Darras  a  formé  de 
nombreux  sujets.  Parmi  eux,  quelques-uns  sont  entrés  dans  dilïérentes  admi- 
nistrations ;  beaucoup  ,  auxquels  il  avait  su  communiquer  son  désir  d'être 
utile  à  la  jeunesse  ,  ont  embrassé  la  carrière  de  renseignement  et  marchent 
avec  honneur  dans  la  voie  qu'il  leur  a  si  bien  tracée. 

On  peut  dire  de  M.  Darras  qu'il  a  passé  en  fesant  le  bien  et  qu'il  a  été  cons- 
tamment un  vrai  modèle  de  toutes  les  vertus.  Les  qualités  (ju'il  a  déployées 
dans  la  vie  privée  sont  au  niveau  de  celles  auxquelles  nous  venons  de  rendre 
hommage.  Les  unes  comme  les  autres  jaillissent  de  la  même  source  '.  le  sen- 
timent du  devoir  et  la  foi  du  chrétien.  Heureux  celui  qui  peut  se  présenter 
avec  un  pareil  cortège  devant  le  Souverain  Jug^;  !  Il  res'e  dti  lui  de  bons  sou- 
venirs dans  la  mémoire  des  homim's,  an  nom  honoré,  précieux  héritage  de  ses 
enfants  et  de  sa  famille;  mais,  bien  au -dessus  de  ces  intéiôis  terrestres,  il  y  a 
une  mission  reçue  de  Di^u  ,  dignoineut  accomplie  et  dont  Ihomme  que  nous 
regretterons,  longtemps  ,  avec  toute  la  ville  de  Guise,  est  allé  chercher  la  ré- 
compense Oans  le  Ciel. 

Puisk>e  ce  faible  hommage  rendu  à  la  mémoire  d'un  homme  de  bien 
apporter  quelque  adoucissement  à  la  douleur  de  sa  famille  é;)lorée  ,  de  ses 
enfants  et  de  sa  pauvre  veuve  ,  sur  la  vieillesse  de  laquelle  veillera  ,  nous  m 
sommes  sûrs  ,  l'habile  et  intelligente  Administration  municipale  Je  la  ville  de 
Guise. 

Les  Gérants,  11.  DK  COQUET  el  Stenger. 


Lion.  —  IiapriiD*ri(  H,  dk  Coqskt  et  STKMOBft, 


i4«  Année.  M«  O.  15  Mai  l»t>D. 


DE  l'INSTRUCTïON  PRIMAUIB 

POUR  LS  DÉPARTEMENT  DE  L'AISNE, 
PuWvé  sovis  \es  uusi^vces 

de  M.  Gastaing ,  Préfet  de  l'Aisne , 

Offlcier  de  la  Légion  -  d'IIoiiueur , 

Offic-iex-  de  l'Instmction  pvibliqiiae. 

Paraissant  le   ^  A  et  le  SO  de   chaque  mois. 


PARTIE  OFFICIELIjE.  —  L'enseignement  primaire  pendant  l'année  186S, 
rapport  à  l'Empereur  par  M.  le  Ministre  de  l'Instruction  publique  (suite).  — 
Circulaire  ministérielle  relative  à  la  création  d'écoles  spéciales  de  filles 
e/ à  la  fixation  du  traitement  des  instituteurs  adjoints,  des  institutrices  et 
des  institutrices-adjointes.  —  Mouvement  du  personnel. 

r"KTEîE  ?^'®^'-©FFICSELLE.—  Education  ET  Enseignement.  — -  Quelques 
mots  rétrospectifs  sur  M.  Darras  ,  instituteur  de  Guise,  officier  d'Académie. 
—  Nécrologie  :  MM.  Marchand,  instituteur  du  Tluiel ,  et  Prévieux,  ancien 
instituteur  de  La  Fère.  —  Sujet  de  stvle. 


^'Srr  1SM^^5^^VT^" 


PARTIE  OrFîGXELLE. 

L'Enseigaernent  primaire  pendant  l'année  1863. 


RAPPORT  A  L'EMPEREUR 

P.iR    M.    IK    MINISTRE    UE    I.'iNSTRUCTION    PUBMQUK. 
(SUITE.) 

â 

r        X. 

/>f  la  (/ratuité  de  l'cnafigncmmt  primaire,    —  Historique 
de  la  question . 

Si  l'enseignement  primaire  est  déclaré  obligatoire,  cette  décla- 
ra»ion  doit  avoir  pour  conséquenccla  gratuité  surune  très-grande 
échelle  ou  la  gratuité  absolue. 

Examinons  ces  deux  systèmes,  mais* consultons  d'abord  l'expé- 
rience du  passé  et  celle  des  nations  étrangères  qui  sont  plus  ou 
moins  entrées  dans  celte  voie. 


-    430  — 

L'Eglise  ,  qui  a  été  longtemps  dépositaire  de  toute  stience,  dis- 
tribuait le  pain  de  l'esprit,  comme  celui  de  l'âme,  gratuitemenl. 
Je  ne  parle  pas  des  monastères,  où  le  plus  pauvre  était  admis,  et 
d'où  il  est  si  souvent  sorti  abi  é  ou  cvéque  ,  parfois  même  pape  , 
comme  Grégoire  VII  et  Sixte-Uuint,  mais  des  écoles  extérieures. 
Les  décrets  des  conciles,  les  décrétales  des  papes  attestent  le 
désir  du  clergé  de  multiplier  les  écoles  gratuites  en  faveur  des 
pauvres, et  même  affranchir  de  toute  rétribution  la  délivrance  des 
grades  I). 

Pour  l'instruction  primaire  ,  la  gratuité  ,  dans  les  derniers 
siècles  ,  n'était  pas  abiolue. 

A  Paris  ,  les  écoles  relevant  du  chantre  de  Notre-Dame  étaient 
payantes  ;  mais,  dans  cV.aque  paroisse,  les  curés  avaient  institué 
des  écoles  gratuites,  dites  de  r/mr/Zc', qu'ils  surent  défendre  contre 
les  prétentions  fiscales  du  chantre  de  Notre-Dame,  à  la  condition 
toutefois  de  n'y  recevoir  que  des  enfants  notoirement  pauvres. — 
Dans  les  collèges  ,  même  défense  :  Ab  i's  vero  qui  smil  in  ro  ienui 
l't  (tJKjusta.  nïi  omiiino  acvipiatur. 

A  ces  écoles  de  charitr  se  rattachèrent  celles  qui  furent  ouvertes 
au  XYIIF  siècle  par  diverses  comiuunautés  religieuses,  (  l  notim- 
ment  par  la  congrégation  dos  Frères  de  La  Salle  (i7'24) ,  dont  les 
statuts  imposaient  à  ses  membres  l'obligation  é!roite  de  donner 
l'enseignement  sans  recevoir  aucune  rétribution  scolaire.  Dans 
le  principe,  les  écoles  mômes  des  Jésuites  étaient  gratuites 

Avant  1789,  la  gratuité  existait ,  sur  une  large  échelle,  pour  les 
trois  ordres  d'enseignement  : 

Dans  les  Universités,  on  ne  payait  pas  pour  les  cours  des  facultés, 
mais  seulement  pour  les  examens  et  les  diplômes  ,  et  l'on  payait 
moins  qu'aujourd'hui. 

Dans  les  dix  collèges  do  plein  exercice  que  Paris  possédait 
alors ,  au  lieu  des  sept  qu'il  a  maintenant,  l'externat  était,  depuis 
l'année  17 19, absobiment  gratuit;  à  présent,  un  dixième  seulement 
des  externes  peut  obtenir  l'exemption  des  droits. —  1  es  internes 
payaient  une  pension  ,  mais  au  pins  bas  prix  possible  ;  car  l'édit 
de  Jo9<S  avait  réglé  que  le  taux  do  cette  pension  serait  fixé 
annuellement,  d'après  le  prix  (\e>^  denrées,  dans  un  conseil  formé 
du  lieutenant  civil,  du  procureur  général,  du  recteur,  desdoyens 
et  principaux, et  de  deux  marchands  de  la  ville.  En  outre,  ies  dix 
collèges  avaient  1,010  boursiers, presque  autant  que  les  75  lycées 
de  l'Université  impériale  (2) ,  qiii  est  bien  loin  ,  comme  on  le  voit, 
de  compter  les  0,100  élèves  (|ue  la  loi  du  1 1  floréal  an  X  avait 
prescrit  d'y  entretenir. 

Lorsque  la  Constituante  inscrivit  parmi  les  principes  de  1789 
celui  delà  gratiiilr  de  rciisei(inemcnl  jirimnirc  {'i)  ,   elle  ne  faisait 

(1)  Vdir  surtout  Dkcuétales  de  C.i'ég'oirc  IX,  tit.  X  ,  lih.  V  ;  un  capitiiliiire  de 
Théodiiir,  «■•vêqui-  d'Orléans,  Df.s  Déchets  be.s  Conciles  de  Latran,  1179  et  1215, 
etc. 

(2)  Le  nombre  dos  liourses  est  actuollenienl  1,057  ,  divisées  entre  1,588 
élèves. 

(3)  Titre  If  i  •  Dispositions  fondamentales  garanties  par  la  Constitution  — 
Il  sera  créé  et  organisé  une  instruction  publique  commune  à  tons  les  r  lyens  , 
gratuite  à  l'éj^ard  des  parlies  d'on?eip;nement  indispensables  pour  lous  les 
hommes. 


—  131   - 

que  eontimier  pour  l'Etat  la  grande  tradition  de  l'Eglise.   Celle-ci 
avait  dominé  le  monde  au  Moyen-Age  par  la  foi  ;   mais  elle  avait  , 
pendant  des  sièclçs  ,   rendu  cette  domination  assurée  et  paisible 
par  deux  choses  :  la  gratuité  de  son  enseignement  ,    qui  lui  per- 
metiail  de  chercher  partout  des  iuîelligences  ,   et  l'élection  ,  qui 
appelait  les  digues  aux  plus  hautes  fonctions.  Comment  s'étonner 
que  la  société  féodale,  où  l'étude  était  honnie  et  l'hérédité  admise 
partout,  mémo  dans  les  charges  publiques,  ait  été  gouvernée  par 
la  société  religieuse,  qui  avait  les  écoles  et  qui  recrutait  ses  fonc- 
tionnaires,non  d'aprèsla  loi  du  sang,mais  d'après  celle  de  l'esprit! 
Depuis  1789  ,    l'Etat  s'est  substitué  au  clergé  dans  les  services 
extérieurs.   Il  veille  à  côté  de  lui  sur  tous  les  moments  de  la  vie 
des  citoyens  et  sur  beaucoup  d'actes  que  le   clergé  autrefois 
réglait  senle  :  la  naissance,  le  mariage,  les  testaments  et  la  mort; 
il  a  réduit  l'otricialité  aux  choses  d'Eglise  ;  il  a  pris  à  son  compte 
le  service  hospitalier  et  les  écoles,  Mais, s'il  a  conservé  à  beaucoup 
de  ces  services  le  caractère   de  gratuité  que  l'Eglise   leur  avait 
donné  ,   il  a  laissé  un  esprit  contraire  s'introduire  dans  l'instruc- 
tion  publique,   parce  que   !e   maître  laïque  qui  a  une  famille  a 
besoin  d'un  budget ,      et    que   le    maître    congréganiste    qui 
n'en   a  point  peut  s'en  passer,   grâce  aux  ressources  que  les 
communautés  religieuses  peuvent  trouver. 

Dans  les  facultés,  les  droits  ont  été  élevés;  dans  les  collèges, la 
gratuité  de  l'externat  a  été  à  peu  près  supprimée  et  le  nombre 
des  bourses  réduit  ;  enfin  ,  dans  les  écoles  du  premier  âge  ,  les 
familles  dépensenl  aujourd'hui  près  de  19  millions  pour  la  rétri- 
bution scolaire. 

Cependant  l'article  2i  de  la  loi  du  lomarsl850  assurait  la  gra- 
tuité à  tous  ceux  qui  ne  pouvaient  payer  l'écoîage.  Les  conseils 
municipaux  appliquèrent  si  largement  ce  principe  que  le  cÏÏiffre 
des  élèves  gratuits,  qui  n'était,  en  ISoO,  que  de  35  0/0,  s'éleva,en 
1852,  h  40  0/0.  On  s'inquiéta  de  »  cette  tendance  à  fixer  le  plus 
bas  possible  le  taux  de  la  rétribution  et  à  ouvrir  grataitementles 
portes  de  l'école  à  presque  tous  les  enfants  du  village.»  On  revint 
à  l'esprit  de  la  loi  de  l'an  X,  qui,  sans  se  préoccuper  du  nombre 
des  indigents  ,  édictait  que  Texemption  du  droit  ne  serait  accor- 
dée au  jikis  qu'à  un  cinquième  des  élèves;  et  il  fut  décidé,  en  dé- 
cembre 1853  ,  que  les  préfets  détermineraient  chaque  année  le 
nombre  maximum  des  élèves  gratuits. 

Depuis  cette  époque  ,  un  double  mouvement  s'est  produit  en 
vue  de  diminuer  la  part  contributive  de  l'Etat  dans  les  dépenses 
de  l'insiructi^on  primaire.  D'un  côté,  on  a  augmenté  le  taux  de  la 
rétribution,  *de  l'antre,  on  a  restreint  la  gratuité.  Heureus  ment 
le  système  de  l'abonnement,  adopté  à  cette  époque,  par  un  grand 
nombre  de  départements  ,  attira  et  retint  dans  les  écoles  beau- 
coup d'enfants  que  ces  mesures  auraient  écartés. 

?tiais  bicnquatîénué  dans  ses  effets  par  r»l)onnement, le  double 
mouvement  ci-dessus  indiqué  a  pris  une  grande  intensité  à  par- 
tir de  1858.  Avant  celte  époque,  la  moyenne  de  Técolage  était , 
par  mois,  de  1  fr.  IB;  il  fut,  par  augmentations  successives,  porté 
au  chiffre  d'aujourd'hui,  en  moyenne,  1  fr.  08;  en  certains  liertx 
il  monte  à  2  fr.,  2  fr.  25  et 3  fr.  25. 


—  132  — 

En  1850,  les  familles  ne  payaient,  pour  les  écoles  de  garçons  et 
mixtes,  les  écoles  de  filles  et  les  salles  d'asile,  que  H, 000, 000  f.; 
elles  ont  dépensé,  en  1863,  18,578,728  fr.  50  c.  Aussi  l'Etat  a  t-il 
pu  faire  des  bonis  considérables.  Le  crédit  législatif,  environ 
3,500,000  fr.,  était,  avant  d8o8,  intégralement  dépensé.  Le  sys- 
tème de  refoulement  des  élèves  gratuits  dans  la  catégorie  des 
élèves  payants  -  ou  des  élèves  qui  payaient  peu  dans  la  classe  de 
ceux  qui  paient  beaucoup  ,  combiné  d'ailleurs  avec  d'utiles 
réformes  qui  ont  empêché  les  conseils  municipaux  de  soustraire 
leurs  revenus  ordinaires  aux  dépenses  de  l'école  et  d'accorder 
abusivement  la  gratuité  aux  familles  riches, a  fonctionné  avec  une 
telle  énergie  que, dès  l'année  1859, on  eut  un  excédant  de  703,765 
francs,  qui  s'éleva  :  en  1860,  à  1,1  i3, 108  francs  ;  en  1861,  à 
1,090,000  fr.;  enfin,  en  1862,  à  1,065,2'iO  fr. 

Grâce  à  ces  bonis, des  abus  ont  été  supprimés  et  un  grand  bien 
a  été  accompli  :  on  put  augmenterle  traitement  des  instituteurs. 
Mais  ,  pour  leur  donner  du  pain  ,  il  fallut  prendre  sur  celui  du 
père  de  famille  pauvre  ou  peu  aisé  ,  et  une  apparente  prospérité 
cacha  bien  des  privations. 

Ces  mesures  financières ,  ce  renchérissement  de  la  denrée 
intellectuelle  ,  dont  l'inévitable  conséquence  aurai*  <  té  de  dimi- 
nuer la  population  scolaire  ,  ont  été  heureusement  contrebalan- 
cées par  l'essor  de  la  prospérité  générale  cl  par  !e  besoin  d'ins- 
truction, devenu  chaque  année  plus  vif.  Mais  il  en  est  résulté  ce 
ralentissement  dont  il  £  été  parlé  et  qui  montre  que  .  à  la  diffé- 
rence de  ce  qui  se  passe  pour  un  mobile  soumis  à  l'action  d'une 
force  continue  dont  la  vitesse  s'accroît  à  raison  même  du  chemin 
parcouru  ,  l'accélération  a  été  moindre  dans  la  période  actuelle 
que  dans  la  période  précédente. 

En  vain,  pour  combattre  cette  tendance, une  circulaire, en  date 
du  24  février  1864  ,  a  rappelé  à  l'observation  de  la  loi  de  1830, 
qui  prescrit  d'accorder  la  gratuité  à  toits  les  enfants  dont  les 
familles  sont  hors  d'état  de  payer  l'écolage  ;  le  nombre  des  élèves 
gratuits  admis  dans  les  écoles  est  encore  ,  en  beaucoup  de  lieux, 
déterminé  ,  non  point  par  l'indigence  ,  mais  par  un  chiffre  arbi- 
traire ,  qui  est  proportionnel  au  chiffre  des  élèves  présents  ou  à 
celui  des  habitants  de  la  commune. 

XL 

Du  la  W'tribution  scolaire  cl  de.  la  Gratuite  en  France. 

Le  chiffre  de  la  rétribution  scolaire, plus  élevé  en  France  qu'en 
aucun  autre  pays  ,  constitue  une  charge  bien  lourde.  Son  taux 
moyen,  par  mois  et  par  enfant ,  est  aujourd'hui  de  1  fr.  68  c,  ce 
qui  donne, pour  l'élève  qui  suivrait  chaque  année  la  classe  durant 
huit  mois,  13  fr.  44,el  |)Our  celui  qui  suivrait  pendant  onze  mois. 
18  fr.  48.  —  Quant  au  taux  moyen  de  l'abonnenient  annuel,  qui 
existe  pour  beaucoup  de  communes  dans  54  départements  ,  il 
s'élève  encore  à  10  fr.  89. 

A  cette  dépense,  il  fauljoindre  celle  des  fournitures  scolaires, 
<|ui  donnent  lieu  à  des  abus  (pie  l'Administration  ne  peut  pas;-)u- 
jours  saisir  (^t  réprimer. Kn  ne  comptant  que  2  Ir.  de  fournitures 


—  iSB  — 

scolaires  par  année  et  par  élève, on  reste  probablement  au-dessous 
de  lavérilé  dans  le  plus  grand  nombre  des  cas, bien  qu'on  arrive, 
de  ce  seul  chef,  au  chiffre  de  plus  de  4  millions. 

Il  est  aisé  de  comprendre  qu'une  famille  de  paysans  ou  d'ou- 
vriers qui  a  plusieurs  enfants  ne  puisse,  à  ce  prix, payer  que  pour 
un  seul  .  et  que  ,  trouvant  encore  cet  impôt  trop  lourd  ,  elle 
hésite  à  l'accepter  ou  ne  l'accepte  chaque  année  que  pour  un 
temps  Irès-couit.  Aussi ,  le  principe  de  la  gratuité  qui  élait  dans 
la  nature  des  choses,a  résisté  aux  mesures  restrictives  employées 
contre  elle  depuis  dix  ans  :  sur  les ':2, 399, ^OS  élèves  des  écoles 
communales  de  garçons  ou  mixtes, 84o, 531, ou  35  0/0, sont  encore 
gratuits;  mais, pour  les  autres, la  rétribution  moyenne  qui  n'était, 
en  1852  ,  que  de  6  fr.  5K  c.  par  léte  ,  s'élève  aujourd'hui  à  8  fr. 
84  c. 

Ainsi  le  rapport  des  élèves  gratuits  aux  élèves  payants  ne  s'est 
pas  maintenu  au  chilïre  de  1852, ';ui  était  de  plus  do  40  0/0;  mais 
s'il  est  redescendu  à  celui  de  1850  ,  il  n'est  pas  du  moins  tombé 
au  dessous.  C'est  déjà  bien  assez  ;  car  une  diminution  de  plus  de 
5  0/0  sur  le  nombre  des  élèves  gratuits  représente  au  moins 
125,000  enfants. 

On  a  vu  que  les  2,169,438  élèves  payants  ,  dans  toutes  les 
espèces  d'écoles,  coûtent  à  leurs  familles  18,578,728  fr.  50.1!  s'en 
faut  que  cette  charge,  qui  s'élève  en  moyenne  à  8  fr.  50  par  tête 
pour  une  fréquentation  trop  rare  ,  soit  supportée  sans  difficulté 
et  sans  murmures. Beaucoup  y  échappenten  n'envoyant  pas  leurs 
enfants  à  l'école  ou  en  ne  les  y  envoyant  que  le  moins  possible. 
C'est  le  cas  pour  la  plupart  des  800,000  enfants  dont  il  a  é'é  pré- 
cédemment parlé. 

V^oici  quelques  observations  faites  par  des  instituteurs  public» 
qui  révèlent  les  vœux  des  populations  : 

La  gratuiîc  répondrait  aux  plus  \ifs  désirs  des  populations  rurales  (Pas- 
de-Calais). 

—  Je  n'hésite  pas  à  le  dire,  malgré  tout  ce  que  j'ai  pu  lire  de  contraire, 
la  gratuité  absolue  serait  un  immense  bienfait  et  certainement  accueillie 
comme  tel. 

—  Dans  ma  commune  ,  sur  58  enfants  qui  ne  reçoivent  aucune  instruc- 
tion, 48  sont  dans  ce  cas,  parce  qu'ils  ne  peuvent  payer  la  rétribution.  La 
gratuité  absolue  serait  accueillie  par  les  bénédictions  du  peuple  tout  entier 
(Orne). 

—  La  rétribution  scolaire  est  très-onéreuse  ,  même  pour  les  non-indi- 
gents (Fini.'tére'.. 

—  L'instruction  coûte  trop  cher,  vous  dira  un  brave  homme  ;  je  ne  suis 
pas  sur  la  liste  des  indigents  et  ne  désire  pas  y  être;  quand  vous  prendrez 
un  prix  raisonnable  j'enverrai  de  grand  cœur  mes  enfants  â  l'école.  (Loire- 
Inférieure). 

—  Quels  murmures  en  voyant  augmenter  chaque  année  le.  taux  de  la 
rétribution  !  Plutôt  que  di:  payekSOsois  i'.\r  mois  ,  disent  ils,  nois  pre- 
ijÎKoxs  (.M;i;  NOS  î-..vrA\Ts  \'.M'PHE\\E\T  RrF\  !  ct  ils  Ics  retirent  de  l'école 
(Aveyronj. 

—  La  gratuité  donnerait  satisfaction  aux  vonix  des  populations  des  cam- 
pagnes ,  (|ui  envient  aux  villes  le  privilège  dont  elles  jouissent  à  cet  égard 
(Bouches-du-Rhùne). 

—  Quelque  minime  que  soit  la  rétribution  scolaire,  elle  soulève  des  mur- 


—  134  — 

mures.  Les  villageois  parlent  avec  envie  des  écoles  gratuites.  L'enseigne- 
ment gratuit  !  voilà  le  but  auquel  aspirent  les  populaUons  (Corse). 

—  Bon  nombre  de  pères  de  lamille  ,   encore  illettrés ,  disent    :    C'esi 

BIEN  CHER  2  FRANCS  PAU  MO!S  ,  POLU  UN  ENFANT  DE  8  ANS  Qll  ^^.  SArij  PAS 
ENCORE  LIRE  ;  DE  MON  TEMPS  ,  ON  PAYAIT  50  OU  75  CENT.  POUR  UES  COMMEN- 
ÇANTS ;  aujourd'hui,  c'est  1  FR.  50  jusqu'à  8  ans,  et  après  c'est  2  FR.,  ET 
PLUS  TARD  2  FR.    50.     Eh  BIEN  ,  JE  n'eNVERRAI  MON  FILS    OUE    QUELQUES   MOIS   A 

l'École  !  ^Isère). 

—  Lorsque,  dans  le  département,  on  a  porté  la  rétribution  de  50  c.  par 
mois  à  1  fr.  50,  les  paysans  ont  dit    .    Le  Gouvernement  veut  nous  empi-S 

CHER    d'instruire  NOS   ENFANTS,  NOUS  LES  GARDERONS   !     (Doubs), 

Ces  citations  pourraient  être  multipliées  î  l'infini. Elles  révèlent 
le  mal  :  il  est  évident  que  l'instruction  primaire  ne  pourra  être 
déclarée  obligatoire  ,  comme  le  veulent  l'intérêt  des  enfants  et 
celui  de  la  société  ,  qu'à  la  condition  qu'elle  soit  gratuite  ,  au 
moins  pour  le  plus  grand  nombre. 

L'article  24  de  la  loi  du  15  mars  1850  n'est  complètement  exé- 
cuté, ni  dans  sa  lettre,  ni  dans  son  esprit  :  il  importerait  qu'il  le 
fût  ,  si  le  moment  n'était  venu  d'èlre  plus  libéral  que  la  loi  de 
1850,  même  bien  exécutée.  Car,  à  côté  de  l'indigence  déclarée  au 
bureau  de  bienfaisance  ,  il  y  a  la  misère  dignement  supportée  , 
l'homme  qui  veut  vivre  de  son  travail  ,  ne  fut-ce  qu'avec  du  pain 
noir,et  qui  se  refuse  à  tendre  la  main, mais  aussi  ([ui,  ne  pouvant 
payer  l'école  pour  son  fils,  l'abandonne  au  double  mal  de  l'igno- 
rance et  du  vagabondage. 

[La  suite  au  prochain  numéro.) 


riRCULAIRE  A  MM.   LES  PREFETS 

RELATIVE  A 

LA  CRÉATION  D'ÉCOLES  SPÉCIALES  DE  FILLES 

Et  à  la  fixation  du  Irailement  des  insliluleuis-adjelnts,  iiislilulrices  el  instilulnces-adjointes. 

Monsieur  le  Préfet  , 

Un  projet  de  loi  qui  va  être  très-procliainemenl  soumis  aux 
délibérations  du  Conseil  d'Etat  et  des  Chambres  contient  ,  entre 
autres  dispositions  : 

1"  La  création  d'écoles  spéciales  de  filles  dans  les  communes 
de  500  âmes  et  au-dessus  qui  en  sont  encore  dépourvues; 

2"  La  fixation  à  500  Ir.  du  minimum  de  traitement  des  institu- 
trices communales    et   à  400  fr.   de  celui  des  instituttices-ad 
jointes; 

3»  La  fixation  à  500  fr.  du  minimun  de  traitement  des  institu- 
teurs-adjoints. 

J'ai  besoin,  pour  la  préparation  de  ce  projet  de  loi  el  la  discus- 
sion à  laquelle  il  donnera  lieu  devant  !es  (îhambrcs  ,  d'élie  exac- 
tement lenseigné  siu'  dilVérents  ])()inls  ,  et ,  dans  ce  but  ,  j'ai  l'ail 
dresser  deux  talileaux  que;  vous  (roiivere/  ci-joints  et  que  je  vou> 
prie  de  remplir  dus  renseignements  qu'ils  comportent. 

Le  premier  de  ces  tableaux  est  relatif  aux  écoles  spéciales  de 


—  135  — 

filles.  Il  est  destiné  à  me  faire  connaître  la  situation  actuelle  du 
service,  la  situation  de  ce  même  service  après  l'application  de  la 
loi  nouvelle  et  par  suite  les  charges  qui  incomberont  aux  dépar- 
tements et  à  l'Etat  dans  la  dépense  future. 

Cet  état  est  divisé  en  trois  parties  :  la  première  ayant  pour 
titre  :  Renseigunmcnts  gcnrraux  ,  est  appelée  à  recevoir  des  indi- 
cations qui  s'appliqueront  également  aux  deux  autres  parties  ; 
la  seconde  partie  fait  conniiitre  la  situation  actuelle  ;  la  troisième 
doit  faire  ressortir  la  situation  future. 

Dans  les  coîouTies  3,  -4  et  5  ,  le  chiffre  1  inscrit  en  regard  du 
nom  de  la  commune  donnera  l'indication  demandée. 

Je  vous  laisse  le  soin  ,  Monsieur  le  Préfet ,  de  déterminer  dans 
les  colonnes  8  et  9,  après  avoir  pris  l'ovis  de  M.  l'Inspecteur 
d'Académie  ,  le  nombre  des  maîtresses-adjointes  qu'il  y  aurait 
lieu  de  nommer  ,  soit  d-ins  Ips  écoles  qui  existent  aujourd'hui  , 
soit  dans  les  écoles  qui  seront  créées  en  vertu  de  la  nouvelle  loi. 
Toutefois,  je  crois  qu'en  principe,  80  élèves  environ  doivent  être 
ie  maximum  d'enfants  qu'une  institutrice  puisse  diriger  et 
instruire. 

Le  Gouvernement  vou'ant  assurer  aux  institutrices  et  mai- 
trcsses-adjointes  eu  exercice  les  avantages  dont  elles  sont  eu 
possession  ,  vous  aurez  à  inscrire  dans  les  colonnes  23,  24  et  25 
leur  traitement  actuel,  s'il  dépasse  le  minimum.  Si  au  contraire, 
il  reste  au-dessous  de  ce  minimum, vous  devrez  le  porter, comme 
l>our  les  communes  qui  ne  possèdentpas  encore  d'écoles  spéciales 
de  filles  ,  au  chiffre  de  oOO  fr.  pour  les  institutrices  et  ,  s'il  y  a 
lieu  ,  ù  celui  de  4  0  francs  pour  chacune  des  institutrices- 
adjointes 

Dans  la  colonne26devront  figurer  le  prix  des  loyers  actuels  des 
écoles  et  celui  que  vous  penserez  devoir  être  fixé  dans  les  com- 
munes non  dépourvues  d'écoles  spéciales. 

Il  est  probable  que  les  conseils  municipaux  ,  en  présence  des 
sacrifices  que  ^'impose  rEt:ilpour  assurer  le  bienfait  de  l'instruc- 
tion aux  jeunes  filles,  maintiendront  là  où  elles  existent  les  impo- 
sitions exirao.'dinaires  votées  en  faveur  des  écoles  spéciales  et 
que  même  i!s  n'hésiteront  pas  à  en  voter  là  où  la  situation  finan- 
cière le  permettra. 

Toutefois,  comme  ce^^  ressources  sont  essentiellement  aléa- 
toires ,  il  ne  serait  pas  prudent  d'en  tenir  compte  dans  la  fixation 
du  crédit  que  le  Gouvernement  sera  obligé  de  demander  aux 
Chambres  pour  assurer  l'exécution  dt^  la  loi  nouvelle. C'est  pour- 
quoi je  vous  recommande  de  ne  faire  figurer  dans  les  colonnes 
28,  29,  30  et3t  ,  aucune  ressource  provenant  d'imposition  extra- 
ordinaire. 

Pour  les  communes  qui  n'ont  pas  d'école  spéciale,  il  vous  sera 
facile  ,  Monsieur  le  Préfet  ,  de  déterminer  ,  dans  les  mêmes 
colonnes, la  part  des  ressources  des  budgets  municipaux  et  le  pro 
duit  {.résumé  de  la  rétfibuiion  scolaire,  qui  pourront  nu  devront 
y  être  inscrits. 

En!'  I,  vous  aurtv,  à  faire  figurer  dans  le  colonne  33  ,  \\  diffé- 
rence qui  existera  entre  \v  total  des  ressources  communales 
(colonne  32)  et  les  minima  de  traitement  ci-dessus  indiqués. 


—  436  — 

Il  existe  entre  certaines  colonnes  de  ce  tableau  des  concor- 
dances qui  vous  serviront  à  reconnaître  l'exactitude  de  vos  opé- 
rations :  ainsi  en  totalisant  les  colonnes  3"2  et  33  on  doit  trouver 
le  chiffre  à  inscrire  dan;?  la  colonne  34  ,  lequel  doit  être  exacte- 
ment le  même  que  celui  de  la  colonne  27. 

Le  second  tableau  doit  faire  ressortir  : 

1°  La  dépense  actuelle  des  instituteurs-adjoints; 

2°  La  dépense  qu'occasionnera  l'application  de  la  loi  nouvelle 
en  ce  qui  regarde  ces  maîtres; 

3"  Enfin  la  charge  qui  incombera  au  département  ou  à  l'Etat 
dans  la  situation  future. 

Pour  l'établissement  de  ce  tableau  ,  vous  aurez  à  vous  in^pir»  r 
des  instructions  que  je  viens  de  vous  donner  en  ce  qui  concerne 
les  écoles  de  filles. 

Il  va  de  soi  que  les  ressources  communales  et  départemen- 
tales qui  restent  disponibles  après  avoir  satisfait  aux  exigences 
de  la  loi  du  15  mars  1850, devront  d'abord  être  employées  à  assu- 
rer le  minimum  de  traitement  des  instituteurs-adjoints,  et  que  ce 
n'est  que  le  surplus  qui  devra  être  affecté  aux  écoles  de  filles. 

Le  texte  des  tableaux  et  les  explications  qui  précèdent  suffiront, 
je  l'espère,  pour  éviter  toute  erreur  ou  fausse  interprétation  ;  ce- 
pendant ,  s'il  venait  à  se  produire  quelque  doute  ,  vous  devriez 
me  consulter  sur-le-champ  ,  et  vous  recevriez  de  nouvelles  ins- 
tructions par  le  retoisr  du  courrier. 

L'importance  que  le  gouvernement  de  l'Empereur  attache  à  la 
question  de  l'enseignement  des  jeunes  filles  ,  et  le  peu  de  temps 
qui  reste  pour  présenter  le  projet  de  loi  aux  Chambres,  vous  font 
un  devoir,  Monsieur  le  Préfet,  de  vous  (.ccuper  tonte  alîaire  ces- 
sante de  la  rédaction  des  deux  tableaux  ci-inclus  ;  je  compte  sur 
votre  zèle  pour  me  les  renvoyer  dans  le  plus  bref  délai  possible 
et  au  plus  tard  pour  le  20  avril  prochain. 
Paris  ,  le  31  mars  1865. 
ReceveE,  Monsieur  le  Préfet. l'assurance  de  ma  considération 
distinguée. 

Le  Ministre  de  i Instruction  publique, 

V.  DURUY. 


MOIVEMEM  Dl  PERSO\NKL. 

Par  ariétés  de  M.  le  Préfet ,  i-endus  sur  la  proposition  de  M. 
l'Inspecteur  d  'Académie  , 

M.  Cliotin  ,  Edouard  ,  insllliilcur  à  Triicy  (Craonrie"; ,  est  lumiiiié  à  Belleii 
(Soissons),  en  remplai.cment  de  M.  Çholin  ,  son  IVère  ,  en  congé  ,  sur  sa 
demande. 

M.  Diirin,. Joseph,  instituteur  à  Coinlicouil  (Neuiily-Sl-Froni;,  est  nommé 
à  Trucv  (Craonne),  en  rcniplaccmcnt  do  M.  Cliotin. 

M.  Q'uenel.  Charles-Edouard,  iuslilulcur-adjoiui,  est  nommé  instituteur  a 
Coinlicourt  (NeuiHyt,  en  remidacenieul  do  M.  burin. 

M.  Royanl,  Léon-Victor,  iusiiluieur-adjoiul ,  est  nommé  instituteur  au 
Thuel ,  commune  de  Noircourt  ,  en  remplacement  de  M.  Marchand^ 
décédé. 


—  487  — 
PAUTIi:  NON-OFFIGIELLE. 

ÉDVCATIOIV  ET  EIVSEIGIWEIVIEI^'T. 


Quelques  mois  rélrospeclifs  sur  M.  Jeaa-Louis-lèné  Darras 

Dans  notre  dernier  numéro  ,  nous  avons  annoncé  la  mort  du 
digne  et  respectable  M.  Darras.  Prévenu  de  cet  événement  dou- 
loureux au  moment  même  où  allait  paraître  notre  Bulletin  ,  nous 
n'avons  pu  que  consacrer  quelq-ues  lignes  de  regrets  à  ce 
vrai  modèle  des  maîtres  de  l'enfimce  ,  enlevé  à  un  lige  qui  per- 
mettait encore  d'es()érer  pour  lui  plusieurs  belles  années.  Toute- 
fois, notre  intention  était  de  revenir  sur  cette  perte,  et  de  dire  à 
nos  lecteurs  quels  sont  les  titres  réels  de  M.  Darras  à  la  recon- 
naissance publique  et  à  l'admiration  de  tous  ceux  qui  se  dévouent 
à  l'instruction  et  à  l'éducation  de  la  jeunesse.  Honorer  la  mé- 
moire des  hommes  qui  ont  rendu  de  grands  services ,  c'est  faire, 
selon  nous  ,  un  acte  éminemment  social  ;  n'est-ce  pas ,  en  effet , 
préparer  la  voie  à  leurs  imitaieurs;  n'est  ce  pas  concourir  à  con- 
serverie bienfait  de  leur  utile  et  féconde  lignée  aux  générations 
à  venir.  Nous  nous  disposions  donc  à  remplir  ce  que  nous  consi- 
dérions, ajuste  titre  ,  comme  un  devoir,  quand  nous  avons  eu  le 
bonheur  de  recevoir  d'un  homme  qui  a  laissé  dans  notre  dépar- 
tement les  plus  doux  souvenirs  ,  et  dont  l'amitié  nous  sera  tou- 
jours chère  et  précieuse  ,  une  lettre  où  se  trouve  ,  en  quelques 
lignes  ,  une  ifppréciation  aussi  juste  qu'éclairée  de  M.  Darras. 
Comme  elle  émane  d'une  plume  plus  habile  que  la  nôtre  et  sur- 
tout plus  auloîisée  à  parler  de  celni  que  nous  regrettons  sintère- 
menl,  nous  nous  sommes  décidés  à  la  faire  connaître  :  elle  e^t,  à 
notre  point  de  vue,   le  plus  bel  éloge  de  celui  qui  en  est  l'objet. 

Certain  que  la  iet  re  dont  nous  allons  donner  quelques  extraits, 
n'était  point,  dans  la  pensée  de  son  auteur  ,  destinée  à  être 
livrée  à  la  publicité  ,  nous  le  prions  ici  de  vouloir  bien  nous 
pardonner  notre  indiscrétion  : 

Caen  ,  le  6  mai  1865. 
Mon  cher  Monsieuk  , 

J'ai  lu  avec  un  intérêt  mêlé  de  regrets  siccères  l'article  nécrologique  que 
contenait  le  dernier  numéro  du  Bulletin  de  V Instruction  primaire  de 
V Aisne  ,  sur  M.  Harriis,  décédé  inst;tutcur  public  de  la  ville  de  Guise.  Per- 
mettez -  moi  de  vous  i'élicitcr  des  sentiments  qu'une  juste  appréciation  de 
cet  excellent  nialire  a  su  vous  inspiier  tt  des  bonnes  paroles  que  vous  avez 
IrouV' es  pour  le.s  exprimer.  Vous  avez  parfaitement  laison  de  saisir  toutes 
les  occasions  de  mettre  en  icliet  dans  vo'.re  journal  les  instituteurs  recomman- 
(iable;:  par  leurs  mérites  et  leurs  vertus,  et  de  les  signaler  ainsi  à  l'imitation 
de  leurs  confrères. 

Et  moi  aussi  j'ai  connu  M.  Darras  loisque  l'inspection  piiniaire  du  dépar- 
ti nient  de  l'Aisne  m'a  été  ;  ondée  ;  je  l'ai  vu  à  l'œuvre  plusieurs  fois,  et  j'ai 
toujours  pu  constater  (|ii'il  était,  à  lous  éijards,  le  modèle  des  instituteurs. 
Il  possédait  à  un  degré  éiiiiuentles  qualités  quilunt  le  bon  niiùtrc  :  savoir, 
dévouenieii'.,  zèle  éclairé  ,  méthode  sûre  et  ne  se  modifiant  par  rex[téiicnce 
(;t  par  l'exiniple  que  pota  devin  i  meilleure  encore,  aptitude  remarquable 
de  communication  dans  les  leçons  substantielles  qu'il  donrait  à  ses  élèves 
et  (ju'il  savait  toujours  appropriera  leur  âge  et  à  leurs  dispositions  parlicu- 


—  438  — 

lières.  Qu'on  joigne  à  cela  les  qualilés  du  cœur  et  les  seotiments  religieux 
dont  il  s'inspirait  dans  l'accomplissement  de  ses  devoirs,  et  on  ne  sera  pas 
surpris  qu'il  ait  si  bien  rempli  sa  tàclie  pendant  sou  long  exercice  de  qua- 
rante-six années. 

Je  w.e  rappelle  toujours  avec  plaisir  la  première  visite  que  j'ai  faite  à  son 
école,  à  Saint-Gobert.  J'y  ai  trouvé  un  ordre  parfait  ,  une  tenue  des  plus 
satisfaisantes,  des  élèjies  bien  disciplinés,  bien  exercés,  et  aussi  avancés 
qu'on  peut  raisonnablement  l'attendre  d'enfants  de  leur  âge.  Je  vois  encore 
le  maître  faisant  sa  leçon  avec  calme,  douceur,  netteté,  sûreté  d'expres- 
sions; et  les  élèves  l'écoutant  dans  un  silence  respectueux  et  avec  une  sorte 
d'avidité  qui  me  charmait.  Je  me  demandais  pourquoi  un  tel  homme  ne 
cherchait  pas  une  position  meilleure  ,  et  je  lui  en  fis  même  l'observation. 
Mais  comme  il  paraissait  attaché  à  un  pays  où  il  avait  déjà  fait  tant  de 
bien  ,  je  n'eus  garde  de  contra' ier  cette  heureuse  disposition  de  son  cœur; 
car,  dans  ma  pensée,  la  stabilité  du  maître  est  déjà  une  présomption  en  sa 
faveur  et  un  gage  presque  certain  de  succès.  Quoi  qu'il  en  soit,  je  me  suis 
félici'é  plus  lard  d'avoir  contribué  indirectement  à  sa  nomination  à 
Guise. 

Il  y  a  deux  ans,  à  pareille  époque,  j'eus  l'occasion  d'aller  passer  quel- 
ques heures  à  Guise  ,  et  je  me  lis  un  vrai  plaisir  de  visiter  M.  Darras  dans 
son  école  ,  accompagné  d'un  honorable  habitant  de  cette  ville.  Mais  ses 
élèves  venaient  de  sortir  et  je  n'eus  pas  la  bonne  chance  de  le  retrouver  en 
fonctions.  Je  n'en  causai  pas  moins  métier  avec  lui  ,  et  je  vis  que  c'était 
toujours  le  même  homme,  le  maître  zélé  d'autrefois.  Sa  conversation  s'ani- 
mait à  mesure  qu'il  développait  devant  moi  ses  théories  et  ses  procédés 
nouveaux  sur  ce  théâtre  qui  ne  ressemblait  plus  à  celui  où  je  l'avais  vu 
quinze  ans  auparavant.  Le  feu  de  ses  yeux  me  faisait  illusion  sur  son  âge 
déjà  bien  avancé  ,  et  je  me  disais  en  sortant  :  «  Voilà  un  instituteur  qui 
>  mourra  dans  sa  classe  sans  que  les  années  aient  refroidi  son  courage  et 
»  son  zé!e.  Puisse-t-il  avoir  de  nombreux  imitateurs  !  »  Cet  excellent 
homme,  toujours  si  déférant  et  si  convenable  pour  tout  le  monde,  ne  savait 
comment  me  remercier  de  ma  visite,  et  pourtant  ce  n'était  qu'une  satisfac- 
tion nouvelle  que  j'avais  voulu  me  procurer  en  faisant  cette  démarche  auprès 
de  lui. 

Vous  exprimez  ,  Monsieur ,  le  vœu  que  l'administration  municipale  de 
Guise  veuille  bien  veiiler  sur  la  vieillesse  delà  veuve  de  M.  Darras.  J'ai 
l'honneur  de  connaître  les  honorables  magistrats  qui  sont  à  la  tète  de  cette 
cité  hospitalière,  et  je  sais  combien  ils  se  montrent  bienveillanls  pour  tous 
ceux  qui  concourent  par  une  voie  ([uelconque  à  son  développement  maté- 
riel et  moral;  j'ai  donc  comme  vous  la  contiance  que  ce  vœu  ne  restera  pas 
sans  effet. 

Recevez ,  cher  Monsieur ,  la  nouvelle  assurance  de  mes  meilleurs  senti- 
ments. 

GODART. 

Après  ces  quelques  lignes,  qui  empruntent  une  aulorité  réelle 
au  nom  et  au  passé  de  l'homme  honorable  qui  les  a  écrites,  il  ne 
nous  reste  qu'à  indiquer  ici  ,  et  en  ciuelques  mots  ,  les  états  de 
-ervices  de  M.  DaiTOS  et  les  distinclions  flatteuses  dont  il  fut  sou- 
vent l'objet  de  la  part  de  l'autorité  supérieure,  si  juste  apprécia- 
trice du  vrai  mérite. 

M.  Darras,  Jean-Louis-Uéné,  néà  Saint-GobcrI,  le  10  novembre 
1793,  exerça  les  ionctions  d'instituteur  pendant  46  années.  Avant 
d'enli'f'i-  dans  la  can-ièrc  de  l'enseignement  ,  il  avait  servi  deux 
ans  (1813  à  1815).  dans  la  jeune  gard  ■ ,  l!2«  régime  l  ,  où  il  avait 
conquis, en  peu  de.  tem|)s,le  grade  de  sergent-m:ijoi  Henlré  dans 
ses  foyers, au  mois  d'août  181a,  il  se  livrait  avec  ardeur  à  l'élude. 


—  139  — 

lorsque, le  l^r  décembre  1819, il  fut  nommé  instituteur  communal 
à  Cilly  (Marie).  Le  (  omité  cantonal,  frappé  des  succès  qu'il  obte- 
nait dans  sa  classe,  lui  dt'cerna,  en  1824,  une  Mention  Jwnorahh. 
Appelé  (;n  1820  à  la  direction  de  l'école  de  St-Goberl,  où  il  passa 
26  années,  il  ne  tarda  pas,  là  encore,  à  attirer,  par  son  mérite  et 
son  dévouement,  l'attention  de  l'autorité  supérieure  qui  sut  l'en 
récompenser.  En  janvier  1829  ,  le  Comiié  de  Sains  lui  accordait 
une  Mention  honorable;  et  en  janvier  1834,  il  était  nommé 
Membre  du  Comité  supérieur  de  Vervins  et  de  la  Commission  de  la 
Caisse  d'épargnes  des  Instituteurs  du  département ,  fonctions  des 
plus  honorables  qu'il  conserva  jusqu'au  moment  où  elles  furent 
supprimées,  et  dans  lesquelles  il  déploya  l'intelligence  et  le  sens 
pratique  qui  le  caractérisaient.  Dès  cette  époque,  M.  Darras  est 
signalé  comme  un  maître  distingué  et  hors  ligne  par  les  divers 
fonctionnaires  chargés  delà  surveillance  de  l'enseignement, aussi, 
le  voyons-nous  obtenir  toutes  les  récompenses  auxquelles  il  est 
permis  à  un  instituteur  d'aspirer.  En  1836,  il  a  une  Médaille  de 
bronze  ;  en  1839  ,  une  Médaille  d'argent  ;  en  1846  ,  un  rappel  de 
médaille  d'argent;  en  1830,  il  est  reçu  Membre  honoraire  de  l'Aca- 
démie de  l'Enseignement  de  Paris  ;  en  1851,  une  lettre  de  félicita- 
tions lui  est  adressée  par  M.  le  Recteur  pour  les  remarquables 
succès  de  SLS  élèves  et  le  zèle  intelligent  et  éclairé  qu'il  apporte 
dans  l'exercice  de  ses  fonctions. 

En  1852  ,  l'école  de  Guise  venait  de  perdre  son  chef.  L'Admi- 
nistration ayant  résolu  de  placer  dans  cette  localité  un  homme 
habile  et  énergique,  jeta  les  yeux  sur  M.  Darras,  qui  prit  posses- 
sion de  ce  nouveau  poste  au  commencement  de  l'année  scolaire 
1852-53,  Les  mêmes  qualités  qui  l'avaient  fait  réussir  à  Cilly  et  à 
St-Gobert  asuirèrent  ses  succès  à  Guise  où  ,  en  peu  de  temps,  il 
sut  mériter  l'estime  ,  la  sympathie  et  l'affection  des  autorités 
locales.  Homme  chrétien  ,  sa  classe  lui  était  chère  ;  et  c'est  là, 
comme  nous  l'avons  déjà  dit ,  que  s'écoulait  la  meilleure  partie 
de  son  existence.  Docile  à  la  voix  de  la  Providence  qui  lui  contiail 
un  grand  nombre  de  ses  enfants,  il  les  aimait,  les  accueillait  avec 
tendresse,  cherchante  ouvrir  leur  espritaux  connaissances  utiles 
et  leur  Cd'ur  à  la  vertu. 

iM.  Darras  avait  reçu  ,  en  1859  ,  une  Médaille  d'argent  de  la 
Société  i  lémentaire  et  une  letlre  de  félicitations  de  l'autorité 
départementale.  La  palme  ù'Officier  d'Académie  pouvait  seule, 
alors  ,  le  récosn penser  dignement  de  ses  efforts  infatigables  et 
persévérants.  1 'honorable  Maire  de  Guise,  qui  appréciait  si  bien 
ses  services  ,  îî  hésita  point  à  la  demander  pour  lui  ;  et  c't  st  en 
dé^îembe  1862  qu'elle  Itii  fut  accordée.  Nous  n'exagérons  point 
en  disant  ({ue  toute  la  ville  de  Guise  accueillit  avecjoie  la  nouvelle 
de  la  distinction  flatteuse  dont  son  respectable  instituteur  venait 
d'être  l  objet.  Mais,  hélas  !  M.  Darras  no  devait  pas  jouir  long- 
temps de  son  triomphe  :  Déjà,  en  1803,  il  avait  ressenti  les 
premières  atteintes  du  n)ai  qui  devait  le  ravir  à  l'alTection  de  ses 
nombres N  am  s ,  et  de  sa  famille  ;  et  c'est,  le  26  avril  1865  ,  qu'il 
est  îjioit  en  ((uelque  soi'te  à  soii  poste  ,  comme  un  brave  mili- 
taire fidèle  à  une  noble  consigne.  ' 


—  140  — 
NÉCROLOGIE. 


On  nous  écrit 


L'instituteur  du  Thuel,  M.  Marchand,  a  succombé  le  dimanche 
30  avril  dernier  ,  à  la  suite  d'une  maladie  due  à  l'épuisement  de 
ses  forces  ,  victime  de  son  zèle  et  de  son  dévouement  à  remplir 
ses  devoirs.  11  a  voulu  présider  à  sa  classe  jusqu'au  dernier  jour. 
Sa  mort  est  une  grande  perte  pour  la  commune  et  pour  le  corps 
des  instituteurs. 

Un  concoursnombreux  de  personnes  assistaient  à  ses  obsèques. 
Tous  les  habitants  du  Thuel,  sans  exception,  ont  voulu  lui  payer 
un  tribut  mérité  d'estime,  d'attachement  et  de  reconnaissance, en 
l'accompagnant  jusqu'à  sa  dernière  demeure. 

M.  Marchand  n'était  Agé  que  de  55  ans. 

Des  discours  ont  été  prononcés  sur  sa  tombe  par  MM.  Longuet, 
de  Chaourse  ,  Josset ,  de  Lislet ,  et  Delhaye  ,  de  Dizy-le-Gros.  Ce 
dernier  s'est  exprimé  en  ces  termes  : 

Messieurs  , 

Oui  aurait  pensé  ,  il  y  a  peu  de  temps,  que  la  tombe  devait  se  refermer 
si  tôt  sur  l'homme  de  bien  ,  sur  l'homme  dévoué  ,  infatigable  dont  nous  dé- 
plorons la  fin  prématurée.  Mais  la  divine  Providence,  dont  les  desseins  sont 
impénétrables ,  se  plaît ,  en  quelque  sorte,  à  déjouer  nos  projets,  et  frappe 
autour  de  nous  de  ces  coups  imprévus  ,  impitoyables,  qui  nous  saisissent 
vivement.  A  Dizy  même  ,  tout  récemment  ,  nous  rendions  les  derniers  de- 
voirs à  un  jeune  instituteur,  moissonné  au  printemps  de  la  vie  (1).  Personne 
n'échappe  à  cette  loi  inexorable  de  la  nature  ;  personne  ne  peut 
compter  sur  le  lendemain.  Heureux  si,  en  passant,  on  a  fait  quelque 
bien  ! 

Tel  a  été  le  lot  du  bon  lils  ,  de  l'excellent  père  de  famille  ,  de  l'époux 
dévoué  ,  de  l'ami  sincère  qui  nous  a  donné  rendez-  vous  dans  ce  champ  du 
repos. 

Raconter  quelque  passage  de  sa  trop  courte  existence, mais  bien  remplie, 
c'est  faire  le  plus  bol  éloge  de  son  caractère  franc  et  loyal. 

M.  Marchand, tout  jeune  encore, est  entré  dans  la  carrière  de  l'enseigne- 
ment, carrière  toute  d'abnégation  ,  où  l'on  a  tant  à  compter  avec  des  exi- 
gences detoutis  sortes;  où  l'on  n'a  que  trop  souvent  l'ingratitude  pour  ré- 
compense :  mais  celui  qui  se  dévoue  à  l'éducation  de  la  jeunesse  la  trouve 
toujours,  celte  récompense,  dans  la  satisfaction  du  devoir  rempli ,  dans  le 
témoignage  de  sa  conscience.  Ce  n'est  ni  la  fortune,  avec  le  prestige  qui  la 
fait  tant  désirer  ;  ni  la  gloire,  qui  n'échoit  d'ailleurs  qu'à  quchpies  natures 
privilégiées,  que  l'instituteur  doit  rechercher  :  ce  qu'il  doit  vouloir,  c'est 
d'être  utile  ii  ses  concitoyens ,  c'est  de  donner  à  tous  l'exemple  des  vertus 
privées  et  pui)li(iues,  c'est  de  former,  de  façonner,  pour  l'avenir,  la  jeune 
génération  destinée  à  nous  remplacer.  M.  Marchand  l'avait  bien  compris  : 
toute  sa  vie  l'a  prouvé.  A  son  début,  il  eût  pu  être  instituteur  dans  son  pays 
natal,  où  il  vient  de  s'éteindre,  on  emportant  l'estime  et  l'allcction  de  tous, 
si,  guidé  par  le  tact,  la  sagesse  précoce  (jui  devançait  l'àgc  en  lui,  il  n'eût 
pensé  ,  avec  raison ,  (jue,  pour  éviter  (juuhjues  mécontentements  et  laire  ses 
preuves,  il  devait  planter  sa  tente  ailleurs. 

On  sait  que  ,  pendant  de  longues  années,  il  a  rempli  ,  ;i  la  satisfaction 
générale  ,  ses  modestes  it  laborieuses  fonctions  dans  la  commune  de  Nizy- 
le-Comle  ,  où  il  a  laissé  de  précieux  cl  honorables  sou\enir>,  et  où  sa  mé- 
moire sera  vénérée.  C'est  alors  que,  rappelé  par  les  siens, —  car  il  compte 


(1)  Yaroqucaux,  instituteur  à  Droiz.y 


—  141  — 

ici  autant  de  parents  on  d'amis  qu'il  y  a  d'habitants,  —  c'est  alors,  dis-ie, 
qu'il  crut  ,  à  bon  droit  ,  que  le  temps  et  sa  rf'pntation  avaient  apaisé  les 
esprits  ,  et  détruit  des  préventions  injustes. 

Accueilli  de  tous  ,  cette  fois  .  il  se  consacra  sans  relâche  à  l'éducation 
d'enfants  qui  lui  étaient  chers  à  plus  d'un  titre.  Il  espérait  remettre  en  des 
mains  non  moins  chères  la  continuation  deson  œuvre  trop  tôt  inlerrompue; 
mais  la  mort  a  rendu  ses  projets  incertains  el  plus  difficile  la  réalisation  de 
vœux  dont  il  nous  avait  fait  le  confident.  Il  pensait,  qu'à  l'exemple  de  son 
vieux  et  respectable  père  ,  il  servirait  de  guide  à  son  fils.  Il  espérait  de 
fermer  les  yoiix  îi  l'auteur  de  ses  jours ,  qui ,  contrairement  aux  lois  de  la 
nature,  le  conduit  lui-même,  aujourd'hui,  à  sa  dernière  demeure.  Il  croyait 
vivre  longtemps,  dans  un  tranquille  repos  et  une  honnête  aisance  ,  acquise 
par  tant  de  fatigues  et  de  labeur ,  avec  sa  compagne  dévouée  ,  partageant 
ainsi  son  affection  entre  elle  et  ses  enfants.  Son  cœur  éta  t  toujours  avec 
eux,  de  près  comme  de  loin.  Mais  il  a  succombé  en  peu  de  jours,  usé  avant 
l'âge.  Son  activité  l'emportait  sur  ses  forces.  L'intérêt  de  sa  santé  lui  com- 
mandait de  prendre  du  repos  et  fie  réparer  les  ravages  que  la  fatigue  fai- 
sait sur  son  organisation  délicate  ;  mais  au  lieu  de  céder  à  la  nécessité  du 
moment ,  par  force  de  volonté  ,  plutôt  que  par  force  de  corps  ,  il  est  resté  à 
son  poste  jusqu'au  dernier  jour  :  il  est  mort  au  milieu  de  ses  élèves, comme 
un  vaillant  soldat  sur  la  brèche. 

Pleurez-le  ,  digne  vieillard  ,  ce  fils  qui  n'est  plus,  c'est  une  de  vos  tristes 
consolations  ;  pleurez-le,  épouse  affectueuse,  il  a  été  le  modèle  des  maris  ; 
pleurez-le  ,  enfants  chéris ,  objets  de  sa  sollicitude  ,  il  vous  a  légué,  avec 
l'amour  de  l'ordre  et  du  travail,  un  nom  respectable,  et  honoré;  pleurons-le 
tous  ,  nous  qui  avons  apprécié  les  qualités  de  son  cœur  elqui  perdons  en 
lui  le  meilleur  ami. 

La  douleur  profondément  sentie  delà  population  tout  entière,  témoin  de 
sa  vie,  et  qui  a  voulu  lui  rendre  les  derniers  devoirs;  les  larmes  qui  mouIL 
lent  la  tombe  où  sont  déposées  ses  dépouilles  iU(irlelles,sont  le  plus  bel  éloge 
qu'on  puisse  donner  à  sa  mémoire. 

Adieu,  cher  ami  !  si  la  cendre  est  confiée  à  la  terre,  ton  âme, essence  de 
Dieu, est  retournée  à  son  auteur. Ton  esprit  va  recevoir  au  Ciel  la  couronne 
réservée  à  ceux  qui  ,  comme  toi ,  remplissent  honorablement  une  existence 
chère  à  tous!  Adieu  homme  de  bien  !ton  souvenir  sera  précieux  aux  tiens,  à 
tes  amis,  à  tes  compatriotes;  leurs  vœux  te  suivent  dans  l'éternité  !  Adieu  ! 
adieu  !! 

Nous  apprenons  à  l'instant  la  nioit  de  M.  Jean-Baptiste -Louis 
Prévieux,  ancien  instituteur  communal  de  La  Fère,  et  médaillé 
de  Ste-Hélène. 

L'abondance  des  matières  et  le  manque  de  temps  nous  l'orcent 
d'ajourner  à  notre  plus  prochain  numéro  les  détails  que  nous 
venons  de  recevoir  sur  les  obsèques  de  cet  homme  de  bien. 


Commission  d'Iastruction  primaire  de  l'Aisne. 

f'^  SESSION  DE  1863. 

SUJET  DE  STYLE. 

Mon  jeune  Ami , 
Quand  on  entre  dans  une  carrière  quelconque  ,  les  débuts  sont  toujouri 
difficiles ,   et   cette  assertion    a  un  caractère  plus  particulier  et  plus  vrai, 
s'il  s'agit  de  la  profession  d'instituteur. 


—  442  — 

Le  négociant,  le  cultivateur  ou  l'industriel  prennent  une  suite  d'alîaircs 
bonnes  ou  mauvaises ,  mais  toujours  nettement  définie ,  et,  s'il  est  vrai  que 
tant  vaut  l'Iiomme,  tant  vaut  la  chose,  ils  peuvent  améliorer  lacilcnient  une 
situation  qui  ,  jusque-l  i  .  aurait  été  pour  ie  moins  compromise 

Dans  l'œuvre  si  importante  de  l'éducation  ,  l'instituteur  ne  choisit  point 
la  position .  il  l'accepte  :  l'école  qu'il  va  diriger  est  l'œuvre  de  son  prédé- 
cesseur. Doit-il  perpétuer  d'heureuses  traditions  ?  qu'il  s'en  réjouisse  Aura- 
t-il  à  combattre,  au  contraire,  des  dillicultés  dont  l'origine  remonte  bien 
haut  ?  il  devra  s'armer  de  patience  et  de  courage,  car  il  lui  faudra  détruire 
péniblement  avant  d'élever  un  édifice. 

Cette  dernière  condition  paraît  être  colle  qui  vous  est  faite  ,  mon  jeune 
ami  ;  les  conseils  que  vous  demandez  prouvent  que  vos  débuts  ne  sont  pas 
aussi  faciles  que  vous  pourriez  le  désirer  ;  je  mets  bien  volontiers  à  votre 
disposition  le  faible  tribut  de  ma  longue  expérience.  Votre  démarclif  .  que 
beaucoup  de  vos  confrères  ne  voudraient  pas  faire  ,  témoigne  de  votre 
bon  esprit ,  et  il  me  sera  bien  agréable  de  voir  s'établir  entre  nous ,  malgré 
la  différence  de  nos  âges  ,  des  rapports  de  bonne  et  franche  confra- 
ternité. 

J'ai  une  grande  répugnance  à  parler  de  moi  et  de  mes  faibles  succès.  Il 
faut  cependant,  dans  les  conseils  que  je  vous  donnerai,  vous  dire  ce  que  j'ai 
trouvé  dans  ma  commune  et  le  peu  de  bien  que  j'y  ai  accompli  Vous  n'ou- 
blierez pas  que  je  réponds  à  votre  lettre, et  vous  ne  verrez  point  en  moi  une 
certaine  forfanterie,  tout-à-fait  opposée  d'ailleurs  à  la  ligne  de  conduite  que 
je  me  suis  tracée  ,  et  à  la  modestie  qui  devrait  caractériser  tous  nos  con- 
frères. 

J'ai  pris  la  direction  de  mon  école  au  mois  d'octobre;  j'eus  peu  d'élèves: 
les  travaux  des  champs,  retardés  par  une  année  exceptionnellement  malheu- 
reuse, justifiaient  suffisamment  à  mes  yeux  des  absences  que  je  considérais 
cependant  comme  regrettables.  Je  sortais  Cvi  l'Ecole  normale  et  j'aurais 
voulu  immédiatement  mettre  au  service  de  la  jeune  génération  qui  venait  de 
m'être  confiée  ,  la  plénitude  de  mon  zèle  et  de  mon  dévouement.  J'avais 
appris  qu'en  éducation  toute  perte  de  temps  est  préjudiciable  et  j'entre  • 
voyais  qu'au  moment  de  la  rentrée  générale  ,  ceux  qui  déjà  fréquentaient 
l'école  ,  auraient  à  souffrir  de  la  présence  trop  tardive  de  leurs  nouveaux 
camarades  peu  disciplinés  sans  doute  ,  et  certainement  mal  disposés  à 
suivre  des  cours  dont  les  premières  leçons  leur  manqueraient. 

J'attendis  cependant.  C'était,  selon  moi,  un  mal  accidentel.  On  m'avait  dit 
qu'il  n'est  pas  d'une  bonne  politique  de  trouver  toujours  mauvais,  même  ce 
qui  est  mal,  et  mes  supérieurs  m'avaient  aussi  mis  en  garde  contre  un  zèle 
irréfléchi  q'ii  g.àte  quelquefois  les  meilleures  causes. 

Le  mois  de  "décembre  n'augmenta  point  sensiblement  le  nombre  de  mes 
élèves.  J'appris  bientôt  que  la  coutume  du  pays  est  que  les  enfants,  occupés 
ou  non,  ne  fréquentent  point  l'école  avant  le  mois  de  décembre,  et  que,  dès 
les  premiers  jours  de  février,  un  grand  nombre  la  désertent  déjà.  .Ma  peine 
fut  grande,  mon  jeune  ami.  Le  moyen,  dans  de  telles  conditions,  de  former 
des'élèves  intelligents, de  leur  donner  des  habitudes  de  docilité, de  politesse, 
d'ordre  ,  de  propreté  ,  en  un  mot  de  faire  leur  éducation  ,  d'en  faire  des 
hommes  !  «  Eh  quoi  !  »  me  disai-je  ,  «  serai-je  condamné  à  tourner  perpé- 
tuellement dans  un  cercle  vicieux,  en  n'ayant  que  quelques  mois  de  l'année 
des  enfants  que  j'aurai  à  peine  le  temps  de  former  à  la  discipline  ,  pour  les 
voir  m'échapper  aussitôt  et  retomber  dans  les  habiiudcs  grossières,  qui  sont 

le  fonds  de  leur  caractère  ! » 

Je  me  décidai  à  parler  à  M.  le  Maire  et  à  M.  le  Curé  de  la  peine  profonde 

3ue  j'éprouvais.  C'étaient  deux  hommes  de  bien  qui  gémissaient  sur  un  état 
e  choses  contre  lequel  ils  avaient  longtemps  et  vainement  combattu.  Ils  me 
dirent  que  les  parents,  presque  tous  ignorants ,  ne  comprenaient  pas  plus 
pour  les  autres  que  pour  eux,  l'importance  de  l'éducation;  qu'ils  ne  suppo- 
saient point  (ju'on  dût  envoyer  à  l'école  ,  plus  longltuops  que  les  quelques 
mois  de  la  mauvaise  saison",  des  enfants  qui  ont  dépassé  l'âge  de  huit  ans. 


-  143  — 

J'acquis  la  liisle  preuve  que  plusieurs  familles  ne  les  utilisaient  point  et 
((u'ellcs  no  taisaient  i(u'obéir  A  des  préjugés  traditionnels  et  déplorables, sans 
se  rendre  compte  dos  tristes  conséquences  de  leur  indifférence  et  de  la 
grave  responsabilité  qui  leur  incombait. 

Je  résolus  de  voir  séparément  cliaque  famille  ,  mais  je  n'avais  point 
compté  avec  la  faiblesse  des  parenls.  «Notre  fils  ne  veut  plus  aller  à  l'école,» 
me  répondait-on  ,  «  parce  que  son  camarade  n'y  va  plus.  »  Que  fait  son 
camarade  ?  —  Il  ne  fait  rien.  —  Et  le  vôtre  ?  —  Il  n'est  pas  plus  occupé  ; 
mais  quanil  môme  on  le  corrigerait  aussi  sévèrement  que  possible  ,  on  ne 
le  déciderait  point  à  aller  h  l'école;  il  aime  mieux  la  liberté.» 

Plus  loin  ,  c'était  un  père  qui  ne  pouvait  point  acquitter  la  rétribution 
scolaire  et  qui,  chaque  semaine,  le  dimanche  et  le  lundi,  tout  en  perdant  le 
salaire  d'une  ou  de  plusieurs  journées  de  travail,  dépensait  au  cabaret  bien 
au-delà  de  la  somme  nécessaire  pour  payer  celte  rétribution. 

Les  familles  indigentes  ne  pouvaient  point  invoquer  l'impossibilité  d'ac- 
quitter une  rétribution  dont  l'administration  municipale  les  avait  dispensées. 
Cependant  leurs  enfants  ne  fréquentaient  point  l'école.  On  les  voyait  comme 
les  autres  circuler  du  malin  au  soir  et  se  livrer  sous  les  yeux  de  leurs 
parents,  à  toute  sorte  de  déprédations  que  la  police  locale  était  impuissante 
à  réprimer.  L'école  des  rues  est  une  bien  triste  école  !  Elle  est  l'école  du 
vice  et  souvent  du  crime  ;  c'est  là  que  se  recrutent  ceux  qui  peuplent  les 
prisons  ,  et  si ,  comme  je  l'espère,  mon  jeune  ami,  Dieu  vous  accorde  de 
parcOTU'ir  une  longue  carrière  ,  vous  ne  verrez  que  trop  se  confirmer  celte 
triste  assertion. 

J'étais  plus  que  découragé,  j'étais  annéanîi.  «  C'est  là  le  champ  que  la 
Providence  m'a  donné  à  défricher,  à  moi ,  jeune  et  sans  expérience  »,  m'é- 
criai-je,  le  cœur  conlristé  et  les  yeux  pleins  de  larmes  !  «  Ah  !  j'avais  cru. 
jusque-là, qu'il  suffisait  d'avoir  une  grande  et  bonne  volonté  pour  être  insti- 
tuteur. Je  ne  vois  partout  que  des  obstacles  :  obstacles  chez  les  enfants, 
obstacles  chez  les  parents  et  je  n'entrevois  d'aide  nulle  part  Mon  Dieu  inspi- 
rez-moi, ajoutai-je,  et  le  calme  se  fit  dans  mon  àmi^  » 

Un  jour  de  congé  je  partis  pour  la  ville. Une  seule  personne  pouvait  m'en- 
tendre  et  me  comprendre.  C'est  celui  quo  j'appelais  mon  père,  M.  le  Direc- 
teur de  l'Ecole  normale  ,  que  j'avais  quille  quelques  mois  auparavant.  Il 
avait  longtemps  rempli  les  fondions  d'inspecteur  de  l'instruction  primaire  , 
et  il  avait  été  aux  prises  avec  les  difficultés,  comme  il  le  disait  souvent, pour 
nous  encourager.  Je  lui  devais  beaucoup  pour  ma  direction  personnelle  et 
pour  mes  connaissances  pédagogiques;  mois,  ce  qu'il  n'avait  pu  me  donner, 
c'est  l'expérience  que  l'on  n'acquiert  qu'à  ses  propres  dépens.  Il  ne  parut 
point  surpris  quand  je  lui  parlai  de  ma  position  ;  il  m'écouta  avec  bonté;  et, 
après  quelques  instants  de  silence,  il  me  dit  que  les  difficultés  que  je  ren- 
contrais ne  sor.t  que  trop  communes  à  la  campagne.  «  Ne  croyez  pas  que  le 
t  mal  soit  seulement  où  vous  l'avez  vu  j>,  ajouta-t-il.  «  On  vous  a  légué  un 
I   triste  héritage.  Vos  prédécesseurs  dont  je  ne  veux  point  parler  en  termes 

>  trop  amers  parce  qu'ils  ne  sont  plus,  n'étaient  pas  dignes  de  la  confiance 

>  qu'on  leur  accordait ,   et  que,    malheureusement,  par   nécessité,    l'on 

>  accorde  encore  aujourd'iiui  à  quelques  -  uns.    C'est  l'instiluteur  qui  fait 

>  l'école  nombreuse,  c'est  le  maître  qui  appelle  les  disciples.  Retournez  au 

>  milieu  des  quelques  rares  enfants  qui  suivent  vos  leçons  ,   attendez  de 

>  \otre  zèle  et  du  temp^- ,  les  réformes  que  vous  désirez.  11  faut  que  l'on 
»  vienne  à  vous.  Si  vous  essayez,  par  certaines  démarches,  de  changer  des 
»  habitudes  malheureuses .   ei  trop  enracinées  ,  vous  ris(|uerez  de  soulever 

>  les  passions;  lesparenls  no  sont  point  disposés  à  entendre  le  lanr.age  de 

>  la  raison  et  ils  sont  incapables  de  comprendrelcurs  intérêts  de  l'ordre  moral. 

>  Le  moment  n'est  pas  venu.  Ils  ne  vous  connaissent  pas,  et  vous  ne  sauriez 
»  leur  inspirer  la  confiance  que  l'on  n'accorde  point  facilement  ;''  un  jeune 
u  homme, et  surtout  à  un  étranger. Remplissez  scrupuleusement  vos  devoirs, 
»  quel(|ue  restreitit  que  soit  le  nombre  de  vos  élèves.Qu'ilsne  voient  jamais 
»  en  vous  un  homme  sévère,  qui  reprend  avec  dureté  ;  que  votre  visage  soit 


—    144    — 

»  grave  et  agréable  tout  à  la  fois.  Inlerrogêz  lours  goûts,  tâchez  de  décou- 

>  vrir  leur  aptitude  particulière  et,  en  dehors  des  leçons  régulières  et  systé 

»  matiques,  donnez,  à  chacun,  ces  petites  connaissances  pratiques  qui  sont 
»  d'une  application  utile  et  immédiate  dans  la  famille  ,  selon  la  profession 
»  des  parents.  C'est  le  fils  d'un  bûcheron  ,  montrez  lui  à  mesurer  une  sur- 

>  face,  à  cuber  un  tas  de  bois;  c'est  le  fils  d'un  maçon,  montrez-lui  à  trou- 

>  ver  combien  de  briques  ou  de  pierres  doivent  entrer  dans  la  constriiction 

>  d'un  mur  dételle  dimension.il  ne  faut  point  de  connaissances  en  géomé- 
»  trie,  pour  cela.  J'ai  connu  de  bons  arpenteurs ,  comme  praticiens,  qui 
»  n'avaient  jamais  expliqué  un  théorème.  C'est  le  fils  d'un  cordonnier ,  d'un 

>  charron,  d'un  cultivateur,  qu'il  sache  faire  des  mémoires,  mesurer  la  cir- 
»  conférence  d'une  roue,  et  arpenter  un  champ.  Ua  dessin  bien  exécuté,  une 
»  belle  page  d'écriture,  des  cahiers  bien  tenus, exercent  une  puissance  heu- 
>'  reuse  et  irrésistible  sur  les  parents  même  les  plus  ignorants.  Eveillez  en 
»  eux,  comme  on  l'a  fait  pour  vous  à  l'Ecole  normale,  le  goût  de  la  culture 
»  arboricole  et  maraîchère.  Gréez  autour  de  vous   des  jeux  qui  les  attirent 

>  avant  l'heure  des  classes  et  qui  les  retiennent  longtemps  après  sous  vos 
»  yeux.   Vous  les    transformerez   bientôt  au  moral  ;    on    les  distinguera 

>  des  autres  par  leur  politesse  et  leur  bonne  tenue.  J'aurais  beaucoup  à 
»  ajouter,  si  je  voulais  m'étendre  davantage  ■  ,  me  dit  mon  .excellent  maître, 
i.  mais  vous  trouverez  dans  votre  cœur ,  des  ressources  bien  autrement  pré- 
»  cieuses' que  celles  que  j'énumère.  Aimez  les  enfants,  et  personne  .  pas 
»  même  les  parents  ,   n'aura  le  pouvoir  de  les  empêcher  d'arriver  jusqu'à 

>  vous.  Faites    que   l'école  soit   l'asile    du  bonh-eur  et  de   la  vertu  ,    et 

>  elle  sera  toujours  celui  du  plus  grand  nombre.  ^ 

Tels  sont,  à  peu  près,  mon  jeune  ami.  les  conseils  que  je  m'empressai  de 
mettre  en  pratique. J'eus  certainement  à  lutter  contre  les  mauvais  penchants, 
les  mauvaises  habitudes,  quelquefois  même  contre  l'ingratitude.  J'avais  mis 
la  main  résolument  à  la  charrue,  comme  dit  l'Evangile  ,  et  j'eus  le  courf.ge 
de  ne  jamais  regarder  derrière  moi. Mon  école  se  garnit  lentement, il  est  vrai, 
mais  mon  noyau  était  pur  ,  et  les  éléments  étrangers  qui  s'y  agrégeaient . 
changeaient  bientôt  de  nature. Défions-nous  de  l'entraînement  qui  n'a  point  sa 
source  dans  la  réflexion;  c'est  un  engouement  sans  durée.  Le  progrès  lent 
est  le  plus  certain.  Presque  toujours  un  mois  était  une  conquête  sur  le  mois 
précédent;  et,  aujourd'hui  j'ai  la  douce  consolation  de  ne  voir  mon  école 
déserte  que  pendant  deux  mois  environ  ,  alors  que  les  récoltes 
réclament  impérieusement  autant  de  bras  qu'il  est  possible  de  leur  en 
donner. 

Cependant  tout  n'est  pas  pour  le  mieux,  mon  jeune  ami,  j'aurais  bien 
encore  à  désirer  ;  mais  il  est  un  proverbe  qui  dit  que  le  mieux  est  l'ennemi 
du  bien.  Ne  faut-il  pas  que  l'ivraie  croisse  au  milieu  du  froment? 

Les  petits  incidents  qui  se  produisent  et  qui  nous  font  de  la  peine  ,  sont 
des  sentinelles  avancées  :  elles  sonnent  l'alarme  ,  et  nous  arrachent  à  une 
fausse  et  dangereuse  sécurité.  En  éducation  ,  il  n'y  a  point  de  repos ,  parce 
qu'il  n'y  a  jamais  de  bien  absolu  •  il  y  aura  toujours  à  retrancher,  à  ajouter, 
à  polir  et  à  perfectionner, 
Recevez ,  etc. 

A.    FOUCHER 

AVIS  IMPORTANT. 
MM.  les  Instituteurs  sont  prévenus  qu'ils  peuvent  se  procurer,  à  la  Librairie 
classique  de  M.  VOLECK,  rue  du  Bourg,  15,  à  Laon,  les  bulletins  nécessaires 
pour  constater  les  observations  météorologiques   faites   par   eux  dans  leur 
commune. 

Les  Gérants.  II.  DE  Coquet  et  Stengeb. 


Lten,  ~.  Impriaerie  U,  o»  Coqset  et  STEMfiEa, 


U«  Année.  .^'«  lO.  Si  Mai  1865 


BULLETIN 

DE  L'INSTRUCTION  PRÏMAUIB 

PODR  LE  DÉPARTEMENT  DE  L'AISNE, 

PvvbWé.  sovis  \ts  avisç'vce* 

de  M.  Gastaing ,  Préfet  de  l'Aisne , 

Offlciei  de  la  Légion  -  d'Ooniieur, 

Ofïioieï"  de  l'Instr\ictioTi  publique. 

Paraissant  le    i^  et  le  30  de   chaque  mois. 

PARTIE  OFFICaFXIiE.  —   L'enseignement  primaire  pendant  l'année  186S, 

rapport  à  l'Empereur  par  M.  le  Ministre  de  l'Instruction  publique  (suite).  — 
Mouvement  du  personnel.  —  Congé  accordé  aux  établissements  d'instruc- 
tion primaire  par  S.  Exe.  M.  le  Ministre  de  l'Instruction  publique.  —  Note 
relative  aux  observations  météorologiques. 

I*JLRTIE  IV'OIV-OFFICIELLE.  —  Education  et  Enseignement.  —  Des 
inconvénients  de  l'ardoise  dans  l'enseignement  de  l'écriture.  —  Faits 
DIVERS  :  L'école  de  Faty-Wiège  à  l'église. — Imprudences  de  jeunes  enfants; 
actes  de  dévouenrerîtr  —  Nécrologie  :  M.  Prévieux,  ancien  instituteur  de 
La  Fère  ;  M.  Fiévez,  instituteur  à  Hamégicourt  —  Sujets  de  composition 
donnés  aux  aspirantes  aux  examens  du  Bas-Rhin  (l'"«  session  de  1865).  — 
Variétés  :  Le  tabac  nait  à  l'intelligence. 

PARTIE  OFFIGIIÏELE. 

L'Enseignement  primaire  pendanf' l'année  1863. 


UAPPORT  A  L'EMPEREUR 

rAK    M.    IK    MINyiJsTRK    DE    l'iNSTRUCTION    VUBI.IQUK. 
,/"  (SUlTE.i 


\ 


XII. 


D«  la  Rétribution  scolaire  et  de  la  Gratuité  à  l'étranger. 

Il  n'en  va  pas  ainsi  ù  lélranger. 

Plusieurs  Etats  ont  constitué  la  gratuité  absolue  ,  tels  que  le 
Danemark,  le  grand- duché  de  Saxe-Cobourg-Gotha,  le  duché  de 
Nassau  ,  les  cantons  suisses  de  Neufchâtel ,  Lucerne  ,  Fribourg, 
Vaud ,  Genève  et  Bâle-i  ampagne  ,  le  royaume  d'Italie,  les  Etats- 
Unis,  le  Chili,  etc. —  En  Norwège,  la  gratuité  est  admise,  sauf  le 


droit  pour  les  communes  de   percevoir   exceptionnellement  sur 
les  parents  aisés  une  rétribution  scolaire. 

Dans  le  grand-duché  de  Bade  ,  la  rétribution  scolaire  (loi  du  3 
mai  i8o8)  est  de  2  fr.  50  par  tète  et  par  an  dans  les  communes 
rurales  et  de  5  fr.  dans  les  principales  villes  ;  pour  les  adultes  , 
dans  les  classes  du  soir,  elle  n'est  que  de  55  cent,  à  1  fr.  10  par 
tête  et  par  an. 

Même  règlement  pour  le  Wurtemberg. 

En  Prusse  ,  l'écolage  varie  de  1  fr.  75  ,  chiffre  des  écoles  des 
pauvres,  à  6  fr.  par  tète  et  par  an. — Dans  quelques  provinces  du 
nord,  l'écolage  se  paie  ,  non  par  tête  d'enfant,  mais  par  famille, 
pour  dégrever  le  père  qui  a  plusieurs  enfants. 

En  Saxe  ,  comme  en  Prusse. 

En  Autriche  ,  la  rétribution  scolaire  est  fixée  à  un  chiffre  tou- 
jours minime  pour  les  communes  rurales  ,  où  elle  varie  de  2  à 
3  fr.  Dans  les  villes  elle  s'élève  jusqu'à  8  fr.  iO  ,  car  le  système 
allemand,  contraire  au  système  français  ,  dégrève  les  campagnes 
où  les  ressources  font  défaut  et  demande  davantage  aux  villes  où 
elles  abondent.  Trois  enfants  de  la  même  famille  allant  à  l'école 
exemptent  les  autres. 

En  Bavière  ,  les  familles  sont  taxées  à  proportion  de  leur 
aisance  présumée,  et  payent,  pai"  lête  et  par  an,  3fr.  30,  7  fr.  ou 
10  fr.Une  taxe  de  6fr.  75  est  exigée  même  de  ceux  qui  reçoivent 
l'instruction  ailleurs  qu'à  l'école  publique. 

Dans  le  Hanovre  ,  les  communes  rurales  peuvent  élever  la  ré- 
tribution jusqu'au  maximum  de  3  fr.  75  par  tête  et  par  an  ,  mais 
quelques  subventions  en  nature  sont  fournies  aux  maîtres  par  les 
parents.  Dans  les  villes,  la  rétribution  est  de  7  fr.  50  à  45  Ir.  par 
tête  et  par  an.  Lorsqu'il  y  a  trois  enfants  de  la  même  famille  à 
l'école,  le  troisième  ne  paie  que  moitié. 

Lians  la  Suisse  ,  la  rétribution  est  généralement  fixée  à  3  fr. 
par  tête  et  par  an  dans  les  campagnes,  à  G  fr.  dans  les  villes.  — 
Elle  n'est  que  de  2  fr.  dans  le  canton  de  Claris. 

Dans  le  canton  de  Berne  ,  la  gratuité  existe  de  fait.  Là  où 
l'écolage  est  payé,  il  ne  peut  s'élever,  par  au,  à  plus  de  1  fr.  par 
enfant  on  à  2  fr.  par  famille.  Beaucoup  de  communes  ne  deman- 
dent que  1  fr.  comme  droit  d'entrée,  une  fois  payé,  pour  toutes 
les  étuc'es. 

A  Bàle-Ville  ,  la  rétribution  annuelle  est  de  6  fr.  Si  elle  n'est 
pas  payée  ,  l'enfant  est  envoyé  d'office  à  l'école  spéciale  gratuite 
des  indigents. 

Dans  Bàle-Campague  ,  des  primes  sont  payées  ,  dans  certains 
cas,  aux  familles  dont  les  enfants  sont  assidus. 

Ainsi,  dans  les  pays  où  l'inslruction  primaire  est  une  préoccu- 
pation sérieuse  pour  les  popu!aiions,le  système  qui  prévaut  géné- 
ralement est  celui  du  bon  marché  de  l'école. 

XIII. 

De  l'Ensfujunnenl  primaire  ronsidéri'  comme  serrire  [.niilie. 

La  société  pourvoit  gratuitement  aux  grands  services  qu'elle 
jugeindispcnsable  àsa  sécurité, àson  bien-être  ou  à  son  honneur. 
Elle  accomplit  l'œuvre,  avec  le  concours  de  tous  et  en  procure 


—   147  — 

la  jouissauceàchacun,saQa demander  une  rétribution  au  moiuenl 
où  l'individu  en  recuei  le  le  bienfail.  Tels  sont  la  justice,  lu  re!i- 
yion,la  détc  so  nationale, le  service  de  sûreté, la  voirie  publique, 
renseignement  supérieur  ,  excepté  pour  ceux  qui  prennent  des 
inscriptions  et  des  grades,  les  bibliothèques  ,  les  mll^ées,  les 
collections  léunies  à  grands  frais  par  l'Etat ,  etc.  Pourquoi  n'en 
serait-il  pas  pour  l'éducation  nationale  comme  pour  la  religion 
et  la  justice  ?  C'était,  comme  on  la  montré,  la  règle  qui  tendait 
autrefois  à  prévaloir. 

La  société  moderne  ne  peut  être  moins  libérale  pour  l'instruc- 
tion publique  que  n'avait  vouli!  l'être  l'ancien  régin  e.  Elle  a,  en 
effet ,  un  intérêt  considérable  à  compter  le  moins  possible  de 
membres  inutiles  et  de  citoyens  dangereux.  Or,  sans  parler  des 
passions  qu'on  ne  détruira  jamais, quecependant  l'éducation  peut 
apprendre  à  contenir,  il  y  a  deux  mauvaises  conseillères  :  la  mi- 
sère et  l'ignorance.  La  seconde  traîne  piesque  toujours  la  pre- 
mière à  sa  suite  ;  en  outre,  plus  le  travail  industriel  e!  ogiicole 
demandera  de  secours  à  la  science,  plus  celui  qui  n'aura  que  ses 
bras  pour  vivre  vivra  misérablement. 

L'Assemblée  Constituante  de  1789  avait  compris  cette  nécessité 
de  l'instruction  primaire  gra'uitc. 

Un  rapport  de  l'ancien  évêqiie  d'Autun  .  Talleyrand-Périgord. 
en  septembre  1791  ,  portail  : 

«  Il  doit  exister  une  instrucliou  gratuite  :  le  principe  est  incontestable  ; 
mais  jusqu'à  quel  point  doit-ell-?  être  gratuite  ?  sur  quels  objets  seulement 
doit-elle  Fétre  ?  quelles  sont,  en  un  mot,  les  limites  de  ce  grand  bienfait  de 
la  société  envers  ses  membres  ? 

B  Quelque  difficulté  semble  d'abord  obscurcir  celte  question.  D'une  part, 
lorsqu'on  réfléchit  sur  l'organisaliDO  sociale  et.  sur  'a  nature  des  dépenses 
publiques,  on  ne  se  fait  pas  tout  de  suite  à  l'idée  qu'une  nation  puisse  don- 
ner gratuitement  à  ses  membres,  puisque  ,  n'existant  que  par  eux,  elle  n'a 
rien  qu'elle  ne  tienne  d'eux. 

>  D'autre  part,  le  irésor  national  ne  se  comp:)sant  que  des  contributions 
dont  le  prclèvemcnt  est  toujours  douloureux  aux  individus,  on  se  sent  natu- 
rellement porté  à  vouloir  en  r'^streindre  l'emploi  ,  et  l'on  regarde  ^prame 
une  conquête  tout  ce  qui  s'abstient  de  payer  pour  la  société. 

t  Des  réflexions  simples  fixeront  sur  ce  point  les  idées. 

->  Qu'on  ne  perde  pas  de  vue  qu'une  société  quelconque  ,  par  cela  même 
qu'elle  existe,  est  soumise  à  des  dépenses  générales,  ne  fut  ce  que  pour  les 
frais  indispensables  de  (oute  association  :  de  là  résulte  la  nécessité  de  for- 
mer un  fonds  à  l'aide  dos  contributions  particulières. 

»  De  l'emploi  de  ce  fonJs  naissent,  dans  une  société  bien  ordoiniée  ,  par 
un  clTet  de  la  distribution  et  de  la  séparation  des  travaux  publi;  s,  d'incalcu- 
lables avantages  pour  chaque  individu  ,  acquis  à  peu  de  frais  pour  chacun 
d'eux. 

>  Ou  plutôt,  la  contribution,  (jui  semble  d'abord  être  une  atteinte  portée 
à  la  propriété  ,  est.  sous  un  bon  régime,  un  principe  réel  d'accroissement 
pour  toutes  les  propriétés  irnlivi  lucllcs. 

»  Car  chacun  reçoit  en  retour  le  bienfait  inestimable  de  la  protection 
sociale,  qui  multiplie  pour  lui  les  moyens,  et,  par  conséquent,  les  proprié- 
tés ;  et ,  de  plus ,  délivré  d'une  foule  de  travaux  auxquels  il  n'aurai;  pu  se 
soustraire  ,  il  acquiert  la  faculté  de  se  livrer  ,  autant  qu'il  le  désire,  à  ceux 
qu'il  s'impose  lui-même, et,  par  là,  de  les  rendre  aussi  productifs  qu'ils  peu- 
vent l'être. 


—  148  — 

»  C'est  donc  à  juste  titre  que  la  société  est  dite  accorder  gratuitement 
un  bienfait,  lorsque  ,  par  le  secours  de  contributions  justement  établies  et 
impartialement  réparties ,  elle  en  fait  jouir  tous  ses  membres .  sans  qu'ils 
soient  tenus  à  aucune  dépense  nouvelle. 

"  Reste  à  déterminer  seulement  dans  quel  cas  et  sur  quel  principe  elle 
doit  appliquer  ainsi  une  partie  des  contributions  ;  car,  sans  approfondir  la 
théorie  de  l'impôt ,  on  sent  qu'il  doit  y  avoir  un  terme  ,  passé  lequel  les 
contributions  seraient  un  fardeau  dont  aucun  emploi  ne  pourraient  ni  justi- 
fier ni  compenser  l'énormité. 

ï  On  sent  ainsi  que  la  société,  considérée  en  corps,  ne  peut  ni  tout  faire, 
ni  tout  ordonner  ,  ni  tout  payer,  puisque,  s'étant  formée  principalement 
pour  assurer  et  étendre  la  liberté  individuelle,  elle  doit  habituellement  lais- 
ser agir  plutôt  que  faire  elle-même. 

»  Il  est  certain  qu'elle  doit  payer  ce  qui  est  nécessaire  pour  la  défendre 
et  la  gouverner  ,  puisque  ,  avant  tout  ,  elle  doit  pourvoir  à  son  exis- 
tence. 

»  Il  ne  l'est  pas  moins  qu'elle  doit  payer  ce  qu'exigent  les  diverses  fins 
pour  lesquelles  elle  existe  ,  par  conséquent  ce  qui  est  nécessaire  pour 
assurer  à  chacun  sa  liberté  et  sa  propriété  ;  pour  écarter  des  associés  une 
foule  de  maux  auxquels  ils  seraient  sans  cesse  exposés  hors  de  l'état  de 
société;  eniin,  pour  les  laire  jouir  des  biens  publics  qui  doivent  naître  d'une 
bonne  association  ;  car  voilà  l^s  trois  fins  pour  lesquelles  toute  société  s'est 
formée  ;  et,  comme  il  est  évident  que  Tin.-truction'a  toujours  tenu  un  des 
premiers  rangs  parmi  ces  biens  ,  il  faut  conclure  que  la  société  doit  aussi 
payer  tout  ce  qui  est  nécessaire  pour  que  l'instruction  parvienne  à  chacun 
de'ses  membres. 

>  Mais  s'ensuit-il  de  là  que  toute  espèce  d'instruction  doive  être  accordée 
gratuitement  à  chaque  individu?  Non. 

»  La  seule  que  la  société  doive  avec  la  plus  entière  gratuité  est  celle  qui 
est  essentiellement  commune  à  tous,  parce  qu'elle  est  nécessaire  à  tous.  Le 
simple  énoncé  de  cette  proposition  en  renferme  la  preuve  :  car  il  est  évident 
que  c'est  dans  le  tiésor  commun  que  doit  être  prise  la  dépense  nécessaire 
pour  un  bien  commun;  or,  l'instruction  primaire  est  absolument  et  rigou- 
reusement commune  à  tous  ,  puisqu'elle  doit  comprendre  les  éléments  de 
ce  qui  est  indispensable,  quelque  état  que  l'on  embrasse. 

»  D'ailleurs  ,  son  but  principal  est  d'apprendre  aux  enfants  à  devenir  un 
jour  des  citoyens.  Elle  les  initie  en  quelque  sorte  dans  la  société  en  leur 
montrant  les  principales  lois  qui  la  gouvernent  ,  les  premiers  moyens  pour 
y  exister  ;  or  n'esl-il  pas  juste  qu'on  fas^e  connaître  à  tous  gratuitement  ce 
qu'on  doit  regarder  comme  les  conditions  mêmes  de  l'association  dans  la- 
quelle on  les  invite  à  entrer  ?  Cette  preniière  instruction  nous  a  donc  paru 
une  dette  rigoureuse  de  la  société  envers  tous. Il  faut  qu'elle  l'acquitte  sans 
aucune  restriction,  d 

La  loi  de  1833  entra  à  demi  dans  cette  voie.  Elle  ne  proclama 
pas  lagratuitcde  l'école  en  répartissant  surtouslescontribuables 
de  la  commune  la  dépense  de  la  rétribution  scolaire  ,  mais  elle 
répaitit  sur  eux  et  sur  cenx  du  dépaitement  ,  à  défaut  de  res- 
sources ordinaires  ,  la  dépense  de  la  construction  de  l'école,  du 
logement  de  linstiluleur  etde  son  traitement  fixe.  Qu'ils  fussent 
mineurs  ,  célibataires  ,  mariés  ou  veufs  sans  enfants  ,  ou  qu'ils 
fissent  élever  leurs  enfants  au-dehors  ,  tous  durent  participer  à 
cette  dépense  en  proportion  de  leur  fortune.  » 

Faire  payer  par  la  communauté  tout  entière  le  Irailement  inté- 
gral et  non  plus  le  traitement  fixe,  ce  ne  sera  que  faire  un  pas  de 
plus  dans  la  route  ouverte  par  la  loi  de  1833  et  (|ue  celle  de  1850 
n'a  point  fermée. 


—  149  — 

On  objecte  que  la  gratuité  absolue  est  immorale,  parce  qu'elle 
délivre  le  père  du  fardeau  'i'un  devoir  sacré.  IMais,  si  la  gratuité 
rend  possible,  ou  seulement  plus  facile,  raccomplissenient  de  ce 
qu'on  appelle  avec  raison  un  devoir  sacré  ,  l'obligation  consacre 
ce  devoir  par  une  sanction  énergique  ,  en  exigeant  du  père  le 
sacrifice  dn  travail  de  son  enfant.  En  outre  ,  l'objection  vaudrait 
tout  autant  contre  la  crèche  .  l'asile  ,  l'école  même  ,  et  contre  le 
maître  ,  par  qui  le  père  se  fait  remplacer  auprès  de  son  enfant. 
Un  peu  d'argent  donné  ne  doit  pas  aux  yeux  des  austères  parti- 
sans de  la  loi  naturelle  ,  passer  pour  l'équivalent  du  devoir  per- 
sonnellement accompli  par  le  père. 

Deux  chiffres  doivent  toujours  être  présents  à  l'esprit  dans  cette 
discussion.  A  côté  de  3,162,070  chefs  de  famille  ,  notoirement 
indigents  ou  gênés  ,  qui  ne  payent  pas  la  contribution  person- 
nelle et  mobilière  ,  et  qui  auraient  droit  dès  lors  ,  même  d'après 
la  loi  actuelle, à  l'enseignement  primaire  gratuit,  il  y  a  2,211,386 
chefs  de  famille, voués  au  travail  manuelsous  ses  diverses  formes, 
qui  considéreraient  sans  doute  comme  un  atfront  de  n'être  pas 
portés  au  rôle  des  contributions  directes  et  qui  sont  cependant 
dans  une  position  voisine  de  la  pénurie.  La  cote  personnelle  et 
mobilière  de  chacun  d'eux  est  en  moyenne  de  3  fr.  02. Un  certain 
nombre  payent  l'impôt  foncier  ;  mais  ils  figurent  probablement 
parmi  ces  petits  propriétaires  dont  l:i  cote  foncière  est  bien  infé- 
l'ieure  à  o  fr. C'est  donc  rester  fort  au-dessous  de  la  vérité  que  de 
dire  qu'il  y  a  en  France  2  millions  d'individus  payant  moins  de 
ofr.  de  contributions  (1),  c'est-à  dire  qui,  moyennant  cette 
somme  minime ,  s'assurent  tous  les  bienfaits  garantis  par  la 
société  à  ses  membres  ,  mais  qui  sont  forcés  de  payer  en  outre 
12  ou  15  fr..  parfois  30  ou  40  fr.  pour  un  seul  de  ces  services  , 
celui  de  l'instruclion  primaire. 

On  se  plaint  que  la  population  valide  déserte  les  campagnes 
pour  venir  encombrer  les  villes.  Mais  comment  ne  viendr.iil-elle 
pas  dans  ces  cités  qu'on  lui  fait  splendides  ,  et  où  tout  est  réuni 
à' grands  frais  pour  les  pk^isirs  des  yeux  et  de  l'esprit?  L'ouvrier 
y  trouve  un  travail  plus  lucratif  et  moins  rude,  le  Bureau  de  bien- 
faisance ,  la  Sociéié  de  secours  mutuels  ,  l'Hôpital ,  souvent  des 
exemptions  d'impôts  riirects  ,  pour  ses  enfants  la  sal'c  d'asile  et 
l'école  gratuite.  Faisons  au  moins  disparaître  une  de  cesinégali- 


(1)  En  1842  ,  sur  11,511,841  cotes  foncières,  il  y  en  avait  5,440,580  au- 
dessus  de  5  fr.  En  1858,  sur  13,118,723  coies  foncières,  qui  représentent  plus 
de  8  millions  d^  propriétaires  fonciers,il  y  en  av.  il  6,68(i,9i8  col's  au-dessous 
■le  5  fr. 

Il  résulte  de  recherches  faites  par  r.Adininistialion  des  finances  ,  en  1861  , 
que  le  nombre  total  des  ouvriers  travailbnl  pour  autrui  ,  à  la  journée  ,  à  la 
façon  ou  à  la  tàdie,  des  ouvriers  travaillant  .seuls  ,  des  petits  oniplojés,  des 
retraités,  des  petits  patentables,  despplils  propriétaires  obligés  de  travailler 
comme  ouvriers  ,  des  colons  vivant  exclusiveiuenl  du  colnnnage  ou  travaillant 
conniip  joiirna  iers  ,  s'élevait  au  chilïre  de  5,375,456  chefs  de  fnniille.  Sur  ce 
nonibi  ,  2,211,386  étaient  imposés  h  la  contribution  personnelle  et  mobilière, 
et  payaient  en  moyenne  3  fr.  02  c;  1,666,941  n'étaient  pas  imposés  à  cette 
contribution  ,  à  cause  de  leur  état  de  gène,  bien  qu'ils  ne  fusseril  pas  notoire- 
ment in'ligents  ;  enfin  1  million  495,129,  nctoirenient  indigents,  claienl  aussi 
exem;    'S  de  toute  contribution. 


—  i60  — 

tés  ,  et  donnons  au  paysan  un  de  ces  bienfaits  ,  la  gratuité  de 
l'école  pour  ses  enfants  ;  sa  femme  et  lui  en  garderont  à  l'Kmpe- 
reur  une  longue  reconnaissance. 

Ainsi,  il  y  a  un  intérêt  social  de  premier  ordre  à  mettre  l'ins- 
truction primaire  au  nombre  des  grands  services  publics  ,  en 
assurant ,  aux  frais  de  la  communauté  tout  entièie,  la  bonne  dis- 
tribution de  l'enseignement  populaire. 

Chaque  année  la  France  jette  aux  quatre  vents  220  millions  de 
fumée  :  elle  trouverait  bien  quelques  millions  à  dépenser,  non 
pas  pour  im  plaisir  douteux,  mais  pour  un  plaisir  certain. 

XTY. 

Etat,  de  F  opinion. 

Sur  la  question  de  la  gratuité,  comme  au  sujet  de  l'obligation, 
les  opinions  sont  très-partagées.  Les  uns,  qui  accepteraient  à  la 
rigueur  l'obligation  ,  s'élèvent  avec  énergie  contre  la  grcdiiitc  ; 
d'autres,  au  contraire,  qui  protestent  contre  l'instruction  obliga- 
toire ,  ne  verraient  pas  d'inconvénients  graves  à  la  rendre  gra- 
tuite ,  el  rappellent  que  la  gratuité  existent  à  Paris  et  dans  un 
grand  nombre  de  villes  de  France. 

Plusieurs  de  ses  adversaires  l'accusent  cependant  d'être  enla 
chée  de  socialisme  ;   mais  il  est  à  remarquer  que  ce  reproche  se 
trouve  dans  la  bouche  des  partisans   de  renseignement  gratuit 
des  congrégations. 

D'autres  affirment  qu'en  France,  principalement  dans  les  cam- 
pagnes ,  la  gratuité  sans  l'obligation  énerve  l'enseig'îcment ,  dé- 
courage le  maître  ,  dépeuple  l'école.  On  répète  que  le  paysan 
n'estime  que  ce  qu'il  paye  ,  et  oa  a  souvent  abusé  de  cetie  for- 
mule vague  pour  élever  à  tort  le  prix  de  l'éducation  primaire  (1). 
II  est  certain  que  beaucoup  de  ces  paysans  dont  on  parle ,  trou- 
vant trop  coûteuse  la  denrée  intellectuelle  ,  mellenl  en  quelque 
sorte  leurs  enfants  à  la  ration, et  ne  leur  achètent  que  deux  mois 
d'école  au  lieu  de  huit  ,  ce  qui  rend  illusoires  le-  résultats  mo- 
mentanément obtenus  par  l'instituteur. 

En  résumé,  on  aime  peu  la  gratuité  en  haut,  ma' s,  en  bas,  on 
la  recevrait  avec  reconnaissance. 

Cette  dernière  vérité  a  été  parfaitement  sentie  par  les  fonda- 
teurs catholiques  ou  protestants  de  l'instruciion  populaire  : 
l'abbé  de  La  Salle,  le  père  Fourier,  le  pasteur Oberlin,  etc.  —  En 


(I)  «  Un  fait  que  je  constate  Jepuis  plus  de  vingt  ans  dans  la  classe  que  je 
dirige,  el  qui  m'est  commun  avec  ir.es  confrères  voisins  ,  c'est  que  les  enfants 
admis  gniluilement  à  l'école  y  viennent  exaclomonl  el  longsemps  ,  c'est-à-dire 
14  .ons,  tandis  que  les  payants  quittaient  le  plus  souvfnt  la  classe  aussitôt  après 
leur  |ir»';iiière  communion,  qui  se  fait  à  l'âge  de  1 1  cl  12  ans  au  p'us  lard.  En 
ce  mouKuil,  iiii'S  élèves  les  |)lusAg(''S,  les  plus  instiuils,  IfS  plus  .issidus,  sont 
les  «'lèves  gra'uils;  j'en  ai  qui  ont  13  et  M  ans  cl  qui  ihî  (|uit'.cro!ii  IVci'e  que 
l>our  entier  en  apprentissage. Ils  taveiit(|u'il.s  juxirront  venir  à  l'école  d'adiilcs 
pendant  l'Iiiv  r  ;  je  leur  donne  l'instruciion  gratuite*  ils  n'ont  (|ii'à  fnnrnir  le 
matériel  déclasse;  je  suis  certain  que  |)as  un  ne  manquera  el  (pie  tous  reste- 
ront jusqu'à  la  clôiiire  ;  les  payants,  eux  ,  y  viendront  peut-être  ,  mais  u 
mois  ou  deux  tout  au  plus.  »  (t'xliait  d'iiiie  lettre  de  l'instituteur  eommunal 
de  Donnetnarie  (Seine-et-Marne)  du  54  juin  1801"). 


—  151   - 

Franco, c'est  le  principe  de  toutes  les  congrégatiorfs  enseignantes, 
et  ce  principe  a  fait  leur  fortune. 

En  1843  ,  les  congrégations  enseignantes  ne  comptaient  ,  en 
France  ,  que  16,058  membres  ,  dont  3,128  kommes  et  13,830 
femmes,  et  ne  possédaient  que  7,590  écoles,  706,717  entants,  soit 
2-2  p.  100,  ou  moins  du  quai  t  de  la  population  scolaire  totale,  ré- 
partis de  la  manière  suivante  :  1,00-4  écoles  publiques  ou  libi-es 
de  Frères  ,  contenant  201,142  élèves  sur  2,440,672  ,  c'est-à-dire 
9  p.  100  du  nombre  total  des  jjarçons;  0,490  écoles  publiques  ou 
libres  de  Sœurs,  contenant  oOo, 775  élèves,  sur  1,01  djB^ô,  c'esl- 
.Vdire  plus  de  49  p.  100  du  nombre  total  de  filles. 

Aujourd'hui  ,  ces  congrégations  ont  46,840  membres  ,  dont 
8,635  hommes  et  38,205  femmes. Leur  nombre  a  donc  à  peu  près 
triplé  en  20  ans.  Ils  possèdent  17,200  écoles  et  1,019,674  enîants 
sur  4,336,368  ,  soit  37  p.  100,  ou  plus  du  tiers  de  la  population 
vScolaire  totale  ,  répartis  de  la  manière  suivante  ,  savoir  :  2,502 
écoles  publiques  ou  libres  de  Frères  ,  contenant  443,732  élèves, 
sur  2,265, 756, c'est-à-dire  i9p.  100  du  nombre  total  des  garçons; 
14,704  écoles  publiques  ou  libres  de  Sœurs,  contenant  1,166  942 
élèves,  sur  2,070,612,  c'est-à-dire  environ  56  p.  100  du  nombre 
total  des  filles. 

{La  fin  au  prochain  numéro.) 


MOUVEMENT  DU  PERSOX.\EL. 

Par  arrêtés  de  M.  le  Préfet ,  rendus  sur  la  proposition  de  M. 
l'Inspecteur  d  'Académie  , 

MM.  Coquizart ,    Aiistide-Jules  ,   inslilulenr  à  Vigneux  ,    est  nommé  à  Laigny 

^Vervius) ,  en  remplacement  de  M.  Solliez,  en  congé  de  disponibilité. 
Hinault,  Clirysostôme,est  nommé  instituteur  à  Vigneux,  en  remplaceraeiU 

de  M.  Coquizart. 
Anciaux,  Jean-Baptiste-Juseph,inslitute!!r  à  La  Hé  ie,  est  iioianié  à  Beau- 

rain  ,  section  de  Flavigay-le-Grand  ,    en  renipia-eiiient  d  i  M.  Cartier  , 

démissionnaire. 
Poutliieux,  Théodore,  instituteur  à  Braye  (Vailly),  est  nommé  à  La  Hérie 

i'Hirson),  en  rempLicement  de  M.  Anciaux. 
Oollaye  ,    Eloi-Jules-Désiré ,    instiiuteur-adjoiul,    est  nommé  insliluleur 

à  Braye  (Vailly),  en  remplacement  de  M.  l'onlhieux 
Coël,    Louis-Philippe,    insliluleur-adjoint,  est  nommé  insliuiteur-iniéri- 

maire  à  Hamégicourt   (Moy)  ,  en  remplacement  do  .M.  Fiévea,  décédé. 
Miel,    Char'es-Louis  ,   instituteur  à  Vu  Is-Maisons  ,    est  nommé  à  Pouiily 

iCrécy),  en  remplacement  de  M.  Blanchard,  ea  congé  d'inactivité  sur  sa 

dem&nde. 
Cartier,  Maximilien-EmiIe,iQsiituteur  à  Barenlon-Cel,  (Grécy),  est  nommé 

à  Viels-Mai^ons  (Charly),  en  remplacement  de  M.  Miel. 
Largillier,  Zéphir-Célestin-Joseph,  in^iitH'cui-adjo  îit,  est  no  ^mé  instilu- 

teurà  Barenton-Cel,  en  remplacement  de  M.  Carlier. 
M"'  Hulin,  Maïii'-Louise  ,  institutrice  à  Harj-la-Ch;iussée  ,  est  nommée  à  La 

Houteilte    'Vervins}  ,    en  remplacement    de  M"«   Raguet  ,     en    congé 

d'inactivité. 
.M.  Lf^dèri! ,    iaslituleur-adjoint  ,    est  nommé  instituteur  à  Hary-!a-Cliaussée 

Vcrvins),  en  remplacement  de  M"«  Hutin. 
.H"«  Syrdey  ,    est  chargée    de    la   direction   de  l'école  de  La  Fl.imangiie  (La 

Capelle) ,  pendant  la  durée  du  congé  accordé  à  M"*  Gatlelet. 

flgttjjJWth^'^n;"    


—  i52  — 

A  l'occasion  de  la  fête  de  Son  Altesse  Monseigneur  le  Prince 
impérial  ,  les  élèves  des  lycées  et  collèges  ont  eu  un  congé 
extraordinaire.  —  S.  Exe.  M.  le  Ministre  de  l'Instruction  publique 
a  décidé  que  cette  faveur  sera  étendue  aux  établissements 
d'instruction  primaire  «  car,  dit  M.  le  iMi-iistre,  les  élèves-maîtres 
des  écoles  normales  et  les  élèves  des  écoles  primaires  fournissent 
un  contingent  dévoué  à  la  Société  du  i'rince  impérial.  « 

Ce  congé  sera  ajouté  à  celui  de  la  Pentecôte  et  aura  lieu  ,  en 
conséquence,  le  mardi  G  juin. 

M.  l'Inspecteur  d'Académie  a  recommandé  à  MM.  les  Inspec- 
teurs primaires  de  porter  cette  décision  ministérielle  à  la  connais- 
sance des  instituteurs  de  leur  arrondissement  respectif. 


Note   È^eiaiive 

AtX 

OBSERVATIOI\S  MÉTÉOROLOGIQUES. 


Préoccupé  des  moyens  d'étendre  et  de  préciser  de  plus  en  plus 
les  observations  météorologiques  faites  dans  l'intérêt  spécial  de 
l'agriculture  et  de  la  marine,  S.  Exe.  M.  le  Ministre  de  l'Instruc- 
tion publique  a  pensé  ,  avec  raison  ,  que  si  les  probabilités  du 
temps  pouvaient  être  étudiées  sur  une  vaste  échelle, et  pulMIquc- 
ment  annoncées  à  l'avance,  on  parviendrait  à  atténuer,  dans  une 
proporiion  notable,  la  gravité  des  sinistres  qui  alteignentsouveni 
nos  récoltes  et  nos  navires.  Les  jalons  principaux  de  ce  travail 
ont  dès  lors  été  posés  dans  les  écoles  normales  primaires.  Depuis 
quelque  temps  déjà  les  observations  de  ces  établissements 
arrivent  régulièrement  à  l'Observatoire  impérial  où  elles  sont 
relevées  sur  des  cartes  dressées  à  cet  effet. 

Mais  ,  pour  l'étude  d'une  des  questions  les  plus  importantei  , 
les  orages  ,  qui  chaque  année  viennent  affliger  nos  campagnes 
et  détruire,  en  peu  de  temps,  l'espérance  de  toute  une  année, une 
seule  station  était  insuffisante.  Notre  honorable  Inspecteur 
d'Académie  voulant ,  autant  qu'il  est  en  son  pouvoir  ,  seconder 
les  intentions  du  gouvernement  de  S.  M.  l'Empereur  ,  n'a  pas 
hésité  à  faire  appel  au  zèle  et  à  la  bonne  volonté  des  instituteurs 
communaux,  persuadé  que  chacun  d'eux  voudrait  apporter  sa 
pierre  ;i  l'édifice  et  contribuer,  dans  la  mesure  de  ses  forces,  au 
travail  d'ensemble  concentré  à  Paris.  Toutefois  ,  ceux-ci  n'ont 
pas  —  et  il  est  bon  qu'ils  le  sachent  —  à  faire,  comme  les  Ecoles 
normales, des  observations  particulières,  continues  et  pour  ainsi 
dire  à  poste  fixe;  ils  ont  seulement  à  constater  l'arrivée,  la  fin  de 
l'orage,  son  intensité,  la  pluie  et  la  grêle  tombées,  l'intervention 
du  tonnerre  et  des  éclairs  dans  ces  bourrasques  ,  le  point  de 
l'horizon  d'où  elles  sont  venues,  celui  où  elles  vont. 
Une  réponse  succincte  aux  six  questions  posées  est  donc  suffi- 


—   153  — 

Saute;  quant  à  la  relation  des  dommages,  elle  doit  être  courte  et 
précise,  tout  en  restant  complète. 

S'il  est  important  de  nelaisser  passer  aucun  phénomène  météo- 
rologique digne  de  remarque  ,  'il  faut,  cependant ,  ne  s'occuper 
q.:<!  de  ceux  qui, par  leur  rareté  ou  leur  intensité  exceptionnelle, 
méritent  de  fixer  l'altcntion  publique,  et  Us  signaler,  dès  le  len- 
demain du  jour  où  ils  se  sont  produits  ,  par  l'envoi  de  deux 
bulletins  adressés  l'un  à  M.  le  Ministre  de  l'Instruction  publique 
et  l'autre  à  M.  l'Inspecteur  d'Académie.  Tout  retard  apporté  dans 
l'accomplissement  de  cette  formalité  peut  gêner  le  premier  tra- 
vail d'ensemble  fait  à  l'Ecole  normale  ,  et  en  compromettre 
l'exactitude. 

Souvent  les  tableaux  sont  dressés  par  MM.  les  instituteurs  eux- 
mêmes  d'après  le  modèle  qui  leur  a  été  envoyé. Il  serait  à  désirer 
que  chacun  fît  usage  des  cadres  imprimés  que  l'on  trouve 
aujourd'hui  chez  tous  les  principauxlibrairesdu  département  (1). 
Enfin,  chaque  bulletin  ne  doit  relater  qu'un  orage  pour  ne  pas 
donner  lieu  aux  erreurs  qui  pourraient  se  produire  lors  du 
dépouillement  général. 

La  mission  dont  sont  chargés  MM.  les  instituteurs  ,  n'est  point. 
on  le  voit  ,  au-dessus  de  leurs  forces  ;  seulement  ,  elle  exige  la 
plus  grande  régularité  pour  être  profitable.  —  Nous  sommes 
convaincus  que  tous  saisiront  avec  empressement  cette  nouvelle 
occasion  de  se  rendre  utiles  au  pays. 


FABTIS  nON-OFFICXELLIS. 

ÉDUCATIOIV  ET  E]\SEIGNE]V1EIVT. 


DES  INCONVENIENTS  DE  L'ARDOISE 

DANS    L'ENSEIGNEMENT     DE    L'ÉCRITURE. 

Lardoise  !  !  !  A  ce  mot  ,  je  sens  un  frisson  courir  dans  mes 
veines  ,  et  mes  cheveux  de  maître  se  lèveraient  encore  sur  ma 
tête  ,  si  elle  n'était  chauve  ,  au  souvenir  de  ce  que  les  ardoises 
m  'ont  fait  souffrir  dans  nsa  vie.  Permettez  -  moi  d'expliquer  les 
motifs  d'une  aversion  qui  a  le  droit  de  surprendre. 

Dans  une  commune  où  j'étais  instituteur, il  y  a  quelquesannées. 
existait  une  salle  d'asile  ,  et  la  directrice,  bonne  religieuse  très- 
zélée,  mais  Irès-peu  fo!  te  sur  les  principes  calligraphiques, n'ou- 
bliait pas  tous  les  jours  de  distribuer  le  carré  traditionnel  du 
schiste  de  l'Anjou  à  tous  ses  marmousets.   Alors  la  leçon  d'écri- 


(i)MM.  lesInsUtuleurssontprévenusqu'ils peuvent seprocurer,àlalibrairie 
classique  de  M.  VOLECK,  rue  du  Bourg,  15.  à  Laon,les  bulletins  nécessaires 
pour  constater  les  observations  niélôorologiques  faites  pnr  eux  dans  leur 
commune. 


—  154  — 

turc  commençait ,  et  pendant  une  grande  heure  le  matin ,  autant 
le  soir  ,  l'alphabet  français  subissait  bien  des  injures  ,  et  les 
pauvres  lettres  avaient  peine  à  se  reconnaître  dans  la  singulière 
tournure  qui  leur  était  donnée.  Qu'importe  la  position  du  corps, 
de  l'ardoise,  la  tenue  de  la  main,  il  s'agit  bien  de  cela,  ma  foi  ! 
la  fin  justifie  les  moyens.  —  Qu'importe  de  savoir  comment  se 
trace  un  a  ,  comment  se  forme  un  h,  lorsque  Va  et  le  b  apparais- 
sent à  peu  près  dans  la  forme  consacrée  par  l'usage  !  on  ne  com- 
pilait pas,  mais  on  écrivait.  ...  on  écrivait.  ...  on  écrivait. ...  et 
lorsque  l'aile  du  printemps  avait  touché  six  fois  la  tête  des 
aimables  bambins  ,  ils  m'arrivaient  sachant  écrire  —  et  la  Sœur 
me  disait  d'un  air  ravi  :  Eh  bien,  monsieur,  que  dites-vous  d'Au- 
guste, d'Achille  j  d'Emile  ?  ils  ont  de  grandes  dispositions  pour 
l'écriture  ,  n'est-ce  pas  ?  vous  allez  sans  doute  les  mettre  au  fui, 
ils  m'ont  écrit  sans  faute  ,  l'aiilre  jour  ,  Dica  ,  papa  et  )naman.  — 
Et  moi ,  quoiqu'ayant  toujours  fait  profession  de  douceur  et  de 
bienveillance,  si  ce  n'est  par  vertu,  au  moins  à  cause  de  l'adage  : 
On  prend  plus  de  niouclies  avec  du  miel  qu'avec  du  i-inaifjre,  je  sen- 
tais à  ces  paroles  l'impatience  me  gagner  ,  la  colère  me  monter 
au  cœur  ,  je  pestais  ,  je  rageais  et  murmurais  entre  mes  dents 
comme  les  deux  servantes  de  la  vieille  :  Maudite  ardoise.  ...  tu 
me  le  payeras. 

Ah  !  c'est  qu'en  effet  j'avais  lieu  de  craindre  ces  petits  prodiges 
en  écriture.  Qui  pourrait  redire  la  peine  que  j'avais  mille  fois 
éprouvée  pour  détruire  des  principes  faux  ,  combattre  de  mau- 
vaises habitudes  prises  et  donner  une  direction  nouvelle  !  On  le 
devine  ,  mes  élèves  quoique  sacJiant  écrire,  lorsque  je  leur  met- 
lais  pour  la  première  fois  un  cahier  et  un  porte-plume  devant 
eux, ne  se  doutaient  même  pas  de  la  manière  de  s'y  prendre  pour 
exécuter  une  lettre  :  ils  cambraient  la  main,  sériaient  les  doigts, 
tenaient  leur  porte-plume  comme  dans  un  étau,  et  le  bras  traçait 
l'hiéroglyphe.  Habitués  à  la  résistance  de  l'ardoise,  ils  me  déchi- 
raient, perçaient,  transperçaient  le  papier  de  part  en  part,  heu- 
reux quand  ,  après  de  longues  explications  ,  après  de  pénibles 
leçons  ,  je  parvenais  enfiiî  à  donner  un  peu  de  souplesse  à  la 
main  ,  un  peu  moins  de  raideur  aux  doigts  et  une  idée  juste  sur 
la  forme  des  lettres  et  la  manière  de  les  exécuter.  Mais  ,  grand 
Dieu  ,  que  de  tourments  pour  en  arriver  là  !  et  généralement . 
dans  ces  enfants  ,  l'écriture  se  ressentait  toujours  des  mauvais 
principes  qu'ils  avaient  reçus  et  laissait  beaucoup  à  désirer.  Il 
n'en  était  pas  de  même  des  élèves  qui  ne  passaient  point  par 
l'asile;  avec  eux  les  leçons  d'écriture  me  paraissaient  un  jeu. 

J'en  fis  un  jour  la  réllexion  à  la  directrice,  qui  parut  fort  élon* 
née;  elle  ne  comprenait i)as  comment  des  enfants  écrivant  depui 
trois  ans  avec  elle  pussent  ne  pas  réusnr  aussi  bieii  que  le^ 
autres.  .  .  J'expliquai  mes  raisons,  et  j'eus  le  bonheur  de  la  coq- 
vaincre.  —  Amusez  vos  bambins  ,  lui  disais-je,  5  tracer  d'une 
Miaiii  légèie  des  ronds,  des  carrés,  des  losanges,  des  triangles,  à 
faire  même  des  l)onshommes .  mais  de  grâce,  pas  de  lettres,  pas 
d'écriture. 

A  partir  de  ce  moment  les  élèves  de  la  salle  d'asile  devinrent 


—  485  — 

forts. .  .  sur  le  dessin,,  et  les  élèves  de  l'école  primaire  écrivirent 
comme  des  anges  ! 

Si  j'osais,  je  dirais mais  pourquoi  pas,  toutes  les  opinions 

consciencieuses  ne  sont-elles  pas  reçues  ici  ?  oui,  je  dirais  qu'il 
srr.'it  pent-être  à  souhaiter  quetoules  les  salles  d'asile  rayassent 
de  leur  programme  ce  qu'on  est  convenu  d'appeler  la  leçon 
liécritnre,  et  qu'elles  la  remplaçassent  par  un  exercice  d  amuse- 
ment quelconque  sur  l'ardoise.  Voyons,  est  il  possible  qu'une 
directrice  ,  chargée  de  100  ou  150  enfants  ,  puisse  donner  une 
!>onne  leçon  d'écriture,  c'est-à-dire  puisse  surveiller,  pour  cha- 
e  r.  d'eux  en  particulier,  la  pose  du  corps,  la  tenue  du  crayon,  le 
mouvement  des  coigts,  toutes  choses  de  la  dernière  importance? 
Evidemment  non  ;  alors  il  faut  forcément  que  l'enfant  soit  aban- 
donné à  lui-même  ;  —  or,  dans  l'écriture,  qui  est  une  science 
d'imitation  par  excellence  ,  c'est  ce  qui  peut  arriver  de  plus 
fâcheux  pour  les  progrès  de  l'enfant. 

Mais  les  moniteurs  ,  me  dira-t-on  ,  vous  les  oubliiez  ?  Cette 
objection  est  -  elle  séiieuse  ?  est-  ce  bien  un  grave  moniteur  de 
cinq  ans  qui  pourra  donner  un  exemple  ou  un  utile  conseil, lors- 
qu'un maître  lui-même  a  besoin  de  toute  son  activité,  de  toute  sa 
vigilance  pour  départir  fructueusement  les  premiers  principes 
d'écriture  à  dix  élèves  à  la  fois. 

Donc  ,  dans  l'intérêt  des  entants  d'abord  et  dans  celui  des 
instituteurs  ensuite,  les  ardoises  devraient  être  bannies  des  salles 
d'asile  pour  les  exercices  se  rapportant  à  l'enseignement  de 
l'écriture,  —  et  ce!a,  je  le  répète,  par  la  raison  qu'il  est  maté- 
riellement impossible  que  les  directrices  de  ces  établissements 
puissent  surveiller  convenablement  leurs  élèves  et  les  empêcher 
de  prendr.'î  des  habitudes  mauvaises  ,  des  principes  faux  ,  qu'il 
est  si  ditïîcile  ensuite  de  faire  passer.  Qui  ne  préférerait  ,  je  le 
demanda,  cultiver  un  terrain  nu  à  unsol  couvert  de  ronces  et 
d'éjiines  ? 

Dans  les  classes,  les  ardoises  rendent  service,  mais  d  la  condi- 
liu.i  ejyjresse  que  les  maîtres  surveillentles  exercices  avec  le  même 
soin  que  ceux  qui  se  font  sur  le  cahier  et  qu'ils  ne  s'en  servent 
que  pour  l'esquisse  des  lettres  .  jamais  pour  les  pleins.  Ce  cas 
e.vcepté  ,  l'emploi  des  Lirdoises  ,  à  mon  avis  ,  fait  plus  de  mal  «jue 
dr;  bien  et  est  plus  nuisible  qu'utile. 

CLARVILLE. 


FAITS  DIVERS. 

On  écrit  de  Guise  au  Journal  de  l'Aisne  : 
«  Dimanche  dernier  ,  surpris  par  l'orage  ,  je  m'arrêtais  à  Faly- 
Wiège  5  petit  village  situe  sur  les  bords  de  l'Oise  ,  à  quelques  kilo 
mètres  de  Guise.  La  curiosilé  meconduisità  l'église,  monument  de 
iiiJDCc  .ipparerce,  et  qui  est  loin  délaisser  soupçonner  le  trésor  qu'il 
icnCerme  ;  au  fond  d'une  cliaiîelle  apparaît  un  autel  d'une  grandi' 
rielicsse  artistique.  Cet  autel  ferait  l'envie  et  l'ornementation  de  bien 
des  collégiales  ;  c'est  un  des  rares  petits  chefs-d'oMivre  échappé  à  la 
dévastation  de   notre  révolution. 


—  486  — 

C'était  l'heure  des  vêpres  ;  bientôt  arriva  l'instituteur  suivi  d'une 
trentaine  d'enfants  des  deux  sexes,  de  l'âge  de  8  à  12  ans,  quelques- 
nns  portaient  des  cahiers  de  musique;  je  me  demandais  ce  que  le 
solfège  pouvait  avoir  de  commun  avec  ces  enfants  à  peine  sortis  de 
l'alphabet.  Je  fus  bientôt  émerveillé  en  entendant  plusieurs  motets 
enlevés  avec  une  précision  et  un  talent  dignes  des  orphéons  de  nos 
grandes  cités. 

Honneur  donc  à  ce  digne  instituteur  qui  sait  si  bien  remphr  sa 
double  mission  ;  puisse-t-il  trouver  parmi  ses  confrères  de  nombreux 
imitateurs  !  L'enfant  si  abandonné  dans  les  campagnes  trouverait 
dans  l'étude  de  la  musique  un  puissant  auxiliaire  pour  former  son 
cœur  et  ses  sentiments.  > 

—  Un  enfant  de  cinq  ans,  appartenant  au  sieur  Philibert  Caillet. 
manouvrier  àVendhuile,  tomba,  lundi  22,  vers  dix  heures  du  matin, 
dans  le  canal  ,  en  s'aventurant  sur  l'une  des  pièces  de  bois  ser- 
vant de  glissoire  aux  bateaux,  aux  abords  du  pont.  Heureusement, 
son  frère,  l'ayant  vu  disparaître ,  cria  au  secours.  Ses  cris  furent 
entendus  du  sieur  Roynel ,  Elyodore,  ouvrier  ferblantier  au  Càtelet, 
qui  se  trouvait  à  quelque  distance.  Se  jeter  à  l'eau  tout  habillé  ,  à 
l'endroit  indiqué  ,  (ut  pour  ce  dernier  l'affaire  d'un  instant.  Les 
premières  recherches  ne  réussirent  pas.  Encouragé  par  la  foule, 
Roynel  plonge  de  nouveau  ,  et  il  a  le  bonheur  de  le  saisir  et  do 
l'amener  sur  la  rive,  mais  hélas  !  sans  mouvement  et  sans  connais- 
sance; on  le  crut  mort.  Transporté  à  la  hâte  dans  la  maison  du  sieur 
Carré  ,  garde-magasin  ,  le  petit  noyé  reçut  les  soins  les  plus  em- 
pressés ;  les  frictions  continuelles,  les  insufflations,  tous  les  moyens 
possibles  furent  employés  pour  rétablir  la  circulation.  Après  dix 
minutes  d'anxieuse  attente  ,  on  remarqua  un  léger  mouvement  des 
paupières,  puis  un  léger  soupir.  L'enfant  était  sauvé.  Les  vomisse- 
ments commencèrent  ;  enveloppé  dans  une  couverture  de  laine, 
d'abondantes  sueurs  survinrent  ,  puis  un  accablement  et  un  engour- 
dissement de  quelques  heures.  Enfin  ,  on  lui  fit  prendre  quelques 
cuillerées  de  vin  généreux,  et  vers  le  soir  du  même  jour,  il  jouait  au 
cerceau  avec  ses  petits  camarades. 

[Journal  de  Saint-Quentin.) 

—  On  mande  de  Château-Thierry  : 

«  Un  petit  garçon  de  sept  ans  était  parvenu  ,  après  une  assez 
longue  course  ,  à  monter  derrière  une  voilure  qui  était  entrée 
dans  la  rue  d'Allemagne. 11  s'était  à  peine  cramponné  au  véhicule, 
qu'il  glissa  et  qu'une  de  ses  jambes  se  trouva  prise  entre  les 
jantes  de  la  roue  ;  celle-ci  continuant  à  tourner,  eut  bientôt  arra- 
ché littéralement  la  jambe.  Des  passants  ,  attirés  par  les  cris 
plaintifs  de  l'enfant  ,  accoururent  et  parvinrent  à  arrêter  la  voi- 
lure. On  prodigua  au  petit  imprudent  tous  les  soins  nécessaires, 
mais  en  vain.  Il  expira  après  avoir  murmuré  ces  mots  :  Mov 
père,    ma  mire.  » 

—  Un  accident,  presque  unique  dans  son  genre,  vient  d'avoir 
lieu  boiilovar  I  du  Temple,  à  Paris,  dans  les  circonstances  sui- 
vantes : 

Un  jeune  garçon  do  dix  ans  ,  nommé  Edmond  S...,  jouait  avec 
son  frère  ,  âgé  de;  onze  ans  ,  et  voulut  lui  donner  une  une  tape. 
Celui-ci, voyant  venir  le  coup,  se  baissa  subitement,  de  sorte  que 


~  457  - 

la  main  lancée  frappa  dans  le  vide.  L'impulsion  donnée  entraîna 
en  avant  et  fit  tomber  le  jeune  Edmond  d'une  façon  si  déplorable 
qu'il  eut  les  deux  jambes  brisées  ,  et  que,  malgré  les  soins  du 
médecin  .  il  succomba  le  lendemain  à  la  fièvre  qui  l'avait 
saisi. 


NÉCROLOGIE. 
On  nous  écrit  : 

Le  mardi  9  mai  dernier  ,  les  instituteurs  du  canton  de  La  Fère 
assistaient  à  une  triste  cérémonie  :  ils  conduisaient  au  champ  du 
repos  M.  Jean-Baptiste-Louis  Prévieuœ,  ancien  instituteur  com- 
munal de  La  Fère  ,  et  médaillé  de  Ste-Hélène  ,  décédé  à  l'âge  de 
70  ans. 

Ces  maîtres  de  l'enfance ,  avertis  la  veille  ,  s'étaient  empressés 
de  venir  rendre  les  derniers  devoirs  à  leur  ancien  collègue. 

Le  corps  tut  porté,  par  quatre  d'entre  eux,  de  la  maison  du 
défunt  à  l'église. 

Les  coins  du  poêle  étaient  tenus  par  des  médaillés  de  Sainte- 
Hélène. 

A  droite  et  à  gauche  du  cercueil  marchaient  les  élèves  de 
l'école  de  la  ville. 

la  messe  fut  célébrée  par  M.  l'abbé  Detz  ,  curé-doyen  de  La 
Fère ,  délégué  cantonal ,  assisté  de  MM.  les  curés  de  Travecy  et 
de  Beautor. 

Le  lutrin  était  occupé  par  MM.  Philippot,  instituteur  de  Mayot, 
et  Cornille,  instituteur  de  Travecy.  Le  petit  orgue  était  tenu  par 
M.  Gain,  instituteur  de  Danizy.  Tous  les  assistants  ont  remarqué 
la  justesse  et  l'ensemble  du  chant  et  de  l'accompagnement. 

Au  cimetière  ,  après  les  prières  de  l'Eglise  ,  M.  Hurillon  , 
successeur  immédiat  du  défunt,  a  pris  la  parole  et  s'est  exprimé 
en  ces  termes  : 

Permettez-moi ,  Messieurs,  de  vous  dire  quelques  mots  touchant  l'homme 
do  bien  que  nous  venons  de  conduire  à  sa  dernière  demeure. 

M.  Prévieux  ,  né  à  Auxonne  ,  en  1793 ,  est  entré  de  bonne  heure  dans  la 
carrière  militaire  :  il  choisit  le  corps  de  l'artillerie  ,  pour  lequel  il  avait 
une  prédilectioB  particulière  ,  et  où  son  père  était  occupé  en  qualité  d'ou- 
vrier d  éiat.  Il  servit  dans  cette  arme  pendant  neuf  ans,  et  en  sortit  avec  le 
grade  de  sergent-major. 

On  était  alors  en  1821.  Plusieurs  régiments  furent  licenciés.  M.  Prévieux, 
qui  était  en  garnison  à  La  Fère  ,  se  retira  ,  et  peu  de  temps  après  il  alla 
exercer  la  profession  de  comptable  dans  une  usine  des  environs  de  cette 
ville. 

Plus  tard  ,  en  1829  ,  il  obtenait  le  brevet  de  capacité  de  2»  degré  ,  et 
remplaçait  M.  Girouard,  dans  les  fonctions  d'instituteur  communal,  à  La 
Fère. 

A  la  tête  d'une  classe  nombreuse,  et  seul  pour  la  diriger,  il  sut,  pendant 
trenle-et-un  ans  ,  s'attirer  l'estime  des  pères  do  famille  ,  en  même  temps 
que  la  confiance  des  autorités  civiles  et  religieuses  de  cette  localité. 

Fatigué  ,  et  déjà  miné  par  la  maladie  ,  il  résigna  ses  fonctions  en  1861  , 
pour  prendre  le  repos  qui  lui  était  si  nécessaire.  11  espérait,  disait-il, 
passer  encore  une  dizaine  d'années  auprès  de  son  épouse  ;  mais  Dieu,  dont 


—  458  — 

le?  desseiaMonl  impénétrables ,  en  avait  décidé  autrement.  M.  Prévieux 
maria  sa  (ille  unique  l'année  dernière.  Hélas  !  i!  ne  devait  plus  la  voir  lonj,'- 
temps.  La  maladie  fit  Je  grands  progrès,  et  la  cruelle  mort  s'attacha  à  lui 
pour  en  faire  bientôt  une  victime. 

En  lui  disparait  encore  un  membre  de  celte  noble  et  glorieuse  phalange 
des  médaillés  de  S;iinte  -  Hélène  ,  dont  les  rangs  sont  déjà  trop 
éclaircis 

Adieu  M.  Prévieux  !  Puissent  ce  faible  hommage  rendu  à  voire  mémoire, 
et  la  présence  de  vos  anciens  collègues  accourus  ici  pour  vous  rendre  les 
derniers  devoirs,  apporter  quelque  adoucissement  à  la  douleur  de  votre 
veuve  et  de  vos  enfants. 

Encore  une  fois  adieu  ! 


On  nous  écrit  : 

L  j  mort  vient  encore  de  frapper  un  instituteur,  M.  Fîpvez  , 
Charles,  né  à  Ly-Fontaine  (Moy)  le  30  janvier  1822. 

Après  un  début  comme  instituteur  libre  à  Fiavy-le-Martel ,  M. 
Fiévez  fut  nommé  instituteur  public  àRemigny  ,  puis  à  Séry-lès- 
Mézières.  —  C'est  dans  cette  commune  qu'il  eut  le  malheur  de 
perdri'  sa  femme,  il  y  a  près  de  deux  ans. Le  profond  chagrin  que 
lui  causa  une  perte  si  crueHe  ,  les  fatigues  de  sa  position  occa- 
sionnèrent ou  au  moins  développèrent  la  maladie  qui  ,  depuis  ce 
moment,  le  mina  lentement. 

M.  Piévez  était  installé  à  llamégicourt  depuis  quelques  jours 
seulement  lorsque  ,  le  17  de  ce  mois  ,  il  fut  atteint  d'une  hémor- 
ragie qui  l'enleva  en  une  demi-heure.  Il  laisse  un  fils  de  14 
ans. 

Le  corps  de  M.  Fiévez  fut  transporté  à  Ly-Fontaine  ,  chez  ses 
vieux  parents. 

Une  foule  nombreuse  assistait  à  l'inhumation  qui  eut  lieu  le 
19.  Parmi  les  personnes  présente.^,je  dois  vous  citei  :  M.  le  maire 
et  M  le  curé  d'Hamégicourt  ,  MM.  les  curés  d'Essigny-le-Grand 
et  de  Lappion  ,  ainsi  que  les  instituteurs  dont  les  noms  suivent  : 
MM.  Toupignon,  de  Ly-Fontaine;  Dupont,  de  Ribemont;  Mailly,de 
Sery  ;  Guvillier,  de  Moy  ;  Delaidde,  de  Brissy;  Warluzel,  de  Bris.- 
say-Ghoigny;  Callay,  de  Gibercourt  ;  Geoffroy,  de  Berthenirourt; 
Dieuloî,  d'inacourt,  et  Soye,  de  Benay. 

M.  Dupont,  ami  intime  du  défunt, avait  été  désigné  pour  retra- 
cer ses  services  ;  la  vive  émotion  qu'il  éprouvait  l'a  empêché 
d'accepier  cette  mission.  M.  Cuvillier  a  bien  voulu  le  remplacer, 
et  par  (juelqnes  mots  partis  du  cœur  ,  il  a  montré  le  zèle  ,  le 
dévouement  de  cet  insliluteur  ,  frappé  au  milieu  de  ses  élèves  et 
que  la  maladie  n'avait  pu  arrêter. 

Le  lendemain  ^0  ,  les  instituteurs  des  cantons  de  Moy  ,  Ribe- 
mont et  StUuentiu,  étaient  réunis  en  conférence.  M.  l'Inspecteur 
a  ouvert  la  séance  en  disant  combien  il  regrettait  la  mort  de  M. 
Fiévez.  11  a  parlé  surtout  des  sentiments  délicats  et  élevés  qu'il 
avait  trouvés  chez  ce  digne  instituteur. 


—  489  — 
EXERCICES. 

SUJETS  DE  COiïIPOSlTIOX 

donnés  uiid:  c.Laiiiena  pour  h-  brevet  de  capacité 
DANS  LE  DÉPARTEMENT  DU  BAS-RHIN  {V<>  session  1865» 


COIRS    ELEMENTAIRE. 
Dictée. 

LA     lAlVIITÏE. 

Le  triste  hiver,  saison  de  mort,  est  le  temps  du  sommeil,  ou  plutôt  de  la 
torpeur  de  la  nature;  les  insectes  sai  s  vie,  les  reptiles  sans  mouvement,  les 
végétaux  sans  verdure  et  sans  accroisicnient  ,  tous  les  luibitanls  de  l'air 
détruits  ou  relégués ,  ceux  des  eaux  renfermés  dans  des  prisons  de  glace  , 
et  la  plupart  des  animaux  terrestres  confinés  dans  les  cavernes  ,  les  antres 
et  les  terriers,  tout  nous  présente  les  images  de  la  langueur  et  de  la  dépo- 
pulation; mais  le  retour  des  oiseaux  au  printemps  est  le  premier  signal  et 
la  douce  annonce  du  réveil  de  la  nature  vivante;  et  les  feuillages  renaissants 
et  les  bocages  revêtus  de  leur  nouvelle  parure,  sembleraient  moins  frais  el 
moins  touclianls  sans  les  nouveaux  hôtes  qui  viennent  les  animer. 

De  ces  hôies  des  bois ,  les  tauvettes  sont  les  plus  nombreuses  comme  les 
plus  aimables;  vives,  agil-^s,  légères  et  sans  cesse  remuées,  lous  leurs  mou- 
vements ont  l'air  du  sentiment ,  et  tous  leurs  accents  le  ton  de  la  joie.  Ces 
jolis  oiseaux  arrivent  au  moment  où  les  arbres  développent  leurs  feuilles  et 
commencent  à  laisser  épa  louir  leurs  fleurs;  ils  se  dispersent  dans  toute 
l'étendue  de  nos  campagnes  :  les  uns  viennent  habiter  nos  jardins,  d'autres 
préfèrent.  les  avenues  et  les  bosquets;  plusieurs  espèces  s'enfoncent  dans  les 
grands  bois  et  quelques-unes  se  cachent  au  milieu  des  roseaux.  Ainsi  l«s 
fauvettes  remplissent  tous  les  lieux  de  la  terre  et  les  animent  par  les  mou- 
vements et  les  accents  de  leur  tendre  gaîté.  Leur  voix  est  facile  ,  pure  et 
légère  ,  et  leur  chant  s'exprime  par  une  suite  de  modulations  pi^u  ttendues, 
mais  agréables,  flexibles  et  nuancées.  Buffon. 

style: 

Dans  une  note  à  sou  adjointe,  une  institutrice  indique  ce  qu'il  faut  ensei- 
gner sur  la  manière  do  faire  une  lettre,  c'est-à-dire  sur  la  manière  delà 
dater,  de  h  commencer,  démettre  le  salut  final,  l'adresse,  etc. 

On  n'a  pas  à  parler  des  qualités  du  style  épistolaire. 

Aritliiuéti4|ue. 

On  a  acheté  16  stères  de  bois  à  brûler  au  prix  de  13  fr.  25  le  stère.  On 
trouve  en  le  mesurant  qu'un  tiers  des  bûches  n'a  que  O^.GS  de  longueur,  et 
que  les  autres  tiers  ont  {""js.  On  demande  un  règlement  de  compte  le  plus 
simple  possible. 

Comment  calcule-t-on  mentalement  le  prix  de  290  grammes  de  laine  à 
tapisserie  au  prix  de  29  fr.  50  le  kilogramme  ? 

MATIÈRES  F.ACULTATIVES. 

l'remières  années  du  règn*»  de  Louis  XIV  jusqu'au  ministère  de  Colbert, 

Rendre  compte  de  l'inégalité  de  longueur  des  jours  entre  deux  points 
situés  sur  les  mêmes  méridiens;  en  faire  l'application  approximative  à  Prades 
et  à  Dunkerque. 

.\lodes  d'éclairage. 

Illstoifc  naturelle. 

Phénomènes  de  la  respiration. 

Dessin. 

La  surface  d'un  dessin  de  broderie  est  trop  considérable  ;  comment  peut- 
on  le  copier  en  réduisant  la  surface  à  la  moitié  de  celle  du  d'essiu 
donné  ? 


—  4M  — 

LE  TABAC   iNUIT   A   L'INTELLIGENCE. 

Les  chitïres  suivants  montrent  à  quel  rang  les  fumeurs  ont 
figuré  dans  les  classements  par  ordre  de  mérite  qui  ont  lieu  trois 
fois  l'an  à  l'Ecole  polytechnique  :  Sur  les  160  élèves  de  la  pro- 
motion 1855-56  qu'on  a  pu  soumettre  à  cette  enquête,  il  y  avait 
102  fumeurs.  Parmi  les  élèves  qui  ont  obtenu  aux  examens  les 
vingt  premièresplaces,  il  y  avait  5  à  8  fumeurs  ;  parmi  ceux  qui 
ont  obtenu  de  la  vingtième  à  la  quarantième  place,  il  y  avait  de 
9  à  12  fumeurs  ;  de  40  à  60,  12  à  13  fumeurs  ;  de  60  à  80,  12  à 
16;  de  80  à  100,  11  à  14;  de  100  à  120,  15  à  17  ;  de  120  à  140, 
13  à  16  ;  de  140  à  160,  16  ;  c'est-à-dire  que  le  nombre  des  fu- 
meurs s'accroît  progressivement  à. mesure  que  le  classement  est 
plus  défavorable. 

Ainsi,  voilà  des  jeunes  gens  qui  se  sont  livrés  à  trois  luttes 
successives,  trois  luttes  acharnées,  car  leur  avenir  en  dépendait, 
et  d'ailleurs,  quand  on  a  sous  1rs  yeux  le  mt)uvement  nomina- 
tif, on  voit  que  la  mêlée  a  été  complète,  que  les  uns  sont  des- 
cendus, les  autres  sont  remontés;  aucun  n'a  gardéle  même  rang; 
peu  sont  restés  dans  leursérie,  et  pourtant  la  même  distribution 
des  fumeurs  se  fait  toujours  remarquer.  Tandis  que  dans  la  pre- 
mière série,  à  peine  un  tiers  ou  un  quart  des  élèves  sont  adon- 
nés au  tabac,  dans  les  dernières,  il  y  en  a  les  trois  quarts  ;  dans 
la  dernière,  les  quatre  cinquième. 

L'intelligence  et  le  tabac  sont  donc  inconciliables. On  le  présu- 
mait bien  :  comme  toutes  les  vérités,  celle-ci  était  sentie  avant 
d'êtreprouvée.Maisladémonstrationprécédente  résout  toutes  les 
objections,  lève  tous  les  doutes.  Les  fumeurs  sont  maintenant 
avertis.  S'ils  veulent  êtredignesdu  nom  de  créature  intelligente, 
ils  savent  ce  qu'ils  ont  à  faire.  Si  au  contraire,  ce  qui  est  fort 
probable, ils  préfèrent  s'abrutir,  le  moj^en  est  entre  leurs  mains, 
et  il  est  commode  autant  qu'infaillible,  car  on  le  débite  à  tous 
les  coins  de  rue.  [Gazette  médicale  de  Lyon.) 


AVIS. 

Nous  prévenons  MM.  les  Instituteurs  qui  ne  nous  ont  point  encore  soldé 
l'année  1865  ,  que  nous  avons  disposé  sur  eux ,  il  y  a  deux  jours,  du  mon- 
tant de  leur  abonnement,  auquel  nous  avons  ajouté  0  fr.  75  pour  frais  de 
recouvrement.  Nous  espérons  que  tous  feront  honneur  à  la  traite  qui  leur 
sera  présentée. 

Si ,  par  hasard ,  quelques-uns  de  nos  lecteurs ,  quoique  ayant  payé  entre 
les  mains  d'un  libraire  ou  de  toute  autre  personne  ,  venaient  à  recevoir  une 
traite,  nous  les  supplions  de  vouloir  bien  l'accepter.  Sur  leur  récUmatioii, 
nous  leur  enverrons  immédiatement  le  montantdece  qu'ils  auront  déboursé, 
tout  en  leur  tenant  compte  de  l'aflranchissement  de  leur  lettre.  Par  ce 
moyen,  ils  nous  épargneront  dos  frais  inutiles  de  retour,  frais  toujours  très- 
élevés. 

Les  Gérants,  t).  DE  GoûUET  et  Stenger. 


Lmb,  —  Inpriatrit  H.  •■  C«t(iT  «t  tTiii«ia, 


U«  Année.  %<'  il.  i5  Juin  1805 


BULLETIN 

DE  L'INSTRUCTION  PRIMAÎRE 

POUR  LE  DÉPARTEMENT  DE  L'AISNE, 

PvvV)\\t  sovis  \ts  ttu%ç\c«s 

de  vu    Gastaing,  Préfet  de  l'Aisne, 

OUlcier  de  la  Légiou  -  d'Honneur, 

Officiel^  cle  1'Instru.ction.  pvibliqiie. 

Paraissant  le    fa  et  le  30  de   chaque  mois. 

PAETIE  Of" FECIKIXF.  —  L'enseignement  primaire  pciidant  l'année  1863, 
rapport  à  l'Empereur  par  M.  le  Ministre  de  l'Instruction  publique  (suite  et 
fin).  —  Projet  de  loi  relatif  à  l'erganisation  de  l'enseignement  primaire 
spécial.  —  Circulaire  de  S.  Exe.  M.  le  Ministre  de  l'Instruction  publique  aux 
Uecteurs,  relative  à  la  méthode  de  dessin  de  M""^  Cave.  —  Mouvement  du 
personnel.  —  Fixation  des  examens  des  aspirants  et  des  aspirantes  au  bre- 
vet de  capacité. 

PARTIE  T%"OX.OFFICiELLE.  -  EDUCATION  ET  ENSEIGNEMENT.  —  Com- 
mission d'examen  de  l'Aisne  :  Corrigés  du  sujet  de  Style  et  du  Problème 
d'Arpeulage.  —  Sujets  de  composition  donnés  aux  examens  de  la  Moselle 
(l^*  session  de  1865). —  Les  observations  météorologiques  et  le  département 
de  l'Aisne. 


PARTIE  OrriCIEËLE. 

L'Eûseignem^kt  primaire  pendant  l'année  1863. 


RAPPORT  A  L'EMPEREUR 

PAR     M.     IK    MIMSTKE    DE    l'iNSTRUCTION    PUBIIQUï. 

(Suite  et  fin.) 

XÏV. 

Elat  (le  ropiiiidn. 

Ainsi  ,  en  20  années,  les  religieux  ont  plus  que  doublé  le  nom- 
bre de  leurs  écoles  et  celui  de  leurs  élèves  :  ils  ont  ron(|iiis  près 
d'un  million  d'enfants  (903,757) .  si  bien  que  le  rapport  eulre  le 


—  162  — 

nombre  des  enfants  élevés  par  les  congréganisles  et  celui  des 
enfants  élevés  par  les  laïques  a  changé.  En  1843  ,  les  congréga- 
nistes  avaient  moins  du  quart  de  la  population  scolaire,  ou  2-2  p. 
100.  ils  ont  aujourd'hui  plus  du  tiers  ,  ou  37  p.  lO'J.  C'est  une 
augmentation  à  leur  profit  de  15  p.  iO'\ 

l)''ù  vient  ce  progi  es  considérable  ?  Du  zèle  sans  doute  dos 
religieux  ,  bien  que  leurs  écoles,  maigre  de  véritables  succès  en 
de  certains  lieux  et  pour  de  C(  rtaines  p  irlies  de  l'enseignement  , 
n'aieni  pas  encore  pu  prendre,  dans  l'ensemble  des  résultats,  le 
premier  rang.  Il  vient  surtout  de  la  gratuité,  qui,  dans  les  petites 
localités,  ne  permet  pas  à  une  école,  où  les  nécessiteux  sont  for- 
cés de  payer,  de  vivre  à  côté  de  celle  où  on  ne  leur  demande 
rien. 

Aussi,  pour  rétablir  l'équilibre,  essaya-t-on,  dès  l'année  18-j3. 
d'obliger  les  Frères  des  Ecoles  chrétiennes  à  renoncer  au  prin- 
cipe de  leurs  statuts. 

Après  de  longs  et  vifs  débats  dans  le  sein  de  la  congrégation  , 
les  Frèies  se  résignèrent  ,  en  janvier  1863  ,  à  reconnaître  aux 
conseils  municipaux  qui  leur  assuraient  un  traitement  flxe  le 
droit  de  percevoir  la  rétribution  scolaire  pour  le  compte  de  la 
commune. 

Maigre  cette  pression  énergique  ,  les  écoles  publiques  de 
Frères  ont  encore  près  de  trois  fois  plus  d'élèves  gratuits 
que  les  écoles  laïques  correspondantes  :  73  p.  100  a»»  lieu  de 
3'i  p.  100. 

Leur  exemple  doit  servir  de  leçon. 

XY. 

De  la  demi-gratuité. 

Faut-il  se  contenter  de  la  demi-gratuité  ,  afin  de  faire  dispa- 
raître l'objection  qu  il  est  déraisonnable  d'exempter  de  l'injpôt 
scolaire  ceux  qi.i  sont  en  état  de  le  payer  ? 

D'abord  ,  pour  échapper  aux  embarras  que  présente  toujours 
une  classification  officielle  de  citoyens  en  riches  et  besogneux,  il 
est  Lien  difficile  de  trouver  un  critérium  certain.  Sérail -ce 
l'exemption  accordée  à  ceux  qui  ne  p  iyeraient  que  3  ou  5  IVancs 
d'impôt"/  ofr. n'ont  pas  la  même  valeur  dans  loutts  lescoinmunes 
de  France,  dans  Seine-et-Oise  et  dans  les  Hautes-Alpes;  cl,  entre 
deux  hommes  qui  paient  ."i  fr.  de  contribution. 1  un  avec  uu  enf;fnt, 
l'autre  avec  six  ,  celui-là  sans  famille  et  celui-ci  avec  de  vieux 
parents  à  sa  charge  ,  la  dillérence  est  grande.  Elle  ne  l'est  pas 
moins  entre  le  paysan  qui  a  acheté  en  empruntant  à  6  ou  8  p. 
100  quelques  perches  de  terres  pour  lesquelles  il  donne  a  fr.  au 
percepteur, et  l'ouvrier  agricole  ou  urbain, le  contre-maître  d'une 
usine  qui,  avec  sa  paye  de  4,  6.  8  ou  10  fr.  par  jour,  su  hèle  des 
rentes  et  ne  contribue  aux  charges  publiques  que  par  les  imjiôts 
de  consommation. 

Ensuite  ,  lorsque  par  cette  gratuité  élargie  on  aura  réduit  le 
chiffre  des  élèves  payants  à  un  très-petit  nombre  de  familles  aisées, 
ou  aura  augmenté  la  dépense  à  faire  pour  les  écoles  et,  en  même 
temps  ,  ou  se  sera  ôté  le  droit ,  moralement,  d'ajouter,  pour  ces 


~  i6P.  — 

fiimillrs,  à  l'impôt  scolaire  laissée  à  leur  charge,  l'impôt  propor- 
tionnel (jnMl  laiulra  leur  demancler,cl'iine  manièreoti  d'iineautre, 
pour  payer  soit  l;i  totalité,  soil  un;^  partie  de  la  contribution  sco- 
laire déclarés  ci^ratuits. 

Comme  le  disait  récemment  le  n)aire  d'une  ville  où  la  rélriln- 
tion  scolaire  maintenue  à  côté  de  la  gratuité,  pour  les  indigents, 
ne  donne  qu'un  produit  misérable  :  Pour  rlir  (je  né  roux  cl  libéral, 
j'aimorah  viteii.r  Vèlre  loui-à  fait. 

Il  y  a  peu  de  jours  le  Conseil  municipal  de  Toulon  a  voté  ,  a 
lUinanimili'  ,  le  rétablissement  de  la  gratuité  absolue  ,  abolie  en 
ISGI  daas  les  écoles  communales  ,  par  la  triple  raison  qu'il  est 
impossible  de  dresser  exactement  la  liste  des  élèves  gratiuls;  que 
beaucoup  de  ceux  qui  ont  été  inscrits  comme  payants  ne  peuvent 
réellement  point  payer  ;  qu'enfin  la  contVction  des  listes,  la  déli- 
vrance des  billets  d'admission  ,  stirtout  la  mise  en  recouvrement 
de  la  rétribution,  les  avertissements  mu-îtipliés,  l'examen  des  ré- 
damations, etc., exigent  un  travail  très-compliqué  et  très-pénible, 
qui  est  bien  loin  de  compenser  le  faible  revenu  versé  de  ce  chef 
à  la  caisse  municipale  (1). 

A  Napoléon-Vendée  ,  à  Sotteville  ,  à  Valence  (2) ,  à  Sl-Fargeau, 

t1)  Sur  les  5,802  francs  à  percevoir  pour  les  trois  p'-eniiers  trimestrps  de 
ISGi,  il  esi  pnrorc  dû  à  la  caisse  nuinicipale  :2,206  francs  |iar32.j  pères  de 
fiimillt^ ,  et  la  piupnri  de  ceux  qui  ont  payé  n'ont  cédé  qu'à  la  menace  des 
poursuites. 

(Rapport  du  Maire  de  Toulon.) 

(2'  A  Valence  ,  où  deux  évéques  ,  .Vik""  de  Milon  et  M?''  de  Grave  ,  avaient 
.'onde  des  écoles  gratuites  ,  le  régime  de  la  rétribution  fut  substitué  ,  en 
•J86I,  à  celui  delà  gratuité  absolue.  L'expérience  faite  en  1862  ne  fut  pas 
favorable 

Une  délibération  du  Conseil  municipal  constata  que  la  rétribution  se  per- 
cevait difficilement  ,  que  les  réclamations  étaient  Irés-vives  et  très-nom- 
breuses; que  la  dislincîion  entre  riches  et  pauvres  était  presque  impossible 
à  établir. 

Le  MaTe  écrivit  au  Préfet  le  29  sepfembre  1862  : 

«  Le  mécontentement  public  se  manifeste  et  raniuencc  à  la  mairie  de 
contribuables  a\anlreçu  des  sommauons  sans  frais  et  puis  desbullctins  de 
garnison  collective  sans  que  la  plupart  aient  chez  eux  tme  feuille  de  p-ipier 
où  ils  sachent  écrire  leurs  réclamations,  me  prouve  que  nous  nous  sommes 
mépris  sur  le  degré  d'aisance  de  nos  concitoyens.  .  .  » 

A  la  suite  de  cette  lettre ,  la  question  fut  de  nouveau  posée  au  Conseil 
municipal. 

La  Commission  cons'ata  que  la  rétribution  scolaire  avait  fait  sortir  environ 
300  élèves  des  écoles  ,  et  ajouta  ■ 

«  Ceux  qui  cesseront  de  venir  à  l'école  ,  ce  seront  ces  enfants  dont  les 
parents  ne  peuvent  être  réputés  indigents,  principalement  de  la  campagne, 
ou  les  enfants  de  ces  honnêtes  ouvriers  qui  gagnent  laborieusement  leur  vie 
et  ne  voudraient  pas  accepler  un  bienfait  â  titre  d'aumône.  Certes,  ce  résul- 
tat est  aussi  fâcheux  que  regrettable.  . . 

'En  liiéorie,ii  semble  que  la  lélribution  fait  mieux  apprécier  le  mérite  de 
l'enseignement  et  que  les  parents  sont  d'autant  plus  intéressés  à  en  faire 
profiler  leurs  entants  qu'ils  paient  pour  le  leur  procurer. 

I  En  pratique,  du  moins  le  fait  vient  de  nous  le  prouver,  les  enfants  seront 
retenus  chez  eux,  soit  par  l'impossibilité  où  se  trouvent  les  parents  de  faic" 
ee  sacrifice,  soit  par  un  mauvais  vouloir  cl  un  calcul  égoïste  dont  il  y  a  pin  s 


-  \6i  - 

en  benucoup  d'autres  lieux,  nêmes  réclamations,  même  réforme 
radicale. 

Et  l'on  a  raison  d'agir  ainsi.  La  loi  économique  est  la  même 
partout.  Abaissez  les  prix  ,  la  consommation  sera  plus  grande. 
Mais  ,  en  f  :it  d'instruction  ,  consommer  c'est  produire. 

C'est  en  hislntisant  le  pays  ,  disait  récemment  un  ministre 
autrichien,  M.  de  '^chmerimg,  c'est  en  instruisant  le  pays  qu'on  le 
rendra  fort. 

Apprenons  leur  à  lire  ,  et  il  ne  restera  plus,  pour  obtenir  des 
merveilles, qu'à  mettre  des  livres  utiles  et  bons  dans  les  mains  de 
ces  millions  de  lecteurs. 

Apprenons-leur  à  compter,  et  ils  sauront  bien  vite  calculer  ce 
que  coûte  une  révolution. 

Ouvrons  leur  esprit, et  ils  reconnaîtront  qu'une  société  comme 
la  nôtre  est  l'organisme  le  plus  délicat,  mais  aussi  le  plus  redou- 
table ,  que  lorsque  le  travail  s'y  produit  avec  une  le  le  activité  , 
c'est  la  machine  à  vapeur  lancée  à  toute  vitesse, dévorant  l'espace, 
emportantavecelle  des  multitudes  infiuiesd'hommes  etde  choses, 
les  conduisant  à  bien  si  la  route  est  unie  et  sûre  ,  les  menant  à 
l'abîme  ,  à  la  mort ,  si  un  obstacle  se  rencontre  qui  produise  un 
arrêt  soudain. 

Sire  , 

Un  grand  mouvement  entraîne  l'humanité  à  la  domination  du 
monde  matériel  par  la  science  et  à  la  conquête  du  bien-être  par 
la  richesse. 

Les  nations  se  précipitent  à  l'envi  dans  celte  lutte  où  l'esprit 
est  l'arme  lapins  sûre.  Il  ne  faut  pas  que  la  France  habituée  à 
marcher  à  leur  têto  ,  se  contente  de  les  suivre  dans  l'arène  nou- 
velle. Elle  doit  les  y  précéder  encore,  non  pkis  seulement  par  ce 
qui  était  autrefois  la  mesure  des  nations  ,  par  le  génie  de  ses 
grands  hommes  ,  mais  par  ce  qui  est  devenu  le  niveau  où  se 
marquent  la  force  et  la  grandeur  des  peuples  ,  par  Tintelligence 
et  la  moralité  de  ses  classes  laborieuses. 

Une  société  est  une  imuK^ise  pyramide  ,  plus  la  base  en  sera 
large,  élevée  et  solide,  plus  les  assises  intermédiaires  seront 
assurées  et  fortes  ,  plus  haut  aussi  la  tête  montera  dans  la 
lumière. 

En  résumé  , 

Je  crois.  Sire,  que  pour  répondre  aux  mémorables  paroles  du 
discours  impérial  du  lo  février  ,  j'ai  le  devoir   de   proposer  à 


d'un  exemple.  ;  celte  classe  intermédiaire  de  la  société,  à  laquelle  la  pre- 
mière éducation  est  si  utile,  si  précieuse,  en  demeurera  privée  ,  et  nous  ne 
verrons  plus  nos  jeunes  élèves  devenir  ,  comme  autrefois  ,  les  teneurs  d.^ 
livres  de  leur  famille  ,  les  correspondants  de  parents  illettrés,  et  les  aides 
utiles  de  leur  commerce  et  de  leur  industrie. 

•Telle  ne  pouvait  être  évidemment  l'intention  du  légi.vlateur, encore  moins 
celle  des  fonctionnaires  qui  ont  recommandé  celle  m(;sure  ;  telle  ne  serait 
pas  la  nôtre  :  nous  ne  voudrions  pas  arrêter  dans  noire  population  cet 
essor  vers  le  progrès,  dont  uous  nous  sommes  si  souvent  applaudis.  * 


—  465  — 

Votre  Majesté  de  reconnaître  et  d'appliquer  les  principes  sui- 
vants : 

1°  L'instruction  populaire  est  un  grand  service  public  ; 

2"  Ce  service  doit  ,  comrpf^  tous  ceux  qui  profitent  à  la  com- 
munauté, être  payé  par  la  cuinuuinaulé  tout,  entière  ; 

3"  Le  droit  de  suffrage  a  pour  (;orrolaire  le  devoir  d'instruction, 
et  tout  citoypn  doit  savoir  lire  comme  il  doit  porter  les  armes  et 
payer  l'impôt. 

Mais  comme  Votre  Majesté  tient  à  cet  autre  grand  pri;  cipe  de 
faire  l  éducation  du  pays  par  le  pays  lui-même,  il  y  aurait  lieu  de 
donner  aux  conseils  municipaux  le  droit  de  voter  la  mise  à  exé- 
cution de  la  loi  nouvelle,  en  promettant  l'assistance  de  l'Etat  aux 
communes  qui  accepteraient  la  réforme  et  à  qui  les  ressources 
feraient  défaut  pour  l'accomplir. 

Je  suis,  Sire,  avec  le  plus  profond  respect, 

De  Votre  Majesté  , 

Le  très-humble,  très-obéissant  serviteur  et  fidèle  sujet, 

V.  DURUY. 


PROJET  DE  LOI 

RELATIF     A    l'ORGAMISATION    DE 

L'ENSEIGNEMENT  PR5MAIRE  SPÉCIAL. 

Art.  1er.  —  L'enseignement  secondaire  spécial  comprend  :  l'instruction 
morale  et  religieuse  ;  la  langue  et  Ja  littérature  françaises  ;  l'iiistoire  et  la 
géographie;  les  mathématiques  appliquées  ;  la  physique,  la  mécanique,  la 
chimifî ,  l'histoire  naturelle  et  leurs  a[)plicalions  à  l'agriculture  et  à  l'indus- 
trie; le  dessin  linéaire,  la  comptabilité  et  la  tenue  des  livres. 

Il  peu*  comprendre  en  outre  :  une  ou  plusieurs  langues  vivantes  étran- 
gères  ;  des  notions  usuelles  de  l'^gislalion  et  d'économie  industrielle  et 
rurale  et  d'hygiène  ;  le  dessin  d'ornement  et  le  dessin  d'imitation  ;  la  mu- 
sique vocale  et  la  gymnastique. 

Art.  2.  —  Dans  les  communes  qui  en  font  la  demande  ,  les  co'léges  com- 
munaux peuvent  èire  organisés  en  vue  de  ctt  enseignement,  après  avis  du 
conseil  académique. 

Art.  3. —  Il  est  constitué  un  conseil  de  perfectionnement  près  de  chacun 
des  établissements  dépendant  du  ministère  de  l'instruction  publique,  où  est 
donné  l'enseignement  spécial. 

Art.  4.  —  A  la  lin  des  cours ,  les  élèves  sont  admis  à  subir ,  devant  un 
jury  dont  les  membres  sont  nommés  par  le  Ministre  de  l'instruction 
publique  ,  un  examen  à  la  suite  duquel  ils  obtiennent  ,  s'il  y  a  lieu  ,  un 
diplôme. 

Les  élèves  de  l'enseignement  libre  peuvent  se  présenter  devant  le  jury  et 
obtenir  le  même  diplôme. 

Art.  5.  —  La  composition  du  conseil  de  perfectionnement  ,  celle  des 
jurys  et  les  conditions  d'(!\amen  sont  réglés  par  des  arrêtés  délibérés  en 
conseil  impérial  de  l'instruction  publique. 

Nul  n'est  admis  A  subir  cet  examen  avant  l'âge  de  18  an.s. 

La  condition  de  stage  prescrite  par  l'art.  60'  de  la  loi  du  15  murs  1850 
u'est  pas  exigible. 


—  1G6  ~ 

Art.  7. —  Les  établisseinenls  libres  jouissent,  pour  renseignement  secon- 
daire spécial,  du  bénéfice  de  Tart.  69  de  la  loi  du  15  mars  ISoO. 

Art  8.  —  Les  dispositions  de  la  préserve  loi  ne  l'ont  pas  obstacle  à  ce 
f[ue  les  cliels  ou  directeurs  d'établissements  d'instruction  primaire  fondés 
en  exécution  de  la  loi  du  28  juin  1833  surrinstruclion  primaire  et  celle  du 
15  mars  1850  sur  l'enseignement  continuent  à  donner  l'instruction  primaire, 
prévue  par  ces  deux  lois. 

Art.  9.  —  A  daier  de  la  promulgation  de  la  présente  loi,  l'enseignement 
primaire  peut  comprendre  ,  outre  les  maiières  déterminées  par  le  §  2  de 
l'art.  23  de  la  loi  du  15  mars  1850,  le  dessin  d'ornement ,  le  dessin  d'imi- 
tation ,  les  langues  vivantes  étrangères ,  la  tenue  des  livres  et  les  élémenl^ 
de  géométrie. 


Vii'cttfitia^e  tittae  Recteurn 

RELATIVE  A  LA  MÉTHODE  DE  DESSIN  DE  M">^  CAVE. 

Paris,  le  9  n)ai  18'  5. 
MoNsiELR  i.E  Recteur  , 

Au  mois  de  juin  1861  ,  une  commission  lut  chargée  d'examiner  la  mé- 
thode de  dessin  de  Mme  Cave. 

Cette  commission  déclara  ,  par  l'organe  de  M.  Eugène  Delacroix  ,  son 
rapporteur,  (jue  les  principes  de  la  méthode  qui  lui  avait  été  soumise 
étaient  utiles  ,  et  ([u'il  y  avait  lieu  d'eu  recommander  l'applica- 
tion. 

A  la  suite  de  ce  rapport,  mon  prédécesseur  prescrivit  l'expérimentation 
de  la  méthode  de  Mme  Gavé  dans  les  écoles  normales  primaires  de  l'Aca- 
démie ae  Caen  ti  de  l'.Académie  de  Douai  ,  et,  plus  tard,  à  l'Ecole  normale 
de  Chartres.   Partout  l'expérience  a  réussi. 

Les  directeurs  dos  divers  établissements  qui  ont  été  autorisés  à  faire 
l'essai  provisoire  de  celle  méthode  s'accordent  à  reconnaître  que  l'applica- 
tion en  est  extrêmement  facile  ;  qu'elle  présente  un  réel  intérêt  pour  les 
élèves,  et  que  le  est  propre  à  exercer  l'œil  et  la  main,  à  donner  du  goût,  de 
la  promptitude  et  ce  la  MJreté  dans  l'exécution. 

Les  résultats  les  plus  satisfaisants  oui  aussi  été  obtenus  dans  plusieurs 
écoles  communales  de  la  vile  de  Paris. 

Je  n'hésite  donc  pas  ,  monsieur  le  recteur,  au  moment  où  l'on  se  pré- 
occupe ,  à  juste  titre  ,  des  moyens  de  populariser  l'enseignement  du  dessin 
et  de  lavoriser  ses  progrès  ,  à  vous  signaler  la  méthode  de  Mme  Cave  ,  et  je 
vous  ai.itorise  à  en  recommander  ladoption  aux  directeurs  des  écoles  nor- 
males de  votre  ressort. 

Recevez  ,  etc. 

Le  Ministre  de  l'Instruction  publique  . 

V.  DliRLY. 


MOIVEMLVT  Dl  PERSONNEL. 

Par  arrêté  de  M.  le  Préfet ,   rendu  sur  la   proposition  de  .M. 
riiispecteur  d'Académie  , 

M"«  Leduc  ,  Julie  -  Ilufiine  ,    est  chargée   de  la  direclioii  de 
l'école  de  La  V  lamangrie  ,   pendant  la  durée  du  congé  accorde  a 

.M"^-  Gallrlet. 


—   167   — 

Préfecture  de  l'Aisne. 

INSTPTJCTION    PRIMAIRE. 

2    SESSION  DE  1865. 

Examen  des  aÊf)iraiiis  et  des  af<pirantes  au  Brevet  de  capacité,  et 
des  aspirantes  au  certificat  d'aptitude  pour  les  fonctions  de 
directrice  de  Salle  d'asile. 

Le  Préfet  de  TAisne ,  Officier  de  l'Ordre  impérial  de  la  Légion- 
d'IIonneur, 

Vu  les   lois  et   règlements  concernant  l'instruction  primaire  ; 
vSur  le  rapport  de  M.  l'Inspecteur  d'Académie  ; 

Arrête  : 

Art.  l".  —  La  Commission  établie  dans  le  département  de 
l'Aisne  pour  examiner  les  aspirants  et  les  aspirantes  au  brevet  de 
capacité  pour  l'instruction  primaire,  ouvrira  sa  deuxième  ses- 
sion de  l'année  1865,  le  Jeudi  W  Juillet  prochain,  à  huit  heures 
du  mat'U,    à  Laon,    dans  une  des  salles  de  la  Préfecture. 

L'ordre   des   examens  est    réglé   ainsi  qu'd  suit  : 

Jeudi  20  Juillet,  à  8  heures  du  matin  ,  examen  des  aspirants 
(Les  séances  seront  publiques). 

Lundi  24  Juillet ,  examen  des  aLipivànies»  (Les  séances  ne  seront 
pas  publiques! . 

Art.  2.  —  Les  aspirants  et  les  aspirantes  devront  se  faire  ins- 
crire au  Secrétariat  de  l'Inspection  académique,  un  mois  avant 
l'ouverture  de  la  session.   —    Ils  devront  produire  : 

l»  Leur  acte  de  naissance  constatant  qu'ils  ont  18  ans 
accomplis  ; 

2»  La  déclaration  qu'ils  ne  se  sont  présentés  devant  aucune 
Commission  d'examen  dans  l'intervalle  des  quatre  mois  qui  pré- 
cèdent la  session  ; 

3"  L'indication  ,  s'il  y  a  lieu  ,  de  celles  des  matières  comprises 
dans  la  deuxième  partie  de  l'article  23  de  la  loi  du  io  mars 
1850    sur  lesquelles   ils  désirent  êlre   interrogés  ; 

¥  Une  déclaration  écrite  indiquant  la  religion  à  laquelle  ils 
appartiennent. 

Leur  signature  sur  ces  Irois  dernières  pièces,  doit  être  léga- 
lisée par  le  maire  delà  commune  où  ils  résident. 

Les  candidats  déjà  pourvus  d'un  brevet  de  capacité  ne  seront 
admis  à  subir  un  nouvel  examen  que  sur  l'ensemble  des 
matières  facultatives  comprises  dans  la  2'"  partie  de  lart.  23  de 
la  loi  du  15  mars  1850.  Aux  pièces  ci  -  dessus  indiquées 
ils  joindront  leur  brevet  de  capacité. 

L'examen  des  aspirantes  au  certificat  d'aptitude  pour  la 
direclion  des  salles  d'asile,  aura  lieu  \^^  27  Juillet.  Elles  de- 
vront se  faire  inseiire  également  un  mois  avant  l'oiiverliiie  de  la 
session  et  déposer  entre  les  mains  de  l  Inspecteur  d  Acadé- 
mie : 

4»  Leur  acte  de  naissance  constatant  qu'elles  ont  vingt-et-un 
ans  révolus  ; 


—  ifis  - 

2»  Des  certificats  attestant  leur  nioralilé  et  indiquant  les  lieux 
où  elles  ont  résidé  et  les  occupations  auxquelles  elles  se  sont 
livrées  depuis  cinq  ans  au  moins; 

3°  Une  déclaration  indiquant  la  religion  à  laquelle  elles  appar- 
tiennent. 

Les  signatures  des  aspirantes  sur  ces  deux  dernières  pièces 
seront  légalisées. 

Fait  à  Laon,  le  l*-'' juin  1865. 

Le  Préfet  de  l'Aisne  , 


Pour  anipliation  : 

L'Inspecteur  d'Académie  , 

i.  CALISTI. 


G.  CÀSTAING. 


PAHTIS  NOI^-OFFIGIELLE. 

ÉDUCATION  ET  El^SEIGMEmEIV'T. 


Commission  d'Instruction  primaire  de  l'Aisne. 

fe  SESSION  DE  1865. 


SUJET  DE  STYLE. 

Dans  une  lettre  à  iine  daiue  qui  l'a  protcgpe  defiuis  son  en''8ncp,  une  jeune  institutrice  a 
semblé  se  plaindre  des  difficultés  attaclu'es  aux  fondions  auxquelles  el^e  s'est  vouée  volon- 
(aireiueut  ;  sa  prottclrice  lui  répond  pour  l'encourager  ,  et  lui  faire  comprendre  qu'elle 
doit  accepter  ,  en  esprit  (Je  résignation  ,  les  assujettissements  de  sou  état. 

Ma  chère  Amie  , 

En  naissant, nous  sommes  condamnés  à  la  souffrance  physique 
et  à  la  peine  morale.  C'est  une  loi  de  notre  nature  à  laquelle 
personne  ne  saurait  échapper.  La  fortune,  e  rang,  les  honneurs, 
les  dignités  n'atténuent  en  rien  l'inflexible  nécessité  qui  nous 
fait  rencontrer  partout  des  obstacles,  que  notre  imagination  se 
plaît  encore  à  grossir  ;  nous  exagérons  tout  ce  qui  nous  est 
personnel  :  seuls  nous  souffrons  ,  la  félicité  est  pour  les 
autres 

V^ous  savez  combien  je  vous  aime  ,  ma  chère  amie.  Je  ne  vou- 
drais point  augmenter  votre  découragement.  Je  viens  ,  au  con- 
traire ,  faire  appel  à  votre  raison. 

Par  votre  éducation  ,  vous  vous  êtes  élevée  au  dessus  de  votre 
condition.  Vos  parents,  sans  fortune  ,  se  sont  imposé  pour  vous 
de  grands  sacrifices  ;  et  ils  ont  été  assez  piiidnils  et  assez  sages 
pour  vous  laisser  le  libre  choix  d'une  pîofes>>ion.  Il  y  en  a  p(ui,il 
est  vrai ,  qui  conviennent  aux  femmes.  Toutefois  celles  qui  sont 
courageuses  trouvent  toujours  à  s'occuper  et  à  vivre  de  leur 
travail.  Vos  tbnclions  sont  des  plus  utles  et  des  plus 
honorables. 

Vous  m'avez  souvent  demandé  des  conseils.  Tout  en  applau- 
dissant à  votre  vocation  naissante, je  me  suis  gardé  d'exercer  8ur 
vous  la  moindre  influence;  j'ai  voulu  imiter  la,circonspeclion  de 
vos  parents.  Je  vous  ai  seulement,  autant  qu'il  était  en  moi,  fait 


—  169  — 

connaître  les  obligations  que  vous  auriez  à  i emplir.  La  haute 
idée  que  j'ai  de  l'éducation  des  hommes  en  généiai,  et  de 
celle  des  femmes  en  particulier ,  m'imposait  une  réserve 
absolue. 

C'est  donc  librement  et  volontairement  que  vous  vous  êtes 
engagée  dans  une  carrière  qu'il  vous  seuible  maintenant  ditficile 
de  parcourir.  Quand  vous  étiez  en  pension,  vous  auriez  pu  me- 
surer l'étendue  des  peines  que  vous  et  vos  compagnes  donniez 
à  vos  maîtresses,  et  reconnaître  la  grandeur  de  leur  dévouement 
pour  leurs  élèves.  Est-ce  que  plus  d  une  fois  vous  n'avez  pas  été 
témoin  ,  de  la  part  de  vos  compagnes  ,  d'actes  regrettables  qui 
prennent  leur  source  au  moins  dans  une  grande  légèreté  ?  Vous 
avez  vu  quelle  patience  on  opposait  toujours  à  ces  écarts.  Vous 
auriez  dû  alors  ouvrir  les  yeux  et  ne  point  vous  laisser  aller  à 
des  illusions  irréfléchies  qui  pourraient  avoir  des  conséquences 
graves  pour  votre  avenir. 

Mais  fort  heureusement ,  ma  chère  amie  ,  vous  vous  exagérez 
les  dilllcultés.  Vous  êtes  sans  expérience  et  vous  ne  pouvez  point 
encore  les  ramener  à  des  limites  raisonnables.  Peut  -  être  vous 
eussent-elles  moins  affectée  si  vous  leur  aviez  opposé  une  plus 
sérieuse  réflexion  ,  ou  si  vous  aviez  consulté  plus  tôt  des  per- 
sonnes sages.  11  est  d'ailleurs  une  vérité  dont  vous  devez  vous 
pénétrer,  c'est  que  les  débuts  ,  dans  une  carrière  ,  sont  toujours 
pénibles. 

Je  vous  fais  volontiers  la  concession  que  vous  n'avez  pas  choisi 
la  plus  facile  des  professions  ,  que  l'enseignement  offre  des  con- 
trariétés de  toutes  sortes,  contre  lesquelles  il  faut  s'armer  cons- 
tamment de  sages  et  délicates  précautions.  On  n'y  a  pas  toujours 
ses  aises.  Former  l'intelligence  et  le  c<i'ur  des  enfants,  c'est  la 
plus  haute  charge  qu'il  soit  donné  de  remplir  ;  en  faire  des 
femmes  telles  que  la  société  les  réclame, est  une  œuvreàlaquelle 
tout  le  monde  ne  peut  pas  concourir.  Plus  l'objet  de  notre  mis- 
sion est  élevé,  plus  il  faut  de  zèle,  de  dévouement  ft  d'abnéga- 
tion. B  aucoup  voudraient  que  les  enfants  eussent  une  perfection 
qui  n'est  point  de  leur  âge.  J'avoue  que  ce  serait  plus  avantageux 
pour  les  institutrices,  mais  où  serait  leur  mérite?  en  quoi  serait 
utile  leur  intervention  dans  l'éducation  proprement  dite  ?  Tous 
les  vœux  que  vous  feriez  à  cet  égard,  ma  chère  enfant,  seraient 
superflus  ;  ce  seraient  des  rêves  chimériques  ,  ce  serait  un 
idéalisme  impossible. 

Ce  que,  par  devoir  et  par  raison,  vous  devez  faire  ,  c'est 
d'accepter  franchement,  sans  arrière-pensées,  les  épreuves  que 
vous  rencontrez  et  que  vous  rencontrerez  souvent  dans  le  cours 
de  votre  vie.  La  résignation  est  la  vertu  des  âmes  religieuses  et 
désintéressées  ;  elle  adoucit  les  peines  et  change  en  profit  les 
amertumes  de  ce  monde.  F-a  résignation  c'est  la  confiance  en  un 
Dieu  juste  et  bon  ,  rémunérateur  suprême  de  nos  actes  accom- 
plis selon  ses  providentielles  intentions  ;  la  résignation  ,  c'est  le 
changement  des  larmes  mêmes  en  une  jouissance  calme  et  silen- 
cieuse ,  qui  s'introduit  gouite  à  goutte  dans  un  cœur  généreux 
comme  une  douce  et  consolante  ros^'e. 

Craignez  aussi  l'inconstance.   Ce  défaut .   si  répandu  dans  le 


—  170  — 

monde  ,  consiste  à  ne  s'attacher  à  rien  et  à  rechercher  partout 
un  bonheur  sans  fondement.  La  vertu  opposée  est  la  persévé- 
rance. 

C'est,  selon  Marmontel, une  stabilité  perpétuelle  dans  des  réso- 
lutions mûrement  réfléchies  qu'on  n'a  prises  qu'après  avoir  tout 
prévu  et  tout  consulté. 

Eh  qiioi  !  vous  n'avez  point  encore  semé  et  vous  voulez  avoir 
le  bénéfice  d'une  moisson  abondante  !  Vos  meilleures  résolutions 
s'évanouissent  devant  quelques  obstacles  aussi  légers  (|u'ephé- 
mères  !  Croyez  -  moi  ,  votre  découragement  n'a  point  de  motifs 
sérieux.  Les  enfants  dont  vous  vous  plaignez  n'ont  point  eu  le 
temps  de  vous  connaître  ni  de  vous  aimer  ,  et  vous  n'avez  point 
eu  celui  de  les  former  aux  bonnes  habitudes,  de  faire  leur  édu- 
cation. Les  parents  n'ont  pu  ,  jusqu'à  présent,  apprécier  voire 
zèle,  votre  capacité  ni  votre  dévouement.  Vous  n'avez  pu  encore 
inspirer  un  attachement  que  ceitainement  vous  mériterez  un 
jour,  mais  qui  ne  saurait  être  assis  solidement  que  sur  la  durée 
de  vos  services. Vous  voudriez  la  récompense  de  vos  elfoi'ts  avant 
le  trava  1  !  Ce  n'est  point  ainsi  que  les  choses  se  passent  dans  le 
monde  matériel,  ni  dans  le  monde  moia! ,  et  je  ne  puis  que  vous 
répéter  ce  proverbe  bien  connu  :  Tuiit  vient  u  temps  â  qui  sait 
attendre. 

Vos  fonc'ions  sont  assujétissantes.c'est  vrai;  quelles  sont  celles 
qui  ne  réclament  point  de  ceux  qui  les  remplissent  convenable- 
ment la  plénitude  de  leurs  facultés  ?  Jetez  un  regaid  autour  de 
vous  et  voyez.  C'est  une  mère  de  famille  qui  se  livre  à  l'extérieur 
aux  travaux  les  plus  pénibles  et  àl  intérieuraux  soins  impérieux 
et  incessants  que  réclament  ses  enfants;  c'est  une  femme  qui 
s'est  arrachée  aux  joies  de  la  famille  ,  pour  soulager  les  malades 
et  consoler  les  infirmes.  11  y  aurait  bien  d'aiitres  points  de  com- 
paraison; mais  à  quoi  bon  ?  vous  m'avez  comprise. 

11  me  semble  vous  entendre,  ma  chère  amie,  donner  au  milieu 
des  enfants  que  la  f*rovidence  vous  a  confiées  des  encourage- 
ments et  des  conseils  dont  vous-même  auriez  besoin.  Dans 
l'occasion,  vous  direz  à  une  jeune  tille  ,  sur  le  point  de  vous 
quitter  ,  que  bien  des  peines  l'atlendent  dans  la  s'ic  ,  et  qu'elle 
doit  se  fortifier  contre  les  épreuves;  que  les  soidfraures  ont  sou- 
vent leurs  compensations  ,  qu'elles  élèvent  l'ànie  et  l'épurent  , 
tandis  qu'un  bonheur  constant,  s  il  était  possible,  ne  ferait  que 
l'énerver  ;  ([ue  c'est  au  creuset  de  l'adversité  que  se  forment  les 
grands  cara(;ières;  (jue,  parles  luttes  courageusement  soutenues, 
nous  accomplissons  ici-bas  nos  destinées  providentielles  ,  (pii 
seules  peuvent  assurer  le  bonhiuir.  Vous  remplirez  alors  un 
devoir  de  votre  position  ;  mais  il  y  aurait  une  sorte  d'inconsé- 
(juence  à  ne  point  en  faire  votre  profit. 

Quand  il  vous  sera  d')nné  de  voir  le  bien  qui  se  produit  par 
vous;  (piand  vous  verrez  vos  jeunes  enfants  profiter  de  vos  sages 
et  intelligentes  leçons;  (piand,n)algré  votre  joiiiuï  âge,  vous  aurez 
mérité  le  titre  de  mère  de  vos  élèves  ;  (pjaud  une  population 
entière  reconnaîtra  les  services  que  vousaurez  rendusaux  familles 
et  à  la  société,  en  vous  entourant  d'tme  affection  vraie,  respec- 
tueuse et  légitime  ,  vos  préjugé,  se  dissiperont  ,  vous  oublierez 


—  171  — 

bien  des  peines  .  et  vous  supporterez  celles  qui  vous  altendent 
eiicoie,  avec  la  résignation  qui  n'auiait  jumais  dû  vous  abandon- 
ner. Dans  la  vie  les  compensations  sont  qnekiuet'ois  tardives  ,  il 
faut  savoii  les  ittendie  patiemment. 

iMetiezdonc  votre  confiance  en  Dicuet  demandez  lui  les  forces, 
le  courage  et  les  vertus  nécessaires  à  l'accomplisseuienl  d'une 
mission  si  in)portante.  Quand  le  triste  découragement  entreia 
dans  votre  cœnr  ,  élevez  votre  ànie  veis  les  sp!eudeurs  célestes  , 
et  dites  avec  l'Apùtre  des  rations  :  Par  moi-même  je  ne  puis  rien, 
mais  je  pais  iaut  par  Celui  qui  me  fortifie.  Lisez  et  i"elisez  l'excel- 
lent livre  de  M"c  Sauvan  qui  a  sacrifié  tout  son  temps  et  même 
sa  \ie  à  l;i  cause  de  l'éducation  populaire  ;  lisez  aussi  celui  du 
baron  de  Géi'ando  ;  il  s'adiesse,  il  e^t  vrai,  îjUX  inslitiiteurs,  mais 
wne  institutrice  peut  en  faire  son  profit  :  elley  puisera  à  chaque 
page  ,  quand  elle  se  sentira  défaillir  ,  les  forces  qui  lui  seront 
toujours  nécessaires. 

Adieu,  ma  chère  amie  ,  jespère  recevoir  prochainement  de 
vous  une  lettre  plus  en  ra|)port  avec  les  seniiments  que  vous 
m'exprimiez  autrefois. 


Recevez,  etc. 


A.   roUCHER. 


PK(.HiL£ME  D'AKPENTAGE. 

Deux  terrains  horizontaux  ,  dont  la  ditrérence  de  niveau  est 
3™, 48,  sont  reliés  par  un  talus.  Les  deux  lignes  horizontales  AH 
et  CD  qui  limitent  ce  talus  ont  chacune  39,^56    de  longueur  ; 

l'échelle   de    pente  °!'|  de  3  sur  2,  et  on  veut  le  ramener  à  la 

pente  de  1  sur  1  ,  en  conservant  la  ligne  AB  pour  la  ligne  de 
naissance.  Trouver  en  mètres  cubes  la  quantité  de  terre  à 
enlever  ? 

1"  SOLUTION. 

Le  volume  de  terre  à  enlever  est  celui  d'mi  prisme  droit  BDMAÇK  ,  ayant 
H9n',SG  de  liauieur  et  pour  base  le  iriaugle  BDM, 

Calculons  la  surface  du  triangle  BDM  ,  dont  la  base  est  DM  et  la  b;<uteur  DF 
ou  MN. 

mp  5 

Or  l'échelle  de  pente  ,   ou  plutôt  la  penle ^=  — 

Bp  2 
Oei  a  alors                BF           Bp 

DF  mp 

D'OU                         DF  X  Bp  3,48  X  2 

BF  =z =:: =  2,3-2 

mp  3 

Mais  BN  =r  MN  =  DF  =  3,48  {  puisqHC  la  pente  est  -7-);  et  DM  —  BN 
-   BF  =  3,48  -  2,32  =  I.IG. 
Donc  la  surface  du  triangle  BDM  est  t 

!,16  X  3,48 


_  17-2  — 

Et  par  sull8 ,    le  volume  de  terre  à  enlever  • 
1,16   X   3,48 

X  39,56  =  :9™c,  847904 

1 


2»  SOLUTION. 
Les  lignes  DD  et  BM    étant    les    hypoténuses   de  deux  tri:tngles  rec'angles 
dont  les  côtés  de  l'angle  droit  sont  connus  ou  peuvent  être  d<^terminés,  on  en 
obtient  facilement  les  valeurs  numériques. 

On  trouve  BD  =  4"'182  et  BM  —  4"',921 
On  posst^de  alors  les  données  nécessnires  pour  évaluer  la  surface  du  Iriang'e 
B!)M,  f-n  fonction  des  3  côtés,  à  l'aide  de  la  formule  • 


%  =    y     p  (V-a)   (p-bj   (p-c) 
formule  dans  laquelle  p  est  le  demi  périmé  re;  a,  b  et  c,  les  côtés. 

Multipliant  la  surface  trouvée  2mc,0184,  par  la  hauteur  du  prisme,  on  a  79">c,832 
à  !  décimètre  cube  par  excès. 

.V  SOLUTION. 
Le  volume  V  de  terre  à  enlever    est    évidemment  égU   au    volume  v   du 
prisme  droit  quadrangulaire  BDMNACKK'    moins   celui  («')    du   prisme    droit 
triangulaire  BMNAKK'. 

3,48  +  1,16 

Or  v  = X  3,48  X  39  56  =  519"s391616 

2 

a 

Et    r'    =n     31^8   X  39,56  —  239n=s5437i2 

Donc  le  volume  ^"  de  terre  à  enlever  e$l  79'»«,8177904. 

Cette  question  peut  encore  être  traitée  très-facilement  par  la  trigonomé- 
trie ;  mais  nous  croyons  inutile  d'indiquer  ici  cette  solution  qui  exige  des 
connaissances  tout-à-fait  en  dehors  du  programme  de  l'instruction  pri- 
maire. 


Nota.—  Lr»  différence  entre  le  résultat  de  la  2'  solution  et  celui  de  la  première 
et  de  la  troisième,  provient  des  quanùtés  négligées  en  chenhant  BD  et  RM.— 
Nous  pouvons  dire  dès  lors,  et  sans  erreur  sensible,  que  le  volume  des  déblais 
sera  environ  80'"c. 


SUJETS  DE  CO.TIPOSITIOI^' 

donnes  aux  examens  pour  le  brevet  de  raparite 
DAxNS  LE  DÉPARTEMENT  DE  LA  MOSELLE  (  K*  session  1865) 


Aspiranis. 

COIRS    lil>l5MEÎNTAIRIi. 
Dictée. 


Que  la  Providence  est  admiiable  d'avoir  enfermé, par  exemple, 
dans  les  œuCs  dont  écloseiit  les  poulets  tout  ee  qu'il  leur  faut 
pour  les  faire  ('roilre  et  nxMiie  j)oni-  les  nourrir  les  premiers  jours 
qu'ils  sont  éclos  !  car,  couiiuc  ils  ne  savent  point  encore  manger 


—  473  — 

et  qu'ils  laissent  retomber  ce  qu'ils  becquettent  ;  le  jaune  de 
l'œut,  dont  il  n'y  a  pas  la  moitié  de  consommé,  et  qui  reste  dans 
leur  estomac  ,  les  nourrit  et  les  fortifie.  Mais  cette  même  Provi- 
dence paraît  encore  plus  dans  les  œufs  négligés  que  les  insectes 
répandent  partout. 

Il  faut  que  la  poule  couve  elle-même  ses  œufs, ou  que  l'indus- 
trie des  hommes  vienne  au  secours  ;  mais  sans  que  les  feuls  des 
insectes  soient  couvés,  ils  ne  laissent  pas  d'éclorebeureusenient. 
Le  soleil,  par  sa  chaleur  ,  les  anime  ,  pour  ainsi  dire  ,  à  dévorei" 
leur  nourriture  en  même  temps  qu'il  leur  en  prépare  de  nou- 
velle ;  et  dès  que  les  vers  ont  rompu  leur  prison  ,  ils  se  trouvent 
dans  l'abondance  ,  au  milieu  de  jeunes  bourgeons  ou  de  teuilles 
tendres  proportionnées  à  leurs  besoins.  L'insecte  dont  ils  tirent 
leur  naissance  a  eu  soin  de  les  placer  dans  un  endroit 
propice  et  a  laissé  le  reste  à  l'ordre  plus  général  de  la 
Providence. 

Tel  pond  ses  œufs  sous  une  feuille  repliée  et  attachée  à  la 
branche,  de  peur  qu'elle  ne  tombe  en  hiver  ;  celui-ci  les  colle  en 
lieu  sijr,  proche  de  leur  nourriture  ;  un  autre  les  va  cacher  dans 
le  sable  et  à  couvert  de  la  pluie,  la  plupart  les  répandent  dans  les 
eaux.  En  un  moi,  ils  les  placent  tous  dans  des  lit-ux  oîi  rien  ne 
doit  leur  manquer.  Je  suis  vrainient  confondu  d'étonnement  et 
d'admiration  envoyantde  quels  merveilleux  instincts  font  en  cela 
preuve  tous  ces  êtres  si  bornés  ,  si  chétifs  et  dont  la  vie  est  eu 
général  si  éphémère. 

Mailebranche. 

Aritlimétiqne. 

t.  Un  capitaliste  place  les  4/o  de  ses  fonds  à  5  p.  0/0  et  l'autre 
4/S  à  4  p.  0/i».Au  bout  de  l'année  il  retire,  tant  capital  qu'intérêt, 
une  somme  de  12,445  Ir. 

Quel  capital  a-:-il  placé  ? 

2.  Une  prairie  arlificielle  dont  la  superficie  est  de  2  hect.  70  a 
donné  ,  en  deux  coupes,  82,020  kilog.  de  fourrage  vert,  qui  a 
produit  pour  1,744  fr.  20  de  foin  sec. 

Sachant  que  le  fourrage  vert  perd  les  7/9  de  son  poids  ,  en 
passant  à  l'état  de  foin  sec, et  que  la  botte  de  foin  pèse  10  kilog., 
on  demande  le  prix  de  50  bottes  et  le  nombre  de  bottes  fournies 
par  un  are  ? 

Style: 

Un  instituteur  répondant  à  un  de  ses  amis  qui  vient  de  quitter 
l'enseignement  pour  entrer  dans  une  carrière  industrielle,  lui  fait 
connaître  les  motifs  qui  l'attachent  à  ses  fonctions  et  qui  le  déter- 
minent à  ne  pas  suivre  son  exemple. 

MATIÈRES   FACULTATIVES. 

Arithmétiqne. 

Une  rivière  a  9'", 50  de  large. 

On  tend  d'une  rive  à  l'autre  une  corde  divisée  en   10   parties 
égales  par  des  nœuds. 
Au-dessous  de  chaque  nœud  on  mesure  la  profondeur   de  la 


~  HA  — 
riviero  et  I  on  trouve  :  l">ii4,  2'i»4G.  ^'«"o,  .4"*48,  ■4'»97,  i-^Sy,  a^Sâ, 

Puis  on  place  sur  l'eau  un  flotteur  qui  est  entraîné  par  le  cou- 
rant à  8'",50  en  une  minute. 

On  demande  la  valeur  approchée  de  la  dépense  de  la  rivière 
par  minute  ? 

Histoire. 

Principaux  événements  du  Consulat, 

Géographie. 

Départements  compris  dans  le  bassin  de  la  Loire.  —  Affluents 
qu'elle  reçoit.  — Villes  qu'elle  traverse. 

Indiquer  brièvement  la  roule  à  suivre  pour  aller  de  Paris  à 
Alger,  par  terre. 

Sciences  physiques  et  naturelles. 

1.  Quelle  est  la  pression  supportée  par  le  corps  humain ,  dont 
la  surface  est  de  1"!  q,  50,  lorsque  la  hauteur  du  baromètre  est 
O'i^,7a0. —  La  densité  du  mercure  est  de  13, .598. 

Dire  ce  qui  fait  résistance  à  cette  pres-ion  —  Qu'arrive -t-il 
quand  la  pression  atmosphérique  diminue  beaucoup  ? 

2.  Phénomène  de  la  respiration  chez  l'homme.—  En  expliquer 
le  jeu  et  les  effets. 

Agriculture. 

En  quoi  consiste  le  drainage  ?  —  Ses  effets.  —  Terrains  où  il 
faut  l'opérer. 

Industrie. 

Donner  une  idée  de  la  fabrication  du  verre. —  Substances  em- 
ployées. 

Hjgîène. 

Boissons  alcooliques.  — Leurs  effets. 

Arpentage. 

Prolongement  d'une  droite  au-delà  d'un  obstacle  qui  arrête  ia 
vue.  —  Quel  est  le  procédé  préférable  ? 

IVIvelIciuent. 

Qu'appelle-t-on  courbes  de  niveaux  ?  —  Comment  les  trace-t- 
on ? 

Dessin. 

Inscrire  dans  un  cercle  un  octogone  régulier  —  Tncer  une 
ellipse. 


-  17.-)  — 

BREVET  ÉLÉMENTAIRE. 
Dictée. 

L'un  des  animaux  do  la  campagne  qui  rapportent  le  plus  ci  qui 
coûtent  le  moins  .  c'est  le  lajjin.  Il  faut  regretter  de  ne  plus  voir 
ces  garennes  qui  n'occupaient  (pi'iin  terrain  peu  étendu  ,  et  qui 
fournissaient  en  abondiiuce, outre  le  revenu  du  bois,  ces  animaux 
dont  la  chair  est  saine  et  nourrissante  ,  dont  la  peau  sert  à  la 
fabrication  des  gants  et  de  la  colle  ,  dont  la  fourrure  ,  ainsi  que 
celle  du  lièvre,  entre  dans  le  feutre  de  nos  chapeaux. 

les  clapiers ,  qui  dans  toutes  les  fermes  remplacent  les 
garennes,  sont  loin  de  présenter  les  mêmes  avantages  On  nomme 
iclapiei's  ces  tonneaux, ces  caisses  à  jnur  dans  lesquels  sont  nour- 
ris les  lapins  domestiques,  dont  la  chair  ne  prend  jamais  le  goût 
délicat  de  celle  du  lapin  de  garenne.  Quels  que  soient  l'étendue 
qu'on  donne  aux  clapiers  et  l'art  avec  lequel  on  les  dispose  ,  le 
nombfcdes  lapins  qui  y  sont  nourris  est  bien  faible  si  on  le  com- 
pare à  celui  que  présente  en  peu  d'années  une  bonne  garenne  ; 
les  lapins  s'y  comptent  par  milliers. 

Le  pelage  du  lapin  est  doux  et  épais;  sa  couleur  est  grise, mé- 
ian;^ée  de  fauve.  La  robe  des  lapins  domestiques  est  souvent  de 
plusieurs  couleurs;  il  en  est  de  tout  à  fait  blancs,  et  d'autres  qui 
sont  noirs.  Le  lapin  sauvage  se  creuse  dans  la  terre  une  retraite 
profonde  et  siire,  oîi  il  passe  la  plus  grande  partie  de  sa  vie.  Il  y 
dort  presque  tout  le  jour,  ayant  les  yeux  ouverts  comme  le  lièvre 
el  n'en  sortant  que  le  soir  ou  de  grand  nsatin  pour  chercher  sa 
nourriture.  Sa  course  est  rapide  ,  il  galope  et  saule;  il  se  dresse 
souvent,  et  s'assied  pour  se  servir  de  ses  pattes  de  devant.  Sou- 
vent aussi  il  relève  le  train  de  derrière,  pour  le  laisser  retomber 
ensuite  en  frappant  la  terre  de  ses  pattes. C'est  un  bruit  d'alarme 
qui  avertit  tous  les  lapins  du  voisinage. 

Arit!'4RïétJï<|ue. 

i.  Lu  lermier  veut  couvrir  d'une  couche  de  fumier  de  U"',03 
d'épaisseur  une  pièce  de  terre  de  4  hect    78  ares 

Combien  lui  faudra-t-il  de  voilures  de  fumier  de  2,0fl0  kilog. 
chacune  sachant  qu'un  mètre  cube  pèse  environ  755  kilog.  ? 

2.  Un  marchand  de  nouveautés  fait  un  achat  de  428'"  75  à  4  Ir. 
80  le  mèlre.    Sur  cei  achat  on  lui  fait  une  remise  de  t2  fr.  15. 

On  demande  combien  il  doit  revendre  le  mètre  de  toile  pour 
réaliser  un  bénéfice  total  de  205  fr.  10  c.  ? 

Styïc. 

Dans  une  lettre  à  une  de  ses  amies  une  jeune  institutrice  lui 
fait  counailre  les  raisons  pour  lesquelles  elle  attache  une  impor- 
tance toute  particulière  aux  travaux  à  l'aiguille  prescrit  parles 
règlements,  dans  les  écoles  de  filles. 


-  470  - 

BREVET  COMPLET. 
Histoire  et  géograpliie. 

1.  Principanx  événements  du  ministère  de  Richelieu. 

2.  Qu'appelle-t-on  détroit  ? 

Citer  les  détroits  principaux  des  deux  continents. 
Départements  formés  par  l'ancienne  province  de  Normandie. 

Sciences  phjslqaes  et  natarelles. 

1.  Expliquer  la  formation  du  brouillard  et  de  la  rosée. 

2.  Indiquer  les  caractères  généraux  de  l'ordre  des  ron^e ?/;-«. 
Faire  conuaître  les  animaux  de  cet  ordre  qu'on  trouve  dans  le 

département,  soit  à  l'état  domestique  soit  à  l'état  sauvage. 

Dessin. 

Dessiner  un  couvert  (cuiller  et  fourchette)  à  volonté. 


Nous  lisons  dans  le  Journal  de  F  Aisne  : 

L'Association  scientifique  de  France  s'est  réunie  ,  le  jeudis 
juin  ,  à  l'Observatoire  impérial  ,  sous  la  présidence  de  M.  Le 
Verrier,  di  ecte'ir  de  l'Observatoire. 

Dès  l'ouverture  de  la  séance  ,  l'iliustre  savant  a  pris  la  parole 
sur  les  orages. 

Après  avoir  fait  voir  l'immensité  des  dégâts  causés  par  ces 
météores  sur  plusieurs  points  du  littoral  français  dans  le  courant 
du  mois  dernier  ,  il  a  exprimé  ses  regrets  de  ce  que  tous  les  dé- 
partements n'aient  pas  encore  entrepris  un  système  régulier 
d'observations  météorologiques  qui ,  envoyées  à  l'Observatoire, 
permettraient  aux  astronomes  ,  d'étudier  la  grave  question  des 
orages,  d'établir  au  moyen  de  celte  étude  une  ihéorie  et  ainsi  de 
prévenir  de  grands  désastres  par  l'avertissement  qu'ils  pourraient 
donner  un  jour  d'avance  ,  aux  différents  points  menacés  parla 
tempête,  sur  la  marche  et  l'intensité  du  météore. 

Cependant,  M.  Le  Verrier  s'est  plu  à  reconnaître  qu^  plusieurs 
départements  avaient  déjà  pris  une  pari  active  aa  développement" 
que  le  Gouvernement  cherche  à  donner  à  la  météorologie.  En 
tète  il  a  cité  le  département  de  l'Aisne  comme  ayant  fourni ,  jus- 
qu'à présent,  le  plus  grand  nombre  d'observations,  grâce  à  l'em- 
pressement avec  lequel  la  plupart  des  instituteurs  ont  répondu  à 
l'appel  de  l'honorable  Inspecteur  d'Académie,  grâce,  surtout,  au 
zèle  du  Directeur  de  l'Ecole  normale  de  Laon  ,  qui  a  compris 
l'importance  de  la  question. 

Nous  aimons  à  croire  qno  MM.  les  Instituteurs  de  notfo  départemont  trouveront  dans  ces 
félicitations  qui  viennent  d  leur  être  accord(?es  par  l'illustre  M.  Le  Verrier,  un  eneoiiraffe» 
ment  k  redoiib'er  de  soins  et  d'alteution  dans  leurs  ohsorvati/ins  comme  aussi  d'exarlilude 
Jaus  l'envoi  de  leurs  bulletins. 

Les  Gérants,  H.  DE  Coquet  et  Stengkr. 


LlHi  -•  lapriatirie  R    di  CnQtKT  tt  8tr|ISIK| 


i^e  Année.  JV»  i«.    A  30  Juin  1805 

^ ._ >,K, 

BULLETIN 

DE  L'INSTRUCTION  PRÏMAÎIîE 

PÛDR  LE  DÉPARTEMENT  DE  L'AISNE, 

Pvi\)V\é.  S0U4  \t4  ttvisçvces 

de  SWE.  Gastaing,  Préfet  de  l'Aisne, 

Olllcicr  (le  la  Légion  -  d'Honneur, 

OfHcieï"  cle  l'Instruction  publique. 

Paraissmil  le   i  5  Ci!  le  30  de   chaque  mois. 

Avec  le  Manuel  général,  \i  fr.  oô  c.  par  an. 
PRIX.  \  Avec  le  Pelil  Manuel,      6  fr.  60  c. 
Seul,  S  Ir. 


«OSEH  A  IRE  . 
PARTIF  «FFir^EIXE.  —  Nominations  de  Recteurs  à  Nancy  et  à  Douai. — 
Nouveau  iJiojet  de  loi  sur  l'enseignement  primaire.  —  Circulaire  de  S  Exe. 
M.  le  Ministre  de  l'Instruction  publique  aux  Préfets,' relative  aux  conditions 
imposées  aux  bibliothèques  scolaires.  —  Instruction  aux  Recteurs,  sur  la 
préparation  des  listes  des  ouvrages  proposés  pour  les  dislributions  de 
prix. 

PARTIE  IVOX-OFFICiELLE.  —  Edl'cation  et  Enseignement.  —  Le 
nouveau  Recteur  de  l'Académie  de  Douai.  —  Exécution  de  l'art.  5  du  décret 
du  19  avril  1862  en  faveur  des  élèves-maîtres,  boursiers  de  l'Etat  ou  du  dé- 
partement. —  M.  rinspecteur-général  Danton  à  Laon.  —  Le  Conseil  muni- 
cipal d'Etreux  et  liiçratuité;  lettre  de  félicitations  de  M.  le  Minisire d^  l'Instruc- 
tion publique  au  Maire  d'Etreux.  —  Sujets  de  composition  donnés  aux 
examens  d'admissibilité  pour  l'Ecole  normale  de  Douai.  —  Variétés  :  De  la 
meilleure  manière  de  manger  (suite  et  fin). 


PARTIE  OFFICIELLE. 

Par  décret  en  da'e  du  ii  juia  ,  M.  GuilVsmiu  ,  recleiir  de  l'Aca- 
démie de  Douai,  est  nommé  recteur  de  l'iAcadéniie  de  Nancy,  en 
remplacement  de  M  Dnuoycr,  admis,  sur  sa  dommdts  i\  faire 
valoir  ses  di^oits  à  la  retraite  et  nommé  recteur  honoraire. 

M.  Fl(!ury  ,  docteur  ès-lnttres  ,  proviseur  du  lycée  impérial  de 
Versailles,  est  nommé  recteur  de  rAcadémie  de  Douai  ,  en  rem- 
placement de  M.  Giiitlemin,  appelé  à  d'autres  fonctions. 


—  178  — 
NOUVEAU  PROJET  DE  LOI 

L'ENSEIGAEMEM    PRIMAIRE 

Présenté  au  Corps-Législatif. 

EXPOSÉ   DES  MOTIFS. 

Messieurs, 

L'Empereur  a  dit ,  le  io  février  ,  à  la  séance  d'ouverture  de  la 
session  législative  : 

"  Dans  !e  pays  du  suffrage  universel ,  tout  citoyen  doit  savoir 
»  lii^e  et  écrire.  Un  projet  de  loi  sera  présenté  pour  propager 
»   de   plus  en  plus  linstrKCtion  primaire.   » 

Afin  de  réaliser  le  désir  du  Souverain,  qui  est  celui  de  la  nation 
tout  entière,  le  Cionvernemont  a  pensé  qu'il  y  avait  lieu  d'étendre 
la  liberté  quont  déjà  Us  communes  d'établir  la  gratuité  solaire 
et  de  mellie  le  {ilus  possible  les  moyens  d'instrui:lion  à  la  porlée 
des  po|)ulati*;ns  11  a  voulu  aussi  entrer  dans  les  vues  de  l'Empe- 
reur en  organisant  l'éducation  i  rimaiie  d'une  manière  spéciale 
et  approj«riée  à  leur  eondilion  dans  la  société.  Telles  sont  ,  Mes- 
sieurs ,  les  dispositions  principales  du  projet  de  loi  qui  vous  est 
soumis. 

Art.  ^«'^  —  Lart.  14  de  la  loi  du  28  juin  1833  admettait  gra- 
tuitement dans  l'école  publique  tous  les  éièves  de  la  commune 
ou  des  communes  réunies  que  les  conseils  municipaux  avaient 
désignés  comme  ne  pouvant  payer  aucune  rétribution  scolaire. 

L'art. '24  de  la  loi  du  lon)arsl850  d:t  avec  plus  d'énergie 
encore  que  la  comniune  doit  assurer  l'enseignement  primaire 
gratuit  il  t  jus  les  enfants  dont  les  familles  sont  hors  d'état  de  le 
payer,  et ,  allatit  p.us  loin  ,  l'art.  36  de  la  même  loi  autorise  les 
communes  à  entretenir  une  ou  plusieurs  écoles  gratuites, pourvu 
qu'elles  le  fassent  avec  leurs  propres  ressources. 

L'art  l"'' du  projet  n'est  que  l'extension  du  principe  déposé 
dans  cet  art.  36;  la  difficulté,  dans  plusieurs  cas,  de  reconnaître 
la  vrai-^  situation  des  fan)illes,  divers  intérêts  de  l'ordre  maléiiel 
ou  moral  ,  des  circonstances  particulières  peuvent  solliciter  cer- 
t:jines  communes  à  développer  l'instruction  primaire  au  moyen 
de  la  gratuité  absolue  (1)  ;  il  convient  de  les  laisser  juges  de  la 
question  d  opporlunité. 

L'art.  l>r  permet  donc  aux  communes  de  vo'.e!  li  graluiîé  en 
s'imposant  3  centimes  extraordinaires  ,  addilionnels  au  iirincipal 
des  quatre  contributions  directes.  Ces  3  centimes,  s'ajoutant  aux 
3  centimes  déjà  établis  par  la  législation  antérieure  pour  le  ser- 
vice de  l'instruction  primaire  et  constituant  ainsi  ,  dans  l'intéi'êt 
exclusif  de  ce  service,  une  dotation  de  G  centimes, en  dehors  des 
revenus  ordinaires,  énumérés  par  l'art.  4U  de  la  loi  de  1850, sont 
considérés  comme  le  maximum  des  charges  auxquelles  une  com- 
munia doive  se  résoudre. 

Dans  de  piireilles  conditions. la  gratuité  a  pour  elle  la  présomp- 
tion d  un  intérêt  sérieux  ,  et   dès  lors  il  paraît  naturel  qu'en  cas 


(1)  2,i>yO  iiiuiiicipalii  'S  l'ont  déjà  établie  dans  près  de  5,000  écoles. 


—  170  - 

d'insufllsance  des  ressources  munl<ipaIo.^,nne  subvention  puisse 
Hro.  accordée  sur  les  ('.»nds  départementaux,  et,  à  leur  définit, 
sur  l'S  fonds  de  rKtal ,  dans  les  limites  du  crédit  spécial 
poiti' annuellement  ,  à  cet  effet,  au  ministère  de  l'instruction 
publique. 

Art.  2,  —  Pour  tous  les  instituteurs  publics,  les  minima  de 
traitement  sont  maintenus  à  700,  8^0  ou  900  fr.  conformément 
aux  dispositions  de  l'art.  38  de  la  loi  du  15  mars  dS'iO  et  des  art. 
1,2  et  []  du  décr  t  du  10  avril  1882;  pour  toutes  les  institutrices, 
ils  sont  fixés  par  l'art.  2  de  b  présente  loi  à  400  ou  500  fr.,  selon 
la  classe. 

Mais  dans  les  communes  oii  la  gratuité  serait  établie  ,  il  fallait 
Irouver.  à  la  place  de  la  rétribution  supprimée,  un  moyen  de  sti- 
muler le  y.èle  des  ma1tr<'S.  [j'art.  2  dispose  que  le  traitement 
évenliul  qui  s'ajoutera  an  traitement  fixe  sera  ca'culé  à  raison  du 
nombre  des  élèves  présents  dans  l'école  et  déterminé  chaque 
année  par  le  préfet  ,  sur  l'avis  du  cous*  il  départemental  et  du 
conseil  municipal,  ce  qui  permettra  de  proportionner  le  traite- 
ment de  l'instituteur  au  succès  de  son  enseignement. 

Le  secoul  pa'agrapbe  de  l'art.  2  sauvegarde  les  intérêts  de 
ceux  des  instituteurs,  en  exerciceau  moment  de  la  promulgation 
de  la  loi  ,  qui  par  leur  intelligence  et  leur  activité  se  seraient 
assuré  une  rémunér.tion  supérieure  aux  minima  :  leur  traite- 
ment ne  pourra  être  inférieur  à  la  moyenne  de  leurs  émoluments 
pendant  les  trois  dernières  années.  Mais  ii  est  bien  entendu  que 
cet  avantage  ne  leur  est  acquis  qu'-i  la  condition  par  eux  de  ne 
pas  déméiiier,ct  que  l'autorité  puljlique  conservera  à  leur  égard 
tous  les  droits  que  lui  reconnaît  la  législation  sur  la  matière. 

Les  mêmes  dispositions  sont  applicables  aux  institutrices. 

Art.  3.  Ce  n'est  pas  assez  d'ouvrir  aux  indigents  l^^s  portes  de 
récole  :  il  faut  leur  procurer,  par  des  fournitures  scolaires  les 
moyens  d'en  suivre  les  leçons  avec  fruit.  Aussi  bien  ii  peut  élre 
utile  ,  dans  certains  cas,  de  leur  faciliter  la  fréquentation  de  la 
classe  par  des  secours  de  diverses  natures  ,  que  la  commune 
n'est  pas  en  état  de  leur  donner  Enfin,  il  convient  d'encourager, 
par  des  récompenses  ,  les  enfants  qui  se  font  remarquer  par  îeur 
exactitude  et  leur  assiduité. 

A  cet  effet,  une  caisse  des  écoles  pourra  être  créée  dans 
chaque  commune  ;  ses  revenus  se  composeraient  des  cotisations 
volontaires,  des  subventions  qui  pourraient  lui  être  ;iccordé  s  par 
la  commune,  le  département  ou  l'Etat,  et  des  dons  et  legs  qui  lui 
seraient  faits. 

Art,  4.  —  L'art  20  de  la  loi  du  15  mars  1850  attribue  au  con- 
seil départemental  le  droit  de  juger  sans  appel  ,  contrairement 
au  principe  consacré  pour  l'instruction  secondaire  ,  l'opposition 
formée  pir  l'autorité  publique  à  l'ouverture  d'une  école  pri- 
mair,;  libre.  La  pratique  a  démontré  qu'il  est  préférable  ,  pour 
éviter  des  erreurs  d'interprétation  ,  de  revenir  à  la  règle  géné- 
rale des  deux  degrés  de  juridiction. 

En  consécpience,  l'art.  4  du  projet  donne  la  faculté  de  se  pour- 
voir devant  le  conseil  impérial   de  rinstrucUni  publique  contre 


—  180  — 

toutes  les  décisions  rendues  par  le  conseil  départemental  ,  en 
vertu  de  l'art.  28.  De  quelque  part  que  vien<te  l'appel ,  l'intérêt 
des  mœurs  ou  de  la  santé  des  enfants  s'oppose  à  ee  que  l'école 
soit  ouverte  avant  que  le  conseil  impérial  ait  statué  en  dei-nier 
ressort. 

Art.  5.  —  La  séparation  des  sexes  est  le  principe  de  l'organi- 
sation de  nos  écoles;  les  classes  mixtes  ne  sont  qu'une  exception. 
L'iusliluleur  pubiic  placé  par  l'administration  à  la  tête  d'une 
école  mixte  tient  de  sa  nomination  même  le  droit  de  donner  l'en- 
seignement aux  jeunes  fdies.  Quant  à  l'instituteur  libre  ,  qui  n'a 
pu  faire  qu'une  déclaration  d'ouverture  d'école  de  garçons  ,  il 
contrevient  à  son  engagement  s'il  reçoit  déjeunes  filles  sans  en 
avoir  obtenu  l'autorisation  préahible  du  conseil  départemenlal. — 
L'art,  o  édicté  pour  cette  contravention  une  pénalité  que  le  lé- 
gislateur de  1850  avais  omis  de  prononcer. 

Art.  6.  —  L'inspection  des  écoles  libres  ne  peut  porter  sur 
l'enseignement  que  pour  vérifier  s  il  n'est  pas  contraire  à  la  mo- 
rale,  à  la  constitution  et  aux  1  is  (art.  21  de  la  loi  du  t5  mars 
4850).  Mais  les  écoles  libres  qui  louchent  une  subvention  de  la 
commune  ou  qui,  par  suite  d'un  traité  avec  l'administration  mu- 
nici;  ;:'('  ,  reçoi\ent  les  enfants  dont  les  familles  sont  hors  d'état 
de  payer  la  rétribution  scolaire  ,  sont  par  là  même  assimilables 
aux  écoles  communales,  et  dès  lors  il  est  juste  de  les  soumettre 
à  tous  les  détailsde  l'inspection  qui  se  faitdans  les  établissements 
d'instruction  publique.  L'autorité  doit  s'assurer  que  ré(>ole  mé- 
rite la  continuation  des  bienfaits  de  la  commune  et  qu'elle  donne 
aux  enfants  admis giatuitemenl  toute  l'instruction  qu'ils  trouve- 
raient dans  l'école  publique. 

Art.  7.  —  Il  n'est  pas  ]ierniis  de  laisser  dans  une  ignorance 
absolue  de  l'histoire  et  de  la  géographie  de  leur  pays  des  enfants 
qui  scriiit  un  jour  des  citoyens.  Le  patriotisme  se  compose  sur- 
tout de  souvenirs,  et,  quelque  modeste  que  soit  la  condition  d'un 
homme  ,  il  ne  doit  pas  demeurer  étranger  au  milieu  où  il  est 
appelé  à  vivre.  —  C'est  pourquoi  l'art.  1  a  rendu  obligatoire,  de 
facultative  qu'il  était ,  l'enseignement  de  l'histoire  et  de  la  j.éo- 
graphie  de  la  France,  réduit  à  des  notions  élémentaires,  simples 
et  justes.  Du  leste  ,  cette  extension  du  programme  a  été  deman- 
dée par  un  grand  nombre  de  communes  et  ne  peut  manquer  d'être 
accueillie  avec  faveur. 

Art.  8.  —  On  a  dit  avec  raison  que  le  jour  où  toutes  les  mères 
de  famille  sautaient  lire  et  écrire  ,  les  vœux  des  amis  de  l'ins- 
Iruclion  i)riiuure  seraient  bien  près  d'une  complète  satisfaction. 
Le  |)remier  soin  de  la  jeune  mère  n'est-il  pas  ,  en  elTet,  de  trans- 
mettre ù  son  enfant  les  leçons  qu'elle  a  reçues  1  L'instruction  de 
la  icmuu!  iMofilc;  à  tout  ce  qui  l'enloure  ,  non  -  seulement  à  ses 
eiifaiils,  mais  encore  à  son  mari ,  i)Our  qui  elle  devient  un  auxi- 
liaiie  plus  utile.  La  connaissance  qu'elle  a  ac(juise  d<!S  travaux 
de  son  sexi;  est  une  i)récieuse  ressource  dans  le  ménage.  Or 
l'expérience  prouve  que  lien  n'est  i)lus  propre  à  attiier  lei 
Jeunes  filles  dans  Us  écoles  que  la  création  d'établissements  dis- 
tincts.Il  tant  ajouter  que  la  réunion  d'eufanls  des  deux  sexes 


dans  un   même    lieu    n'est    pas    sans    péril  au   point  de  vue 
moral. 

Ces  vérités  n'avaient  pas  échappé  aux  gouvernements  anté- 
rieurs; mais  la  situation  financière  des  communes,  des  départe- 
ments et  de  l'Ftat  les  avait  tous  contraints  ,  et  le  législateur  de 
1836  s'en  est  expliqué  formellement ,  à  réserver  pour  l'avenir  la 
solution  de  la  dilTiculté. 

La  loi  de  1850  a  fait  un  premier  pas  en  stipulant  que  toute 
commune  de  800  âmes  et  au-dessus  aurait  une  école  de  fdles, 
pourvu  qu'elle  en  trouvât  le  moyen  dans  ses  propres  ressources, 
et  qu'il  en  serait  de  même  des  communes  d'une  population  infé- 
rieure, si  leurs  l'essources  ordinaires  le  leur  permettaient.  Mais 
en  même  temps  file  autorisait  le  conseil  départemental  à  dispen- 
ser les  communes  de  ces  obligations  ,  selon  les  circonstances,  et 
ne  garantissait  aucun  traitement  aux  institutrices  ,  les  laissant 
dans  la  position  où  se  trouvaient  les  instituteurs  avant  la  loi  de 
1833. 

Quelque  incomplète  qu'elle  fût  à  cet  égard  ,  la  loi  de  1850  a 
multiplié  les  écoles  spéciales.  Mais  le  développement  du  principe 
qu'elle  a  posé  a  été  arrêté  par  rinsuffîsance  des  ressources  com- 
munales et  le  défaut  de  subvention  des  départements  et  de  l'Etat  : 
1,891  communes  de  800  âmes  et  au-dessus  ,  3,8'2i2  communes  de 
oOO  à  800  âmes  n'ont  pas  encore  d'écoles  de  filles,  5,000  environ 
de  ces  communes  n'ont  que  des  écoles  libres  ,  entretenues  par 
des  quêtes  et  des  souscriptions  volontaires. 

Enfin  ,  de  16,200  communes  au  dessous  de  500  âmes  ,  14,000 
ont  des  écoles  mixtes  tenues  par  des  instituteurs,  et,  sur  ce  nom- 
bre, 3,510  seulement  ont,  à  côté  de  l'instituteur,  une  femme  qui 
enseigne  aux  jeunes  tilles  les  travaux  de  leur  sexe.  D'autre  part, 
4,775  institutrices  ne  touchent  qu'un  traitement  insullisant,  qui 
ne  s'élève  pas,  en  moyenne,  à  plus  de  350  fr.  Dans  bien  des  cas, 
les  locaux  ne  satisfont  ni  aux  besoins  scolaires  ni  même  aux  lois 
de  l'hvgiène  ,  et  le  mobilier  classique  est  souvent  en  mauvais 
état. 

Il  est  donc  vrai  de  dire  que  l'orgarisation  de  l'éducation  pri- 
maire des  fdles  est  très-incomplète  :  les  art.  8  et  suivants  ont 
pour  but  de  combler  ,  autant  que  possible ,  celte  lacune.  Désor- 
mais toutes  les  communes  de  500  âmes  et  au-dessus  auront  au 
moins  une  école  publique  de  filles.  Quelques  -  unes  pourront  eu 
être  dispensées  par  le  conseil  départemental  ,  conformément  à 
l'art.  15  de  la  loi  de  1850, mais  seulement  lorsque  les  h;ibitalions 
trop  espacées  les  unes  des  autres  rendraient  inutile  l'établisse- 
ment d'une  école  sur  un  point  centrai,  et  non  plus  pour  absence 
de  ressources,  puisque  ,  à  défaut  de  la  commune  et  du  départe- 
ment, l'Etat  devra  subvenir  à  la  dépense.  Dans  les  communes  au- 
dessous  de  500  âmes  ,  et  où  l'école  mixte  ne  sera  pas  tenue  par 
une  institutrice  ,  une  femme  désignée  par  le  préfet  sera  chiirgée 
de  diriger,  moyennant  uue  rétribution  assurée,  les  travaux  à  l'ai- 
guille des  jeunes  filles  fréquenlant  l'école. 

Art.  9.  —  La  loi  de  1850  s'en  était  rappoitée  aux  communes 
elles-mêmes  sur  le  nombre  d'écoles  à  établir.  De  là  quelques  abus 


—  182  — 

que  l'art.  9  a  pour  but  de  prévenir,  en  remettant  au  conseil  do- 
pai lemental  ,  dont  la  composition  offre  toutes  les  garanties  d'in- 
tel'igence  et  d'impartialité,  le  soin  de  fixer,  sous  l'approbation  du 
ministre  de  l'instruction  publique  ,  le  non'bre  d'écoles  publiqu'  s 
de  garçons  ou  de  filles  qui  devront  être  entretenues  dans  chaque 
commune,  eu  égard  aux  besoins  de  la  population. 

Pour  la  propagalion  de  l'instruction  primaire,  il  importe  beau- 
coup de  rapprocher  l'école  des  habitations  ,  afin  d'en  rendre 
l'accès  facile  à  tous  les  enfants.  Aussi  le  conseil  départemental 
reçoit-il ,  en  outre ,  la  mission  de  déterminer  les  cas  où ,  à  raison 
de  l'éloignement  du  chef-lieu  ,  ou  du  mauvais  état  des  chemins, 
ou  de  toute  autre  circonstance  ,  il  doit  être  établi  des  écoles  de 
hameaux  à  titre  permanent  ou  même  temporaire.  Mais  comme  la 
population  de  ces  écoles  sera  ordinairement  peu  nombreuse  ,  on 
peut,  sans  inconvénienit,  les  confier  à  des  maîtres-adjoints,  qui  ne 
recevront  qu'un  traiten^ent  inférieur  à  celui  des  instituteurs  titu- 
laires. Ainsi  l'on  donnera  satisfaction  aux  besoins  scolaires  en 
ménageant  les  intérêts  financiers. 

Art.  10,  Il  et  12  —  La  loi  pourvoit  au  loyer  et  au  mobilier  des 
écoles  de  filles,  ainsi  qu'au  triùtement  et  au  logement  des  institu- 
trices. 

A  cet  égard  on  prend  les  niêmes  mesures  que  pour  les  écoles 
de  garçons  et  pour  les  instituteurs,  avec  cette  seule  différence 
que  les  institutrices  sont  divisées  en  deux  classes ,  et  que  ,  sui- 
vant qu'elles  appariiendronl  à  l'une  ou  à  l'autre,  leur  traitement 
sera  de  -400  ou  de  500  fr. 

Les  instituteurs-adjoints  sont  également  divisés  endeuxclasses, 
avec  un  traitement  minimum  de  400  ou  de  500  fr.  Tous  ont  droit 
au  logement. 

Quant  aux  adjoints  tenant  des  écoles  de  hameaux,  leur  traite- 
ment sera  déterminé  par  le  préfet,  et  d'après  les  circonstances, 
attendu  que  leurs  fondions  pourront  n'être  que  temporaires. 

Art.  13. — L'art.  13  applique  à  l'organisation  desécoles  de  filles 
les  voies  et  moyens  de  finances  que  la  loi  de  1!?50  a  créés  pour 
les  écoles  de  garçons  et  pour  les  écoles  mixtes  ,  en  rendant  obli- 
gatoire, à  défaut  de  ressources  communales  ou  départementales, 
le  concours  de  l'Etal. C'est  la  sanction  qui  a  manqué  jusqu'à  pré- 
sent à  la  législation  sur  la  ma  ière. 

Les  communes  et  les  déparlements  affectant  aujourd'hui  ,  au 
service  de  l'instruction  primaire,  la  plus  grande  partie  de  leurs 
ressources  ordinaires  et  spéciales  ,  ne  pourront  contribuer  que 
dans  une  certaine  mesure  aux  dépenses  résultant  de  Tapplication 
de  la  loi  nouvelle  ;  il  est  donc  probable  qu'une  forte  part  retom- 
bera à  la  charge  de  l'Etat.  Mais  c'est  une  dépense  productive  que 
celle  qui  a  rour  but  d'élever  le  niveau  intellectuel  et  moral  des 
jeunes  générations. 

Par  ces  motifs  ,  Messieurs,  nous  avons  l'honneur  de  vous  pro- 
poser le  texte  du  projet  de  loi  qui  suit. 

Ij'  Conseiller  il' El  al ,   Un  p  pu  r  leur, 
Gentelr. 

(Les  commissaires  du  Gouvemcmenl  sont  MM.  Genteur  cl  Itoberl  ,  conseil- 
lers UElal.) 


—   !83  — 

f»RO.[ET  DE  LOI  SUR  L'ENSEIGNEMENT  PRLMAIRE. 

Art.  l'^. — Toute  commune  qui  veut  user  île  la  faculté  accordée  par  le  §  3 
de  l'art.  36  de  la  loi  du  i5  mars  1850.  d'entretenir  une  ou  plusieurs  écoles 
entièrement  gratuites  peut ,  en  sus  de  ses  ressources  propres ,  allccter  à  cet 
entretien  le  produit  d'une  imposition  extraordinaire  qui  n'excédera  pas  3 
centimes  additionnels  au  principal  des  quatre  contributions  directes. 

En  cas  d'insulTisance  ,  une  subvention  peut  être  accordée  à  la  commune 
sur  les  fonds  départementaux,  et,  à  leur  défaut,  sur  les  fonds  de  rEtat,dans 
les  limites  du  crédit  spécial  porté  annuellement  au  ministère  de  l'instruction 
publique. 

Art.  2. —  Dans  les  communes  où  la  gratuité  est  établie  en  vertu  de  la  pré- 
sente loi ,  le  traitement  des  instituteurs  et  des  institutrices  publics  se  com- 
pose : 

1°  D'un  traitement  fixe  de  200  fr  ; 

2"  D'un  traitement  éventuel  calculé  à  raison  du  nombre  d'élèves  présents, 
d'après  un  taux  déterminé  ,  chaque  année  ,  par  le  préfet ,  sur  lavis  du  con- 
seil départemental  et  du  conseil  municipal; 

3»  D'un  supplément  accordé  à  toiis  les  instituteurs  et  institutrices  dont 
le  traitement  iixe,  joint  au  proiluit  de  l'éventuel,  n'atteint  pas, pour  les  insti- 
tuteurs, les  minima  déterminés  par  l'art.  38  do  la  loi  du  15  mars  1(S50  et 
par  le  décret  du  19  avril  1862  ,  et  pour  les  institutrices  ,  les  minima  déter- 
minés par  l'art.  1 1  ci-après. 

Pour  les  instituteurs  et  institutrices  en  exercice  dans  ces  communes  au 
moment  de  la  promulgation  delà  présente  loi,  le  traitement  détiM-miné  con- 
formément aux  paragraplies  (|ui  précèdent ,  ne  pourra  être  inférieur  à  la 
moyenne  de  leurs  émolunn  nts  pendant  les  trois  dernières  années. 

Art.  3.  —  Une  délibération  du  conseil  municipal,  approuvée  par  le  pré- 
fet,  pourra  eréer,  dans  toute  commune,  une  caisse  des  écoles  destinée  à 
encourager  et  à  faciliter  la  fréquentation  de  l'école  par  des  récompenses  aux 
élèves  assidus  et  par  des  secours  aux  élèves  indigents. 

Le  revenu  de  la  caisse  se  compose  de  cotisations  volontaires  et  de  sub- 
ventions de  la  commune,  du  département  ou  de  l'Elal.  Elle  peut  recevoir, 
avec  l'autorisation  des  préfets,  des  dons  et  legs. 

Plusiesrs  comnmnes  pourront  être  autorisées  à  se  réunir  pour  la  forma- 
tion et  l'entretien  de  cette  caisse. 

Art.  4.  —  Les  décisions  du  conseil  départemental  rendues  dans  les  cas 
prévus  par  l'art.  28  de  la  loi  du  15  mars  1850,  peuvent  être  déférées ,  par 
voie  d'appel,  au  conseil  impérial  de  l'instruction  pub'ique. 

Art.  5  —  Tout  instituteur  libre  qui  reçoit  des  filles  dans  .son  école  ,  sans 
en  avoir  obtenu  l'autorisation  du  conseil  départemental ,  est  passible  des 
peines  portées  à  l'art.  29  de  la  loi  du  15  mars  1850. 

Art.  6.  —  Est  soumise  à  l'inspection,  comme  une  école  pub!i([ue,  toute 
école  libre  qui  reçoit  une  subvention  de  la  commune  ou  qui  tient  lieu 
d'école  publique,  en  vertu  du  paragraphe  4  de  l'art.  36  de  la  loi  du  15  mars 
1850. 

Art.  7.  —  Les  éléments  de  l'histoire  et  de  la  géogranhic  de  la  France 
sont  ajoutés  aux  matières  comprises  dans  la  première  pariie  de  l'art.  23  de 
la  loi  du  15  mars  1850. 

Art.  8. — Toute  commune  de  500  habitants  et  au-dessus  e«t  tenue  d'avoir 
au  moins  une  école  publique  de  filh s,  si  elle  n'en  est  pas  dispensée  par  le 
conseil  départemental,  en  vertu  de  l'art.  15  de  la  loi  du  15  mars  1850. 

Dans  toute  école  mixte  ,  une  l'emme  peut  êtra  chargée  do  diriger  les  tra- 
vaux à  l'aiguille  des  lilles.  Son  traitement  est  fixé  par  le  préfet. 

Art,  9. — ^Le  nouibre  des  écoles  publi(|ues  de  garçons  ou  de  filles  à  établir 
dans  chaque  commune  est  li.xé  par  le  conseil  départemental. 

Ce  conseil  détermine,  en  outre,  les  cas  où,  au  lieu  d'une  école  tenue  par 
un  instituteur  ou  une  institutrice  titulaire, il  peut  être  établi  une  ou  plusieurs 
écoles  de  hameau  dirigées  par  des  adjoints. 


—  J84  — 

Les  décisions  prises  par  le  conseil  départemental ,  en  vertu  des  deux  pa- 
ragraphes précédents ,  sont  soumises  à  l'approbation  du  nriinislre  de  l'ins- 
triiclion  puljli(|ue. 

Art.  10.  —  Toute  commune  doit  fournir  à  l'institutrice  ou  à  rinstiluteur- 
adjoint  un  traitement  et  un  logement. 

Elle  doit  fournir,  en  outre,  à  l'insliiuirice  ou  à  l'inslituleur-adjoint  diri- 
geant une  é(ole  de  hameau,  un  local  convenable  pour  la  tenue  de  l'école  et 
le  mobilier  de  classe. 

Art.  11. —  Les  inslitulriccs  communales  sont  divisées  en  deux  classes. 

Le  traitement  de  la  première  classe  ne  peut  être  inférieur  à  500  fr  ,  et 
celui  de  la  seconde  à  4.00  fr. 

Dans  les  communes  qui  n'ont  point  établi  la  gratuité  de  l'enseignemenl 
primaire,  ce  traitement  se  compose  : 

1"  D'un  traitement  fixe  de  200  fr.; 

2''  Du  produit  de  la  rétribution  scolaire; 

Et  3°  D'un  supplément  accordé  à  toutes  les  institutrices  dont  le  traite- 
ment fixe  ,  joint  au  produit  de  la  rétribution  scolaire ,  n'atteint  pas  500  ou 
400  fr.  selon  la  classe. 

Art.  12.— Les  instituteurs-adjoints  sont  divisés  en  deux  c'asses. 

Le  traitement  de  la  première  classe  ne  peut  être  inférieur  à  500  Ir.  et 
celui  de  la  seconde  à  400  fr. 

Toutefois  le  traitement  des  adjoints  tenant  une  école  de  hameau  sera  dé- 
terminé par  le  Préfet. 

Art.  13.  —  Il  sera  pourvu  aux  dépens* s  résultant  des  art.  8,  9,  10,  H  et 
12  de  la  présente  loi ,  conformément  à  l'art.  40  de  la  loi  du  15  mars  1850, 
et  au  moyen  des  ressources  indiquées  par  cet  article. 

Art.  14.  — Sont  abrogées  les  dispositions  des  lois  antérieures  en  ce 
i|u'elles  Oit  de  contraire  à  la  présente  loi. 

Ce  projet  de  loi  a  été  délibéré  et  adopté  par  le  Conseil  d  Etat ,  dans  ses 
séances  des  5,  H,  11  et  12  mai  1865. 

Le  Ministre  présidant  le  Conseil  d'Etat, 

A.  VUITRY. 
Le  Conseiller  d'Etat, 
Secrétaire  r/énéral  du  Conseil  d'Etat, 
DE  LA  NOUE-BILLAULT. 


CIRCULAIRE  A  MM.  LES  PREFETS 

RELATIVE    AUX    CONDITIONS    IMPOSÉES    AUX    BIBLIOTHÈQUES    SCOLAIRES 
QUI    ONT    OBTENU    UNE    PREMIÈRE    CONCESSION    DE    LIVRES. 

Paris,  le  10  juin  1865. 
Monsieur  le  Préfet  , 

J  ai  remarqué  ([ue,  parmi  les  demandes  de  livres  formées  par  les 
bihiioihèques  scolaires  ,  et  dont  le  nombre  augmente  de  jour  en  jour, 
plusieurs  ont  pour  objet  d'obtenir  une  concession  de  livres  pour  la 
seconde  et  même  pour  la  troisième  fois. 

Afin  de  donner  une  forte  impulsion  à  la  création  des  bibliothèques 
scolaires  ,  j'ai  cru  devoir  n'imposer  aux  bibliothèques  que  des  condi- 
tions faciles  à  remplir. 

Mais ,  d'une  pari ,  les  mêmes  ouvrages  ne  peuvent  être  donnés  plu- 
sieurs fois  aux  mêmes  bibliothèques ,  d'autre  paît ,  quoique  disposé  à 
favoriser  de  tout  mon  pouvoir  la  créaiion  des  biblioihèques  scolaire^, 
je  ne  puis  pouvoir  ,  avec  les  ressouices  dont  je  dispose,  à  kur  emîor 
développement;  ce  soin  incombe  aux  adminisiraiions  locales. 

En  conséquence  ,  j  ai  décidé  qu'à  lavenir  il  ne  serait  fait  de  coi  ce- - 
siens  nouvelles  aux  bibliothèques  qui  ont  déjà  iiçu  une  première;  fob 


—  185  — 

des  livres  du  Ministère  que  lorsque  j'aurai  lieu  de  penser  ,  d'après  les 
renseignements  qui  nio  seront  adressés  par  les  autorités  municipales 
el  scoliiires,  que  ces  institutions  ont  donné  de  bons  résultats  et  que  les 
conseils  muni(ipaiix  ont  contribué  à  leur  [lévelo[ipemeiit  en  portant 
au  budget  de  la  commune  une  allocation  annuelle  pour  achuts  de 
livres. 

En  conséquence .  j'ai  décidé  que  ,  lorsqu'une  b  blioMièque  ayant  ob- 
tenu un  premier  don  de  livres  sollicitera  une  concession  nouvelle  ,  les 
pièces  suivantes  devront  être  envoyées  à  lappui  de  !a  demande  : 

I"  Une  déclaration  de  l'inspecteur  de  1  instruction  primaire  ,  visi'e  et 
coniiôlée  par  llnspecteur  d'Académie,  consialanl  que  la  bibliothèque 
est  bitn  tenue  ,  qu  elle  donne  de  bons  résultats,  et  indiquant  le  cbilTre 
des  ptèis  dans  l'année  écoulée  ; 

2»  Un  extrait  dts  délibérations  du  conseil  municipal  de  la  commune, 
faisant  connaître  la  somme  poitée  au  budget  pour  acht.t  de  livres 
autres  (lue  les  ou\rages  destinés  aux  enfants  reçus  à  titre  gratuit  dans 
l'école. 

Ces  deux  pièces,  Monsieur  le  Préfet ,  vous  seront  préalablement 
transmises ,  et  vous  voudrez  bien  ,  en  me  les  adressant,  me  faire  con- 
naître votre  avis. 

Recevez  ,  etc. 

Le  Ministre  de  l'Instnuiion publique, 
V.  DURUY. 


INSTRUCTION  AUX  RECTEURS 

SUR    LA    l'RÉl>ARATI0.\    DES    LISTES    DES    OUVRAGES    PROPOSES    POUR    LES 
DISTRIBUTIONS    DE    PRIX. 

Paris,  le  15  juin  1865. 
Mo>siEUR  LE  Recteur  , 

En  exécution  de  ma  circulaire  en  date  du  11  janvier  1805  ,  vous 
voudrez  bien  faire  dresser  par  1  instituteur  ,  dons  chacune  des  écoles 
de  votre  ressort  académique  où  l'on  distribuera  annuelle  ment  des  prix, 
les  listes  des  ouvrages  que  ces  fonctioni  aires  jugent  dignes  d'ôlre  dé- 
cernés comme  récompenses  à  leurs  élèves. 

Ces  lisies,quine  devront  contenirque  des  ouvrages  que  les  instituteurs 
connaissent  personnellement  et  qu  ils  proposeront  sous  leur  responsa- 
bilité ,  serpnt  complétées  et  contiôiées  par  M.  l'inspec  eur  primaire 
d'abord  el  ensuite  par  M.  l'inspecteur  d  Académie. 

Vous  voudrez  bien  ,  Monsieur  le  Recteur  ,  revoir  attentive  ment  ces 
listes  au  fur  et  à  mesure  qw  elles  vous  seront  adressées  ,  et  me  les 
iransmetire  avec  vos  observations  avant  le  l^'  août. 

Chaque  fonctionnaire  laissera  passer  sans  ob:ervation  l'ouvrage  qu'il 
approuve.  En  cas  do  refus  d'uo  ouvrage  par  l'un  des  fonctionnaires 
qui  doit  réviser  cette  liste  ,  les  motifs  seront  indiqués  sommairement 
à  la  suite  de  la  mentiein. 

Vous  voudrez  bien  faire  procéder  ,  en  vertu  des  mêmes  priiicipes ,  à 
la  confection  des  listes  des  ouvrages  destmés  à  êire  décernés  en  prix 
dans  les  lycées  de  1  Empire  et  dans  les  collégt  s. 

Les  listts  seront  dressées  par  les  professeurs  et  les  régents,  et  suc- 
cessivement examinées  parles  proviseurs  elles  principaux,  les  inspec- 
teurs d'Académie,  el  erfin  par  vous,  Monsieur  le  Rrcteur. 

Pour  simplifier  les  écritures,  il  m'a  paru  convenable  d'adopter  uu 
modèle  uniforme  :  je  vous  eu  voie  dotic  deux  tableaux  distincts ,  l'un 
pour  l'inslruclion  primaire  ,  l'autre  pour  l'insiiui  tiun  steondaire.  Ces 
tableaux  résumeront  l'ensemble  des  présentations  faites  dans  votre 
ressort. 


—  186  — 

Vous  voudrez  bien  faire  adoi  ter  l'ordre  alphabétique  dans  le  classe- 
ment des  titres  d'ouvrages.  Je  considérerai  comme  approuvé  parles 
fonclionnaires  do  l'nrdre  suiiérieiir,  proviseu;?,  inspecteurs  lie  i  ins- 
iruciion  primaire  ou  daca<!émie,  ou  pî.r  vous ,  Monsieur  le  Recteur, 
tous  ouvrages  en  regard  du  litre  de.-quels  vous  n'aurez  pas  mis  le  mol 

DEFAVORABLE. 

Recevez,  etc. 

Le  Miiiislre  de  nnstnidion  publirjue , 
V.  DURUY. 


PAETES  NON-OFFICIELLE. 


EDUCATIOIV  ET  EKSEIGiVEMEIVT. 


Nous  annonçons,  en  tête  de  h\  partie  officielle,  la  nomination  de 
M.  Fleury,  proviseur  du  lyrée  de  Versailles,  au  poste  de  l\ectenr 
de  l'Académie  de  Douai  ;  voici  en  quels  termes  l'Eclio  de  Seine-et- 
Oise  exprime  les  regrets  que  son  départ  fait  éprouver  à  la  popu- 
lation de  cette  ville  : 

«  M.  Fleury  ,  proviseur  du  lycée  de  Versailles  ,  vient  d'éîre 
"  nommé  Recteur  de  l'Acaiémie  de  Douai.  Jamais  distinction 
»  n'a  été  mieux  méritée.  M,  Fleury  est  un  de  ces  hommes  qui 
»  honorent  les  fonctions  qu'on  leur  confie.  Aussi  le  bonheur  que 
»  nous  avons  de  le  voir  à  ce  poste  élevé  est  quelque  peu  troublé 
«  p^r  le  regret  que  nous  éprouvons  de  le  perdre.  11  n'y  a  pas 
»  encore  un  an  qu'il  dirige  notre  lycée  ,  et  nous  comprenons 
»  l'ardeur  des  habitants  de  Douai  pour  nous  le  reprendre.  Une 
»  rare  distinction  d'esprit  ,  une  gravité  pleine  de  douceur  ,  une 
»  fermeté  toujours  calme  ,  un  dévouement  sans  bornes  pour  les 
»  élèves,  une  expérience  consommée  dans  la  direction  de  lajeu- 
»  nesse,  une  bienveillance  parfaite  pour  ses  collaborateurs,  telles 
»  sont  les  qualités  qui  laisseront,  malgré  son  court  passage,  un 
»  long  souvenir  de  M.  Fleury  parmi  nous.  » 


D'après  l'article  o  du  décret  du  I9avi"il  1862, tout  élève-mailre, 
boursier  de  l'Etat  ou  du  déparlenrent ,  appelé  pour  la  pi'emière 
fois  aux  fonctions  d'instituteur  public  ,  doit  recevoir  ,  en  soi  tant 
de  l'Fcole  ,  pour  se  rendre  à  son  poste  ,  une  indemnité  qui  ne 
pourra  excéder  100  fr. 

Cette  mesui'e  généreuse  n'avait  point  jusqu'idor's  été  appliquée 
dans  notre  département  ;  mais  grâce  à  l'initiative  de  notre  hono- 
rable Inspecteur  d'Académie  ,  dont  tous  les  elïorls  tendent  à 
améliorer  le  plus  possible  le  soi't  des  fonctionnaires  placés  sous 
son  babile  dii'ection  ,  S.  Exe.  M.  le  Ministi'e  de  l'Instruction 
publique  vient  de  mettre  à  la  disposition  de  M.  le  Préfet  une 
souime  de  1,700  fr.  destinée  à  être  répartie  également  entre  les 
elèves-maîlres  et  les  élèves-maîtresses  sortis  ,  au  mois  d'aor'it 
1863,  et  de  l'Ecole  norurale  et  du  Cours  normal. Celle  favfur  dont 
jouii'ont  dorénavant  les  élèves  de  ces  deux  éfablissements  ,  sera 
accueillie  ,  rtous  en  sommes  sûrs  ,  avec  reconnaissance  par  ceux 


—  187  — 

(jui,  les  premiers  ,  vont  en  être  l'objet,  et  elle  sera  pour  loiis  un 

niulilcle  plus  pour  rcdoublf^r  de  soins  cl  de  zèle  dans  l'exercice 
de  leurs  lonetions  alin  de  se  monlrerdii^nes  des  sacrifiées  impor- 
tants que  s'imposent  chaque  jour,  pour  l'instruction  primaire  ,  le 
département  et  l'Elal. 

Voici  les  noms  des  instituteurs  et  des  institutrices  entre  les- 
quels sera  répartie  la  somme  de  Ij'/OO  fr.  : 

MM. 

Batltt,  PioiTe-Eugèno,  insliluleur  à  Fresiios  (Cliâteau-Tbierrj). 

Bourquiu,  Louis-Éli<^,  insliluleur  à  Romeny. 

Berloii,  Paul-Hemi,  insliluleur  à  Fleury. 

Biin,  tiyppolitP,  iasliluteur-afljoinl  à  Yervins. 

Giirlier,  Aniand  Enii'e,  insiiluuur  à  Nanleuil-Nolre-Danie. 

Det'(|,  Arcade,  insliluleur  à  Serval-et-Merval. 

Deneaux.  Lém,  insliluleur  à  Ciamailles. 

Gobert,  Ernesl-llenri,  insliluleur  à  Wiè;;e  (secllon  de  Faty). 

Hue  ,  Altrtd-l»alniyre,  insliluleur  à  Heuvaides. 

Landouzy,  Ihclor,  insliluleur  à  Lancliy. 

Mai  lin,  Aiislide,  issiilultur  à  Favprol'es 

MiUtlelîe,  Analole,  insliluUur  à  llczoy-sur-Ounq. 

Poire»,  Louis-Ailliur,  iusUUileur  à  Sl-Gei.i;ou!i  h. 

Valette,  Erneil-Séverin,  insliluleur  à  Neuvilielte, 

Mlles 

Douce,  EstluT,  insliiuliice  àSt-Golx'it. 

Hulin,  Marie- Louise,  insliluirire  à  La  Boultilie. 

Lejeuue,  Marie,  iuslituiiice  à  Nouviou-el-GàliiîOD. 


M.  Danton,  inspecteur  général  de  l'instruction  secondaire,  éljit 
à  Laon  mercredi  dernier  Ce  haut  fonctionnaire  a  visité,  en  com- 
pagnie de  M.  l'Inspecteur  d'Académie  ,  le  Collège,  l'Ecole  nor- 
male, !e  Cours  normid  et  l'école  i  rimaire  communale  dirigée  par 
les  Frères  des  Ecoles  chrétiennes. 


Les  examens  pour  le  brevet  de  capacité  s'ouvriront  à  Ltion, 
comme  nous  l'avons  jmnoncé  dans  notre  dernier  numéro,  le  jeiuii 
W  jiiillel,  pour  les  aspirants,  et  le //f/H/<;-»/i(/«/ ,  24,  pour  les 
aspirantes.  —  Aux  termes  de  l'arrêté  de  M.  le  Préfet,  les  candi- 
dats doivent  se  faire  insci  ire  un  mois  à  l'avance;  enconséquenci', 
la  liste  d'inscription  est  close  depuis  pliisieuss  jours. 


Le  Conseil  municipal  d'Etreiix  vient  de  décider,  sur  la  propo^si- 
tioii  du  plus  fort  imposé  de  la  commune,  que  le  nombre  des  élèves 
auxquels  la  gratuité  de  fécole  est  accordée  serait  à  pou  près  doublé 
à  partir  de  1800.  Comme  cette  libéralité  aurait  été  faite  au  détriment 
de  l'instituteur  et  de  l'institutrice  ,  le  conseil  leur  a  alloué  sur  s<s 
propres  ressources  un  traitement  lixe  suppk'mtntaire.  Dans  les  com- 
munes où  le  traitement  de  l'instituteur  dépasse  le  minimum  garanti, 
il  y  a  deux  voies  pour  rendre  l'école  accessible  à  tous  les  enfants  , 
ou  la  gratuité  absolue,  comme  elle  existe  déjà  diuis  5,0U0  écoles  ;  ou 
la  gratuité  très-largement  acccrdée  ,  comme  vient  de  l'établir  avec 
un  patriotique  dévouement  la  commune  d'Etreux. 


—  188  — 

M,  le  ministre  de  rinstruction  publique  a  écrit  au  maire  d'Elreux 
la  lettre  suivante  : 

«  Paris  ,  le  7  juin  1865. 
»  Monsieur  le  maire, 

»  J'apprends  que  le  conseil  municipal  d  Etreiix  vient  de  décider  qu'en  sis 
des  40  enfants  indigents  dont  les  familles  sont  hors  d'état  de  payer  la 
rétribution  scolaire  et  qui  sont  admis  gratuitement  dans  votre  école  de 
garçons, en  vertu  do  l'article  24  de  la  loi  du  15  mars  1850,30  autres  enfants, 
appartenant  à  des  familles  qui  n'ont  pu  obtenir  jusqu'ici  les  mêmes  avan- 
tages, en  jouiront  désormais  aux  frais  de  la  commune.  Un  vole  semblable  a 
eu  lieu  en  ce  qui  concerne  l'école  des  fllles. 

-■  Placé  dans  l'alternative,  soit  de  voir  un  grand  nombre  de  familles  s'im- 
poser pour  instruire  leurs  enfants  des  sacrifices  trop  pénibles,  soit  de  di- 
minuer le  re\enu  de  l'instituteur  et  de  l'institutrice  en  sollicitant  pour  ces 
enfantsauprès  du  préfet  l'exemption  de  la  rétributionscolaire,le  conseil  mu- 
nicipal d'Etreux  a  tranché  la  difficulté  en  réduisant  de  87  à  57  le  nombre  ' 
des  garçons  payant,  en  portant  à  40  le  nombre  des  filles  admises  gratuite- 
ment, en  mettant  à  la  charge  de  tous  les  contribuables  de  la  commure 
rinstruction  de  ces  enfants  et  en  allouant  à  1  instituteur,  comme  à  l'insti- 
tutrice, une  indemnité  annuelle  égale  au  produit  de  la  rétribution  suppri- 
mée. Je  félicite  cette  assemblée  de  la  détermination  qu'elle  a  prise,  j'en  le!i  •  î 
cite  particulièrement  le  plus  haut  imposé  de  la  commune  ,  sur  l'initiative 
duquel  cette  délibération  généreuse  a  été  résolue.  Une  commune  peut  ainsi, 
suivant  les  circonstances  et  les  besoins  locaux,  faciliter  la  fréquentaiion  c'e 
l'école  aux  enfants  des  nombreuses  familles  dont  l'état  n'est  ni  l'aisance  ni 
la  misère  avouée. 

»  Recevez,  M.  le  maire,  l'assurance  de  ma  considération  très-distinguée. 
»  Le  ministre  de  l'inslruction  publique , 

»  V.  DlRL'Y.    » 


!§>UJET8  DE  CO;VIPOI«>ITIOTV 

DONNÉS    LE   8   Jtl\    1865    AUX    EXAMENS    D  ADMISSIBILITE 

POUR  l'École  normale  de  douai. 
Dictée. 

Le  couîîin  a  une  trompe  ,  qui  esi  à  la  fois  un  pieu  propre  à  enfoncer 
dans  la  chair  des  animaux  ,  et  une  pompe  par  où  il  aspire  leur  sang  ; 
celle  trompe  renferme  encore  uno  longue  scie  ,  dont  il  découpe  les 
petits  vaisseaux  sanguins  au  fond  de  la  plaie  qu'il  a  ouverte.  Il  a  de 
plus  des  ailes  pour  se  l^an^porter  où  il  veu<,  un  corselel  d'yeux  autour 
de  sa  peti'e  lêle  pour  apercevo  r  tous  les  objets  qui  sont  autour  de  lui, 
des  gniïes  si  aiguës  qu'il  ^e  promène  sur  le  verre  po  i  cl  à  plomb  ,  des 
pieds  garnis  de  brosses  pour  se  nettoyer,  un  panache  sur  son  froîit,  el 
l'équivalent  d'une  ;rompeite  dont  il  sonne  ses  vicioires.  Il  habile  l'air, 
la  lerrc!  ei  l'eau  où  il  naît  en  furme  de  ver  ,  et  où  il  dépose  ses  œufs 
avant  de  mourir.  Avec  tous  ces  avaniages,  il  est  souvoni  la  proie  d'in 
secles  plus  pelilseï  plus  mal  organisés  que  lui. 

HERNAUniN    HE    SAlM'-l'IERRE. 


Aritlinirtiqiie. 

Un  célibataire  a  écrit  dans  son  lesUimcnt  les  dispositions  suivantes 
11  donne  1/8  de  son  bien  aux  pauvres,  1/5  pour  construire  une  écolo 
i/IO  pour  l'église  ,  les  5/7  t\  sa  domosiiquc  cl  le  reste  à  son  mvtu 
celui-ci  di.-posc  de  sa  pari  pour  acheter  du  3  "/o  au  taux  de  67  fr.  50 
et  se  fait  1,200  fr.  de  revenu  —  <>b  demande  de  calculer  chacune  de 
parts  et  la  fortune  loiale? 


—  189  — 
rARWÉTÉS. 

IV. 

De  la  moilloiire  manière  de  manger  (suite  et  fin).  —  La  Vie  à  bon  mardié  : 
i.a  Graisse  en  ionise  de  Pain  ol  de  Vin. —  Erreurs  et  préjiigi's.  —  Influence 
de  la  baison  sur  i'alinit'i'tatiou  •  la  norirrilure  en  été  el  en  hiver.  — 
Périodes  criti(|uos  annuelles  el  comment  il  faut  manger. —  Nécessité  abso- 
lue de  ne  se  mettre  à  tahle  que  de  bonne  humeur.  —  L'Esprit  vient  en 
mangeant.  — Action  du  Moral  sur  le  Physique. — Moyen  de^e  l'aire  un  ver/e 
de  bon  sang.  —  Expériehces  de  M.  Corvisart.  —  Où  l'on  voit  l'estomac 
digérer.  —  Comment  on  pèse  l'influence  du  moral  sur  la  hôte.  —  La 
Volonté  et  la  Gaîté  dans  l'acte  de  la  digestion. —  Ce  qui  fait  l'iiomme.  — 
Conclusion. 

Nous  avons  vu  précédemmenl  que  le  mode  d'alimentalion  était  intime- 
ment lié  h  la  latitude.  Plus  la  dislance  à  l'équaleur  devient  considérable  el 
plus  il  est  indispensable  d'auçriDenter  la  ration  d'aliments  respiratoires. 

Dites-moi  quelle  latitude  vous  habitez,  et  je  vous  dirai  quel  poids  d'ali- 
ments plastiques  vous  devez  absorber  ,  pourrait  facilement  avancer  un  bon 
physiologiste. 

Oiielques  personnes,  en  lisant  noire  dernier  article,  ont  cru  trouver  dans 
l'aperçu  théorique  que  nous  donnions,  un  moyen  t^ut  simple  de  vivre  à  bon 
marché.  En  elTet,  les  aliments  respiratoires  sont  nombreux  et  de  prix  et  de 
pouvoir  très-variables.  Les  graisses,  par  exemple  ,  coûtent  moins  cher  que 
le  pain,  le  vin,  les  eaux-de-vie,  etc.,  et  plus  que  le  vin  ,  l'eau-de-vie,  elles 
activent  la  combustion. 

Pourquoi ,  se  demande-t-on  ,  ne  pas  les  faire  entrer  en  plus  grande 
quantité  dans  la  ration  journalière  ?  Voici  la  portion  respiratoire  de  l'ali- 
mentation économiquement  fournie  et  la  nature  satisfaite.  Dès  lors  ,  on 
acclimaiera  en  France  ces  races  adipeuses,  si  riches  en  graisses  ,  les  ani- 
maux anglais  ,  par  exemple  ,  et  au  pain  ,  au  vin,  etc.,  on  substituera  une 
ration  de  viande  ultra- adipeuse  plus  forte. 

C'est  commode  à  imaginer,  mais  le  raisonnement  est  faux.  —  Erreur.  — 
Erreur  gastronomique,  car  vous  ne  vous  feriez  jamais  en  France  aux  viandes 
ultrà-adipeuses. —  Erreur  économique,  car  la  viande  dite  perfectionnée  ne 
contient  pas  plus  d'éléments  réparateurs  que  le  pain  et  revient  plus  cher 
par  conséquent.  —  Erreur  physiologique,  car  tout  aliment  respiratoire,  il 
ne  faut  pas  que  l'on  s'y  trompe  ,  est  loin  de  se  digérer  avec  la  même 
facilité. 

La  faculté  digestive  n'est  nullement  proportionnelle  au  pouvoir  calorifi- 
que. C'est  un  fait  que  chacun  peut  vérifier.  Qui  ne  sait  que  les  graisses  sont 
les  aliments  les  plus  indigestes  ?  qu'au  contraire  ,  le  sucre  qui  produit  si 
peu  de  chaleur,  aide  si  puissamment  la  digestion  ? 

Ces  objections  suffisent  pour  montrer  que  l'on  ne  saurait  songer  sérieuse- 
ment à  remplacer  le  pain  ,  le  vin  ,  l'eau-de-vie  ,  ie  café  par  la  graisse.  La 
so'ution  est  mauvaise  :  il  faut  en  rester  à  nos  viandes  françaises,  à  notre 
pain  et  à  notre  vin.  Question  jugée. 

Si  trop  de  graisse  ne  favorise  pas  la  digestion  ;  pas  assez  est  également 
chose  nuisib'e.  La  sapidité  est  en  effet  une  cause  d'exciialion  sécrétoire  et 
par  conséquenl  digestive.  La  viande  de  boucherie  maigre  est  trop  pen 
sapide  :  aussi  convient-il  de  la  choisir  de  préférence  moyennement  grasse. 
La  viande  de  gibier  esl  maigre  ,  il  est  vrai  ;  mais  elle  est  naturellement 
sapide. 

l'uisque  la  différence  de  latitude  a  une  influence  marquée  sur  le  régime 
alimemaire,  il  devient  tout  aussi  vrai  sans  nouvelle  démonstration  que  les 
saisons  doivent  aussi  le  modifier.  Il  ne  faut  pas  manger  en  hiver  comme  en 
été,  ni  en  été  comme  en  hiver.  Telle  saison,  telle  ration  alimentaire. 

La  ration  alimentaire  peut  se  décomposer,  en  effet,  en  aliment  plastique, 
aliment  calorique  et  condiment  digestif.  Nous  avons  établi  précédemmenl 


—  i9!)  — 

qu'il  existai  1  un  rapport  défini  entre  ces  trois  éléments.  Il  dépend  du  lem- 
péramcnl  et  de  la  latitude  ou  mieux  de  la  lempér.ilure  auibianle. 

Or ,  lors(|iic  vient  le  printemps,  la  température  s'élevant  ,  les  trois  élé- 
ments de  l'alimentalion  doivent  changer  de  valeur.  L'aliment  calorifique 
prédomine  ,  il  faut  le  diminuer.  L'organisme  entier  passe  par  uuh  phase 
critique  ;  il  a  besoin  de  s'acclimater;  les  fonctions  se  font  difficilement  ; 
lestomac  digère  mal  ;  il  y  a  lieu  d'augmenter  les  condiments  digestifs.  (U\ 
devra  donc  choisir  de  préférence  l'aliment  respiratoire  qui  échauffe  le 
moins  et  qui  facilite  le  plus  la  digestion.  C'est  pourquoi  on  bannira  de  l'ali- 
menlation  au  printemps  les  graisses,  les  huiles,  pour  les  rempi  icer  par  des 
fécules  et  des  sucres.  La  nature  y  a  pourvu,  du  reste,  et  nous  n'avons  qu'à 
puiser  à  pleines  mains  ce  que  sa  prévoyance  nous  a  réservé.  Alors,  en  effet, 
apparaissent  les  primeurs,  les  légumes,  les  fruits,  toutes  matières  féculentes 
ou  sucrées.  Donc,  en  été,  peu  de  viandes  et  beaucoup  de  substances 
rafraichissantes 

X  l'auiomne,  on  passe,  mais  en  sens  inverse,  parles  mêmes  phasesqu'au 
printemps  ;  l'époque  est  encore  critique  ;  l'estomac  fonctionne  mal  ;  on  est 
généralement  mal  à  l'aise;  c'est  encore  le  travail  de  l'acclimalalion  qui  se  fait 
11  faut  augmenter  en  hiver  la  température  du  corps  qui  tend  toujours  à  se 
refroidir  et  manger  de  préférence  les  viandes  et  les  substances  grasses. 

Ces  prescriptions  constituent  un  v;''ritable  ultimatum  que  les  personnes 
délicates  ne  sauraient  se  dispenser  de  suivre  sans  imprudence. 

Celte  iniluence  toute  spéciale  de  chaque  saison  se  reconnaît  même  e?îpé- 
rimeutalemenl.  M.  Lucien  Corvisart  recommande  de  ne  jamais  faire  d'ex- 
périences  sur  les  animaux  au  printemps.  Les  résultats  que  l'on  obtient  ne 
sont  en  effet  jamais  constants ,  parce  que  leur  estomac  est  alors  inégal, 
capricieux. 

Toute  personne  indisposée  pourra  rapporter  son  état  maladif  à  la  mau- 
vaise répartition  des  aliments.  L'équilibre  alimentaire  est  rompu  ;  il  est  de 
toute  nécessité  de  modifier  la  proportion  des  dilTérents  aliments.  Tant  que 
la  lingue  reste  blanche  ,  que  les  muqueuses  sont  enflammées,  que  la  diges- 
t  on  est  difficile  ,  qu'un  thermomètre  sensible  placé  sous  la  langue,  dans  le 
creux  de  la  main,  monte  au-delà  de  la  température  normale,  la  nourriture 
est  incontestablement  mauvaise;  elle  n'est  pas  appropriée  au  tempérament. 
Il  faut  faire  varier,  jusqu'à  ce  que  l'on  arrive  à  la  proportion  convenable, 
les  éléments  calorifi(|ues  et  les  condiments  digestifs. 

Des  observations  précédentes,  il  est  permis  de  conclure  que  : 

Chaque  lempérament  nécessite  une  nourriture  convenablement  appro- 
priée. 

Chaque  latitude  demande  une  nourriture  distincte  d'autant  plus  forte  en 
aliments  respiratoires  qu'elle  est  p!us  élevée. 

La  ration  alimentaire  croît  ou  décroît  pour  chaque  individu  avec  laquan-' 
tité  de  travail  qu'il  produit. 

L'alimentation  varie  avec  la  saison.  Son  maximum  et  son  minimum  cor- 
respondent aux  saisons  extrêmes  ,  à  l'hiver  et  à  l'été. 

Le  poids  des  aliments  respiratoires  absorbés  est  inversement  proportion- 
nel anx  températures  moyennes  clima'ériques. 

Toute  rupture  dans  l'équilibre  de  l'alimentation  est  assurée  par  un  étal 
morbide. 

Telles  sont  les  conditions  auxquelles  il  est  indispensable  de  soumettre  le 
régime  alimentaire. 

Nous  avons  insisté  jusqu'ici  sur  la  bonne  répartition  des  aliments  ;  mais 
la  (pieslion  se  présente  cn'ore  sous  un  autre  point  de  vue  dans  ce  sujet 
vital  par  excellence  ;  nous  voulons  parler  de  riniluence  du  moral  sur  la 
digestion  et  des  principes  qui  devraient  toujours  guider  l'homme  dans  ses 
repas. 

Il  convient  d'adopter  des  heures  réglées  pour  les  repas.  Us  doivent  élre 
courts  el  gais.  Trois  quarts  d'heure  pour  le  dîner,  une  dtmi-heure  pour  le 


—  191  — 

déjeuner.  L'exercice  après,  souvent  recommandé  ,  est  nuisible.  Il  faut,  an 
contraire  ,  sinon  le  repos  absolu  ,  au  moins  un  exercice  fort  modéré.  Pen- 
dant les  deux  premières  lieuros  (jui  suivent  le  repns,  la  sécrétion  se  fait,  la 
digeslion  s'opère;  il  faut  laisser  à  l'estomac  toutes  ses  forces.  Après,  au 
contraire  ,  tout  ce  qui  augmentera  la  circulation  excitera  l'absorption  et 
l'assimilation,  et  ne  pourra  que  nous  être  favorable. 

Il  faut  éviter  de  se  mettre  à  table,  échauffé  par  la  marche.  Il  convient 
que  !e  calme  soit  revenu. 

En  somme  ,  jamais  de  fatigue  dans  la  première  heure  qui  précède  et  les 
deux  (|ui  suivent  le  repas.  Repos  d'esprit,  repos  de  corps. 

Ne  vous  mettez  jamais  à  table  quand  vous  êtes  en  colère.  Un  homme  de 
bonne  humeur  en  vaut  deux  à  table.  Une  femme  qui  a  la  prétention  de 
savoir  manger,  doit  bien  se  garder  de  chercher  noise  à  son  mari  en  ce  mo- 
ment-là. 

Mangez  gaîment,  le  rire  n'est  pas  seulement  un  simple  mouvement  sym- 
pathique ,  c'est  unetrés-imporlante  fonction  qui  relève  l'esprit ,  fortifié  les 
nerfs ,  fouette  la  circulation  sanguine  et  aide  à  la  digestion.  Les  anciens, 
fidèles  aux  bons  principes  d'hygiène,  avaient  des  fous  et  des  bouffons  autour 
de  la  table,  pour  provoquer  le  rire.  Aussi,  est-il  bien  vrai,  ce  vieux  dicton 
populaire,  qu'on  entend  souvent  répéter  quand  on  a  bien  ri  :  «  Je  viens  de 
me  faire  un  verre  de  bon  s.ing.  »  Rien  de  si  exact. 

beaucoup  de  personnes  n'attachent  que  très-peu  d'importance  à  ces  con- 
seils. Rire  A  tab'e,  être  gai,  qu'importe  au  surplus ,  pourvu  que  je  mange? 
disent-elles.  Le  plus  souvent,  ne  donne-t-on  pas  des  préceptes  en  pareille 
matière  pour  le  plaisir  d'en  faire  et  d'en  publier  ? 

Il  est  bon  de  détruire  ce  préjugé.  Il  n'y  a  là  ni  fantaisie  ni  jeu  d'imagina- 
tion de  la  part  des  hygiénistes. 

On  ne  saurait  trop  tenir  compte  de  linfluence  considérable  des  sensations 
morales  sur  la  digestion.  Du  reste  ,  elle  peut  se  démontrer  expérimentale- 
ment, et  il  nous  suffit  d'emprunti-r  à  M.  le  baron  Corvisart,  l'habile  méde- 
cin de  lEmpereur,  les  résultats  de  quelques  expériences  faites,  balances  en 
main,  pour  convaincre  les  plus  incrédules. 

Chez  les  animaux  qui  marchent  à  quatre  pattes  ,  il  suffit  de  placer  une 
poche  sous  l'ouverture  faite  au  ventre  pour  recueillir  le  suc  gastrique.  On 
peut  ainsi  savoir  combi  n  un  animal  verse  d'agent  digestif  par  heure  ,  quel 
poids  d'aliment  cette  quantité  de  suc  gastrique  digère.  Mettez  cet  animal 
en  observation  pendant  huit  jours,  il  secrè/e  tant  de  suc  gastrique, il  digère 
tant.  "Vous  le  voyez,  vous  le  pesez. 

Lorsque  l'on  pratique  une  ouverture  artificielle  assez  large  au  ventre  et 
jusqu'à  l'estomac,  on  voit  celui-ci  sécréter  le  suc  gastrique. 

Pensez-vous  que  la  patie  de  l'animal  puisse  a'vuir  de  l'influence  sur  la 
digestion. Pincez  la  patte  d'un  chien  et  légèrement;  observez  en  même  temps 
la  quantité  de  suc  gastrique  versé  dans  fa  poche.  Elle  est  diminuée  de  moi- 
tié. Son  estomac  digère  moitié  moins.  Hommes  et  chiens  sont  égaux  devant 
l'estomac  :  suivez  les  conséquences. 

Mais ,  pourront  objecter  les  incrédules ,  c'est  la  douleur  physique  qui  a 
porté  son  conire-coup  sur  l'estomac. 

Non. 

Un  bâillon  qui  gênera  la  mâchoire,  un  lien  suspenscur  qui  arrêtera  Tune 
des  pattes,  produiront  le  même  elîet.  Ce  n'est  pas  la  fatigue  ou  la  douleur 
physique  ,  que  l'on  ne  s'y  trompe  pas  :  c'est  le  moral  ,  toujours  le  moral  , 
même  sur  la  bête. 

Le  chien  sécrétait  100  grammes  de  suc  gastrique  par  heure  quand  il 
était  chez  vous  et  avec  vous.  Vous  le  dépaysez  ,  vous  I  enfermez  seul ,  il  ne 
secrète  plus  que  50  grammes  ;  le  laissez-vous  courir  en  liberté,  il  est' heu- 
reux, sa  sécrétion  revient;  mais  lui  donnez-vous  un  compagnon  antipathique, 
elle  s'arrête.  Doutez-vous  encore  ? 

L'influence  matérielle   du   moral    sur  le  physique  est  effrayante.    Que 


—  102  — 

sommes-nous ,  nous,  si  l'animal  est  ainsi  ?  que  nousfaul-ii  donc  pour  trou- 
bler noire  digestion  ?  et  l'on  s'étonne  que  l'on  recommande  la  gaîlé ,  la 
bonne  bumeur ,  l'absence  de  préoccupations  pendant  le  repas.  La  volonté 
vous  ferait  presque  digérer  de  force  avec  un  mauvais  estomac.  (1  faut  abso 
liiment  «  vouloir  »  digérer.  Il  n'y  a  certes  pas  à  se  demander  pourquoi 
autour  de  nous,  tant  de  cancers  de  l'estojnac,  tant  de  consomptions,  tant 
de  dyspepsies  de  louie  sorte. 

No  trouvez-vous  pas  singulier  que  ces  principes  si  élémentaires  ,  d'une 
portée  pratique  indiscutable  ne  soient  pas  connus  de  tous  et  réunis  dans  un 
véri  able  lorniulaire  ?  C'est  le  premier  catéchisme  à  mettre  dans  les  mains 
du  peuple. 

Savoir  se  nourrir  et  se  refaire  ,  mais  c'est  pétrir  l'homme  au  physique  el 
au  moral. 

Toutes  ces  données  devraient  recevoir  leur  application  journalière. Il  fau- 
drait ne  jamais  oublier  que  le  repas  est  le  moment  le  plus  critique  ,  le  plus 
important  de  notre  esislcnce.  C'est  lui  qui  engendre  à  la  fois  ou  la  santé 
parfaite  ou  la  vie  ou  la  mort.  N'est-ce  pas,  en  déliuitivc,  l'instant  précieux 
où  nous  obligeons  la  nature  brute  à  s'animer  ,  en  la  transformant  par  la 
digestion  ,  la  sanguification  et  l'assimilation  en  cet  être  primus  inter  pares, 
qu'on  appelle  un  homme  bien  portant,  gai  de  cœur,  sain  d  esprit,  vigoureux 
de  corps...  un  homme  enfin  ! 

Manger  intelligemment  el  bien  proportionner  l'exercice  du  corps  el  do 
l'esprit  à  la  nourriture,  tout  est  là,  soyez-en  convaincu.  Celui  qui  ne  veut 
ou  ne  peut  se  conformer  à  ces  prescriptions ,  se  voue  h  la  maladie  el  à  la 
mort.  H  paierj  son  insouciance  tôt  ou  lard. 

En  résumé  et  pour  en  finir  ,  que  l'on  ait  bien  présent  à  la  mémoire  que 
l'ESTOM.ic  est  un  grand  autocrate  dont  il  faut  et  vite  satisfaire  tous  les 
caprices.  Si  vous  êtes  indisposé,  c'est  à  vous  qu'il  fiul  s'en  prendre  ;  soignez 
votre  estomac.  Apprenez  à  manger. 

Nous  avons  peut-être  un  peu  longuement  insisté  sur  cette  question  de 
ralimcntation  ;  on  ne  saurait  en  effet  trop  attirer  sur  elle  toute  laltention 
publique.  On  se  nourrit  en  général  à  tout  hasard,  tant  bien  que  mal.  par 
routine  ;  on  se  bourre  sans  réflexion.  Quand  l'appétit  a  disparu  ,  c'est, 
pense-t-on,  que  la  fonction  est  bien  remplie,  et  chacun  se  tient  pour  satis- 
fait. Défiez-vous  de  cette  confiance  présomptueuse.  C'est  ainsi  que  l'on  fait 
naître  le  mal  imprudemmeni  et  il  est  le  plus  souvent  trop  tard  pour 
apporter  le  remède. 

Une  dernière  fois  .    rapp=^lez-vous  que  savoir  bien  manger  ,    c'est  savoir 


bien  se  parler. 


Henri  de  Parpeville. 


AVIS. 

Comme  tous  le.sans,  la  Lil)rairie  VOLECK,  rue  du  Bourg.  15,  àLaon,  se 
recuinmande  h  Fattoution  de  MM.  les  Institutear.s  et  Chefs  d'Institution  par 
.•^on  grand  assortiment  de  LII'RES  KT  ÇOUROXXES  pour  distriliutions 
de  prix.  CrlU-  maison  .se  charge  aussi  de  l'impression  des  Palmarès',  Bulle- 
tins d'obtention  de  prix,  ctc-,  etc. 

A  LA  MÊME  LIBRAIRIE. 

BulKitin.s  de.stinés  à  ron.staier  les  Observations  météorologujue.- 


Les  Gérants.  H.  DE  Coquet  et  Stenger. 


I.ioD.  ^  Imprimerie  H    »K  CoQiitT  el  StkN«B|i, 


14e  Année.  .T"  13.  15  Juillet  1805 

BULLETIN 

DE  llNSTRUGTiON  PRIMAÎflE 

PODR  LE  DÉPARTEHENT  DE  L'AISNE, 
Vv.v\)Vvt  sous  \ês  w,\is.ç\ces 

de  WL.  Castaing,  Préfet  de  l'Aisne, 

Ofncicr  (le  la  Léginii  -  d'iioiiiieur , 

Officier  cie  l'Iiisli-Liftioii  pvibiiqiae. 

Paraissant  le    S  5  et  le  SCI  de   chaque  mois, 

C  4vec  le  Maniicl  gériéra!,  1  i  fr.  50  c.  par  an. 
PRIX.     AveclePdin'innH,       6  fr.  fiO  c. 
(Scui.  Sir. 


PARTIE  ©FFIC2!vLI.E.  —  Circulaire  de  S.  Exe.  M.  le  Ministre  rie  l'Instruc- 
lion  publique  aux  l-rérets  :  1"  sur  les  pensions  de  retraite  des  instituteurs  ; 
2»  concernant  la  siluatinn  des  cours  d'adultes  au  lor  avril  I8G0  ;  3"  relative 
à  rexécntioii  de  l'arrêté  concernant  les  subventions  allouées  pour  le  mobi- 
lier des  instiluteurs  et  des  institutrices.  —  Instruction  aux  Piecteur»  con- 
cernant l'envoi  d'un  modèle  de  tableau  récapitulatif  pour  les  examens  au 
brevet  de  capacité. 

PARTIK  TïO?<i=GFFSC;tE;s>LE.  —  Educatio>'  et  Enseignement.  —  Causeries 
pédagogiques  (.SI"  article > — Observations  et  conseils  péda.jogiques  :  Lettre 
de  M.  l'Inspecteur  d'Académie  de  la  Moselle  à  l'un  de  MM.  les  instituteurs 
du  département.  —  Les  cours  d'adultes  dans  lesVosçfes.  —  Faits  divkrs  : 
Les  examens  des  aspirants  et  des  aspirantes  au  brevet  de  capacité  dans 
l'Aisne, —  Les  aspirants  à  l'Ecole  normale.  —  Ma'"  Sleignan,  êvèque  de  Châ- 
lons  sur-Marne  :  sa  Lettre  pastorale  en  faveur  de  l'Université  et  son  dis- 
cours aux  élèves-maîtres  de  l'Ecole  normale.  —  Les  obervations  météorolo- 
giques à  l'Ecole  normale  de  Laon.  —  Nécrologie  :  M.M.  Serer.t,  instiiuleur  à 
l'iomion.  e!  Bourgeois,  instituteur  à  Bois-lès-Pargny. —  Sujets  de  composition 
donnés  aux  examens  d'admissibilité  pour  l'Ecole  normale  de  Laon, —  Corrigé 
du  sujet  de  Sciences  physiques  et  naturelles. 

INSTRUCTION  A  MM.  LES  PRÉFETS 

RELATIVE    AUX    PENSWNS    DE    RETRAITE    DES    INSTITUTEURS. 

Paris,  le  12  juin  4865. 
Monsieur  le  Préfet  , 

Le  Sénat,  dans  sa  séance  du  l'''"  mai  1865,  a  renvoyé  une  péti- 
tion émanéelîe  plusieurs  instiluteurs  qui  réclament  au  siijft  do 
rapplicaliqii  qui  leur  esl  fuite  de  l'art.  6  de  la  loi  du  y  juin  1858. 
relative  aux  pensions  de  retraite. 


—  194  ~ 

Cet  article  dispose  que  le  taux  de  la  pension  sera  réglé  sur  les 
traitements  dont  le  fonctionifaire  a  joui  pendant  les  six  dernières 
années  de  son  exerriec. 

Favorable  aux  autres  fonctionnaires  ,  qui  ,  en  général  ,  voient 
leur  traitement  s'améliorer  jusqu'à  la  fin  de  leur  carrière  ,  cette 
disposition  a  paru  aux  pétitionnaires  nuisibles  aux  intérêts  des 
instituteurs.  Loin,  cncfTet,  que  l'instituteur  obtienne,  dans  les 
dernières  années  de  son  activité  ,  un  traitement  plus  élevé  ,  sa 
position,  scion  les  pétitionnaires,  irait  ens'amoindrissant.  —  Le 
maître  ,  fatigué  par  vingt  ou  vingt-cinq  années  d'enseignement, 
aurait  perduune  partie  des  qualités  qui  assurent  le  succès  de 
son  école  ;  les  produits  de  la  rétribution  scolaire  décroîtraient 
avec  le  nombre  des  élèves,  et,  dans  l'intérêt  du  service  ,  il  y 
aurait  nécessité  de  l'appeler  à  la  direction  d'une  école  moins 
importante. 

Les  pétitionnaires  ont  émis  ,  en  conséquence,  le  vœu  que  la 
retraite  des  ir.slitideurssoit  calculée  sur  les  six  années  consécu- 
tives où  leur  trailement  total  s'est  élevé  au  maximum,  et  non  sur 
les  six  dernières  années  de  leur  activité. 

Vous  comprendrez  ,  Monsieur  le  Préfet  ,  l'importance  de  la 
question  soulevée  par  cette  pétition.  Si  les  faits  signalés  se  re- 
produisent fréquemment  ,  il  paraîtrait  naturel  ,  comme  l'a  dit 
à  la  haute  assemblée  son  honorable  rapporteur  ,  d'accorder  une 
attention  sérieuse  à  la  demande  et  de  réclamer  le  concours  du 
législateur. 

"bans  cette  situation,et  pr urrépondre  aux  vues  gui  ont  inspiré 
le  voie  du  Sénat,  je  vous  prie,  Monsieur  le  Préfet ,  de  dresser 
avec  le  plus  grand  soin  un  tableau  indiquant  ceux  des  institu- 
teurs publies  de  votre  département  qui  ,  depuis  l'application  de 
la  loi  du  9  juin  1853,  ont  été  déplacés  pour  être  envoyés  dans 
une  commune  dont  l'école  produit  un  revenu  inférieur  au  traite- 
ment qu'ds  touchaient  précédemment. 

Vous  voudrez  bien  m'adrtsser  ce  tableau  dans  un  bref 
délai. 

Recevez, etc. 

Le  Ministre  de  Vïmlniclion publique, 

V.  DURUY. 


CIRCULAIRE  A  MM.  LES  PREFETS 

CONCERNANT    TA    SITUATION    DES    (.OURS    I)'APljI,TrS    AU    1  "''    AVRIl     18G5. 


MONSIF.UR   LE   PRiFEl", 


Paris,  le  13  juin  18G5. 


La  plupart  de  vos  collègues  ,    s'inspirant  des  idées  exprimées 
par  ma  cireulaiie  du  13  août  18G'(,ont  en^^agé  les  conseils  muni 
paux  à  porter  à  leur  budget   le  modeste  crédit  néeessaiie  pour 
Iç»  hais  d'une  distribution  de    prix    aux    élèves    des   classes 


—  195  — 

d'adultes  et  dc^  coins  publics  du  soir  ,  dont  ils  ont  ravoiisé  le 
dcv<^loppouiont.  Ils  ont  on  lucme  temps  fait  appel  à  tous  les 
hommes  de  r)ien  pour  fonder  des  prix  cantonaux  en  faveur  de 
ces  cours. 

Je  désire  savoir  ce  qui  a  été  fait  à  ce  sujet  dans  votre  départe- 
ment pondant  le  dernier  hiver. Je  vous  adresse,  en  conséquence, 
un  état  destiné  à  établir  la  situation  des  cours  d'adultes  au  J"' 
avril  dernier. 

Vous  voudrez  bien  faire  remplir  cet  état  avec  soin  et  me  le 
renvoyer  le  \)\y\>  tôt  {possible. 

Vous  y  joindiez  la  liste  des  instituteurs  qui  ,  par  leurs  efforts  , 
ont  obtenu  le  plus  de  succès  et  méritent  d'être  encouragés. 

J'ai  pris  (i(!-.  mesures  pour  que  d^s  livres  leur  soient  adressés, 
par  mon  administration  ,  à  titre  de  témoignage  de  satisfaction. 
Recevez  ,  etc. 

Le  Minisire  de  V Instruction  publique  , 

V.  DURTJY. 


CIRCULAIRE  AUX  RECTEURS 

RKIAIIVK    \    1;KNV0I    DUN    MODÈLE    DE    TABLEAU    RÉCAPITI  I,A TIF 
POIR    LES    EXAMENS    AL'    BREVET    DE    CAFACITÉ. 

Paris,  le  2Ô  juin  1865. 
Monsieur  le  Recteur  , 

J'ai  l'honneur  de  vous  adresser  un  modèle  d'état  récapitulatif 
(jUG  je  désire  que  vous  m'adressiez  à  l'avenir  en  même  temps  que 
les  procès- verbaux  destinés  à  constater  les  opérations  des  com- 
missions d'iiistrncîion  primaire  chargées  ,  dans  votre  ressort 
académique  ,  de  l'examen  des  aspirants  et  aspirantes  au  l)revel 
de  capacité. 

Je  vous  prie  de  donner  à  MM.  les  iHspeclcuïs  d'Académie  pla- 
cés sous  vos  ordres  des  instructions  précises  à  cet  égard  ,  et  de 
veiller  à  ce  que  les  diverses  indications  dont  le  détail  se  trouve 
dans  le  tableau  soient  fournies  avec  le  plus  grand  soin 

Je  vous  prie  de  m'accuser  récepiion  de  la  présente  circulaire. 
Recevez,  etc. 

Le  Ministre  de  l'Instruction  puhligue, 

V,  DURUY. 


CIRCULAIRE  A  MM.  LES  PREFETS 

UELATIVr.    A    l'exÉ<:1  riOX    de    LARlVlhÉ    DU    23    JUIN 

.  oiii'i'i  iiaiil  les  sulivenlinas  iilioiiôcs  pour  le  mohilier  dw  inslilulcars  el  in^lilulrircs  jiuliiics 

Paris,  le  28  juin  1805. 

MONSIEI  R    LE    l*ai':FKT, 

Malgré  les  recomiiiandations  contenues  dais  ma  circulaire  du 
2C  mai  1804,  il  est  arrivé  quelquefois  que  le  mobilier  loarni  aux 


—  19G  — 

iustilnlonrs  on  institulrices  pour  leur  usage  personnel ,  en  vertu 
nés  (lisposinons  de  lart.  lor  jn  décret  du  1  septembre  18G3,  ne 
rempli- sait  pas  loules  les  eonditions  désirables. 

D'après  les  rapports  de  MM.  les  inspecteurs  primaires  spéciale- 
menl  chargés  de  donner  des  renseignements  à  ee  sujet,  ce  mobi- 
lier ne  serait  pas  toujours  neuf,  ou  quelques-uns  des  objets  piin- 
(  ipnux  qui  le  composent  seraient  mal  établis,  ou  établis  avec  des 
maléiiaux  de  qualité  inférieure.  Ce  sont  là  des  circonstuices  (jui 
sont  en  opposition  forn)olle  avec  les  vues  exprimées  dans  le 
rapport  présenté  à  l'Empereur  à  Tappui  du  décret  du  4 
septembre. 

Dans  cette  situation  ,  j'ai  dû  demander  que  des  meubles  conve- 
nables fussent  substitués  à  ceux  qui  ne  remplissaient  pas  les 
con  iiîions  voulues,  et  ajourner,  par  suite,  le  payement  delà  part 
contributive  de  l'Etat  dans  la  dépens^  dont  il  s'agit. 

Ces  ditTicultés  sont  regrettables, car  les  observations  de  l'Admi- 
nistration ,  quelque  fondées  qu'elles  soient ,  sont  parfois  l'objet 
d'interprétations  étonnées  ,  et  son  insistance  ,' en  présence  de 
faits  accomplis, esi  trop  souvent  considérée  comme  une  exigence 
qui  devient  !e  motif  de  mécontentement. 

Vous  avez  compris.  Monsieur  le  Préfet,  qu'il  importe  de  préve- 
nir le  retour  de  pareilles  dilïîcultés. 

Les  circulaires  du  -26  septembre  1863,2  février  et  26  mai  iSM, 
donnaient,  au  sujet  du  mobilier  des  instilutf  urs ,  les  indications 
les  plus  précises  ;  mais,  pour  prévenir  tout  malendu  entre  l'ad- 
ministration et  les  autorités  municipales  ,  je  viens  de  prendre  un 
arrèié  dont  je  vous  adresse  ampliation,  et  qui  détermine  l«*s  con- 
ditions dans  lesquedes  le  secours  de  l'Etat  sera  désormais 
délivré. 

xiinsi ,  à  l'avenir,  je  n'ordon- ancerai  la  part  coutributivc  de 
mon  département  dans  la  dépense  du  mobilier  personnel  de  i'ins- 
tiînteur,quaprès  la  livraison  intégrale  et  la  vérification  de  ce  mo- 
bilier. 

A  cotte  fin  ,  vous  aurez  à  m'adresser  ,  avec  vos  propositions 
d'ordonnancement,  un  certificat  de  M.  l'Inspecteur  d'Académie, 
conslalant  que  le  mobilier  est  complet,bicn  conditionné  et  d'une 
\-aIeur  réelle  de  600  fr. 

Vous  voudrez  bien  ,  Monsieur  le  Pr'fet .  porter  cette  nouvelle 
décision  à  la  connaissance  de  M'i.  les  jVIaires  de  votre  départe- 
ment .  et  m'adresser  un  exemplaire  du  liecueil  administratif 
ou  de  la  cire u -aire  qui  contiendra  vo?  instructions  et  l'arrêté 
précité. 

Agréez,  etc. 

Le  Ministre  de  l  Instruction  puhlique, 
v.  DURlY. 


FAUTES  ^ON-OFFiaiELLE. 


EBUCATIOIV  ET  EA'SElGRiEMtîlIT. 


CAISERIES  PÉDAGOGIQIES. 

XXXI. 

L'enseignement  de  la  langue  nationale  (fue  nous  abor  Ions  au- 
jourd'hui ,  est ,  tout  le  monde  en  convient ,  un  des  plus  dilïieiles 
et  des  i)lus  conii)li([!iésdont  le  maître  ait  à  s'occuper. Pour  traiter 
dans  toute  son  élesiduo  une  matière  si  complexe, il  faudrait  écrire 
des  volumes;  nous  devrons  donc  nous  borner  à  quel((ues  inrlica- 
tions  somuiaire?  ,  renvoyant  aux  traités  sfiéciaux  ceux  de  nos 
lecteurs  qui  éprouveraient  le  désir  ou  le  besoin  de  faire  une 
étude  approfondie  du  sujet  en  question. 

11  faut  distinguer  tout  d'abord  dans  l'enseignement  de  la  Ijuguo 
deux  éléments  ou  deux  facteurs,  si  l'on  ain-e  mieux,  l'un  indi- 
recf,  l'autre  direct. 

La  langue  française  étant  îe  véhicule  obligé  do  tout  ensoigne- 
raeiit  à  l'école  ,  il  est  certain  que  tout  en  donnant  des  leçitns  de 
calcu! ,  d'histoire  sainte  ou  d'écriture  ,  le  maître  donne  en  même 
temps,  et  cela  forcément,  des  leçons  de  langue. 

Cet  enseigaement  indirect  ,  dont  on  ne  tient  pas  toujours 
a  sez  compte  ,  j  )ue  un  rôle  des  yjlus  importants  à  l'école  ,  et 
comme  par  sa  nature  même  il  est  constamment  pratique,  il  pro- 
duit les  plus  heureux  résultats. 

Faisons  donc  une  large  part  aux  exercices  oraux  ,  quelle  que 
soit  la  branche  d'enseignement  dont  nous  no-is  occupons  ,  par- 
lons ,  exj)liquons  ,  inîerrogeons  ;  mais  n'oublions  pas  surtout  de 
faire  expliquer  par  les  élèves  ce  que  nous  leur  aurons  exposé. Un 
instituteur  habile  e^t  jaloux  de  se~ faire  comprendre  par  ses  dis- 
ciples et  il  ne  se  ménage  pas,  tant  s'en  faut  ;  mais  si  le  maître 
seul  parle,  il  n'atteint  que  la  moitié  du  résnh-^t  auquel  il  veut 
arriver.  (  omprendre  un  fait,  c'est  (juelque  chose  déjà, mais  pou- 
voir en  rendre  compte, nettement  et  couraaKnentsC'esl  iii!inime;it 
mi<'jx. 

Que  nos  élèves  parlent  donc  souvent, qti'ils  prennenî  de  bonne 
heiue  l'iialtitiide  d'exprimer  burs  idées  par  le  discours,  c'est  non 
seulement  leur  donner  d'excellentes  leçons  de  langue, c'est  encore 
le  jiiuyen  le  plus  eilicace  de  leur  faire  retenir  ce  que  nous  leur 
av-'  ns  enseigné,  et  iévelopper  de  la  façon  la  plus  heureuse  leurs 
facultés  intellectuelles.  ?.Iais,  pou.r  arriver  à  ce  résultat  si  dési- 
rable ,  il  faut  que  le  maître  sache  parfois  se  taire  ,  pour  céder  la 
parole  à  ses  auditeuis  ,  et  trop  de  jeunes  instittitenrs ,  entraînés 
par  un  zèle  trcp  bouillant, n'observent  malheureusement  pas  cette 
icgle  salutaire. 

Dans  l'enseignement  indirect  de  la  langue  nous  rangeonseucore 
et  à  ju&te  litre  tout  exercice  de  la  parole  auquel   l'enfant  se  livre 


—  198  — 

pendant  les  récréations  et  même  en  dehors  de  la  classe  .  toutes 
les  fois  qu'il  se  trouve  en  société  avec  ses  condisciples.  Nous 
faisons  abstraction  ici  de  la  maison  paternelle  ,  quelqu'iniporlanl 
que  soit  son  rôle  au  point  de  vue  qui  nous  occupe,  paice  que 
nous  envisageons  la  question  au  point  de  vue  général,  et  que  les 
moyens  qui  nous  semblent  avantageux  dans  les  provinces  où  l'on 
parie  un  patois  quelconque  ou  l'allemand  ,  doivent  à  plus  forte 
raison  réussir  dans  les  régions  où  le  français  pur  est  en  usage. — 
Nous  supposons  donc  que  le  premier  soin  du  maître  consistera  à 
recommander  à  ses  disciples  Vusaije  exclusif  de  la  hingtic  nalio- 
nale  et  nous  ;  joutons  tout  aussitôt  que  ,  pour  cette  recommanda- 
tion ne  soit  pas  vaine  ,  l'instituteur  se  fera  un  de\o\v  de  prêcher 
constauiinent  d'exemple. 

Quelque  bizarre  que  paraisse  cet  expédient  au  premier  abord  . 
il  n'en  est  ni  moins  logique  ni  moins  ellicace. 

Tout  le  monde  sait  d'abord  que  le  meilleur  maître  de  langue 
est  l'usage.  D'un  autre  côté,  c'est  faire  une  remarque  supertlue 
aux  insliUiteurs  que  de  leur  dire  que  les  enfants  apprennent 
sur'out  facilement  ce  que  leur  enseignent  d'autres  enfants.  Obte- 
nez donc  que  vos  élèves  parlent  français  entre  eux  le  pliis  tôt  pos- 
sible et  toujours  ,  récompensez  spécialement  ceux  qui  se  dis- 
tinguent sous  ce  rapport,  et  vous  serez  étonnés  des  résultats  que 
vous  obtiendrez  ! 

Encore  une  fois,  nous  choisissons  les  conditions  les  plus  défa- 
vorables, nous  renonçons  sciemment  au  concours  de  la  maison 
paternelle  ,  pour  que  nos  préceptes  puissent  être  d'une  applica- 
tion universelle.  31ais,  nous  dira-t-on  ,  comment  peut-on  exiger 
que  de  jeunes  enfants,  qui  ne  connaissent  que  le  patois  ou  l'alle- 
mand, se  meitent  subitement  à  parler  le  français!  cela  est  impos- 
sible, à  moins  que  leur  seule  entrée  à  l'école  ne  produise  eu  eux 
un  miracle  ! 

Il  y  a  miracle,  en  effet,  si  vous  voulez,  et  la  fée  dont  la  baguette 
magique  est  intervenue  pour  l'opérer  ,  s'appelle  nécessite  ! 

Essayez  plutôt ,  comme  une  foule  de  bons  maîtres  l'ont  déjà 
fait,  ne  vous  adressez  à  vos  élèves  qu'en  français  ?  ne  leur  répon- 
dez qu'en  français  ,  et  vous  serez  surpris  des  progrès  obtenus. 
Nous  prétendons  même  que  le  seul  moyen  d'enseigner  prompte- 
ment  et  convenablement  une  langue  vivante  quelconque  ,  c'est 
d'en  faire  ,  par  une  pratique  constante  ,  comme  une  seconde 
langue  maternelle.  On  peut  même,  l'expérience  l'a  prouvé,  ensei- 
gner par  cette  méthode  plusieurs  langues  à  la  fois. 

Dans  les  commencements. la  marche  que  nous  conSf^illons  peut 
rencontrer  quelques  diUlcultés  ,  mais  les  plus  gros  obstacles  ne 
tardent  pas  à  disparaître  et  bieniôt  le  maître  se  voit  a  -  plement 
dédommagé  des  peines  qu'il  s'est  donnc'es. 

D'ailleurs  les  salles  d'asile  ,  qui  se  multiplient  de  plus  en  plus, 
préparent  le  terrain  à  1  iustilulcur;  les  éléuu^uls  dulaugagc  usuel 
constituent .  on  le  sait,  le  fond  de  leur  ftrogiauime  d'instruc- 
tion, et,  dans  ce  cas.  l'école  n'a  (|u'à  continuer  l'œuvre  com- 
mencée. 


—  199  — 

L'onstignoniPTit  direct  de  la  langue,qni  doit  s'appuyer  constam- 
ment sur  la  pratique  susdite  ,  se  divise  naluielleiiiesiten  plusieurs 
chapitres,  dont  l'aclion  se  combine  et  se  complète  delà  façon  la 
plus  intime  par  une  réciprocité  perpétuelle ,  mais  dont  le  méca- 
nisme demande  à  être  considère  isoh'ment  et  individuellement 
pour  éviter  la  contusion. 

Ces  chapitres  sont  : 

1^  Les  exercices  de  lamjaijc  et  d' intelWjence  : 

2''  La  lecture  ; 

3'  L'écriture  ; 

¥  Les  dictées  ; 

0°  Les  exercices  de  mémoire  ; 

G''  Les  rédactions; 

7"  Les  exercices  oraux  et  les  leçons  collectives  ; 

8"  Les  traductions  ; 

d°  L'analyse; 
10"  La  grammaire. 

Chacun  de  ces  sujets  nous  l'ournira  la  matière  d'un  ou  de  plu- 
sieurs entretiens. 

*  J.  Mabnîer. 


OBSERVATIONS  ET  CONSEILS  PÉDAGOGIQUE.^. 


Ij«;ttre  de  ifl.   l'Ins>pectcui*  tl'Acadéuiâe  du  lu  iflosclle 
à  l'un  d«  mm.  les  Bnstilutcurs  du  dcgtartemcnl. 

Mo.NSiELU  l'Instiiuteur  . 

Je  vous  renvoie  ,  après  les  avoir  examinés  ,  les  devoirs  de  vos 
élèves.  J'en  ai  été  satisfait,  je  vous  adresserai  toutefois  les  obser- 
vations suivantes  : 

i»  D  »ns  les  dictées  d'orthographe  ,  le  sens  de  chiujue  phrase 
est  -  il  bien  compris  des  enfants  ?  se  rendent  -  ils  compte  ,  par 
CMemple  ,  de  tel  passage  où  il  est  question  d'Idoménée  et  de  \îi- 
nerve  ?  de  tel  autre  où  on  parle  de  la  Diane  qui  retentit,  etc. 

Lu  dictée  a  une  importan(  o  considérable  dans  une  école  bien 
'iirigée.  Il  est  essentiel,  co;nme  je  l'ai  déjà  dit  dans  le  Bulletin  , 
qu'on  ne  dounc  aux  rlcves  que  dos  passages  empruntés  à  de 
b'jns  livres  et  noii  des  morceaux  arrangés  facticement  i>ar  les 
grammaifieiîs.  Je  désire,  en  conséquence  ,  (pie  vous  indi(iuie/  à 
quel  auteur  appartiennent  h'S  par^sages  que  vous  dictez. 

2"  L'exercice  des  phrases  expliquées  par  leur  contraire  est 
bon  J'ai  remarqué  plusieurs  copies  ou  cahiers  où  cet  exercice 
est  bien  réussi  ;  mais  je  me  demande  si  c'est  l'élève  (pii  a  îait  la 
réiinise  ou  si  c'est  seulement  une  dictée.  11  me  paraît  difficile 
qu'en  regard  de  la  phrase:  Les  qualités  du  langage  sont  la  brièveté. 


—  200   - 

la  clarlé  et  l'Iiarmonir  ,  un  enfant  trouve  tout  seul  !a  |)cnséc  con- 
traire :  Les  défauts  du  langage  sont  la  prolixllô ,  l'obsCHritc,  la  dis- 
cordance. Si  c'esi  simplement  une  diclce,  l'exercice  alois  e.t  bien 
moins  utile  11  faut  que  les  élèves  trouvent  eux  -  mêmes  les  con- 
traires et  que  les  phrases  ou  pensées  soœnt  bien  à  leur  portée. 
Veuillez  tenir  compte  de  celte  obervation. 

3"  Vous  i.e  devez  jamais,  ou  du  moins  presque  jamais,  donner 
d'analyse  gramm:itica'e  à  faire  par  écrit.  Je  vous  en  conjure,  re- 
noncez à  cet  abus  insigne  de  la  grammaire  ;  employez  le  temps  à 
des  choses  plus  profitables. A  quoi  sert  toute  ceîte  dissertation  du 
langa^re  ?  Quel  avant;^ge  pratique  en  résulte-t-il  pojr  l'enlaiit  ? 
L'analyse  gramniaticale  et  logique  doit  être  l'objet  de  simples  et 
courtes  explications  orales. Moins  vous  insisterez  là  dessuSjmieux 
cela  vaudra. 

4°  Il  m  est  diflicile  d'apprécier  avec  exactitude  les  composi- 
tions d'histoire  et  de  géographie  ,  attendu  que  j'ignore  de  quelle 
façon  les  élèves  y  ont  été  préparés  et  quels  secours  ils  ont  eus.  Il 
est  très  fâcheux  que  l'on  trouve  encore  dans  ces  devoirs  le  mot 
histoire  écrit  istoire  et  qu'il  s'y  rencontre  d'autres  fautes  gros- 
sières en  grand  nombre. 

Les  sujets  de  composition  sont  d'ailleurs  bien  choisis  et  notam- 
ment celui  qui  consiste  à  demander  aux  enfants  quel  est  le  fait 
le  plus  important  accompli  dans  chaque  règne.  J'ai  vu  avec  plai- 
sir asissi  que  vous  ne  négligez  pas  la  géographie  de  notre  dépar- 
tement. Je  vous  recommande  de  nouveau  ,  à  ce  point  de  vue  ,  le 
petit  livre  de  M.  de  Chalellux,  que  sans  doute  vous  connaissez. 

ô"  Les  cahiers  d'explication  française  dénotent  de  rintelligencc 
et  de  la  réflexion.  1!  y  manque  sans  doute  bien  des  détails  ,  que 
les  enfants  ne  peuvent  trouver  par  eux-mêmes  ;  mais  maintenant 
que  vous  avez  le  livre  du  maître  ,  vous  pouvez  suppléer  à  ce  que 
leurs  réponses  ont  d'incomplet  ou  corriger  ce  qu'elles  ont  de 
défectueux.  -  Je  vous  engage  à  faire,  de  temps  à  autre 
le  corrigé  de  cet  exercice ,  après  que  vous  aurez  donné  les  expli- 
cations contenues  dans  le  livre  du  rnsître. 

G"  Je  remarque  dans  presque  tous  les  devoirs  ou  cahiers  de 
grosses  fautes  contre  l'orthographe  d'usage,  et  ces  fautes  évidem- 
ment sont  en  désaccord  avec  le  degré  d'intelligence  et  le  progrès 
général  des  enfants.  Je  crains  que  cela  ne  tienne  à  la  prédomi- 
nance que  vous  paraissez  encore  accorder  à  l'orthographe  dite  de 
règles  ,  c'est  à-dirr'  à  celle  qui  n  fOur  objet  surtout  les  qnchjuc  , 
les  tfiut,\c.s  mots  composés,  les  pluriels  exceptionnels,  etc., etc.  Je 
ne  saurais  trop  vous  engng(;r  à  vous  atUscher  princi  alement  à 
l'orthographe  ordinniiwLaissez  les  particidaritt's  et  les  dinicultcs 
aux  grammairiens  de  profession.  C'est  par  defiéquenles  lectures 
et  des  dictées  quoti'îien  les  que  vous  arriverez  à  faire  conliacter 
aux  enfants  l'habitude  de  la  seuleOithographe  dont  i's  aieist  vrai- 
ment besoin  ,  l'orlhographe  usuelfc. 

7"  Les  cahiers-esquisses  que  vous  employez  pour  le  dessin 
linéaire  ont  un  inconvénient  ;  c'est  que  la  main  de  l'écoliei-,  tr(ip 
guidée,  obéit  machinalement  à  l'esquisse  et  n'acquiert  ni  sûreté 


-    201   — 

ni  hardiesse. Quand  ensuite  clic  est  abandonnée  à  olle-nipme,pour 
l'imitation  d'un  nir.dèle  ou  d'un  dbjet  naturel  ,  elle  ne  sait  plus 
rien  faire.  Cette  méthode  est  séduisante  au  premier  abord,  parce 
qu'elle  présente  ,  eu  apparence,  des  résultats  immédiatement 
obtenus, mais  en  réalité  elle  est  plus  lente  que  la  simple  imitation 
par  le  coup  d'œil.  Votre  élève  aura  calqué  bien  des  cuillers  et  des 
fauteuils  avant  de  pouvoir  vous  en  tracer  de  mémoire.  Si  au  con- 
traire il  aborde  la  difficuUé  de  front ,  ses  essaie  ,  d'abord  Irès- 
irrégulier-,  ne  tarderont  pas  à  se  rectifier.  Défiez-vous,  en  géné- 
ral ,  de  ce  qui  est  aisé  ,  le  progrès  est  toujours  en  proportion  de 
la  peine. 

Toutes  ces  observations  d'ailleurs  n'ôtent  rien  au  mérite  que  je 
vous  reconnais  et  auquel  je  me  plais  à  rendre  justice. 

Recevez,  etc.  C.  Haînriot. 


LES  COURS  D'ADULTES  DAIS  LES  VOSGES. 


Nous  lisons  dans  le  numéro  68  du  Ballet  in  du  Minisière  de  l' Ins- 
truction puhlique  ,  l'exlrait  suivant  d'un  rapport  adressé  par  M. 
l'Inspecteur  d'Académie  à  M.  le  Préfet  des  Vosges,  sur  les  résul- 
tats obtenus  dans  les  cours  d'adultes  ,  ouverts  pendant  l'hiver 
1864-1865. 

Nous  recommandons  particulièrement  cette  note  à  l'attention 
de  nos  lecteurs. 

Cette  année,  lis  coars  d'adultes  onl  pris  un  grand  développement 
dans  les  Vo?ges.  Tandis  que  rendant  l'hiver  fie  1863-1861,  il  y  avait 
seulement  26  classes  d'adulies  fréquentées  par  936  élèves ,  le  nombre 
de  ces  cours  s'est  élevé  lout-à-coiip  à23'2,  et  6,180  adtdtes  de  l'âge  de 
14  à  50  ans  sont  venus  régulièrement  s'asseoir  sur  les  mômes  lianos  où 
pendant  ie  jour  venaient  ?'asicoir  leur  fils,  lignerons,  journaliers, 
(Iorn3sti(ries ,  ouvriers  Je  tout  gonre  ,  hommes  nvirié:>  ont  pris  pan  à 
cus  leçons  avec  une  régularité  et  une  assidiiilé  dignes  d'éloges. 

Les  seuls  cours  d'E-pioal  en  out  compléSSl. 

D;in.s  une  conifaune  rurale,  àArnould,  on  a  compté  jusqu'à  150 
auditeur?  à  chaqui^.  séanee  de  deux  heures. 

Les  rapporis  rujiis  à  lia  pecUon  académique  sur  les  cours  d'adultes 
renferniiiul  des  auecdoles  bonnes  à  recueillir. 

Ainsi ,  on  a  vu  dans  une  commune  ,  ua  vieillard  de  84  ans  venir 
encourager  le?  élèves  el  le  maire  par  sa  présence. 

A  Doiimartin-sur  -Vraine  ,  M.  le  baron  do  Dommartin  ,  membre  du 
Co'iseil  géuiTal ,  a  p.is  à  son  compte  tous  les  frais  occasionnés  par  les 
cours  d'adultes. 

Dans  unecoiiimune  de  la  nmmtignejà  Bussang,  une  personne  hono- 
rab'e  a  founu  les  livres,  plumes  papier  et  encre  nécessaires. 

A  Epinal ,  l-s  so'dots  du  'il'-  di".  ligne  ont  constamment  donné  le  bon 
exemple  ,  el  M.  le  Préfet  lui-uièuie  a  remis  plus  d'un  prix  à  ces  braves 
militaires  qui ,  le  ioir  ,  venaii'Ui  ;e  confondre  avec  les  bourgeois  |)our 
compléter  leur  instruciiou  à  1  école. 

Enfin  ,  dans  ui^e  mudedc  commune  ,  à  lîarville  ,  riustilulcur  a  pu 


—  202  — 

retenir  ses  élèves  en  classe  pendant  les  soirées  du  carnaval  qui  fVor- 
(liuairo  sont  une  occasion  de  dépense  pour  les  jeunes  gens;  aussi 
l'un  deux  en  qui'tani  l'école  disait  à  son  n)aître,  d'un  air  tout  joyeux  : 
•<  Nuus  parlons  d'ici  l'espiit  moins  vide  et  noire  bourse  p'us  pleine.    > 

11  y  a  à  peine  quelques  jours,  i  Gorcieux,  on  recueillaii  un  mot  très- 
caraciéristique;  un  aubugisie  d'une  localité  imporlaulo  de  la  montagne 
disait,  en  cariant  des  classes  d'adultes  :  .<  Cela  ne  me  va  pas  du  tout; 
»  avec  votre  école  du  dimanche  vous  m'enlevez  mes  pratiques.  » 

Eî!  rapprochant  le  nombre  des  élèves  des  cours  d'aduitiîs  de  la  po- 
pulation (153,784-  habiîanis)  des  232  communes  où  ils  ont  été  établis, 
on  trouve  le  rapport  de  i  élève  adulte  sur  24  habitants  ;  si  l'on 
retranche  les  femmes,  les  enfints  et  les  vieillards,  on  a  1  adulte  sur  6 
habitants.  C'est  donc  le  sixième  de  la  population  qui  fréqueme  les 
écoles  du  soir.  C'est  un  résultat  remarquable  à  constater. 

II  résulte  des  rapports  parvenus  à  l'administration  que ,  dans  130 
communes ,  les  instituteurs  font  gratuitement  la  classe  du  soir  ;  102 
ont  obtenu  des  communes  uuefaibe  rémunération,  35  francs  en 
moyenne. 

La  note  qui  précède  a  donné  lieu  aux  réflexions  suivantes,  que 
la  li'Jinte  de  l'Insfruclkni.  jniblùjue  a  publiées  dans  son  numéro  du 
22  Juin  et  auxquelles  nous  nous  associons  avec  le  plus  grand 
empressement  : 

Les  cours  d'adultes  dans  les  Vosges  ont  donné  des  résuUats  admi- 
rables, tant  pour  le  nombre  dos  homsnesde  tout  âge  qui  sont  venus  en 
foule  chercher,  le  soir,  l'instruction  sur  les  bancs  oii  leurs  fils 
s'asseyaient  pendant  le  jour  ,  que  [)ar  les  sympathies  généreuses  qui 
ont  favorisé  ce  mouvement.  —  Pendant  que  les  soldats  du  21*=  de  ligne 
fiéquentaieni  assiduement  les  i;ours  d'Ei)inaI  ;  que  les  jeunes  gens  de 
BarviUe  sacrifiaient  à  l'école  Uds  soirées  du  Carnaval  ;  que  les  cabare- 
tiers  se  plaignaient  de  voir  déserter  leurs  clients  ,  un  vieillard  de  Hi 
ans  donnait  l'es  mple  de  l'étude,  un  habitant  de  Bussang  fournissait 
le  matériel  néce.<saire,  31.  le  baron  de  Dommarlin  se  chargeait  de 
toutes  les  dépenses  pour  sa  commune. 

De  pareils  faits  n'ont  pas  besoin  de  commentaire,  et  il  sufflt  de  les 
citer  pour  les  louer  dignotnent  :  puissent  -  ils  trouver  d.*  noiottreux 
imitateurs  ! 


FAITS  DIVERS. 


La  Commission  d'instruction  primaire  ,  pour  le  département  de 
l'Aisne,  se  réunira  jeudi  prochain  ,  20  juillet,  à  huit  heures  du  matin, 
(i  OIS  l'une  des  salles  de  la  Préfecture,  à  l'effet  de  procéder  à  l'examen 
des  aspiran's  au  brevet  de  capacité. 

TOcandidats,  dont  1 1  élèves-maî'.res  de  l'Kcole  normale  primairiv,se 
sont  fait  inscrire.  Sur  ce  nombre,  10  demandent  ù  être  interrogés  sur 
l'iuisemble  dos  matières  facultatives  ,  et  0  sur  quel()ues-unes  de  ces 
maiièris  seuiement. 

Lo  lundi  suivant ,  24  juillet,  commencera  lexamcii  des  aspirantes 
au  nombre  de  31.  5  d'emre  elU^s  d  Mn;uulei»l  à  pa.sser  pour  le  brevet 
do  1<='  ordre. 


mo 


—  203  — 

Les  membres  de  la  ConmiissioD  d'examen  sont  : 
M. M. 
Boude',  Conseiller  de  Préf''ctî.'re  ; 
Va'ohé  Di'goix  ,   ihnnoine  honoraire  ,  curé  de  Vaux-sous  Laon  , 

aumônier  des  priions ,  officier  d'Académie; 
Monnier,  pasteur  pro!e?iant  à  Si-Quen!in  ; 
Coqaillielte,  procureur  impérial  à  Laon  ; 
Brassari,  avocat  i  Laon  ; 
Dîsseaux,  régenlau  Collège  de  Laon  ; 
MongeL   inspecteur  de  l'instiucliou  iirimaire  [lour  l'arrondisst^- 

meni  de  Vervins  ; 
Pidoux,    inspecteur  de  l'instruction  primaire  pour  l'arrondisse- 

meni  de  Laon. 

Jeudi  dernier  ,  13  juillet,  a  eu  lieu  dans  chaque  chef-lieu  d'arron- 
dissement, en  présence  de  M.  l'Inspecteur  primaire,  l'examen  prépa- 
ratoire des  aspirants  à  lEcole  normale  dont  le  nombre  sélève  ,  cette 
année,  à  59. 

Les  épreuves  définiti\es  auront  lieu  à  Laon  ,   vers  la  fin  du  présent 

ois,  devaiil  la  Commission  de  surveillance  de  l'Ecole  . 

Nul  ne  pourra  être  admis  à  y  prendre  part  ,  s'il  n'a  subi  l'examen 
préparatoire,  et  si,  par  suite  de  cet  examan  ,  il  ne  se  trouve  iiiscrit  sur 
la  liste  d'admissibilité  qui  sera  dressé  sous  peu  par  les  soins  de  M.  l'Ins- 
pecteur d'Académie. 

Nous  tâcherons  de  publier  ,  s'il  nous  est  possible,  cette  liste  dans 
notre  plus  prochain  numéro. 

Nous  reprendrons  ,  dans  un  de  nos  plus  prochains  numéros  ,  la 
publication  des  articles  pédagogiques  que  nous  avons  commencé  sou-; 
le  litre  ;  •-<  Dignité  et  Importance  des  foncitons  d'Instituteur  »,  el  qre 
l'abondance  des  matières ,  depuis  quelque  temps ,  nous  a  ,  à  notre 
grand  regret ,  forcés  d'interrompre. 


Me''Meignan,  évèquti  de  ChàloDS-sur-Muriie,  eu  prenant  possession 
cre  son  diocè.se,  a,  dans  sa  Lettre  pastorale  du  i  mai  dernier,  reconnu 
en  termes  tlatiturs  les  services  rendus  par  les  membres  de  l'Univer&iié. 

Après  avoir  invité  les  pères  de  famille  à-  veiller  avec  soin  sur  l'édu- 
cation do  leurs  enfanls  ,  il  dit  :  «  Que  peut  le  prêtre  san?  vous  ? 
»  J'ajo"le  :  que  i.teoi-i!  «ans  la  coopération  syîUi.athiquo  de  tous  ceux 
»  qui,  à  diffiMenif;  deg.é;> ,  continuent  l'éducation  de  la  jfiunesse  dans 
»  les  étabiis^ements  d'iusiructioa  publique  ?  Insiiluicurs  communaux. 
»  dont  j'ai  [lU  suivre  de  si  près  les  consciencieuses  études ,  dont  j'ho- 
»  nore  les  labeurs  el  le  dévouement  ;  professeurs  des  coiléges  ,  dont 
:•  j'a[)prFC'e  l;i  science  et  le  désin'éressement ,  recevez  d'avance,  avec 
:  le  témoignage  de  notre  estime,  l'expression  de  noîre  reconnaissance. 
.>  Notre  concours  et  celui  de  notre  clergé  ne  vous  ferout  jamais  défau'. 

>  Ce  serait  un  malheur  dont  les  amis  du  bien  ne  pourraient  se  conso- 

>  1er,    si  Ton   voyait  deux  actions  qui  doivent  demeurer  étroitement 
unies  s'affaibl'r  et  se  détruire  par  de.s  rivalités  funestes.   La   cons- 

^^  cience  de  l'enfant  serait  profondéniffit  troublée  par  un  schisme  qui 

porleta't  aiteinte  au   principe   même  de   l  autorité.    Unissons-nous 

»  pour  éviter  à  la  génération  présente  les  malheurs  de  la  génération 

■>  passée,  et  que  la  Religion  ne  soit  jamais  absente  des  institutions  qui 


—  204  — 

»  doivent ,  dacs  lintérôt  de  la  paix  publique  ,  former  en  même  temps 
>  le  citoyen  et  le  chrétien.  .,- 

Me-- .Meign-'in  s'est  rendu  le  lundi  22  mai  à  lEcole  normale  primaire 
de  Cl)âioi!5.,  et  a  visité  ce!  ctablis?eraent .  où  il  a  reçu  des  mailies  et 
dos  éièvis  un  accutil  qui  l'a  vivement  louché. 

Répondant  à  M.  l'Inspecteur  d'Académie,  qui  remerciait  Sa  Grandeur 
de  se?  sentiments  sxmpaihiqucs  envers  l'Ui-iverhité,  Me'-  M'Mgnan  a  de 
nouveau  insist.'  sur  l'union  du  prêtre  et  de  l'in^tiiuteur.  —  <  Soldais 
»  d'une  même  cause  ,  a-t-il  dit,  compiignons  d'une  môme  rouie,  n« 
»  serait-d  pis  malheureux  qu'ds  vécussent  isolés ,  puisque  1  isolement 
»  serait  la  ruine  de  l'œuvre  qui  lîur  est  commune  ?  » 

Il  a  été  constaté,  au  plu-  iomètre  de  l'Ecole  normnie,  qu'il  est  tombé, 
pendant  le  mois  de  juin  dernii  r  ,  sur  le  plateau  de  Laon  ,  uue  couch'^ 
d'eau  de  ol  millimètres  05  de  hauteur. 

Dorénavant  ,  nous  consignerons  dans  chacun  de  nos  numéros  ,  le 
rôsuliat  des  observations  météorologiques  faites  à  l'Ecole  normale  pen- 
dant la  quinzaine. 


NECROLOGIE. 


ÎSous  lisons  dans  le  Nonoellisle  de  Vervivi^  : 

Une  cérémonie  b^en  touchante  avait  réuni ,  le  sami-.di  le'  juillet ,  la 
majeure  pariie  des  h.3bi!ants  de  la  commune  de  Plomion  dans  l'église 
paroissiale. 

C'est  que  ce  jour-lc'-  ,  on  faisait  l'inhuma  ion  de  M.  Serant ,  décédé  à 
Plonvoii  Ie30  jui:),  à  la  S!iit(3  d'une*. attaqu  ^  dî  paralysie  qui  lui  est  sur- 
venue le  dimanche  25,  vers  sept  heures  du  soir,  après  avou  chanté  à 
lou.s  les  offices  et  à  la  procession  de  la  d-uxième  Fêle-Dieu. 

Le  service  terminé,  M.  Lecomte,  curé  de  la  paroisse,  a  retracé 
dms  quelques  paroles  qui  ont  vivement  impressionné  les  assi^t."nts,  les 
qualités  et  les  venus  du  défoBt  ;  i!  a  dit  que  M.  Serant  élail  arrivé  à 
Plomion  en  iSll  pour  y  exercer  les  fondions  d'instituteur  et  decltrc- 
eliHUire,  que  bien  que  ne  po'^sédant  fias  alors  les  connaissancf^s  qu'on 
exige  depuis  des  in.^tiiuieurs  ,  il  avait  toujours  su  inspirer  à  la  jeu- 
nesse, paj'  une  bonne  éducaiiou  ,  le  respect  envers  tout  le  monde,  et 
qu'il  en  avait  montré  lui-môme  l'exemple  dans  toutes  les  oircoiistances 
de  sa  vie. 

Lamort  viontdc  frapper  aus.i  M.  Bourgeois,  instituteur  delîois- 
lès-Pargny.  Danscette  commune  où  il  était  depuis  deux  ans  à  peine, 
comme  dans  celle  de  Travecy  où  il  exerça  pendant  longtemps, 
M.  Bourgeois  avait  su  se  concilier  les  sym|)alliics  des  habitants 
et  l'estime  des  autori  es  locales.  11  laisse  après  lui  les  regrets  les 
plus  sin(;ères. 

SUJETS  ©E  COMPOSITBOÎW 

DON.NÉs  LE  13  juii.i.KT  18G5  Aix  rx.vMK.Ns  d'admissibilité 

l'OLU  l'jîcoji;  .nokm.vi.l:  dic  i.ao,n. 

©ictéc. 

AVANTAGKS    DE   I.A   CONDITION 

DK   L'Ol'Vftlt.R    mes   CHAMPS    SL'K    CELI-K    DK    l.'OUVl'.IER    DLS    VILLES. 

Ld  VIO  de  l'ouvrier,  de  l'habitant  pauvre  île  la  campagne,  est  une  vie 


—  205  — 

iHimnine  on  comparaison  de  ceito  vie  machinale  de  rouviicr  fn  soie 
on  en  coton  dos  ville?.  Celui-là  ne  se  dépayse  ni  de  son  sol ,  ni  de  son 
ciel ,  ni  (U  sa  maison  pour  aller  s'exilor  i-nr^t  quatre  murs.  L  ouvrier 
des  cliMiiips  grandit  oii  il  e^l  né.  Les  scnlmifnts  et  les  luilMiudcs  ih; 
f.unilic,  de.voisinngo,  do  parenlé,  de  pays,  lui  foimcni  une  auno^phère 
d'airi.'ctionsuinife  ,"ciueiles  à  ronipro  ,  lenies  à  se  former.  Il  n'esi  pas 
co!i!iui!i!.  de  sf  séquestrer  de  la  ïiaiure  phy-ique,  ce  milieu  nécessaire 
à  i'honmie  pour  que  ihomme  soii  sain  et  cumplei.  Ses  travaux  sont 
rud.  s  ,  mais  ils  sont  variés  ;  ils  com,L'ortei)t  mill.î  applicaiions  diverses 
de  la  pensée,  mille  alU'udes  différentes  du  corps  ,  mille  emplois  des 
heures  et  des  bras  :  liôeher,  labourer,  semer,  sarcler,  faucher,  plan- 
ter drs  haies,  bâtir  des  miirs,  élever,  soigner,  nourrir,  traire  (h  s  ani- 
maux domestiques,  moissonner,  battre  de>  gerbes,  vanner  le  blé , 
émondf;r,  vendanger  les  vignes ,  pre.-surer  le  raisin  ,  récolter  les  fruits 
du  noyc'i' et  du  châla;gnier  ,  sécher  ses  lécoiies,  les  préserver  pour 
l'hiver,  irriguer  h  s  jiraiîies  .  curer  les  écluses  des  moulins,  pêcher  les 
étangs  -itu'ler,  dételer  les  bœuf^,  tondre  If  s  mouton?,  presser  le  laitage 
des  chèvres  ,  couper  le  genôl  ou  la  broussaiile  pour  le  foyer,  réparer  le 
chaume  du  toit ,  tresser  le  j-^nc  ,  peigner  le  chanvre  ,  nourrir  le  ver  à 
soie,  hier  la  laine  pendoni  les  jours  île  neige  :  ce  sont  là  autant  de  tra- 
vaux qui ,  en  diversifiant  le  travail  de  l'ouvrier  de  la  compagne  ,  le  lui 
font  aimer  ,  et  changent  la  peine  eu  iutéiêi  et  souvent  en  attachement 
paisionné  à  l'œuvre.  Lamartine. 

Style. 

Lettre  par  laquelle  un  ast  Irani  à  l'Eco'e  normale  informe  sa  famiile 
qu'il  vient  d'échouer  dan*  sps  épreuves  fi.udes.  11  cherche  à  la  coorolcr 
de  ce  résultat  malheujeux  en  lui  faisant  connaître  ses  résolution^. 

^  rltldiïictiqne . 

3  p^r-onnes  doivent  furnirr  une  société  indu?tri(iîle  avec  un  c;ipi:al 
de  400.000  fr.  dont  le  i/8  sera  fourni  par  la  première,  les  3/7  par  la  deu- 
xième et  le  restp  par  la  trois  èm-.  Déierminer  la  par'  contrbutive  de 
chaiîune  d'elle  ? 

Le  déparlement  de  !'Aisr;e,  dont  la  superficie  toiale  est  de  73.^.774 
hectares,  rmif^Tme  une  population  de  564-, 597  habit;int-;  on'deuiande 
qui'l  y  est  le  chiffre  raoyi'n  dt>ia  popula'ion  par  kilomètre  carré  ? 


-sa  c  •a~~- 


Sciences  physiques  et  nalurciies. 


Vinaigre.  —  Acide  pyroligneux.  —Acide  acétique.  —  Propriétés,  usages 
et  préparation  de  ces  coips.  (I) 


Le  vinaigre  est  un  liquide  qui  résulte  de  la  fermentation  acide 
de  certaines  boissons  alcooliques,  telles  que  vin,  bière,  cidre, etc. 
Lorsque  les  boissons  alcooliques  sont  exposées  au  contact  de 


^1)  Cette  question  a  été  posée  dans  le  numéro  du  15  mars  deroier. 


—  206  — 

l'air  ,  l'nlcool  s'empare  de  4  équivalents  d'oxygène  ,  et  se  trans- 
l'orrae  en  acide  acéliq' e,  dont  la  formule  chimique  este''  h'*  o*  . — 
Le  vinaigre  n'est  donc  que  de  l'acide  acétique  ,  étendu  d'une 
assez  grande  quanliié  d'eau.  Sa  composition  est  la  même  que 
celle  du  vin  ;  scii!cn;ent  l'alcool  y  est  remplacé  par  de  l'acide 
acétique 

Le  vinaigre  de  vin  de  bonne  qualité  est  un  corps  liquide  à  la 
température  ordinaire  ,  d'une  couleur  rouge  ou  blanc  suivant  le 
vin  qui  a  servi  à  le  forn  er,  dune  saveur  acide  et  piquante,  d'une 
odeur  agréable  qui  provient  de  l'acide  acétique.  Oulre  cette 
odeur,  iî  en  a  encore  une  particulière  :  ce  bouquet,  d'après  cer- 
tains chimistes,  est  attribué  h  l'élher  acétique. 

Au  contact  de  l'air  ,  le  vinaigre  ,  surîout  quand  il  est  faible  , 
s'aitèie  peu  à  peu  ,  ci  donne  naissance  à  un  grand  nombre  de 
petits  animaux  semblables  à  des  vers,  qu'on  appelle  les  anQtiilles 
du  v'maiqvc  On  se  débarrasse  de  ces  infusoires  par  la  fiiti'alion; 
à  moins  qu'il  n'y  en  eut  une  quantité  très-considérable  .  le  goûl 
du  liquide  n'en  est  pas  sensiblement  altéré. 

Dans  le  commerce  on  fraude  souvent  le  vinaigre  en  y  ajoutant 
de  l'eau,  et  on  dissimule  l'affaiblissement  qui  en  résulte,  en  y  in- 
troduisant une  petite  qua-.tité  d'un  acide  minéral ,  tel  que  l'acide 
sulfurique ,  ou  l'acide  cblorhydrique.  On  découvre  facilement 
cette  fraude  de  la  manière  suivante  :  on  délaie  dans  un  décilitre 
de  vinaigre,  un  d^mi  gramme  de  fécule,  et  on  fait  bouillir  le  œé- 
lano-e  peiniant  20  à  30  minutes. i>ans  le  cas  d'impureté, le  vinaigre 
restera  incolore,  car  la  fécule  aura  été  transformée  en  dextrine 
et  en  glucose  par  l'acide  sulfuriipae  ;  dans  le  cas  contîaire  , 
la  liqueur  se  colorera  en  bîeu  par  l'action  de  l'iode  sur 
l'amidon. 

Préparation.  —  Il  résulte  de  ce  que  nous  avons  dit  précédem- 
ment (iue,  pour  faire  du  vinaigre  avec  du  vin,  qui  est  une  liqueur 
alcooli'aue  ,  il  faudra  mettre  ce  dernier  en  contact  avec  de  l'air  , 
et  faire  mtervenir  une  substance   qui  dét^^rmine  l'absorption  de 

l'oxvgène. 

Toutes  les  matières  renfermant  de  l'alcool ,  ou  qui  sont  seule- 
ment susceptibles  de  devenir  alcooliques  par  la  fermentation, 
peuvent  servir  à  fabriquer  du  vinaigre. 

Dans  certains  pays  du  Nord,  on  a(;idifie  la  bière.  On  peut  faire 
du  vinaigre  en  mettant  en  contact  de  l'eau,  de  la  levure  de  bière 
et  du  sucre.  Ce  dernier  se  transforme  d'abord  en  alcool  qui,  par 
l'oxydation  ,  devient  lui-même  de  l'acide  acétique.  Cela  posé  voici 
les  deux  n)éthodes  les  plus  usitées  pour  faire  du  vinaigre. 

*  1»  Vinaigre  d'Orléans,   =^   2"  Procrdô  allemand. 

Viî^MGnE  d'Orlkans.  --  A  Orléans,  où  se  fabrique  le  rn(nl!eur 
vinaigre  ,  on  suit  le  procédé  suivant  : 

Dans  une  pièce  où  la  température  peut  être  maintenue  entre 
2.")  et  .'i:i",  on  dispose  plusieurs  rangé(>s  de  tonneaux  par  étage, en 
les  plaranl  sur  leur  fond.  Ceux  (jui  ont  déj  i  servi  et  qui  sont 
imprégnés  de  ferment  (mère  de  vinaigre)   doivent  élre  préférés. 


—    207  — 

Ils  sont  percés  do  deux  Irons  à  letir  l'ond  siipérioiir  ,  l'un  ponr 
rinli'ùfliulioii  (In  li(|ui(lo,  l'antre  pour  le  (ir^gagenienl  de  l'air.  On 
verso  dans  cliacinc!  lonno  nnc  cerlainoqnanlilé  do  vùiaigiv!  bonil- 
lant,  pnis  Ions  les  hnii  Jours  on  y  intîodnii  10  lihos  do  vin  qn'on 
a  préalablement  lilli'é  sur  des  copc^uix  do  hctrc  ;  celte  opération 
a  en  pour  i(''£nltal  d  introduire  daiis  la  masse  une  matière  a/.oiéo 
destinée  à  favoriser  la  réaction.  Huit  jours  après  chaqueaddition 
de  vin  ,  on  retire  10  litres  de  vinaii,n-e  que  l'on  remplace  par  10 
litres  de  vin, 

pROnÉDÉ  ALLEMAND.  —  Dans  la  mélliode  allemande,  l'oxyda- 
tion de  l'a'cool  (!st  plus  rapide  et,  p;ir  conséquent  ,  la  fabricalion 
pins  expédilive.  On  se  sert  d'un  tonneau  divise  en  trois  comparti- 
meuts.  Le  compartiment  nîoycn  renferme  des  copeaux  de  héîre 
rouge  ,  et  communique  avec  le  compartiment  supérieur  par  des 
brins  de  ficelle.  An  tond  snpé  ienr  se  trouve  deux  ouvertures 
l'une  pour  l'introduction  du  liquide  dans  le  l^i  compartiment, 
l'antre  ])onr  l'accès  de  1  air  dans  le  5"  compartiment. 

Le  liquide  versé  dans  le  frcomparlimenl  liitre  goutte  à  goutte 
par  les  l)rins  de  fi<  elle,se  r/pand  si:r  les  copeaux,  s'y  transibrme 
en  vinaigre  ,  et  de  là  passe  dans  ie  compariiment  inférieur  ,  d'où 
on  ie  souiire  par  un  lube  ,  à  des  époques  variables  avec  les 
dimensions  de  l'appareil.  Si  celle  méthode  a  l'avantage  d  êt'o  pins 
rapide  ,  elle  a  l'inconvénienl  de  donner  lieu  à  une  perte  assez 
considérable  de  produits  voiaiils  q^^i  s'échappent  par  le  lube  qui 
établit  la  communication  entre  l'extérieur  et  le  8'  compartiment. 
On  pourrait  recueillir  une  partie  de  ces  produits  à  l'aide  d'un 
serpen  in  convenablement  rt-froidi. 

Le  vin,  la  bière  ,  le  cidro  ,  ne  sont  pas  les  seules  snl)stnnces 
qui  puissent  produire  dn  vinaigre.  La  sève  des  plantes  encontienl 
beaucoup, et  c'est  du  bois  sec  onveil  qup  l'on  extîaitun  vinaigre, 
désigné  soiîs  le  nom  do  viiiaiçire  de  h<jk  ou  acide  pyroligneux  , 
qui  sert  aux  mêmes  usages  que  l'acide  tiré  du  vin. 

Ce  vinaigre  se  prépare  en  grand  en  calcinant  du  b(>is  dans  des 
cylindres  de  tôle  :  il  se  produit  alors  de  Icau  ,  du  goudron  ,  de 
l'acide  acétique  et  un  liquide  analogue  à  l'alcool  ,  très  volatil  , 
inflammable,  nommé  esprit  de  bois. 

L'acide  pyroîigneux  brut  obtenu  par  ce  procédé  est  d'une 
couleur  brune  ,  et  conlienl  en  dissolution  une  certaine  quantité 
de  goudron  qu'on  ne  saurait  lui  enlever  par  de  nouvelles  distilla- 
tions. 

Pour  en  extraire  de  l'acide  acétique  incolore,  on  le  sature  par 
du  carbonate  de  sonde  ;  il  ;<o  forme  une  dissolution  dacélatc  de 
soude  qu'on  laisse  reposer;  la  surface  se  couvre  d'écume  prove- 
nant dn  goudron  qu'on  enlève  à  mesure  qu'elle  se  forme.  On 
traite  enfin  l'acétate  de  soude  par  l'acid."  sulînrique  étendu  ;  le 
sulfate  de  soude  insoluble  dans  l'acide  acétique  se  régénère  en 
cristaux  ,  et  en  distillant  on  a  de  l'acide  acétique  étendu  ,  mais 
d'une  assez  grande  pureté. 

l.e,  viiiaifjn'  di-  hois  low^vvxc:  toujours,  cpsoi  qu'on  lasse,  un 
goûi  enipyreumaliquc  qui  le  rend  peu  propre  aux  usages  culi- 


—  208  — 

naires  ;  il  ne  peut  en  aucune  façon  être  mis,  sous  co  rapport,  en 
nonipr.raison  avec  le  vinaigre  de  vin. 

l»our  avoir  l'acide  acétique  concentré  ,  correspondant  à  la  for- 
mule c''  11*0' ,  il  faut  distiller  de  l'acide  étendu  en  pi-ésence  d'un 
corps  qui  absorbe  l'eau  :  tel  que  le  chlorure  de  calcium.  On  peut 
aussi  distiller  un  acétate,  ou  seul  ou  en  présence  de  l'acide  sul- 
furitiue.  Le  vinaigre  radical  ou  vinaigre  de  Vénus  ,  est  le  résultat 
de  la  distillation  de  l'acétate  de  cuivre.  Ce  corps  agit  coniine 
corrosif  sur  la  peau  ,  presque  au  même  degré  que  les  acides  mi- 
néraux. La  vapeur  de  l'acide  acétique  est  inflammable  ,  et  brûle 
avec  luie  flamme  bleue. L'acide  acétique  pur  est  liquide  au-dessus 
de  IG"  ;  à  cette  température  .  il  cristallise  ;  à  mesure  qu'il  est 
étendu  d'eau,  son  point  de  congélation  s'abais%e,  de  sorte  que  la 
propriété  d'être  cristaîlisabie  ,  est  une  garantie  de  sa  pureté. 
L'acide  acétique  a  une  odeur  caractéristique  analogue  à  celle  du 
vinaigre,  et  une  saveur  forte. 

Usages  du  vinaigre,  de  l'acide  acétique  et  des  acétates. 

Le  vinaigre  sert  en  pharmacie  pour  faire  des  vinaigres  médici- 
naux. Dans  l'économie  domestique,  le  vinaigre  est  l'assaisonne- 
ment le  plus  commun  et  le  plus  usité  ;  il  rend  les  aliments  plus 
tendres,  plus  laciics  à  digérer,  couvre  leur  fadeur  et  eu  relève  le 
goût.  Mais  l'emploi  abusif  des  aliments  vinaigrés  détermine  tou- 
jours de  graves  accidenls.  Il  est  des  per.-onnes  qui  boivent  du 
vinaigre  dansTinteniion  de  se  f  ire  maigrir,car  depuis  longtemps 
cet  acide  jouit  de  la  propriété  de  faire  cesser  l'obésité  :  malhcii- 
rejisem  ni,  le  remède  est  pire  que  I?  mal,  il  occasionne  des  irri- 
tations très  inten-es  de  l'estomac  et  des  insestins. 

Etendu  d'assez  d'eau  pour  ne  conserver  qu'une  légère  acidité, 
il  est  rafraîchissant.  Pu^  ou  à  peu  près,  il  est  usité  comme  révul- 
sif en  frictions  ,  fomentations,  pcdiluves.  Le  vinaigre  ,  de  tout 
temps  ,  a  été  regardé  comme  propre  à  empêcher  la  contagion  d 
à  détruire  les  miasmes  et  les  mauvaises  odeurs  répandues  dans 
l'air.  De  là  l'usage  si  fréquent  dejeter  du  vinaigre  sur  une  pelle 
rouge  pour  puriîier  l'air  vicié  des  habitatioj.s.  Mais  c'est  gratuite- 
ment qu'on  lui  concède  celte  propriété,  car  il  ne  fait  que  masquer 
les  odeurs  et  ne  les  détruit  pas. 

Le  vinaigre  est  un  agent  précieux  de  conservation  pour  les 
substaf  ces  végétales  et  animales. 

IMusieurs  acétates  sont  en  usage  dans  l'indus  rie  et  dans  les 
arts,  tels  que  l'acétate  de  cuivre,  l'acétate  d'alumine,  l'acétate  de 
plomb  et  l'acétate  de  fer  ou  pyrolignite  de  fer,  qui  est  surtout 
employé  pour  con'^erver  le  bois. 


Les  Gérants,  II.  DR  Coquet  et  STKNr.ER. 


Lson.  —  Imprimerie  U,  db  Coquet  «l  StencSk, 


U»  Année.  M»  «4.  30  JuilletlSOS, 


BULLETIN 

DE  l'ÏNSiUUGTION  PRIMAiRE 

POUR  lE  DÉPARTEMENT  DE  L'AISNE, 
Vu\)Vvi  sovis  \ts  avisç'icis 

de  2SS.  Gastaing,  Préfet  de  l'Aisne, 

Officier  de  la  Lqiflii  -  d'Iionueur , 

Officier  cle  l'Insti-uetion.  pi\>>liciu.e. 

Paraissant  le    ià  et  le  SO  de    chaque  mots. 

[  Avec  le  Manuel  général,  14  fr.  50  c.  par  ao. 
PRIX.     AveclePellUiaiuicl,      6  fr.  60  c.    . 
(  Seul ,         •  S  Ir. 

sommaire:. 

PARTIE  OFF3CIKLI.E.  —  Fixation  du  traitement  des  professeurs  de  mu- 
sique dans  les  Ecoles  normales  primaires.  —  Circulaire  de  S  Kxc.  M.  le  Mi- 
nistre (le  l'Instruction  publique  aux  Préfets  ,  relative  aux  élèves-maîtres  et 
aux  élèves-maîtresses  sortis  des  Ecoles  normales  et  q.à  n'ont  pas  d'emploi, 
—  Nouvelles  insiriictions  à  M>1.  les  Piéfels  sur  les  distributions  de  prix  dant 
les  écoles  communales  ,  sur  les  concourâ  cantonaux,  d'arrondissements 
et  de  departeuicut-'et  sur  les  ours  d'adultes.  —  Observaioire  impérial  : 
instruction  à  JIM.  les  Préfets  sur  l'organisation  du  réseau  cantonal  pour 
l'élude  des  orag;^;s. 

PARTIE  >;o\'-OFFiC:ELI.E.  -  EDUCATION  ET  Enseignement.  —  Interpré- 
tation de  la  circulaire  ministérielle  relative  aux  examens.  —  Les  e.xamens 
des  aspirants  et  des  aspirantes  au  brevet  de  capacité  dans  l'Aisne.-  Faits 
DIVEKS  :  Avis  émis  par  le  Conseil  départemental  de  l'Aisne.  —  Beaux  <xem- 
plas.  —  Solutions  de  la  question' de  calcul  et  du  problème  donnés  aux  as- 
pirants et  aux  aspirantes  par  laCommissiond'examende  l'Aisne.  —  Errata. 

PA.HTÎE  OrriCISLLS. 

Fixation  du  traitement  des  professeurs  de  mnsîcjae 

DANS    LES    lécOLES    NORMALES    PRIMAIRES. 

Le  Ministre  secrétaire  tl'Etat  au  département  de  l'Instruction 
publique. 

Vu  l'arrêté  iiùnistériel  du  30  janvier  18G3,  relatif  a  l'organisa- 
tion de  renseignement  de  la  musique  dans  les  écoles  normab'G 
primaires  ;  / 

Considérant  que  l'aiiplirMion  de  cet  arrêté  a  donné  lieu  à  un 


—  210  — 

surcroît  de  travail  pour  les  maîtres  externes  charg*'s  de  l'en- 
seigntTTient  musical,  et,  qu'il  convient  de  leur  assurer  un  traite- 
ment en  rapport  avec  le  nombre  des  leçons  qui  leur  sont  con- 
fiées, 

Arrête  : 

Art.  ^«^  —  A  partir  de  ce  jour,  le  traitement  des  professeurs 
de  musique  dans  les  écjles  normales  primaires  ,  sera  calculé  à 
raison  de  lOU  fr.  par  an  pour  un  cours  qui  exige  une  leçon 
d'une  heure  par  seuiaine  ;  de  200  fr.  pour  un  cours  de  deux 
heures;  de  30jfp.  pour  un  cours  de  trois  heures  ,  et  ainsi  de 
suite,  sans  que  toutefois  le  montant  du  trailement  total  puisse 
dépasser  1,000  fr. 

Art.  2 — MM.  les  recteurs  et  les  préfets  des  départements  sont 
chargés,  chacun  en  ce  qui  le  concerne,  d'assurer  l'exécution  du 
présent  arrêté. 

Fait  à  Paris,  le  15  juillet  1863. 

Le  Minisire  'présidant  le  Conseil  d'Etat , 
A.  VUITRY. 


CIRCULAIRE  A  MM.  LES  PRÉFETS 

RELATIVE    AL  \    l  i.   >;    -MAÎTRES    ET    AUX   ÉLÈVES-MAÎTRESSES    SORTIS    DES 
ÉCOLES   NORMALES    PRIMAIRES    ET    QUI    >'OXT    PAS    d' EMPLOI. 

Paris,  le  8  juillet  1865. 

Monsieur  le  Préfet, 

Un  certain  nombre  d'élèves-maitres  sortis  de  nos  écoles  nor- 
males primaii-es  et  pourvus  du  brevet  de  capacité  restent  plus  ou 
moins  longLeuips  sai'S  emploi. 

je  vous  prie  de  m'adies-er  ,  chafjne  année  ,  dans  la  première 
quinzaine  du  mois  de  janvier,  l'étal  no'ninilif  des  anciens  élèves- 
maîires  de  votre  département  et  des  élèves-nuiitresses  sortis  des 
écoles  normales  ou  des  cours  normaux  d'institutrices, et  pourvus 
du  brevet  de  capacité,  qui  n'auraient  pas  encore  été  placés  dans 
les  écoles  communales  ,  soit  comme  instituteurs  ou  institutrices, 
soit  comme  adjoints  ou  adjointes. 

Vous  indiquerez,  dans  une  colonne  spéciale,  la  date  de  leur 
sortie  de  l'école  normale  et  les  motifs  qui  vous  auront  empêché  de 
leur  donner  un  emploi. 

Le  même  état  devra  contenir  les  noms  des  brevetés  libres  en 
instance  pour  obtenir  une  place. 

Recevez, etc. 

Le  Ministre  de  l'Instruction  publique^ 

V.  DURUY. 


—  2H  — 
NOUVELLES  INSTRUCTIONS  A  MM.  LES  PRÉFETS 

SUR  LES  DISTRIBUTIONS  DF>  PRIX  DANS  LES  ÉCOLES  COMMUNALES  ,  SUR  LES 
CONCOUUS  CANTONAUX ,  d'aKRONDISSEMENT  ET  DE  DEPARTEMENT  ET  SUR 
LES   COURS    d'adultes. 

Paris,  le  il  juillet  1865. 
Monsieur  le  Préfet, 

J'ai  besoin  ,  à  la  veille  de  la  réunion  des  Conseils  généraux  ,  de 
vous  entretenir  de  plusieurs  questions  relatives  à  l'euseignement 
primaire. 

C'est  dans  le  concours  que  réside  le  principe  d'émulation, sans 
leqviel  toul  languit.  Ainsi  les  expositions  universcilles  ont  donné 
à  l'industrie  une  vie  nouvelle  et  les  comices  agricoles  ont  été, 
pour  tous  les  travaux  de  nos  campagnes,  le  plus  puissant  moyen 
de  perfectionnement.  —  Ce  qui  est  bon  pour  les  bras  Test  bien 
davantage  pour  l'esprit. 

L'an  dernif-r  ,  à  pareille  époque  ,  je  vous  exprimais  le  désir  de 
voir  chaque  village  célébrer, dans  son  école,  la  fête  de  l'en'ance  et 
du  travad.Je  peisi^le  à  croire  que  cette  coutume  serait  ex<-llente, 
à  la  condili'in  expresse  que  les  prix  seroiit  délivrés  avec  discré- 
tion pour  n'être  donnés  qu'aux  plus  méritants. 

Je  vous  parlais  aussi  de  concours  cantonaux  pour  les  meilleurs 
élèves  de  la  division  supérieure  des  écoles  primaires  et  pour  les 
adulles  <ie  moins  de  vingt  ans.  J'ap[)elle  tout  pailiculièrement 
votre  attenli  -n  sur  cette  institution  qui ,  établie  l'année  dernière 
dans  plusieursdépartemenis,  seuible  déjà  promettre  les  meilleurs 
résultats.  Il  serait  bon  qu'elle  pût  se  généraliser  par  toute  la 
France  et  se  relier  à  une  insiitution  analogue  pour  l'arrondisse- 
ment et  le  dép  ilemenl.  Le  système  est  bien  simple  :  taire  con- 
courir les  lauréats  des  écoles  pour  uu  prix  de  canton  ,  les  lau- 
réats des  cantons  pour  uu  prix  d'arrondissement,  les  lauréats  des 
arrondissemciits  pour  uu  prix  déoartemenlal, 

L'enseignemet  primaire aurdtainsi  le  stimulant  qui  existe  pour 
l'enseignement  secondaire  et  dontl'Empereur  a  décuplé  naiiuère 
les  etîets  en  instituant  le  concours  de  tous  les  lycées  et  collèges 
de  l'Empire. 

Il  n'est  pas  douteux,  en  effet,  que  ces  concours  exciteraient 
une  gr.inde  émulation  parmi  les  élèves  et  les  maîtres.  —  Ces 
épreuves  successives,  dont  le  cercle  irait  s'él  irgissant  et  par  où 
passeraient  tous  les  enfants  du  pays,  nous  feraient  cerlainement 
découvrir  des  inle  ligences  qui  s'ignorent  et,  pour  ainsi  dire,  des 
forces  à  Tétat  lat  nt ,  destinées  ,  si  on  ne  les  dégage  ,  à  ne  servir 
ni  aux  indiv.dus  qui  les  contiennent ,  ni  à  la  société  au  sein  de 
laquelle  elles  resleroui  inutiles,  comme  ces  «ours  d'e^u  souter- 
rains qui  n'ont  jama  s  rien  lécondé.  Que  d'hommes  supérieurs 
doivent  à  une  circonstance  heureuse  ou  à  un  proiecteur  clair- 
voyant d'avoir  été  mis  en  état  de  faire  des  découvertes  qui  ont 
immortalisé  leur  nom  et  ajouté  à  la  fortune,  en  même  temps  qu'à 
la  gloire  de  leur  pays  ! 


_  212  

Les  circonstances  heureuses,  c'est  à  nous  de  les  créer;  le  pro- 
tecteur clairvoyant, c'est  nous  qui  devons  l'être.  Administrateurs, 
conseillers  du  déparlement ,  de  l'arrondissenjent  ou  de  la  com- 
mune, nous  pouvons  ,  si  nous  le  vou  ons  énergiquement ,  gui;rir 
la  plaie  de  l'ignorance  et  regagner  en  quelques  années  l'avance 
prise  sui'  nous  par  d'autres  peuples. 

Ces  concours  u'amaient  pas  le  danger  de  déclasser  ceux  qui 
en  seraient  les  vainqueurs.  Les  prix  à  décerner  seraient,  au  can- 
ton et  dans  l'arrondissement,  quelque  ouvrage  utile  ou  un  livret 
de  caisse  d'épargne  ;  et  il  n'tst  pas  possib  e  qu'il  ne  se  trouve 
point  dans  chaque  canton  une  personne  désireuse  de  faire  ces 
libéralités  peu  coùleuS(;s  ei  pouilanl  prulilables. 

Pour  le  Luiiéat  du  département,  la  récompense  devrait  être 
plus  considérable  :  une  bourse,  par  exemple,  dans  une  ferme 
modèle  ,  une  école  d'arts- et-métiers  ou  d'e:i>eigaement  spécial, 
d'où  le  jeune  homme  sortirait  avec  une  instrulion  qui  ferait  de 
lui  un  citoyen  plus  utile  à  lui-même  et  à  la  communauté. 

Cette  organisaiion  ne  saurait  être  décrétée  de  Paris  ,  car  elle 
suppose  l'initinlive  des  bons  citoyens  et  elle  peut  varier  suivant 
les  convenantes  des  localités.  Je  n*'en  remets  à  vos  soins  ,  Mon- 
sieur le  Préfet,  pour  en  provoquer  l'établissement  dans  votre 
département. 

il  est  un  autre  po'nt  sur  lequel  j'appelle  aussi  votre  attention  : 
les  cours  d'adultes.  Un  grand  nombj'o  ont  été  créés  cet  hiver;  il 
faut,  l'hiver  prochain,  les  miWlipber  encore  :  car  ils  nous  fourni- 
ront le  moyen  de  réparer  les  négligences  et  de  combler  les 
la(;unes  de  l'école. 

Le  payan  sent  aujourd  hni  le  besoin  de  faire  lui-même  ses 
comptes  H  ses  écritures,  j'en  ai  vu  revenir  ,  à  vingt-cinq  ans 
même,  sur  les  bancs  de  l'école,  afin  d'y  gagner  ces  connaissances 
qui  sont  pour  eux  uu  alîiauchissement  et  pourtours  iatérêts  une 
sécurité. 

Pour  (les  jounes^ens  ,  les  cours  du  soir  valent  mieux  que 
l'école.  Dans  un  déparlement,  sur  6,800  adultes  qui  se  sont  pré- 
sentés à  ces  cours  en  novembre  dernier,  672  ne  savaient  ni  lire 
ni  écrire  ,  et  tous  le  savaient  en  avril.  Que  cet  exemple  soit  suivi, 
et  nous  n'aurons  pas  besoin  d'attendre  huit  ou  dix  ans  pour  faire 
baisser  le  chiffre  de  nos  conscrits  illettrés. 

Ces  cours  sont  faits  par  des  instituteurs  qui ,  en  beaucoup  de 
lieux,  ont  donné  gratuitement  leur  temps  et  leur  peine.  J'ai  pris 
note  de  ceux  dont  le  dévouement  m'a  été  signalé,  et  je  vous  prie, 
Monsieur  le  Préfet ,  de  tenir  compte  de  leur  zèle,  s(»it  pour  les 
promotions,  soit  pour  les  récompenses  dont  l'Adminis  ration  dis- 
pose. 

Mais  il  faut  faire  davantage.  Veuillez  donc  examiner  si  vous  ne 
pourriez  soumettre  à  M!M.  les  membres  du  Conseil  général  une 
proposition  tendant  à  as'  urer  une  allocation  spéciale  à  ceux  des 
instituteurs  qui  obtiendraient ,  dans  les  cours  d'aduUes,  les  meil- 
leurs résultats.  Je  ne  doute  pas  que  les  comnifjnes,  de  leur  côté, 
ne  s'associent  à  celte  pensée.    Il  a  été  ainsi  fait,  dès  cette  année, 


—  213  — 

dans  plusieurs  départements  ,   et  les  conséquences  ont  été  des 
plus  hPiireuses. 

Je  n'ai  pas  besoin  d'ajouter,  Monsieur  \o,  Préfet  ,  que  j'aiderai 
vos  efforts  de  tonle  riufluence  de  raon  adm-nislration  et  des  res- 
sources qui  seront  disponibles  sur  le  budget  de  l'iuslruction 
pub  i()ue. 

Notre  grande  œuvre  est  en  ce  moment  l'instruction  du  peuple  . 
Vous  voyez  la  large  part  que  les  questions  d>i  l'ensei/niMnent 
populaire  sous  tontes  ses  f>rmes,  prennent  a"jourd"hni  <lans  les 
préocc  'patians  de  l'Empereur,  des  grands  corps  -le  l'Etal  et  du 
pavs  tout  entier.  C'est  à  nous  que  rev-ent  l'honneuf  de  donner 
satisfaction  à  ce  besoin  impérieux  Portons  de  ce  rôle  tous  pos 
elToits  et  employons  à  cette  œuvre  lout  ce  quf  nous  avons  d'in- 
telligenre,  d'activité  et  de  dévouement 

Veuillez,  Monsieur  le  Pr/fet ,    m'accuser  réception  de   cette 
lettre  et  me  faire  connaître  quelle   suite  vous  aurez  donnée  aux 
iristruclions  qu'elle  contient. 
Agréez,  etc. 

Le  Ministre  de  VInsfruction  publique, 
V.   DURUY. 


illMSTÈRE  DE  L'INSTRICTIOM  PlCLIQli;.— Ul^SLUVAiCUlii  iilPMlAL 

INSTRUCTION  A  MM.  LES  PRÉFETS 

Paris,  le  12  juillet  I860. 
Monsieur  le  Préfet  , 

L'organisation  du  réseau  cantonal  pour  l'étude  des  orages  est 
à  peu  pi'ès  complète  dans  la  plupart  des  départements. Les  docu- 
m^'nts  nous  arrivent  en  grand  nombre;  nous  en  avons  commeiicé 
la  discussion, et  déjà  nous  avons  pu  en  tirer  d'intéressants  résiil- 
lats,  au  double  point  de  vue  théorique  et  pratique. 

L'importance  de  ce  travail  ne  pouvait  manquer  d'être  com- 
prise en  France  et  nous  avons  reçu  de  divers  départements  des 
ofïres  de  concourir  non-Sf'ulement  aux  constatations, mais  encore 
à  la  discussion  des  docum^'uts  recueillis.  Ces  ufTfCS  témoignent 
de  l'adivité  du  mouvement  scientifique  qui  se  propage  dans  tout 
rEm()ire.  Nous  les  avons  accueillies  avec  empressement.  Nous  y 
trouvons  d'ailleurs  de  sérieux  avantages. 

La  discussion  des  orages,  faite  sur  place  par  des  hommes  ins- 
truits, connaissant  bien  les  localités  et  pouvant  être  amenés  à  les 
visiter  au  besoin  ,  so't  par  la  nature  de  leurs  occupations  ,  soit 
même  quelquefois  par  le  seul  désir  d'éclairer  un  print  dou- 
teux ,  peut  meitre  en  lumière  certains  faits  qui  nous  auraient 
échappé. 

Plusieurs  commissions  se  trouvent  déjà  constituées  par  MM. 
les  préfets, qui  se  sont  mêm;^  quelquefois  réservé  la  présiJence. 
Des  Ingénieurs  de  l'Etat ,  des  professeurs  de  l'Université  ,   des 


—  214  — 

météorologistes  «  tous  hommes  de  science  ,  figurent  dans  ces 
commissions  et  présentent  les  plus  sérieuses  garanties  pour  la 
bonne  et  prompte  exécution  du  travail. 

D'antres  commissions  n  aliendent  s;»ns  doute  ,  pour  se  former, 
que  de  connaître  la  nature  et  les  conditions  de  leur  coopération 
à  l'œuvre  cotnmunc.  J';ii  1  honneur,  Monsieur  le  tNél'et,  de  vous 
adresser  des  exemplaires  des  instructions  provisoires  destinées  à 
préciser  tes  condiiions. 

11  est  essentiel ,  en  etlVt,  que  louics  les  conjmissions  fonction- 
nent sur  un  plan  nniforîïse  ,  afin  que  leurs  études  partielles  puis- 
sent se  fdudre.  par  simple  juxîapnsition,  fia'"s  un  travail  «l'ensem- 
ble embr 'Psant  la  France  enlière.  11  n'est  pas  moins  nécessaire 
que  la  discussion  de  chaque  orage  soit  faile  ,  dans  un  délai  très- 
court,  afin  que  la  carte  générale  puisse  être  complétée  eu  lemps 
utile. 

Je  vous  piie ,  Monsieur  le  Préfet ,  de  vouloir  bien  examiner  si, 
parmi  les  hommes  de  science  de  votre  département, il  s'en  trouve 
qui  défirent  participer  à  l'étude  des  orages,  et,  s'il  en  est  ainsi, 
de  vouloir  bien  organiser  le  travail.  Nous  fournirons  immédiate- 
ment les  documents  nécessaires. 

L'in^truciion  ci-jointe  n'a  pour  objet  que  les  récents  orages. 
D'après  votre  réponse  ,  j'aurai  rhonneur  de  vous  adresser 
une  seconde  instruction  relative  à  la  discussion  des  orages 
anciens. 

Veuillez  a?réer,Monsieur  le  Préfet,  l'assurance  de  ma  haute 
considération. 

Le  Sénateur. 
Directeur  de  VOhsercaloire  impérial  , 

Le  Verrjer. 


-0=5Q=^SS=*=E>  - 


PARTIE  NON-OFFICIELLE. 


ÉnUCATIOlV  ET  ElKSEICiTVEinENT. 


M.  le  Hecteur  de  l'Académie  de  Grenoble  a  appelé  l'attention 
de  M.  le  Ministre  de  l'Inslruclion  pnbliqiie  sur  les  interprétations 
différentes  auxquelles  peut  donnei-  lieu  l'application  des  instruc- 
tions du  8  mai  1855  en  ce  qui  concerne  la  manière  d'apprécier 
l'orthographe  dans  les  épreuves  écrites  des  aspirants  au  brevet 
de  capacité. 

La  circulaire  ministérielle  dit  à  ce  sujet  : 

«  Un  maximum  de  4  fautes  est  arcordé  pour  l'épreuve  de 
)'  l'orihographe.  —  On  évaluera  comme  une  faute  enlière  toute 
')  infraction  aux  règles  de  la  grammaire  et  toute  violation  de 
»  l'ortlidgraphe  d'us:'ge.  L'omission  des  accents  compte  seule- 
»  ment  pour  t/2  faute  ;  les  traits  d'union  onjis  ou  placés  à  tort 
»  compteront  pour  1/4;  ;  les  fautes  de  ponctuation,  selon  leur  im- 


—  215  — 

«  portance  et  leur  nombre,  entreront  pour  1  ou  2  dans  lechiffre 
»  tol:il.  Lps  (ailles  qui  eonslitiient  des  non-sens  ponnotit  faire 
«  prunoiior  la  uiillitc  do  rcpicuve.   >■> 

Une  pi-emièrc  incertitude  s  esi  p'Oiiiiilo  au  sujet  du  nofnbrede 
fau'es  qu'on  peut  passer  aux  eandidats  dans  les  dénarlemeiits  où, 
l'iu'^ii'ucliou  étant  a^sez  avancée  .  on  est  arrivé  d(''jà  ,  depuis  un 
certain  nomlire  d'années,  à  un  maxii-iuni  inSVu'ieur  à  celui  qu'au- 
torise la  circulaire.  Quelques  personnes  ont  pensé  que  ce  maxi- 
mum ét;iit  <<b!igaloire  pour  tous  les  départenienls.  et  (pi'il  n'était 
plus  possible  nulle  part,  d'api^pler  un  cliilTVe  inférieur.  D'autres, 
au  coiitiaiie,  ont  été  daVis  q'ic  ce  n'a\iriiMm  <  st  sinipleuicnt  une 
limite  an-d'^ssus  de  laquelle  on  ne  doit  pas  s'élever,  de  naêrae 
qu'un  minimum  </n  est  une  au  dessous  de  laquelle  on  ne  f^eut 
desceufire.  On  a  ajouté  que  les  instruclicms  (jui  ont  pour  objet 
de  forlifif^r  les  épreuves,  en  prévenant  l'excès  d'indnli^ence  dont 
certains  dépirtements  avaient  donné  l'exemple,  n'ont  [>u  vouloir 
les  affaiblir  dans  les  départements  on  l'iMStruction  des  candidats 
permet  depuis  l!)ngtemps  de  demander  d;tvanl;ige.  En  consé- 
quence, les  <>ommissious,  qui  précédeuinient  étaient  dans  l'habi- 
tude de  ne  pas  adineltre  dés  candidats  faisant  plus  de  2  fautes  1/2 
ou  3  fautes  ,  ont  ciai  devoir  conserver  la  limite  qui  jusqu'alors 
avait  pu  être  fixée  dans  le  déparlement  ,  et  qui  avait  élevé  le 
niveau  de  l'enseignement  sans  nuire  au  recrutement  du  person- 
nel de  l'instriiction  primaire. 

Celte  dernière  manière  de  voir  est  conforme  à  l'esprit  qui  a 
dicté  la  ci'cidaire. 

Une  autre  difficulté  s'est  élevée  sur  la  manière  d'assigner  les 
points.  La  question  a  été  souvent  résolue  de  plusieurs  manières, 
dans  une  même  .Académie 

La  circulaire  ministérielle  établissant,  d'un  côié  ,  qu'un  maxi- 
mum est  accordé  pour  l'épreuve  d'(jrthographe  ,  et ,  d'un  autre 
côté,  ayant  réglé  qu  on  adoptera  comme  mesure  d'appréciation 
les  ciiinVes  de  0  à  10,  on  a  différé  d'opinion  sur  le  chiffre  à  assi- 
gner aux  divers  nombres  de  fautes. 

Pour  fixer  à  cet  égard  les  Commjssions  et  éviter,  à  l'avenir, des 
interprétations  differenfes  sur  celte  partie  importante  de  l'exa- 
men d'^s  aspiranis  au  bievet  de  capacité  ,  M.  le  Ministre  a  décidé 
que  l'épreuve  écrite  de  l'orthographe  serait  appréciée  de  la  ma- 
nière suivante  : 

0  fmte 10  points. 

1  faute 8 

2  fautes 6 

3  fautes. 4 

4  fautes 2 

et  au-dessus  de  4  fautes 0 

Dans  ce  syslciue,  le  maximum  accordé  par  la  loi  approche  du 
chiiïre  0,  qui  indique  la  nullité  et  entraine  l'ajournement. <haque 
faute  correspond  à  une  différ<'nce  de  2  points,  et  par  conséquent 
chaque  quart  de  faute  à  un  1,2  point. 


—  216  - 

Commission  d'înstruclion  primaire  de  l'Aisne. 


2^  SESSION  DE  1865. 


Le  20  juillet  186b.  jour  fixé  par  l'arrêté  préfectoral  du  lerjuji, 
dernier  ,  la  Commission  dinstriiction  primaire  de  l'Aisne  s'est 
réunie  pour  procéder  à  l'examen  des  aspirants  au  brevet  de  capa- 
cité —  Elle  se  composait  de  : 

M>].Boi:det,  c  nseiller  de  Préfecture,  présidenl  ; 

l'abbé  Degoix  ,    chanoine  honoraire  ,  curé  de  Vaux-sous- 

Laon,  aumôuier  des  prir^ons,  otlicier  dAcadémie; 
Monnier,  pasieur  protestant  à  Saint-Quentin  ; 
Coquilliette  ,  procureur  impérial  près  le  Tribunal  civil  de 

Laon  ; 
Braij.vart,  avocat  à  Laon  ; 
Dissaux,  régent  au  Collège  de  Laon; 
Moiigel ,  inspef  leur  de  l'instruction  primaire  pour  l'arron- 
dissement de  Vervins,  sccreiaire. 
M.  Mauiy,  inspecteur  de  l'instruction  primaire  pourl'arrondisse- 
ment  de  St  Quentin,  est  venu,  le  samedi  22,  se  joindre  à  la  Com- 
mis-ion et  partager  ses  travaux. 

70  aspirants,  conime  nous  lavons  l'avons  anioncé  dans  notre 
dernier  numéro, s'étaient  fait  inscrii'e.  Ci  seulement  ont  repondu 
à  l'apppl  de  leur  n<)m  et  ont  pris  part  aux  épreuves  écriîes. 

Confoimémenl  auxrèg  es  prescrites  par  l'arrêté  ministériel  du 
27  août  4862,  chaque  sujet  de  composition,  envoyé  par  .M.  le  Rec 
teur  de  l'Académie. était  renfermé  sous  un  pli  spécial  cacheté  et 
en  a  été  tiré  ,  séance  tenante  ,  et  en  présence  des  candidats,  par 
M.  le  Président. 

L'épreuve  décriture  consistait  en  une  page  à  main  posée  en 
gros  .  en  moyen  et  en  fin  ,  dans  les  trois  genres  cursive  ,  bâtarde 
et  ronde. 

Les  aspirants  ,  qui  devaient  faire  une  ligne  au  moins  dans 
ch  que  espèce  d'écriture,avaient  à  écrire  cette  phrase  :  V Ecriture 
surpasse  en  iiolrcté,  en  vicacilé ,  en  grandeur,  tous  les  écrivains  de 
Rome  et  de  la  Grèce. 

Voici  le  texte  de  la  composition  d'orthographe  : 
II  faut  avouer  que  l'rsprit  de  Ihomme  ,  même  dans  làpre  le  plus  tendre  , 
souffre  inipalie.mnipnt  le  joug- et  se  porte  n^turellemenl  à  ce  qui  lui  est  dé- 
fendu Mais  re  (lull  en  la  ut  conclure,  c'e«t  que,  pour  celte  raison-là  même, 
il  demande  plus  de  précautions  et  de  ménagrineins  et  qu'il  cède  plus  volon- 
tiers à  la  douceur  qu'à  la  violence.  On  voit  quelquefois  un  cheval  foutrueux 
qui  se  cabre,  qui  secoue  le  mors,  qui  résiste  à  l'éperon  ;  c'est  que  celui  qui 
Je  monte,  (pii  a  la  main  dure  cl  jiesanle,  ne  sait  p;is  le  conduire,  et  le  gour- 
mande mal  à  propos.  Donnez  ce  cheval, qui  a  la  bouche  extrêmement  Une,  à 
un  écuyer  habile  et  intelligent,  il  arrêtera  lou'es  ses  saillies  cl,  dune  main 
létrère,  le  gouvernera  à  son  gré. 

Pour  arriver  à  ce  bul ,   le  premier  soin  du  maître  est  t'e  bien  étudier  el 
d  approfondir  le  génie  elle  caractère  des  enfants,  car  c'est  sur  quoi  il  doit 


—  217  — 

régler  sa  conduite.  Il  y  en  a  qui  se  relâchent  et  languissent  si  on  ne  les 
presse;  d'autres  ne  peuvent  souffrir  qu'on  les  traitf  avec  empire  el  hauteur; 
il  en  est  irl  que  la  crainte  rttieni,  et  tel,  au  contraire,  qu'elle  abat  ot  dé- 
cournge.  On  en  voit  dont  (»n  ne  peut  rien  tirer  qu'à  force  de  travail  et 
d'application,  d'au'res  qui  n'étudient  que  par  hoiiladc  et  par  saillie.  Vou- 
loir les  mettre  tous  de  niveau  et  les  assujettir  <à  une  même  rèj;le  ,  c'est 
vouloir  forcer  la  nature.  La  prudence  du  maître  consiste  à  garder  nn 
milieu  qui  s'éloi.ne  di  s  deux  extiémités  ;  car  ici  W  mal  est  tout  i  rès  du 
bien  ,  et  il  est  ai.^'é  de  les  prendre  l'un  poui'  l'antre  et  de  sy  tromper  ,  et 
c'est  ce  qui  n-nd  la  conduite  des  jeunes  gens  si  diKieile.        RoLi.iN. 

Le  sujet  de  st\lc  était  g«  lui-ci  : 

Dans  une  lettre  à  un  jeune  instituteur  ,  on  lui  fera  sentir  l'injustice  des 
punilions  corporelles  el  le^  graves  désagréments  anxip  els  s'exp.jse  un 
maître  qui  n'a  pas  assez  d'empire  sur  lui-même  pour  s'abstenir  de  frapper 
les  enfants.  L'enseignement  même  ne  peut  que  perdre  là  où  règne  la 
vioience. 

L'épreuve  de  caloul  consistail  dans  la  solution  de  la  question 
suivante  : 

Une  personne  a  cultivé  les  2/5  de  ses  terres  eu  blé  ,  1/3  en  avoine,  et  les 
15  hectares  8i56  qui  restent  en  betteraves. 

Le  bénéûce  qu'elle  fait  par  hectare  est,  pour  la  récolte  de  blé  les  3/4,  et 
pour  la  récolta'  d'avoine  les  7/9  de  celui  qu'elle  fait  ,par  hectare,  sur  la  ré- 
colte de  betteraves. 

Son  bénélice  total  étant  6,548  fr.  75;  trouver  le  bénélice  qu'elle  fait,  par 
hectare,  pour  chaque  espèce  de  récoltes  ? 

Bien  que  ce  problème  fût  assez  farile,  il  a  été  généralement 
mal  compris;  et  la  plupart  des  candidats  n'ont  donné  que  des 
résultats  fau.\,  voire  mène  absurdes. 

L'ensemble  de  ces  quatre  épreuves  ayant  fait  ajourner  37  can- 
didats qui  n'avaient  pas  obtenu  un  loial  de  20  points, et  deux  ayant 
été  mis  hors  de  concours  ;jouravoir  commun-qué,  la  Commission 
a  admis  ,  aux  épreuves  orales  ,  2"  aspiiants.  d'S  épreuves  ,  qui 
ont  commencé  le  samedi  matin  et  se  sont  terminées  le  dimanche 
à  11  heures,  ont  encore  amené  rrijournement  de  deux  ca^rdidats; 
de  sorte  que  23  seuls,  ont  été  jugés  aptes  à  recevoir  le  brevet  de 
capacité. 

Ce  sont,  et  par  ordre  de  mérite  : 

Avec  la  note  Très-bien. 

MM.   1.  Flamain,  élève-maître  de  lEcole  normale. 
2.  Marly,  élève  de  M.  Woueheront,  de  Laon. 

0.  Jean,  élève-maître  de  l'Ecole  normale.. 

Avec  la  note  Bien. 

i.  Fressart,  élève-maître  de  l'Ecole  normale. 

5.  Pognarst,  id. 

6.  Goret.  id. 

1.  buroioy,  id. 

8.  Gremet,  id. 

9.  Montigny,  id. 

10.  Constant,  id. 

11.  Pouillard,  Théophile,  élève  de  M.  Moucheront,  de  Laon. 

12.  Catrin,  élève-maître  de  l'Ecole  normale. 

13.  Fourot,  id. 


—  218  — 

Avec  la  note  Assez  bien. 

14.  Poulain,  élève-maître  de  l'Ecole  normale. 

15.  Féret,  élève  de  M.  Riclie|iin,  d'Origny-en-Thiérache. 

16.  Déieiirne,  Auguste-André,  de  Beaurain. 

17.  Rochârt ,  maître-adjoint  A  Bernot. 

18.  Dran,  maître-adjoint  à  Noiiv  on -le-Comte. 

19.  Berger,  maître-adjoint  à  llirson. 

20.  jacî|uin,  élève  du  C(dlége  de  Laon. 

21.  Lcicu.  Alfred,  de  Vieux-Ueng. 

22.  Martin,  élève  de  son  IVére,  instituteur  à  Bohain. 

23.  Natlier,  Eugène,  de  Quierzy. 


Le  lundi  ,  24  juillet ,  à  8  heures  du  rEatin  ,  ont  commencé  les 
épreuves  écrites  du  brevet  complet. —  17  jeunes  gens  y  ont 
pris  part.  De  ce  nombre,  1^  demandaient  à  subir  leur  examen 
sur  l'ensemble  des  matières  f.icultalives,  et  les  autres,  sur  quel- 
ques-unes de  ces  matières  seulement. 

Voici  les  sujets  de  composition  donnés  à  traiter  : 

Histoire. 

Exposer  :  1"  les  causes;  2«  les  principaux  faits;  3°  les  résultats  des 
Croisades. 

6réograpliîe. 

Faire  le  tour  delà  France  en  partant  de  Dunkerque,  se  dirigeant  do  l'est 
à  l'ouest  et  y  revenant  en  suivant  les  frontières  de  mer  et  de  terre,  indiquer 
successivement  les  départements,  villes  etcours  d'eau  que  Ton  rencontrera. 

Pli^sîfiiie  et  Chimie. 

Jo  Préparation  et  principales  propriétés  du  clilore;  son  action  sur  l'hy- 
drogène; son  usage  pour  le  blancliiment  des  toiles. 

2°  Définition  de  rélectricité.  —  Moyens  de  reconnaître  si  un  corps  est 
électrisé.  —  Comment  on  reconnaît  qu  il  y  a  deux  sortis  d'électricité.  — 
Moyens  de  constater  la  nature  de  Féleciricité  dont  un  corps  est  chargé.  — 
Principaux  phénomènes  de  l  électric.té  pjr  influence. 

Agriculture ,  Industrie  et  E^giène. 

1"  Faire  connaître  les  principales  dispositions  données  aux  poiriers  que 
l'on  cultive  en  espaliers  et  en  quenouilles,  ainsi  que  la  taille  et  la  conduite 
de  ces  arbres. 

2°  Faire  connaître  les  principaux  procédés  suivis  pour  la  fabrication  des 
savons. 

3°  Surveillance  à  exercer  par  l'instituteur  au  point  de  vue  hygiénique 
pendant  les  divers  services  de  la  classe  et  pendant  les  récréations. 

Arpentage,  i\ivellement  et  Dessin. 

10 

Un  générateur  est  formé  :  1"  d'un  cylindre  de  S^^IO  do  longueur  inté- 
rieure ,  terminé  p.ir  deux  lif^misphères  de  même  diamètre  que  le  «^vlindre; 
2"  de  di,ux  bouilleurs  cjiiudriq.ics  do  3i'>,25  de  longueur  intéritiire  sur 
Oi"18  de  diamètre  aussi  intérieur. 

Trouver  la  capacité  de  ce  générateur  V 

2o 

Ou'entend-on  dans  le  nillevenient  par  échelle  de  pente? 

Une  droite  AB  se  projette  horizontalement  suivant  CD;  la  hauteur  AC  du 


—  249  — 

point  Aest2fn,37;  la  li.iiileur  BI  du  point  B  est  3»', 45;  la  distance  AB  est 
48'", "ii.  Trouver  l'écliclie  de  pente  de  la  ligne  AB  (1). 

3» 
Deux  cercles  ont  pour  diamètre  Ofn.OST  et  0'n,028  ;    la  distance  de   leurs 
centres  est  0"',043.  Cdiisiruire  les  tangentes  comniuues  aux  cercles. 

5  aspii-anls  ayant  éclioué  sur  rarpent;(gp  et  le  nivellement ,  la 
Comuiis.sion  les  a  ajoiirnés  Elle  a  ensuite  procédé  à  l'examen  des 
7  jeunes  gens  qui  restaient  pour  le  brevet  complot,  et  des  .-i  qui 
demandaient  à  étie  inlerrogés  sur  quelcjnes-unes  des  matières 
énoncées  dans  le  deuxième  paragraphe  de  l'art.  ''23  de  la  loi  Ju 
13  mars  :?M. 

Cet  examen  oral ,  qui  a  élé  très-sérieux  ,  puisqu'il  a  dure  près 
d'une  heure  un  quart  pour  chaque  candidat  ,  s'est  terminé  le 
jeudi  'il  juillet,  à  G  heures  du  soir. 

Tous  les  candidats  ayant  réussi  ,   la  Commission   a  délivré  un 
brevet  complet,  et  nans  l'ordre  de  mérite  suivant,  à 
MM.  Greiuet,  élève-niaîlre  de  l'Ecole  normale. 
Jean,  id. 

Fressart,  id. 

Fiamain,  id. 

Lambert. 

Martin,  insliiuteur  à  Faverol'es  (Soissons). 
Cliaiiiberl,  Frcie  de  la  Doctrine  chrt'lienne- 

Enfin,  des  mentions  ont  été  accordées  à 

MM.  DCROZOV  ,     elèvn--"aifri;    de   l'Ecole    normale  ,     pour    la  géographie  , 

l'arithmétique  appli(|uce,  la  physique,  l'histoire  naturelle,  la  mu- 
sique et  la  gymnastique. 

PoGNARST,    élère-maitre  de  l'Ecole  normale^    pOUr  l'histoire  et  la  géo- 

grapliie,  rariihmétlque  appliquée,  l'arpentage,  l'agriculture,    la 
musique  et  la  gymnastique. 
Goret  ,  élève-malt  le  de  L'Ecole  normale  ^  pour  Ihisloire  et  la  géosra- 
g:\Tphie,  l'arithmétique  appliquée,   l'industrie,  l'hygiène,  la  mu- 
sique et  la  gymnastique. 

MONTIGNY  ,    élève-maltie    de  l'Ecole   normale  ,    pour    l'histoire    et    la 

géographie  ,  l'arithmétique  appliquée  ,  la  nuisi(iue  et  la  gymnas- 
tique. 
Marly.  élève  de  M.  Moucheront  de  Laon ,  pour  la  géographie,  l'arith- 
métique appliquée,  la  gymnastique  et  la  musique.  " 


La  même  Commission,  à  laquelle  s'étaient  adjointes  Mp""?  Biaise, 
Hidé  et  ^  iîiclion  ,  qui  ont  bien  voulu  pi'ésider,  avec  leuc  dévoue- 
ment ordinaire  ,  les  travaux  s  l'aiguille  ,  a  procédé  ,  le  lundi  24 
juillet,  à  l'examen  des  aspirantes  au  brevet  de  capacité. 

Sur  les  31  jeunes  personnes  inscrites  ,  20  ont  répondu  à 
l'appel  de  leur  nom  et  ont  pris  part  aux  épreuves  écrites  dont 
voici  les  textes  : 

Ecriture. 

Je  vous  salue,  Marie,  pleine  de  grâces,  le  Seigneur  est  avec  vous. 

(1)  Nous  donnerons  la  solution  de  celte  question  dans  un  de  nos  plus  pro- 
chains numéros. 


—  220  — 

Dictée. 

LA    GROTTE    DE    GETHSÉMANl. 

Le  sile  de  cette  grotte  ,  creusée  dans  le  rocher  du  Cédron  ,  est  un  des 
sites  les  plus  probablpset  les  mieux  juslific^s  par  l'aspect  des  lieux  ,  de  tous 
ceux  que  la  pieuse  ciédulité  populaire  a  assignés  à  chacune  des  scènes  du 
drame  évantiélique.  G  est  bien  là  la  vallée  assise  à  l'ombre  de  la  mort, 
r.ibîme  caché  sous  les  murs  de  la  ville,  le  creux  le  plus  profond  et  vraisem- 
blablpmeni  alors  le  plus  fui  des  bomines,  où  'e  Christ,  (|ui  devait  avoir  tous 
les  hommes  pour  ennemis,  parce  qu  il  venait  attaquer  tous  leurs  mensouires, 
dut  chercher  quehiiiefois  un  abri  et  se  recueillir  en  lui-même  pourmédiler, 
pour  piiei-  et  pour  soiiffrir  !  Le  toirenl  impur  du  Cédron  coule  :»  quelques 
pas.  Ce  n'était  alors  (|u'un  égoûtde  Jérusalem;  la  colline  des  Oliviers  s'y 
replie  pour  se  joindre  avec  les  collines  qui  portent  le  tombeau  des  rois ,  et 
forme  là  comme  un  coude  enfoncé,  où  des  masses  d'oliviers,  de  térébinthes 
et  de  figuiers,  et  ces  arbres  fruitiers  (jue  le  pauvre  peuple  cultive  toujours, 
dans  la  poussière  même  du  rocher,  aux  alentours  d'une  grande  ville  ,  de- 
vraient cacher  l'entrée  de  la  grotte  ;  de  plus  ce  site  ne  fut  jias  remué  et 
rendu  méconnaissable  par  les  ruines  qui  ensevelirent  Jérusalem.  Les  dis- 
cipl  s  qui  avaient  veillé  tt  prié  avec  le  Christ,  purent  reveni-  et  dire  en  mar- 
quant les  rochers  et  les  arbres  :  c'était  là. Une  vallée  ne  s'efface  pas  comme 
une  rue  ;  et  le  moindre  rocher  dure  plus  que  le  plus  magnifique  des 
temples.  Lamartine. 

Style: 

Une  institutrice  s'abuserait  étrangement,  si  elle  s'imaginait  pouvoir  éta- 
blir son  autorité  en  prodiguant  des  punitions.  Exposer  les  qualités  dont  elle 
doit  éire  revêtue  ,  et  les  moyens  qu'elle  emploiera  utilement  pour  acquérir 
l'ascendant  nécessaire  sur  ses  élèves. 

il  râthmétique. 

Un  ciillivateur  a  acheté  du  blé  à  24  fr.  36  l'hectolitre^  et  après  lui  avoir 
fait  subir  des  nettoyages,  qui  en  ont  réduit  la  quanlité%f ,  il  a  semé  ce  blé 
sur  37  hectares  ,53S4  à  raison  de  \S'2  litres  par  hectare 

Le  loyer  du  terrain  ensemencé  est  5.042  fr.  par  an,  et  les  frais  de  culture, 
d'engrais  et  de  récolle  se  sont  élevés  à  7.372  fr.  40. 

La  récolte  a  été  20  hectolitres  de  blé  et  42  quintaux  de  paille  par  bec- 
tare  ;  trouver  le  prix  de  la  récolte  et  'e  bénéfice  du  cultivateur,  en  suppo- 
sant que  le  blé  soit  vendu  21  fr.  40  l'hectolitre  ,  et  la  paille  19  fr.  les  cent 
bottes  pesant  chacune  5  kilogrammes. 

Tontes  les  épreuves  terminées ,  la  Commission  a  procédé  à  la 
correction  des  copies,  et  elle  a  fait  le  résumé  des  points  oblenus, 
par  chaque  jeune  personne  ,  sur  les  diverses  parties.  Il  en  est 
résulté  que  17  aspirantes,  qui  n'avaient  point  nu  total  de  20  points, 
ont  été  ajournées. 

L^s  autres  ,  au  nombre  de  12  ,  ont  été  admises  aux  éorenves 
orales  et  jugées  ,  toutes,  dignes  d'un  brevet  de  capacité  dans 
l'ordre  de  mérite  suivant  : 

Avec  la  note  Bien. 

M"e'l.  Chenu  ,  élève-maîtresse  du  Cours  normal. 

2.  Ferand  ,  id. 

3.  Godel,  id. 

4.  Lefèvre,  Louise. 

5.  Trépant,  élève  du  Sainl-Kufant-Jésus  de  Soissons, 

6.  Perizot ,  de  Scptnionts. 


1 


—  221  — 

7.  Cartigny,  élève-maîtresse  du  Cours  normal. 

8.  Cochet,  de  Lesdins. 

9.  Pillon,  élcve-maliresse  du  Cours  normal. 
iO.  Fiévet ,  de  Jeancourt. 

11.  Grempret,  ancienne  élève-maîtresse  du  Cours  normal, 

12.  Vidau,  de  Paris. 

L'examen  des  aspirantes  an  brevet  de  l"'"'  ordre,  a  commencé 
mardi,  à  une  heure  de  l'après-midi.  —  6  jeunes  personnes  y  ont 
pris  part.  3  d'entre  elles,  dont  deux  d*'jà  brevetées,  sollicitaient 
la  meition  complète  des  matières  déterminées  par  la  deuxième 
purlie  de  l'article  23  de  la  loi  du  15  mars  1850  ;  et  les  autres, 
demandaieiii  la  mention  d'une  ou  de  iJuSiCUi'S  matières  faculta- 
tives. 

Voici  le  texte  des  épreuves  écrites  : 

nisCoirc. 

Exposer  les  règnes  de  saint  Louis  et  de  Louis  XIV  ,  et  comparer  entre 
eux  ces  aeux  souverains. 

Géograpliie. 

Nommer  les  (leuvos  de  l'Europe  avec  les  principaux  pays  qu'ils  traversent, 
et  les  Villes  principales  qu'ils  arrosent. 

lli.^toire  naturelle. 

Faire  connaître  les  parties  principales  dont  se  compose  la  leuille  d  un 
végétal. 
Indiquer  les  fondions  des  feuilles. 
Quelles  sont  les  principales  formes  que  l'on  distingue  dans  les  feuilles  ? 

Dcsi^in. 

Esquisser  au  trait  le  dessin  d'une  table  rectangulaire  d'après  un  modèle 
en  relief. 

L'ensemble  de  l'examen  écrit  ayant  fait  prononcer  l'exclusion 
d'une  aspira:  te  ;  5  ont  seules  pris  p-^rt  aux  épreuves  orales  qui  , 
commencées  le  vendredi, à  8  heures  du  matin,  se  sont  terminées 
le  même  jour  à  midi. 

Toutes  ces  jeunes  personnes  a^ant  réu^si  ,    la   Commission  a 
accordé  un  brevet  complet,  a\ec  la  note  Bien,  à 
M"'*  Derly,  élève  de  M"e  André  de  Cliauny. 

DoLFFET,  élève  de  M"'-  Huriez  de  St-Quentin. 

Les  trois  autres,  toutes  élèves  du  Cours  normal  ,  ont  obtenu 
des  mentions  : 

M"'  Fek\nd  ,  sur  l'histoire  et  la  géographie ,  la  physique  et  l'histoire 
naturelle,  la  littérature  et  la  musique. 

M"'  Chexu  ,  sur  Ihisloire  et  la  géographie  ,  l'arithmétique  appliquée  , 
l'hygiène  et  la  littérature. 

Éi  M"e  Godet.,  sur  l'histoire  et  la  géographie. 


FAITS  DIVERS. 

bans  sa  séance  du  13  juillet  courant ,  le  Conseil  départemental 
de  l'Aisne  a  émis  un  avis  tendant  :    1°  à  rétablissement  de  con 
cours  cantonaux  entre  les  enfants  de  la  division  supérieure   de 


—  222  — 

l'école  primaire  et  entre  les  adolescents  et  adultes  des  classes  du 
soir;  2°  à  la  fondation  de  nouvelles  classes  d'adultes  et  de  récom- 
penses pour  les  instituteurs  qui  auront  le  mieux  dirigé  ces 
classes. 

Les  maîtres  et  les  élèves  du  Lycée  de  Napoléon -Vendée  ont 
fondé,  en  1858,  un  orphelinat  qui,  depuis  celte  époque,  avec  des 
ressources  très-liraitées  ,  a  pourvu  chaque  année  aux  frais  d  en- 
tretien et  de  mise  en  apprentis'^age  de  quinze  enfants  environ. — 
Aujourd'hui,  grâce  à  la  généreuse  initiative  du  Lycée,  cinquante 
orphelins  abandonnés  ont  été  m!s  en  éiat  de  gagner  honnèteîient 
leur  vie.  De  plus,  il  a  été  organisé  une  classe  du  soir,  dite  classe 
d'adultes  ,  dans  laquelle  une  vingtaine  d'enfants  reçoivent  une 
instruction  appropriée  à  leurs  besoins.  Les  plus  riches  patrons 
de  la  ville  sollicitent  l'avantage  d'avoir  pour  apprentis  les  pupilles 
du  Lycée. 

Le  Courrier  de  Lyon  cite  un  incident  qui  s'est  produit  à  la  dis" 
tribution  d"^ s  prix  aux  élèves  de  la  Société  professionnelle  :  Un 
pèie  et  son  fiis  ont  été  appelés  successivement  à  venir  recevoir 
un  titre  de  mention  honorable. 

Le  Courrier  ajoute  à  ce  fait  un  autre  exemple  du  désir  d'ins- 
truction dont  f-ii  preuve  la  clcsse  ouvrière  :  Un  père  de  famille 
a  assisté  durant  tout  l'hiver,  entre  ses  deux  fils,  aux  leçons  d'un 
des  [>rofesseurs  de  la  Société  professionnelle  ,  et,  une  lois  rentré 
au  foyer  de  la  famille,  les  trois  cnndisciples  s'aidaient  mutuelle- 
ment à  faire  leur  devoir  de  classe. 


SOLITIOX  DE  L\  QIESTIOX  DE  C.\LCIL 

DONNÉE  PAR  LA  COMMISSION  DE  tAISNE. 


D'après  renoncé  du  problèn:ie,  les  lerres  plantées  en  betteraves  forment  une 
traction  de  la  propriété  égale  à 

1  -(f +  ^)  =  ^; 

donc   la  propriété   entière  est  de 
15>»^ct,8456  X   15 

=  59i',42i0 

4 

Comme  les  parties  en  blé  et  en  avoine  sont  respectivenien;  les  -^    et  -|- 
de  la  propriété  total",  on  a  pour  la  contenance  en  blé  : 
5.>cet^4210  X     2 

=  23'''>^^',7684 

5 
Et  pour  la  contenance  en  aToine  : 
59'".  1,42 10 

~  t9''«'^S8Û70 

3 


—  223  — 

Dire  que  le  bf^néfice  fait  par  hectare  Je  blé  est  les  5/5  de  celui  qu'on  fait 
par  hectare  île  biHleiaves  ,  c'est  évidemment  dire  que  4  iiectares  de  blé  rap- 
portent autant  que  3  heciaies  en  betteraves  ;  et  par  suite,  23i'«ctjoy4  en  blé, 
rapporteront  amant  que 

3  X  ^23,7683 

ou  17i'ect,8263  en  betteraves 

4 

Par  un  raisonnement  semblable,  on  prouverait  que  lOhjSOTO  en  avoine,  rap- 
portent autant  que 

7   X    19,8070 

ou  i5'"ct,40ô4  en  betteraves 

9 

Donc  ce  bénéfice  6,î>48  Cr.  75  peut  être  considéré  comme  fait  sur  un  nom- 
bre  d'hectares  en  beitoraves  de 

151S8456  +  17,8263  +  15i',4<)54,  ou  49i',0773 
Donc  le  bénéfice ,  par  hectare  de  betteraves ,  est 
6548f,75 

=  133f,43 

49,0773 

par  hectare  de  blé  : 
133f,43  X   3 


=  lOOf,  07 


4 
Et  enfin,  par  hectare  d'avoine  : 
133f,43  X  7 


9 


=  103f,77 


SOLUTION  ALGÉBRIQUE. 


Soit  X  ce  qu'on  fait  de  bénéfice  par  hectare  de  betteraves,  ce  qu'on  fera  de 
bénéfice  par  hectare  de  blé  sera  -^x,  et  par  hectare  d'avoine,  ~-x. 

Or,  comme  il  y  a  IS^'^SSiSO  en  betteraves,  25^,7684  en  blé;  et  19i>,8070  en 
avoine,  nous  aurons  l'équation  : 

X  X  15,8456  +  ^  .c  X  23,7684  -|-  _Z-   ar  X  19,8C70  —  6348f.75 
d'où  meltaat  X  en  facteur  commun  .  il  vient  : 

X  (15,8i56  +  -2-   X   23,7084  +  -|-  X  19,8070)  =  6548f,75 
Et,  réduisant  en  une  seule,  les  quantités  placées  entre  parenthèse, 
X  X  49,0773  =  6548,75 
par  suite  x,  ou  le  bénéfice  fait  par  hectare  de  betteraves,  est  de 
6548f75 

—  133143 

49,0773 

Donc,  le  bénéfice  par  hectare  de  blé  est 

133f,43  X  3 

, —  —  I00f,07 

4 


—  ^>24  -- 

El  par  hectare  d'avoine 

133f,43  X  7 

=  103f77 

9 

Observation.  —  Nous  croyons  utile  de  dire  qu'on  ne  doit  point ,  dans 
un  examen  pour  le  brevet  de  capaciié,  donner  de  solution  algéiirique  ;  si 
donc  ,  nous  en  indiquons  une  ici  ,  cest  uniqueiOLMit  comme  exercice  cl 
comme  preuve  de  notre  première  solution  arithmétique. 


SOLITIOX  Dl  PROBLEAIE  DONNÉ  AIX  ASPIRAMES. 

Li  quantité  de  blé  semé  est  de 

ll'«'^^'.82   X   57,538*  =  68h,ôl988 
Or,  le  blé ,  par  suite  du  nettoyage,  a  été  réduit  de  1/4;  donc  la  quantité  de 
blé  acheté  est  de  : 

6Si',31988X  i 

=  91i',09518.4 

3 
Le  priï  d'achat  du  blé  e^^t,  par  suite, 

2if,36  X  91,093184  =  2219f,03 
U'oti  la  dépense  totale  selève  à 

22l9f,05  +  5642f  +  7372f,40  =  15233,43 
Mai;  la  récolte  en  hlé.  par  hectare,  est  26  LecioMires,  revendus  à  raison  de 
"21^,^0  l'hectolitre;  donc  le  prix  de  vente  de  tout  le  blé  est 
2 If. 40    X    2t)  X  57,5584  =  2!!886f.565 
('oinme  la  puill»»  e.st  revendue  19  tV.  les  cent  boUes, pesant  chaciiiie  5kilogr,, 
ou  19  fr.  les  oOO  kilogr.,  ou  eiieo  e  h-s  5  quintaux,  el  que  la  récol'.e  est  fie  42 
quintaux  p"ir  hectare,  le  prix  de  vente  Je  loute  la  paille  obtenue  sera  : 
lyf   X   42  X  37,^5S4 

—  5991f,128 

5 
D'où  la  recette  totale  éga'e 

2' 886^,563  +  S991',l28  =  20877^193 
Et  le  gain 

26877f,493  -^  lo233f43,  =  1I644%0C)3 


Par  suile  de  la  prc'cipitalion  avec  laquelle  a  été  composée  la 
dictée  qui  a  paru  dans  UDlre  dernier  nutnéro ,  dictée  donnée  aux 
aspirants  à  l'Kcolc  normale  ,  il  s"y  est  glissé  plusieurs  err^  urs 
qui  n'ont  pu  échappt^r  à  la  sagacité  de  nos  lecteurs  ,  mais  que  , 
néanmoins,  nous  ten  ns  à  rectifier  : 

7e  li3;ne,  au  lien  de  •  une  atmosphère  d'affections  unies  »  ,    il  faut  lire  ,  <  une 
atmosphère  d'affections  innées.  • 
12'  ligne,  au  lieu  de  bûcher,  labourer,  etc.,  il  Taul  lire  bêcher,  labourer. 


Les  Gérants,  H.  de  Coquet  et  Stenger. 


Laon.  m.  Imprimerie  \^.  PS  Coqibt  ei  Stfnc-kr, 


14*  Année.  W»  1».  45  Août  1865. 


BULLETIN 

m]  L'INSTRUCTION  PRIMAÎHE 

POUR  LE  DÉPARTEMENT  DE  L'AISNE, 

PubVvt  sous  \ts  ausçVcts 

de  M.  Castaing,  Préfet  de  l'Aisne, 

Officier  de  la  Légion  -  d'UoDDeur, 

Officier  de  l'In.stmaotion  pnbliciiie. 

Paraissant  le   ËA  et  le  30  de   chaque  mois, 

âyec  le  Manuel  général,  14  fr.  50  c.  par  an. 
PRIX.  \  Avec  le  Pelil  Manuel,      6  fr.  60  c. 
Seul,  5  Ir. 

Soniniaire. 

PARTIE  OFFICIELLE.  —  Nomination  du  Conseil  impérial  de  l'Instruction 
publique  pour  1865. —  Instruction  à  MM.  les  Préfets  sur  l'admission  dans  les 
écoles  primaires  des  enfants  âgés  de  moins  de  sept  ans.  —  Méthode  Galin- 
Paris-Ghevé  ;  circulaire  du  Président  du  Comité  de  patronage.  —  Nomina- 
tions d'Inspecteurs  primaires  pour  les  arrondissements  de  £aon  et  de  Soij- 
sons. 

PARTIE  1%'OIV-OFFICIELLE.  —  Education  et  Enseignement.  —  Causeries 
pédagogiques  (33e  article).  —  Faits  divers  :  Distribution  des  prix  aux 
élèves  -  maîtres  de  l'Ecole  normale  de  Laon.  —  Bénédiction  d'une  maison 
d'école  de  filles  ,  fondation  due  à  la  générosité  de  la  famille  de  M.  de  Sars 
(Alphonse),  de  Laon.  —  Sollicitude  de  l'Administration  en  faveur  des  insti- 
tuteurs.—  La  Société  protectrice  des  animaux;  circulaire  à  tous  les  institu- 
teurs de  France,  lettre  d'approbation  du  Ministre  —  Sujets  de  composition 
donnés  aux  examens  de  la  Marne.  —  Solution  de  la  question  d'arpentage 
donnée  aux  derniers  examens  de  l'Aisne. 

PARTIE  OFFIGIEELE. 

NOMINATION 

DES    MEMBRES    DU    CONSEIL    IMPERIAL    DE    LINSTRI'CTIOX    PUBLIyliE 

Pour  l'année  186S. 

NAPOLÉON  ,  ~ 

Par  la  grâce  de  Dieu  et  la  volonté  nationale  ,   Empereur  des  Fran- 
çais , 
A  tous  présents  et  à  venir.  Salut, 
Sur  la  proposition  de  notre  Ministre  de  l'Instruction  publique  ; 


—  226  — 

.rii,:'A  jr:o/,  c: 
Vu  les  artj  1  et  5  du  9  mars  1852 , 

Avons  décrété  et  décrétons  ce  qui  suit  : 

Art.  i".  Sont  nommés  membres  du  Conseil  impérial  de  rinstriiction 
publique  pour  Tannée  1864  : 

M.  de  Rover ,  vice  -  président  du  Sénat ,  premier  -  président  de  la 
Cour  des  Comptes. 

M.  le  baron  Haussmann,  sénateur,  préfet  de  la  Seine. 

M.  le  comte  Joseph  Boulay  (de  la  Meurthe  ,  sénateur. 

S.  Exe.  M.  Vuitry,  ministre  présidant  le  ConseU  d'Etat. 

M.  Thuillier,  président  de  la  section  de  Tinlérieur  ,  de  rinstriiction 
publique  et  des  cultes  au  Conseil  d'Etat. 

M.  Flandin,  conseiller  d'Etat. 

S.  G.  M»'  Darboy  ,  archevêque  de  Paris ,  grand-aumônier  de  TEm- 
pereur. 

S. G,  Ms""  Dubreuil ,  archevêque  d'Avignon. 

S. G.  31^'  Parisis,  évêque  d'Arras,  Boulogne  et  St-Omer. 

S.  G.  Ms'  Landriot,  évêque  de  La  Rochelle  et  Saintes. 

S.  G.  M^'  Meignan  ,  évêque  de  Chàlons. 

M.  Biaun ,  président  du  Consistoire  supérieur  de  l'Eglise  de  la 
Confession  d'Augsbourg. 

M.  le  général  de  Chabau  -  Latour,  membre  du  Conseil  central  des 
Eglises  réformées. 

M.  Franck  ,  membre  de  TAcadémie  des  Sciences  morales  et  poli- 
tiques, vice-président  du  Consistoire  Israélite. 

S.  Exe.  M.  Troplong,p[ésident  du  Sénat, membre  du  Conseil  privé, 
premier-président  de  la  Cour  de  Cassation, membre  de  l'Académie  des 
Sciences  morales  et  politiques. 

M.  Dupin,  sénateur,  procureur-général  près  la  Cour  de  Cassation, 
membre  de  l'Académie  Française  et  de  l'Académie  des  Sciences  mo- 
rales et  politiques. 

M.  Bonjean,  sénateur,  premier-président  de  la  Cour  impériale  de 
Riom. 

M.  Sylvestre  de  Sacy,   membre  de  l'Académie  Française. 

M.  Guignant,  secrétaire  perpétuel  de  l'Académie  des  Inscrip- 
tions et  Belles  -  Lettres  ,  ancien  directeur  de  l'Ecole  normale 
supérieure. 

M.  Milne-Edwards,  membre  de  TAcadémie  des  Sciences,  doyen  de 
la  Faculté  des  Sciences  de  Paris. 

M.  Michel  Chevalier,  sénateur,  memluc  de  l'Académie  des  Sciences 
morales  et  politiques. 

M.  Robert-Fleury, membre  de  l'Académie  des  Beaux-Arts  et  direc- 
teur de  l'Ecole  impériale  des  Beaux-Arts. 

M.  Giraud,  inspecteur-général  de  l'enseignement  supérieur  (Droit), 
membre  de  l'Académie  des  Sciences  morales  et  politiques. 

M.  Ravaisson  ,  inspecteur  -  général  de  l'enseignement  supérieur 
(Letlrosi,  membre  de  l'Académie  des  Inscriptions  «»t  Belles-Lettres. 

M.  ÎNisard, inspecteur-général  de  l'enseignement  supérieur  (Lettres', 
membre  de  l'Académic-P'rançaise. 

M  Dumas ,  sénateur  ,  inspecteur-général  de  l'enseignement  supé- 


—  227  — 

rieur   Sciences) ,  membre  de  l'Académie  des  Sciences. 

M.  Le  Verrier  ,   sénateur ,  inspecteur  -  général  de  l'enseignement 
supérieur  (Sciences),  membre  de  l'Académie  des  Sciences. 
pjgM.  Denonvilliers  ,  inspecteur  -  général  de  l'enseignement  supérieur 
(Médecine),  membre  de  l'Académie  de  Médecine, 

M.    Danton  ,    inspecteur  -  général  de  l'enseignement  secondaire 
(Lettres). 

M.'  Faye,inspecteur-général  de  l'enseignement  secondaire(Sciences), 
membre  de  l'Académie  des  Sciences. 

M.  Labrouste,  cbef  de  l'Institution  libre  de  Ste-Barbe,  à  Paris. 

M.  Rossât,  cbef  d'institution  libre  à  Charleville  (Ardennes). 

Art,  2.  M.  de  Royerest  nommé  vice-président  du  Conseil  impérial. 

M.  Nisard  est  nommé  secrétaire  dudit  Conseil. 

Art.  2.  Noire  Ministre  de  l'Instruction  publique  est  cbargé  de 
l'e.vécution  du  présent  décret. 

Fait  an  palais  des  Tuileries ,  le  12  juillet  1865. 

NAPOLÉON. 

Par  l'Empereur  : 
Le  Ministre  Secrétaire  d'Etat  au  déparùement 
de  P Instruction  publique  , 
V.    ÛURUY. 


M.  le  Ministre  de  l'Instruclion  publique  vient  d'adresser  aux  Préfets  la 
circulaire  suivante,  qui  résout  d'une  manière  définitive  la  question  soulevée 
par  la  contradiction  apparente  qui  existe  entre  lart.  l'^"'  du  déret  relatif 
auï  salles  d'asile  ,  prescrivant  que  ces  établissements  sont  destinés  aux 
enfants  de  deux  à  sept  ans,  et  divers  règlements  qui  veulent  faire  admettre 
ces  enfants  à  l'école  primaire  dès  l'âge  de  six  ans. 


Paris,  le  21  juillet  1865, 
Monsieur  le  Préfet, 

J'ai  été  consulté  sur  la  question  desavoir  si,  dans  les  communes 
où  il  existe  une  salle  d'asile  publique  ,  les  enfants  peuvent 
être  reçus  dans  les  écoles  primaires  à  l'âge  de  six  ans  révolus, 
ou  s'il  faut  attendre,  pour  les  y  admettre,  qu'ils  aient  atteint 
l'âge  de  sept  ans  révolus,  terme  réglementaire  du  séjour  à  la 
salle  d'asile. 

Cette  question  est  du  nombre  de  celles  qui  ,  en  principe  , 
doivent  être  tranchées  par  les  règlements  des  écoles  primaires  ; 
et  c'est  au  Ministre  ,  sur  l'avis  du  Conseil  départemental  et  du 
Conseil  impérial  de  l'Instruction  publique  (art.  5  et  15  de  la  loi 
du  15  mars  1850)  ,  qu'il  appartient  d'arrêter  ces  règlements.  Eu 
ce  qui  touche  spécialement  l'âge  d'admission  dans  les  écoles  pri- 
maires ,  le  Conseil  impérial  a  déclaré  plusieurs  fois  que  ,  dans  sa 
pensée  ,  les  difficultés  qui  peuvent  s'élever  à  cet  égard  doivent 
être  résolues  directement  par  le  Ministre. 

Le  modèle  de  règlement  ,  approuvé  par  le  Conseil  supérieur 


—  228  — 

de  l'instruction  publique  et  adressé  par  le  Ministre  à  MM.  les 
Recteurs,  le  17  août  t851,  à  tilre  de  document  à  consulter, porte 
(art.  6)  que,  pour  être  admis  dans  une  école  ,  les  enfants  doivent 
être  âgés  de  six  ans  au  moins.  Il  est  vrai  qu'aux  termes  de  l'art. 
1"  du  décret  du  21  mars  1865  ,  relatif  aux  salles  d'asile,  ces 
établissemenîs  sont  destinés  aux  enfants  des  deux  sexes  de  deux 
à  sept  ans.  Aucun  enfant  de  plus  de  sept  ans  révolus  ne  peut 
être  reçu  dans  une  salle  d'asile.  Mais  ce  décret  ne  fait  nullement 
obstacle  à  ce  que  les  enfants  de  six  ans  ,  s'ils  sont  assez  avan- 
cés ,   sortent  de  la  salle  d'asile  pour  entrer  à  l'école  primaire. 

Il  résulte  de  ce  qui  précède  que  ,  sauf  le  cas  où  le  règlement 
des  écoles  primaires  publiques ,  régulièrement  établi  dans  un 
département  en  vertu  de  la  loi  du  J5  mars  t850  ,  aura  fixé  pour 
l'admission  aux  écoles  primaires  publiques  un  âge  minimum 
supérieur  à  six  ans,  les  enfants  âgés  de  six  ans  révolus  pourront 
si  leurs  parents  en  font  la  demande  ,  être  reçu  dans  les  écoles , 
alors  même  qu'il  existerait  une  salle  d'asile  publique  dans  la 
localité. 

Recevez  ,  etc. 

Le  Ministre  de  V Instruction  publique 

V.  DURUY. 


M.  le  comte  de  Nieuwerkerke  ,  président  du  Comité  de  patronage  de  la 
Méthode  Galin-Paris-Chevé  ,  vient  d'adresser  la  lettre  suivante  à  iMM.  les 
Directeurs  des  élablissenients  universitaires  d'instruction  et  aux  Chefs  d'ins- 
titution et  Maîtres  de  ppusion  de  Paris  et  des  départements.  Espérons  que 
cet  appel,  venu  des  régions  élevées,  sera  entendu  et  compris. 
Voici  cette  lettre  : 

Paris,  le  22  juillet  1865. 
Monsieur  , 

Par  sa  circulaire  en  date  du  15  février  1865  ,  M.  le  Ministre  de 
l'Instruction  publique  a  adressé  à  MM.  les  Recteurs  quelques  ex- 
plications sur  le  règlement  du  30  janvier,  relatif  à  l'enseignement 
de  la  musique  dans  les  Ecoles  normales  primaires  et  dans  les 
Lycées,  Ces  instructions  renferment  un  paragraphe  que  je  vous 
demande  la  permission  de  placer  de  nouveau  sous  vos  yeux  : 

Le  règlement  du  30  janvier  1865  n'a  point  parié  de  méthodes  :  il  s'est  cou- 
tenté  de  fixer  le  but  sans  déieriuioer  la  route  à  suivre.  L'Administration  de 
rinstruclion  publique  ne  croit  devoir  prescrire  ni  prohiber  aucune  méthode 
d'enseignement  musical  :  les  maîtres  et  les  chefs  d'établissement  restent  libres 
de  choisir  sous  leur  responsabilité  ,  parmi  telles  que  leur  notoriété  et  leur 
succès  recommaudent.  Je  ne  verrais  même  pas  d'inconvénient  à  autoriser 
au  besoin  à  litre  d'essai,  surtout  dans  les  Ecoles  normales  primaires,  Vem- 
ploi  de  procédés  abrtvialifs  qui  paraîtraient  dignes  d'une  [atlenlion  sé- 
rieuse. Vous  auriez  soin  ,  dans  ce  c^s,  de  vous  Ijire  rendre  compte,  tous  les 
trois  mois,  des  résultats  obtenus.  Mais  les  méthodes  ou  les  procédés  mis  eu 
pratique  devront,  d.ms  tous  les  cas,  remplir  la  condition  essentielle  de  ne  pas 
aller  contre  le  but  définitif  qu'on  doit  se  proposer  d'atteindre  ,  c'est-à-dire  la 
lecture  et  l'écriture  musicales  d'après  la  notation  aujourd'hui  eu  usage  chez 
tous  Its  peuples  civilisés. 


—  22ÎÎ  — 

M'appuyant  sur  les  sentiments  si  libéraux  qui  ont  inspiré  M.  le 
Ministre  de  l'Instruction  publique,  je  prends  la  liberté,  en  vous 
lappelant  les  services  immenses  rendus  par  la  méthode  Galin- 
Paris-Chevé,  à  l'enseignement  de  la  musique,  de  vous  demander 
si  vous  ne  croiriez  pas  opportun  d'en  faire  l'application  dès  le 
début  de  la  prochaine  campagne  scolaire.  Vous  n'ignorez  sans 
doute  pas  que  la  méthode  Gai  n  Paris-Chevé  est  otïiciellement 
enseignée  depuis  plusieursannéesà  l'Ecole  Polytechnique, à  Saint- 
Cyr,  à  La  Flèche,  etc.,  etc.,  et  que  plusieurs  Lycées  de  province 
l'ont  déjfi  adoptée. 

On  vous  dira  peut  être  que  nos  élèves  apprennent  une  langue 
qui  leur  est  propre  et  qu'ils  ne  comprennent  rien  au  système 
graphique  usuel  ;  ceux  qui  connaissent  la  méthode  que  nous 
patronnons  savent  qu'il  n'en  est  rien.  Le  chiffre  et  la  langue  des 
durées  sont  pourles  professeurs  d'admirables  moyens  de  dénions- 
lration,et  nos  élèves  lisent  à  la  fois  le  chiffre  et  la  porttje. L'Ecole 
normale  militaire  de  gymnastique  de  Vincennes  a  démontré  d'une 
façon  bien  frappante  l'excellence  des  procédés  de  la  méthode 
Galin-Paris-Chevé. 

Les  sous  -  officiers  qui  viennent  s'y  exercer  au  tir  et 
à  la  gymnastique  ayant  dû  renoncer  à  l'élude  de  la  musique 
après  plusieurs  essais  infructueux,  l'emploi  de  la  méthode  Galin- 
Paris-f  hevé  y  fut  autorisé. Depuis  celte  époque, après  un  examen 
de  neuf  mois  d'études  (soit  deux  cent  seize  heures  de  leçons), les 
élèves  de  la  Faisanderie  qui  rejoignirent  leurs  corps  pour  y  servir 
de  moniteurs,  lisent  la  musique  à  première  vue  et  l'écrivent  sous 
la  diclée. 

Une  des  coesidérations  qui  nous  ont  décidé  à  propager  l'em- 
ploi de  la  méihoiie  Galin  Paris  Chevé  ,  c'est  que  ,  basée  sur  la 
logique  ,  elle  s'adresse  à  tous  et  ne  fait  pas  de  la  musique  le 
domaine  exclusif  de  quelques  intelligences  privilégiées.  Il  ne 
suffit  pas  de  produire  des  artistes,  il  faut  former  aussi  un  public 
apte  à  les  comprendre.  Aux  Conservatoires  ,  la  première  de  ces 
tâches  ;  nous  réclamons  seulement  une  part  de  la  seconde. 

Vous  voudrez  bien  remarquer,  Monsieur,  que  le  mode  d'ensei- 
gnement que  nous  vous  recommandons  prend  aux  élèves  beau- 
coup moins  de  temps  que  le  système  jusqu'ici  en  usage;  qu'il  est 
officiellement  enseigné  à  l'Ecole  Polytechnique  depuis  huit  ans,  à 
Saint-Cyr  depuis  cinq  ans  ,  à  La  Flèche  depuis  quatre  ans  ,  au 
Lycée  Lonis-le-Grand  depuis  deux  ans,  etc.,  etc.;  qu'il  est  enfin 
adopté  dans  les  centres  d'instruction  les  plus  importants  et  n'a 
plus  à  faire  ses  preuves. 

Le  Comité  se  tient  n  votre  disposition,  Monsieur,  dans  le  cas 
on  vous  auriez  besoin  de  quelques  renseignements  relatifs  h  l'em- 
ploi de  la  méthode  qu'il  patronne.  Nous  vous  offrons ,  en  outre  , 
soit  de  vous  envoyer  des  pi-olesseurs  éprouvés,  soit  d'initier  gra- 
tuitement aux  procédés  d(!  la  méthode  les  professeurs  que  vous 
voudriez  bien  nous  envoyer. 

Je  vous  serais  particulièrement  reconnaissant ,  Monsieur  ,  de 
prendre  la  peine  de  m'accuser  réception  de  cette  lettre  ,   et  de 


—  «30  — 

me  faire  savoir  si  nous  pouvons  compter  sur  votre  précieux  con- 
cours. 

Recevez,  etc. 

Le  Sénateur,  Surintendant  des  Beaux- Arts  , 
Président  du  Comité  de  Patronage  , 

Comte  DE   NlEUWERKERRE. 

P.-S.  —  Si  la  demande  nous  en  était  adressée  par  un  nombre 
suffisant  de  professeurs  ,  nous  ferions  coïncider  l'ouverture  d'un 
Cours  normal  de  musique  a^ec  le  commencement  des  vacances. 
De  cette  façon,  les  professeurs  qui  nous  auraient  été  recomman- 
dés seraient  en  état  d'ouvrir  les  cours  ,  d'après  la  méthode  Galin- 
Paris-Chevé,  à  la  rentrée  prochaine. 


Par  arrêté  en  date  du  \S  juillet  1865, 

M.  Debruyne  ,  inspecteur  primaire  pour  l'arrondissement  de 
Soissons  ,  est  nommé  inspecteur  primaire  pour  l'arrondissement 
de  Laon. 

M.  Surel ,  chargé  des  cours  spéciaux  au  lycée  impérial  de 
Saint-Brieuc  ,  est  nommé  inspecteur  primaire  (3"  classe)  pour 
l'arrondissement  de  Soissons,  en  remplacement  de  M.  Debruyne, 
qui  a  reçu  une  autre  destination. 


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PARTIE  NON-OFFICIELLE. 

ÉDUCATION  ET  EAiSEIGIVEHIENT. 


GAISËRIËS  PËDAGOGIQIËS. 
XXXII. 

Les  exercices  de  langage  et  d'intelligence  sont  considérés  aujour- 
d'hui par  tous  les  bons  maîtres  comme  la  base  de  l'éducation 
intellectuelle.  Nés  en  Allemagne  et  mis  en  vogue  par  Pestalozzi 
et  ses  disciples,  ils  sont  pratiqués  à  l'heure  qu'il  est  dans  tous  les 
pays  du  monde  et  produisent  partout ,  quand  ils  sont  faits  avec 
discernement,  les  effets  les  plus  heureux.  Jadis  quand  les  petits 
enfants  venaient  à  l'école  ,  on  ne  savait  trop  comment  faire  pour 
les  occuper  et,  faute  de  mieux, on  les  mettait  devant  les  tableaux 
de  lecture  ,  ou  bien  encore  on  leur  donnait  un  crayon  d'ardoise 
en  main  et  on  les  chargeait  de  reproduire  les  lettres  de  l'alphabet. 
Ces  opérations  fastidieuses  remplissaient  à  peu  près  exclusive- 
ment les  deux  premières  années  de  la  vie  scolaire.  Est -il  éton- 
nant qu'avec  des  procédés  si  peu  rationnels  on  n'ait  obtenu  que 
des  résultats  détestables  et  que  l'école  soit  deveunc  un  véritable 
cauchemar  ? 


—  231  — 

Grâce  aux  progrès  de  la  pédagogie  moderne  ,  ces  pratiques 
surannées  ont  disparu  et  ont  été  remplacées  partout  par  des 
exercices  également  profitables  pour  l'intelligence  &'t  le  cœur.  — 
Dès  lors  l'école  a  perdu  ses  allures  raides  et  compassées  pour 
devenir  vivante  et  intéressante  ;  elle  s'est  faite  jeune  pour  plaire 
à  la  jeunesse  ,  elle  s'est  tran-^formée  enfin  en  maison  d'édu- 
cation ,  c'est  à-dire  qu'elle  a  compris  sa  véritable  destination 
et  qu'elle  fait  son  possible  pour  remplir  dignement  son 
mandat. 

Apprendre  a  voir, a  penser  et  à  jOrtr/er, telle  est  la  tâche  de  l'école 
enfantine  ,  sous  le  rapport  de  l'instruction  ;  apprendre  à  sentir 
II'  bien  et  a  l'aiuier  instindivcmeiil  ,  voilà  l'objet  de  la  première 
éducation. 

Celte  définition  s'applique  à  toute  espèce  d'établissement  pré- 
paratoire, quel  que  soit  le  nom  qu'il  porte  ,  école  ou  asile  ;  car 
partout  les  besoins  sont  les  mêmes,  et  d'un  côté  comme  de  l'autre 
on  vise  à  un  même  but. 

Or,  dans  la  première  période  de  son  existence  surtout ,  l'en- 
fant vit  principalement  par  les  sens  ;  c'est  donc  par  le  canal  des 
organes  matériels  qu'il  fiut  chercher  à  faire  pénétrer  les  idées 
dans  son  esprit  :  la  méthode  intuitive  ,  on  le  voit  sms  peine  ,  s'im- 
pose forcément  au  maître  dès  le  début. 

On  a  étrangement  abusé,  nous  le  savons  bien  et  nous  le  déplo- 
rons avec  tous  les  pédagogues  que  n'aveugle  point  le  culte  ex- 
clusif d'un  système  ,  on  a  étrangement  abusé  de  l'intuition,  et  au 
lieu  d'y  trouver  un  puissant  inslriimentd'éducatiou,  on  l'a  trans- 
formée en  un  mécanisme  aveugle  qui ,  loin  de  favoriser  le  déve- 
loppement des  facultés  intellectuelles  ,  ne  fait  qu'en  gêner  l'éclo- 
sion  et  produit  plus  de  mal  que  de  bien  ;  mais  cette  application 
malheureuse  d'un  principe  excellent  en  lui-même  que  prouve-t- 
elle  ,  en  définitive  .  sinon  que  l'erreur  touche  de  bien  près  à  la 
vérité  et  qu'il  faut  par  conséquent  être  sans  cesse  sur  ses 
gardes  pour  ne  pas  se  laisser  entraîner  en  dehors  de  la  route 
directe  ? 

Sur  quels  sujets  rouleront  les  exercices  qui  nous  occupent  ? 
Evidemment  sur  ceux  qui  se  tiouvenl  dans  la  proximité  immé- 
diate des  petits  élèves.  Les  parlies  du  corps  et  les  vêtements  qui 
le  couvrent, puis  les  meubles  de  la  salle  déclasse  et  les  nombreux 
objets  qui  constituent  pour  ainsi  dire  les  outils  de  l'enseigne- 
ment se  présentent  tout  d'abord  et  offrent  un  vaste  champ  à  l'ac- 
tivité du  maître  et  des  discijles. 

Chacun  de  ces  objets  porte  un  nom  qu'il  s'agit  de  retenir  ; 
viennent  ensuite  la  forme,  la  grandeur,  la  couleur,  la  place  occu- 
pée par  chacun  de  ces  objets  ,  ses  différentes  parties  ,  la  matière 
dont  il  est  fait,  les  usages  auxquels  il  sei't,  etc. 

Il  y  a  une  foule  de  mots  ,  noms  ,  qualificatifs,  verbes  que  les 
enfants  apprennent  à  connaître  en  même  temps  que  les  objets, 
les  qualités  ,  les  actions  que  ces  mots  désignent ,  et  comme  le 
mnitre  montre  chcvj^U'  ihitw  it  me.uire  qu'il  la  nomme  et  que  les 
élèves  montrent  à  leur  tour  ce  que  touche  leur  doigt  ,    ils  corii- 


—  232  — 

prennent  parfaitement  le  sens  de  chaque  expression  el  la  retien- 
nent sans  peine. D'ailleurs  maîtres  et  élèves  parlent  par  proposi fions , 
très-simples  d'abord,  mais  devenant  de  plus  en  plus  complètes,  à 
mesure  qu'on  avance;  d'un  autre  côté,  on  revient  souvent  sur  les 
mêmes  objets  pour  en  rafraîchir  la  mémoire  ,  et  en  fixer  le  sou- 
venir. N'est-ce  pas  là  une  méthode  aussi  rationnelle  qu'intéres- 
sante pour  enseigner  la  langue  ? 

Mais  ce  n'est  pas  tout  encore.  L'enfant,  tout  le  monde  le  sait, a 
soif  de  mouvement ,  l'immobilité  est  pour  lui  un  supplice  intolé- 
rable ;  or  les  exercices  dont  nous  parlons  ,  lui  permettent  de 
donner  satisfaction  à  ce  besoin  impérieux  :  il  montre,  il  touche, 
il  regardé,  il  désigne,  il  compte  ,  il  compare,  il  pèse,  il  apprécie, 
il  parle  ,  il  vit ,  en  un  mot  ;  son  corps  et  son  esprit  s'appliquent 
à  la  fois  ,  son  instinct  de  curiosité  et  son  penchant  d  imitation 
s'exercent,  comment  ne  se  trouverait-il  pas  heureux  ! 

Il  faut  ne  pas  oublier  cependant  que  la  condition  vitale  des 
exercices  de  langage  est  la  variélé.  Si  la  même  série  d'objets  re- 
vient trop  souvent  et  dans  le  même  ordre,  les  jeunes  esprit/s  s'en 
lassent  et  n'y  prennent  plus  intérêt. Voilà  pourquoi  le  maître  doit 
s'ingénier  sans  cesse  à  produire  du  nouveau,  non-seulement  quant 
aux  sujets,  mais  aussi  et  surtout  quant  à  la  forme.  Le  mécanisme 
et  la  routine  ici  seraient  mortels!  Pour  nous  en  convaincre,  nous 
n'avons  qu'à  visiter  les  salles  d'asile  ou  les  écoles  eafantines  : 
d'un  côté  nous  trouverons  un  auditoire  plein  d'attention  et  de 
vie  ,  de  l'autre  des  enfants  distraits  ,  remuants  ,  engourdis  ;  ici 
l'intérêt  pétille  dans  tous  les  yeux  ,  là  l'ennui  bâille  avec  une 
désolante  unanimité  !  Où  trouver  le  mot  de  l'énigme  ?  Dans  l'ha- 
bileté seule  du  maître,  car,  remarquez-le  bien,  les  exercices  sont 
identiquement  les  mêmes  de  part  et  d'autre  ,  ils  sont  exécutés 
dans  la  même  forme  ,  ils  empruntent  les  mêmes  propositions  , 
seulement  ils  sont  animés  iri  d'un  soulïle  de  vie,  tandis  que  là  ils 
traînent  dans  la  froide  ornière  de  la  routine  ! 

Il  n'y  a  pas  dans  tout  le  programme  scolaire  une  seule 
branche  d'étude  qui  demande  plus  d'adresse  et  de  savoir-faire 
que  les  exercices  de  langage.  Pour  les  manier  convenablement 
il  faut  un  tact  pédagogique  et  une  pratique  qui  se  trouve  bien 
plus  rarement  qu'on  le  pense.  Et,  hâtons-nous  de  rajouter,aucun 
manuel ,  quelque  bien  fait  qu'il  soit ,  ne  peut  en  cette  matière 
remplacer  le  travail  préparatoire  et  individuel  du  maître.  Le  livre 
vous  trace  la  marche  à  suivre,  il  présente  des  exercices  modèles, 
il  énumère  la  série  des  questions  et  des  réponses;  mais  il  est  sec. 
froid,  mort,  il  l'est  forcément,  il  doit  l'être,  sans  quoi  le  premier 
venu  pourrait  se  mettre  à  la  place  du  maître  ou  de  la  maîtresse  , 
et  l'art  si  difficile  de  faire  classe  s'achèterait  chez  le  libraire  ! 

Ne  cherchons  donc  dans  les  manuels  que  ce  qu'ils  peuvent 
donner,  l'esprit  de  suite,  les  matériaux,  mais  trouvons  en  nous- 
mêmes  le  souffle  qui  vivifie.  Et  ne  nous  inquiétons  pas  trop  non 
plus  de  la  méthode;  l'ordre  est  chose  excellente  sans  doute,  et  à 
l'école  c'est  une  des  conditions  du  succès  ;  mais  n'oublions  pas 
que  le  rigorisme  didactique  tue  l'initiative  personnelle,  l'inspira- 


-  233  — 

tion  du  moment,  ot  rappelons-nous  parfois  que, dans  une  matière 
si  élastique  et  si  riche  ,  quelques  petits  écarts  ne  sauraient  pro- 
duire grand  mal, pourvu  qu'on  ne  marche  pas  au  hasard  et  qu'on 
observe  les  lègles  générales. 

Nous  le  répétons  ,  la  question  capitale  dans  les  exercices  de 
longage  et  d'intelligence,  c'est  l'esprit  de  vie,  la  chaleur,  l'actua- 
lité parfois  ;  voilà  pourquoi  il  est  impossible  de  les  soumettre  à 
des  prescriptions  par  trop  étroites  :  ôtezleur  la  liberté  des  mou- 
vements et  vous  les  paralysez  net  ! 

Il  serait  superflu  de  dire  aux  maîtres  expérimentés  comment 
il  faut  s'y  prendre  pour  acquérir  le  talent  de  faire  de  bons  exer- 
cices de  langage  ou  d'intelligence  ,  on  ne  leur  apprendrait  rien 
de  nouveau  ;  mais  si  quelque  débutant  nous  demandait  conseil , 
nous  lui  répondrions  à  peu  près  en  ces  termes  :  Observez  avant 
tout  et  le  plus  attentivement  possible  les  petits  enfants  ,  pour 
apprendre  à  bien  connaître  leurs  qualités  et  leurs  défauts  et  sur- 
tout la  marche  de  développement  que  suit  leur  esprit.  Etudiez 
ensuite  quelque  bon  manuel  ,  afin  de  vous  bien  pénétrer  de  la 
méthode  et  des  procédés  ;  puis  enfin  assistez  à  la  classe  d'une 
bonne  directrice  d'asile,  d'un  maître  habile  ou  d'une  inslituirice 
heureusement  douée  ;  épiez  les  mères  surlout  ,  elles  ont  des 
secrets  pédagogiques  d'un  effet  merveilleux  ,  et  ensuite  mettez- 
vous  hardiment  à  l'œuvre  :  je  gagerai  qu'au  bout  de  quelques 
mois  de  pratique  vous  ferez  des  exercices  convenables  ,  si  toute- 
fois vous  ne  négligez  jamais  de  vous  préparer  sérieusement,  avant 
d'entrer  en  classe  ,  au  lieu  de  compter  sur  les  inspirations  du 
hasard  ,  comme  font  malheureusement  trop  de  gens.  Et  si  vous 
aviez,  pour  votre  gouverne  ,  besoin  d'un  contrôle  pour  savoir  si 
votre  leçon  est  réellement  bien  conditionnée,  je  vous  signalerais 
le  plus  infaillible  des  baromètres, à  savoir  votre  auditoire  même  : 
si  vos  élèves  sont  attentifs  et  vous  suivent  pas  à  pas,  avec  ce  re- 
cueillement einpressé  qui  décèle  l'aclivit*^  intérieure  ;  si  leurs 
yeux  s'attachent  à  vos  lèvres  et  que  les  réponses  jaillissent  sans 
effort,  alors  continuez  hardiment,  vous  êtes  dans  la  bonne  voie  ; 
si,  au  contraire  ,  ils  so  dérangent,  s'ils  remuent,  si  leurs  regards 
errent  vaguement  de  côté  ou  d'autre  ou  que  certains  efforts 
réitérés  cachent  mal  un  bâillement  qui  veut  faire  irruption  ,  oh 
alors,  mon  ani  ,  hàtcz-vous  de  clore  la  séance  ,  vous  vous  êtes 
fourvoyé  ou  vous  n'êtes  pas  bien  disposé  pour  le  moment,  car 
vous  parlez  dans  le  vide  et  vous  perdez  votre  temps  ! 

J.  Marnier. 


FAITS  DIVERS. 


VCniV  NORMAfE  DE  LAON . 

La  remise  des  récompenses  aux  élèves-maîtres  de  l'Ecole 
normale  a  eu  lieu  le  dimanche,  H  août  dernier,  à  quatre  heures 
du  soir,  dans  la  grande  salle  d'étude  de  l'établissemenl ,  sous  la 


—  234  — 

présidenre  de  M.  le  Préfet ,   assisté   de  M.  l'Inspecteur   d'Aca- 
démie et  de  MM.  les  membres  de  la  Commission  de  surveillance. 

Cette  fête  de  famille  était  un  peu  attristée  ,  cette  année  ,  par 
l'absence  du  Directeur,  parti  depuis  plusieurs  jours  pour  aller 
demander,  à  des  eaux  bienfaisantes,  le  rétablissement  de  sa  santé 
altérée  par  un  excès  de  travail. 

La  séance  a  été  ouverte  par  un  morceau  de  musique,  que  les 
élèves  ont  exécuté  avec  beaucoup  d'ensemble  et  d'harmonie.  Ce 
chant ,  qui  leur  a  valu  les  applaudissements  de  l'as'-emblée  ,  a 
permis  d'apprécier  complètement  les  progrès  faits  dans  cette 
branche  d'enseignement  ,  sous  l'habile  direction  du  professeur  , 
M.  LaufF.  Grâce  aux  connaissances  que  possèdent  tous  ces  jeunes 
gens,  on  peut  espérer  qu'ils  pourront  prendre  part  un  jour, dans 
les  communes  dont  l'éducation  de  la  jeunesse  leur  sera  confiée  , 
à  ce  mouvement  de  notre  époque  qui  tend  à  faire  entrer  la 
musique  de  plus  en  plus  dans  nos  mœurs. 

Après  ce  morceau,  M.  l'Aumùnier  a,  en  quelques  mots  simples 
et  bien  sentis,  exprimé  les  regrets  qu'a  éprouvés  M.  le  Directeur 
d'être  obligé  de  s'éloigner  cl  de  ne  pouvoir  assister  à  cette  fête  ; 
il  a  ensuite,  au  nom  de  ce  dernier,  et  au  nom  de  tous  les  maîtres, 
remercié  sincèrement  31.  le  Préfet ,  M.  l'Inspecteur  d'Académie 
et  MM.  les  membres  de  la  Commission  ,  du  vif  et  bienveillant 
intérêt  que  tous  portent  à  l'Ecole  normale. 

Puis,  M.  le  Préfet  a  pris  la  parole; et. dans  une  allocution  pleine 
de  solidité  et  de  distinction,  il  a  rappelé  aux  élèves-maîtres 
combien  ils  doivent  de  reconnaissance  à  leur  habile  Directeur  et 
aux  professeurs  de  l'Ecole  qui  tous  ,  avec  un  dévouement  et  une 
abnégation  dignes  des  plus  grands  éloges  ,  s'occupent  sans  cesse 
de  leur  éducation  et  de  leur  instruction.Sadressant  plus  particu- 
lièrement à  ceux  d'entre  euxqui  venaient  de  terminer  leurs  études, 
il  les  a  félicités  du  succès  qu'ils  ont  obtenu  aux  derniers  examens, 
et  leur  a ,  avec  l'autorité  du  langage  ,  donné  de  sages  conseils  et 
tracé,  en  quelque  sorte,  la  ligne  de  conduite  qu'ils  devront  suivre 
dans  les  fonctions  ditTiciles  dont  ils  vont  être  chargés  ;  car,  a  t-il 
ajouté ,  rien  n'est  plus  important  que  l'éducation  de  l'enfance. 
Toutes  les  questions  d'avenir  .  en  effet,  s'y  rattachent  ou  plutôt 
en  dépendent;  les  espérances  de  la  patrie,  les  destinées  de  la  fa- 
mille ,  tous  les  intérêts  de  la  sociéié  soîit  dans  le  sein  de  la  jeu- 
nesse ,  et  ceux  qui  sont  chargés  de  l'honneur  et  du  soin  de  la 
former,  doivent  recueillir  tout  ce  qu'ils  ont  de  force  dans  le  cœur 
et  dans  1  intelligence  pour  s'élever  à  la  hauteur  de  leur  noble 
mission  et  en  surmonter  les  difhcultés  et  les  peines. 

Après  cette  improvisation  chaleureuse,  qui  a  trouvé  dans 
l'assemblée  les  plus  vives  sympathies  ,  M.  l'Aumùnier  a  lu  l'ex- 
trait du  compte-rendu  d'une  séance  de  la  Commission  de  surveil- 
lance, relatif  aux  récompenses  à  tlécerner  aux  élèves. 

Voici  cet  extrait  en  entier  : 

Présents  :  MM.  Boudet ,  conseiller  de  préfecture, />res/>//7// ; 
Tévenart,  curé-archiprétre  ;  Taiée,  inspecteur  honoraire  d'Aca- 


I 


-  235  — 

déraie;  de  Sars,  propriétaire;  Leroux,  avocat;  Mariotti,  directeur 
de  rélablissement. 
Vu  les  notes  inscrites  au  personnel  des  élèves-maîtres; 
Le  rapport  du  Directeur  entendu  ; 
Les  litres  des  divers  concurrents  exposés  ; 
La  Commission,  après  en  avoir  délibéré, 

Arrête  : 
1°  Le  prix  annuel  accordé  par  M.  le  Préfet  à  l'élève-maitre  de 
3'  année  qui  ,  par  son  caractère  ,  sa  conduite  ,  son  application  et 
son  aptitude  générale  ,  s'est  montré  le  plus  capable  de  remplir 
immédiatement  les  fonctions  d'instituteur  public  ,    est  décerné 
à    l'élève  -  n  ailre  GREMET,   Nestor,    de  Vaux    (Saint-Quentin). 
2°  Le  prix  annuel   accordé  par  la  Commission  de  surveillance 
à  rélève-maître  qui,  dans  le  cours  de  la  2^  année,  s'est  distinj-ué 
par  son  caractère  ,   sa  conduite  ,  son  application  et  ses  progrès  , 
est  décerné  à  l'élève-maître  DAII-^SY,  Achille.de  Plomion  (Vervins). 
3°  Le  prix  annuel  accordé  par  TEcole  à  l'élève-maître  qui,  dans 
le  cours  de  1"  année  ,  s'est  le  plus  distingué  par  son  caractère  , 
sa  conduite,  son  application  et  ses  progrès,  est  décerné  à  l'élève- 
maître  GLOUIN,  Paul-Désiré,  de  Dravegny  (Chàteau-Thierryj. 
La  Commission,  en  outre, 
Arrête  : 
1"  Deux  mentions  honorables  sont  décernées  : 

En  troisième  année. 
A  MM.  CATRIN,  Camille,  du  Nouvion  (Vervins). 
DUROZOY,  Adonis,  de  Tavaux  (Laon). 

En  deuxième  année. 
LUZURIER,  Julien,  de  Paissy  Moulins  (Laon). 
PAQUET,  Emile-Joseph  ,  d'Autremencourt  (Laon). 

En  première  année. 
LECOMTE,  Félix-Auguste,  de  Remigny  (Saint-Quentin). 
DÉCELLE,  François-Diogène,  de  Pouilly  (Laon). 

Après  cette  remise  des  récompenses,  les  élèves  ont  encore  fait 
entendre  un  magnifique  chœur,  Le  Petit  Grenadier,  et  la  séance  a 
été  levée  aux  cris  de  :  Vive  l'Empereur  !  Vive  M .  le  Préfet  ! 

Par  arrêté  de  M.  le  recteur,  l'ouverture  des  vacances  à  l'Ecole 
normale  de  Laon  est  fixée  au  mercredi  16  août,  et  la  rentrée  des 
classes,  au  samedi  IC  .-eplembre  suivant. 

Nous  lisons  dans  le  Journal  de  l'Aisne  : 

Dimanche  ,  16  juillet ,  a  eu  lieu  une  cérémonie  touchante  et 
utile  pour  la  commune  dllrcel.  C'était  le  jour  choisi  pour  la 
bénédiction  de  l'école  des  iilles  ,  et  pour  l'installation  des  Sœurs 
de  Notre-Dame  de  Saint-Erme,  appelées  à  ia  diriger. 

La  maison  a  été  hàtie  ."^ur  les  plans  de  M.  Gauthier,  architecte  à 
Laon.  C'est  l'exécution  d'une  conception  large,  car  M.  Alphonse 
de  Sars ,  le  fondateur  et  le  soutien  de  l'œuvre ,  a  voulu  que  tout 
fut  grand  et  en  rapport  avec  les  sentiments  de  sa  pieuse  tille,  qui 
en  avait  inspiré  la  généreuse  pensée. 

Rien  ne  manque  à  celte  école.  Rien  n'a  manqué  non  plus 
dans  l'expression  de  la  reconnaissance  des  habitants.  Louons  sans 


—  236  — 

réserve  M.  Bourgeois,  maire  de  la  commune,  e(  tous  les  membres^ 
du  conseil  municipal ,  qui  tous  ont  prouvé  qu'ils  sentent  le  prix 
de  cette  belle  institution. Un  ai  c-de-triomphc  dressé  et  orné  avec 
goût,  rappelait,  dans  les  emblèmes  dont  il  était  enrichi,  tous  les 
titres  du  bienfaiteur  à  la  reconnaissance  publique. 

La  présence  de  la  compagnie  de  pompiers  ajoutait  à  l'éclat  de 
la  cérémonie.  La  musique  parfaitement  organisée  a  fait  honneur 
au  talent  de  son  chef.  Le  pays  possède  aussi  une  Société  chorale, 
dont  les  chants  retentissaient  harmonipusement  dans  l'église 
monumentale  d'Urcel,  que  tous  les  archéologues  connaissent. 

M.  le  curé  a  prononcé  un  excellent  discours  sur  les  avantages  de 
la  bonne  éducation  ,  et,  à  l'égard  de  la  famille  de  Sars,  il  a  été 
l'interprète  éloquent  et  fidèle  de  tous  les  cœurs. 

Une  petite  fille  a  adressé  ensuite  un  compliment  gracieux  à 
M''6  de  Sars. 

Enfin  M.  Lefèvre,  directeur  des  travaux  de  l'usine,  a  prononcé, 
au  nom  du  conseil  municipal  ,    des  sentiments  que  nos  lecteurs 
nous  sauront  gré  de  faire  connaître  : 
Mesdames , 

.le  suis  heureux  ,  en  cette  solennelle  circonstance,  d'être  l'interprète  du 
Conseil  municipal  de  cette  commune  pour  vous  témoigner  toute  sa  satisfac- 
tion de  votre  arrivée  parmi  nous ,  pour  vous  assurer  son  concours  le  plus 
dévoué  dans  l'exercice  de  vos  fondions. 

Nous  croyons  aussi  pouvoir  vous  assurer  les  mêmes  sentiments  de  satis- 
faction de  la  part  de  tous  les  habitants  du  pays.  Chacun  ici  comprend  l'Iieu- 
leuse  influence  que  votre  présence  parmi  nous  doit  produire;  chaque  mère 
est  heureuse  de  la  religieuse  éducation  et  des  bons  exemples  que  sa  tille  va 
recevoir;  aussi,  chacune  d'elles  s'empressera  non -seulement  devons  envoyer 
ses  enfanis,  mais  comprenant  que  son  concours  vous  est  nécessaire,  chaque 
mère  voudra  faciliter  votre  tàclie  et.  confirmer  par  ses  bons  conseils  et  ses 
sages  recommandations  les  sentiments  de  moralité  et  de  religion  que  vous 
ferez  pénétrer  dans  le  cœur  de  ces  jeunes  enfants. 

Pour  vous,  Mesdames,  et  Monsieur,  généreux  fondateur  de  celte  école, 
nous  ne  trouvons  pas  de  paroles  assez  éloquentes  pour  vous  témoigner  tous 
nos  remercîments  de  l'immense  bienfait  dont  vous  gratifiez  la  commune  en 
ce  jour;  nous  sommes  également  impuissants  à  vous  en  exprimer  toute  notre 
reconnaissance  ,  mais  ces  remerciements  et  ces  sentiments  de  reconnais- 
sance sont  au  fond  de  tous  les  cœurs  ici  présents;  la  meilleure  manière  du. 
reste  de  vous  les  témoigner,  la  plus  grande  satisfaction  que  vos  cœurs  cha- 
ritables puissent  éprouver,  c'est  l'empressement  que  chacun  mettra  à  faire 
profiter  ses  enfanis  de  vos  généreux  sacriiies  ;  l'administration  municipale 
est  convaincue  que  personne  n'y  faillira  ;  la  population  de  celte  commune 
est  trop  intelligente  d'ailleurs  pour  répondre  par  une  ingrate  indifTérence  à 
un  aussi  grand  bienfait. 

A  la  suite  de  la  cérémonie  ,  une  collation  Vi  été  offerte  par  M. 
de  Sars  à  tous  les  enfanis  de  la  commune.  Celte  fête  n'a  pas  élé 
une  de  ces  journées,  qui  laissent  seulement  un  souvenir  agréable, 
mais  elle  a  déposé  le  germe  d'une  semence  ,  qui  produira  des 
fruits  abondants  dans  le  pays. 


L'Administration  ne  néglige  rien  |>(»ui'  (jue  les  instituteurs  re- 
çoivent régulièrement  leur  traitement ,  et ,  grâce    aux  mesures 


—  237  — 

prises  ,  il  y  a  lieu  d'espérer  que  les  retards  fâcheux  qui  se  pro- 
duisaient trop  souvent  autrefois  ne  se  renouvelleront  plus. 

Dans  le  département  du  Bas-Rhin,  un  instituteur  s'est  plaint  au 
Ministre  de  n'avoir  pas  touché  son  traitement  depuis  dix  mois  , 
bitn  que  la  commune  eût  été  mise  en  mesure  de  pourvoir  à  l'en- 
tretien de  ses  écoles  pendant  l'année  1864  et  les  premiers  tri- 
mestres de  1865.  Le  percepteur  avait  employé  les  fonds  à  d'autres 
dépenses  communales,  notamment  au  payement  des  traitements 
du  médecin  canlonal,  du  garde  forestier,  etc. 

Informé  de  cet  état  de  rhoses  ,  M.  le  Préfet  a  fait  infliger  un 
blâme  au  comptable  par  M.  le  Receveur  général  ,  et  l'a  obligé  à 
faire  cesser,  par  une  avance  sur  ses  fonds  personnels,  le  préjudice 
qu'il  causait  ainsi  à  plusieurs  instituteurs  de  sa  circonscription. 

Lettre  adressée  par  la  Société  proteclrice  des  Animaux 
à  tous  les  Instilutenrs  de  France. 

Justice,  Compassion,  Hygiène,  Morale. 

Monsieur  l'Instituteur  , 

Une  loi  toute  d'humanité  ,  la  loi  du  2  juillet  1850  ,  dite  la  loi 
Grammont ,  est  encore  peu  connue  dans  les  campagnes.  Elle  est 
destinée  à  protéger  les  animaux  domestiques  contre  les  actes  de 
violence  et  de  cruauté  dont  ils  sont  trop  souvent  victimes. 

Donner  à  vos  élèves  l'explication  de  cette  loi,  leur  en  faire  bien 
comprendre  l'esprit  ,  c'est  travailler  à  leur  amélioration  morale. 
Les  qualités,  bonnes  ou  mauvaises,  s'engendrent  les  unes  des 
autres  dans  l'âme  humaine  :  quand  l'enfant  cruel  envers  les 
animaux  sera  devenu  grand  ,  il  se  montrera  dur  envers  ses  sem- 
blables ;  au  contraire  ,  la  compassion  pour  les  souffrances  des 
animaux  disposera  son  cœur  à  la  charité  pour  les  hommes. 

Au  point  de  vue  de  l'intérêt  matériel ,  l'avantage  de  la  bonté 
n'est  pas  moins  grand.  Les  animaux  domestiques  seront  toujours 
la  première  richesse  du  cultivateur.  Or,  vous  le  savez,  la  brutahté 
les  détériore  ,  entrave  leur  développement ,  les  rend  rétifs,  dan- 
gereux, et  abrège  la  durée  de  leur  existence;  mais  quand  on  les 
traite  avec  douceur  ,  et  que  l'on  n'exige  d'eux  qu'un  travail  en 
rapport  avec  leur  force, ils  deviennent  plus  robustes,  plus  dociles, 
plus  intelligents  ;  ils  rendent  des  services  plus  durables  ;  ils 
donnent  des  produits  plus  abondants  et  de  meilleure  qualité. 

Un  autre  point  sur  lequel  nous  ajjpelons  votre  at  ention  ,  Mon- 
sieur l'Instituteur,  c'est  la  conservation  des  petits  animaux  qui, 
tout  en  vivanl  à  l'état  de  liberté  ,  sont  d'utiles  auxiliaires  pour 
l'agriculture.  —  Par  suise  de  préjugés  absurdes,  le  hérisson,  le 
musaraigne,  la  chauve  souris,  la  couleuvre,  tous  grands  destruc- 
teurs d'insectes  nuisibles,  sont  traitésavec  une  barbarie  révoltante. 

Il  en  est  de  même  des  chouettes  ,  hiboux  et  autres  oiseaux  de 
proie  nocturnes,  qui  vivent  presque  exclusivement  de  souris,  de 
mulots  et  de  rats.  La  taupe  elle  -  même  ,  qui  fait  sa  principale 
nourrituie  de  vers  blancs  ou  larvede  hannetonsetdecourtillières, 
doit  être  protégée,  sinon  dans  les  jardins, au  moins  dans  les  prés 
où  les  monticules  qu'elle  élève  ,  loin  de  nuire  à  la  production  de 


—  238  — 

l'herbe, la  favorisent  au  contraire  quand  on  a  soin  delesépandre. 

Les  petits  oiseaux  sont  les  meilleurs  gardiens  de  nos  jardins, 
de  nos  champs,  de  nos  vignes  et  de  nos  bois.  C'est  au  moment  où 
les  insectes  exercent  leurs  plus  grands  rav  ges  ,  que  les  petits 
oiseaux  reviennent  dans  nos  contrées.  Leur  arrivée  devrait  être 
regardée  comme  un  bienfait  de  la  Providence  ;  ou  les  Iraite  ,  au 
contraire  ,  comme  s'ils  étaient  le  fléau  de  l'agriculture.  L'enlève- 
ment des  nids  au  printemps  détruit  des  milliers  de  ces  intéres- 
sâmes et  utiles  créatures. 

Dans  un  grand  nombre  d'écoles  où  les  principes  de  la  Société 
protectrice  ont  pénétré  ,  non-seulement  les  élèves  respectent  les 
niis  et  s'abstiennent  de  ces  chasses  à  la  pipée,  à  l'abreuvoir,  et 
autres  semblables,  où  la  soutïrance  et  la  mort  d'êtres  innocents 
deviennent  un  objet  de  plaisir  ;  mais  ils  se  constituent  les  défen- 
seurs des  petite  oiseaux.  Ils  trouvent  dans  ce  rôle  de  protecteurs 
une  satisfaction  supérieure  au  méchant  plaisir  de  ceux  qui  ,  par 
ignorance  encore  plus  que  par  cruauté, tourmentent  et  détruisent 
les  oiseaux. 

Faire  connaître  à  la  jeunesse  le  profit  qu'on  peut  tirer  d'une 
exploitation  agricole, quand  les  animaux  domestiques  sont  traités 
avec  humanité,  lui  inspirer  des  sentiments  do  bienveillance  pour 
tous  les  êtres  qui  remplissent  une  tâche  utile  dans  l'économie 
générale  de  la  nature  ,  ce  n'est  pas  seulement  servir  la  mor.de 
publique  et  l'intérêt  privé, c'est  aussi  initier  les^nfants  aux  jouis- 
sances de  la  vie  rurale  .  c'est  fai^e  aimer  le  séjour  des  champs  ; 
c'est  enfin  remplir  un  devoir  social  ,  en  retenant  la  déplorable 
émigration  du  village  vers  la  ville. 

Chaque  année,  la  Société  protectrice  décerne  des  récompenses 
aux  propagateurs  de  ses  principes.  Les  instituteurs  de  l'enfance 
y  ont  droit.  Huit  d'entre  eux  ont  reçu  des  médailles  à  notre 
séance  du  16  mai  ]86i.  —  Son  Exe.  le  Ministre  de  l'Instruction 
publique, voulant  s'associer  aux  vues  bienveillantes  delà  Société, 
a  daigné  accorder  à  chacun  des  quatre  instituteurs  placés  les  pre- 
miers sur  notre  liste,  une  somme  de  100  fr.,  à  titre  d'encourage- 
ment. L'année  précédente. pareille  faveur  avait  déj  >  été  accordée 
par  Son  Excellence  à  deux  lauréats  de  la  Société. 

Les  efforts  que  vous  voudrez  bien  faire,  dius  la  direction  que 
nous  vous  indiquons,  trouveront  d'ailleurs  leur  récompense  dans 
la  sympathie  des  bons  c<eiirs  et  dans  le  sentiment  du  bien  que 
vous  aurez  fait. 

Recevez ,  etc. 

Le  Secrétaire  général  . 

Rol'RGIJIN. 

I.e  Président , 
Vicomte  de  Vai,mer. 

Suit  le  texte  de  la  loi  du  2  juillet  18o0  : 

Seront  punis  d'une  amende  de  r>  A  15  francs,  et  pourront  l'être  de  1  à  5  jours 
de  prison  ceux  qui  auront  exercé  publiquement  et  abusivemrnt  des  mauvaii 
traitements  envers  les  animaux  domesticjues. 

I,a  peine  de  la  prison  sera  toujours  applicable  en  cas  de  récidive. 

L'art,  4U3  du  Code  pénal  sera  toujours  applicable. 


—  239  — 

Lettre  de  Son  Excellence  le  Ministre  de  l'Instruction  pnhliqyo 
approuvant  la  circulaire  ci-dessus. 
Monsieur  le  Président, 
J'ai  reçu  le  projet  de  circulaire  que  la  Société  protectrice  des  Animaux  se  pro- 
pose d'adresser  aux  instituteurs  ,   et  que  vous  m'avez  fait  l'honneur  de  me  com- 
muniquer. 

Le  but  que  poursuit  votre  association  est  éminemment  utile  ,  et  en  cherchant 
à  répandre  dans  nos  populations  ,  par  l'intenrédiaire  des  instituteurs,  les  prin- 
cipes et  l'esprit  qui  ont  inspiré  la  loi  du  2  juillet  1850,  vous  rendrez  un  véritable 
service  ;\  la  civilisation  ou  à  l'humanité. 
Je  ne  puis  donc  que  donner  une  approbation  au  projet  que  vous  m'avez  soumis. 
Veuillez  agréer,  etc. 

Le  Ministre  de  l'instruction  publique, 
V.  DURUY. 


SUJETS  DE  COiVIPOSITIOlV 

nONNÉS  AUX  EXAMENS  POUR  LE  BREVET  DE  CAPACITÉ 

DANS  LE  DÉPARTEMENT  DE  LA  MARNE 

(2i:  session  1865). 

Dictée. 

DES    MIRACLES. 

Dieu  peut  faire  et  défaire  ainsi  qu'il  lui  plaît  ;  iT  donne  des  lois  h.  la 
nature,  et  les  renverse  quand  il  veut. 

Si ,  pour  se  faire  connaître,  dans  le  temps  que  la  plupart  des  hommes 
l'avaient  oublié,  il  a  fait  des  miracles  étonnants  et  a  forcé  la  nature  à  sortir 
de  ses  lois  les  plus  constantes,  il  a  continué  parla  à  montrer  qu'il  en  était 
le  maître  absolu,  et  que  sa  volonté  est  le  seul  lien  qui  entretient  l'ordre  du 
monde. 

C'estiustement  ce  que  les  hommes  avaient  oublié;  la  stabilité  d'un  si 
bel  ordre  ne  servait  plus  qu'à  leur  persuader  que  cet  ordre  avait  toujours 
été,  et  qu'il  était  de  soi-même  ;  par  où  ils  étaient  portés  à  adorer  ou  le 
monde  en  général  ,  ou  Tes  astres  ,  les  éléments,  et  enfin  tous  ces  grands 
corps  qui  le  composent.  Dieu  donc  a  témoigné  au  genre  humain  une 
bonté  digne  de  lui ,  en  renversant  dans  des  occasions  éclatantes  cet  ordre 
qui  non-seulement  ne  les  frappait  plus ,  parcequ'ils  y  étaient  accoutumés, 
mais  encore  qui  les  portait,  tant  ils  étaient  aveuglés  ,  à  imaginer  hors  de 
Dieu  l'éternité  et  l'indépendance. 

L'histoire  du  peuple  de  Dieu,  attestée  par  sa  propre  suite  et  par  la  reli- 
gion ,  tani  de  ceux  qui  l'ont  écrite  que  de  ceux  qui  l'ont  conservée  avec 
tant  de  soin  ,  a  gardé  ,  comme  dans  un  fidèle  registre  ,  la  mémoire  de  ces 
miracles ,  e'.  nous  donne  par  lii  l'idée  véritable  de  l'empire  suprême  de 
Dieu,  maître  tout-puissant  de  ses  créatures,  soit  pour  les  tenir  sujettes  aux 
lois  générales  qu'il  a  établies  ,  soit  pour  leur  en  donner  d'autres ,  quand  il 
uge  qu'il  est  nécessaire  de  réveiller  par  quelque  coup  surprenant  le  genre 
humain  endormi.  Bossuet. 

A  rithmétiq  ne . 

Un  fermier  a  répandu,  sur  un  champ  de  luzerne  de2hectares  37  ares,  37 
hectolitres  de  plâtre  après  la  première  coupe.  Le  produit  de  la  deuxième 
coupe  a  augmenté  de  1/3;  le  produit  delà  première  coupe  était  de  79  kilog. 
55  par  are  et  la  luzerne  vaut  48  fr.  les  1,000  kilog.  Enfin  l'hectolitre  de 
plâtre  coûte  3  fr.  Calculer  le  bénéfice  obtenu  par  le  fermier. 

Style. 

Descente  du  Saint-Esprit.  Récit  etréilexion. 


—  240  — 

SOLITIOK  DE  LA  Ql'ESTION  D'ARPENTAGE 

donnée  à  la  dernière  session  des  examens  de  l'Aisne. 

ÉNONCÉ    DE    LA    QUESTION. 

Qu'entend-on  dans  le  nillevement  par  échelle  de  pente  ? 

Une  droite  AB  se  projette  horizonlalenient  s\iivant  CD;  la  hauteur  AC  du 
point  A  est  2m, 37;  la  hauteur  BI  du  point  B  est  3^,45;  la  distance  AB  est 
48™, ''^4.  Trouver  l'échelle  de  pente  de  la  ligne  AB. 

On  entend  par  échelle  de  penle  d'une  droite  la  projection  de  cette  droite 
divisée  en  parties  égales  qui  représentent  des  cotes  entières  consécutives 

Pour  construire  l'échelle  de  pente  de  la  droite  AB ,  je  commence  par  déter- 
miner la  valeur  de  la  projection  CI  de  celle  droite.  A  cet  effet ,  je  mène  par  le 
point  A  ,  la  li^^ne  AO  parallèle  à  Cl  qui  rencontre  BI  en  0.  Or  comme  BO  = 
Bl  _  AC  =  3"',45  —  2,37  ou  1,08,  j'ai 


AO  ou  CI   = 


A 


48  ,  W  —  108''  =  48'n,ll. 


Cela  fait ,  je  cherche  la  projection  Cm  d'un  point  M  ayant  une  cot»  entière 
Mm,  au  moyen  de  la  formule 

Mm  —  Ac 

Cm  =  CI  X 

BI   —  AC 
Ce  qui  donne,  en  remplaçant  chaque  quantité  littérale  par  sa   valeur  Bumé- 
rique, 

3  2  37 

Cm  =  48™, Il  X '■ =  28,06 

3,45  —  2,37 
A  partir  lic  ce  point  m,  je  porte  ensuite  à  droite  et  à  gauche  sur  Cl,    à  la 
suite  les  unes  des  autrt-s,    des  longueurs  égales  à   la  dislance  horizontale   de 
deux  points  de  la  droite  doni  la  différence  de  niveau  est  f",   distance  égale  à 
j_ 

**  CI  48", H 

c'esl-à  dire  à ou =  440», 54 

BI  —  AC  1,08 

Les  points  de  division  ainsi  obtenus  ont  pour  coies  les  nombres  entiers  con- 
sécuiits  ascendants  ou  descendants.  Je  partage  ensuite  l'une  quelconque  dos 
divisions  eu  10  parties  égales. 

b 
M 


C 


u 


Nota.  11  est  évident  que,  pour  construire  l'échelle  de  penle  AB,  il  faut  réduire 
chacune  des  valeurs  trouvées  à  l'échelle  du  plan. 

Ainsi  si  l'échelle  du  plan  était,  par  exemplp,  1  centimètre  par  mètre,  AB  serait- 
représenté  par  48  cent.  24;  Cm,  par  28  cent.  ÛG  ,  et  44"', 51,  par  44  cent.  34. 


Les  Gérants,  II.  hv.  CoQUET  et  Stenger. 


Ltou.  .  lopriaeric  B.  PB  C«qbkt  «t  Stbh«s», 


\A^  Année.  M"  f®.  30  Août  1865. 


BULLETIN 

DE  L'INSTRUCTION  PRIMAÎIIE 

POUR  LE  OÉPARTEÎÏIENT  DE  L'AISNE. 

VuWvi  SOU&  \ts  ausçicts 

de  M.  Gastaing ,  Frcfei  de  l'Aisne, 

CoffliuaDdeur  de  la  Légion-d'HoDueur , 

Officier  d.e  l'Instruction  piablique. 

Paraissant  le   %&  el  le  30  de   chaque  mois. 

Sommaire. 

PARTIE  OFFICîELLiE.—  Promotion  dans  l'Ordre  de  la  Légion-d'Honneur  : 
M.  Castaint^,  au  grade  de  Commandeur.  —  Loi  portant  organisation  de  l'en- 
seignemeat  secondaire  spécial.  —  Circulaires  à  MM.  les  Préfets  ,  û"»  sur  la 
liquidation  des  dépenses  dans  les  écoles  primaires  publiques;  2»  relative  à 
l'Ecole  spéciale  de  Cluriy.  —  Instructions  ministérielles  aux  Directeurs  des 
Ecoles  normales  primaires ,  concernant  les  observations  météorologiques 
pendant  les  vacances.  —  Liste,  par  ordre  de  mérite,  des  jeunes  gens  admis 
comme  élèves  -  maîtres  à  l'Ecole  normale  de  Laon. 

PARTIE  ]\0]V-OFFICaELIl.E.  —  EDUCATION  ET  ENSEIGNEMENT.  —  Marche 
à  suivre  pour  obtenir,  dans  les  écoles,  un  ensemble  d'écriture  satisfaisant, 
par  M  Taiclft.  —  Faits  divers  :  Le  Conseil  départemental  de  l'Instruction 
publique  de  l'Aisne  et  la  circulaire  du  11  juillet.  —  Vœu  du  Conseil  acadé- 
mique de  Douai  tendant  à  ce  que  des  médailles  spéciales  soient  instituées 
par  les  Conseils  générauxpour  récompenser  les  directeurs  de  cours  d'adultes. 
— Vœux  émis  parles  Conseils  d'arrondissement  de  l'Aisne,  l"  pour  l'avance- 
ment des  vacances  dans  les  campagnes  ;  2"  pour  que  les  forêts  et  propriétés 
de  l'Etat  participent  aux  dépenses  nécessitées  par  la  création  d'écoles  de 
filles,  3»  pour  pensions  de  retraite  ou  secours  viagers  en  faveur  des  anciens 
instituteurs;  4°  pour  l'enseignement  agricole  dans  les  écoles  primaires. —  Le 
nouvel  Inspecteur  primaire  de  l'arrondissement  de  Laon. —  Projet  de  cartes 
cantonales  pour  le  département  de  l'Aisne.  —  Deux  lauréats  de  l'Académie 
Française  :  Une  institutrice   et  u  n  prêtre  bâtisseur  d'écoles  et  d'églises. 

PARTIE  OFFIGi:^ELX;. 

Par  décret,  en  date  du  14-  août  dé.ri%r,  M.  Castaing, 
Préfet  de  l'Aisne,  vient  d'être  promu  au-arade  de  Comraan- 

dant  dans  l'Ordre  Impérial  de  la  Légian^IIonneur. 

^* 

Tous  les  instituteurs  du  département,  «fh  apprenant  cette  nou- 
velle, auront  applaudi ,  comme  nous,  à  une  si  haute  dislinction  ; 
car  elle  résume,  pour  le  Magistrat  éminent  qui  en  est  l'objet .  de 
grands  services  et  le  dévouement  le  mieux  entendu   aux  intérêts 


/ 


—  242  — 

du  pays.  Les  cinq  années  qu'a,  ju-qu'à  ce  jour,  passées  au  milieu 
de  nous  M.  Castaing  ,  sont,  en  effet ,  marquées  par  les  actes  les 
plus  nombreux  elles  plus  utiles,  par  les  créations  les  pins  intel- 
ligentes et  par  les  plus  importantes  améliorations.  —  S'inspitant 
de  la  pensée  du  Souverain  auguste  qui  préside  aux  destinées  de 
la  France,  M.  le  Préfet  s*est  constamment  et  vivement  intéressé  à 
ce  qui  concerne  l'éducation  populaire.  Nos  lecteurs  savent  de 
quels  sentiments  de  bienveillance  et  de  justice  il  est  animé  à  leur 
égard  ,  combien  il  se  préoccupe  de  leurs  intérêts  ,  de  leur  bien- 
être  ,  de  leur  considération  et  de  tout  ce  qui  peut  contribuer  à 
assurer  Se  succès  de  leur  mission.  Grâce  à  l'impulsion  profonde 
que  ce  haut  fonctionnaire  imprime  au  service  de  l'instruction 
primaire  ,  grâce  au  concours  habile  que  lui  prête  notre  hono- 
rable Inspecteur  d'Académie  ,  le  département  de  l'Aisne  conti- 
nuera, longtemps  encore,  à  tenir  un  des  premiers  rangs  sous  le 
rapport  intellectuel. 


liOl 

PORTANT  ORfiAIVlSATlOIV  DE    I/E\SEIGMMENT  SECONDAIRE  SPECIAL. 


NAPOLEON  , 

Par  la  grâce  de  Dieu  et  la  volonté  nationale  ,  Empereur  des  Fran- 
çais, 

Avons  sanctionné  kt  sanctionnons  ,  promulgtté  et  promulgons 
CE  Qri  SUIT  : 

LOI. 

Exirail  du  procès-verbal  du  Corps- Législatif. 

Le  Corps  -  Législatif  a  adopté  le  projet  de  loi  dont  la  teneur 
suit  : 

Art.  t'=^  —  L'enseignement  secondaire  spécial  comprend  : 
l'instruction  morale  et  religieuse;  la  langue  et  la  littérature  fran- 
çaises; l'histoire  et  la  géographie;  les  m;d.hémathiques  appliquées; 
la  physique,  la  mécanic^ue,  la  chimie,  l'histoire  naturelle  et  leurs 
applicat'ons  à  l'agriculture  et  à  l'industrie  ;  le  dessin  linéaire  , 
la  comptabilité  et  la  tenue  des  livres. 

Il  peut  comprendre  en  outre  :  une  ou  plusieurs  langues  étran- 
gères ;  des  notions  usuelles  de  législation  et  d'économie  indus- 
trielle et  rurale,  et  d'hygiène  ;  le  dessin  d'ornement  et  le  dessin 
d'imitation;  la  musique  vocale  et  la  gymnastique. 

Art.  2.  —  Dans  les  communes  qui  en  font  la  demande,  les  col- 
lèges communaux  peuvent  être  organisés  en  vue  de  cet  enseigne- 
ment, après  avis  du  Conseil  académique. 

Art.  3.  —  Il  est  institué  un  Conseil  de  perfectionnement  près 
de  chacun  des  établissements  dépendant  du  Ministère  de  l'ins- 
truction publique  oii  est  donné  l'enseignement  secondaire  spé- 
cial. 

Art.  4.  —  A  la  fin  des  cours,  les  élèves  sont  admis  à  subir,  de- 


—  243  — 

vant  un  jury  dont  les  membres  sont  nommés  par  le  Ministre  de 
rinstruclion  publique  ,  un  examen  à  la  suite  duquel  ils  obtien- 
nent, s'il  y  a  lieu,  un  diplôme. 

Art.  5.  —  La  composilion  du  Conseil  de  perfectionnement, 
celle  des  jurys  et  les  conditions  d'examen  sont  réglées  par 
des  arrêtés  délibérés  en  Conseil  impérial  de  1  instruction 
publique. 

Arl.  6.  —  Le  diplôme  de  bachelier  peut  être  suppléé,  pour 
l'ouvei  lure  d'un  établissement  libre  d'enseignement  secondaire 
spécial ,  au  brevet  de  capacité  ,  à  la  suite  d'un  examen  dont  les 
programmes  sont  réglés  par  des  arrêtés  délibérés  en  Conseil 
impérial  de  l'instruction  publique. 

Nul  n'est  admis  à  subir  cet  examen  avant  l'âge  de  18  ans. 

La  condition  de  stage  prescrite  par  l'art.  60  de  la  loi  du  15  mars 
1850  n'est  pas  exigible. 

Art.  7.  —  Les  établissements  libres  jouissent,  pour  l'enseigne- 
ment secondaire  spécial ,  du  bénéfice  de  l'art.  69  de  la  loi  du  15 
mars  1830. 

Art.  8.  —  Les  dispositions  de  la  présente  loi  ne  font  pas 
obstacle  à  ce  que  les  chefs  ou  directeurs  d'établissements  d'ins- 
truction primaire  ,  fondés  en  exécution  de  la  loi  du  28  juin  1833 
sur  l'instruction  primaire  ,  et  de  celle  du  15  mars  1850  sur  l'en- 
seignement ,  continuent  à  donner  l'instruction  primaire  ,  prévue 
par  ces  deux  lois. 

Art  9.  —  A  dater  de  la  promulgation  de  la  présente  loi ,  l'en- 
seignement primaire  peut  comprendre  ,  outre  les  matières  déter- 
minées par  le  paragraphe  2  de  l'art.  23  de  la  loi  du  15  mars 
IS-iO  ,  le  dessin  d'ornement ,  le  dessin  d'imitation  ,  les  langues 
vivantes  étrangères  ,  la  tenue  des  livres  et  des  éléments  de  géo- 
métrie. 

Délibéré  en  séance  publique,  à  Paris,  le  31  mai  1865. 

Le  Vice-Président,  Schneider;  les  Secrétaires,  H.  Hlsson-Billault, 
Séverin,  Abbatdcci,  Lafoxd  be  Saint-Maur,  comte  Le  Peletiék 
d'Aunay,  h.  de  Saint-Germain. 

Extrait  du  procès-verbal  du  Sénat. 

Le  Sénat  ne  s'oppose  pas  à  la  promulgation  de  la  loi  portant 
organisation  de  l'enseignement  secondaire  spécial. 

DéUbéré  et  voté  en  séance,  au  palais  du  Sénat,  le  13  juin  1865. 

Le  Président,  Troplong;  les  Secrétaires ,  P.  Boudet, 
Dumas,  le  comte  de  Bf.arn. 

Vu  et  scellé  du  sceau  du  Sénat. 

Le  Sénateur  secrétaire  , 

P.  Boudet. 

Mandons  et  ordonnons  que  les  présentes,  revêtues  du  sceau  de 
l'Etat  et  insérées  au  Bullclin  des  Lo/s,soient  adressées  aux  cours, 
aux  tribunaux  et  aux  autorités  administratives  ,  pour  qu'ils  les 
inscrivent  sur  leurs  registres,  les  observent  et  les  fassent  obser- 


—  244  — 

ver ,  et  notre  Ministre  de  la  justice  et  des  cultes  est  chargé  d'en 
surveiller  la  publication. 
Fait  au  palais  des  Tuileries,  le  21  juin  1865. 

NAPOLÉON. 

Vu  et  scellé  du  grand  sceau  : 

Le  Garde  des  Sceaux,  Minisire  de  ht  Justice, 

J.   Barochk. 

Par  l'Empereur  : 

Le  Ministre  d'Etat, 

E.    ROUHER. 


CIRCULAIRE  A  MM.  LES  PREFETS 

SUR    lA    LIQUIDATION    DES    DEPENSES    DES    ECOLES    PRIMAIRES    PUBLIQUES. 

Paris,  le  i  aQÛt  1865. 
Monsieur  le  Préfet  , 

Le  contrôle  auquel  ont  été  soumis  dans  mes  bureaux  les  états 
de  liquidation  des  dépenses  de  l'instruction  primaire  en  18G4  ,  a 
fait  constater  une  notable  diminution  dans  les  ressources  com- 
munales affectées  à  Fentretien  des  écoles  publiques  ,  et  ,  par 
suite,  une  augmentation  assez  forte  de  la  subvention  de  l'Etat.— 
Cette  situation, qui  a  pour  conséquence  de  déplacer  une  dépense 
essentiellement  communale,  a  appelé  ma  plus  sérieuse  attention, 
et  j'ai  dîi  en  rechercher  les  causes. 

L'examen  d'un  assez  grand  nombre  de  budgets  communaux, 
adressés  à  différents  titres  à  mon  Ministère,  me  porte  à  craindre 
que,  lors  de  la  rédaction  de  ces  budgets,  on  n'ait  omis  d'alïecter 
au  service  de  l'instruction  primaire  la  part  à  laquelle  il  avait 
droit  sur  les  revenus  ordinaires  ,  et  que  cette  omission  n'ait  été 
maintenue  lors  du  règlement  des  budgets  par  MM.  les  préfets. 

Je  vous  prie  de  ne  pas  perdre  de  vue  ,  Monsieur  le  Préfet,  que 
les  dépenses  d'entretien  des  écoles  primaires  (personnel  et  maté- 
riel) sont  une  charge  obligatoire  pour  les  communes,  et  que  le 
départemeni.  et  l'Etat  ne  doivent  y  recourir  que  lorsque  les  con- 
seils municipaux  ont  épuisé  ,  en  faveur  de  ce  service  ,  toutes  les 
ressources  que  le  législateur  a  énumérées,  c'est-à-dire  les  reve- 
nu.'î  ordinaires  d'abord,  l'imposition  spéciale  ensuite. 

Si  la  tendance  qu'ont  certains  conseils  municipaux  à  se  sous- 
traire; aux  obligations  que  leur  impose  la  loi  n'éiait  pas  réprimée 
dès  qu'elle  se  produit,  il  s'en  suivrait  que  l'Etat  ou  le  départe- 
ment viendrait  se  substituer  aux  communes  ,  et  que  les  crédits 
mis  à  leur  disposition  pour  aider  If  s  communes  réellement  né- 
cessiteuses ne  tarder.iient  pas  à  être  insulTisants  ;  il  en  résulte- 
rait des  embarras  sérieux  pour  mon  Administration. 

L'importance  que  j'attache  à  ce  que  le  taux  de  la  rétribution 
scolaire  soit  toujours  à  la  portée  du  plus  grand  nombre  et  à  ce 
que  ,  conformément  à  ma  circulaire  du  24  février  1864  ,  tous  les 


~  24b  — 

enfants  dont  les  familles  ne  pourraient  que  difticileraent  payer 
celte  rétribution  soient  admis  gratuitement  dans  les  écoles 
publiques,  nous  fait  un  devoir  de  veiller  avec  d'autant  plus  de 
soins  à  ce  que  les  revenus  ordinaires  des  communes  soient 
affectés  dans  une  sage  proportion  aux  dépenses  de  l'instruction 
primaire. 

C'est  là  un  point  sur  lequel  j'appelle  toute  votre  sollicitude.  Le 
contrôle  qui  sera  fait  en  fin  de  chaque  exercice  et  le  rapport  qui 
me  sera  a  iressé  sur  cet^e  opération  me  permettront  de  constater 
le  soin  qui  aura  été  apporté  à  l'exécution  de  mes  instructions,  et 
de  reconnaître  les  départements  où  le  tr.ivail  présentera  toutes 
les  conditions  désirables  d'équité  pour  les  communes  et  d'écono- 
u  ie  pour  les  fonds  de  l'Etat. 
Recevez,  etc. 

Le  Ministre  de  V Instruction  publique, 

V.  DURUY. 


CIRCULAIRE  A  MM.  LES  PREFETS 

RFT.ATIVE    A    LKCOLE    SPECIALE    DE    Cl,U>'Y. 

Paris,  le  9  août  1865. 
Monsieur  le  Préfet  . 

Dans  les  discussions  auxquelles  la  loi  sur  l'enseignement  spé- 
cial a  donné  lieu  au  sein  des  grands  corps  de  l'Etat  ,  comme  dans 
le  pays,  l'opinion  s'est  produite  que, pour  cet  enseignement  nou- 
veau, il  fallait  un  nouveau  personnel  enseignant. 

A  la  rigueur,  l'Université  pourrait  suffire,  avec  les  professeurs 
dont  elle  dispose  ,  aux  besoins  qui  se  produiront  dans  ceux  des 
lycées  où  renseignement  spécial  s'établira  d'une  manière  défini- 
tive ;  mais  il  est  évident  que  ni  les  écoles  primaires  des  départe- 
ments où  se  recrutent  les  instituteurs,  ni  l'Ecole  supérieure  de 
Paris  qui  prépare  des  professeurs  pour  les  hautes  études  ,  ne 
pourront  former  les  maîtres  qui  auroi  t  à  donner  ,  dans  plus  de 
deux  cents  collèges,  et  dans  les  grandes  écoles  communales,  cet 
enseignement  intermédiaire  qui ,  par  en  bas  ,  confine  à  celui  de 
l'école  primaire,  et  par  en  haut  se  rapproche  de  celui  des  lycées. 
Or,  cet  enseignement  exige  des  connaissances,  des  méthodes, des 
procédés  de  manipulation,  une  étude,  enfin  .  et  une  pratique  des 
sciences  appliquées  qui  ne  seront  bien  acquises  que  dans  une 
école  spéciale  où  toute  application  nouvelle  des  sciences  serait 
immédiatement  c  mnue  et  expérim  ntée  ,  ce  qui  permettrait  de 
la  répandre  par  renseignement ,  vite  et  bien  ,  dans  le  pays  tout 
entier. 

Aussi ,  l'Administration  do  l'instruction  publique  a  l'intention 
d'orijaniser  une  école  spéciale  à  Cluny  ,  dans  l'ancienne  abbaye 
des  Bénédictins, où  vivent  encore  de  grands  et  précieux  souvenirs 
de  piété  ,  de  science  et  de  travail ,  dans  une  riche  province  où  se 
trouvent  toutes  les  cultures,  céréales,  prairies,  vignes  elbois,  à 


—  246  — 

proximité  d'un  grand  centre  industriel ,  Le  Creuzot;  d'un  grand 
centre  commercial ,  Lyon,  et  non  loin  de  Saint-Etienne  et  de  ses 
mines,  c'est-à  dire  dans  le  milieu  le  plus  favorable  à  l'instruction 
des  élèves-maîtres. 

On  y  entrera  par  un  concours,car  il  est  nécessaire  d'exiger  des 
candidats, une  moyenne  à  peu  près  égale  d'instruction, pour  qu'il 
n'y  ait  pas  dans  les  études  de  l'école  de  trop  grandes  inégalités. 
On  en  sortira  par  un  examen  public  qui  sera  l'agrégation  de  l'en- 
seignement spécial. 

L'école  sera  ouverte  à  des  pensionnaires  libres  pour  que  tout 
le  monde  puisse  profiter  de  ses  leçons,  mais  l'Etat  y  entretiendra 
des  bourses  en  laveur  des  maîtres  qu'il  aura  besoin  d'y  recruter 
pour  les  lycées. 

Si  les  villes  et  les  départements  ,  plus  directement  intéressés 
que  l'Etat  à  la  création  de  cette  école  faisaient  comme  lui,  le  pays 
se  trouverait,  dès  l'an  prochain  ,  doté  presque  sans  frais  d'une 
grande  institution  ,  et  le  vœu  du  législateur  pour  la  diffusion  de 
l'enseignement  nouveau  serait  promptement  réalisé, 

Pour  les  départements  ,  la  dépense  serait  à  peu  près  nulle.  — 
Chacun  d'eux  ,  sauf  un  bien  petit  nombre  ,  renferme  une  école 
normale  primaire  qui  est  entretenue  en  très-grande  partie  ,  à 
l'aide  de  bourses  départementales.  Toutes  ces  bourses  ne  sont 
pas  toujours  utilisées  et  leur  nombre  varie  souvent.  Il  suffirait 
d'en  prendre  une  ou  deux  pour  les  appliquer  à  l'école  spéciale. 
Et  comme  l'élève  ainsi  entretenu  à  Cluny  par  le  département, 
pourrait  n'être  pas  compté  à  l'école  normale  priraaire,il  n'y  aurait, 
pour  ainsi  dire  ,  qu'un  simple  virement  de  fonds  à  opérer.  Ce  ne 
serait  même  pas  un  déficit  pour  le  personnel  enseignant  du 
département,puisque  le  maître  qu'il  perdrait  ainsi  dans  son  école 
normale,  le  département  le  retrouverait  avec  avantage,  dans  celle 
de  Cluny. 

Les  boursiers  départementaux  devront-ils  ,    comme  les  bour 
siers  de  l'Etat ,   être  soumis  au  concours  ,  ou  leur  sufïîra-t-il  de 
justifier  qu'ils  ont  obtenu  le  brevet  primaire  supérieur  ? 

Pour  le  bon  recrutement  de  l  école, le  concours  vaudrait  mieux, 
mais  comme  il  entraînerait  nécessairement  des  éliminations  ,  on 
se  trouverait  dans  cette  situation  que  des  départements  qui  au- 
raient constitué  des  bourses  à  Cluny  n'auraient  point  d'élèves 
à  eux  dans  celte  école.  En  outre,  la  désignation  laissée  au  dépar- 
tement aura  un  double  effet ,  d'abord  de  donner  aux  élèves  de 
l'école  normale  primaire  une  vive  émulation  ,  ensuite  de  consti- 
tuer pour  l'élève  d*'  Cluny  une  sorte  de  tutelle  qui  \le  suiv/a  à 
l'école  et  le  reprendra  à  la  sortie. 

Du  reste  ,  toutes  ces  questions  seront  soumises  au  Conseil 
impérial  de  l'instruction  publique,  dans  sa  prochaine  session. — 
Mais,  ce  qui  ne  fait  pas  de  doute,  c'est  que,  si  l'Etat  reste  seul  à 
constituer  des  bourses  à  Cluny  pour  ses  besoins  particuliers, 
l'école  n'aura  qu'une  utilité  restreinte.  11  n'en  seiait  plus  ainsi 
dans  le  cas  dos  concours  des  départements.  L'influence  de  la 
nouvelle  loi  se  ferait  bientôt  sentir  dans  le  pay:^  tout  entier,  et  si, 


—  247  — 

d'ici  a  quelques  années  ,  toute  ville  importante  possédait  parmi 
ses  maîtres  un  ancien  élève  de  Cluriy  ,  cet  enseignement  si  bien 
approprié  aux  besoins  nouveaux  delà  société, se  trouveraitfondé. 
Je  suis  certain  que  la  faveur  publique  s'attacherait  prorapte- 
ment  à  la  nouvelle  école  ainsi  constituée. Quant  à  ses  élèves, ceux 
d'entre  eux  qui  subiront  avec  succès  les  épreuves  de  l'examen  de 
sortie  trouveront  un  fruclueux  emploi  de  leur  savoir  dans  les 
cours  spéciaux  des  lycées  et  des  collèges  ,  dans  les  écoles 
normales  comme  maîtres-adjoints  ;  dans  les  écoles  publiques  ou 
un  grand  nombre  de  villes  organisent  déjà, soit  pour  les  enfants, 
soit  pour  les  adultes,  des  com-s  supérieurs  à  ceux  de  l'école  pri- 
maire la  plus  complète.  En  outre  .  l'Administration  de  l'instruc- 
tion publique  prendra  en  très-sérieuse  considération  le  diplôme 
de  Cluny,  pour  la  candidature  à  l'inspection  primaire,  parce  que 
la  surveillance  et  la  direction  des  cours  d'adultes  deviendiont  une 
des  fonctions  les  plus  importantes  des  inspecteurs  de  cet  ordre. 
Enlin  ,  je  compte  demander  à  l'Empereur  de  conférer  à  l'agréga- 
tion spéciale  de  la  nouvelle  école  ,  une  partie  des  avantages  atta- 
chés au  titre  d'agrégé  de  l'Université. 

Quant  aux  pensionnaires  libres  qui  viendront  à  Cluny ,  je  suis 
assuré  que  certaines  administrations  publiques,  de  grandes  com- 
pagnies, et  l'industrie  privée  leur  fourniront  volontiers  des  postes 
en  considération  des  garanties  de  connaissances  spéciales  que  le 
nouveau  dip'ôme  remplacera. 

Pourtout<^s  ces  raisons,  je  vous  prie  ,  Monsieur  le  Préfet ,  de 
demander  au  Conseil  général  de  votre  département  ,  la  création 
d'une  bourse  à  l'école  de  Cluny.  Déjà  ,  l'an  dernier,  je  vous  avais 
chargé  de  pressentir  à  ce  sujet  l'opinion  de  MAL  les  conseilers 
généraux  ,  et  bien  que  ma  communication  soit  arrivée  à  la  veille 
seulement  de  la  session,  un  grand  non.brede  conseils  ont  donné 
à  la  mesure  proposée  une  adhésion  qu'il  serait  opportun  de  tra- 
duire cette  année  en  un  vote  etfectif. 

Comme  l'Administration  désire  quêtons  les  services  à  Cluny 
soient  largement  dotés  ,  afin  d'y  fonctionner  bien  ,  sous  un  per- 
sonnel administratif  très-restreint  ,  mais  avec  des  professeurs 
excellenls  ;  comme  il  faut  que  rien  ne  manque  pour  les  études 
pratiques  dans  les  laboratoires  ,  les  collections  et  au  jardin  d'ex- 
périmentation, il  conviendrait  de  porter  le  prix  de  la  bourse  plus 
haut,  qu'à  l'école  normale  primaire  et  de  la  fixer  à  800  fr. 

Je  vous  prie   de  me  faire  connaître  l'avis  du  Conseil  sur  le 
meilleur  mode  de  recrutement  des  boursiers  départementaux. 
Recevez,  etc. 

Le  Ministre  de  Vlnslruction  publique, 
V.   DTJRUY. 

Circnlaire  du  ministre  de  l'f  nm^ruction  puhliqiic  aux  Directeurs 
d'Ecoles  iiormaics  primaires  ,  relative  aux  observations 
météorologiques  pendant  les  vacances. 

Paris,  le  9  août  1865. 
Monsieur  le  Directeur, 
Vous  m'avez  consulté  au  sujet  de  la  continuation  des  observa» 


—  248  — 

tions  météorologiques  pendant  les  vacances.  Pour  répondre  a 
votre  demande,  il  convient  d'examiner  le  but  qu'on  s'est  proposé 
et  les  conditions  dans  lesquelles  il  peut  être  atteint. 

Les  observations  météorologiques  demandées  aux  écoles  nor- 
males serviront  à  constater  ,  d'une  manière  définitive  ,  le  climat 
des  diverses  régions  de  la  France  à  notre  époque.  Le  travail  doit 
doue  èlre  exécuté  avec  une  extrême  précision  ;  aussi  les  instru- 
ments ont-ils  éié  étudiés  et  leur  emplacement  choisi  avec  soin. 

Pour  déterminer  le  mouvement  diurne  des  divers  phénomèces 
barométrique,  therniométrique.  etc..  on  n'a  réclamé  que  les  six 
observations  .  de  ^^r  heures  du  matin  à  neuf  heures  du  soir, 
encore  bien  que  les  observations  de  nuit  fussent  en  toute  rigueur 
indispensables.  On  pense  qu'avec  les  six  observations  efifecluées. 
auxquelles  il  faut  joindre  celles  des  ma.ritua  et  des  minima  ther- 
mométriques ,  il  sera  possible  de  suppléer  à  ce  qui  manque  ,  de 
fermer  le  cercle  journalier  .  et  de  restituer  ainsi  les  observations 
de  minuit  et  de  trois  heures  du  matin.  Et  toutefois  il  sera  néces- 
saire que  .  chaque  année  et  pendant  une  certaine  période  .  quel- 
ques écoles  acceptent  la  tâche  d'etïectuer  en  réalité  les  observa- 
tions de  minuit  et  de  trois  heures  du  matin,  afin  de  fournir  un 
contrôle  du  mode  de  discussion  du  système  des  six  observations. 

l'n  travail  scientifique  ne  se  prescrit  pas.  Il  suffit  d'en  faire 
comprendre  l'utilité  pour  être  certain  qu'il  se  trouvera  des 
hommes  qui  voudront  l'exécuter.  Je  verrai  avec  plaisir  les  écoles 
norii  aies  qui  le  pourront,  organiser  pour  une  année  les  observa 
tions  de  minuit  et  trois  heures  du  malin,  ainsi  que  l'ont  déjà  fait 
les  écoles  de  Nice.  Tulle   Versailles. 

Ces  considérations  s'appliquent  aux  variations  annuelles  du 
climat.  Nul  doute  qu'il  ne  faille  Ips  connaître  pour  tous  les  mois 
de  l'année.  Mais  on  pense  qu'avec  des  observations  bien  faites 
pendant  onze  mois  ,  ou  même  dix  ,  on  pourra  fermer  le  cercle 
annuel  et  restituer  ,  pour  une  partie  du  moins  des  phénomènes  . 
les  deux  mois  (au  plus;  qui  manqueront. 

Cependant,  soit  pour  contrôler  le  mode  de  discussion  annuelle, 
soit  pour  constater  des  vanalions  anormales  et  imprévues, U  sera 
nécessaire  que  chaque  année  les  observations  soient  continuées 
dans  quelques  écoles  pendant  les  vacances.  Celles  d'entre  elles 
qui  voudr.-nt  s'imposer  cette  tâche  transitoire  rendront  un  ser- 
vice à  la  science  et  figureront  exceptionnellement  dans  l'expose 
des  résultais  acquis,  que  je  compte  adresser,  chaque  année,  aux 
conseils  généraux. 

.\insi  donc.  Moiisieur  le  Directeur  .  comme  il  s'agit  d'un  ser- 
vice scientifique,  je  verrai  avec  satisfaction  que  celles  des  écoles 
normales  qui  le  pourront  continuent  les  observations  pendant  les 
vacances.  Elles  me  mettront  à  même  de  faire,  l'année  prochaine. 
sur  les  résultats  acquis  .  un  exposé  plus  complet  Vous  voudrez 
bien  me  faire  connaître  la  détermin.ition  que  vous  aurez  prise. 


Recevcï ,  etc. 


Le  Ministrp  de  P Instruction  publique 
V.  DURUY. 

—      I  «mmi     


-  1549    - 

Dans  la  séance  du  Conseil  départemental  du  lio  courant ,  M.  le  Préfet  a 
prononcé  l'adntsission  à  l'Kcole  normale  des  20  jeunes  gens  dont  los  noms 
suivent  : 

1.  Leclerc,  Jules- Kfirnond,  d'Origny-en-Thiérachc 

2.  Debrit:,  Ernesl-Désiré.  de  Faucouco\iri. 

3.  Lancien,  Engèoe,  lie  Neufchâlt-l 

A.  Chat-lard,  Odave,  (J'Ori}<f)y-en-Thiéraclie. 

5.  Gaiterre,  Louis-Napoléon^  de  Drancourt 

H.  Garet,  Gusiave-Ah;honsp.  do  ['(-ny-au-Iiac. 

7.  Bciichelle,  Con'-tant-EuKèrie,  de  Gourcelles, 

R.  ChfK|uait,  Vir;:ilf'-'  liarles  Aujinsio,  de  Pontru. 

9.  DuiiHinl,  Aiitiiir,  d';  Ciry-Salsogiie- 

10.  Poivre,  Eugène-Edmond  ,  d'Origny-en-Thïérache. 

H.  Plonquet,  Mariii':,  de  Laon. 

12.  Biiidi'sson,  Euiil'DH,  de  r;raonDflle. 

13.  Diicliemin  ,  JuHen-Gasimir,  de  lîarenloii-Bugriy. 

14.  Gury,  Pierre  Nicolas,  de  Parfondeval. 

15.  Laniy,  Mat.'loire-Virgile,  de  Bninehamel. 

16.  Gardol,  Louis-Jose[ih,  deRihemont. 

17.  Caion,  Louis-Henri,  d'Aisonville. 

18.  Leroux,  Lucien- Arsène,  de  Bosmonl. 

19.  Forest,  Aifred-Henri,  de  Cilly. 

20.  Briquet,  Josepb,  d'Ognes. 

iJans  le  cas  où  des  places  deviendraient  vacantes .   elles  seront  occupées 
par  les  candidats  portés  sur  la  liste  supplémentaire  suivante  : 

MM.  GaudioD,  Louis—Iules,  de  Ghamouille. 
Lefèvre,  Joseph-Arsèoe,  d'Audignicourt. 
Hofbe,  Loui.s-lMdore,  de  Monttuers. 
Régnier,  Aristide- Joseph,  dn  Neuville. 


PAHTXi:   NON-OrFICXELLi: 

ÉDlC.4TIO:V  ET  E!VSEIGM::.'WE!¥T. 


Marche  à  suivre  pour  obtenir,  dans  les  écoles,  un  ensemble 
d'éciiture  satisfaisant. 


11  est  asse«  facile  ,  avec  les  procédés  actuels  ,  de  hâter  les  progrès  de» 
comîTiCnçants;  mais  il  est  toujours  difficile  de  maintenir  satisfaisante  l'écri- 
jure  des  élèves  avancés. 

Pour  obtenir  ce  dernier  résultat,  il  ne  suffit  pas  de  suivre  une  bonne  mé- 
thode, il  faut  encore  qu'elle  soit  appliquée  d  une  manière  intelligente  :  car 
la  meilleure  méthode  n  est  qu  un  instrument  qui  fonctionne  a\ec  plus  oh 
moins  de  succès,  suivant  qi-e  l'on  s"en  sert  plus  ou  moins  habilement. 

S'il  importe  que  le.s  progrè.s  soient  rapides,  il  n'irnporle  pas  moins  qu'ils 
-oient  continus  Le  maître  doit  donc  s'ingénier  non-seulenierit  a  conserver 
aux  élèves  de  bonnes  habitudes  d'exécution  ,  mais  encore  à  soutenir  leur 
éronlation  pour  la  belle  écriture  ,  afln  de  s'assurer  des  résultats  généraux 
qui  mettent  en  lumière  la  bonté  de  son  enseigr  ement.  Voici  à  ce  sujet  quel- 
ques principes  dont  1  application  démontrera  ruti!ité  : 

I.  —  Aussitôt  que  les  élèves  sont  arrivés ,  soit  par  l'ardoise  ,  soit  par  le 
procédé  plus  avantageux  du  calque  ,  à  exécuter  convjwiablement  les  lettres 


—  250  -= 

des  différentes  séries  ,  ils  doivent  copier  au  plus  loi ,  d'abord  des  phrases  h 
leur  portée,  d'une  ou  de  deux  lignes ,  ensuite  des  modèles  détachés  dont 
les  textes  soient  successiveraenTphis  étemlus. 

2.—  On  ne  doit  faire  commencer  les  enfants  que  par  la  moyenne  écriture 
de  5  ou  6  millimètres  :  celte  grosseur  n'a  pas  seulement  l'avantage  de 
s'exécuter  plus  facilement  et  de  mieux  exercer  le  mécanisme  de  la  main 
que  la  grosse  et  la  Une  écriture,  elle  a  encore  celui  de  conduire  les  élèves 
plus  promptement  et  plus  sûrement  à  une  belle  cursive  et  à  une  bonne 
écriture  courante. 

3. —  Il  faut  tenir  les  enfants  sur  l'écriture  de  4  à  2  1/2  millimètres ,  jus- 
qu'à ce  qu'ils  aient  l'habitude  d'une  exécution  facile  et  sûre  ,  et  ne  faire 
voir  la  grosse  écriture  et  l'expédiée  qu'aux  élèves  des  classes  avancées  dont 
la  main  est  suffisamment  préparée  à  reproduire  les  formes  élégantes  ou 
expédiiives. 

l.  ^ —  Les  élèves  qui  font  de  la  grosse  et  de  la  fine  écriture  doivent  être 
exercés  souvent  à  la  moyenne  ,  soit  qu'on  veuille  donner  à  la  main  des 
mouvements  plus  vifs  ou  moins  saccadés  ,  soit  qu'on  ait  à  corriger  des 
défauts  de  forme  contractés  par  l'usage  de  l'expédiée. 

5-  —  11  ne  suffit  pas  que  le  luaitre  donne  ses  soins  à  l'exécution  et  à  la 
forme  des  divers  caractères,  minuscules  et  majuscules,  pour  assurer  le  suc- 
cès de  ses  leçons  ;  il  est  encore  nécessaire  qu'il  surveille  attentivement  la 
position  du  cahier,  la  tenue  de  la  main  et  de  la  plume,  en  un  mot  la  posi- 
tion générale  du  corps.  Bien  entendue  et  bien  observée,  elle  facilite  les 
progrès  des  élèves  et  ménage  en  même  temps  leur  santé. 

6.  —  La  plume  dont  se  servent  les  élèves  avancés  doit  aussi  être  bien 
appropriée  à  la  grosseur  de  l'écriture  qu'ils  font  :  avec  une  plume  trop 
dure  ou  pas  assez  tendue  ,  ies  pleins  de  la  grosse  ne  peuvent  être  obtenus 
que  par  uue  forte  pression,  toujours  nuisible  à  la  main;  et  avec  une  plume 
trop  fine,  l'écriture  courante  ne  saurait  être  suffisamment  nourrie  sans  ces- 
ser d'être  rapide. 

7  —  11  ne  suJfit  pas  de  faire  revoir  aux  élèves  avancés ,  à  chaque  rentrée 
des  clisses,  les  principes  concernant  la  forme  et  l'exéculion,  avec  démons- 
tration orale  au  tableau  noir;  il  est  encore  nécessaire  de  les  y  faire  revenir 
chaque  semaine  ou  chaque  quinze  jours,  ou  au  moins  une  fois  par  mois.  Il 
convient  de  n'y  consacrer  chaque  fois  qu'une  leçon  :  car  l'expérience 
prouve  que  les  exercices  généraux  répétés  plus  souvent  cessent  d'être 
exécutés  avec  intérêt  et  succès,  même  par  les  meilleurs  élèves. 

8.—  Les  enfants  n'aiment  pas  non  plus  de  copier  trop  souvent  les  mêmes 
textes  ;  il  ne  faut  donc  pas  leur  lais.eer  écrire  bien  longtemps  le  même 
modèle.  Dès  qu'ils  le  font  d'une  manière  satisfaisante  ,  et  qu'ils  en  savent 
le  texte  de  mémoire ,  on  doii  leur  donner  un  nouveau  modèle  :  c'est  le 
moyen  de  soutenir  leur  attention,  et  de  faire  concourii-  sûrement  les  leçons 
d'écriiure  à  leur  éducation  inlellecluelle  et  morale. 

9.  ~  Les  élèves  de  toutes  les  divisions  doivent  composer  une  fois  pai^ 
semaine;  et  pour  que  leur  émulation  soit  excitée,  il  est  utile  qu'ils  sachen* 
que  toutes  les  dispositions  seront  encouragées,  tous  les  ellorts  récom- 
pensés. 

10.  —  Quand  les  élèves  composent,  il  convient  qu'ils  soient  mis  dans  des 
conditions  semblables  ;  si  les  modèles  ne  sont  pas  les  mêmes  pour  le  texte, 
ils  doivent  au  moins  être  de  la  môme  grosseur  d'écriiure  ,  afin  que  la  difli- 
cullé  !<oit  à  peu  près  la  même  Lorsfjue  les  plumes  sont  pareilles  pour  tous 
les  enfants  d'une  division,  le  maître  j)eul  juger  plis  sûrement  de  la  bonté  ou 
des  défauts  de  l'exécution  ,  et ,  par  suite ,  du  mérite  respectif  de  la  page  de 
chaque  élève. 

U.  —  Les  élèves  qui  ont  des  dispositions  pour  la  calligraphie,  doivent 
seuls  étudier  les  génies  d'écriture  autres  que  la  cursive.  11  est  toujours  plus 


—  251  — 

utile  d'assurer  aux  élèves  une  bonne  écriture  usuelle  que  de  leur  apprendre 
un  peu  de  ronde,  de  gothique  ou  de  bâtarde. 

12.  —  Enfin,  lécriture  des  devoirs  doit  être  toujours,  quant  à  la  forme 
des  caractères  ,  semblable  à  celle  des  modèles  copiés  par  les  élèves  :  il 
convient  qu'elle  n'ait  pas  moins  de  1  1/2  millimètre  de  hauteur.  L'écriture 
plus  Une  n'est  pas  seulement  dillicile  h  lire  ;  elle  entraîne  encore  les  élèves 
dans  des  défauts  de  forme,  et  fait  souvent  perdre  au  maître  le  fruit  de  plu- 
sieurs années  de  leçons. 

DE   LA   POSITION   DU   CORPS, 

La  position  du  corps ,  lorMju'elie  est  naturelle ,  ne  facilite  pas  seulement 
re.\éculion  ,  elle  ménage  encore  la  sanlé  des  enfants  ,  point  d'autant  plus 
digne  de  toute  la  sollicitude  des  maîtres  qu'une  fausse  position,  fréquem- 
ment répétée,  peut  la  compromettre  gravement,  surtout  dans  le  jeune  âge, 
ou  au  moins  occasionner  des  accidems  fâcheux. 

La  meilleure  santé  peut  être  compromise  : 

1»  Si  les  enfants,  les  adulies  mêmes,  se  tiennent  trop  courbés  en  écrivant 
ou  s'ils  appuient  seulement  fortement  la  poitrine  contre  la  table. 

20  Si  au  lieu  de  leur  faire  tenir  le  bras  gauche  dans  sa  position  oblique 
et  naturelle,  on  leur  laisse  prendre  l'habitude  de  le  placer  dans  une  direc- 
tion telle  que  l'avant-bras  soit  parallèle  à  la  table. 

Cette  position,  qui  n'est  pas  plus  naturelle  que  celle  de  tenir  le  bras 
droit  collé  contre  le  corps,  présente  les  inconvénients  suivants  :  1"  elle  attire 
excessivement  contre  la  table  lecôié  gauche  du  corps,  et,  par  là  occasionne 
souvent  chez  les  enfants  des  indispositions  dont  parfois  on  ne  se  rend  pas 
compte;  2»  elle  peut,  étant  répétée,  amener  insensiblement  une  déformation 
de  la  taille. 

J'ai  vu  de  jeunes  institutrices  qui  ,  pour  avoir  été  astreintes  ,  pendant 
quelques  années ,  à  observer  cette  tenue  du  bras  gauche  ,  avaient  l'épaule 
gauche  plus  basse  que  l'autre  de  plusieurs  centimètres,  et,  de  plus,  celle-ci 
rejetée  fortement  en  arrière.  , 

La  santé  des  élèves  doit  donc  ,  plus  encore  que  la  forme  graphique  ,  être 
l'objet  des  soins  incessants  des  maîtres ,  d'autant  plus  qu'une  santé  robuste 
est  d'abord  un  élément  essentiel  de  tout  progrès  dans  l'instruction,  ensuite 
un  moyen  d'avenir  et  de  bien-être  pour  la  plupart  des  entants  des  écoles 
primaires. 

CONSEILS  GÉNÉRAUX. 

11  importe  de  répéter  souvent  ces  conseils  aux  élèves  ,  afin  qu'ils  les 
aient  toujours  présents  à  l'esprit  : 

1<5  Ne  baissez  la  tête,  en  écrivant,  qu'autant  que  la  vue  l'exige,  et  évitez 
avec  soin  d'appuyer  fortement  la  poitrine  contre  la  table. 

2o  Ne  portez  pas  entièrement  l'avant-bras  droit  sur  la  table,  mais  seule- 
ment la  moitit  environ,  et  tenez-le  à  une  certaine  dislance  du  corps. 

3°  Placez  l'avant-bras  gauche  tout  entier  sur  la  table  ,  de  manière  que  le 
coude  touche  au  bord,  et  que  )a  main  gauche  se  trouve  vis-à-vis  de  la  main 
droite. 

A»  Appuyez- vous  un  peu  sur  le  bras  gauche  ,  afin  de  laisser  au  bras  droit 
toute  sa  liberté  de  mouvement. 

5°  Tenez  la  jambe  droite  perpendiculairement  à  la  table  ,  mais  avancez 
un  peu  la  jambe  gauche  ,  alin  de  taire  retomber  le  poids  du  <;orps  sur  le 
côté  gauche. 

6"  Ne  laissez  la  main  ni  en  dedans  ni  en  dehors;  dans  l'un  et  l'autre  cas, 
ni  la  pente  ni  l'exéculion  ne  vous  seraient  faciles. 

1"  Ne  tenez  les  doigts  ni  trop  allongés  ni  trop  courbés,  mais  bien  légère- 
ment ployés ,  sans  raideur  aucune. 


—  252  — 

8'  Aye»  soin  de  laisser  entre  les  trois  doigts  qui  tiennent  la  plume  ,  et  les 
deux  derniers  qui  supportent  le  poignet  ,  une  dislance  d'environ  2  centi- 
mètres. 

9"  Inclinez  le  cahier  légèrement  de  gauche  à  droite  ,  afin  qu'il  se  trouve 
plus  facilement  dans  la  direction  oblique  et  naturelle  du  bras  droit. 

10»  Tenez  la  plume  sur  les  deux  parties  du  bec  ,  ne  la  serrez  pas  fort 
entre  les  doigis,  et  n'appuyez  presque  pas  dessus. 

11"  Placez  la  main  gauche  sur  le  papier  et  tout  près  de  la  main  droite  : 
c'est  elle  qui  doit  maintenir  le  cahier  ,  l'avancer  ou  le  reculer  à  mesure  que 
vous  écrivez. 

12"  Tenez  la  plume  de  manière  que  le  bec  dépasse  le  doigt  majeur  d'en- 
viron i  \jt  centimètre  ,  et  qiîc  le  corps  de  la  plume  passe  vis  à-vis  de  la 
première  articulation  de  l'index. 

13"  Prenez  peu  d'encre  à  la  fois,  et  n'attendez  pas, pour  en  reprendre, que 
celle  qui  est  contenue  dans  la  plume  soit  totalement  épuisée  ;  car  vous 
donneriez  ;)/Ms«eM?'s  ^p/H/e«  à  récriture  ,  ce  qui  la  rendrait  désagréable  à 
l'œil. 

14."  Faites  toujours  à  peu  près  la  même  grosseur  d'écriture  que  celle  de 
votre  modèle,  et  laissez  entre  les  mots  la  dislance  d'une  m  environ, 

15°  Exécutez  toutes  les  lettres  en  une  fois  :  Vm,  Vn,  Yr,  Vx,  en  remontant 
la  liaison  sur  le  plein;  les  a,  q,  g,  d,  en  les  formant  au  moyen  d'un  c  et  non 
d'un  0. 

16"  Habituez-vous  encore  de  bonne  heure  à  bien  lier  les  lettres  entre 
elles ,  à  exécuter  les  mots  sans  soulever  la  plume  ,  chaque  fois  que  cela  est 
possible.  Vous  parviendrez  ainsi  à  vous  faire  une  écriture  awe>,  régulière, 
lisible  et  rapide. 

17°  Attachez-vous  à  bien  remarquer  la  forme  des  lettres,  et  efforcez-vous 
de  la  reproduire  exactement ,  donnez  au  c  et  A  Vo  une  forme  bien  ovale ,  et 
disposez  l.i  liaison  de  chaque  lettre  et  le  délié  qui  la  commence  ,  comme 
l'indique  votre  modèle. 

18"  Placez  le  point  de  Vi  et  du  ]  dans  la  pente  de  la  lettre  ,  faites  -  le 
carré  et  seulement  de  la  force  des  pleins.  Ne  faites  pas  gros  surtout  les  bou- 
lons en  crochets  des  lettres  b,  c.  o,  r,  v,  x  ,  car  rien  ne  nuit  autant  à  la 
beauté  et  à  la  rapidité  de  1  écriture. 

19»  Bouclez  Vs  au  commencement  et  dans  le  corps  des  mots  (de  la 
moyenne  et  de  la  fine  écriture),  et  ne  faites  celte  forme  d'r  qu'à  la  fin.  Ces 
deux  lettres  et  le  d  ont  seuls  une  double  forme. 

20»  Deux  y  ensemble  doivent  se  faire  ainsi  :  ^  pour  la  facilité  et  la 
rapidité  de  l'exécution. 

2'°  Le  ^  dans  l'écriture  à  main  posée,  a  une  barre  à  droite  ,  à  la  hauteur 
des  petites  lettres;  faites-la  horizontale ,  cmrte  et  fine  ;  car  rien  n'est  plus 
laid  que  les  longues  barres.  Evitez-les. 

22°  Faites  toutes  les  queues  dé  lettres  de  la  même  longueur ,  toutes  les 
boucles  de  la  même  hauteur  .  et  ayez  soin  que  récriture  de  tous  les  mots 
d'une  ligne  ,  de  toutes  les  lignes  d'une  page  soit  la  même  ;:our  la  grosseur, 
la  largeur.,  la  pente  et  l'épaisseur  des  pleins. 

23'>^Les  bouclesel  les  queues  de  la  grosse  écriture  et  de  la  mmjenne  doivent 
avoir  un  corps  ii  demi  ,  celles  de  la  i.eiite  moyenne  ,  au-desscus  de  5  mili- 
nictres.  deux  corps;  les  boucles  et  les  queues  de  la  ^n?  écriture,  au-dessous 
de  3  millimèlres  ,  peuvent  avoir  de  deux  corps  à  trois  corps ,  et  celles  de 
Vexpédiér  trois  et  même  (jualre  corps. 

24."  Ne  vous  arrêtez  pas  eu  faisant  un  mot  pour  niellre  un  point  ,  un 
accent,  une  cétlillr  ou  une  barre  à  un  /  ;  ne  les  mettez  que  (|uand  le  mot  est 
fini. 

25"  Si  un  mot  renferme  plusieurs  points  ou  accents  ,   comme  inégalité  , 


-  253  — 

meltez-les  en  allant  de  gauche  à  droite  ,  et  ayez  soin  de  les  faire  de  la 
même  force  ,  de  les  placer  tous  ;'i  la  même  hauteur  et  dans  la  pente  do 
récriture 

2t)'  Disposez  bien  h  s  signes  de  ponctuation  ;  placez  le  point  sur  la  ligue 
inférieure  des  corps  d'écriture  ,  et  la  virfjnle  au-dessous. 

27"  Pour  tous  les  corps  d'écriture  ,  donnez  aux  majuscules  la  hauteur 
de?  boucles  dts  petites  lettres ,  ainsi  que  cela  existe  pour  le  caractère 
imprimé;  exemples  :  Al,  Cb.  N'en  variez  pas  la  lorme. 

28"  Lorsqu'il  vous  reste  trop  peu  de  place  à  la  fin  d'une  ligne  pour  mettre 
encore  un  mot ,  écrivez-le ,  s'il  est  court ,  à  la  ligne  suivante  ,  et  ,  s'il  est 
long,  coupez-le  entre  deux  syllabes,  en  observant,  a  ce  sujet,  ce  qui  est  fait 
dans  les  livres  et  dans  vos  modèles. 

29»  Lisez  chaque  mot  avant  de  le  copier  ;  lisez  aussi  attentivement  le 
texte  de  votre  modèle  et  méditez  -  en  les  conseils.  —  Enfin  ,  retenez 
l'orthographe  de  tous  les  mots  de  chacun  de  vos  exemples. 


Les  conseils  concernant  la  position  du  corps  et  les  préceptes  particuliers  à  la 
ronde  ,  à  la  gothique  et  à  la  bâtarde,  se  trouvent  dans  l'intérieur  même  de  la 
couverture  du  cahier  pour  chacun  de  ces  genres  d'écriture. 

Le  tableau  de  ces  conseils  et  de  ces  préceptes  est  suivi  d'une  série  de  ques- 
tions dont  les  élèves-maîlres  et  les  élèves-institutrices  trouveront  facilement  les 
réponses  ,  par  suite  des  principes  indiqués  sur  les  modèles  mêmes  ,  et  des  notes 
spéciales  concernant  l'exécution  et  la  forme  ,  qui  sont  placées  sur  chacun 
d'eux. 


FAITS  DIVERS. 

Nous  sommes  heureux  de  reproduire  les  lignes  que  nous 
trouvons  dans /'.'i/"^)/.s' iSo/*;.soH«rt/.s  au  sujet  de  la  nomination  de 
M.  Debruyne  à  l'inspection  primaire  de  Laon ,  nomination  que 
nous  avons  annoncée  dans  notre  dernier  numéro  : 

"■  MM.  les  instituteurs  de  l'arrondissement  de  Soissons  appré- 
ciant ,  nous  le  savons  ,  la  manière  d'administrer  tout  à  la  fois 
ferme  et  paternelle  de]\I.  Debruyne  ,  la  sijreté  de  son  jugement 
et  son  impartialité  ,  verront  avec  regret  que  les  nécessités 
urgentes  du  service  enlèvent  trop  tôt  à  leur  confiance  et  à  leur 
affection  ce  fonctionnaire  si  justement  estimé.  " 

D'après  le  bien  que  nous  avons  entendu  ,  nous-même  ,  dire  de 
M.  Debruyne, nous  ne  doutons  pas  que  les  instituteurs  de  l'arron- 
dissement de  Laon  ne  trouvent  en  lui  un  protecteur  éclairé, plein 
de  bienveillance  et  de  dévouement  à  leurs  intérêts. 


M.  le  Préfet  de  l'Aisne ,  avant  de  saisir  le  Conseil  général  de  la 
circulaire  du  H  juillet,  relative  aux  concours  cantonaux  et  aux 
cours  d'adultes,  a  jugé  à  propos  de  consulter,  sur  ces  questions, 
le  Conseil  départemental  de  l'instruction  publique. 

L'assemblée  a  été  unanime  à  reconnaître  les  avantages  qui 
résulteraient  de  l'adoption  des  dispositions  proposées.  Seulement, 


—  ÎU  — 

elle  estime  que  le  déplacement  des  lauréats  des  cottimunes,  pour 
de  nouvelles  compositions  qui  se  feraient  au  chef-lieu  de  canton, 
de  l'arrondissement  ou  du  département ,  présenterait  des  incon- 
vénients et  elle  pense  que  la  composition  faite  à  la  commune 
devrait  suffire  pour  les  trois  concours  ultérieurs. Les  compositions 
des  quatre  premiers  lauréats  de  la  commune  seraient  admises  à 
concourir  pour  le  piix  du  canton,  les  trois  premiers  du  canton 
pour  le  prix  d'arrondissement ,  et  les  deux  premiers  de  chaque 
arrondissement  pour  le  prix  du  département.  Ce  système  e.sl 
précisément  celui  en  vue  duquel  la  circulaire  a  été  conçue. 

En  ce  qui  concerne  les  récompenses  à  donner  aux  lauréats  ,  le 
Conseil  émet  le  vœu  qu'elles  consistent  : 

1°  En  des  livres  utiles,  pour  les  prix  à  décerner  dans  les  com- 
munes, dans  les  chefs-lieux  de  canton  et  d'arrondissement  ; 

2"  En  une  bourse,  soit  dans  une  ferme-modèle,  soit  dans  une 
école  d'arts  et  métiers  ou  d'enseignement  spécial ,  pour  le  prix 
départemental. 

Quant  aux  récompenses  à  accorder  aux  instituteurs  pour  lu 
bonne  tenue  et  les  résultats  des  cours  d'adultes,  le  Conseil  émel 
le  vœu  que  ces  services  soient  reconnus  par  des  encouragements 
pécuniaires  ou  bien  par  des  médailles  d'argent  et  de  bronze  qui 
seraient  instituées  par  le  Conseil  général. 

Le  Conseil  départemental  estime  que  les  dispositions  propo- 
sées seraient  fécondesen  bons  résultats  et  enrecommandel'adop- 
tion  au  Con>eil  général. 

Parmi  les  vœux  émis  par  les  Conseils  d'arrondissement  de 
notre  département ,    nous  remarquons  les  suivants  : 

Le  Conseil  d'arrondissement  de  Soissons  renouvelle  le  vœu 
pour  que  l'époque  des  vacances  dans  les  campagnes  où  les  en- 
fants sont  employés  aux  travaux  de  la  moisson ,  soit  fixée  au  1'^'' 
août  au  lieu  du  1'^''  septembre. 

Le  même  Conseil  émet  le  vœu  que  les  forêts  et  propriétés  de 
l'Etat,  participant  d'une  manière  générale  aux  charges  commu- 
nales, contribuent ,  dans  la  mesure  de  la  superficie  imposable  , 
aux  dépenses  nécessitées  par  la  création  d'écoles  de  filles,  ajour- 
nées faute  de  ressources  sufTisanies. 

—  Le  Conseil  d'arrondissement  de  Saint-Quentin  renouvelle  le 
vo'u  qu'il  a  émis  en  186i  pour  qu'il  soit  accordé  aux  anciens 
instituteurs  des  pensions  de  retraite  ou  des  secours  viagers. 

—  Par  les  motifs  exprimés  dans  ses  précédentes  délibérations, 
le  Conseil  d'arrondissement  de  Laon  réitère  le  yœ'U  que  l'ensei- 
gnement agricole  soit  propagé  par  tous  les  moyens  possibles, 
dans  les  écoles  primaires  et  qu'au  nombre  des  livres  de  lecture 
»>n  place  un  traité  pratique etélémentaire  d'agriculture  et  d'arbo- 
ficullure. 


iJans  sa  dernière  session  ,   le   Conseil   académique  de  Douai  a 
émis  un  vœu  tendant   à  ce  que  des  médailles  spéciales  soient 


—  288  — 

instituées  par  les  Conseils  généraux  pour  récompenser  les  insti- 
tuteurs directeurs  de  cours  d'adulles  —  Le  rapport  présenté  au 
Conseil  académique  par  la  Commission  d'enseignement  primaire 
contient,  à  cet  égard,  le  passage  suivant  : 

"  Les  cours  d'adultes ,  au  nombre  de  365  ,  ont  donné  à  16,107 
jeunes  gens  ou  hommes  faits  l'instruclion  dont  les  avait  privés 
pendant  leur  enfance  l'incurie  de  leurs  parents.  On  n'a  eu  qu'à  se 
féliciter  des  résultats  obtenus.  Votre  Commission  estime  qu'il  y 
aurait  lieu  d'encourager  les  instituteurs  qui  s'imposent  ce  surcroît 
de  travail.  Elle  vous  propose  de  vouloir  b-en  prier  M.  le  Ministre 
de  faire  instituer  par  les  Conseils  générauxdes  médailles  destinées 
à  reconnaître  ces  services  si  utiles.  « 

Il  y  a  quelques  jours  ,  l'Académie  Française  tenait  sa  séance 
publique  annuelle  pour  la  proclamation  des  prix  de  vertu,  fonda- 
tion i^ontyon. 

L'Académie  n'a  pas  eu  d'action  d'éclat  à  couronner  ;  elle  a 
mieux, a  dit  M.  Sainte-Beuve,  son  directeur,ellea  des  existences, 
des  vies   tout  entières  dévouées  à  récompenser  et  à  raconter  : 

«  La  première  récompense,  le  premier  prix,  sur  qnaire-vingt- 
neuf  concurrents  ,  a  été  décerné  à  Mademoiselle  Rosalie  Marion, 
institutrice  communale  à  Beaumont-Hague  ,  département  de  la 
Manche.  Cette  respectable  personne,  née  en  1791,  est  par  consé- 
quent âgée  aujourd'hui  de  74  ans.  Enfant  du  pays  et  d'une  com- 
mune peu  éloignée  ,  elle  avait  23  ans  lorsqu'elle  arriva  à  Beau- 
mont ,  en  qualité  d'institutiice  ,  dans  les  premiers  jours  de  jan- 
vier 1816,  et,  depuis  ce  temps,  c'est-à-dire  depuis  tout-à-l'heure 
un  demi-siècle  ,  elle  a  été  pour  cette  commune  à  la  fois  la  maî- 
tresse d'école,  la  garde-malade  ,  la  sœur  de  charité  ,  cumulant  et 
trouvant  moyen  de  remplir  tant  de  fonctions  sans  les  confondre. 

»  Comme  institutrice  ,  elle  ne  s'est  pas  ralentie  un  seul  jour 
durant  ce  long  espace  de  temps.  Ses  heures  de  classe  sont  pour 
elle  sacrées  :  ce  sont  les  seules  qu'elle  n'ait  jamais  cru  pouvoir 
sacrifier  au  soin  des  infirmes  et  au  service  des  malades. Demandez- 
lui  le  sacrifice  de  ses  repas,  de  ses  jours  de  congé,  de  ses  nuits, 
elle  les  accorde  ,  elle  les  prodigue  avec  joie  :  mais  ses  heures  de 
classe,  elle  n'y  touche  jamais,  (^est  au  point  qu'après  huit  ou  dix 
nuits,  et  quelquefois  plus,  passées  au  chevet  des  malades,  elle  a 
toujours  trouvé  assez,  de  force  et  d  énergie  pour  ne  pas  prendre, 
ne  fût-ce  qu'un  quart-d'henrederepos,  sur  le  temps  dû  à  l'école. 
La  classe,  c'est  pour  elle  la  tâclie  stricte,  le  devoir  rigoureux.   » 

Aprèsavoir  raconté  la  vie  dedévouementde  M"'' Rosalie  Marion, 
l'éminent  rapporteur  a  terminé  par  le  trait  suivant  : 

<  Je  finirai  par  un  trait  d'elle,  qui  nous  ramène  à  l'institutrice. 
En  1841  ,  l'instituteur  de  la  commune  étant  frappé  d'une  fièvre 
typhoïde  qui  menaçait  de  se  prolonger  longtemps,  la  maîtresse  , 
non  contente  de  lui  donner  ses  soins,  demanda  el  obtint  l'autori- 
sation de  le  remplacer  auprès  des  petits  garçons  ,  afin  qu'il  ne 
perdît  point  sa  place.  Pendant  trois  mois  donc  elle  fit  successive- 
ment l'école  aux  petits  garçons  etauxpetilesfilles  :  aux  premiers. 


—  2S6  — 

de  sept  heures  à  dix  heures  du  matin  ,  et  de  une  heure  à  quatre 
heures  du  soir  ;  aux  petites  filles  ,  de  dix  heures  à  midi ,  el  de 
quatre  à  sept  heures  du  soir.  Ainsi  ,  pendant  trois  mois  ,  elle  fit 
onze  heures  de  classe  par  jour.  Les  chifrre,s  en  disentassez.  » 

L'Académie  a  décerné  à  M"*^  Navier ,  marchande  grainetière  à 
Paris  ,  le  second  prix  de  vertu. 

Mnie  Navier  a  fait  depuis  quarante  ans,  dans  une  condition  des 
plus  médiocres  ,  autant  ée  bien  à  elle  seule  que  les  familles 
riches  et  les  bureaux  de  bienfaisance  qui  l'entourent. 

Enfants  nouveaux-ués ,  trouvés  sous  des  portes  cochères, 
et  qu'on  porte  d'abord  à  M"e  Navier  ;  —  jeunes  filles  de 
dix  ans ,  abandonnés  par  d'indignes  parents ,  qu'elle  recueille  , 
qu'elle  instruit ,  qu'elle  ne  laisse  qu'après  les  avoir  mises  en  lieu 
sûr  ;  —  quelquefois  des  familles  entières  qu'elle  entreprend  de 
sauver  de  la  détresse  ,  et  dont  elle  place  les  différents  membres; 
— des  orphelins  mêmes  qu'on  lui  envoie  de  province.— Onadmire, 
rien  qu'à  y  jeter  les  yeux  et  à  l'entrevoir  un  moment,  cette  série 
d'œuvres  continuelles  et  cachées. 

Des  huit  médailles  de  première  classe  que  l'Académie  a  ensuite 
accordées  ,  l'une  a  été  donnée  à  un  ecclésiastique  :  L'abbé  Félix 
Brandelet.  curé  de  Laviron  Doubs),a  été  signalé  à  l'Académie  par 
une  sorte  de  rumeur  et  de  dénonciation  publique  venue  de  la 
contrée  qu'il  habile  et  où  il  exerce  son  ministère  depuis  40  ans. 
Qu'a  donc  fait  ce  simple  curé  ,  qui  le  tire  de  pair  d'avec  ses 
humbles  confrères  les  desservants?  —  Il  a  reconstruit  l'école  des 
fille.s  de  Bournois,  sa  première  paroisse;  construit,  fondé  et  doté 
une  cC'.'le  de  filles  à  Villars-lez-Blamont,  son  pays  natal  ;  créé  à 
Blamont  un  pensionnat,  un  orphelinat  et  un  ouvroir  destinés  aux 
filles  du  canton;  il  a  construit  une  église  catholique  à  Villars-lez- 
Blamont  où  il  n'y  ayaii  d'abord  qu'un  bâtiment  commun  pour  les 
protestants  et  les  calholiqiics;  il  a  reconstruit  l'église  de  Laviron, 
sa  propre  paroisse  ;  il  a  fait  élever  et  instruire  à  ses  frais  sept 
enf.;nts  orphelins  appartenant  à  des  familles  pauvres,  etc.  —  Son 
patrimoine,  ses  économies,  ses  privations  ont  passé  à  ces  œuvres 
pies,  à  ces  œuvres  utiles,  qu'il  a  accomplies  en  toute  simplicité, 
sans  aucune  idée  de  gloire  ni  d'honneur. C'est  surtout  par  l'achat 
qu'il  fit  à  ses  risques  et  périls  de  l'ancien  chàteau-fort  de  Blamont, 
pour  y  établir  son  œuvre  capitale ,  que  se  surpassa  l'abbé  Bran- 
delet. Il  n'hésittapasà  s'en  rendre  adjudicataire  pour  une  somme 
de  13,500  francs  qu'il  n"avait  pas,  qu  il  dut  chercher.  Il  la  trouve 
enfin;  il  la  dépense  aussitôt, il  fait  faire  dans  le  bâtiment  les  répa- 
rations et  appropriation  convenables  ,  en  vue  d'y  établir  un  pen- 
sionnat, un  orphelinat  et  un  ouvroir  pour  les  jeunes  filles,  trop 
exposées  dans  les  fabriques  horlogères  et  autres  dont  le  pays  est 
couvert.  C'est  là  le  plus  beau  titre  de  ce  brave  et  digne  prêtre  à 
qui  l'Académie  a  décerné  une  médaille  de  \^^  classe. 

Les  Gérants,  H.  DE  CoQUET  et  StSnger. 

Lboo.  »  ImprimcTie  H,  DB  CaQOBT  et  Stehabr, 


14«  Année.  J««  !«'.         15  Septembre  1865. 


BULLETIN 

DE  L'INSTRUCTION  PRIMAÎUB 

POUR  LE  DÉPARTEMENT  DE  L'ÂISNE, 

PubWi  sous  \ts  ausçvcts 

de  M.  Gastaing,  Préfet  de  l'Aisne, 

Commafldenr  de  la  Légion-d'HoDueur , 

Oiiicier  de  l'Instruction,  publique. 

Paraissant  le   I  ô  e<  le  30  de   chaque  mois. 

f  Ayec  le  Manuel  géoéral,  14  fr.  SO  c.  par  an. 

Ayec  le  Pelil  Manuel,      6  fr.  60  c. 
(  Seul,  S  ir. 


PARTIE  OFFICIELLE. — Décret  impérial  créant  un  Conseil  de  perfectionne- 
ment pour  renseignement  secondaire  spécial. —  Rapport  du  Conseil  départe- 
mental de  l'Instruction  publique  au  Conseil  général  ,  sur  la  situation  de 
l'enseignement  dans  le  département. — Conseil  général  de  l'Aisne  :  I.  Secours 
aux  anciens  instituteurs;  II.  Météorologie.  —  Mouvement  du  personnel. 

PARTIE  XO!V-OFFlCEELLE.  -  EDUCATION  ET  ENSEIGNEMENT.  —  Faits 
DIVERS  :  Fête  à  Ciry-Salsogne  pour  la  remise  d'une  médaille  à  M.  Laplace  , 
instituteur  de  la  commune.  —  Pareille  distinction  est  accordée  à  la  Direc- 
trice de  la  Salle  d'asile  de  Laon.  —  Munificence  de  l'Empereur  pour  les 
cours  d'adultes  dn  département  des  Vosges.  —  Décoration  de  M.  l'Inspecteur 
d'Académie  en  résidence  à  Epinal.  —  Sujets  de  composition  donnés  aux 
examens  pour  le  brevet  de  capacité  dans  le  ressort  de  l'Académie  de 
Nancy. 

PARTIE  OrnCIEELE. 


DECRET   IMPERIAL 

CRÉANT    UN    COXSEII.    SUPERIEUR    DE    PERFECTIONNEMENT 

POUR  L'EXSEIGiNEMEM  SECO^DAIRE  SPECIAL. 
RAPPORT  A  L'EMPEREUR 

PAR    M.    LE    MINISTRE    DE    l'iNSTRUCTXON    PUBLIQUE. 

Sire , 

Une  loi  récemment  promulguée  permet  enfin  au  GouTernement  de  Votre 
Majesté  de  fortifier  et  d  étendre  l'enseignement  spécial  dans  les  établisse- 


—  258  — 

ments  scolaires  qui  en  possèdent  il(''jà  ou  qui  bientôt  en  réuniront  librement 
les  élén  ents.  Liigriculture,  l'industrie  et  le  commerce  ont  un  inlérét  égal 
à  celle  importante  création,  à  laquelle  vont  concourir  toutes  les  forces  vives 
du  pays  :  l'Etat,  les  départemenls,  les  villes  et  les  particuliers. 

Au  moment,  en  effet,  où  la  France  est  appelée  à  lutter  sur  son  propre 
marclié,  comme  sur  les  places  de  commerce  les  plus  lointaines  ,  avec  l'in- 
dustrie du  monde  entier,  il  ne  lui  sulfit  plus  d'avoir  à  la  disposition  de  ses 
ateliers  les  ouvriers  si  heureusement  doués  qui  les  peuplent  et  les  chefs  si 
habiles  que  nos  grandes  usin- s  emprunlent  à  l'Ecole  Pol\  technique  ou 
à  l'Ecole  centrale  des  Arts  et  Manufactures.  Elle  a  besoin  encore  de  nom- 
breux conti'e-maîlres  dont  la  main  ait  été  exercée  par  la  pratique,  mais 
aussi  dont  la  pensée  ne  soit  pas  restée  étrangère  à  celle  culture  qu'il  appar- 
tient à  la  théorie  de  donner. 

L'enseignement  .'spécial  représente  ce  dernier  élément  des  connaissances 
qu'il  s'agit  de  répandre  dans  la  classe  moyenne  des  producteurs  ;  la  pra- 
tiqtie  de  l'alelier  peut  seule  fournir  le  premier. 

Mais  il  sortira  des  écoles  spéciales  de  futurs  agriculteurs,  industriels  ou 
commerçants,  en  état  de  comprendre  la  langue  de  la  science  qu'ils  iront 
ensuite  chercher  dans  les  livres ,  et  d'apprécier  les  ressources  que  les  doc- 
trines scientiliques  fournissent  au  travail ,  dont  elles  augmentent  la  fécon- 
dité tout  en  diminuant  les  fatigues. 

Rendus  de  bonne  heure  à  leurs  familles  ,  ils  pourront  encore,  avant  que 
l'âge  de  la  responsabilité  arrive,  subir  toutes  les  épreuves  de  lente  initiation 
que  le  travail  de  la  main  exige  pour  se  convertir  en  une  sorte  d'instinct 
perfectionné.  Celle  instruction  ,  d'un  caractère  encore  général  dans  sa 
spécialité,  sera,  déplus,  la  meilleure  des  préparations  pour  les  jeunes 
gens  qui  voudront  achever  leur  enseignement  professionnel  dans  les  écoles 
d'arts  et  métiers  et  dans  les  écoles  d'application  technique  dont  Votre 
Majesté  a  donné  l'ordre  à  M  le  Ministre  des  Travaux  publics  de  lui  sou- 
mettre l'organisation. 

L'atelier  de  la  France  ,  après  la  tutelle  nécessaire  des  corporations  maî- 
trises et  jurandes,  avait  à  chercher  sa  constitution  nouvelle;  le  siècle  actuel 
la  lui  aura  donnée.  En  tête,  les  élèves  des  grandes  écoles  et  des  cours  supé- 
rieurs de  l'enseignement  spécial  ;  dans  la  région  moyenne  ,  les  nouveaux 
sous-officiers  de  l'industrie  ,  capables  de  comprendre  les  instructions  de 
leurs  chefs  et  d'en  assurer  l'exécution  ;  partout,  cette  population  d'ouvriers 
propres  à  tous  les  travaux  de  la  force  intelligente ,  de  la  précision  et  du 
goût,  que  les  cours  spéciaux  auront  aussi  en  partie  formés. 

Cet  enseignement  ne  peut  prétendre  à  enibrasser  dans  chaque  école 
l'étude  de  toutes  les  matières  et  de  toutes  les  forces  que  l'agriculture, 
l'industrie  manufacturière  elle  cominerce  mettent  en  jeu.  Lui  imposer  cette 
tâche  encyclopédique ,  serait  préparer  sa  ruine  Son  programme  est  fondé 
sur  un  principe,  l'éducation  des  classes  industrielles  ;  il  a  donc  une  véri- 
table unité  ,  et  il  intportera  de  lui  conserver  ce  caractère  dans  les  grandes 
écoles  publiques  ,  mais  il  n'est  pas  impératif.  11  doit  rester  assez  flexible 
dans  l'exécution  pour  se  plier,  selon  les  circonslances  et  les  lieux,  aux 
besoins  des  populations,  qui  sont  tantôt  attirées  par  les  travaux  de  la  catn- 
pagne,  tanlét  par  ceux  des  industries  uibaines  ,  et  dont  nous  augmenterons 
la  puissaniede  production  et  le  bien-être  en  les  rendant  capables  de  com- 
prendre et  de  réaliser  dans  1rs  œuvres  de  l'industrie  ou  de  1  art  industriel, 
ici  la  pureté  des  formes,  là  l'heureuse  combinaison  des  couleurs,  ailleurs 
les  conceptions  de  la  mécani(|ue  ,  les  progrès  soudains  de  la  chimie  ou  les 
découvertes  lointaines  des  voyages  et  des  sciences  lalurelles. 

Pour  atteindre  ce  but  mobile  et  multiple,  un  programme  uniforme  ferait 
obstacle.  Tout  en  résistant  aux  entraînements  et  aux  caprices ,  il  doit  être 
permis  de  céder  aux  exigences  fondées  sur  la  nature  des  choses.  C'est  pour 


—  259  — 

cela  que  la  loi  a  sagement  ^if^"-'';'  rétablissement  d'un  Conseil  de  perfec-  ' 
t'onnement  auprès  de  chaque  grande  école  spéciale  ,  dans  le  but  d'y  prépa- 
rer et  d'y  maintenir  cette  pondération  nécessaire  entre  les  études  des 
élèves  et  les  besoins  de  leur  jNcnir  Ces  Conseils  me  signaleront ,  pour  les 
maisons  de  l'Etat ,  les  modilicalions  à  introduire  dans  les  cours  ,  et  leur 
vigilance  préviendra  ou  corrigera  les  erreurs  de  détail  inséparables  d'une 
entreprise  aussi  complexe.  Mon  intention  serait  de  centraliser  leurs  efforts 
par  la  création  d'un  Conseil  supérieur  de  perfectionnement  placé  auprès  de 
mon  administration. 

La  surveillance  de  l'Ecole  normale  de  Cluny  lui  serait  confiée.  Il  pren- 
drait connaissance  de  tous  les  docuuienis  de  nature  à  intéresser  le  nouvel 
enseignement,  soit  qu  ils  me  fussent  adressés  par  les  recteurs  et  les 
inspecteurs  ,  soit  qu'ils  fussent  fournis  par  des  missions  accomplies  à 
l'étranger. 

L'étude  de  ces  divers  éléments  et  leur  appréciation  par  le  Conseil  supé- 
rieur de  perfectionnement  prépareraient  les  décisions  que  je  serais  appelé 
à  proposer  à  Votre  Majesté  ou  à  soumettre  au  Conseil  impérial  de  l'inslruc- 
lion  publique. 

C'est  ainsi  que  toute  expérience  serait  mise  à  profit,  et  que  les  succès  ou 
les  mécomptes  de  chacune  des  écoles  profiteraient  à  tous.  Le  bien  irait  se 
propageant  et  se  fortifiant,  le  mal  serait  arrêté  dés  son  origine  ou  corrigé 
à  la  source  même. 

L'entreprise  que  Votre  Majesté  m'a  ordonné  de  poursuivre  est  grande  ; 
les  moyens  d'exécution  sont  restreints  encore.  Une  solution  pratique,  heu- 
reuse et  prompte,  est  pourtant  aussi  nécessaire  que  désirée;  c'est  pour 
l'obtenir  que  j'aimerais  à  m'appuyer  sur  la  bonne  volonté  et  les  lumières 
des  hommes  ifes  plus  dévoués  et  les  plus  compétents. 

Si  Votre  Majesté  daignait  m'encourager  dans  cette  voie,  j'aurais  l'honneur 
de  soumettre  à  son  approbation  le  décret  qui  constitue  le  Conseil  supérieur 
des  écoles  d'enseignement  spécial  et  qui  en  désigne  les  membres. 

Je  suis  avec  le  plus  profond  respect ,  Sire  ,  de  Votre  Majesté  ,  le  très- 
humble  et  très-obéissant  serviteur. 

Le  Ministre  de  l'Instruction  publique, 

V.  DURUY. 

DÉCRET  IMPÉRIAL. 

NAPOLÉON,  par  la  grâce  de  Dieu  et  la  volonté  nationale,  Empereur  des 
Français  , 

A  tous  présents  et  à  venir  ,  salut  , 

Sur  le  rapport  de  notre  ]\linistre  secrétaire  d'Etat  au  département  de 
l'instruction  publique  , 

Vu  l'article  3  de  la  loi  du  2i  juin  1865, 

Avons  décrété  et  décrétons  ce  qui  suit  : 

Art.  1"".  —  Un  conseil  supérieur  de  perfectionnement  pour  l'enseigne- 
ment secondaire  spécial  est  créé  au  ministère  de  l'instruction  publique 
sous  la  présidence  du  Minisire, 

Art.  2.  —  Sont  nommés  membres  du  Conseil  supérieur  de  perfectionne- 
ment de  l'enseignement  secondaire  spécial  pour  l'année  scolaire  i8i  5- 
1866  : 

M.  Dumas,  sénateur,  membre  de  rinstiuit,  inspecteur  général  pour  l'ensei- 
gnemeni  supérieur,  fondateur  de  l'Ecole  centrale  des  Arts  et  Manufactures; 

M.  Chauchard,  député  au  Corps-Législatif, 

M.  Werlé,  maire  de  Reims,  député  au  Corps-Législatif; 


—  260  - 

M.  Boulalignier,  con.'eiHer  d'Etat  ; 

M.  Charif  s  Robert,  conseiller  d'Etat,  secrétaire  général  du  ministère  de  l'ins- 
truction pub  ique  ; 

M  Pastpur,  membre  de  l'Institut,  administrateur  de  rEoole  normale  supérieure; 
M.  If  général  Moiin,    membre  de  llusiilut ,    directeur  du  Conservatoire  des 
Arts  et  MélierN  ; 

M.  Joseph  Bertrand  ,  membre  de  rinslilul  ,  prrfesseur  de  pliysique  générale 
et  malhémaiique  au  Collège  de  Fiauce,  professeur  u'analjse  à  l'Ecole  Polyltch- 
niqiie  ; 

M  jMmin  ,  professeur  de  physique  à  la  Faculté  des  Sciences  et  à  l'Ecole 
Polytechnique  ; 

iM.  Brongniart,  membre  de  l'Institut,  professeur  de  botanique  et  de  physio- 
logie végéiale  au  Muséum  d'histoire  naturelle,  inspecteur  géneial  pour  Teusei- 
gnenu-nt  supérieur , 

M.  Miine-E  .wards,  membre  de  l'institut,  professeur  de  zoologie  au  Muséum 
d'histoire  naturelle,  doyen  de  la  Faculté  des  Sciences  ; 

M.  Cosie  ,  membre  de  l'inst.lut  ,  professeur  d'tmbryogénie  comparée  au 
Collège  de  France,  inspeceur  général  des  pèches: 

M  Uec:^i^ne  ,  membre  de  l'Institut ,  professeur  de  culture  au  Muséum  d'his- 
toire naturelle  ; 

M,  de  Monny  de  Mornay  ,  directeur  de  l'agriculture  ,  du  commerce  et  des 
travaux  publics  ; 

M    Magne,  directeur  de  l'Ecole  vétérinaire  d'Alfort  ; 

M.  Perdonnet,  ingénieur,  administrateur  des  chemins  de  fer  de  l'Est; 

M.  Maniel,  ingénieur  en  chef  des  pouts  et  cliaussées; 

M.  Jean  Dolfus,  manufacturier,  mai'e  de  Muliouse; 

M.  Mourier,  vice-recieur  de  l'Académie  de  Paris  ; 

M.  Danton,  inspecteur  général  pour  l'enseignement  secondaire  ; 

M.  Faye  ,  inspecteur  général  pour  l'enseignemett  Secondaire  ; 

M.  Baudouin,  inspecteur  générai  pour  l'enseignement  primaire; 

M  Dubif-f  ,  inspecteur  d'Académie  ,  chaigé  du  service  de  l'instruction 
publique  à  la  préfe^  lure  de  la  Seine  ; 

M.  Marguerin,  directeur  de  l'école  Turgot  ; 

M.  Cornu,  peint'e  d'histoire  ; 

M.  Dufresne,  sculpteur. 

Art.  3  —  M.  D.imas  est  nommé  vice-président  du  Conseil  supérieur  de 
perfectionnement  pour  l'enseignement  secondaire  spécial. 

M.  Charles  Robert  est  nommé  secrétaire  dudit  Conseil. 

M.  A.  Duruy  ,  chef  du  cabinet  du  minisire  de  rinslruction  publique  ,  est 
nommé  secrétaire  adjoint. 

Art.  4..  —  Notre  Minisire  de  l'Inslnjction  publ.que  est  chargé  de  l'exécu- 
tion du  présent  décret. 

Fait  au  palais  de  Fontainebleau,  le  26  aotlt  1865. 

NAPOLÉON 
Par  l'Empereur  : 
Le  Ministre  Secrétaire  d  Etat  an  départeme)it 
de  V instruction  publique  , 
V.  Duruy, 


«APPORT 

da  Conseil  de  l'Instruction  publique  an  Conseil  général  de  l'Aisue 

SUR  l'État  de  l'enseignement. 

Messieu  rs. 
En  dehors  de  l'enseignement  ordinaire ,    le  département  de 


—  261  — 

l'Aisne  a  eu,  cette  année,  des  cours  publics  supérieurs  et  secon- 
daires. 

A  Château-Thierry  ,  ces  cours  ,  faits  par  neuf  particuliers  et 
par  deux  fonctionnaires  du  Collège,  ont  charmé  une  assist;ince 
nombreuse  dans  des  conférences  sur  la  liHéraliire  ,  la  physique, 
l'histoire  naturelle,  la  chimie,  Téconomie  politique  et  l'hygiène. 

A  Soissons ,  un  naturaliste  distingué  a  fait  des  conférences  sur 
la  botanique  et  un  auditoire  d'élite  se  |)ressait  à  ses  u'iies  et  inté- 
ressantes leçons. que  nous  devons  à  l'initiative  de  la  Société  d  hor- 
ticulture, récemment  créée  dans  cette  ville. 

A  Saint-Quentin,  la  Société  académique  des  Sciences,  Lettres  et 
Arts  a  tenu  j  honneur  de  compléter,  par  des  entretiens  dont  se 
sont  chargés  des  hommes  spéciaux  pris  dans  son  sein,  l'instruc- 
tion professionnelle  des  ouvriers  et  des  contre-maîtres  d'usine, 
et ,  pour  que  cet  enseignement  fût  plus  fructueux  ,  les  leçons  , 
après  chaque  séance,  étaient  autographices  et  distribuées  gra- 
tuitement à  tous  les  auditeurs. 

L'enseignement  secondaire  a  reçu  ,  dans  ces  derniers  temps  , 
des  modifications  qui  paraissent  appelées  à  exercer  une  heu- 
reuse influence  sur  les  études.  —  La  reconstitution  du  cours  de 
philosophie  ,  le  remaniement  des  programmes  des  sciences  ,  la 
création  du  cours  d'histoire  contemporaine,  la  réorganisation  de 
l'enseignement  secondaire  spécial,  l'institution  du  concours  entre 
les  lycées  et  les  colh'ges  des  dépirtemenls,ont  fortement  stimulé 
les  professeurs  et  les  élèves  et  fait  naître  dans  les  classes  une 
activité  qui  sera  féconde  en  progrès. 

Les  quatre  établissements  seconlaires  ï)ublics  ont  continué  de 
rendre  aux  familles  et  au  pays  les  plus  utiles  services 

Le  Lycée  de  Saint-Quentin  a  vu  s'accroître  de  -47  élèves  sa 
population  scolaire.  Il  y  a  eu  également  23  élèves  de  plus  au 
Collège  de  Château-Thierry.  A  Soissons,raugmentation  est  beau- 
coup moins  sensible.  A  Laon  ,  le  nombre  des  élèves  a  un  peu 
baissé,  par  suite  du  changement  du  principal  ;  mais  la  bonne 
impulsion  ,  donnée  à  cet  établissement  par  son  nou  eau  chef, 
semble  devoir  assurer  une  excellente  rentrée. 

Ces  quatre  étabisseraents  réunissent  ensemble  792  élèves, 
savoir  : 


'166  pensionnaires.  •   •  •) 
Le  Lycée  de  Saint-Quentin.  .   .j    40  demi-pensionnaires.     340 

(  434  externes 

i59  pensionnaires.  •  •  .  ) 
3  demi-pensionnaires.  [  142 
80  externes S 

'    76  pensionnaires.  •  .  .  'i 
Le  Collège  de  Soissons  .  .  .  ,  |     9  demi-pensionnaires.  |  168 

(   83  externes ) 

!57  pensionnaires.   .  .  .  ) 
11  demi-pensionnaires.  I  142 
,  74  externes / 


-  262  - 

Dans  chacune  de  ces  maisons ,  le  régime  alimentaire  et  l'hy- 
giène sonl  l'objet  des  soins  les  plus  particuliers  et  les  familles 
sont  heureuses  d'y  constater  un  état  sanitaire  des  plus  floris- 
sants. 

L'enseignement  religieux  et  la  direction  spirituelle  sont  confiés 
à  des  prêtres  instruits  et  bienveillants.  L'enseignement  du  dogme 
est  toujours  joint  à  celui  de  la  morale  et  les  prônes  sonl  ordi  • 
naireraent  de  bonne  leçon  de  morale  pratique. 

L'enseignement  littéraire  et  l'enseignement  scientifique  ont 
présenté  des  résultats  satisfaisants  et,  dans  la  lutte  académique, 
inaugurée  depuis  un  an  ,  nos  établissements  ont  remporté  des 
palmes  qui  honorent  tout  à  la  fois  les  maîtres  et  les  élèves. 

Les  écoles  secondaires  libres  étaient ,  l'an  dernier  ,  au  nombre 
de  20.  Une  a  cessé  d'exister,  une  autre  est  devenue  primaire.  — 
Parmi  celles  qui  restent ,  il  en  e^t  plusieurs  qui  n'ont  aucune 
importance  au  point  de  vue  de  l'enseignement  secondaire. Ces  18 
écoles  réunissent  ensemble  1,396  élèves,  savoir '^r 

Pensionnaires 764     \ 

Demi-pensionnaires iO     [     1,396 

Externes 592     J 

En  1832  ,  le  Gouvernement ,  qui  voulait  reconstituer  l'instruc- 
tion primaire  ,  fit  recueillir  tous  les  renseignements  qui  se  ratta- 
chaient à  l'état  général  des  écoles,  en  ce  qui  concernait  les  gar- 
çons. On  ne  croyait  pas  pouvoir  aborder  encore  l'organisation 
des  écoles  de  filles. 

Il  résulta  de  ce  travail,  que  des  838  communes,  dont  le  départe- 
ment de  l'Aisne  se  composait  alors,  689  étaient  pourvues  d'écoles 
et  en  comptaient  ensemble  875  dont  804  publiques  et  72  libres. 
Ces  diverses  écoles  réunissaient  33,091  garçons,  soit  6,4  par  100 
habitants.  La  population  du  déparlement  était,  à  cette  époque, de 
513,000  âmes. 

Depuis  quelques  années  déjà  ,  le  département  de  l'Aisne  avait 
à  peu  près  ce  même  nombre  d'élèves  ,  et  il  passait  pour  un  des 
mieux  partagés,  sous  le  rapport  de  l'éducation  populaire.  Aussi, 
cette  carte  célèbre  qui  marquait  l'état  de  l'enseignement  pri- 
maire d  ins  le  royaume  n'assombrissait-elle  pas  celle  contrée  par 
des  teintes  foncées. 

Aujourd'hui ,  nous  avons ,  à  peu  près ,  le  même  rang  parmi  les 
départemenls  de  l'Empire.  Partout  l'éducation  populaire  a  fait 
des  progrès.  L'Aisne  ne  devait  pas  rester  slutionnaire. 

Nous  comptons  1,214  écoles  publiques  ou  libres,  lesquelles 
réunissent  53,432  garçons  et  22,069  filles. 

Nous  avons  43  salles  d'asile  (25  publiques  ,  18  libres)  qui 
comptent  5,077  enfants   (2,528  garçons  et  2,549  filles). 

Les  cours  d'adultes,  au  nombre  de  39,  ont  donné  l'instruction 
à  706  jeunes  gens  ou  hommes  faits. 

Dans  2  écoles  d'apprentis,  on  a  reçu  250  élèves. 

La  population  totale  de  ces  divers  établissements  est  de  81,534 
élèves,  soit  14  par  100  habitants.  Si  on  ne  veut  considérer  que  le 


—  263  — 

nombre  des  élèves  des  écoles''  proprement  dites  ,  la  proportion 
n'est  que  de  i3,3,  sur  100  habitants. 

En  1864,  le  nombre  des  élèves  s'est  accru  de  1,008  sur  celui  de 
l'année  précédente  ,  et  la  présente  année,  grâce  à  l'abonnement, 
a  vu  s'aiignienter  encore  la  population  de  nos  écoles. 

Il  n'a  été  créé,  celte  année,  aucune  »  cole  de  garçons  ou  mixte. 
Parmi  les  écoles  de  filles,  on  en  compte  A  de  plus  (1  publique  et 
3  libres)  Il  y  en  a  eu,  en  outre,  2  qui  ayant  une  exisience  ché- 
tive  ,  comme  écoles  libres  ,  ont  été  tiansformres  en  écoles 
publiques  et  se  sont  repeuplées  dans  ces  nouvelles  conditions. 

Il  a  été  créé  aussi  une  salle  d'asile  libre. 

les  instituteurs  ont, en  général,  continué  de  se  faire  remarquer 
par  leur  bonne  conduite  et  par  leur  zèle.  Pour  la  tenue  de  leurs 
é(  oies,  ils  ont  été  notés  ainsi  qu'il  suit  :  317,  bien ;'idb,  assez  bien; 
169,  passable;  92,  médiocre;  29,  mal. 

Les  écoles  qui  laissent  à  désirer  sont  presque  toutes  dirigées 
par  des  maîtres  âgés  ,  qui  ne  peuvent  guère  rendre  d'utiles  ser- 
vices. On  est ,  en  quelque  sorte  ,  obligé  de  conserver  ces  vieux 
maîtres,  parce  que  leur  admission  à  la  retraite  les  réduirait  a  la 
mendicité  ;  mais  le  service  souffre  de  cette  situation  et  nous 
espérons  que  le  Conseil  g 'néral  avis'^ra  au  moyen  de  concilier 
les  intérêts  de  ces  estimables  fonctionnaires  avec  ceux  des 
élèves. 

Les  institutrices  également  ont  donné,  presque  partout,  beau- 
coup de  satisfaction.  Publiques  ou  libres  ,  laïques  ou  congréga- 
nistes,  toutes  ont  rempli  leur  lâche  avec  dévouement  et  ont  édifié 
leurs  élèves  par  une  conduite  irréprochable. 

Elles  ont  mérité  les  notes  suivantes  pour  la  tenue  de  leurs 
écoles  :  138,  bien;  103,  assez  bien;  38,  passable  ;  10,  médiocre  ;  7, 
mal 

les  directrices  des  salles  d'asile  n'ont  pas  cessé  de  se  faire 
admirer  dans  laccomp'.issement  de  leur  pénible  tâche  par  le 
zèle  le  plus  pur  et  le  plus  charitable. 

Les  autorités  locales.  Maires,  Curés,  Délégués  cantonaux,  ont 
secondé  avec  dévouement  l'action  de  l'Administration. 

Les  Inspecteurs  primaires  ont  été  infatigables  ,  et  ,  grâce  à 
l'abnégation  avec  laquelle  ils  remplissent  leurs  fonctions  ,  ils  ont 
pu  visiter  les  écoles  deux  fois  pendant  1  année  scolaire. 

La  méthode  suivie  dans  le  département  est  la  métho  le  mixte  , 
qui  tient  à  la  fois  de  l'enseignement  simultané  et  de  l'enseigne- 
ment mutuel.  Elle  présente  partout  de  bons  résultats. 

La  méthode  mutuelle  est  appliquée  seulement  auxdi  ux  écoles 
communales  de  Saiut-Quentm,  qui  réunissent  environ  i>')0  élèves. 
I  es  résultats  obtenus  sont  relativement  satisfaisants  ;  mais  il 
serait  désirable  que  cette  ville  pîit  s'imposer  quelques  sacrifices 
pour  appliquer  à  l'éducation  populaire  le  système  mixie.  Avec  la 
méthode  mutuelle,  il  n'est  guère  possible  de  développer  l'intelli- 
gence des  élèves,  ni  de  leur  donner  l'éducation  mo'nle. 

La  méthode  individuelle,  dont  les  avantages  consistent  surtout 
à  multiplier  les  relations  directes  entre  le  maître  et  l'élève  ,  ne 


—  264  — 

peut  convenir  que  dans  une  école  bornée  à  un  très-petit  nombre 
d'enfants.  Celte  méthode  n'est  pratiquée  dans  aucune  de  nos 
écoles. 

L'enseignement  a  dépassé  les  matières  <  bligatoires  dans  262 
écoles.  !  es  éléments  de  l'histoire  el  de  la  géographie, l'arpentage, 
le  dessin  linéaire  ,  le  chant ,  telles  sont  les  matières  facultatives 
que  l'on  a  abordées. 

Les  localités  qui  ont  réclamé  cette  extension  du  programme 
scolaire  se  félicitent  des  avantages  que  les  enfants  en  ont 
retirés. 

L'enseignement  donné  aux  adu'tes  a  été  fructueux.  Ceux  qni 
ont  suivi  ces  cours  y  ont  trouvé  les  connaissances  élémentaires 
dont  les  avait  privés  l'incurie  de  leurs  familles.  Il  serait  juste  que 
les  instituteurs  qui  s'imposent  ce  surcr<ît  de  travail  fussent 
encouragés.  Des  médailles  spéciales  ,  créc'es  au  moyen  de  fonds 
votés  par  le  Conseil  général  ,  seraient  une  récompense  que  la 
plupart  des  instituteurs  s'estimeraient  heureux  d'obtenir.  Il  en 
faudrait,  pour  chaque  arrondissement,  une  de  bronze  et  une 
d'argent. 

Dans  tous  nos  établissements ,  on  a  constaté  une  assiduité  plus 
soutenue  que  les  années  précédentes.  On  a  remarqué  aussi  pres- 
que partout  un  plus  grand  empressement  chez  les  parents  à  faire 
profiter  leurs  enfants  du  bie' fait  de  l'instruction.  Néanmoins,  il 
serait  important  ,  pour  retenir  les  enfants  dans  les  écoles  ,  pen- 
dant toute  1  année  ,  de  généraliser  les  distributions  de  prix  ,  qui 
n'ont  lieu,  jusqu'ici,  que  dans  une  partie  des  écoles.  Ne  pourrait- 
on  pas  aussi  instituer  un  certificat  d'études  primaires  obligatoires 
complètes  qui  serait  délivré  par  une  Commission  locale,  chargée 
d'examiner,  à  la  fin  de  chaque  année,  les  élèves  qui  doivent  quit- 
ter définitivement  l'école  ?  On  tiendra  certainement  beaucoup  , 
dans  les  classes  laborieuses,  à  l'obtention  de  ce  certificat. Ce  sera 
une  sorte  de  petit  diplôme  ,  qui  recommandera  l'impétrant  lors- 
qu'il sera  engjgé  dans  la  vie  active. 

Pour  ce  qui  est  du  matériel  de  nos  établissements  d'instruction 
populaire,  il  y  a  encore  beaucoup  d'améliorations  à  réaliser  ; 
mais  j'ai  hàle  de  constater  que  les  communes  sont  ,  en  général  , 
bien  disposées  à  cet  égard.  Il  en  est  même  qui  s'imposent  des 
sacrifices  très-considérables  pour  améliorer  ,  soit  les  bâtiments  , 
soit  le  mobilier  scolaire  ,  ou  même  pour  fournir  à  l'instituteur 
son  mobilier  personnel.  Et,  de  son  côté  ,  S.  Exe.  M.  le  Ministre 
de  l'Instruction  publique  accorde  aux  communes  les  Mibventions 
nécessaires  ,  avec  cet  empressement  qui  c;iractérise  l'action  du 
Gouvernement  impérial  dans  tout  ce  qui  touche  aux  intérêts  du 
pays. 

Il  a  élé  construit,  cette  année,  13  maisons  d'école  ;  il  y  en  a  20 
en  voie  de  construction  et  oO  à  Tét  tt  de  projet. 

L'institution  des  bibliothèques  scolaires  ,  qui  est  appelée  à 
faire  tant  de  bien  dans  les  contmunes  rurales,  a  toutes  les  sympa- 
thies des  populations.  L'an  dernier,  nous  en  comptions  08,  nous 
en  avons  aujourd'hui  \6i ,  lesquelles  possèdent  ensemble  20,977 


—  265  — 

volumes,  dont  3,523  ont  été  donnés  par  M.  le  Ministre  de  l'Ins- 
truclion  publique,  5,405  |  ar  des  particuliers,  10,507  par  les  com- 
munes et  1,452  ont  été  achetés  avec  les  ressources  propres  des 
bibliothèques. 

Pendant  l'année  1864  ,  le  traitement  moyen  des  instituteurs  a 
été  de  1,048  fr.,  celui  des  instituteurs-adjoints  de  600  fr.  —  Les 
institutrices  et  leurs  adjointes  ont  touché  les  unes  et  les  autres 
762  fr.  Il  y  a  une  augmentation  de  35  fr.  pour  les  instituteurs 
et  de  90  fr.  pour  les  institutrices. 

L'Kcole  normale,  où  se  préparent  les  maîtres  destinés  5  propa- 
ger l'instruclion  popu'aire  ,  continue  sa  mission  avec  un  succès 
qui  honore  le  chef  dévoué  de  cet  établissement  et  ses  zélés  colla- 
boiatf  urs.  —  L'inspection  primaire  remarque  sans  cesse  que  les 
meilleurs  instituteurs  du  département  sont  ceux  qu'a  formés 
l'Ecole  normale.  On  trouve  chez  eux  beaucoup  d'instruction, 
l'amour  profond  du  devoir  ,  des  croyances  fermes  ei  éclairées  et 
un  caractère  digne.  Leurs  éco'es  se  distinguent  parles  meilleurs 
modes  d'enseignement  ,  par  une  discipline  intelligente  ,  par  des 
résultats  intellectuels  et  moraux  très-marqués. 

Le  Cours  normal  d'institutrices,  confié  aux  Sœurs  de  la  Provi- 
dence, rend  également  d  importants  services  à  l'instruction  pri- 
maire. Les  institutrices  qu'ils  forment  se  font  remarquer  parleur 
instruction  ,  par  la  connaissance  des  meilleurs  procédés  pédago- 
giques ,  par  la  bonne  tenue  de  leurs  écoles  ,  par  leurs  sentiments 
religieux  et  par  la  régularité  de  leur  conduite. 

L'institution  des  Ecoles  normales  louche  par  les  côtés  les  plus 
profonds  à  tous  les  grands  intérêts  de  la  société.  La  mission  de 
ces  établissements  est  de  former  des  maîtres  capables  de  faire 
descendre  dans  les  masses  une  instruction  sage,  qui  agisse  égale- 
ment sur  l'esprit  et  sur  le  cœur.  Nous  sommes  heureux  de  pou- 
voir affirmer  que  cette  mission  est  dignement  remplie  dans  le 
département  de  l'Aisne, 

La  Commission  chargée  de  constater  l'aptitude  des  personnes 
qui  se  destinent  à  l'instruction  primaire  a  examiné,  en  1864,  148 
aspirants  et  48  aspirantes. 

Elle  a  prononcé  42  admissions  au  brevet  simple  ,  5  au  brevet 
avec  mention  de  quelques-unes  des  matières  facultatives  ,  12  au 
brevet  complet 

A  la  session  du  mois  de  mars  dernier  ,  sur  104  examens  il  y 
a  eu  73  ajoun^ements  (54  aspirants,  19  aspirantes). 

Ces  épreuves  ont  démontré,  comme  par  le  passé,  qu'un  grand 
nombre  de  candidats  se  présentent  aux  examens  avant  d'avoir 
acquis  l'instruction  nécessaire.  Le  manque  de  préparation  se  fait 
remarquer  beaucoup  moins  chez  les  aspirantes. 

La  Commission  chargée  d'examiner  les  futures  directrices  de 
salles  d'a!>ile,  a  examiné  ,  pendant  cette  période  ,  4  aspirantes  et 
a  délivré  3  certificats  d'aptitude. 

Ces  deux  Commissions  comprennent  toute  l'importance  de  leur 
mission.  On  ne  saurait  trop  louer  leur  zèle. 

Nous  venons  d'exposer  l'étal  de  l'enseignement  primaire  dans 


—  266  — 

le  département  de  l'Aisne.  La  situation  est  généralement  bonne. 
Depuis  1832  ,  la  moyenne  des  conscrits  illettrés  a  baissé  de  20 
sur  100  11  est  un  grand  nombre  de  départements  qui  ne  présentent 
pas  un  résultat  aussi  avantageux. 

Mais  vous  serez  encore  plus  satisfaits  des  renseignements  sui- 
vants que  nous  fournit  la  statistique  criminelle  de  ce  départe- 
ment. En  1832,  elle  a  inscrit  13:2  accusés.  L'année  qui  vient  de 
s'écouler  n'en  a  compt*^  que  64. 

En  présence  de  pareils  résultats,  qui,  à  peu  de  choses  près,  se 
sont  produits  dans  tous  les  départements,  on  est  forcé  de  recon- 
naître que  l'éducation  populaire  a  fait,  de  nos  jours,  des  progrès 
très-considérables  et  qu'elle  est  un  puissant  levier  pour  tourner 
les  masses  au  bien. 

On  ne  saurait  donc  trop  témoigner  de  reconnaissance  au  Gou- 
vernement de  l'Empereur  pour  la  constante  sollicitude  dont  il 
entoure  cette  œuvre  appelée  à  régétiérer  le  sens  intellectuel  et 
moral  des  classes  laborieuses  et  à  consoliier  ainsi  tous  les  bien- 
faits de  1  Empire. 

Le  Conseil  départemental  rend  hommage  à  tous  les  dévoue- 
ments qui  concourent  à  la  prospérité  de  l'éduc  ition  populaire 
et  il  saisit  avec  bonheur  cette  circonstance  pour  remercier  M  le 
Préfet  de  l'impulsion  féconde  qu'il  a  donnée  à  ce  service,  l'un  des 
plus  considérables  de  sa  vaste  administration. 

L'Inspecteur  d'Académie  , 

Rapportear  du  Conseil , 

J.  CALISTI. 


CONSEIL  GENERAL  DE  L'AISNE. 

Nous  avons  toujours  recueilli  et  reproduit  avec  soin  ,  les  années  précé- 
dentes ,  les  extraits  des  procès-verbaux  du  Conseil  général  de  l'Aisne  rela- 
tifs h  là  situation  et  aux  besoins  du  service  de  l'instruction  primaire  dans 
le  département.  Restant  fidèle  à  cette  habitude  ,  nous  allons ,  cette  année 
encore  ,  faire  passer  successivement  sous  les  yeux  de  nos  lecteurs  ces 
documents,  qui  oui  pour  eux  le  plus  grand  intérêt. 

I.  —  Secours  aux  anciens  Instituteurs. 

M.  VVaduiisgton  ,  au  nom  de  la  Commission  d'Instruction 
publique,  appelle  l'attention  du  Conseil  sur  la  situation  d'un  cer- 
tain nombre  d'instituteurs  âgés  ,  hors  d'état  de  suffire  à  leurs 
fonctions  ,  que  l'on  est  forcé  de  conserver ,  pour  ne  pas  les 
priver  de  leurs  moyens  d'existence. La  loi  sur  les  pensions  civdes 
n'est  on  vigueur  (|ue  depuis  1854  et  la  retraite  à  laquelle  ils 
auraient  droit  serait  insuffisante  et  dérisoire.  Il  serait  cepen- 
dant du  plus  haut  intérêt  de  les  remplacer  par  des  instituteurs 
plus  jeunes.  S'il  n'est  pas  possible  de  leur  assurer  régulièrement 
des  pensions  suffisantes  le  Conseil  général  peut ,  du  moins  ,  leur 


-  267  - 

assurer  des  secours  viagers  qui  satisfassent  à  leurs  besoins  les 
plus  impérieux.  Le  nombre  de  ces  instituteurs  n'est  pas  considé- 
rable ;  une  allocation  annuelle  de  5,000  fr.  au  budget  suffirait 
pour  leur  procurer  le  complément  indispensable.  Avant  d'en 
faire  la  proposition  formelle,  la  Commission  a  cru  devoir  pressen- 
tir les  dispositions  du  Conseil. 

Un  Membre  rappelle  que  cette  question  a  été  déjà  soulevée 
l'an  de^^i^r,  et  que  la  même  proposition  avait  été  déposée  par 
M.  l'Inspecteur  d'Académie  dans  son  rapport  général. 

M.  le  Préfet  dit  qu'il  appuie  cette  proposition  et  qu'il  en 
aurait  pris  volontiers  l'initiative  ,  s'il  avait  pu  trouver  facilement 
au  budget  les  ressources  nécessaires. 

Si,  comme  on  doit  l'espérer,  la  loi  sur  les  attributions  des 
Conseils  généraux  est  rendue  l'an  prochain,  si  nous  redevenons 
maîtres  de  nos  centimes  faciillatifs  ,  la  situation  de  notre  bud- 
get sera  changée.  Mais,  aujourd'hui,  quelle  que  soit  notre 
bonne  volonté,  il  est  difficile  de  trouver  5,000  fr.  sans  déran- 
ger l'économie  du  budget. 

Un  Membre  pense  qu'il  n'est  pas  indispensable  de  commencer 
par  une  mesure  radicale.  On  peut  ne  remplacer  que  successive- 
ment les  instituteurs  âgés  ,  en  commençant  par  les  moins 
capables.  Alors  une  moindre  allocation  sera  suffisante,  et,  si 
l'on  ne  peut  trouver  5,000fr.  on  trouvera  bien  l,200fr.,  1,500  fr., 
peut  être  2,000  fr. 

Un  Membre  signale  une  économie  de  1,300  fr.  à  réaliser  sur 
les  encouragements  aux  Beaux-Arts. 

Un  .Membre  applaudit  à  cette  pensée  de  remplacer  les  insti- 
tituteurs  qui  ne  suffisent  plus  à  leur  tâche  par  de  plus  jeunes 
et  de  plus  instruits.  Le  moment  lui  semble  très-opportun  pour 
le  faire  ,  alors  que  la  question  du  développement  à  donner  à 
l'instruction  publique  agite  tous  nos  esprits  sérieux.  Mais  tout 
en  approuvant  la  proposition  de  mettre  à  la  disposition  de  l'ad- 
ministration préfectorale  une  somme  à  distribuer  en  secours 
viagers ,  il  voudrait  voir  renvoyer  cette  proposition  à  l'examen 
d'une  Commission  qui  établirait  une  sorte  de  règlement  pour  le 
bon  emploi  de  ces  fonds  qui  vont  former  une  sorte  de  caisse 
de  retraites  accessoire  à  celle  de  l'administration. 

Le  Conseil  vote  une  somme  de  2,000  fr.,  qui  sera  mise  à  la  dis- 
position de  M.  le  Préfet ,  pour  être  répartie  en  secours  aux  ins- 
tituteurs rais  à  la  retraite,  sans  moyens  d'existence  assurés. 

II.  —  Météorologie. 

M.  PiETTE  ,  au  nom  de  la  Commission  d'utilité  publique,  pré- 
sente le  rapport  suivant  : 

«  Messieurs  ,  depuis  plusieurs  années  ,  le  Gouvernement  se 
préoccupedes  moyens  d'étendre  et  de  préciser  les  observations 
météorologiques  spécialement  dans  l'intérêt  de  l'agriculture  et 
de  la  marine;  les  résultats  déji  obtenus  donnent  lieu  d'espérer 
que  l'on  parviendrait  à  atténuer,  dans  une  certaine  mesure,  la 


—  268  — 

gravité  des  sinistres, si  les  probabilités  des  changements  de  temps 
pouvaient  être  étudiées  sur  une  plus  vaste  échelle  et  publiées  à 
l'avance. 

»  M.  le  Ministre  de  l'Instruction  publique  a  pensé  que  les 
écoles  normales  primaires  étaient  appelée?  à  rendre  ici  de 
très-grands  services  et  il  a  confié  aux  directeurs  de  ces  éta- 
blissements le  soin  de  tenir  un  registre  des  phénomènes  météo- 
rologiques qui  se  produiraient  dans  leurs  localités  et  qui  seraient 
ensuite  ,  dans  leur  ensemble,  discutés  et  comparés  à  l'Observa 
toire  impérial. 

»  Par  une  circulaire  en  date  du  17  août  1864,  Son  Excellence 
invitait  les  Conseils  généraux  à  pourvoir  aux  frais  de  cette 
installation  qui  ne  demande  quel'acquisition  d'un  certain  nombre 
d'instruments  de  météorologie  dont  le  prix  ne  dépasse  pas  250  IV. 
Cette  circulaire  était  au  nombre  des  communications  diverses  de 
votre  session  de  1864  et  avait  été  renvoyée  à  l'examen  de  la  Com- 
mission d'utilité  publique  ,  mais  par  un  oubli  qui  ne  saurait 
s'expliquer,  elle  n'a  été  l'objet  d'aucun  rapport,  d'aucune 
délibération.  M.  le  Préfet  a  pensé  avec  raison  qu'une  dépense 
si  minime  destinée  à  sauvegarder  d'aussi  grands  intérêts,  ne 
pourrait  être  refusée  ,  et  il  a  pris  sur  lui ,  vu  l'urgence  ,  d'auto- 
riser M.  le  Directeur  de  l'Ecole  normale  de  Laon  à  se  procurer  les 
instruments  indiqués  par  M.  le  Ministre. 

»  Le  Conseil  n'hésitera  pas  A  approuver  la  mesure  et  ù  ratifier 
la  dépense,  surtout  quand  il  aura  connaissance  des  résultats 
obtenus  depuis  le  mois  d'août  1864.  Nous  avons  trouvé  au  dossier 
un  rapport  fort  important  de  M.  le  Directeur  de  l'Observatoire 
impérial, sur  la  situation  des  travaux  météorologiques  au  l"août 
18(55.  Ce  document  constate  que  l'organisation  du  service  pour 
l'étude  des  orages  est  à  peu  près  complète  dans  [la  plupart  des 
départements,  qu'il  est  possible  aujourd  hui  de  suivre  les  tem- 
pêtes dans  leur  marche  ,  dans  leurs  développements  et  d'amas- 
ser les  matériaux  qui  permettront  de  remonter  jusqu'à  la  source 
des  grandes  perturbations  atmosphériques.  C'est  ainsi  qu'on  a 
pu  établir  avec  la  plus  grande  netteté  la  carte  de  l'orage  du  7 
mai  qui  a  été  si  désastreux  pour  l'arrondissement  de  Saint- 
Quentin. 

»  Le  département  a  pris  de  suite  une  large  part  de  ces 
intéressantes  études  ,  comme  il  ressort  de  deux  lettres  autogra- 
phes de  M.  Leverrier  jointes  au  dossier  :  «  Je  m'empresse  d'au- 
»  tant  plus,  écrit-il  ,  le  25  avril  ,  de  donner  satisfaction  à  M.  le 
»  Préfet  de  l'Aisne  (il  s'agissait  d'une  communication  de  docu- 
»  ments)  que  son  département  est  le  premier  qui  m'ait  envoyé 
-•  un  ensemble  complet  d'observations.»  Et  plus  tard,  le  19  juin, 
à  la  suite  d'une  circulaire  relative  à  lorganisalion  du  service  des 
oragos  :  «Je  dois  faire  connaître,  dit-il,  à  M.  le  Préfet  de  l'Aisne, 
»  que  le  travail  de  dis(;iission  entrepris  par  M.  le  Directeur  de 
»  l'Ecole  normale  dr^.  Laon  est  excellent  et  que  l'organisation 
»  faite  par  M.  Mariotli  peut  être   conservée.  » 

»  Nous  devons  ajouter  que   M.  le  Préfet,  de  concert  avec  M. 


—  269  — 

l'Inspecteur  d'Académie  ,  a  fait  participer  nos  instituteurs  à 
un  travail  d'ensemble  qui  embrasse  tout  le  département.  Leurs 
bulletins  d'obser\ations  ,  rédigés  pour  leurs  communes  respec- 
tives ,  conformément  au  modèle  donné  par  l'Observatoire  impé- 
rial,  sont  centralisés  far  I  ins  ituleur  du  chef-lieu  de  canton  et 
envoyés  directement  par  ses  soins  à  M.  le  Ministre  de  l'Instruction 
publique  et  à  M.  l'Inspecteur  d  Académie. 

»  On  com(>read  quels  résultats  devront  découler  d'une  pareille 
organisation,  alors  que  les  progrès  de  la  science  auront  permis 
d'utiliser  plus  complètement  ces  précieux  matériaux. 

»  Jusqu  à  présent  le  service  des  prévisions  journalières  et 
des  avertissements  qui  existe  pour  la  marine  n'a  pu  être 
étendu  à  l'intérieur  des  terres,  et  cela  au  grand  dommage  de 
lios  populations  rurales.  Pourtant,  d'après  le  rapport  de  M.  le 
Directeur  de  l'Observatoire,  que  j'ai  déji  cité,  il  semblerait 
possible  d'avertir  les  culiivateurs,  24  heures  au  moins  à  l'avance, 
de  l'arrivée  dos  grandes  pluies.  Y  a-t-il  opportunité  à  le  tenter 
et  les  administrations  locales  pourraient-elles  répandre  en  temps 
utile,  dans  les  campagnes  ,  les  avis  qui  leur  seraient  transmis? 
Tel'es  sont  les  questions  que  M.  le  Ministre  de  l'Instruction 
publique  croit  devoir  soumettre  à  l'examen  des  Conseils  géné- 
raux. 

»  Vous  penserez  sans  doute  ,  Messieurs  ,  que  si  le  nombre  res- 
treint des  stations  télégraphiques  ne  permet  pas  d'étendre  immé- 
diatement le  bénéfice  du  système  à  toutes  les  campagnes,  le 
moment  est  venu  de  l'appliquer  ,  à  titre  d'essai,  sur  une  partie 
de  notre  territoire. 

»  Quoi  qu'il  en  soit,  M.  le  Préfet,  dans  un  rapport  supplé- 
mentaire qui  accompagne  la  circulaire  ministérielle  précitée 
du  4  4  aoÎH  courant  et  pour  satisfaire  au  vœu  qu'elle  expiime  , 
vous  demande  une  nouvelle  allocation  de  200  fr.  pour  couvrir 
les  menues  dépenses  d'impression  et  autres  que  doivent  entraîner 
les  études  entreprises  dans  le  département. 

»  En  conséquence  ,  la  Commission  d'utilité  publique  a  l'hon- 
neur de  vous  proposer  ,  Messieurs  :  \°  de  voter  sur  les  cen- 
times facultatifs  la  somme  de  250  fr.  nécessaire  au  paiement 
des  instruments  de  météorologie  fsous-chapitre  XX  ,  article  4  ; 
2°  d'inscrire  au  budget  de  1866 une  autre  somme  de 200  fr.,  pour 
couvrir  les  menues  dépenses  des  études  entreprises.  » 

Le  Conseil  vote  les  deux  crédits,  l'un  de  500  fr.,  l'autre  de  200 
francs. 

MOIVEME^T  Dll  PERSONNEL. 

Par  arrêtés  de  M.  le  Préfet  ,   rendus  sur  la  proposition  de 

M.  l'Inspecteur  d'Académie  , 

MM.  Lenfant  ,  Auguste-Dominique  ,  instituteur  à  Montron  ,  est 
nommé  à  liozel-Salnl- Albin  (Neuilly-St-Front)  ,  en  rem- 
placement de  M.  Briquet. 


—  Î70  — 

Briquet ,  Pierre-Victor,  instituteur  à  Rozet-Saint-Albin  ,  est 
nommé  à  Longpont  (Villers-Cotterêts) ,  en  remplacement 
de  M.  Godet ,  en  congé  de  disponibilité  sur  sa  demande. 

Hutin,  Jean-Pierre,  instituteur  à  Surfonfaine,  est  nommé  à 
Hamégicourt  (Moy',  poste  vacant. 

Sandra,  Paul-Alfred,  instituteur-adjoint  à  Guise,  est  nommé 
à  La  Rue-Heureuse  ,  section  de  Plomion,  en  remplacement 
de  M.  Cagniard. 

Cagniard  ,  Henri-Félix,  instituteur  à  La  Rue-Heureuse,  sec- 
lion  de  Plomion,  est  nommé  à  Venizel  Soissons;,  en  rem- 
placement de  M.  Maquaire,  en  congé  de  disponibilité,  sur 
sa  demande. 

Lemoine,  Marie-Auguste,  instituteur  à  Saint-Erme  ,  est 
nommé  à  Barenton  Cel  (Crécy)  ,  en  remplacement  de 
M.  Largillier. 

Largillier  ,  instituteur  à  Barenton-Cel ,  est  nommé  à  Surfon- 
taine (Moy),  en  remplacement  de  M.  Hiilin. 

Debordeaux,  Jules  Denis,  instituteur  à  Richaumont ,  est 
nommé  à  M issy-lès-Pierrepont  (Siissonne),  en  remplacement 
de  iM.  Lamy. 

Lamy  ,  Donat-Zéphir,  instituteur  à  Missy-lès-Pierrepont,  est 
nommé  à  Richaumont ,  section  de  Sains  ,  en  remplacement 
de  M.  Debordeaux. 
^me  Prudhomme,  Marie-Joséphine,  née  Saint-Quentin,  est  nom- 
mée institutrice  à  Chevennes  (Sains),  emploi  nouveau. 
M"e  Boyer  ,  Marguerite ,  est  nommée  institutrice  à  Chevresis- 
Monceau  (Ribemont*,  emploi  nouveau. 

PARTIE  NON-OFFICIELLE. 

FAITS     DIVERS. 

On  écrit  à  l'Argus  Soissonnais  : 

«  Nous  avons  à  Ciry-Salsogne'Braisne), depuis  vingt-huit  années 
bientôt,  un  homme  simple ,  pieux,  modeste,  actif,  intelligent, 
qui  travaille  avec  un  zèle  infatigable  à  l'éducation  de  nos  enfants. 

ï  Nous  connaissions  toutî^s  ses  bonnes  qualités  et  nous  lui  gar- 
dions certes  un  bon  souvenir  ,  mais  nous  n'osions  espérer  pour 
lui  ladisiinction  dont  il  allait  être  l'objet.  Heureusement  ,  nous 
n'avions  point  été  les  seuls  à  compter  les  nombreux  services  de 
M.  Laplace.  notre  instituteur.  Il  avait  été  remarqué,  suivi  et 
apprécié  par  une  administration  juste  et  consciencieuse. 

i>  Sur  la  proposition  du  Conseil  départen  entai  ,  une  médaille 
d'honneur  lui  avait  été  décernée  par  M.  le  Ministre  de  l'Instruc- 
tion publique  ,  et  M.  Calisti  ,  inspecteur  d'Académie  .  avait  voulu 
qu'elle  lui  fiit  remise  le  jour  même  où  l'Empereur  verse  les 
récompenses  les  mieux  méritées  et  il  avait  exprimé  ce  désir  à 
M.  Le  Blanc  ,  maire  de  Braisne  ,  notre  délégué  cantonal  ,  qui 
n'avait  pas  peu  contribué  sans  doute  à  la  faveur  obtenue  pour 
M.  Laplace. 

»  M.  le  Maire  de  Braisne  est  donc  venu  avec  M.  Lejeune .   son 


—  271  — 

adjoint,  s'acquitter,  de  la  mission  qui  lui  avait  été  confiée;  il  est 
venu  au  nom  de  M.  l'Inspecteur  et  de  son  Conseil  ,  au  nom  de 
W.  le  Minisire  lui-même,  honorer  un  homme  qui  a  tant  de  droits 
à  notre  affection  et  à  notre  reconnaissance. . .  » 

Lors  de  la  distribution  des  récompenses  aux  jeunes  enfants  de 
la  Salle  d'asile  de  Laon  ,  M.  le  Maire ,  qui  présiddt  celte  fête  ,  a 
remisa  la  directrice  ,  M''cHallez,  une  médaille  accordée  par 
l'Administration  pour  honorer  les  soins  intelligents  tt  atTectueux 
dont  elle  entoure  l'enfance  qui  lui  est  confiée. 

Durant  son  séjour  à  Plombières  ,  l'Empereur  a  pu  constater 
l'état  heureux  de  l'instruction  primaire  dans  le  département  des 
Vosges,qiii  occupe  le  troisième  rang  sur  la  liste  des  départements 
classés  d'après  les  progiès  de  l'instruction  ,  et  où  les  cours 
d'adultes  se  développent  avec  tant  de  succès.  Sa  Majesté  en  pas- 
sant à  Epinal ,  a  décoré  de  sa  main  M.  l'inspecteur  d'Académie 
Malgras  ,  et  a  voulu  concourir  à  l'œuvre  des  cours  d'adulte»  par 
une  somme  de  1,000  fr.  qui  ,  d'après  les  intentions  de  l'Auguste 
donateur ,  devra  s':ijouter  au  crédit  voté  par  le  Conseil  général 
pour  récompenser  les  instituteurs  directeurs  des  cours  d'adultes. 


SUJETS  DE  COMPOSITIOIW 

DONNÉS  AUX  EXAMENS  POUR  LE  BREVET  DE  CAPACITÉ 

dans  tes  quatre  départements  qui  forment  le  ressort  de  V Académie 

de  Nancy. 
(2«  session  1865). 

BREVET  ÉLÉMENTAIRE. 
Dictée. 

Le  plus  doux  privilège  que  la  nature  ait  accordé  à  l'homme  qui  vieillit, 
c'est  celui  de  se  ressaisir  avec  une  extrême  facilité  des  impressions  de  l'en- 
fance. A  cet  âge  de  repos,  le  cours  de  la  vie  ressemble  à  celui  d'un  ruisseau 
que  la  pente  rapproche  ,  à  travers  mille  détours  ,  des  environs  de  sa  source, 
et  qui ,  libre  enfin  de  tous  les  obstacles  qui  ont  embarrassé  son  voyage  inu- 
tile ,  vainqueur  des  rochers  qui  l'ont  brisé  à  son  passage  et  des  coteaux 
qu'il  a  tournés ,  pur  de  l'écume  des  torrents  qui  a  tro\iblé  ses  eaux  rapides, 
se  déroule  et  s'aplanit  tout  à  coiip  pour  répéter  une  fois  encore  ,  avant  de 
disparaître  ,  les  premiers  ombrages  qui  se  soient  mirés  à  ses  bords.  A  le 
voir  ainsi ,  calme  et  lransp,irenl ,  réfléchira  sa  surface  immobile  les  mêmes 
arbres  elles  mên)es  rlTuges  ,  on  se  demanderait  volontiers  de  quel  côté  il 
commence  et  de  quel  côté  il  finit.  11  faut  qu'un  rameau  de  saule,  dont  l'orage 
de  la  ve  lie  lui  a  confié  le  débris .  flotte  un  moment  sous  vos  yeux  pour 
vous  faire  reconnaître  l'endroit  vers  lequel  son  penchant  l'entraîne. 

Demain  le  fleuve  immense  qui  l'attend  à  quelques  pas  l'aura  emporté 
avec  lui  ,  et  ce  sera  pour  jamais. 

Tous  les  intermédiaire;*  s'efl'acent  ainsi  dans  les  souvenirs  de  la  vieillesse, 
reposée  des  passions  orageuses  et  des  espérances  déçues  ,  quand  les  longs 
voyages  de  la  pensée  ramènent  Ihomme,  de  circuits  en  circuits,  parmi  la 
verdure  et  les  fleurs  de  son  riant  berceau.  Cette  volupté  est  une  des  plus 
vives  de  l'âme  ;   mais  elle  dure  peu  ,  et  c'est  la  seule  d'ailleurs  que  puissent 


-  272  — 

envier  à  ceui  qui  ont  eu  le  malheur  de  virre  longtemps  ceux  qui  ont  le  bon- 
heur de  mourir  jeunes.  Ch.  Nodier. 

Styles 

Un  instituteur  ayant  été  obligé  d'exclure  temporairement  un  élève  de  son 
école,  pour  cause  d'insubordination  ,  informe  le  père  de  cet  enfant  des  mo- 
tifs du  renvoi ,  lui  en  e.xprime  le  regret  et  le  prie  de  l'aider  de  son  autorité 
pour  améliorer  le  caractère  entier  et  violent  de  son  flls. 
Arithmétique. 

1.  Deux  industirels  fabriquent  par  an  ,  le  t^r  pour  3,650,000  fr.  de 
produits ,  le  2«  pour  4. 925,000  fr. 

Le  1"  gagne  11  "2/5  p.  0/0  ,  le  2«  9  3/4  p.  0/0.  Les  Irais  du  premier 
s'élèvent  aux  2/3  de  son  bénéfice,  et  ceux  du  second  aux  4/5;  en  leur  suppo- 
sant aujourd'hui  à  chacun  une  même  fortune  ,  dans  combien  d'années  le 
l^r  aurait-il  243,915  fr.  de  plus  que  le  second  ? 

2.  On  a  dans  une  bourse  de  la  monnaie  de  bronze,  de  la  monnaie  d'ar- 
gent et  delà  monnaie  d'or.  Le  poids  du  bronze  est  le  1/4  du  poids  de  l'or 
et  celui  de  l'argent  e~t  quintuple  de  celui  de  l'or.  La  somme  contenue  dans 
la  bourse  étant  410  fr.  25. 

On  demande  1»  quelle  est  la  valeur  de  chaque  espèce  de  monnaie;  — 
2°  quel  en  est  le  poids  ? 

BREVET  COMPLET. 

Histoire. 

Etats-Généraux.  —  Qu'était-ce  que  ces  assemblées  ?  —  Combien  de  fois 
les  Liats-Généraux  ont-ils  été  réunis?  —  Dates,  objets,  résultats  de  leurs 
diverses  réunions. 

GéograplUe. 

Chaînes  de  montagnes  de  l'Europe. 

Principaux  ports  de  mer  de  l'Amérique  septentrionale. 

Départements  compris  dans  le  bassin  du  Rhône. 

Sciences  physiques   et  naturelles. 

Soufre  ,  acides,  sels  et  composés  usuels  de  soufre. 
Respiration  des  plantes. 

Arpentage,  IViveUement  et  Dessin. 

1.  Dans  un  terrain  figuré  par  la  coupe  A  B  ,  la  cote  du  point  A  est 
15'»,25;  celle  du  point  B,  8'°,10 

On  demande  de  déterminer  la  cote  d'un  3^  point  G  ,  sachant  1»  que  la 
distance  horizontale  qui  sépare  les  deux  points  A  et  B  est  245"!;  2»  que  la 
dislance  horizontale  de  B  à  C  est  lOln',75  ? 

Quels  sont  les  polygones  réguliers  qu'on  peut  employer  dans  le  carrelage 
d'une  cuisine  ?  Pourquoi  ne  peul-on  se  servir  d'un  carreau  qui  aurait  par 
exemple  11  côtés  égaux  ? 

Donner  un  spécimen  du  carrelage  obtenu  avec  les  divers  polygones  régu- 
liers. 

AVIS.  —  La  rentrée  des  élèves  -  maîtres  à  l'Ecole  normale 
primaire  de  Laon  ,  qui  était  fixée  au  16  septembre  ,  n'aura  lieu 
que  mardi  prochain,  19. 

Les  Gérants,  H.  DE  CoQUET  et  Stenger. 

Laon.  -..  Imprimerie  H.  de  C«qdet  et  Ste,'<6BR, 


14e  Année.  \k'o  1».         30  Septembre  1865. 


m  L'INSTRUCTION  PRlMAIl'iK 

POUR  LE  DÉPARTEMENT  DE  L'ÀÎSNE, 

de  M    Gastaing,  Fréfei  de  l'Aisne, 
Cimmaiideur  de  la  Lcgioii-d'Houiieur , 

Oiiicier  cle  l'Iiit^tr-uictiorL  publique. 

Paraissant  le   3  5  et  le  S€5  de   chaque  mois. 


f  avec  le  Manuel  (jéiièra!,  14  fr.  SO  c.  par  an. 
PRIX.     Avec  le  Pelil  Manuel,      6  k.  00  c. 
heui.  S'r. 


PAElTaE  OS'FICSKLLE.— Circulaire  aux  Recteurs  concernant  l'établissement 
(le  ('.onlërences  dans  les  Ecoles  noi miles  iiriinaires  sur  la  Mission  et  les 
Devoirs  .les  Institii'.eurs.  —  Conseil  généial  de  l'Aisne  :  lll  Taux  de  la 
Rétribution  scolaire  ;  IV.  instruction  publique.  —  Mouvement  du  per- 
sonnel. 

P.-%.KTIE  ]^'OX-OFFfC;£E2jE.S.  —  KdUCATION  ET  ENSEIGNEMENT.  —  FAITS 
DIVERS  :  Récompenses  honorifiques  aux  instituteurs  et  institutrices  du 
département  de  l'Aisne  par  la  Société  d'Encouragement  de  l'instiuctioa 
élémentaire.  —  Les  instituteurs  du  déparSoment  de  l'Aisne  ,  lauréats  de 
l'Exposition  des  Insectes  (section  apicole).  —  Quelques  mots  sur  les  pro- 
i,'rès  scientifiques  dans  lo  département. —  Une  Mention  très-honorable  à  M. 
Liébert ,  instituteur  à  Sons-et-Ronchères,  pour  ses  importants  travaux  de 
statistique  pendant  l'année  ISéJ. — Fête  religieuse  et  civile  à  Chevresis-Monceau 
à  l'occasion  de  l'iiiiiuguration'  de  la  Miirie-Ecole. —  Heureuse  initiative  d'un 
Frère  des  Ecoles  chrétienne;!*  instituteur  public  à  Cassel  (Nord) .  fondateur 
d'un  cours  d'adultes.  W 


GûGcemiDt  rétablissemem  de  Conférsûces  dans  les  Écoles  normiles  primaires 

SUK    LA    ".ilSSION    Kï    LES    MEVOIRS    DES    INS|riTUTEUKS. 

t 

Vi\v\<  ,   \>'  1>. I  sfplemb'P  JS-io. 

Mo.NsiEUK  LE  Recteur  , 
Il  m'a  (Hé  rendu  compte  des  heureux  elTels  obtenus  tJans  une 


-  274  — 

école  normale  primaire  à  la  suite  de  conférences  faites  par  le 
directeur  de  cet  établissement  aux  élèves  de  troisième  année  sur 
la  mission  et  les  devoirs  de  l'instituteur.  M.  l'inspecteur  d'Aca- 
démie ,  qui  assistait  à  lune  des  dernières  conférences  et  qui  a 
voulu  ajouter  ses  réflexions  et  ses  conseils  à  la  parole  du  direc 
teur,  a  pu  constater  que  les  élèves  qui  allaient  quitter  l'école 
étaient  tous  dans  des  dispositions  morales  excellentes. 

Ce  qui  a  élé  si  heureusement  tenté  dans  une  de  nos  éco'es 
normales  pourrait  être  fait  avec  avantag  •  dans  tous  les  établisse- 
ments de  ce  genre,  et  je  vous  invite.  Monsieur  le  Recteur,  à  don- 
ner des  instructions  dans  ce  sens  à  MM.  les  inspecteurs  d'Acadé- 
mie et  aux  directeurs  des  écoles  normales  de  votre  rassort. 

H  conviendrait  noiamment  d'instituer,  à  la  fin  du  cours  de  troi- 
sième année, une  conférence  de  sortie,  que  j'aimerais  à  vous  voir 
présider,  et  dans  laquelle  nos  futurs  instituteurs  recevraient  de 
suprêmes  avis  et  des  conseils  élevés.  Cette  cérémonie  devrait  se 
faire  sans  apparat  ;  il  serait  serdement  à  désirer  que  \\  présence 
de  quelques  personnages  miportauts  vînt  ajouter  à  l'elfet  salu- 
taire qu'elle  ne  manquera  pas  de  produire  sur  l'esprit  des 
élèves. 

Je  vous  serai  obligé  de  me  tenir  au  courant  des  mesurer  que 
vous  aurez  prescrites  pour  l'exécution  de  la  présente  circulaire. 
Recevez  ,  etc. 

Le  Minisire  de  rinstruciion  publique 
V.  DURUY. 


CONSEIL  GÉNÉRAL  DE  L'AISNE. 

(suite.) 
in.  —   Taux  de  la  Rétrihuiion  scolaire. 

Un  Membre  demande  la  permission  de  présenter  au  Conseil 
quelques  observations  qui  lui  sont  suggérées  par  l'élude  des 
accroissements  successifs  du  budget  de  l'instruction  priuiaire.  Il 
regrette  que  le  taux  de  la  réiribution  scolaire,  qui  lui  semble  un 
véiitable  impôt ,  ne  soit  pas  fixé  par  un  corps  électif,  ce  qui  lui 
paraît  en  désaccord  avec  nos  principes  constitutionnels.  11  rap- 
pelle à  cet  égard  que  la  loi  de  1830  admettait  dans  les  Conseils 
académiques  un  certain  nombre  de  Membres  qui  étaient  la  pro- 
duction de  l'élection.  Cette  garantie  essentielle  n'existe  plus 
et,  de  puis  lors,  le  taux  delà  rét  ibulion  a  toujours  progressé. 
Le  Conseil  départemental/  a  cherché  d'abord  à  ramener  à  une 
moyenne  uniforme  le  taux  très-variable  de  rétribution  proposé 
par  les  Conseils  municipaux,  et  le  taux  variable  avait  le  bon 
elïct  de  peser  moins  surles  familles  peu  aisées.  La  moyenne  a 
éié  d';d)(>rd  de  0  fr.  lo  et  elle  donnait  un  produit  total  de  223 
à  235  mille  francs.  On  l'a  élevée  à  un  franc  et  le  produit  géné- 
ra! .i  atteint  alors  ;J3I, -467  fr.  L'an  dernier  le  Conseil  a  porté  la 
r.'ti'ibiitiou  nu'nsnelle  à  1  fr.  23  ,  ce  qui  va  donner  un  total 
supérieur  à  400,000  fr. 


—  ^'5  - 

La  rétribution  scolaire  est  dailleurs  perçue  par  les  receveurs 
municipaux  dans  la  forme  des  contributions  ordinaires.  Elle 
constitue  un  véritable  impôt  et  un  impôt  très-lourd  ,  établi,  ron- 
trairement  aux  principes  ,  par  un  corps  qui  n'est  pas  électif. — 
Pour  conclusion,  Torateur  déclare  qu'il  lui  semblerait  ration- 
nel d'attribuer  au  Conseil  généra!  la  fixation  du  taux  de  la  rétribu- 
tion sur  l'avis  du  Conseil  département  1  de  l'instruction  piiblique. 

Un  Membre  v  it  dansce  qui  vient  d'être  ditnne  grande  erreur. 
La  rétribution  scolaire  n'est  pas  un  impôl  ,  et  n'en  a  pas  le 
caractère.  Elle  a  été  instituée  pour  remplacer  les  cotisations 
volontaires  que  la  famille  réglait  ello-niémc  ave(î  l'instituteur, 
et  qui  se  composaient  parfois  de  pieshitions  en  nalnrc.  Les  rap- 
ports des  insliluteiM'S  avec  les  familles  ,  la  dignité  du  maître 
avaient  à  souSîrir  de  cet  état  de  choses.  On  a  dû  chacger 
le  procédé  de  collecte,  mais  on  n'a  pas  changé  li  nature  de  la 
cotisation.  Si  le  percepteur  a  été  chargé  de  la  recueillir,  c'est 
pour  éviter  les  rapports  désagréables  (jue  la  recette  provoquait 
inévitablement  entre  l'instituteur  et  les  familles. 

Le  caractère  propre  de  cette  rétribution  est  donc  bien  défini. 
Elle  est  la  rémunération  d'un  service  rendu  par  l'instituteur, 
mandataire,  en  quelque  sorte  ,  de  !a  famille  elle-même  ;  cette 
rétribution  n'incombe  qu'à  ceux  qui  veulent  ;  elle  n'a  pas  le 
caractère  général  et  obligatoire  de  l'impôt;  elle  ne  fiappc  pas  la 
commune  ;  elle  n'a  rien  ,  en  un  mot ,  de  ce  qui  constitue  l'impôt. 

iMais  si  cette  rétribution  n'a  aucun  des  caractères  de  l'impôt, 
l'argument  qui  vient  d'être  rais  en  avant  ne  se  soutient  pas  et 
il  n'est  pas  indispensable  ,  pour  rester  dans  les  principes  consti- 
tutionnels ,  de  faire  fixer  la  réîi'ibution  scolaire  par  un  corps 
électif. 

Sous  un  autre  point  de  vue,  y  a-t-il  avantage  à  demander 
le  changera-  nt  de  composition  du  Conseil  déparîemenlal  ? 

Pour  justifier  ce  changement ,  il  faudrait  au  moins  citer  des 
abus  graves  qui  seraient  la  conséquence  de  l'état  de  choses 
actuel.  Verrjil-on  ces  abus  dans  l'élévation  progressive  de  la 
rétribution  ?  Mais  elle  n'a  fait  que  suivre  le  coin-s  général  des 
choses,  l'élévaiion  du  prix  des  denrées,  des  salaires.  On  a  aussi 
demandé  davantage  à  l'instituteur  et  il  était  juste  do  le  mieux 
rétribuer.  Il  n'e.t  pas  possible  de  signaler  un  abus  qu;  néces- 
site une  réforme,  qui  justifie  l  init-alive  qu'on  voudrait  faire 
prendre  au  Conseil  général. 

On  a  parlé  de  taux  variable;  mais,  partout  où  la  fami  le  no 
peut  pas  payer  ,  ce  n'est  pas  une  rétribution  moindre  qu'il  faut 
lui  demander,    c'est  la  gratuité  qu'il  faut  lui  accorder. 

Etendez  vos  listes  d  indigents  dans  la  mesure  de  ce  qui  est 
juste  ,  mais  si  vous  êtes  en  face  d'une  famille  qui  peut  payer, 
vous  devez  la  faire  payer.  lo     ""in 

Le  préopiuant  déclare  persisicr  dans  son.  opinion  /que  la 
rétribution  scolaire  est  un  i.hpôt.  Toutes  les  contributions  ne 
frappent  pas  tous  les  citoyens.  L'impôt  deschiens  et  des  voitures, 
par  exemple  ,   ne  frappe  que  ceux  qui  veulent  en  avoir.    La  loi 


—  276  — 

elle-même  considère  larélribution  scolaire  commeiine  ressource 
communale  et  elle  figure  h  ce  titre  dans  les  colonnes  du  budget. 

La  loi  de  1830  sauvegardait  tous  les  principes.  Klle  avait 
donné  aux  Conseils  académiques  la  faculté  de  limiter  le  taux 
de  la  rétribution  dont  la  fixation  était  laissée,  en  principe, 
aux  Conseils  municipaux. 

Aujourd'hui  ,  on  ne  tient  plus  compte  des  délibérations  de 
ces  Conseils,  le  Conseil  départemental  fixe  arbitrairement.  11  y  a 
donc  là  un  abus. 

Les  Conseils  municipaux  sont  bien  appelés ,  dans  la  session  de 
février  ,  à  délibérer  sur  le  taux  de  la  rétribution  ,  mais  comme 
on  ne  tient  nul  compte  de  leurs  vœux  ,  il  en  est  qr.i  ne  veulent 
plus  voter,  et  c'est  parce  que  des  maii'es  ont  demandé  au  Membre 
qui  parle,  des  explications  sur  ce  su}et  ,  que  l'idée  lui  est  venue 
de  la  soumettre  au  Conseil  général  et  de  lui  proposer  d'émettre 
le  vœu  que  le  taux  de  la  rétribution  scolaire  fût  fixé  parles 
Conseils  généraux,  sur  l'avis  des  Conseils  départementaux. 

Un  iÀiembre  fait  valoir  cette  considération  que  le  refus  de  paie- 
ment de  la  rétribuîion  mensuelle  entraînant  des  poursuites 
comme  en  matière  d^^  contribution ,  il  lui  semble  qu'on  peut 
aussi  considérer  la  rétribution  scolaire  comme  un  injpôt. 

M.  le  Préfet  répond  que  le  droit  d'exercer  des  poursuites  ne 
suffit  pas  pour  donner  le  caractère  d'impôt.  Il  est  d'antres 
matières  où  l'on  peut  recourir  à  la  poursuite  pour  percevoir 
des  rémunérations  qui  ne  sont  pas  des  impôts.  Par  exemple  , 
dans  les  règlements  préfectoraux  pour  les  cours  d'eau  et  le 
faucardement  ,  un  rôle  est  dressé  ,  et  des  poursuites  ont  lieu 
contre  ceux  qui  ne  veulent  payer.  Les  arrêtés  municipaux 
pour  l'élagage  entraînent  de  même  l'établissement  d'un  rôle; 
le  maire  fait  exécuter  li:s  travaux  aux  frais  de  celui  qui  refuse  et 
qui  est  poursuivi.  Il  n'y  a  dans  ces  faits  que  la  rémunération 
d'un  travail  exécuté, d'un  service  rendu, et  non  pas  les  caractères 
qui  constituent  l'impôt. 

L'auteur  de  la  proposition  a  recherché  les  origines  de  la  rétri- 
bution scolaire  ;  mais  il  faut  bien  reconnaître  que  la  rétribution 
est  née  le  jour  où  la  loi  a  dit  (lu'un  minimum  de  600  fr.  serait 
assuré  h  l'instituteur. 

Dans  le  passé, le  revenu  des  instituteurs  était  (aible  et  précaire; 
mais  aussi  l'école  laissait  beaucoup  à  désirer  ;  pour  prévenir  le 
relâchement;,on  a  jugé  utile  d'améliorer  la  condition  des  maîtres, 
et  d'assurer  un  traitement  niinimum.  Il  fallait  des  ressources 
p  Mir  a-sjrer  ce  minimum,  et  on  les  a  trouvées  de  trois  côtés  : 
dans  la  cotisation  de  la  famille ,  la  subvention  de  la  commune  ,  et 
ia  s  bvî'iiiio  i  de  l'Kiat. 

La  loi  avait  doue  assuré  un  traitement  minimum  à  j'instilutenr, 
mais  elle  ne  pouvait  pas  le  lui  laisser  porcevoir  lui-même  ,  de  la 
main  à  la  main  ,  ce  qui  aurait  rendu  possible  les  dissimulations. 
De  là  l'obligation  de  l'aii'c  inlervinir  le  percepteur  pour  connaître 
le  nioi'iaiit  (les  lecette'^. 

Oa  demande  que  ce  soit  le  Conseil  général  qui  fixe  le  taux 


—  277  — 

de  la  rétribution  mensuelle  qui  est  la  principale  des  trois  res- 
sources où  se  puise  le  traitement  des  instituteurs.  Mais  on  oublie 
que  le  Conseil  général  est  partie  intéressée  dans  celle  question; 
partie  intéressée  comme  la  commune  ,  et  comme  l'Etat  qui  est 
chargé  de  faiie  le  complément.  Les  diverses  parties  donnantes, 
la  comn)une,  le  départe  nent,  TEtat,  auraient  pu  temire  natu- 
rellement à  alléger  chacune  leur  pari.  Il  fallait  un  intermédiaire 
désintéressé  qui  intervint  pour  fixer  équitablemcnt  la  pat  t  due 
par  la  fandile.  On  l'a  trouvé  dans  le  Conseil  départemental  dont 
la  composition  neutre  est  une  garantie  d'impartialité 

On  a  parlé  de  l'élévation  de  la  rétribution  mensuelle;  mais  il 
est  bon  de  dire  que, lorsque  !a  moyenne  du  taux  dans  ce  départe- 
ment ci  ,  qui  est  l'un  des  plus  riches  de  France,  était  à  75  cen- 
times, elle  était  déjà  dans  des  départements  considérés  comme 
pauvres  ,  à  I  fr.  25  et  même  1  fr.  75.  Frappé  de  cette  anomalie, 
le  Ministre  nous  disait  avec  raison  :  votre  département  est  l'un 
des  plus  riches  et  il  nous  coûte  plus  de  cent  mille  francs  de 
subvention.  La  subvention  de  l'Etat  provient  de  limpôt ,  et  elle 
doit  être  répartie  avec  équité.  Je  ne  pouvais  pas  ,  ajoute  M.  le 
Préfet  méconnaître  qu'une  augmentation  était  devenue  nécessaire, 
et  cette  augmentation  on  ne  pouvait  la  demander  ,  ni  au 
Conseil,  ni  aux  communes.  On  s'est  adressé  aux  familles  ,  en 
élevant  la  rétribution  mensuelle.  C'est  ce  qui  a  fait  que  le 
produit  annuel  qui  était.pour  nos  écoles  de  garçons, de  232,825  fr. 
en  1862,  a  atteint  20i,25!  fr.  en  1863,  et  269,000  fr  dans  le 
dernier  exercice  ;  mais  cette  différence  ne  résulte  pas  toute  de 
l'élévation  d»  taux;  ei!c  est  aussi  la  conséquence  de  l'abonne- 
ment, l/abonnement  qui  diminue  le  chiffre  en  apparence,  l'élève 
en  réalité  ,  parce  qu'il  amène  plus  d'enfants  dans  les  écoles.  — 
Nous  avons  donc  obtenu  ce  double  avantage  d'a«croître  le  nombre 
des  élèves  ,  et  de  rendre  à  la  caisse  du  Trésor  30,000  fr.  qu'elle 
payait  induement  pour  nous. 

J'ajoute  que  ,  si  les  Conseils  généraux  avaient  en  cette  matière 
les  droits  qu'on  réclame  pour  eux,  les  Conseils  départementaux 
n'auraient  plus  de  raison  d'être. 

Enfin  ,  Messieurs  ,  on  a  parlé  tout-à-l'heure  d'abus  et  de 
plaintes  formulées  cont'"e  les  résolutions  du  Conseil  départe- 
mental. Eh  bien  !  oui  ,  nous  avons  reçu  des  plaintes  et  même 
de  nombreuses  ;  mais  elles  avaient  toutes  pour  objet  ceci  :  que 
nous  avions  fixé  trop  bas  le  taux  de  l'abonnement.  J'en  con- 
cl'is  ,  iMessieurs,  que  nous  avons  bien  agi. 

Un  V^embre  déclare  qu'il  lui  reste  cette  impression  que  le 
Conseil  départemental  n'est  point  un  corfis  impartial ,  puisqu'il 
a  cherché  à  transporter  aux  communes  une  charge  qui  incom- 
bait à  l'Etat.  La  proposition  faite  lui  paraît  reposer  sur  des 
motifs  sérieux,  et  il  persiste  à  l'appuyer  ,  parce  qu'il  trouve 
l'influence  de  l'Etat  prépondérante  dans  le  Conseil  départe- 
mental 

Un  .Membre  s'étonne  (jue  Ion  fasse  intervenir  l'Etat  dans 
cette  question.  Il  est  totalement  désintéressé,  et  voici  pourquoi  : 


—  278  — 

chaque  année  o  millions  so  tt  portés  au  budget  pour  compléter 
les  ressources  diverses  qui  doivent  assurer  le  traitement  des 
instituteurs.  Le  Ministre  n'a  aucun  intérêt  à  ne  pas  dépenser  ces 
5  millions  ,  mais  il  est  de  son  devoir  de  les  répartir  cquitable- 
ment.  Si  on  laissait  faire  les  assemblées  locales  ,  il  pourrait 
arriver  que  l'Etat  donnât  davantage  à  qui  se  serait  le  moins 
imposé.  Ce  serait  une  iniquité.  11  faut  donc  reconnaître  que 
les  Conseils  généraux  sont  parties  intéressées  et  qu'ils  avaient 
de  bonnes  raisons  pour  donner  aux  Consels  départemaux  d'Ins- 
truction publique  leurs  attributions  actuelles. 

Le  Conseil  ne  prend  pas  la  proposition  en  considération, 

IV.  —  Instruction  publique. 

M.  Martin  ,  au  nom  de  la  Commission  d'Instruction  publique  , 
présente  le  rapport  suivant  : 

«  Messieurs, 

»  En  dehors  de  l'instruction  primaire  ,  dont  il  pourrait  se  bor- 
ner à  vous  entretenir,  le  rapport  du  Conseil  départemental  de 
l'Instruction  publique  ,  rédigé  par  M.  l'Inspectenr  d'Académie  . 
vous  donnait  depuis  quelques  années  des  renseignements  offi- 
cieux et  sommaires  sur  l'enseignement  secondaire  dans  le  dépar- 
tement. Il  y  ajoute,  celte  année,  une  communication  relative  aux 
cours  publics  d'institution  privée  que  trois  de  nos  villes  ont  vu 
suivre  avec  intérêt  par  de  nombreux  auditeurs.  Le  temps  n'est 
pas  encore  venu  de  juger  cette  a^idition  récente  aux  moyens 
employés  jusque  là  pour  la  diffusion  des  lumières.  Il  faut 
attendre,  pour  en  parler  avec  connaissance  de  cause  ,  que  les 
effets  s'en  soient  produits  et  qu'oo  puisse  les  juger. 

»  Une  innovation  a  élé  aussi  introduite  dans  l'enseignement 
secondaire  dont  le  résultat ,  plus  facilement  et  plus  immédiate- 
ment appréciable  ,  a  démontré  le  plein  succès  :  c'est  la  création 
d'un  concours  annuel  entre  les  lycées  et  les  collèges  compris  dans 
le  ressort  des  Académies.  Ces  luttes  ont  vivement  stimulé  , 
comme  on  pouvait  s'y  attendre,  le  zèle  des  professeurs  et 
l'émulation  des  élèves ,  au  grand  profit  des  uns  et  des  autres. 
La  part  recueillie  par  les  enfants  du  département  de  l'Aisne,  dans 
les  palmes  distribuées,  a  été  aussi  honorable  pour  leurs  maîtres 
que  pour  eux-mêmes. 

»  Appliqués  à  l'instruction  primaire  ,  ces  concours  auraient-ils 
le  même  succès?  Seraient-ils  aussi  praticables?  Lesinconvénients 
n'eu  balanceraient-ils  pas  les  avantages?  Ce  sont  autant  de  ques- 
tions qu"i  !-eront  traitées  dans  un  rapport  spécial  de  votre 
Commission  de  l'instruction  publique  ,  avec  plus  de  développe- 
ment que  n'en  comporterait  celni-ci. 

»  En  attendant  qu'elles  soic:il  décidées  ,  l'enseignement  pri- 
maire du  département  de  l'Aisne  continue  de  marcher  dans  la 
voie  du  progrès.  —  Si  le  nombre  des  écoles  est  resté  le  même  à 
peu  près, celui  des  élèves  aaugmenté, et  cette  amélioration  est  due 
surtout  ;\  l'adoption  d'une  mesure  que  le  Conseil  général  de- 


—  279  — 

mandait  depuis  longtemps  :  la  substi(uUonde  l'abonnement  ponr 
l'année  à  la  rétribution  mensuelle.  C'est  un  nouvel  hommage 
rendu  par  les  faits  à  la  justesse  de  vos  vues, toujours  pleines 
de  sollicitude  poui-  l'éducation  des  enfants  du  peuple.  Dans 
l'arroiidisseuicnt  di  Soissous  ,  l'abonncmeni  appliqué  aux  cinq 
septièmes  de  la  population  des  écoles  ,  n'a  été  repoussé  que 
dans  les  localités  tes  plus  importantes  où  le  traiiement  fixe 
des  instituteurs  dépassant  le  minimun  légal,  la  létribution 
mensuelle  leur  apporte  un  surcroît  d'avantage  que  l'abonnement 
aurait  diminué  ,  et  qu'on  a  tenu  à  leur  conserver  entier.  En 
laissant  ainsi  les  choses  dans  leur  premier  état ,  ces  communes 
ont  prouvé  qu'elles  ne  désapprouvaient  pas  l'élévation  de  l'an- 
cienne rétribution  ?colaire  portée  par  le  Conseil  départemental 
de  l'Instruction  publique  de  soixante-quinze  centimes  et  d'un 
iVanc  à  un  franc  vingt-cinq  centimes  par  mois.  Les  autres  ont 
rempli  le  but  de  cette  élévation  en  remplaçant  la  mensualité 
par  l'abonnement  annuel. 

î  Satisfaisants  chez  les  instituteurs  ,  le  zèle  et  la  bonne 
conduite  l'ont  été  davantage  encore  de  la  part  des  institutrices 
qui,  à  la  tête  d'écoles  publiques  ou  libres  ,  laïques  ou  apparte- 
nant à  des  C'ongrégaîions  religieuses,  ont  toutes  montré,  dans 
l'accomplissement  de  leur  difficile  devoir  un  dévouement  absolu 
rehtussé  par  une  conduite  aussi  édifiante  qu'irréprochable. 

"  La  tache  des  directrices  de  salles  d'asile  n'est  pas  moins 
lourde;  car  au  savoir  et  au  travail  de  maîtresses,  elles  doivent 
joindre  ,  pour  réussir  ,  les  soins  et  la  bienveillance  de  mères 
intelligentes  et  douces.  C'e.^t  ce  qu'elles  ont  fait  ,  à  la  satisfaction 
des  parents,  de  l'autorité  scolnire  et  même  des  enfanîs  ,  avec 
un  zèle  constant  et  tout  charitable.  Elles  ont  donc  satisfait  tout 
le  monde,  sans  autre  stimulant  que  la  voix  du  devoir  ;  aussi 
jugerez-vous  inuiile,  comme  M,  le  Préfet,  la  création  d'une  place 
d'inspectrice  spéciale  des  salles  d'asile  du  département. 

»  Plusieurs  fois,  Messieurs,  et  notamment  dans  votre  session 
de  1863  ,  vous  avez  émis  le  vœu  qu'ii  l'exemple  de  ce  qui  se 
passe  dans  les  salles  d'asile,  des  exercices  corporels  fussent 
introduits  dans  le  règlement  horaire  des  écoles  ,  pour  faciliter 
le  développement  physique  et  prévenir  l'affaissement  moral  des 
enfants.  Vous  aviez  même  indiqué  précédemment  l'école  nor- 
niale  de  Laon  comme  devant  être  le  point  d'où  partirait  l'impul- 
sion à  cet  égard.  Yotre  persévérance  a  été  couronnée  de  succès  : 
«  Il  nous  a  été  possible  enfin  ,  dit  M.  le  Directeur  de  cette 
»  école  ,  dans  son  rapport  de  1865  à  la  Commission  de  surveil- 
»  lance  ,  de  réaliser,  cette  année,  le  vœu  du  Conseil  général,  en 
D  introduisant  dans  l'école  annexe  des  exercices  de  gymnastique 
»  qui  ,  à  la  L'rande  satisfaction  des  enfants,  viennent  rompre 
r>  chaque  jour  l'ennuyeuse  moi;otonie  de  leurs  travaux  sco- 
»  bires.  »  Ainsi  ,  dès  le  début  de  celte  innovation,  non-seule- 
ment vous  avez  coïUjuis  l'approbation  de  l'homme  pratique  et 
expérimenté  qui  l'a  inroduite  dans  l'établissement  confiée  à  sa 
direction,  mais  ce  qui  est  encore  plus  heureux  ,  vous  avez  cora- 


—  280  — 

plètenient  satisfait  les  onfants  auxquels  elle  a  été  appliquée.  — 
11  paraît,  au  reste,  que  les  parents  n'en  apprécient  pas  moins  les 
avantages;  car  au  chiffre  de  25  auquel  avait  été  ri'duit  ,  au 
commencement  de  Tannée  classique  ,  le  nombre  des  élèves  de 
cette  école  piirTobligalionde  payer  une  rétribution  scolaire  qu'on 
n'exigeait  pas  auparavant ,  est  promptement  remonté  à  celui  de 
•41  qu'elle  comptait  en  dernier  lieu.  Espérons  qi>e  cet  exemple 
salutaire,  déjà  précédemment  donné  dans  un  de  nos  chefs  lieux 
d'arrondissement  (à  Vervins)  ,  sera  suivi  dans  nos  écoles  commu- 
nales, même  avant  que  les  élèves-maîtres  auxquels  ces  exercices 
corporels  sont  aujourd'hui  enseignés  à  l'Ecole  normale,  puissent 
en  faire  profiler  leurs  élèves  ,  dans  celles  dont  ils  seront  bientôt 
chargés. 

s  C'est  surtout  à  la  propagation  de  ces  heureux  essais  que 
doivent  s'attacher  aujourd'hui  les  Inspecteurs  primaires  dont 
M.  l'Inspecteur  d'Académie  loue  à  juste  titre  le  zèle  infatigable. 
Ils  ne  peuvent  guère  rendre  de  plus  grand  service  aux  maîtres 
qui  n'ont  pas  moins  que  les  écoliers  besoin  de  variété  dans  les 
exercices  scolaires  ,  pour  pouvoir  conserver  l'attention  et  le  zèle 
qui  leur  sont  si  nécessaires ,  aux  éièves  qui  se  rendront  plus 
volontiers  à  l'école  et  ne  s'y  ennuieront  plus  ,  aux  parents  enfin 
et  à  la  société  el!e-même  auxquels  il  importe  tant  d'en  voir  reve- 
nir leurs  enfants  plus  instruits  ,  plus  robustes  et  mieux  discipli- 
nés. Pour  stioiuîer  nos  instituteurs  à  cet  égard,  MM.  les  Inspec- 
teurs primaires  pourront  leur  citer  l'exemple  de  leurs  voisins, 
les  maîtres  d'écoles  de  la  Belgique  et  de  l'Ailemagne  qui ,  toutes 
leshe!ircs  et  parfois  plus  souvent ,  coupent  leurs  classes  par  des 
récréations,  des  mouvements  e!  des  exercices  variés .  et  ils  leur 
feront  aisément  comprendre  qu'il  est  de  leur  honneur  de  ne  pas 
se  laisser  plus  longtemps  devancer  par  les  étrangers  dans  la  con- 
quête d'un  progrès  si  fi\cile. 

»  L'Ecole  normale  de  Lion  qui  a  donné  ce  bon  exemple  et  qui 
est  une  des  plus  utiles  fondations  dont  le  Conseil  général  de 
l'Aisne  puisse  se  glorifier,  continue  de  fournir  un  contingent  pré- 
cieux au  personnel  de  notre  enseignement  primaire.  Ce  n'est  pas 
seulement  au  point  de  vue  du  savoir  qu'il  est  recommandable  : 
l'excellent  esprit  que  nos  jeunes  maîtres  puisent  dans  cet  éta- 
blissement ,  'es  habitudes  austères  et  laborieuses  qu'ils  en 
rapportent  ne  les  prémunissent  pas  moins  contre  les  écueils  du 
monde  que  contre  les  ditlTicultés  inhérentes  à  leur  profession. 
Aussi  l'autorité  religieuse  comme  l'autorité  civile  ,  l'autorité 
supérieure  comme  l'autorité  locale ,  les  familles  aussi  bien  que  la 
société  trouvent  -  elles  en  eux  toutes  les  garanties  désirables,  et 
sont-ils  î  ;u  tout  recherchés  et  considérés.  Ces  résuit  ils  sont  dus 
aux  hommes  honorables  préposés  à  la  surveillance  de  l'école  , 
dont  M.  le  Préiet  vous  fait  un  si  juste  éloge  pt  parliculièrement 
à  rexcell<'nte  direction  de  M.  Mariotti  ,  qui  a  rendu  en  si  peu  de 
temps  à  notre  Ec  -le  normaU;  l'auréolede  succès  et  de  prospérité 
dont  nous  avions  tant  i-egretté  de  la  voir  un  instant  dépouillée. 
Aussi  accufïillerez  -  vous   avec  empressement  la  proposition  qui 


—  281  — 

vous  est  faite  de  joindre  vos  félicitations  à  celles  de  M.  le  Préfet 
et  de  récompenser  le  zèle  du  Directeur. 

'  Quoique  réclicc  subi  par  les  élèves-maîtres  aux  examens  de 
sortie  de  l'année  dernière,  ne  dût  pas  être  attribué  ài'insuiTisance 
de  leurs  études  .  vous  n'en  avez  pas  app;is  moins  volontiers  de 
.M.  le  Préfpt  qu'il  a  été  réparé  complètement  cette  année  «  par  de 
nombreux  et  éclatants  succès.  »  En  elfet .  sur  quatorze  élèves- 
maîtres  qui  se  sont  présentés  à  l'examen  pour  le  brevet  de  ciipa- 
cité,  douze  ont  été  admis,  dont  plusieurs  avec  la  note  Très-bien, 
et  si  les  deux  autres  ont  été  ajoui-nés,ce  n'estpus  faute  de  savoir, 
mais  uniquement  parce  qu'ils  ont  contrevenu  au  règlement,  en  se 
communiquant  leurs  compositions  écrites.  Un  de  ces  deux 
élèves  était  même  regardé  par  ses  maîtres  comme  le  second  de 
l'école. 

»  La  proportion  des  admissions  est  loin  d'être  la  même  pour 
les  aspirants  étrangers  à  l'Ecole  normale.  Au  mois  de  mars  der- 
nier ,  54  aspirants  sur  06  ont  été  ajournés,  et  M.  l'Inspecteur 
d'Académie  attribue  ces  nombreux  échecs  au  défaut  de  prépara- 
tion suflisante.  Ils  avaient  été  plus  nombreux  encoie  l'année  der- 
nière et  les  précédentes.  D'où  vient  donc  cet  encombremeiit 
malheureux  des  abords  d'une  carrière  modeste  et  dont  les  fonc- 
tions peu  rétribuées  quoique  pénibles,  sembleraient  devoir  plu- 
tôt éloigner  qu'attirer  ?  Déjà  l'année  dernière,  la  cause  vous  en 
était  indiquée  dans  l'exemption  du  service  militaire  accordée  par 
la  loi  aux  jf  unes  gens  qui  se  livrent  à  l'instruction  primaire.  — 
Cette  opinion  n'a  pas  tardé  à  être  admise  par  M.  le  Directeur  de 
l'Ecole  normale  qui ,  dans  son  rapport  de  1865  à  la  Commission 
de  surveillance,  reconnaît  que  l'exemption  dont  il  s'agit  est  «  un 
des  mobiles  qui  ont  dirigé  vers  l'f  nseignement  »  les  élèves- 
maîtres  de  celte  école. Le  même  mobile  n'a  pas  moins  influé  sans 
doute  sur  les  aspirants  étrangers  à  l'Ecole  normale  auxquels  on 
doit  supposer  moins  de  goût  naturel  pour  l'enseignement,  préci- 
sément parce  qu'ils  ont  refusé  d'en  subie  le  laborieux  noviciat. 
Cet  encombrement  est  déjà  un  mal  ,  un  danger  ,  parce  qu'il 
augmente  le  nombre  de  ceux  qui  désertent  le  travail  manuel  et 
surtout  celui  des  champs  pour  les  professions  diles  libérales  ,  au 
grand  préjudice  de  l'agriculture  et  de  l'industrie.  Mais  il  ne 
cause  pas  un  moindre  incouvénient  en  livrant  la  direction  des 
écoles  primaires  à  des  sujets  entièrement  dépourvus  de  vocation, 
et  qu'un  lâche  intérêt  a  seul  dirigés  vers  une  carrière  où  ,  pour 
réussir,  pour  remplir  dignement  et  consciencieusement  son 
devoir,  il  faudrait  être  appelé  do  Dieu.  Aussi,  quand  ils  compte- 
ront les  dix  ans  d  exercice  que  la  loi  leur  impose  en  reîour  de 
l'exemption  qu'ils  avaient  recherchée  .  les  verra-t-on  déserter 
avec  empressement  une  carrière  pour  laquelle  ils  n'étaient  pas 
faits  et  en  Ci^urir  de  nouvelles  qu'iSs  croiront  moins  gênantes  ou 
plus  lucratives,  u  point  où  en  est  arrivée  la  difl\ision  de  l'instruc- 
tion et  surtout  de  l'instruction  primaire, on  trouverait  facilement 
aujourd'hui,  sans  l'appât  de  l'exemption,  un  nombre  sulFisant  de 
sujets  capables  pour  diriger  les^  écoles  de  garçons,  et  ceux  qui  se 


—  282  — 

présenteraient  pour  le  faire  offriraient  d'autant  plus  de  garantie, 
au  double  point  de  vue  de  l'aptitude  et  de  la  stabilité  ,  que  leur 
vocation  seule  les  y  aurait  conduits. 

»  Jusqu'à  présent  votre  Ecole  normale  primaire  n'avait  p,s  eu 
de  professeurs  de  Jcssin,  parce  qu'on  s'y  bornait  au  dessin  linéaire 
dont  l'enseignement  était  donné  par  d'anciens  élèves  de  l'éla- 
bl'?semert.  Mais  une  circulaire  de  "Sï.  le  Mini-tre  d(;  l'Instruction 
pul)lique  du  2i  mars  dernier,  recommaniJe  d'intioduire  dans  ces 
écoles  la  méthode  Cave  qui  comprend  des  études  de  tête  jusqu'au 
travail  de  la  bosse  inclusivement.  —  Son  Excellence  demande  en 
outre  aux  mêmes  écoles  ,  pour  l'Exposition  des  Beaux-Arts  ,  des 
travaux  qui  supposent  une  étude  à  peu  près  complète  du  dessin. 
Cette  circulaire  a  donné  lieu  ;i  une  délibération  du  1 1  juillet  der- 
nier ,  par  laquelle  la  Commission  de  surveillance  vous  demande 
un  crédit  suffisant  pour  que  trois  heures  de  leçons  de  dessin 
soient  données,  chaque  semaine, aux  élèves-maîtres.  M.  l'Inspec 
teur  d'Aca  iémie  pense  qu'on  pourrait  trouver  ,  à  Laon  ,  un  pro- 
fesseur capable,  en  lui  allouant  un  traitement  de  trois  à  quatre 
cents  francs.  Il  fait  observer  que  d'ailleurs  ce  sacritice  annuel  ne 
se  prolongerait  pas  au-delà  de  quatre^  ou  cin.(  ans,  par  suite  de  la 
modification  qui  pourrait  être  apportée  dans  le  personnel  des 
maîtres,  aussitôt  que  l'école  en  aurait  formé  de  capables  d'ensei- 
gner le  dessin.  Vous  adopterez  sans  doute,  Messieurs,  cette  pro 
position  qui  est  une  nouvelle  preuve  du  zèle  consciencieux  avec 
lequel  la  Commission  de  surveillance  contribue  à  l'administration 
de  notre  établissement  départemental. 

»  Une  autre  Commission  de  surveillance  est  aussi  attachée  à 
notre  Cours  normal  d'institutri*  es.  Dans  le  rapport  qu'elle  lui  a 
fait  cette  année,  suivant  l'usage,  la  Directrice  de  ce  cours  se  plaît 
à  reconnaître  que  toutes  les  élèves-maîiress:es  ont  été  constam- 
ment fidèles  à  l'observation  du  règlement  auquel  elles  se  sont 
soumises  moins  par  c-ntrainte  que  par  amour  de  l'ordre  et  du 
devoir,  et  qu'elles  «  ont  rendu  facile  la  tâche  des  maîtresses,  en 
»  faisant  continuellement  preuve  de  piété  ,  de  bon  caractère  et 
>  et  d'application.  » 

(A  suivre.) 


MOlVEMEiVT  DU  PERSOXML. 

Par  arrêtés  de  M.  le  Préfet  ,    rendus   sur   la   proposition  de 
M.  l'Inspecteur  d'Académie  . 

MM.  Jet,  Clovis,  instituteur  à  Cys-la-Commune  ,  est  nommé  à  Vassens 

(Coucy-le-Châ;enii),  en  remplacement  de  M.  [iecomte,en  congé 

sur  sa  demande. 

Fi c;sart,  Emile,  élève-maîiro  de  l'Ecole  nonnalc,  rst  nommé  insti- 

tuUMir  à  Cus-la-Commune  (Draisne),  en  remi'lacf'ment  de  M. Jet. 

Montigiiy,  Martin,  él^ve-nl.■lîire  (.)('  l'Ecole  normale,  est  nommé  ins- 

lituicur  à  A'/7'e/)i7/)/ (Cliâteau-Tliiin'i  y) ,    en   remplaoemeot   de 

M.  Frenet,  en  congé  de  disponibiliié. 


—  283  — 

MM.  Goret,  Marie-Désiré,  élève-maîire  de  l'Ecole  normale,  est  nommé 

instituteur  à  La/f(iwx(Vailly),  en  remplacement  de  M.  Lacour. 
Renaut  ,  Paul ,  irislituleur  à  Hfargival  ,  est  nommé  à  Leuilly-snus- 

£oucij ,  en  remplacement  de  M.  Sorbier. 
Lacour, Antoine, insiiluteur  à  LatTaux,estnomméà  Mflrjrùrt/CVaiiiy), 

en  reiiiplacLineni  de  M.  Ri-naut. 
Flamain  ,  Hyppoliie  ,  élève-maître  de  1  Ero'e  normale,  est  nouimé 

inslitmetir à  Cramaille  (Oulchy-le  Château),  en  remplacement 

de  M.  Deneaux. 
Deneaux,  Léon,  instituteur  à  Cramaille,  est  nommé  à  Saint-Erme 

(Sissonne),  en  remplacement  de  M.  Lemoine. 
CharoD,  Jules-François.est  nommé  instituteur  à  Poiitnt  (Vermand), 

en  remplacement  de  M.  Pégeon. 
PégeoD  ,  Hector-Hyppoly'e  ,   insiiiuleur  ùPontru  ,    eit  nommé  à 

Muntbrehain  (Bôtiaiu) ,   en  remplacement  de  M.Evrard,   en 

retrait  d'emploi. 
Clin,  Marcellin  Louis-Joseph  ,  chargé  de  la  classe  préparatoire  au 

Collège  de  Laoïi,  est  nommé  instituteur  à  Chifjny  (La  Capelle), 

en  remplacement  de  M.  Gallois,  en  congé. 
Jacquet,  Pierre-Louis-Jules,  tst  nommé  instituteur  à  Ribeauville 

(Wassi^ny),  en  remplacement  de  M   Gias,  en  reirait  d'emploi. 
BIin,Jean-Bapiis»e-Hyppo!ite, maître-adjoint  à  Vervins,  est  nommé 

instituteur  à /îe/Hr/i^coH?-/ (Saint-Qutniin) ,  en  rtniftlacemeul  de 

M.  Jacquet. 
Constant  ,  Prince  ,   élève-maître  de  l'Ecole  normale  ,  est  nommé 

instituteur  à  Monlron  (Neuiily-Sl-Front) ,  en  remplacement  de 

M.  Lenfant. 
Poulain,  Emile,  élève-maître  de  l'Ecole  normale,  est  nommé  insti- 
•  tiiXeur  a  Montignij-lès-Condé ,  en  reniplacemenl  de  M  Le\as- 

seur,  en  coi  gé. 
Pognarsl,  Edouard-Charles ,  élève-maître  de  l'Ecole  normale  ,  est 

nommé  instituteur  à  Martigny  (Craonne),  en  remplacement  de 

M.  (Jambier. 
Plerret,  Maxime,  instituteur  à  Arrancy.  est  ncmmé  à  Saint-Eugène 

(Gondé) ,  en  remplacement  de  M.  Yadel ,  en  corgé. 
Jean,  Auguste-Elysée,  élève-maître  de  l'Ecole  normale, est  nommé 

insiiiuleur  à  Villeguier-Aumont  'Chauny\  en  remplacement  de 

M.  Lempereur. 
Lempereur,Ariliur-Jean-Bapiisîft,  instituteur  à  Villequier-Aumonl, 

est  nommé    à   Regny   (Ribemoul) ,  en   remplacement  de   M. 

Lemoine. 
Déhijs ,  Bélisaire  ,  chargé  de  la  classe  préparatoire  au   Lycée  de 

Saint-Qijentin  ,  est  nommé  insiiiuleur  à  Aubencheul  (Càtelet), 

en  remplacement  de  h).  Lafaux ,  démissionnaire. 
Lemoine,  Isidore,  ii  stituteur  à  Rpgny  ,  est   nommé  a  Folembray 

(Coucy) ,  en  remplacement  de  M.  Heu. 
Spément  ,   instituteur   à    Vifforl ,     est    nommé    à   Bczu -Saint - 

Germa/H  (Château-Thierry)  ,  en  remplacement  de  M.  Boileau  , 

en  congé. 
Coël,  Lniiis-Pierre  ,  instituteur-adjoint,  est  nommé  instituteur  à 

Vifforl  (Gondé).  en  remplasemtïnt  de  M.  Spément. 
Bertrand  ,  Jeao-Augusle  ,  est  nommé  instituteur  à  Germaine  (Ver- 
mand), en  remplacement  deM.  Dinaucourt ,  en  congé. 
Ronseaux  ,   Philéas-Miraël  ,  instituteur  à  Chierry  ,   est  nommé  au 

Charmel  (Fère-en-Tardenois) ,   en  remplacement  de  M.  Pieu- 

chot,  en  congé. 


—  284  - 

MM  Boulié  ,   François-Ernest,    est  nommé  insliluteur à  C/t?e?T»/{Châ- 
tenu-Thicrry),  en  remplaccmeoi  de  M.  Rondeaux. 

Gaufli^ielie  ,  Lucien-Ferdinand,  instiiiiteur  à  Saponay,  est  nommé 
à  Guise ,  on  remplacement  de  M.  Djra« ,  d'-sodi'. 

Laporr.i%  Ehe-CI^ment,  ins'iliueur  à  Guyencourl,  est  nommé  à  Sa- 
ponay  (Fère-en-Tardenois),en  remplacemeri!  de  M.  Gaudcleilc 

Charli's,  Donat,  instituteur  à  Feslieux,  est  nommé  à  Fresnes  {Zovits - 
ic-Chàieau) ,  en  remplacement  de  V..  Darras  ,  en  retrait 
d'emploi. 

Rendit  La  Bruyùre,  instituteur  à  Folembray,  est  nommé  à  Guyen- 
court ,  en  remplacement  de  M.  Lap<irte. 

Lecomple,  Pierr-^-Louis,  e>t  rommé  instituteur  à  Fes^îew.r  (Laon)  , 
en  rvmpliifiemenl  de  M.  Charie;;:. 

Lemoine  ,  instituteur  à  Sainl-Ecme  ,  est  nommé  à  Barenton-CcI ,  en 
remplacement  de  M.  Largdiier. 

Largillier,  itisiituleur  à  Barenton-Cel ,  eslnommé  à  Surfontaine,  en 
remplacement  de  M  Hulin. 
M"«s  Villain  ,  Julienne,  insliiuirice  à  Brancourt,  est  nommée  à  Fontaine- 
Notre-Dame  (Saint-Quentin) ,  en  remplacement  de  M"»"  Dufour. 

Férand,  Célinie,  est  nommée  insiilulrice  à  Brancourt,  en  remplace- 
ment de  M"«  Villain. 


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PABTIS  NON-OrFIGXEI»LB 


FAITS     DIVERS. 

Dans  son  assemblée  solennelle  du  43  août  1865,  la  Société 
pour  l'encouragement  de  ritistruction  élémentaire,  dont  le  siège 
est  à  Paris,  a  décerné  des  récompenses  honorifujues  aux  institu- 
tuleurs  et  institutrices  du  département  de  l'Aisne,  dont  les  noms 
suivent  : 

EiistitRJtenrs. 

HAPPEL    DE    MÉDAILLE    d'aRGEM. 

M.  DARRAS  ;  Jean-Henri-Réné  ,  otBcier  d'Acadinnie  ,  instituteur  public  à 
Guise  (décédé).  —  Quoique  âgé  do  72  ans,  cet  inslituleur  d'élite  s'acquitlail 
avec  un  zcle  ardeni  ,  un  dévouement  sans  bornes  et  un  rare  mérite  de  ses 
devoirs  de  maître  de  l'enfance  Son  école  fort  nomlireuso  était  très-Liien  tenue. 
Il  avait  été  membre  du  Comité  supérieur  d'instruciion  primaire  pour  l'arron- 
dissement de  Vervins  et  membre  de  la  Commission  de  la  Caisse  d'épargnes 
pour  le  iléparlemenl  de  l'Aisne.  -  iOans  d'excellents  services  dans  l'ioblruc- 
tion  prinijire.  —  Il  a  reçu  toutes  les  récompenses  honorifiques  du  Minisire  et 
de  la  Société  élémentaire. 

MÉDAILLE   d'ARGIîNT. 

M.  DUBOIS,  Louis-Joscpli ,  insiiiulenr  public  à  Fluqnières  (Saint-Quentin) 
depuis  3rj  ans. —  Zèle  ardent  que  l'à.^e  ne  ralentit  pas  ;  conduite  irréprochable; 
11  jouit  de  l'estime  générale  el  s'esi  f;ii:  une  réputation  méritée  par  les  excel- 
lents ré.-ullats  qu'il  obticijl  dans  son  école  ;  il  a  reçu  toutes  les  récompenses 
du   Ministre. 

MKDAILLKS    DK    intOiNZlC. 

M.  COUilTEBOTTK  ,  maître  de  pension  à  Vervins  ,  instituteur  du  degré 
supérieur,  ancien  professeur  de  l'Ecde  normale  de  Laon.  Maître  distingué 
qui  rend  d'inappréciables  services  aux  familles  dont  les  enfants  se  vouent  aux 


—  285  — 

carrières  administratives,  commerciales,  industrielles  et  agricoles  ;    —   ?3  ans 
de  services;  — mention  honornhie  en  1860. 

M.  DUf'OM,  iiisiituU'ur  public  à  Aiilreppes  (Vfrvios).  —  Instilaleur  distiu- 
gué,  cjpabie,  ■ié\è  el  dévoue;  —  19  ans  d«  bons  services  ;  mention  honorable 
de  la  Société,  mention  houorabla  et  médaille  de  bronze  du  Mini.itre. 

MENTIONS     HONORABLES, 

M.  GOBERT,  institut*  ur  public  à  Montaigu  (Laon).  —  Il  dirige  avec  un  ikle 
ardent  une  école  de  qualre-vingls  élèves  ;  —  a  préparé  avec  succès  des 
jeunes  gpns  pour  renseignement  primaire  ,  pour  le  notariat,  le  commerce  , 
l'industrie  et  les  clu-mins  de  fer;   -  15  années  de  très-bons  services. 

M.  AUBIN  ,  Jean-François-Prosper ,  insiilutenr  public  à  Cbery-lès-Rozoj 
(Lion  .  —  Homme  d'une  u.xoellenle  moralité  1 1  conîidéré  ;  -  4S  ans  de  ser- 
vice dans  h  même  commune. 

M.  CARPE.NTIER  ,  Hou.ain  ,  instituteur  public  à  Croix-Fonsomme  (Saint- 
Quentin).—  Instiluieurmodèie  ;  -  capable, estimé;  --résultats  de  l'enseigne- 
ment très-bons;  =^=  12  ans  de  services. 

M.  LEFÈVRE,  Armand,  instituteur  à  Vendhuile  (Saint-Quentin)  —  Conduite 
excellente  ;  —  écou'  de  120  élèves  bien  tenue;  —  résultais  aussi  bons  que 
possible,  —  6  ans  d<>  services.  —  M.  Lefèvre,  dès  son  début,  a  pris  rang  par- 
mi les  meilleurs  insiiiuteurs. 

M.  OELACOUKT,  Léon,  instituteur  à  Vermai:!  Saint-Qucnlin)  --  Zélé,  cons- 
ciencieux, bonne  conduite  ;  -  bons  résuilais  dans  l'enseignement;  —  plus  de 
16  ans  de  services. 

M.  CARLIER,  Paui-Josepli,  instituteur  public  à  Séqueharl  (Saint-Quentin).— 
Brave  homme  plein  de  zèle  et  de  dévouement  ;  aimé  de  ses  élèves  comme 
un  père  ;  -  il  jouit  ds  l'estime  générale  et  hit  beaucoup  de  bien  dans  sa  petite 
localité  ;  —  28  années  de  services. 

Institutrieesi  et  Directrice  de  Salle  d'asile. 

MÉDAILLES   DE    iiîtONZE. 

MiL- LEFÈVRE,  Félicitée,  maîtresse  de  pension  ii  Saint-Quentin  ,  autrefois 
institutrice  publique  à  Sissy.  —  Recommanda^^tle  par  sa  conduits,  ses  capaci- 
tés et  la  bonne  diieciion  qii'elhî  donne  à  so:î  é?;»b!isseme;il  qui  est  fijris-aut. — 
Mention  hoiorible  du  Minisire  et  mention  honorabie  de  la  Société. 

Mi^eCAMUS-LEFÈVRË,  Rosalie-Adélaïde,  diiectrice  de  salle  d'asile  à  Séry- 
lès-Mézières  depuis  181r>  —  Zèle,  dévouem-nt,  résultais  exceplionnels  ;  mè  e 
de  famille  modèle  ;    —  49  ans  d'excellents  services. 

MENTION    HONOIIABLE. 

Ml'  FOUQUET,  t^iar.i ,  iustiuitrice  libre  à  Beliicourl  (Saint-Quenlini  depuis 
15  ans.  —  Très-bonne  institutrice  :  son  école  esl  subventionnée  par  la  com- 
mune. M"e  Fouquet  rend  des  services  importants. 


On  sait  qu'une  exposition  d'insectes  a  eu  lieu  dernièrenient  à 
Paris,  au  Palais  de  l'Industrie.  Dans  la  liste  des  médaill/S  accor- 
dées pour  !a  section  apicole  ,  nous  somtTies  heureux  de  remar- 
quer quatre  instituteurs  appartenant  à  notre  département  : 

Voici  ces  lauréats  : 

Médaille  de  P^  classe. 
M.  DENISART,   instituteur  î\  Courlo:n. 

MédaUle  d'argent  de  S.   Exe.   le  Ministre  de  l'Agriculture. 
M.  l'OUCHOT,  iuslitulenr  au  Chavniel. 


—  286  — 

Médaille  de  3'  classe. 

M.  RÉGNIER,  iostituteur  à  Jeantes  (Vervins). 

Rappel  de  médaille  de  3^  classe. 

M.  COULAUDjinsliluleur  à  Saint-Pierre-Aigle. 

Ce  concours  d'insectes,  si  peu  important  qu'il  paraisse  ,  nous 
fournit  l'occasion  de  dire  que  notre  département  figure  toujours 
avec  honneur  partout  où  s'ouvre  une  exposition,  partout  où  s'en- 
gage une  lutte  en  vue  du  progrès. 

Depuis  longtemps  notre  industrie  a  conquis  une  place  distin- 
guée ,  et  notre  agriculture  ,  émule  de  celle  des  départemenls 
avancés ,  peut  s'enorgueillir  de  ses  succès  dans  les  branches  qui 
touchent  le  plus  à  la  prospérité,  à  la  grandeur  publiques. 

Depuis  longtemps  aussi,  le  Conseil  général  encourage  ceux  des 
enfants  du  dépa  tement  qui  maniiéslent  pour  les  arts  des  dispo- 
sitions bien  prononcées,  et  aujourd'hui  ,  combien  de  ces  jeunes 
protégés  devenus  des  artistes  d'élite,  sont  en  voie  d^  conquérir  le 
premier  rang  dans  la  carrière  que  chacun  d'eux  a  embrassée. 

H  y  a  peu  d'années,  une  heureuse  initiative,  comidétantce  que 
présentent  d'excellent  les  concours  généraux  établis  entre  les 
lycées  de  la  Seine,  à  la  fin  de  chaque  année  scolaire, fonde  égale- 
ment un  concours  périodiqueentre  les  lycées  et  collèges  commu- 
naux du  même  ressort  académique. 

La  réponse  de  notr^  jeune  population  ne  se  fait  pas  attendre  . 
et  dans  cette  double  lutte  juvénile  ouverte  au  travail,  des  succès 
prononcés  prouvent  que  les  appels  généreux  sont  toujours  enten- 
dus chez  nous  ,  quel  qae  soit  l'âge  de  la  partie  de  la  population 
à  'aquelle  ils  s'adressent. 

Dans  le  cours  de  cette  année,  l'Observatoire  de  Paris  organise, 
dans  un  but  de  haute  utilité  publique  ,  un  ensemble  de  corres- 
pondances afin  d'étudier  la  marche  des  orages  et  de  parvenir  un 
jour  à  les  annoncer  à  l'avance  assez  à  temps  pour  prévenir  des 
df^sastres  soit  sur  mer  ,  soit  sur  terre.  Le  concours  des  écoles 
normales,  celui  des  instituteurs  est  invoqué,  et  à  peine  quelques 
mois  se  sont  écoulés,  lorsque  M.  Leverrier,  l'illustre  directeur  de 
rObservitoire ,  parlant  dan?  une  réunion  scientiiique  de  l'utilité 
pour  l'agriculture  des  observations  météorologiques  sur  les 
oi'ages  ,  cite  le  département  de  l'Aisne  comme  ayant  montré  le 
plus  grand  empressement  à  répondre  à  l'appel  du  Gouverne- 
ment. 

C'est  que  nos  populations  de  l'Aisne  ,  si  calmes  et  si  sensées 
dan